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Full text of "Le comté d'Anjou au XIe siècle"

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LE 



COMTÉ D'ANJOU 



AU XI- SIECLE 



MAt:ON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS. 



LE 



COMTÉ D'ANJOU 



AU Xr SIÈCLE 



PAR 



Louis gALPHEN 

ARCHIVISTE PALROORAPHB 
MEMBRE DE L'écOLB FRANÇAISE DE ROME 




PARIS 
A. PICARD ET FILS, ÉDITEURS 

LIBRAIRES DE LA SOCléT^ DE l'ÉCOLE DBS CHARTES ET DBS ARCHIVES NATIONALES 

82, RUE BONAPARTE, 82 

1906 







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1 





PRÉFACE 



I 

La place prépondérante que Thistoire provinciale occupe 
dans rhisloire de France au temps des premiers Capétiens 
est un fait incontesté, et cette histoire a donné lieu à des 
travaux nombreux déjà et remarquables à plus d'un titre. 
Mais, rebutés sans doute par la pénurie et Tinsignifiance 
apparente des textes, les érudits se sont trop souvent, pour 
le XI® siècle, contenté de raconter ' dans Tordre chrono- 
logique les grands événements dont les chroniques nous 
ont conservé le souvenir ou se sont attachés à tracer des 
biographies dont la pauvreté même des documents eût dû 
d'avance les détourner. Notre but est différent : au risque 
de paraître incomplet, nous voudrions tenter de montrer 
comment s'est formé le comté d'Anjou au xi® siècle au 
point de vue territorial et au point de vue interne. Nous 

i nous sommes efforcéjd'ailleurs de n'omettre aucun des faits 

» 

essentiels de l'histoire angevine, et si imparfait que soit cet 
essai, peut-être, surtout s'il est imité, ne sera-t-il pas sans 
profit pour l'histoire générale. 

Halphen. — 1^ comté d'Anjou. n 



n PRÉFACE 

Au surplus, même en se plaçant au point de vue annalis- 
tique et biographique, Thistoire du comté d'Anjou au 
XI® siècle méritait d'être traitée à nouveau ; car le seul 
livre sérieux, depuis V Art de vérifier les dales^ où cette 
étude ait été abordée dans son ensemble, VEngland under 
the angevin kings de Miss Kate Norgate*, quelque recom- 
mandable qu'il soit à cause de son élégante netteté, pèche 
trop souvent par une information insuffisante et une critique 
trop superficielle, et les seules biographies de comtes 
d'Anjou du xi® siècle à apparence scientifique, celle de 
Foulque Nerra par M. de Salies'^ et celle de Geoffroi Martel 
par Sudendorf ^, sont tout à fait sans valeur. Quant aux 
articles « Foulques Nerra », « Geoffroy Martel », «Geof- 
froy le Barbu » et o Foulques le Réchin » du Dictionnaire 
de Maine-et-Loire de Célestin Port*, ils sont utiles à con- 



1. London, 1887, 2 vol. in-S*». Les chapitres consacrés à l'histoire des 
comtes d'Anjou du xi« siècle sont les chapitres III et IV du t. I"". 

2. A. de Salies, Histoire de Foulques Nerra, Angers, 1874, in-12. On 
trouvera une critique aussi sévère que justifiée de ce livre dans la Revue 
critique, ann. 1874, t. I, p. 407 lart. de M. Aug. Molinier). 

3. H. Sudendorf, Berengarius Turonensis oder eine Sammlung ihn 
betre/fender Briefe, Hamburg et Gotha, 1850, in-8°. Les pages 69-87 de c 
livre, si précieux en raison des documents qui y sont publiés, sont con- 
sacrées à une « (ieschichle Gaufrieds, (irafen von Anjou ». — M. Loizeau 
de Grandmaison avait préparé une histoire de Geoffroi Martel, dont il n'a 
publié que le sommaire dans les Positions des thèses... des élèves de 
r Ecole des Chartes, ann. 1887. 

4. C. Port, Dictionnaire géographique et biographique de Maine-et-Loire, 
Angers, 1874-1878, 3 vol. in %^. — M. G. d'Espinay a fait paraître sous ce 
titre : La légende des comtes d'Anjou ; 2" Partie : les comtes héréditaires, 
dans lesA/<*m. de la Soc. d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 4« série, 
t. VII (1893), p. 3-96, un petit mémoire où il s'est contenté d'indiquer ce 
qu'il y a de légendaire dans les Gesta consulum Andegavorum. Là première 
partie de ce travail, concernant les comtes antérieurs à Foulque le Bon, 
avait paru dans le môme recueil, 2« série, t. XXV (1883). 



PRÉFACE m 

sulter, mais on ne saurait évidemment y chercher autre 
chose que quelques indications générales. 

Notre tâche s'est cependant trouvée singulièrement faci- 
litée par un certain nombre de travaux de détail et surtout 
par quelques-uns des ouvrages consacrés soit à l'histoire 
des provinces voisines de l'Anjou, soit à l'Histoire de la 
royauté. Ainsi, la question des pèlerinages de Foulque 
Nerra, sommairement examinée déjà parMabille*, a été 
récemment reprise et longueme'nt discutée par M. Jules 
Lair-; les démêlés de Geoffroi Martel et de Geoffroi le 
Barbu avec l'autorité ecclésiastique ont été partiellement 
étudiés avec une précision remarquable par M. Schwabe ^, 
puis, en ce qui concerne Geoffroi Martel, par M. Brôcking *; 



1. Chroniques des comtes d'Anjou, publ. par Marchegay et Salmon, 
Introduction par E. Mabille (Soc. de l'Hist. de France), Paris, 1871, in-S*», 

p. LXXVIII-LXXIX. 

2. J. Lair, Etudes critiques sur quelques textes des A'" et XI^ siècles, 
Paris, 1899, 2 vol. in-4o. L'élude sur les pèlerinages de Foulque Nerra 
forme l'appendice III du t. I«', 

3. Ludwig Schwabe, Studien zur Geschichfe des zweiten Abendmahl- 
slreits (Inaugural-dissertation), Côlhen, 1886, in-8°. 

4. Wilbelm Brôcking, Die franzôsische Politik Papst Leos /A", Stuttgart, 
1891, in-8°. A compléter avec un Ergànzungsheft paru à Wiesbaden, 1899, in- 
8®, et avec deux articles du même: Die Lossagung des Bischofs Eusebius von 
Angersron Berengar von 7'oMr.s,dans Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswis- 
senschaft, t. V, 1891, l»"" partie, p. 361-365 (avec une correction, ibid., t. VI, 
2« partie, p. 232), et Bischof Eusebius Bruno von Angers u. Berengar von 
Tours, ibid., t. XII, 1894-1895, 2« partie, p. 344-350. — L'ouvrage de Schnil- 
zer y Berengar von Tours, 1890, in-8<»,et VEssai sur Bérenger de Tours et la 

. controverse sacramentaire au XP siècle publié par M. Ebersolt dans la Revue 
de rhistoire des religions, t. XLVIII, 1903, p. 1 etsuiv., n'ajoutent rien, au 
point de vue qui nous intéresse, aux travaux de MM. Schwabe et Brôcking. 
Il n'y a rien non plus de nouveau à cet égard ni dans VHistoire de Gré- 
goire VU de M. l'abbé Delarc, ni dans le Saint Léon IX de M. Tabbé Eug. 
Martin (Co//. des saints, Paris, 1904). Ce dernier auteur n'a d'ailleurs pas 
connu les travaux de M. Brôcking. Quant aux Annales ecclésiastiques de I An- 
jou, publiées dans la Revue de V Anjou, 4« série, t. XIII etsuiv., par M. l'abbé 



ÏV PRÉFACE 

dans une petite dissertation sur L'acquisition du Gâtinais 
sous Philippe /®^ *, M. Prou a raconté la lutte de Geoffroi 
le Barbu contre son frère ; enfin M. Beau temps-Beaupré a 
tenté 2, mais avec une absence de critique excessive, d'étu- 
dier certains côtés de Torganisation administrative du comté. 
Pour les rapports des comtes d'Anjou avec les comtes de 
Blois, les ouvrages de MM. d'Arboisde Jubainville^, Lands- 
berger* et Lex ^ nous ont été très utiles. Ils ne reposent 

Pletleau, elles ne sont guère, pour le xi^ siècle (elles ne commencent 
d^ailleurs qu'à 1047), qu'une paraphrase des renseignements donnés par 
Hauréau .dans la Ga//ia chrisfiana, t. XIV. Outre ce dernier ouvrage, on 
peut consulter pour l'histoire des évêques d'Angers les articles que leur a 
consacrés C. Port dans son Dictionnaire^ mais il n'y a rien à prendre 
dans VHisloire de Véglise et du diocèse d'Angers de l'abbé Très vaux (Paris- 
Angers, 1858, 2 vol. in-8°). 

1. Mémoires de la Soc, archéologique du Gâtinais, i, XVI, 1898, p. 177 
et suiv. 

2. Beautemps-Beaupré, Coutumes et institutions de V Anjou et du Maine 
antérieures au XVI' siècle, 2« Partie : Recherches sur les juridictions de 
r Anjou pendant la période féodale, t. I, Paris, 1890, in-S». — Quelques 
indications sur le même sujet ont été données par M. d'Espinay, dans Les 
cartulaires angevins, Angers, 186i-, in-8«, et, d'après les notes de M. Beau- 
temps-Beaupré, dans un article intitulé Le dr*oit de l'Anjou avant les cou- 
tumes {Mém. de la Soc. d'agric, sciences et arts d'Angers, 5« série, t. IV, 
1901, p. 5-70). Nous avons nous-môme publié un article sur Les institu- 
tions judiciaires en France au XI' siècle. Région angevine, dans la Revue 
historique, t. LXXVII, 1901, p. 279-307 (art. reproduit dans la Revue de 
r Anjou, t. XLIV, 1902, p. 337-373), et un article sur les Prévôts et voyers 
du XI' siècle. Région angevine, dans Le Moyen Age, 2« série, t. YI, 1902, 
p. 297-325. Nous avons, en outre, inséré une bibliographie sommaire de 
l'histoire angevine du xi« siècle dans les Mém. de la Soc. d'agriculture, 
sciences et arts d'Angers, 5^ série, t. V, 1902, p. 106-120. 

3. H. d'Arbois de Jubainvillc, Histoire des ducs et comtes de Champagne 
depuis le VI' siècle jusqu'au milieu du XII' siècle, Paris, 1859-1865, 8 vol. 
in-8«. 

4. Jos. Landsberger, Graf Odo I von der Champagne {Odo II von Blois, 
Tours u. Chartres), 9.95-/0.? 7 (Inaugural-dissertation), Berlin, 1878, in-8°. 

5. Léonce Lex, Eudes, comte de Blois, de Tours, de Chartres, de Troyes 
et de Meaux (995-1 037), et Thihaud, son frère, dans les Mém. de la Société 
acad. d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Aube, t. LV, 1891, 
p. 191-383, et à part, Troyes, 1892, in-8^ 



PRÉFACE V 

cependant pas toujours sur une critique suffisante des textes. 
Nous ferons la même remarque pour la célèbre History of 
the norman conquesl of England de Freeman ^ et surtout 
foxxT ï Histoire archéologique du Vendâmois de Pétigny^, 
ï Histoire de l'église du Mans de dom Piolin ^, ï Histoire de 
Bretagne de M. de La Borderie *. Quoique très estimable^ 
malgré tout, à plus d'un égard, cette dernière histoire 
ne dispense pas de recourir aux vieux ouvrages de dom 
Lobineau^ et de dom Morice^. La très consciencieuse His- 
toire des comtes de Poitou de M. Richard' a, au contraire, 
rendu à peu près inutiles celle de Besly et les travaux de 
Palustre ® et de Faye ^. 

Enfin nous avons trouvé dans le Hugues Capet de M.Lot*^ 
et le Robert le Pieux de M. Pfister** un appui qui ne 
nous a fait que plus vivement regretter Tabsence d'ouvrages 
analogues pour les deux règnes suivants. 

1. 3« éd., Oxford, 1877, 5 vol. in-8°. 

2. 2« éd., Vendôme, 1882, in-8». 

3. Paris, 1851-1858, 4 vol. in-8«. 

4. Rennes, 18%-1899, 3 vol. in-4o. 

5. Dom Lobineau, Histoire de Bretagne^ Paris, 1707, 2 vol. in-fol. (le 
second vol. contient les preuves). 

6. Dom Morice, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1756, 
2 vol. in-fol., ol Mémoires pour servir de preuves à V histoire de Bretagne, 
Paris, 1742-1746, 3 vol. in-fol. 

7. Paris, 1903, 2 vol. in-4o. 

8. Léon Palustre, Histoire de Guillaume IX, duc d'Aquitaine, /'« Partie, 
dans les3/^m. de la Soc. des Antiquaires deVOuest, 2* série, t. III, 1880, 
p. 63-354. 

9. Léon Faye, De la domination des comtes d'Anjou sur la Saintonge, 
dans la Revue de P Anjou et de Maine-et-Loire, t. II, 1853, p. 496 et suiv. 

10. Ferdinand Lot, Études sur le règne de Hugues Capet et la fin du 
X^ siècle {Bibl. de VÉcole des Hautes-Études, fasc. 147), Paris, 1903, in-8°. 

11. Ch. Pfister, Etudes sur le règne de Robert le Pieux (ibid,, fasc. 64), 
Paris, 1885, in-8**. Cf. du même auteur, De Fulberti Carnotensis vita et 
operibus, Nancy, 1885, in-8°. 



VI PRÉFACE 



II 

La plupart des travaux consacrés jusqu'à ce jour à l'his- 
toire angevine péchant par un emploi défectueux des textes, 
il ne sera peut-être pas hors de propos d'indiquer, avant 
d'entrer en matière, ceux que nous aurons principalement 
à utiliser et d'en préciser rapidement la valeur. 

Nous citerons en première ligne les chroniques ange- 
vines. La plus ancienne est celle qui nous est parvenue 
sous le nom de Foulque le Réchin * . Nous croyons avoir 
montré ailleurs '^ que, selon toute vraisemblance, cette 
chronique, dont nous ne possédons plus qu'un court frag- 
ment, est bien son œuvre, et qu'elle a été rédigée en 1096 
d'après les récits de Geoffroi Martel et les souvenirs person- 
nels de l'auteur : elle a donc une grande autorité. Malheu- 
reusement la partie qui était consacrée à la vie de Foulque 
le Réchin lui-même manque aujourd'hui presque com- 
plètement, et l'on ne trouve dans le reste qu'un résumé très 
rapide de l'histoire des comtes d'Anjou antérieurs. 

Plus circonstanciés sont les Gesta consulum Ande- 
gavorum ; mais l'ouvrage, remanié à plusieurs reprises, est, 
faute d'une édition critique^, un de ceux dont l'usage est 

1. Publ. par Marchegay et Salmon, Chroniques des comtes d'Anjou {Soc, 
deVHist.de France), Paris, 1856, in-8°, p. 375-381. 

2. Etude sur V authenticité du fragment de chronique attribué à Foulque 
le Réchin, dans la Biblioth. de la Faculté des lettres de Paris, fasc. XIII, 
Paris, 1901, in-S», p. 7-48. 

3. Les seules éditions sont celle qu'a donnée L.d'Acliery dans son Spici- 
legium, l""" éd., t. X, p. 399 et suiv., 2® éd. (in-fol.), t. III, p. 234 et suiv., 
et celle de Marcheg-ay et Salmon, dans les Chroniques des comtes dWnjou, 
p. 34 et suiv. Nous ferons paraître prochainement une édition critique des 
Gesta en collaboration avec M. René Poupardin. 



PRÉFACE Vil 

le plus difficile. Mabille a le premier ^ signalé comme la 
rédaction la plus ancienne de toutes, celles qui nous sont 
parvenues celle qui est contenue dans le manuscrit latin 
6218 de la Bibliothèque nationale et il en a indiqué la 
valeur : de £ait, jusqu'au milieu du xi^ siècle, elle est la 
seule à utiliser au point de vue historique, les rédactions 
suivantes ne renfermant qu'un surcroit de légendes ou des 
interpolations, qui obscurcissent le texte primitif. Mabille 
en a attribué la paternité à Eude, abbé de Marmoutier de 
1124 à 1137, et a admis qu'elle avait été successivement 
remaniée, d'abord par Thomas de Loches, puis par Robin 
et Breton d'Amboise, enfin par Jean de Marmoutier. Nous 
ne partageons pas tout à fait cette manière de voir et nous 
estimons notamment qu'il ne subsiste plus aucun manuscrit 
de la rédaction de l'abbé Eude ; mais cette dissidence, dont 
nous donnons la justification ailleurs '-^f est sans consé- 
quences graves au point de vue historique pur : car W 
rédaction du manuscrit latin 6218 reste, en tout état de 
cause, la plus ancienne qui soit connue aujourd'hui et 
celle de Jean de Marmoutier, écrite vers 1170, la plu^ 
récente. 

Les Gesta Ambaziensium dominorum'^. écrits en 1154, 
procèdent des Gesta consulum pour tous les événements 
généraux de Thistoire angevine : c'est là un fait jusqu'ici 
méconnu, mais qu'un examen, même superficiel, suffit à 
rendre évident *. Par contre, les Gesta Ambaziensium sont 

1. Introduction aux Chroniques des comtes d'AnjoUy 1871, p. iv et suiv. 

2. Voir notre thèse complémentaire. 

3. Publ. par L. d'Achery, puis parMarchegay et Salmon, à la suite des 
Gesta consulum. Nous les rééditerons avec celte chronique. 

4. Voir notre thèse complémentaire. 



VIfl PRÉFACE 

un texte de premier ordre pour Thistoire même des sei- 
gneurs d'Amboise : les débuts en sont, sans doute, quelque 
peu légendaires, mais depuis le milieu du xi® siècle, 
c'est un guide fort sûr, dont les chartes permettent souvent 
de vérifier l'exactitude. 

Nous ne citerons ici que pour mémoire Fabrégé placé par 
Jean de Marmoutier en tête de son édition des Gesta consu- 
lum * et nous rappellerons que le texte improprement 
dénommé parMarchegay etSalmon Historiacomitum Ande- 
ffâvensium^ n'est qu'une série d'extraits des Abbrevialiones 
chronicorum de Raoul « de Diceto ))^ : nous en reparlerons 
plus loin. Ce sont d'ailleurs là des documents tardifs, qui 
ne font que résumer les Gesia consulum en les dénaturant. 

L'Histoire de Saint-Florent de Saumur^ a une tout 
autre valeur : bien que nous n'en possédions qu'une rédac- 
tion datant de la fin du xii® siècle (pour la partie qui nous 
intéresse), nous savons qu'elle dérive d'une -Histoire plus 
ancienne, commencée à la fin du xi® siècle et dont il subsiste 
quelques fragments ^. La légende y a reçu une large place ; 
les auteurs, de plus, ne sont pas exempts de passion : ils ne 



1. Chron. des comtes d'Anjou, p. 351-363, 'sous le titre d'Historia 
abbreviata consulum Andegavorum, Sur la place qu'elle doit occuper, voir 
Ma bille, Introd., p. xxxi. 

2. Chron. des comtes d'Anjou , p. 3i9-3i7. 

3. Voir la préface de M. Stubbs, au t. II des œuvres de Raoul « de 
Diceto » (Coll. du Maître des rôles), p. xxni-xxix. 

4. Chron. des églises d'Anjou, publ. par Marchegay et Mabille {Soc, 
Uist. de France), Paris, i869, in-S», p. 217-328. 

5. Ibid., p. 207-216, et Introd., |p. xxvi. — Il ne nous reste de la rédac- 
tion primitive que de trop courts fragments, à peine utilisables, et d'ail- 
leurs reproduits presque littéralement dans la rédaction définitive. Ce 
dernier fait est de nature à accroître notre confiance dans le texte du 
xii« siècle. 



PRÉFACE IX 

cachent pas leur animosité contre les comtes d'Anjou ^ ; mais 
les détails sûrs et précis ne manquent pas dans leur 
ouvrage. 

Les annales de la région complètent utilement les 
chroniques, grâce aux renseignements particuliers qu'elles 
renferment et grâce surtout aux dates précises qu'elles 
fournissent^. Pour le début, jusqu'à l'an 1075, elles dérivent 
toutes d'un recueil formé à Saint-Maurice d'Angers dans 
le courant du xi® siècle et dont les années 965 à 1075 
avaient été écrites par l'archidiacre Renaud, élève de Fulbert 
de Chartres. Les annalistes de chaque établissement ecclé- 
siastique se sont bornés à transcrire intégralement ou par- 
tiellement les notes contenues dans ce recueil en y joignant 
quelques renseignements spéciaux à la maison dont chacun 
d'eux faisait partie : c'est ainsi que l'annaliste de Saint- 
Aubin d'Angers a inséré à leur rang chronologique les men- 
tions d'avènement et d'obit des principaux abbés du monas- 
tère. Après 1075, les diverses annales sont d'ordinaire ori- 
ginales et contemporaines des événements ; mais nous étant 
longuement étendu ailleurs*^ sur leur caractère et leur valeur, 
nous nous bornerons à rappeler ici que l'année y est 
comptée, en général, à dater du 25 décembre ou du l^^ jan- 
vier. Nous rappellerons aussi que les Annales de Saint- 
Florent de Saumur^ sur lesquelles quelques auteurs ont 
voulu s'appuyer pour réfuter les dates fournies par d'autres 

1. Voir, par exemple, le portrait des comtes Foulque Nerra et Geoffroi 
Martel, p. 260. 

2. On trouvera le détail de ces annales dan» noire Recueil d^annales 
angevines et rendômoises (Coll. de textes pour servir à V élude et à V enseigne^ 
ment de Vhistoire), Paris, 1903, in-8°. 

3. Voir Vlntroduclion du Recueil signalé à la note précédente. 

Halphb>'. — Le comté d'Anjou, b 



X PRÉFACE 

textes et notamment par les autres annales, sont sans valeur 
propre pour le XI® siècle, puisqu'elles n'ont pas été compilées 
avant le xiii®, et que, pour Tépoque qui nous occupe, sauf 
certaines mentions relatives à l'abbaye même, nous en con- 
naissons directement ou/ indirectement toutes les sources. 

A ces textes angevins on peut joindre quelques généalogies 
des comtes d'Anjou composées, les unes, à la fin du 
XI® siècle*, les autres, au xii® siècle^, à Saint-Aubin d'Angers, 
les obituaires de la région ^ et deux textes dont on s'est sou- 
vent exagéré la valeur : les Miracles de saint Nicolas et 
VOffice du Saint-Sépulcre de Beaulieu. 

Le premier, longtemps connu seulement par le fragment 
publié sans nom d'auteur par Laurent Lepeletier, en tête de 
son Epitome fundationis Sancti Nicolai Andegavensis 
(1635), et dont le début seul a été retrouvé dans un manus- 
crit delà Bibliothèque nationale^, a été écrit avant 1080 par 
Joël, abbé de la Couture au" Mans ^. On y lit un récit fré- 
quemment cité de la fondation de l'abbaye de Saint-Nicolas 
d'Angers : ce récit, qui contient plusieurs inexactitudes, a 
été écrit en partie d'après une tradition qui avait cours 
au XI® siècle et dont on a encore l'écho dans V Histoire de 
Saint-Florent de Saumur'' et en partie d'après une charte 
qui nous a été conservée '^. 

1. RciiàPoupard'my Généalogies angevines du XI*^ siècle, dans les Mélanges 
d'archéol. et d'histoire de V École franc, de Rome, t. XX, i900, p. 206-208. 

2. Recueil d'annales angevines et ven<Jlô /noises, p. 49. 

3. On en trouvera la liste dans Â. Molinier, Les obituaires français au 
moyen âge, p. 254-260. 

4. Publié d'après ce manuscrit dans le Catalogus codicum hagiographi- 
eorum latinorum BibL Parisiensis, t. III, p. 158-162. 

5. Cf. A. Molinier, Les sources de Vhisloire de France, t. II, n° 1293. 

6. Cf. ci-dessous, p. 214, n. 3, et p. 21 o, n. 1. 

7. Catalogue d'actes^ n° 34. 



PRÉFACE XI 

L'Office du Saint-Sépulcre de Deaulicu^ publié d'après 
un bréviaire du xv® siècle par M. de Salies, en appendice à 
son Histoire de Foulques Nerra * , est tout à fait légendaire ; 
il est postérieur, et probablement de beaucoup, à la dernière 
rédaction des Gesta consulum Andegavorum, dont il trans- 
crit de longs passages^. C'est un amas d'hislorietles sans 
valeur sur la fondation de l'abbaye de Beaulieu, près de 
Loches, et sur l'origine des reliques qui y étaient conservées. 

Les chroniques tourangelles ne nous seront que d'un 
faible secours : à part les deux Chroniques de Saint-Julien 
de Tours^^ composées, l'une, celle en prose, dans la seconde 
moitié du xi® siècle, peut-être vers 1060, et l'autre, celle en 
vers, en partie à l'aide de la première, tout au début du 
xn? siècle*, ce sont des textes très postérieurs et dont nous 
connaissons d'ordinaire les sources -. 

1. Cet office était connu des anciens historiens de Beaulieu, notamment 
de dom Gallandet d'Yve Gaigneron, qui y renvoient l'un et Tautre : pour 
le premier, voir les passages qu'en citent MM. de Salies, loc. cit,^ et 
Archambault, Hist, de Beaulieu, dans la Revue de P Anjou, t. XI et XII 
(1874), et l'article de M. d'Espinay dans Congrès archéologique de France, 
XXX VI^ session, Loches (1869); pour Yve Gaigneron, voir son ms. orig. à 
la Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127. Un extrait de l'office est copié 
aux fol. 102-103 du même ms. lat. 12662. 

2. M. de Salies (Ilist. de Foulques Nerra, p. 493) n'en a pas moins pré- 
tendu que c'était un texte du début du xii" siècle, citant comme preuve 
cette phraôe de la quatrième leçon : « Et istud... nuper fuit divinitus 
apcrte monstratum anno ab incarnacione Domini millesimo ccntesimo 
undecimo. 1) Mais ce texte est tronqué; le voici tel qu'on le lit dans le bré- 
viaire : « Et istud, prout in scliolastica narra tur hystoria, cuidam mona- 
cho Sancti Laurentii extra muros nuper fuit monstratum. Anno etenim ab 
incarnacione Domini millesimo ccntesimo undecimo... » (éd. de Salies, 
p. 513). Il est clair que ce nuper vient du texte copié ici par l'office et 
auquel il renvoie. 

3. SaLmon, Recueil de chroniques de Touraine (Soc, archéol. de Touraine, 
Collection de documents, t. 1), Tours, 1854, in-8*», p. 220-256. 

4. Voir notre Noie sur les deux chroniques de Saint-Julien de Tours 
dans Le Moyen Age, 2« série, t. VIII, 1904, p. 208-214. 

5. On les trouvera dans le Recueil précité de Salmon. Nous signaleix)nB 



Xll PRÉFACE 

Pour l'histoire des relations de T Anjou avec le Maine et 
la Normandie, les principaux textes à consulter sont les 
Actes des évêques du Mans^y les Gesta Guillelmi ducis de 
Guillaume de Poitiers '^, VHistoria Normannorum de Guil- 
laume de Jumièges ^ et VHistoria ecclesiastica d*Orderic 
Vital *, auxquels on peut ajouter quelques annales et notam- 
ment les annales anglo-saxonnes^. Les Actes des évêques 
du Mans sont, dans la partie qui nous intéresse, l'œuvre de 
clercs manceaux presque contemporains des événements : 
c'est dire la valeur de l'ouvrage, mais en laisser entrevoir 
en même temps la partialité. 

simplement, comme fournissant une mention intéressante (à Tannée 1093) 
la Grande chronique de Tours (p. 64-161 de Téd. Salmon), composée au 
début du XIII* s. (voir Molinier, Sources de Vhist.de France, t. III, n<* 2515) 
d'après des sources en partie conservées et en partie perdues : la note de 
Tan 1093 est de ces dernières. La Chronique de Pierre Béchin {ibid., 
p. 1-63, a été écrite en 1137. Elle n'a pas, comme on l'a dit (Molinier, 
Sources de Vhist, de France, t. II, p. 79) « servi de base » aux annalistes 
angevins, mais s'est au contraire servie d'eux dans plus d'un cas. 

1. Actus ponlificum Cenornannis in urbe degentium, éd. Bussoh et Ledru 
{Archives historiques du Maine, t. II), Le Mans, 1901, in-8°. 

2. Publ. par Du Ghesne, Historiae Normannorum scriptores, p. 178-213. 
Cette édition est reproduite dans Mignc, Palrol. lat., t. CXLIX, col. 1216- 
1270, et, pour la partie qui nous intéresse, dans les Ilist. de Fr., t. XI, 
p. 75-104. 

3. Il n'existe pas encore d'édition critique de cet ouvrage : l'édition de 
Du Chesnc, Historiae Normann. scriptores, p. 215-317, donne, non le texte 
primitif, mais celui qui fut remanié successivement par Orderic Vital et 
par Robert de Torigny et qui est pour nous sans intérêt particulier. L'édi- 
tion Du Ghesne a été reproduite dans Migne, Patrol. lat., t. CXLIX, col. 
779-910, et, pour la partie qui nous intéresse, dans les IIist.de Fr., t. XI, 
p. 34-58. Mais il faut, en attendant l'édition annoncée par M. Lair, se 
reporter aux mss. de la plus ancienne rédaction (cf. la préface de Vlli^t. 
eccles. d'Orderic Vital, éd. Le Prévost et Dolisle, t. V, p. lxxiii-lxxiv) : 
nos citations seront faites d'après le ms. lat. 2769 de la Bibl. nationale. 

4. Éd. Le Prévost et L. Delislo {Soc. de rilist. de France), Paris, 1838- 
1855, 5 vol. iii-8«. 

5. La dernière édition est celle de M. Plummer, Two of the Saxon chro- 
nicles parallel, Oxford, 1892, 2 vol. in-12. 



PRÉFACE XIIl 

Cette partialité toutefois n'est rien, comparée à celle de 
Guillaume de Poitiers, qui, dédiant vers 1075 son ouvrage à 
Guillaume le Conquérant, n'a rien trouvé de mieux que de 
faire un panégyrique éhonté de ce prince. 

Ce défaut est moins sensible, mais non moins réel, chez 
Guillaume de Jumièges, qui dédia, lui aussi, son ouvrage 
à Guillaume le Conquérant. Cet ouvrage est d'ailleurs d'un 
emploi difficile : sa parenté avec les Gesta Guillelmi de(juil- 
laume de Poitiers se remarque dès la première lecture et, 
si l'on va plus avant, il devient bientôt évident que, la plu- 
part du temps, Guillaume de Jumièges ne fait que les résu- 
mer et quelquefois même assez maladroitement pour 
omettre des détails indispensables à l'intelligence des événe- 
ments qu'il raconte ^ Il ne faut donc l'utiliser que pour les 
aits nouveaux qu'il a ajoutés au récit de son devancier *. 

Quant à Orderic Vital, qui a utilisé en partie les deux 
auteurs précédents, il a écrit son ouvrage trop tardivement 
pour que de nombreuses confusions ne s'y soient pas 
glissées ; aussi ne doit-on le suivre qu'avec une extrême 
prudence. 

Enfin, parmi les chroniqueurs anglais, si Raoul « de. 
Diceto » n'a fait, dans ses Abbreviationes chronicorum, 
que résumer certains passages des Gesta consulum Ànde- 

1. Voir par exemple, ci-dessous, p. 72, n, 4. 

2. Guillaume de Jumièges ne commence à se dégager de Guillaume de 
Poitiers qu'à partir du chapitre 9 (chap. 21 de la dernière rédaction) du 
livre VII, et il ne s'en dégage tout à fait qu'à partir du chap. 12 (chap. 28 

de la dernière rédaction). M. Kôrting n'en a pas moins soutenu danssa dis 
sertation ^r Wilhelms von Poitiers Gesta Guillelmi (Dresdeiiy 1875, in-4°), 
p. 21-22, que Guillaume de Poitiers et Guillaume de Jumièges avaient 
eu une source commune, mais ne s'étaient pas copiés mutuellement; 
malheureusement M. Kôrtmg n'a donné aucune raison solide à l'appui de 
cette affirmation que l'examen des deux ouvrages rend tout à fait invrai- 
semblable. 



1 



XIV PRÉFACE 

gavorum^^ William de Malmesbury, qui d'ordinaire, pour 
le XI® siècle, se contente de copier des ouvrages que nous 
possédons encore, nous a laissé, dans ses Gesta reguni 
Anglorum^ (composés dans la première moitié du 
XII® siècle), une page très intéressante sur la révolte de 
Geoffroi Martel contre son père : il dit l'emprunter à un 
autre narrateur, mais on en ignore la provenance •'^. Elle a 
d'ailleurs un caractère légendaire. 

En tête des chroniques bretonnes susceptibles de nous 
renseigner sur l'histoire des comtes d'Anjou du xi® siècle, 
nous citerons la Chronique de Nantes^ habilement recons- . 
tituéepar M. René Merlet*. C'est une chronique de premier 
ordre, rédigée entre les années 1050-1059 par un homme 
qui a entendu parler ou même a vu une partie des événe- 
ments que nous nous proposons de raconter. L'auteur est 
nantais de cœur. C'est à peine si le Chronicon Britannicum ^ 
et la Chronique de Quimperlé^^ écrits tous deux au début 
du xii® siècle (pour la partie qui nous occupe) ^, nous 
fourniront une ou deux dates. La petite Chronique du Mont- 



1. Voir Tédition et la préface de M. Stubbs citées ci-dessus, p. viii, n. 3. 

2. Éd. Stubbs (Coll. du Maître des rôles), London, «887-1889, 2 vol. 
in-8^ 

3. Ibid., t, II, p. 291-293, et Préface, p. cxiii. 

4. La Chronique de Nantes^ publiée par R. Merlet {Coll.de textes pour 
servir à Vétudeei à renseignement de Vhistoire), Paris, 1896, in-S*». — Voir 
rhitroductioQ de M. René Merlet sur la composition delà chronique. 

5. Chronicon Britannicum, éd. Lobineau, Hist. de Bretagne, t. II, p. 30- 
36, et Morice, Mémoires pour servir de preuves à Vhisi. de Bretagne, t. I » 
p. 4-8. 

6. Chronicon Kemperlegicnse, éd. Maître etdeBerthou, Cartul. deSainte- 
Croix de Quimperlfi, Paris, 1896, in-4®, p. 55-73. 

7. Voir A. Molinior, Sources de Vhist. de France, t. II, n»* 1258 et 1260. 



PRÉFACE XV 

Saint-Michel \ ainsi appelée, bien qu'elle soit bretonne 2, 
parce qu'elle a été tirée des archives du Monl-Saint-Michel, 
n'est pas originale : on y lit des mentions qui se retrouvent 
soit dans d'autres chroniques, bretonnes, notamment dans le 
Chronicon Britannicum. soit dans les Annales de Saint- 
Aubin^. Mais seule une étude d'ensemble des annales 
bretonnes permettrait d'établir exactement les rapports 
qui unissent ces divers textes entre eux. 

Pour l'Aquitaine, le texte principal est la Chronique 
d'Adémar de Chabannes^ : nous en possédons, en partie, 
le brouillon^ et deux rédactions successives^. On a cher- 
ché dernièrement à en contester la paternité à Adémar"^ ; 
mais il semble que les arguments mis en avant ne soient pas 
. d'une solidité à toute épreuve. De toutes façons, la chro- 
nique est d'un homme de la première moitié du xi® siècle, 
fort bien informé de tous les événements qui se sont passés 

1. Chronicon S, Michaelis in Periculo Maris^ éd. Labbe, Nova Bibliolh, 
mss,, t. I, p. 545-546. Les parties qui nous intéressent ont été reproduites 
dans les Hist. de Fr,, t. X, p. 175, et t. XI, p. 29. Sur le ms. de ces 
annales, cf. L. Delisle, Chronique de Robert de Torigni, t. II, p. 208, n. i, 

2. Cf. Ilisi. de Fr., t. XI, Préface, p. xi. 

3. Comparer, par exemple, notre chronique au Chronicon Britannicum 
(indiqué plus haut, p. xiv) pour les années 421 (=490), 513, 534 (=634). 
.580, 643, 843, 847 (=848), 851, 857, 869, 874, 920 (=919), 931, 944, 1056 
(=1066). Cf., pour l'année 1008, l'autre Chron, du Mont-Saint-Michel {Hist. 
de Fr.y t. X, p. 247) et la Chron. de Quimperlé (voir ci-dessus, p. xiv) ; 
comparer aux Annales de Saint-Aubin les années 987, 992, 1000, 1026, 1032, 
(=1032 et 1040), 1033, 1044. 

4. Adémar de Chabannes, Chronique, éd. J. Chavanon (Coll. de textes 
pour servir à Vétudeetà l'enseignement de Vhist,), Paris, 1897, in-8°. 

5. C'est le ms. // (Bibl. nat., ms. lat. 6190). Cf. L. Delisle, Notice sur 
les manuscrits originaux d'Adémar de Chabannes, dans les Notices et 
extraits de la Bibl, nat., t. XXXV». 

6. Ce sont les mss. ^4 et C (Bibl. nat., mss. lai. 5927, 5926). 

7. J. Lair, Etudes critiques sur divers textes des X^ et A*/® siècles, t. II, 
Paris, 1900, in-4'>. 



XVI PRÉFACE 

dans sa province, en dépit de certaines inexactitudes et 
d*un manque de chronologie souvent très marqué ^ La 
Chronique de Saint''Maixenl'^^aucontvsiiTe,n Si été compilée 
qu'au milieu du xii® siècle ^ : Tauteur s'est contenté, 
pour les époques plus anciennes, de mettre bout à bout des 
extraits d'autres chroniques ou d'autres annales. C'est ainsi 
qu'il a reproduit textuellement des pages entières d'Adémar 
de Ghabannes ou des Annales de Vendôme (ou du recueil 
dont elles dérivent) . Mais ce qui fait l'intérêt de sa chronique, 
c'est qu'à côté de textes connus par ailleurs, il en a copié 
que nous ne possédons plus : il nous fournit à cet égard 
sur certains faits de l'histoire poitevine des détails que 
l'on chercherait en vain dans d'autres documents. 

Enfin, parmi les chroniques d'intérêt général, malheureu- 
sement trop rares, nous citerons les Histoires Ae Richer ^, qui, 
on le sait, s'étendent jusqu'aux dernières années du x® siècle 
et sont l'œuvre d'un contemporain très exactement rensei- 
gné^, et celles de Raoul « Glaber » ou le Glabre ^% qui 
s'étendent jusqu'à l'année 1044. Ce dernier auteur est un 

1. Voir les très importantes observations de M. Ferdinand Lot, Eludes 
sur le règne de Hugues Capel, Appendice VIII. 

2. Publ. par Marchegay et Mabille dans les Chron. des églises d'Anjou^ 
p. 351-433. Cette édition, quoique meilleure que celle de Labbe, est fort 
incorrecte, et il est indispensable de la contrôler sur le seul manuscrit 
utilisable de Touvrage (Bibl. nat., ms. lat. 4892). 

3. Voir la Préface de Marchegay et Mabille, loc. cit., p. xxxiv. 

4. Richeri Historiarum libri IV, éd. G. Waitz {Scriplores rerum germani- 
caruni in usum scholarum), Ilannover, 1877, in-8°. 

T). 11 est bon toutefois de noter que le comte d'Anjou ne lui est pas très 
sympathique, qu'il parle fréquemment de son « insolentia » (IV, 92 et 94) 
ou de sa « tirannia » .(IV, 90) et qu'il insiste plus spécialement sur les 
pertes des Angevins que sur leurs succès {IV, 85). 

6. Baoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires^ publ. par M. Prou (Coll. 
de lextes pour Vétude et Venseign. de rhisloire), Paris, 1886, in-8°. 



PRÉFACE XVII 

guide beaucoup moins sûr : il n'a connu les événements 
qu'il raconle que par ouï-dire et la vérité est chez lui mêlée 
à une foule de légendes ou d'erreurs, que sa crédulité lui 
a fait accepter sans défiance. 



III 

Aux chroniques et aux annales il faut ajouter un assez 
grand nombre de lettres et de chartes. Les principales lettres 
nous sont connues surtout par deux séries de recueils : ceux 
qui contiennent la correspondance de Fulbert de Chartres, 
et notamment celui que semble avoir compilé Sigon dans la 
première moitié du xi® siècle^, et un recueil très curieux 
qui concerne l'hérésiarque Bérenger de Tours et que 
Sudendorf publia en 1850 ^ d'après une copie du xvi® siècle 
de la Bibliothèque de Hanovre. On y peut joindre cinq 
autres lettres relatives à Bérenger publiées en 1880 par 
M. Bishop d'après un manuscrit du British Muséum^. 

Quant aux chartes, on possède encore les originaux de 
plusieurs d'entre elles ; mais la plupart ne nous sont plus 
connues que par des cartulaires anciens^ ou des copies 



1. Bibl. nat., ms. lat i4167. Cf. PGster, De Fulberti Carnolensis vita et 
operibus, Nancy, 1885, in-8°. — La correspondance de Fulbert est publiée 
nolamment dans Migne,Patrol. lat., l. GXLI, col. 189-272, et dans lesHisL 
de Fr., t. X, p. 443-512. 

2. Sudendorf, Berengarias Turonensis oder eine Hammlung ihn betref- 
fender Briefe, Hamburg et Gotha, 1850, in-8*». Les dates proposées par 
Sudendorf sont en général très sujettes à caution. 

3. Bishop, Unedirte Briefc zur Geschichte Berengar vtn Tours, dans 
Yllistorisches Jahrbuch du Gôrres Gesellschaft , t. ï, 1880, p. 272-280. 

4. Marchegay a publié en 1843, dans les Archives dWnjoUy t. I", des 
Recherches sur les cartulaires d^ Anjou, 



XVIII PRÉFACE 

modernes, au premier rang desquelles il convient de citer 
celles qui furent exécutées au xviii® siècle sous la direction 
de dom Housseau, en vue de la publication d'une. histoire 
de r Anjou et de la Touraine ; ces copies forment à la Biblio- 
thèque nationale la Collection d'Anjou et de Touraine ou 
Collection dom Housseau, 

Pour Téglise Saint-Maurice d'Angers, nous sommes 
assez mal partagés : les originaux ont tous disparu, et du 
Livre noir^ composé au début du xii® siècle, il ne subsiste 
plus qu'une analyse * et des copies modernes 2. 

Par contre, le fonds de l'abbaye de Saint-Aubin d'An- 
gers est encore relativement riche en originaux, et ceux-ci 
sont utilement complétés, non seulement par des copies 
modernes, mais par un cartulaire du xii^ siècle, conservé à 
la Bibliothèque d'Angers et que vient de publier M. Ber- 
trand de Broussillon-^. 

Les chartes anciennes de l'abbaye de Saint-Serge d'An- 
gers sont surtout connues par deux cartulaires : le Premier 
cartulaire de Saint-Serge^ datant duxi® siècle \ a disparu. 



1. Arch. de Maine-et-Loire, G 277, p. 777-825. Ce sera souvent d'après cet 
inventaire que nous indiquerons à quel folio et sous quel numéro telle ou 
telle charte était transcrite au Livre noir, 

2. Nous signalerons surtout colles de la Coll. dom Housseau et colles de 
la Coll. Baluzo, vol. 39. Ces dernières toutefois, dues à André Du Chesne, 
n'ont pas été faites directement sur le Livre noir^ mais sur un « registre 
de papier contenant plusieurs tiltrcs de l'Église d'Angers et autres », 
registre d'ailleurs fort incorrect à en juger par les copies de la Coll. 
Baluze. 

3. Cartulaire de V abbaye de Saint- Aubin d'Angers, publ. par Bertrand 
de Broussillon avec une table par E. Lelong {Documents histor, sur r An- 
jou publ. par la Soc, d^agric , sciences et arts d'Angers), Angers, 1903, 
3 vol. in-8°. 

4. Voir Bibl. nat., ms. lat. 5446, fol. 237, et lat. 17030, p. 29 et suiv. 



PRÉFACE XIX 

mais on en a des copies qui permettent de le reconstiliier ^ ; 
le Second cartulaire de Saint-Serge^ datant, dans sa partie 
essentielle, du milieu du xji« siècle, est conservé au Musée 
Dobrée, à Nantes : M. labbé Durville en atout récemment 
donné une analyse *. 

Les originaux des anciennes chartes de Saint-Nicolas 
d'Angers sont perdus'' ; il existait un cartulaire, com- 
posé au xii® siècle, avec additions du xm®^; mais nous 
n'en avons plus que des analyses et des extraits^. Laurent 



1. Notamment les copies faites pour Gaignières, dans le ms. lat. î)446de 
la Bibl. nat. (recopié en partie dans le ms. lat. 17030), et celles de la Coll. 
doTO Ilousseau. Au vol. XIII^ de cette Coll., fol. 246-282, dans le ms. lat. 
12696, fol. 246 et suiv., et dans le ms. lat. 13819, fol. 270 et suiv., on trouve 
des analyses partielles ou intégrales du cartulaire. Marchegay en a tenté 
une reconstitution : son ms. est actuellement conservé aux Archives de 
Maine-et-Loire. 

2. G. Durville, Manuscrits du Musée Dohrée. Le cartulaire de Saint-Serge 
d^ Angers j^anies^ 1903, in-8®. 

. 3. Un fragment de copie contemporaine d'une des chartes du xi' siècle 
(Catalogue d\icteSy n<* 280) subsiste cependant à Angers, au couvent des reli- 
gieuses du Bon Pasteur. Nous avons pu l'examinera loisir grâce à l'obli- 
geance de M. Taumônier du couvent. 

4. « Ex cartulario Sancti Nicolai, cujus média pars 12^ saeculo scripta, 
reliqua ineunte 13® » (Bibl. nat., ms. fr. 22450, p. 161). 

'). Nous connaissons trois analyses plus ou moins complètes du cartu- 
laire avec indication des folios : une analyse faite pour Gaignières, Bibl. 
nat.,ms. fr. 22450, p. 161-183 ; une autre, i'Aic/., Coll. domlJousseau, vol. XI 11^ ; 
une troisième, très concise et incomplète, ibid.f Coll. Baluze, vol. 38, fol. 49 
et suiv. Beaucoup de copies ont été faites, qui donnent l'indication précise 
des folios du cartulaire et souvent des descriptions du ms. .'signalons celles 
de Jean Hiret, Bibl. d'Angers, ms. 679 (anc. 616), p. 107 et suiv. ; celles 
du ms. 706 (anc. 636), p. 36 et suiv. et 838 (anc. 75 i). pièce n° 5, à la môme 
BibL ; les copies conservées aux Arcli. de Maine-et-Loire, sous les cotes 
H 552, H 608, H 640, n»' 1. 6 et 7, II 655. etc. — Il 640, n» 1 (copie de l'an 
1617), décrit le cartulaire : « Ung gros livre escript en parchemin, couvert 
de bois et cuir par dessus, en cinquante et vingt V feuilletz. » — Mar- 
chegay a, dans un ms. conservé aujourd'hui aux Arch. de Maine-et-Loire, 
tenté une restitution analytique folio par folio du cartulaire, mais il n'a 
pas indiqué ses sources. 



XX PRÉFACE 

Lepeletier en a imprimé une partie, d'une manière malheu- 
reusement fort incorrecte, dans son De rerum scitu dignis- 
simarum a prima fundaiione monasterii Sancti Nicolai 
Andegavensis ad hune usque diem epitome necnon et ejus- 
dem monasterii abba tu m séries^ publié k Angers en 1635, 
(petit in-4<^). Il avait, en 1616, publié à Angers comme un 
premier essai beaucoup plus court de cet ouvrage sous le 
titre de Breviculum fundationis et séries abbatum Sancti 
Nicolai Andegavensis. 

Pour le chapitre de Saint-Laud d'Angers, nous possédons 
un fragment d'original* et un cartulaire du début du 
XIII® siècle appartenant à M. de Villoutreys et publié par 
M. Planchenault^ ; pour l'abbaye du Ronceray d'Angers 
(anciennement appelée Notre-Dame-de-la-Gharité) , un car- 
tulaire de la fin du xii® siècle, conservé à la Biblio- 
thèque d'Angers et publié par Marchegay^. Le même 
érudit retrouva et publia en 1843 une grande partie du 
cartulaire de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire, composé 
au xii® siècle et conservé aux Archives de Maine-et-Loire*. 

Les archives de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur 
nous sont connues par de nombreux originaux, conservés 
principalement aux Archives de Maine-et-Loire, et par une 

i, Bibl. d'Angers, ms. 757 (ancien 680, t. I), pièce n<» 2 {Catalogue 
d'actes y n® 155). 

2. Cartulaire du chapitre ^de Saint-Laud d'Angers, suivi de la Vie de saint 
Silvestre et Vinvention de la Sainte-Croix, publ. par A. Plancheuault (Docu- 
ments histor, sur V Anjou publ. par la Soc. d'agric, sciences et arts d'An-- 
gers, IV), Angers, 1903, in-8°. 

3. Cartulaire de Vabbaye du Ronceray d^Angers, publ. par Marchegay, 
avec une table par E. Vallée, Paris-Angers, 1900, in-8o. Le volume avait 
été mis auparavant en circulation sans table, sous le titre d'Archives d'An- 
jou, t. III, Angers, 1846, in-8°. 

4. Marchegay, Archives d'Anjou, t. I, Angers, 1843, in-S®, p. 293-429. 



PRÉFACE XXI 

série de cartulaires* : le Livre noir^ du milieu du xi® siècle, 
actuellement conservé à Cheltenham, dans la bibliothèque de 
sir Thomas Phillipps, n*^ 70 ^ ; le Livre blanc^ écrit dans 
la première moitié du xii® siècle, le Livre d'argent^ écrit dans 
la seconde moitié du même siècle, et le Livre rouge, écrit 
au XIII® siècle, conservés tous trois aux Archives de Maine-et- 
Loire. Marchegay a publié un assez grand nombre de chartes 
de Saint-Florent de Saumur, et notamment les chartes poi- 
tevines dans le tome II des Archives historiques du Poitou 
(1873). 

Les premières chartes des abbayes de la Roë et de Fon- 
levrault, fondées Tune et Tautreà la fin du règne de Foulque 
le Réchin, sont transcrites dans les cartulaires de ces deux 
établissements : le premier de ces cartulaires est conservé 
aux Archives de la Mayenne "*; le second, dans la Biblio- 
thèque de si^ Phillipps à Cheltenham, sous le n° 67 *. 

Les archives du prieuré de Cunault, encore riches en 
originaux, sont conservées pour la plus grande partie par 
le propriétaire du prieuré, M. de ïerrebasse^, et quant 

1. On trouvera des indications plus complètes sur ces cartulaires dans 
Giry, Notice» bibliographiques sur les archives des églises et des monastères 
de V époque carolingienne (Biblioth. de VLcoledes Hautes-Etudes, însc. 132), 
Paris, 1901, in-8», p. 61-64. 

a. Il en existe une transcription faite par Marchegay, en partie d'après 
le ms. original, en partie d'après les copies de Salmon et de dom Pitra, 
aux Archives de Maine-et-Loire, et une copie faite par Salmon, en partie 
d'après le ms. original et en partie d'après les copies de Marchegay et de 
dom Pitra, à la Biblioth. de Tours, ms. 1338. Nous nous sommes servi de la 
copie de Marchegay. 

3. Il en existe une copie de la main de Marchegay à la Bibl. nationale, 
ms. lat., nouT. acq. 1227. 

4. II en existe une copie de Marchegay aux Arch. de Maine-et-Loire. 

5. Nous en devons la communication à l'obligeance de M. Ch. d'Achon, 
de Gennes. 



XXll , PRÉFACE 

au reste, aux Archives de Maine-et-Loire, dans le fonds du 
séminaire Saint-Charles * . 

Un assez grand nombre de chartes originales de Tabbaye 
de Bourgueil, pour la fin du x® siècle, le xi« siècle et le 
début du xn®, subsistent encore aujourd'hui^ ; celles qui 
ont disparu depuis de la fin du xviii® siècle avaient été 
presque toutes copiées pour Gaignières^. Un cartulaire 
«écrit en papier en 1481»^ semble perdu, mais on en 
possède des copies multiples^. 

Le fonds de Tabbaye de Marmoutier est actuellement un 
des plus riches : originaux et cartulaires y sont encore 
nombreux. Parmi les cartulaires, nous signalerons spécia- 
lement les deux cartulaires de Chemillé (l'un, en parche- 
min, u Cartulaire vélin », écrit en 1246, Fautre, en papier, 
écrit au xv^ siècle), conservés aux Archives de Maine-et- 



i. Cf. sur les archives de Cunaull, rarticle de M. Maître, Bibl. de VEcole 
des Charles^ t. LIX, p. 233. 

2. Aux Arch. d'Indre-et-Loire ; à la Biblioth.de Tours, mss. 1338-1339 ; à 
la Biblioth. de Reims, Coll. Tarbé ; au British Muséum, Additional charters, 
n»« 11225-11230, etc. 

3. Bibl. nat., ms. lat. 17127. Une grande partie des copies de ce volume 
sont faites d'après les originaux. 

4. Ibid., p. 231. 

5. Celles du ms. lat. 17127 de la Bibl. nat., celles de la Coll. Baluze, 
vol. 38, ibid.y dues à André DuChesne, celles delà Coll. dom Ilousseau, etc. 
Au début du xviii'' siècle, dom Fouquet fît une transcription intégrale du 
cartulaire de 1481 : son manuscrit, souvent cité par les historiens, était en 
1843, suivant Marchegay {ArchiveH dWnJou, t. I, p. 201-202), en la posses- 
sion de Salmon, archiviste d'Indre-et-Loire; il était en 1878 en la posses- 
sion de M. Goupil de Bouille, suivant M. l'abbé Pasqiiier,. qui en donne une 
description circonstanciée dans son volume sur Baudri, abbé de Bourgueil^ 
archevêque de Do/ (Paris, 1878, in-8°), p. 11 (Cf. A. de Salies, Ifial. de Foulques 
Nerra, 1874, Introd., p. xlv, et Richard, Ilist. des comtes de Poitou, t. I, 
p. 108, n. 1). Le recueil de chartes de Bourgueil formé par Salmon (Bibl. 
de Tours, mss. 1338-1339) contient plusieurs transcriptions faites d'après 
dom Fouquet. 



PRÉFACE XXm 

Loire, \e Livre des s f*rf-^^^ M^i rmoutier , publié parSalmon 
et Grandmaison *, et les cartulaires blésois, dunois et ven- 
dômois, publiés par MM. l'abbé Métais -, Mabille ^ et de 
Trémault ^. Le cartulaire tourangeau a disparu ; mais nous 
en avons, notamment dans la Collection dom Housseau, 
vol. XII-, une analyse assez complète et Ton conserve de 
nombreuses copies tirées de ce recueiP. 

De Tabbaye de Beaulieu près Loches, il ne subsiste plus 
que des copies modernes, faites d'après les originaux ou 
prétendus tels ^, etdes abbayes de Noyers etde Gormery, que 
des copies de cartulaires anciens : ces copies ont été publiées 
par M. l'abbé Chevalier^ et par M. l'abbé Bourassé^. 

Enfin, pour nous en tenir à l'essentiel, on possède 
trois fragments du cartulaire de l'abbaye de la Trinité de 



1. Liber de servis MaJorisMonasterii, publ. par A. Salmon etCh. de Grand- 
maison {Mém. de la Soc, archM. de Touraine, t. XVI), Tours, 1864, in-8<*; 
une partie en avait paru à Paris, 184;), in-8<*. 

2. Marmoulier, Cartulaire blésois, publ. par Tabbé Ch. Métais, Chartres 
et Blois, 1891, in-S» 

3. Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, publ. par E. Mabille, Chà- 
teaudun, 1874, in-8°, 

4. Cartulairede Marmoutier pour le Vendômois, publ. par A. de Trémault, 
Vendôme, 1893, in-S», 

5. Le volume publié par P- Nobilleau, sous le titre de Marmoutier ; Dom 
CL Chantelou, Cartulaire tourangeau etsceaux des abbés, Tours, 1879, in-8®, 

. est sans aucune valeur : il est compose surtout d'analyses en latin d'une 
exactitude plus que douteuse et qui n'ajoutent, en général, absolument rien 
aux autres analyses que nous possédons. ^- Sur les archives de Marmou- 
tier et les copies modernes, voir Giry, Notices citées, p. 20-25. Marchegay 
avait projeté la publication d'un cartulaire angevin (factice) de Marmou- 
tier,: ses copies sont à la Bibliothèque nationale, nouv. acq. fr. 5021-5024. 

6. Voir ci-dessous. Appendice III. 

7. Cartulaire de l'abbaye de Noyers, publ. par l'abbé G. Chevalier [Mém, 
de la Soc. archéol. de Tourainc, t. XXII), Tours, 1872, in-8". 

8. Cartulaire de Cormery. précédé de L'histoire de Vabbaye, publ. par 
l'abbé Bourassé [ibid,, t. XII), Tours, 1861, in-S». 






XXIV PUÉFACE 

Vendôme, compilé aux xi®-xii® siècles, etdes copies modernes 
fort nombreuses, faites soit d'après le cartulaire, soit d'après 
les originaux : le tout a été récemment publié par M. Tabbé 
Métais*. 

En terminant cette préface, nous avons à cœur de remercier 
spécialement M. Marc Sache, archiviste de Maine-et-Loire, 
dont la complaisance nous a singulièrement facilité l'explo- 
ration des archives angevines, M. le chanoine Urseau, qui 
nous a libéralement communiqué les copies qu'il a faites 
en vue de la publication prochaine du Livre noir de Saint- 
Maurice (f Angers, M. Ch. d'Achon, qui nous a permis 
d'examiner à loisir dans son cabinet, à Gennes, les anciennes 
archives du prieuré de Saint-Aubin de Trêves et nous y a fait 
communiquer celles du prieuré de Cunault, enfin M. Trouil- 
lard, archiviste de Loir-et-Cher, et M. de Grandmaison, 
archiviste d'Indre-et-Loire. 



1. Cartulaire de Vabbaye cardinale de la Trinité de Vendôme^ publ. par 
l'abbé C. Mêlais, Paris, 1893-1897, 4 vol. in-8«; puis nouveau t. IV et t. V, 
Vannes, 1900-1904, 2 vol. in-S». 



PREMIÈRE PARTIE 



LE COMTÉ D'ANJOU SOUS FOULQUE NERRA 

ET GEOFFROI MARTEL 

(987-1060) 



INTRODUCTION 

On racontait au xii® siècle * que les ancêtres des comtes d'An- 
jou étaient venus du pays de Rennes. L'un d'eux, un certain 
Tertulle, ayaiit, comme biëh d'autres ^, émigré sous la menace 
des conquérants bretons et des pillards normands, s'était enrôlé 
dans les armées de Charles le Chauve et avait, pour prix de ses 
services, reçu un petit bénéfice dans le Gâtinais ^. Son fils Enjeu- 

1. Les origines de la maison angevine ne sont connues que par les Geata 
consulum Andegavorum; mais riiistoire, pour cette période, s'y trouve 
mêlée à tant de fables que les meilleurs critiques ont presque renoncé à 
Ten dégager : on s'est complu }\ convaincre d'erreur l'auteur de la chronique 
plus qu'on ne s'est attaché à mettre en relief les quelques points sur les- 
quels il parait, au contraire, s'être rapproché de la vérité. Il est certain que 
les Gesta ne sauraient nous donner ici des indications très précises; mais, 
si Ton s'en tient à la rédaction la plus ancienne que nous ayons de l'ou- 
vrage (ms. la t. 6218 de la Bibl. nat.), on y peut trouver, croyons-nous, 
comme un écho — lointain, sans doute, et déformé, mais enfin un écho — 
de la réalité. C'est en tenant compte de ces observations que nous essayons 
de retracer en quelques mots les origines de la maison d'Anjou. 

2. Nous pensons spécialement à des textes tels que Tart.O du capitulaire 
de Servais, de l'an 953 (éd. Boretius-Krause, t. II, p. 273), ou l'art. 31 de 
redit de Pistes, de l'an 864 {ibid., p. 323). 

3. Sur tout ceci, voir les deux premiers chapitres des Gesta : le père de 
Tertulle y est dit « in pago Redonico oriundus » ; quant au bénéfice que 
reçoit Tertulle, c'est seulement « aliquantum beneficium in Landonensi 
Castro >» : il n'est pas question de l'attribution à Tertulle du comté de 
Chàteau-Landon, comme le dit, par exemple, Célestin Port(Dtc/to/i/i., t. III, 
p. 567). 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 1 



2 LE GOMTà d'àNJOU 

ger [IngelgeriuB)^ suivant Texemple paternel, s'était distingué à 
Tours pendant un des assauts livrés à la ville par les Normands ^ 
et s'était ainsi attiré les bonnes grâces de l'archevêque Adalard ; 
celui-ci lui avait fait épouser sa nièce et concéder la forteresse 
d'Amboise, qu'il était nécessaire de remettre en état après les 
dévastations des pirates. Enfin, sur la recommandation de 
Tévêque d'Angers Rainon, frère d' Adalard, Enjeuger avait été 
chargé de protéger contre les Bretons, dont la domination s'éten- 
dait alors jusqu'à la Mayenne *^, et contre les Normands, tou- 
jours menaçants*^, l'Anjou oriental, à ce moment entre les mains 
des descendants de Robert le Fort^. 

1. Suivant les Oes/a, Enjeuger, encore tout jeune homme, aurait servi 
de champion à la veuve du seigneur de Château-Landon dans un procès 
qui lui était intenté pour adultère : le fait semble légendaire (il est à rap- 
procher de tous les récits épiques du moyen âge où le chevalier accomplit 
des exploits par amour pour sa dame) ; mais nulle part, dans la première 
rédaction, il n'est parlé de Tattributlon à Enjeuger du comté de Câlinais. 
Il est question ensuite du don que lui aurait fait le roi de la vicomte d'Or- 
léans : entendez peut être qu'il reçut un petit poste militaire à Orléans. 
Après quoi, il fut envoyé à Tours, où il eut la « regia praefectura » : enten- 
dez, sans doute, qu'il a eu un commandement militaire à Tours. 

2. Les Gesla disent qu'Enjeuger reçut « dimidius comitatus Andegavis 
civitatis » : Mabille de se récrier {Introduction, p. lvi) : « L'abbé Eudes 
a commis un anachronisme ; il a fait allusion à une division géograpliique 
d'une durée éphémère, créée par Louis le Débonnaire et qui à l'époque 
dont il parle n'existait déjà plus depuis longtemps. » Mais c'est Mabille 
qui fait erreur et non l'abbé Eude ; les souvenirs de ce dernier sont, au 
contraire, extrêmement exacts : les derniers travaux sur l'histoire de Bre- 
tagne ont prouvé que l'ancien comte de Nantes Lambert se tailla à la fin 
de l'année 851 un petit état indépendant sur la rive droite de la Mayenne; 
qu'à sa mort (l'" mai 852), le duc de Bretagne Erispoë s'en empara et que 
Salomon, successeur d'Erispoë, et même Alain le Grand (888-907), succes- 
seur de Salomon, continuèrent à occuper tout l'Anjou occidental, jusqu'à 
la Mayenne: voir R. Merlet, Guerres d'indépendance de la Bretagne (Extrait 
de la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1891), p. 10 et suiv. ; 
A. Giry, Sur la date de deux diplômes de Véglise de Nantes et de Talliance de 
Charles le Chauve avec Erispoë {Eniv. des Annales de Bretagne, 1898), p. 8- 
9 et 18 ; Longnon, Atlas, p. 86; A. de La Borderie, Hist. de Bretagne, 1. 11, 
p. 74, 341, 407. 

3. Nous pensons particulièrement à l'invasion de l'an 886: voir Chron, 
de NanteSjéd, Merlet, p. 66, n. 3. 

4. C'est de cette manière un peu large qu'il faut très vraisemblablement 



INTRODUCTION 3 

H 

Mais le véritable fondateur de la dynastie angevine fut 
Foulque le Roux, fils d'Enjeuger* : après avoir, sans doute, 
participé à Texpulsion des Bretons hors de l'Anjou occidental 2, 
Foulque fut, sous Charles le Simple, nommé vicomte d'Angers et 
abbé de Saint-Aubin et Saint-Lézin d'Angers ^ et ne tarda pas, 
dès le deuxième quart du x^ siècle ^, à échanger son titre de 

inlerpréter Tattribution de la moitié du comté d'Anjou à Enjeuger. 
D'ailleurs l'auteur des Gesta n'ignorait pas du tout que l'Anjou • relevât de 
la maison de Robert le Fort, comme le montre la phrase : <(... ita jam diu 
rege et praedictis duobus episcopis et aliis primatibus Franciae, qui ibi sta- 
tiones suas nimium taediosas facere a rege cogebantur, in custodiis 
civitatis hujus defessis, libenter Ingelgerius, cujus strenuitati omnes con- 
fidebant, ad defendendam regionem et urbem saevis praedonibus oppositus 
est et comes ibi factus » (éd. Marchegay et Salmon, p. 46). Voir, en outre, 
tout le début du chapitre consacré à Foulque le Roux, qui est beaucoup 
moins éloigné de la vérité, malgré quelques erreurs, que Mabille ne semble 
vouloir le dire. 

1. Cette filiation, donnée par les Gesia, est confirmée par une charte où 
Foulque le Roux se dit « fils d'Enjeuger » : Cartulaire de Saint-Aubin (V An- 
gers^ éd. Bertrand de Broussillon, n» 177. Cette charte était transcrite avec 
d'importantes variantes dans le Livre noir de Saint-Maurice d'AngerSy î^ 24 
v<>, copié dans la Coll. dom Housseau, vol. 1, n« 155. 

2. Les Gesta disent simplement que le descendant de Robert le Fort 
alors maître de la Neustrie (les Gesta sont quelque peu confus sur l'identité 
de ce personnage) donna à Foulque « integrum comitatum Andegavensium, 
qui prius bipartitus erat » : les historiens modernes sont portes, en 
effet, à admettre que c'est vers le début du x® siècle que l'Anjou occiden- 
tal a été arraché aux Bretons (voir les ouvrages cités ci-dessus, p. 2, n. 2). 

3. C'est en effet vicomte et non comte que Foulque le Roux a d'abord 
été nommé, comme Mabille l'a prouvé (Introd.^ p. lx-lxii) ; mais, somme 
toute, l'erreur des Gesta, qui le font nommer tout de suite comte, est vénielle 
et, en tout cas, cette chronique note avec une grande exactitude qu'en 
même temps Foulque le Roux a été nommé abbé de Saint-Aubin et Saint- 
Lézin (Cf. Cartul. de ^aint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n<» 177), — 
Nous disons, d'accord avec les Gesta, que c'est sous Charles le Simple que 
Foulque a été nommé vicomte : en effet, si un Foulque apparaît dès 886 
dans la suite d'Eude, fils de Robert le Fort, nulle part il n'est dit qu'il soit 
vicomte; c'est en septembre 898 que pour la première fois il est dit vicomte 
(Mabille, Introd,, pièce justif. n° 2). 

4. En 905, on le trouve qualifié de « vicomte d'Angers et de Tours » 
(Mabille, Introd., pièce justif. n® 3), mais c'est, sans doute, seulement 
par intérim qu'il remplit les fontions de vicomte de Tours et seulement 
parce que le vicomte de Tours Alton étant mort, on n'a pas encore nommé 



r 



4 LE COMTÉ d'aNJOU 

vicomte contre celui de comte. Un mariage avec Roussille [Ros- 
cilla) ^ fille d'un riche seigneur de Touraine nommé Garnier *, lui 
valut la possession de Loches, Villentrois et la Haye ^, Il eut 
pour (ils Gui, d'abord chanoine de Saint-Martin de Tours, puis 
évêque de Soissons, Enjeuger, mort jeune, et Foulque le Bon ^, 
qui lui succéda en 941 ou 942 ^. 

Suivant les Gestaconsulum Andegavorum^le gouvernement de 
Foulque le Bon fut marqué par une longue période de paix et de 
prospérité. Ce comte cependant ne resta point inactif : après avoir 
épousé Gerberge, dont il eut deux fils, Geoffroi et Gui, et une 
fille, Adélaïde ^, il s'unit en secondes noces, en 952, à la veuve 

son remplaçant. — En 909, dit Mabillc, et en 912, Foulque le Roux prend 
le litre de comte : pour 912, la charte qu'il cite ne le prouve nullement ; 
pour 909, la charte alléguée n'est conservée qu'en transcription et il est 
difficile de dire si Ton n'a pas affaire à une simple faute de copiste. 
C'est à partir de 929 {Cartul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
n® 177) que Foulque prend, pour ne plus le quitter, le titre de comte. 

1. Dans la charte de 920, citée à la note précédente, Foulque le Roux 
s'exprime ainsi : « Ego Fulco, Andecavorum comes, abbas quoque Sancti 
Albini Sanctique Lizinii, necnon et uxor mea Roscilla et filii mei Widdo ac 

Fulco pro remedium mee anime vel anime Ingelgerio, genitore meo, 

atque Ingelgerio, filio meo, necnon pro anima Warnerio, socro meo, et 
uxore sua Tescenda... » Pour la qualité de ce Garnier, voir les Gesta, 

2. Ce sont les Gesta (éd. Marchegay et Salmon, p. 65) qui le disent, et 
en tout cas, dès Geoffroi Grisegonelie, nous avons la preuve absolue que 
les comtes d'Anjou étaient maîtres de Loches. 

3. Ces trois fils sont nommés dans la charte de 929 citée ci-dessus, 
n. 1. Voir aussi la généalogie n° II des Généalogies angevines éditées par 
R. Poupardin dans les Mélanges d'archéologie et d'hist, de C École française 
de Rome, t. XX (1900), p. 206. — Pour Gui, c'esl Flodoard [Annales, 
ann. 937) qui nous dit qu'il fut chanoine de Saint-Martin de Tours (cf. 
Laucr, Louis IV d'Outremer, p. 136, n. 1). 

4. C'est ce qu'établit Mabillo [Introd,, p. lxiii). Cependant il ne 
faudrait peut-être pas être trop affirmalif : la seule chose que les documents 
montrent clairement, c'est que Foulque le Roux vivait encore en 
août 941. 

5. Voir dans le Cartul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
n° 224, une charte de Geoffroi Grisegonelie, qui, d'accord avec son frère 
Gui, pour le repos de l'Ame de leur père Foulque et de leur mère 
Gerberge, fait une donation à l'abbaye de Saint-Aubin. — Pour Adélaïde, 
voir Mabille, Introd., p. lxv-lxvi. C'est cette Adélaïde qui s'est égale- 






INTRODUCTION 

d'Alain Barbetorte, sœur du comte de Blois Thibaud le Tricheur *• 
Or, ce dernier, à qui Alain avait confié la tutelle de son fils 
Drogon 2, en ayant abandonné la garde à son nouveau beau-frère 
et lui ayant remis, en outre, jusqu'à la majorité de Tenfant la 
suzeraineté du comté de Nantes et des Mauges ^y Foulque, à en 
croire des récits, il est vrai, quelque peu légendaires, aurait pris 
goût à cette domination et aurait même tenté en faisant périr Dro- 
gon de se rendre définitivement maître des domaines qui lui étaient 
temporairement confiés^; mais les Nantais, attaqués quelque 
temps après par les Normands, ayant en vain imploré son secours, 
labandonnèrent pour se donner aux bâtards d'Alain Barbetorte, 
Hoël et Guérech ^. La. tentative de Foulque le Bon échoua donc; 
mais elle ne devait pas être oubliée par ses successeurs. 

Ses enfants parvinrent tous à de hautes situations ': Gui, 
après avoir été abbé de Cormery et de Saint-Aubin d'Angers, 



ment appelée Blanche, comme on le voit aux généalogies n«» II et IV 
des Généalogies angevines citées ci-dessus n. 3 

1. Voir Chron, de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVII. — Plusieurs histo- 
riens ont, d'après le témoignage de VAri de vérifier les dates, donné à la 
sœur de Thibaud le nom de Gerberge : c'est confondre la seconde femme 
de Foulque le Bon avec la première, qui, nous l'avons vu, a effecti- 
vement porté ce nom. Il est certain, en effet, que ce n'est pas en 952 
que Foulque a pu épouser celle qui fut la mère de Geoffroi Griscgonelle, 
de Gui et d'Adélaïde. — Les auteurs de VArt de vérifier les dates et les 
historiens modernes, conformément au témoignage des Gesta (éd. 
Marchegay et Salmon, p. 75) et de la généalogie n® II des Généalogies citées 
ci-dessus, p. 4, n. 3, admettent que Foulque le Bon eut un fils nommé 
Dreu ou Drogon: il semble qu'il y a eu confusion ici entre le fils de la 
seconde femme de Foulque et les enfants de Foulque lui-même. 

2. Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVI. 

3. Ibid., ch. XXXVII. Cf. R. Merlet, Les origines du monastère de 
Saint-Magloire de Paris, dans la BibL de l'Ecole des Chartes, t. LVI, 1895, 
p. 261, n. 3, et voir la charte de 958 imprimée dans dom Morice, 
Mémoires pour servir de preuves à P histoire de Bretagne, t. I,col. 346, tirée 
du Livre rouge de Saint-Florent de Saumur, fol. 27 v<*. 

4. Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVII. Cf. l'Introduction de 
celte édition, p. xlvi. et F. Lot, Derniers Carolingiens, p. 247. 

5. Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XXXVIII, et cf. A. de La Borderie, 
Hist. de Bretagne, t. II, p. 420-422. 



6 LE œMTÉ d'anjou 

reçut de Lothaire, en 975, Tévôché du Puy-en-Velay ^ Adélaïde 
eut une destinée plus brillante encore : après avoir été mariée à 
Etienne, comte de Gévaudan, elle fut quelque temps la femme 
du roi Louis V et finit par épouser le comte d'Arles Guil- 
laume I®** ; c'est de ce dernier mariage que naquit Constance, 
femme du roi Robert 2. Quant à Geoffroi, bientôt surnommé 
(( Grisegonelle », il succéda à son père vers Tan 960 ^. 

Sous le gouvernement de ce dernier, la maison d'Anjou devint 
de plus en plus forte : continuant la politique esquissée par 
Foulque le Bon, Geoffroi se fit nettement le protecteur — peu 
désintéressé — des comtes de Nantes contre les comtes de 
Rennes, vassaux des comtes de Blois. C'est à ce titre qu'il inter- 
vint en faveur de Guérech, lorsque celui-ci livra à Conan de 
Rennes la première bataille de Conquereuil (981 ou 982) ^ et 
qu'il eut à repousser une attaque des fils de Conan, qui, pour 
riposter, sans doute, avaient tenté de surprendre Angers ^. Pour 

1. Voir Lot, Derniers Carolingiens y p. 81. 

2. Ibid., p. 127, 129, 367, 368. 

3. C'est la date donnée par Mabille, Introduction^ p. lxvii. Elle est 
confirmée par le catalogue des comtes d'Anjou composé au xii« siècle, 
que nous publions parmi les Pièces justificatives, n° 7. 

4. Chronicon Britannicum, dans dom Morice, Mémoires pour servir de 
preuves à Vhist, de Bretagne^ t. I, col. 4: « Ânno DGCCCLXXXII, primum 
bellum Britannorum et Andegavorum in Concruz » ; Chron. Sancti 
Michaelis, dans Labbe, Nova bibliotheca mss,, t. I, p. 350 : « Anno 
DCGCCLXXXI, Conanus Curvus contra Andegavenses in Concurrum optime 
pugnavit »; Chron. de Nantes, éd. Merlet, ch. XLI, p. 119. Cf. A. de La 
Borderie, Hist. de Bretagne, t. II, p. 425-427. — Sur la vassalité des comtes 
de Rennes vis-à-vis de la maison de Blois, voir Chron, de Nantes, éd. Mer- 
let, p. 114, n. 2. 

5. Chron. de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, p. 376) : 
« Et fugavit Britones, qui vénérant Andegavim cum praedatorio exercitu, 
quorum duces erant filii Conani. » Sur ce texte, voir les observations de 
Kate Norgate, England under the angevin kings, t. I, p. 135 et suiv. Nous 
avons repris ces observations nous-mêmes dans notre Étude sur Vauthen- 
ticité du fragment de chronique attribué A Foulque le Réchin, loc. cit., 
p. 18-20. Aux arguments que nous avons fait valoir avec miss Kate Norgate 
ajouter que les Gesta consulum Andegavorum, faisant allusion aux mêmes 
faits, tout en les dénaturant, les placent sous Foulque Nerra, au temps de 



INTRODCCnON 7 

prix de ses services, il sut contraindre Guérech à lui prêter 
hommage *. Il fut également en guerre avec Guillaume Fière- 
brace, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, et, victorieux ou 
non, obtint de lui en fief quelques forteresses et la ville de Lou- 
dun 2. Bien plus, Geoffroi joua certainement un rôle impor- 
tant dans les principales affaires du royaume : s*il est assez peu 
vraisemblable qu'il ait été gonfalonier du roi, comme quelques 
érudits l'ont admis 3, il n'en reste pas moins qu'il prit une part 
active aux expéditions de Lothaire contre le duc de Norman- 
die Richard P** et ses alliés les Danois 4, ainsi qu'à la cam- 



la deuxième bataille de Conquereuil, ce qui, nous le verrons, est tout à 
fait impossible: or si ces faits en eux-mêmes sont exacts, il faut bien, 
avec Foulque le Réchin, les placer au temps de la première bataille de 
Conquereuil. 

1. Chron, de Nantes^ éd. Merlet, ch. XLII. 

2. Adémar de Chabannês [Chron., III, xxx, éd. Chavanon, p. 152) 
déclare que Geoffroi fut vaincu, mais reconnaît qu'il reçut de Guillaume 
f< castrum Losdunum cum nonnullis aliis in pago Pictavorum pro 
bénéficie... » ; Foulque le Réchin [Chron. ^ éd. Marehegay et Salmon, 
p. J76) déclare que Geoffroi fui vainqueur, qu'il battit Guillaume aux 
Roches, et s'empara lui-même de la ville de Loudun. Quoi qu'il en soit, 
il est certain, nous le verrons plus loin (p. 54) que les comtes d'Anjou, à 
partir de ce moment, ont tenu Loudun (dont plusieurs textes, par exemple 
le n^ 130 bis du Catalogue d'actes^ attestent qu'ils sont détenteurs) comme 
vassaux des ducs d'Aquitaine, et nous avons même un diplôme du roi 
Lothaire, il est vrai suspect à plus d'un titre, qui indique Geoffroi 
Grisegonelle comme vassal de Guillaume d'Aquitaine dès 973 [Becueil 
des actes de Lothaire et de Louis V, rois de France, éd. Halphen et Lot, 
n<» LXII). 

3. C'est cependant à peu près ce que serait porté à accepter M. Lot 
{Derniers Carolingiens, p. 101, n. 2). 

4. Voir Lot, Derniers Carolingiens, p. 346-357. . — Nous croyons que 
c'est à la part prise par Geoffroi Grisegonelle dans cette expédition qu'il 
faut rapporter, en gros, ce que racontent les Gesla (éd. Marehegay 
et Salmon, p. 78-85: !'• rédaction) des combats où il eut à se mesurer 
avec les Danois: il y a eu évidemment confusion entre les exploits de 
Geoffroi à cette occasion et ses exploits lors du siège de Paris en 978; 
mais il faut noter la distinction établie par les Gesta entre ces premiers 
faits d'armes et ceux qui eurent lieu contre les Theutonici (p. 85 de l'cd. 
Marehegay et Salmon) : la guerre normande est des années 959-968, c'est-à- 
dire antérieure à la guerre contre Otton II, 



8 LE COMTÉ D ANJOU 

pagns de Lorraine, en 978 *, et à la défense de Paris contre 
Otton II. II accomplit même dans ces circonstances de tels faits 
d'armes que la légende et l'épopée s'en emparèrent aussitôt *. 
Bien en cour auprès des Carolingiens ^, GeofFroi eut, en outre, 
rhabileté de rester toujours dans les meilleurs termes avec son 
suzerain Hugue Capet ^ ; non seulement il le reconnut comme 
roi dès son élection, mais il semble même Tavoir aidé à dompter 
les résistances qu il rencontra alors ^. Il mourut pendant qu'il 
était occupé à cette tâche, au siège de Marçon, le 21 juillet 987 6, 
laissant deux fils et une fille ^ : Foulque dit « Nerra » ^, né vers 

1. Annales de Vendôme, dans notre Recueil d'annales angevines et 
vendômoises, p. 57 : u Idem (Illotharius) postmodum Hlotharingiam 
calumpniatus est; cujus cxpeditionibus Gosfridus, Andecavorum cornes, 
pater Fulconis ultimi, interfuit multique alii nostre etatis viri. » 

2. Pour la présence au siège de Paris, voir Lot, Derniers Carolingiens^ 
p. 101 etsuiv. Sur la légende de Geoffroi Grisegonelle, voir iZ)ic/., p. i04- 
105, et du môme, Geoffroi Grisegonelle dans Vépopée, dans la Romania, 
t. XIX, p. 377-393; mais tenir compte de la note 4 de la p. précédente. 

3. Voir Lot, Derniers Carolingiens, p. 172, en faisant toutefois les 
réserves nécessaires (que nous justifierons plus loin, p. 9, n. 4) sur ce 
qui a trait à l'éducation de Foulque Nerra. 

4. Voir au Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n*» 2, 
une charte où Geoffroi Grisegonelle s'intitule « Gautfrcdus, gralia Dei et 
senioris mei domni Ilugonis largitione, Andecavorum comes ». Cf. les 
textes cités par Lot, Derniers Carolingiens, p. 111, n. 1, et p. 116. 

5. C'est ainsi que nous croyons devoir interpréter le texte de Foulque 
1? Réchin, Chron, : « Et postea fuit cum duce Hugone in obsidione 
apud Marsonum, ubi arripuit eum infirmitas qua expiravit » (Chron, 
des comtes d'Anjou, p. 376). 

6. Ibid, et Annales de Vendôme : « DCCCCLXXXVII. Obiit Gosfredus 
Andecavorum comes, pater Fulconis ultimi, XII kalendas augusti, in 
obsidione Marsonis super Odonem Rufinum facta » (Recueil d'annales 
amjev. el vendôm., p. 58), texte reproduit avec quelques variantes dans les 
annales angevines \llid, p. 2, 46, 85, 106, 117). On ignore qui est cet 
Eudo le Roux; quant à Marso, c'est, selon toute vraisemblance, Marçon, 
près Chàteau-du-Loir. l^Obituaire de Saint-Maurice d'Angers (voir Chron. 
des (^glisrs (/M/i/ow, p. 9, n. 4) reproduisait le texte des Annales de 
Vendôme. Par suite de fautes de lecture ou d'essais d'interprétation, deux 
manuscrits cités par M. de La Borderie, Histoire de Bretagne, t. II, p. 533, 
reproduisent aussi ce texte, mais en y remplaçant Marsonis^dir Ancenis. 

1. Vu troisième llls, Geoffroi, enfant du premier lit, était moi*t avant 
9S7. Voir Mabille, Introduction, p. lxx. 
8. Sur ce surnom, voir Appendice /•'^ 



INTRODUCTION 9 

970 *, qui lui succéda, Ermengarde, qui épousa le comte de 
Rennes Conan ^, et Maurice, enfant d'un second lit ^. 

Avec Foulque Nerra ^ allait commencer pour le comté d'An- 
jou une longue période de développement intérieur et d'accrois- 

r. Cette date peut être établie en se fondant sur un passage de la 
Chron. de Nantes, XLIV, éd. Merlet, p. 129, où, à propos d'événements 
des années 990-992, il est dit que Foulque était « lors juvenceau de l'asgrf 
de vingt ans » ; mais nous croyons qu'il ne faut pas serrer le texte de trop 
près et aller, comme le fait M. Merlet, lac, cit., p. 129, n. 1, jusqu'à 
donner la date précise de 971-972. 

2. Mabille, Introduction, p. lxx et suiv. 

3. Ibid. Maurice, comme Ta établi Mabille, paraît dans plusieurs 
chartes de Cluny à la fin du x* siècle : voir notamment le n^ 2484 du 
Recueil des chartes de Cluny publ. par A. Bei'nard et A. Bruel, t. II. Cf. 
E. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, t. V, p. 493. Pendant le règne de 
Foulque Nerra, Maurice est cité comme son frère dans deux chartes. Tune 
de 1002-1003, l'autre de 996-1005 {Catalogue d'actes, n«» 20 et 22). — 
Foulque Nerra et Ermengarde étaient nés d'un premier mariage avec Adèle 
de Vermandois ; Maurice, d'un second mariage conclu vers 978 avec Adé- 
laïde, veuve de Lambert, comte de Chalon : voir Mabille, loc, cit., et les 
Généalogies angevines publ. par Poupardin {Mélanges d'archéologie et 
d'histoire de VÉcole franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208), n«» 2-5^ et 
celles de notre Recueil d'annales angevines et vendômoises, p. 49. Voir aussi 
Lot, Les derniers Carolingiens, p. 328-329. — Miss Kate Norgate fait de 
Foulque Nerra un fils d'Adélaïde de Chalon {England under the angevin 
kings, t. I, p. 136) : dans ce cas, Foulque n'eût pu naître avant 979 ; mais 
les textes s'y opposent (voir notamment Catalogue d'actes^ n«» 1, 2 et 3, 
et le passage précité de la Chron, de Nantes, XLIV, éd. Merlet, p. 129) et 
nous montrent, en outre, que Maurice n'était que le demi-frère de Foulque 
(voir notamment la notice du CartuL de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, 
t. I, n^* 16-17, où il est parlé de Maurice seulement comme d'un cognatus 
de Geofîroi Martel, fils de Foulque Nerra). 

4. On ne sait rien de l'enfance de Foulque Nerra, On a quelquefois 
affirmé qu'il avait fait son éducation à la cour des rois Lothaire et Louis V, 
mais en se fondant uniquement sur « la Chronique de Beaulieu », citée 
dans une histoire manuscrite de l'abbaye de Beaulicu-lcs-Loches de dom 

. Galland (Salies, llist. de Foulques Nerra, p. 8, suivi par Lot, Les der- 
niers Carolingiens, p. 162, n. 3, et p. 172. Cf. sur la « Chronique de Beau- 
lieu », Salies, loc. cit., p. 132, n. a, et p. 495). Or, bien que la « Chro- 
nique de Beaulieu » n'existe plus et bien que nous n'ayons pas eu entre 
les mains le manuscrit de dom Galland, dont nous ignorons le proprié- 
taire actuel, les extraits de la « Chronique » donnés d'après dom Galland 
par M. Archambault, dans son Histoire de r abbaye et de la ville de Beau- 
lieu, au t. XI de la Revue de V Anjou (1874), p. 64-65, sont suffisants pour 



10 LE COMTÉ d'aNJOU 

sèment. Grâce à des circonstances exceptionnelles, cet état allait 
jouir pendant plus de soixante-dix ans d'une direction énergique et 
continue : Foulque Nerra allait, en effet, régner personnellement 
jusqu'au 21 juin 1040 ^, entreprenant et servi à souhait parla 
fortune jusqu'à son dernier jour, puis laisser comme successeur un 
fils déjà mûri par Fâge et l'expérience, Geoffroi dit « Martel » -, 
né le 14 octobre 1 006 ^ d'un second mariage avec la lorraine 

prouver que le texte visé à été composé, au plus tôt, au xvii« siècle et 
qu'il devait être analogue au Chronicon Bellilocense rédigé en 1685 par le 
moine Yve Gaigneron (Bibl, nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127). On n*en 
peut donc invoquer ici Tautorité. Nous ferons d'ailleurs remarquer que les 
chartes nous révèlent la présence de Foulque Nerra dans le comté d'An- 
jou en 974, 978, 985 {Catalogue d'actes, n»» 1, 3, 5). 

1. Annales de Vendôme : « MXL... hoc ipso anno obiit Fulco comes, XI 
kalendas julii » [Recueil d'' annales angevines et vendômoises, p. 61), texte 
reproduit avec quelques variantes dans les annales angevines (ibid., p. 4, 
46, H8) et dans la Chronique de Saint-Maixent {Chron, des églises d'Anjou, 
p. 393). Foulque le Réchin, Chron, : « Bis etiam Jérusalem adiit. In cujus 
secundo reditu rébus humanis excessit circa festivitatem sancti Johannis 
anno ab incarna tione Domini MXL » (Chron. des comtes d'Anjou, p. 377). Le 
fait est noté sous Tannée 1040 dans la Chronique en prose de Saint- Julien 
de Tours (Salmon, Recueil des chron. de Touraine, p. 231) et au XI des 
calendes de juillet dans les obituaires de Saint- Julien de Tours (Bibl. de 
Tours, ms. 1279, copie du xv« siècle d'un ms. ancien) et de la Trinité de 
Vendôme (Métais, Cartul. de la Trin. de Vendôme, [nouveau] t. IV, Vannes, 
1900, p. 407). 

2. Sur ce surnom, voir Appendice I*'. 

3. Cette date du 14 octobre 1006 était certainement celle que donnait le 
recueil primitif de Saint-Maurice d'Angers dont, pour le début du 
XI* siècle, les annales angevines et vendô^noises dérivent. En effet, les 
Annales de Vendôme portent : « MVI. Gosfredus comes natus est II idus 
octobris » (p. 59 de notre Recueil) ; les Annales de Saint-Aubin : « MVI. 
Ilubertus episcopus ordinatus est et eodem anno Goffredus Martellus natus 
est » {ibid.,p.3); \qs Annales de Saint-Florent de Saumur : «MVI. Iluber- 
tus ordinalur episcopus. Goffredus comes natus est II idus octobris » [ibid., 
p. 117). Devant cet accord et étant donnée surtout l'autorité des Annales^ 
de Vendôme, on ne peut expliquer que par une erreur de transcription l'in- 
dication d'année contenue dans les Notes de Vobiluaire de Saint-Serge 
(lesquelles, on le sait, sont copiées sur le même recueil de Saint-Maurice 
d'Angers que les textes précédents) : « Idus junii. Dies ordinationis 
Huberti presulis, anno ab incarnatione Domini MVII. Eodem anno Gos- 
fridus comes natus est II idus octobris » {ibid,, p. 106). Il est donc établi 
que le recueil de Saint-Maurice d'Angers donnait pour la naissance de 



INTRODUCTION 1 1 

Hildegarde ^ Si ce dernier n'avait pas été prématurément enlevé 

Geoffroi Martel la date du H octobre i006. — Il est vrai qu'une notice du 
CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n» i, débute 
par ces mots : « Anno ab incarnatione Domini MVII, indictione V, Gau- 
fridus Martellus natus est et pater ejus Fulcho, etc.. » Mais cette notice 
assez postérieure et qui contient au moins une autre grosse inexactitude 
chronologique (voir n°53 du Catalogue d'actes) ne peut prévaloir contre les 
textes précédemment cités. 

i. Foulque Nerra épousa en premières noces, vers Tépoque de son 
avènement, Elisabeth, fille du*comte de Vendôme Bouchard le Vénérable 
et en eut une fille, Adèle ; nous en reparlerons au chap. II, p. 62. Après 
la mort d'Elisabeth, en Tan iOOO (voir ibid.)^ Foulque épousa Hildegarde, 
dont on sait seulement qu'elle était Lorraine et d'une lignée illustre : 
« religiosa atque piissima comitissarum, domna Hildegardis, quam scilicet 
ut credimus et in rébus manifestum est, omnium conditor Deus a Lotha- 
riensium partibus, de regali progenie ortam, in hos occidentales terra- 
rum fines ad restaura tionem destitutarum olim ecclesiarum pcrduxit », dit 
une charte du Ronceray d'Angers [CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, 
n® 173) ; « illustrem puellam », dit V Histoire de Saint-Florent (Chron, 
des églises d'Anjou, p. 260). M. L. de Grandmaison, dans les positions de 
sa thèse sur Geoffroi Martel (Positions des thèses des élèves de V École des 
Chartes, ann. 1887), dit qu'Hildegarde descendait peuUêtre des comtes de 
Nordgau ; mais nous ignorons sur quoi cette hypothèse repose. Par 
contre, c'est par erreur que Gél. Port (Dictionn. de Maine-et-Loire, t*. II, 
p. 359) dit qu'Hildegarde « était sœur de Gildouin de Doué, au témoi- 
gnage d'une charte de Saint-Florent », la charte visée {Livre noir de Saint- 
Florent de Saumur, fol. 12 v®, n° 15) relatant seulement un don fait 
par Gerberge, femme de Gcudouin, en 980, du consentement de sa 
propre sœur la vicomtesse Hildegarde (« Signum Girbergane, quae hanc 
dona tionem fecit ; signum Gelduini, senioris ejus ; signum Hildegardis 
vicecomitissae, sororis ejus. Data mense aprili, anno XXV régnante 
Hlothario rege. Actum Salmuro castro publiée wj.On ignore vers 
quelle date naquit Hildegarde ; mais on sait qu'elle ne survécut que de 
peu à son mari : elle alla mourir à Jérusalem le 1*' avril 1046, et y fut 
ensevelie, selon ses vœux (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n«" 8, 
33, 64 ; ObiL du Ronceray, dans Chron, des églises d'Anjou, p. 395, n. 3; 
ObiL de Saint-Aubin d'Angers [Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747] ; 
copie de ïObiL de Reaulieu-lès-Loches dans Bibl. nat., ms. lat. 12662, 
fol. 100 r°, aux calendes d'avril ;Ann. de Vendôme et Ann. de Saint-Aubin, 
p. 4 et 62 du Recueil d'ann. angevines et vendômoises). Les textes qui 
prouvent que Geoffroi Martel était fils d'Hildegarde sont très nombreux: 
on peut voir notamment les n°» 30, 44, 45, 58, 72, 76, 77, 78, 79 du Cata- 
logue d'actes, — De son mariage avec Hildegarde, Foulqiîe Nerra eut 
encore une fille, Ermengarde. Voir Foulque le Béchin, Chron. : « Ego 
Fulco comes Andegavensis, qui fui filius Gosfridi de Castro Landono et 



12 LE COMTÉ d'aNJOU 

à la vie le 14 novembre 1060 ^ sans laisser d'héritiers directs, 
on ne peut dire jusqu'à quel degré de puissance les comtes 
d'Anjou seraient parvenus dès le xi® siècle ; mais de 987 à 1060 
leurs progrès allaient être assez remarquables pour qu'on pût 
prévoir pour leur maison les destinées les plus brillantes. 

Ermengardis, filiae Fulconis coniitia Andcgavensis... » {Chron. des comieê 
d'AnJoUj p. 375) ; Généalogies angevines publiées par Poupardin, dans les 
Mélanges de V École franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208, n^ 2-5 ; 
généalogie publiée p. 49 de notre Recueil d'annales angev, et vendômoises. 
Cette Ermengarde, à ce qu'il semble, fut surnommée Blanche : c'est du 
moins ainsi que nous croyons devoir interpréter la charte n^ 125 du Car- 
lui. du Ronceray, éd. Marchegay, où il est question de la fille d'Hildegarde 
et de Foulque Nerra, « cognomine Blancha ». Cette expression « cogno- 
mine « indique nettement qu'il ne s'agit là que d'un surnom ; aussi n'y-a- 
t-il pas lieu de supposer à notre comte une fille de plus, comme l'a fait 
Cél. Port, Dictionn., t. II, p. 191. — Ce dernier (ibid,) et tous les histo- 
riens de l'Anjou attribuent à Foulque Nerra et Hildegarde encore une 
autre fille, qu'ils nomment Adèle (voir notamment Mabille, Introd, 
aux chron. des comtes d'Anjou, p. lxxviii). Le seul textç qu'on puisse 
produire à Tappui de cette assertion est la phrase suivante des Gesta 
consulum (ms. 6218, p. 45) : « Fulco ex uxore sua Goffridum Martellum 
et filiam Adclam nomine genuit. » Mais les Gesta font évidemment con- 
fusion entre la fille d'Hildegarde et celle d'Elisabeth, ou plutôt ils ne 
connaissent, en fait d'enfants de Foulque Neri*a, que GeofTroi Martel et 
Adèle : « uxor sua » ne désigne pas plus Elisabeth qu'Hildegarde ; elles 
ne sont nommées ni l'une ni l'autre. — Quant à Ermengarde, elle épousa, 
nous le verrons (2* partie, chap. I), Geoffroi, comte de Gâtinais, et en eut 
deux fils, GeofTroi le Barbu et Foulque le Réchin. 

1. Annales de Vendôme : « MLX. Obiit Heinricus Francorum rex, anno 
ordinationis suç XXIX et eodem ipso anno obiit Gausfredus comes, Ful- 
conis filius, XVIII kalendas decembris, feria III, hora diei prima, mona- 
chili habitu prius suscepto a domno Adraldo, abbate Sancti Nicholai » 
(Recueil d'annales angev, et vendâm., p. 63), texte reproduit dans les 
annales angevines (ibid,, p. 5, 108, 119) et la Chronique de Saint-Maixent 
(Chron, des églises d'Anjou, p. 402); Foulque le Réchin, Chron. : « In 
eodem porro anno(MLX°) rex Ainricus obiit in nativitate sancti Johanniset 
meus avunculus Gosfridus tertio die post festivitatem bcati Martini bono 
fine cfuievit » (Chron, des comtes d'Anjou, p. 379). L'Obituaire de Saint- 
Aubin d'Angers (Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747) et VObituaire du 
Ronceray (ibid,, ms. 849, ancien 761, copie du xvi" siècle) notent la mort 
de Geoffroi Martel au 18 des calendes de décembre. 



CHAPITRE I«' 



LES CONQUÊTES 



I 

Le comté d'Anjou, à l'avènement de Foulque Nerra, ne 
rappelait qu'assez imparfaitement l'ancien comté ou pagu» 
carolingien ^: il était à la fois plus vaste et plus restreint. C'est 
du côté de la Touraine et du Poitou que les modifications avaient 
été les plus profondes: le comte, au lieu de voir sa domination 
arrêtée vers le sud-ouest, comme autrefois, au Layon et à 
rironne, apparaissait désormais comme le suzerain d'une partie 
de cette région des Mauges convoitée déjà par Foulque le Bon 2. 
La limite méridionale de l'ancien pagus s'était également quelque 
peu infléchie pour venir englober Vihiers 3. Au sud-est, le cours 

1. Les limites de ce pagus ont été indiquées par M. Longnon dans son A//a« 
historique de la France. Toutefois, sur un point de détail, nous avons cm 
devoir, nous écartant de la cartede M. Longnon, admettre avec Célestin Port 
(Dictionnaire de Maine-et-Loire^ Introduction^ p. iv) que le pagus d'Angers 
s'étendait au delà du Layon sur la région de Gonnord, de Melay, deChemillé : 
cette région a toujours, à ce qu'il semble, fait partie du diocèse d'Angers et, 
en outre, la Chronique de Nantes^ éd. Merlet, p. 97, dit expressément que 
les Mauges s'arrêtaient à l'Ironne. 

2. Renaud le Thuringien, vassal du comte d'Anjou, possédait une bonne 
partie de cette région : voir la Chronique de Nantes ^ éd. Merlet, p. 123. Il 
en légua certains morceaux à son flis, l'évoque d'Angers Renaud : voir le 
diplôme de Robert le Pieux publié dans les Ilist, de Fr., t. X, p. 583, et 
une notice du monastère de Saint-Serge d'Angers, datée de l'an 1058, dans 
la Collection dom Housseau, vol. 11^, n° 582. Cependant Saint-Florent-le- 
Vieil restait encore dans le comté de Nantes : voir ci-dessous, p. 52. 

3. Une charte-notice de Saint- Aubin d'Angers nous montre Geoffroi 
Grisegonelle disposant de la ten^c de Vihiers en faveur d'un de ses vas- 
seiUx(Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon,n°85). Or Vihiers 
était en dehors du pagus d'Angers et resta toujours en dehors du diocèse 



14 LE aoaat o''A»or 

moyen du Thooet avait cessé de maixiiier la frontière : dès son 
avènement, Gex^broi Grisegonelle était maitre à Mérao ^. 

A Test, c'avait été un bouleversenient ciomplet : la prise de 
possession du Saumurais par les eomles de Blois qui était déjà 
chose Caite au début du x* siècle - . avait fait reculer jusqu'à 
Gennes ^ la limite de TAnjou, quL laissant en dehors Dénezé, 
Meigné, les Ulmes^ Distré ^« venait rejoindre le Thooet entre le 
G>udraV'Macouard et Lézon ^. Par contre^ enpl^neTouraine, le 



d'Angers. Cest Mrulement ao milieu da x^ siêdeqne les comtes d'Anjou 
s'y étaient installés : car, en 942, Vibiers faisait encore partie des 
domaines de Saint-Hilaire de Poitiers Port, l>îc/<oana£re^ t. 111, p. 7181. 

1. En 960, Geoffiroi Grisegonelle donnait à Saint- Aubin d'Angers une 
partie des domaines de Méron \f sitam in pago Pictavensi '• en rappelant 
que c'était ta un bien depuis assez longtemps déjà entre les mains des 
comtes d'Anjou iC^rtul, de Saint-AoLin, éd. Bertrand de Broussillon, 

no 224). 

2. En 937, le maître de Saumur était déjà Thibaud, comte de Blois 
illisl, de Sainl-FlorerU de Saumur^ dans Chron. des église* d'Anjou^ p. 230). 
Célestin Port affirme Dictionn,^ InirodocUon, p. x) que « la maison de 
Blois avait, depuis Texpulsion des Wisigotbs, réuni à la Touraine tout le 
Saumurois » ; mais il se fonde sur un texte mal interprété, que nous citons 
à la note suivante. 

3. nUL de Saint-Florent Chron. des églises d'Anjou^ p. 276 : « Nam a 
priscis Pranciae regum temporibus, Andegavam atque Neustriam reg^onem 
lil>ere leuentium, a castro Salmuro potentissimam dominationem vulgariter 
vicariam die la m termina bat Gegîna vicus. » 

4. L'nc cbarle de l'an 990 nous apprend que les moines de Saumur 
durent prendre un protecteur pour leurs terres de Dénezé, Meigné, les 
Ulmet», Distré, sur lesquelles Foulque Nerra passait chaque fois qu'il péné- 
trait en Saumurois 'Pièces juslif.y n° 1 '. 

5. En 976, GcofTroi Orisegouelle ratîGait la restitution faite par un de ses 
fidèles à Tabbaye de Saint- Aubin d'une terre sise au Coudray-Macouard 
(Carlul. de Saint- Aubin^ éd. Bertrand de Broussillou, n° 211). D'autre part, 
Célestin Port ^ Dictionnaire , t. II, p. 514-515 a montré que Lézon ^au con- 
fluent de la Dive et du Thouetj était dans la voirie de Chènehutte, c'est-à- 
dire dans le Saumurois, et dépendait, dès le début du x* siècle, de Tab- 
baye de Saint- Florent de Saumur. Cependant on était là sur Textrême 
limite de TAnjou et de la Touraine : en 958, nous voyous, en effet, que le 
pays de Véron Centre Chinon et la Loire; est « in conGnio Andegavorum 
Turonorumque » (Mabille, Introd., p. lxiv, n. 3). 



LES CONQUÊTES 15 

comte d'Anjou possédait Saint-Epain ^, la Haye sur la Creuse ^^ 
Ligueil 3^ Villentrois \ Loches ^, Amboise ^, Monnaie, Cour- 
çay "^j et sans doute aussi Semblançay, Saint-Christophe, 
Château-la- Vallière ® et, plus au nord, Chenu 9, possessions 
encore assez clairsemées, mais faciles à relier et formant comme 
un vaste réseau qui menaçait d'enserrer Tours. 

Sur les confins du Maine, la frontière du comté était restée à 
peu près la même qu'à Tépoque des .premiers Carolingiens : près 
de cette frontière, la Pèlerine *^, Noyant**, Genneteil *2, le Lude*^, 



1. En 1023-1024, nous voyons Foulque Nerra renoncer à toutes les mau- 
vaises coutumes établies par Geoffroi Grisegonelle à Parce, Précigné, 
Noyant, Genneteil, Chenu, Saint-Epain, Ligueil, Courcay, Monnaie (Cata- 
logue d'actes, n^ 3o). 

2. Vllist. de Saint-Florent (Chron. des églises dWnJou, p. 274) nous parle 
de la Haye comme d'une place héritée par Foulque Xerra de ses prédéces- 
seurs et les Gesta consul. Andegav, affirment, nous Tavons vu, que la pos- 
session eu remontait à Foulque le Roux (éd. Marchegay et Salmon, p. 65). 

3. Voir ci-dessus, n. 1. 

4. Les deux mêmes textes que pour la Haye. 

5. Voir ci-dessus, p. 4, et se reporter, par exemple, au n<> 4 du Cata- 
logue d'actes. 

6. Mêmes chroniques que ci-dessus : suivant les Gesta, la possession 
d*Amboise remonte à Enjeuger (ci-dessus, p. 2). 

7. Pour Monnaie et Gourçay, voir ci-dessus, n. 1. 

8. Pour ces trois places, nous nous en rapportons seulement au témoi- 
gnage des Gesta, qui nous montrent Foulque Nerra passant à Semblançay 
comme dans un de ses domaines et nous disent que Hugue d'Alluye, sei- 
gneur de Saint-Christophe et Château-la- Vallière, était le vassal de 
Foulque Nerra (ms. t)218, p. 44; Chron. comtes d'Anjou, p. 91). 

9. Voir 1b charte citée ci-dessus, n. 1. 

10. En 974, la comtesse Adèle faisait don de la Pèlerine à Tabbaye de Sliint- 
Aubin [Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n<» 3). La Pèle- 
rine était au pagus d'An«;ers, mais sur les confins de ce pagus. 

11. Voir la charte citée ci-dessus, n. 1. 

12. Ibid. 

13. En 976, Geoffroi Grisegonelle restituait à l'abbaye de Saint-Jouin-de- 
Marnes Téglise de Saint-Jouindu Lude, qui, depuis Foulque le Roux, était 
en la possession des comtes d'Anjou [Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand 
de Broussillon, n° 821). Le Lude était au pagus d'Angers, comme le 
prouvent non seulement la charte de Saint-Aubin de Tan 976, mais bien 
d'autres textes (voir, par exemple, les Ilist. de Fr., t. IX, p. 543 .'diplôme de 



16 LE COMTÉ d'aNJOU 

à Test, Précigné et Parce, dans la vallée de la Sarthe ^, Bazouges, 
dans la vallée de la Mayenne ^, étaient encore à la fin du 
x^* siècle au nombre des domaines angevins. Cependant, même 
de ce côté, un léger accroissement s'était produit à la suite de 
l'acquisition opérée par Foulque le Bon, aux dépens de Tévêché 
du Mans, des domaines de Coulaines et de Dissay-sous-Courcil- 
Ion 3. 

A louest, des modifications très importantes avaient peut-être 
eu lieu, car depuis Louis le Pieux, pendant plus d'un demi-siècle, 
la frontière bretonne n'avait cessé d'être remaniée ^ ; mais les 
documents qui pourraient nous éclairer à ce sujet font totale- 
ment défaut et c'est à peine si Ton peut affirmer que, sur la Loire, 
le comté d'Anjou s'arrêtait à Ingrandes ^. 

Tan 919), et il a toujours fait partie du diocèse d'Angers ; tout près de là, 
à l'est, Vaas était déjà au pagus du Mans et au diocèse du Mans {CartuL de 
Cormery^ éd. Bourassé, n® 7). 

1. Voir la charte citée ci-dessus, p. 15, n. 1. — Parce était sur Tex- 
trême limite du pagus d'Angers, qui, laissant en dehors Sablé, rejoignait 
un peu en amont laSarthO, qu'elle remontait jusqu'au-dessus de Parce :en 
face de Parce, de l'autre côté de la rivière, on était dans le Maine. — Sablé 
appartenait au comte du Maine : voir Cartulaire de la Couture (Le Mans, 
1881, in-40), no» 16 et 29. 

2. 11 y avait longtemps en 1006 que Bazouges comptait parmi les pos- 
sessions du comte d'Anjou (Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, no 1). 

3. Voirdom Piolin, Histoire de Véglise du Mans, t. III, p. 5-6, d'après 
les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium (éd. Busson et 
Ledru, p. 353). 

4. Voir ci-dessus, p. 2, et ajouter encore un remaniement qui n'y est pas 
mentionné, mais qui est extrêmement obscur : nous voulons dire l'abandon 
que Charlesle Chauve aurait fait en 863 à Salomon, duc de Bretagne, parle 
traité d'Entramnes, dupays«dit Inter duas aquas » {Ann. de Saint-Bertin, 
ann. 863). La Borderie (Ilisl. de Bretagne, t. II, p. 86) croit qu'il s'agit de 
toute la région située entre la Sarthe et la Mayenne. Peut-être (l'hypo- 
thèse n'a pas encoreété émise) s'agit-il simplement de la région située entre 
la Mayenne et la Jouanne (près d'Entramnes) : une localité et un ruisseau 
y portent encore le nom des Deux-Evailles (canton de Montsurs, arr. de 
Mayenne [villa de Duabus Aquosis] : voir le Dictionnaire de la Mayenne de 
M. l'abbé Angot, t. II, p. 35). En tout cas, ce remaniement fut, sans doute, 
de peu de durée. 

5. C'est vraisemblable (voir Port, Dictionnaire, t. II, p. 385) et c'est ce 



LES CONQUÊTES 17 

Telle était Tétendue du comté d'Anjou ^ au moment où, par 
la mort de Geoffoi Grisegonelle, son père, Foulque Nerra, en 
devenait le maître. L'occasion de l'agrandir allait immédiate- 
ment se présenter à lui. 



II 

En effet, en 990, sur la frontière occidentale, un événement 
significatif se produisit : le comte de Nantes Alain, fils de Gué- 
rech, étant mort sans laisser d'autre héritier qu'un bâtard de 
son oncle Hoël I^^, nonnnné Judicaël^ Conan, comte de Rennes, 
en profita pour se jeter sur Nantes, prit la ville et s'établit 
solidement dans la forteresse du Bouffay ^. Les comtes d'An- 
jou prétendant à la suzeraineté du comté de Nantes, c'était un 
coup direct porté à leur autorité. En outre, le -Voisinage du 
comte de Rennes était d'autant plus dangereux qu'il était vas- 
sal du comte de Blois 3. D'ailleurs, au même moment, ce der- 
nier — c'était alors Eude !•' — se jetait sur les domaines ange- 
vins *. 

qu^affirme la Chronique de Saint-Brieuc, malheureusement sans grande 
autorité pour cette période là où elle va plus loin que le texte de la Chron, 
de Nantes (voir l'analyse de cette chronique par P. de Bcrthou dans le 
Bulletin archéolog, de V Association bretonne, t. XTX, Saint-Brieuc, 190i, 
in-8°, p. 27). On peut ajouter que, vers i050, la limite du comté de Nantes 
et du comté d'Anjou passait à Carbay entre Châteaubriant et Pouancé 
(voir Archives d'^Anjou de Marchegay, t. Il, p. 1, et surtout, p. 4, n« 2). 
Était-ce déjà ainsi en 987 ? 

i . Nous ne parlons pas, bien entendu, ici des fiefs que les comtes d'An- 
jou tenaient du duc d'Aquitaine : cela n'est pas le comté d'Anjou. 

2. Chron. de Nantes, éd. R. Merlet, chap. XLIII-XLIV, et voir les notes 
de l'éditeur aux p. 126-128. La date de 990 est donnée par cette phrase 
de Le Baud (traduisant un passage perdu de la chronique) : « Et après 
ces choses se fist Conan duc sur les Bretons et régenta toute Bretaigne 
universelment et tint laditte cité de Nantes par deux ans » (c'est-à-dire 
jusqu'en 992, comme on le verra plus loin). 

3. Cf. ci-dessus, p. 6, n. 4. 

4. Gesta consul, Andegav, (ms. 6218, p. 42 ; Chron. des comtes d"* Anjou, 
p. 89) : u Monitu nempe pessimi Landrici, Odo Campaniensis et Gclduinus 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 2 



18 LE COMTÉ d'aNJOU 

Foulque, qui se sentait soutenu par le roi *, courut d*abord au 
plus pressé : il refoula Eude 1*^*^ et répondit à son attaque en 
venant ravager ses états ^. Il poussa même jusqu'aux faubourgs 
de Blois, qu'il incendia ^, et, continuant sa marche, alla mena- 
cer Châteaudun. La garnison fit une sortie ; Foulque, ayant peu 
de troupes, essaya d'éviter le combat et battit en retraite. Mais 
les Dunois, voyantles Angevins reculer, s'élancèrent à leur pour- 
suite et les harcelèrent. La retraite devenait périlleuse : Foulque 
fit faire volte-face aux siens et ordonna l'attaque ; les Dunois, 
pris de peur^ s'enfuirent en désordre, poursuivis à leur tour^ 
Tépée dans les reins, jusqu'aux portes de la ville. Les Angevins 
passèrent la nuit à garder les prisonniers, au nombre desquels, 
disent les Gesta consulum Andegavorum^ se trouvaient vingt 
chevaliers ; le lendemain, ils mirent le pays à sac ; le surlende- 
main, ils se replièrent sur Amboise. 

Là, fortement retranché dans son château, se trouvait un cer- 
tain Landri de Châteaudun, qui, suivant les Gesta^ avait prêté 
un concours actif à Eude l^^. Assiégé par Foulque, il n'obtint 
la vie sauve pour lui et pour les siens qu'à la condition d^éva- 
cuer son château et de quitter Amboise ^. 

Salmuriensis Fulconem a Turonia expellere temptaveruot, pu tantes Amba- 
ziacum et Lochas comiti auferre. » 

i. « Fulco, qui regumpartibus favebat », dit Richer, à cette date {HUior.^ 
IV, 79, éd. Waitz, p. 165). 

2. Richer, IV, 79, éd. Waitz, p. 165 : « Preceps itaque fertur terramque 
prédis, manubiis combustionibusque afrecit...atquc haec fere per bien- 
nium » (c'est-à-dire de 990 à 992). 

3. Ibid : « Et cum apud Blesum loca suburbana succenderet, incendiis 
aura fiante circumquaque erumpentibus, in coenobium monachorum 
saneti confessons Laudomari ïgnis plurimus evolavit ; quod mox combus- 
tum dirutum fuit. » Gesta consul, Andegav, (ms. 6218, p. 42-43 ; Chron, 
des comtes d'Anjou, p. 90] : « Collecto igitur quantum potuit exercitu, 
terram inimicorum audacter introivit et ultra Blesim {>erfectus ad Cas- 
trum Duni pervenit. » 

4. MM. d'Arbois de Jubainville (Ilist, des comtes et ducs de Champagne, 
t. 1, p. 219) et Lex {Eudes, comte de Blois, dans les Mém. Soc de VAube^ 
t. LV, p. 215, et à part, p. 31^ placent tous ces événements (expédition 
contre Châteaudun et Amboise), dont le récit nous a été transmis unique- 



LES CONQUÊTES 19 

Enfin, quelques petites expéditions contre Saumur, Montso- 
reau, Chinon, TIle-Bouchard achevèrent de mettre Eude l^^ et les 
siens à la raison *, et cela d'autant mieux que le comte de Blois 
avait à ce moment même d'autres affaires sur les bras ^. 

ment par les Ge$ta conèul, A ndegav,, après V année 1010; mais ils ne donnent 
aucune raison à Tappui de leur hypothèse. Miss Kate Norgate {England 
underthe angevin kings, t. I, p. 156 et 193-195) fait de même, mais ens'ap- 
payant sur les arguments suivants : le chapitre consacré à Maurice par les 
Gesta consulum (Chron, des comtes d^ Anjou, p. 87-89) doit être interprété 
comme se rapportant à une régence exercée par ce Maurice pendant le 
premier pèlerinage de son demi-frère Foulque Nerra . Or il y est ques- 
tion d'une attaque de Landri de Chàteaudun contre Amboise au temps de 
Sulpice, « trésorier de Saint-Martin de Tours », et de son frère Archem- 
baud, soit, dit miss Kate Norgate, en 1014-1015, puisque, ajoute-t-elle, 
Sulpice a été promu trésorier en 1014 et qu'Archembaud est mort en 1015. 
Donc, conclut-elle, les Gesla nous apprenant que Tattaque d'Eude de 
Blois (à laquelle l'expédition de Foulque contre Chàteaudun a répondu) a 
eu lieu « peu après la mort d'Archembaud » (fraire suo (Sulpicii) noviter 
morluo)y il faut supposer que notre comte est rentré de Terre Sainte en 1015 
et placer en 101 5-101 ^ son expédition contre Chàteaudun. Mais, outre qu'on 
ne saurait inférer de ce fait queSulpiceest qualifié dans les Gesta de trésorier 
à la réalité de ses fonctions au moment précis de Tattaque tentée par Lan- 
dri, les dates adoptées par miss Kate Norgate sont tout à fait erronées : 
c'est en 1023, et non en 1014, que Sulpice a été nommé trésorier (Mabille, 
Pancarte noire de Saint-Martin de Tours, p. 32), à la mort d'Hervé, surve- 
nue en 1022 (Chron, de Saint-Julien de Tours, dans Chron, de Touraine, 
p. 230). Et, d'autre part, pourquoi admettre que l'attaque de Landri contre 
Amboise, au temps du gouvernement de Maurice, soit antérieure à celle de 
Foulque contre Chàteaudun, puisque, de toutes façons, les Gesta font une 
erreur chronologique grossière en la plaçant avant la guerre de Bretagne 
(992) ? D'ailleurs, à examiner de près le texte des Gesta, on voit que Lan- 
dri a attaqué Amboise du dehors : c'est donc qu'il en avait déjà été 
expulsé ; si ce que racontent ici les Gesta a quelque réalité, l'attaque de 
Landri est, en conséquence, postérieure à l'expédition de Chàteaudun. Enfin 
n'est-ce pas peut-être à cette expédition que pense Richer, quand, après 
avoir raconté l'incendie des faubourgs de Blois, il ajoute : « His exemptis, 
(Fulco) in loca alia exercitum retorquet et vastat... » ? Ces mots 
cadrent bien avec la phrase des Gesta : « ultra Blesim perfectus ad eas- 
trum pervenit, etc. » 

1. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 44 ; Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 91) : u Mirebellum vero et Losdunùm possidens, Kainonem, qui Odonis 
proprius erat, Salmurium et Monsorellum illosque de Insula Bucardi 
abhine sepe expugnabat et per terram Guennonis, qui dominus Noastri 
erat, Luchis redibat. » 

2. Voir Lot, Les derniers Carolingiens, p. 271-272, et Hugues Capet, 
p. 161-162 et 170. 



20 LE COMTÉ d'aNJOU 

Foulque put alors faire face au comte de Rennes : vers le 
printemps de 992, il mit le sièg'e devant Nantes, dont il s'em- 
para au bout de trois semaines, grâce à une trahison ^ ; mais il 
se heurta au château, que Conan avait garni de troupes d'élite^. 
Ne pouvant y pénétrer, le comte d'Anjou se contenta de se faire 



i. Chron» de Nantes, éd. Merlet, XLIV, p. 129 : «...et viot à la cité de 
Nantes, laquelle il assiégea de toutes parz ou moys de juiga et devant 
icelle tint son siège par Fespace de trois sepmaines. » Richer, IV, 81 : 
« CoUecto exercitu, in Brittaniam(Fulco) preceps fertur Namtasque appé- 
tit. Cujus custodes alios auro corrupit, alios quibusdam poUicitationibus 
illexit. Eis quoque usque ad etfectum suasit, quo sibi satisfacerent, ut 
scilicet urbis introitum panderent. Qui suasi, sacramento tempus consti- 
tuunt. Nec multo post et in urbem admitlunt. Ingressusque pervadit et 
a civibus jure sacramenti obsides accepit » (éd. Waitz, p. 167). — M. Lot, 
Hugues Capet , p. 165, n. 1* rejette avec beaucoup de raison, ce nous 
semble, la date du l«''-5 juin 992 attribuée par M. Merlet, d'après la Chro- 
nique de Nantes, au siège de Nantes par Foulque Nerra. « Entre le début 
de juin, dit-il, et la bataille de Conquereuil, laquelle fut livrée le 27 juin, 
on ne peut entasser tant d'événements : 1° siège et prise de Nantes par 
Foulques, 2° Conan rassemble Bretons et Normands pour reprendre 
Nantes, 3^^ Foulques, reparti pour l'Anjou, rassemble une armée, 
4® bataille de Conquereuil. Le siège de juin, ajoute-t-il, est, à mon avis, 
le second, celui que Nantes soutint contre Conan. » Ces remarques nous 
semblent d'autant plus justifiées que l'auteur de la Chronique de Nantes 
ou Le Baud, qui traduit ce texte peut-être d'une manière peu fidèle, n'ad- 
met pas d'intervalle entre les trois semaines du siège de Nantes par 
Foulque et la bataille de Conquereuil ; il ignore même que Nantes est 
tombé, avant Conquereuil, aux mains de Foulque et, a fortiori, que Conan 
est venu tenter de reprendre la ville, faits qui empêchent absolument 
d'admettre que le siège de Nantes par Foulque ait pu à la fois commencer 
en juin seulement et durer trois semaines. Si le récit de Richer est exact, 
comme il y a tout lieu de le croire, celui de la Chronique de Nantes ne l'est 
qu'en gros. 

2. Richer, IV, 81 (éd Waitz, p. 167) : « Arcem solam expugnare non 
valuit, eo quod milites magnanimos haberet. » — Nous disons « le châ- 
teau », sans préciser. M. Lot, Hugues Capet, p. 166, n. 4, dit que c'est 
« évidemment le Bouffay », construit, nous l'avons vu, en 990 parConan. La 
chose nous parait, au contraire, fort douteuse, car la Chron. de Nantes, 
XLIV, p. 127-128, indique l'ancien château des comtes de Nantes, et non le 
château du Bouffay, comme ayant été confié à la garde de l'évêquc de 
Vannes Auriscand. 



LES CONQUÊTES ' 1 

remettre des otages par les habitants de la ville ^ et partit pour 
rassembler une armée plus nombreuse ^. 

. Cependant Conan, averti, accourt et investit, à son tour, la 
place, avec Faide d'une flotte normande. Du château^ ses parti- 
sans font pleuvoir sur les Nantais une grêle de traits. La situa- 
tion de ces derniers était presque désespérée, quand Foulque 
Nerra, avec une nouvelle armée qu'il venait de recruter, parut 
tout à coup ^. Le combat était inévitable : Conan envoya défier 
son adversaire, lui mandant, dit le traducteur de la Chronique 
de Nantes^ « que s'il ne se départoit de la cité de Nantes, que il 
combatroit avecques luy » ; Foulque lui fit fièrement répondre 
qu'il était « appareillé de commettre bataille contre lui en la 
grande lande de Conquereuz ^, où il avoit esté navré et desconfit 
par avant » ^. 

Le combat eut lieu le 27 juin 992 ^. Conan, arrivé le premier à 

1. Richer, ibid, : « A civibus jure sacramenti obsides accepit. » 

2. Ibid. : « Unde et cessit, sese recedere deliberans, ut copiis ampliori- 
bus congressurus rediret arcemque expugnaret. » 

3. Richer, IV, 82 (éd. Waitz, p. 167). — Sur l'alliance de Conan et des 
Normands, voir Lot, loc, cit,^ p. 166, n. 5. 

4. Conquereuil, cant. Guéméné-Penfao, arr. Saint-Nazaire (Loire-Infé- 
rieure). 

5. Ckron. de Nantes, XLIV. — Cf. Raoul Glaber, II, 3 (éd. Prou, p. 31) : 
« Cum igitur diu multumque vicissim sibi mala que poterant irrogassent, 
ab utroque decretum est ut in loco qui Concretus dicitur quisque illorum 
cum suo exercitu die constituto advenientes prelii certamen inircnt. » — 
Sur la première bataille de Conquereuil, voir ci-dessus, p. 6. 

6. Pour la date d'année, voir les ^/i/ia/e< c/e Saint-Aubin, les Annales 
dites de Renaud et les Annales de Sainl'Florent de Saumur (Recueil d'an~ 
nales angev.t p^ 3,86, IH). Pour le quantième, voir Chron. Britannicum 
(dans dom Morice, Preuves, I, col. 4) : « Anno DCCCCLXXXXII, secundum 
bellum Britannorum et Andegavorum in Concruz, ubi occisus est Conanus 
Britanniae consul V kalendas julii » ; Chron, du MonlSaint^Michel (dans 
Hist. de Fr,, t. X, p. 175) : «DCCCCXCII. Secundum bellum fuit in Con- 
currum, in quo Fulco comes Andegavensis victor extitit et Conanus Brito 
occisus est V kalendas julii, filius Juhelli Berengarii » ; Chron. Kemper- 
leg. (Ibid. y p. 294, et dans Maitre et Berthou, Cartul. de Sainte-Croix de 
Qaimperlé, p. 64) : « DCCCCXCII. Obiit Conanus comes, filius Judicaëlis 
Berengarii comitis Redonensis, qui in belle Concuruc interfectus est 
V kalendas julii, »> 



22 LE COMTÉ d'aNJOU 

Conquereuil ^, avait pu choisir un bon emplacement ; il avait fait 
creuser devant le front de ses troupes un fossé long et profond, 
qui avait été ensuite recouvert de branchages et de fougères, 
de façon à faire illusion : Fennemi ne pouvait manquer de choir 
dans ce vaste piège, pour peu qu'on l'y attirât ^. Conan manœu- 
vra en conséquence : il fit semblant, au dernier moment, d'hési* 
ter à engager la lutte ^ ; Foulque, sans se méGer, rappelant aux 

i. Chron. de Nantes, XLIV, p. 130 : « Lors Conan, castes choses ouyes, 
avecques ses Bretons vint premièrement en cette lande... » ; Richer, IV, 
83 (éd. Waitz, p. 467), nous montre également Conan « locum gerendi 
belli constituens » et, par conséquent, arrivé le premier ; Raoul Glaber, 
II, 3 (éd. Prou, p. 31), dit, de même, que les Bi*etons sont arrivés avant 
les Angevins : a In predicto denique loco, scilicet ubi certamen iniendum 
fuerat, clam prevenientes plerique Brittonum... » 

2. Chron. de N&ntes, ibid, : « Et entre ces choses les Bretons foïrent un 
grant parfont et large fossé par le milieu d'icelle lande, affln que les 
Engevins ne peussent à eulx passer légièremcnt. » Richer, IV, 83 (éd. 
Waitz, p. 167) : « Hic Conanus locum gerendi belli constituens, insidia- 
rum dolos infodit. Nam fossas quamplures ibi immergens, virgis et vimi- 
nibus stipulisque earum hiatus desuper operuît, intus surculis defixis, qui 
superiora continerent et soliditatem superficiel simularent. Et ut simulata 
superGcies penitus lateret, fîlicem collectam desuper respersit insidiasque 
dissimula vit. » Raoul Glaber, II, 3 (éd. Prou, p. 31) : u la predicto 
denique loco, scilicet ubi certamen iniendum fuerat, clam prevenientes 
plerique Brittonum ibique nimium astute profundum atque perlongum 
fodere vallum, ramisque arborum densatim superinsertis, imposita videli- 
cet hostibus muscipula, recesserunt. » 

3. Raoul Glaber, ibid.j dit que les Bretons simulèrent la fuite : « Gens 
Brittonum callida fraudisque propriç conscia, simulans se velle arripcre 
fugam, scilicet ut avidius demergeret hostem in latentem muscipulam. » 
Richer, IV, 84 (éd. Waitz, p. 168), dit seulement que les Bretons, sans 
prendre la fuite, firent semblant d'hésiter à engager la lutte : « Post insi- 
dias ipse acies ordinans, sic fraude (Conanus) usus est, ut diceret se ibi 
mansurum nec ulterius hostes quacsiturum ; si hostes urgerent, ibi tan- 
tum vitam defensurum ; nec ob metum id facturum, at ut hostes, si sese 
querant et impetant, contra jus id faciant ; sic enim eorum ruitia facilius 
provenire possit, cum sua temeritate quietos et innoxios aggrediantur... 
Herebat ergo hostesque excepturus opperiebatur. » On le voit, dans le 
fond, les deux textes sont d'accord pour indiquer une hésitation simulée 
de Conan : Richer prête au Breton de soi-disant scrupules destinés à 
donner le change à Foulque Nerra ; Raoul Glaber rapporte une ruse plus 
simple. Bien que cette dissidence n'ait pas grande importance, il faut 



LES CONQUÊTES 23 

siens dans une courte harangue les droits du jeune Judicaël ^ , les 
excitaà profiter de lapathie momentanée de l'ennemi ^. Les Ange- 
vins se précipitent en avant ; mais ils arrivent au fossé : la che- 
valerie roule au fond. Les Bretons, loin de vouloir fUir, se jettent 
sur eux et les accablent ; Toncle de Judicaël^ le vicomte Haimon, 
est tué ; Foulque et Aimeri III, vicomte de Thouars, sont griève- 
ment blessés ; Farmée angevine est en fuite ^. Mais tout à coup 
Conan, qui, dans Tardeur de la poursuite, s'est trop aventuré au 
milieu des ennemis, est cerné et tué ^ : les Bretons, à cette 

noter que, d'après la Chron, de Nantes» XLIV, p. 130-431, il semble que les 
Bretons se soient bornés à rester immobiles sans vouloir prendre Toffen- 
sive. Voici, en effet, ce qu'on y lit : « Et touz leurs chevaulx délaissez et 
leurs lances retranchées par le mylieu ainsi appareillèrent se défendre. » 
i,rChron. de Nantes, XLIV, p. 131 : « Il se fist présenter Judicaël, Fen- 
fant du comte Hoel, et recorda à touz, espéciallement aux Nantais qui là 
estoient de sa part, que à lui plus justement et plus droiturièrement 
appartenoit la cité de Nantes que à nul autre quelconque. » 

2. Richer, IV, 84 (éd. Waitz, p. 1.68) : « Fulco Conanum herentem videns 
nec ab eo loco exiturum, cum insidias nesciret, suos multo hortatu suade- 
batp quatinus vehementi conamine impetum facerent hostesque aggredi 
non dubitarent, etc. » 

3. Chron, de Nantes, XLIV; Richer, IV, 85 ; Raoul Glaber, II, 3. — On 
ne sait pas au juste qui est le vicomte Haimon : voir La Borderie, HUt. de 
Bretagne, t. II, p. 432, n. 3, et Merlet, p. 128, n. 3 de la Chron. de Nantes. 
M. Lot, Hugues Capet, Table analyt., p. 481, en fait un vicomte de 
Nantes, mais nous ignorons sur quoi il se fonde. 

4. Chron. de Nantes, XLIV, p. 132 : u Mais Conan, le prince des Bre- 
tons, homme bouillant, chault et peu amodéré, par trop se aventurer aux 
dangiers de ses adversaires, fut illec navré et occis. » Richer, IV, 86 (éd. 
Waitz, p. 168) : « Conanus intérim in dumetum cum tribus sese recepit, 

'armisque depositis, corporis fervorem ad auram mitigabat. Quem quidam 
adversariorum intuitus, facto impetu illum adorsus, gladio transfixit Ful- 
conisque victoriam extulit. » Toutes les chroniques confirment cette mort 
de Conan : la Chron, de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, 
p. 377), VHist. de Saint-Florent de Saumur {Chron. églises d'Anjou, p. 260), 
les annales citées ci-dessus, p. 21, n. 6. Une charte du Cartul. de Bedon (éd. 
de Courson, dans les Doc. inédits, n^ 296 ; cf. ibid., p. 425) contient ces 
mots : « Gaufridus, Conani Curvi fîlius, qui cum Andegavensibus apud 
Concuruz prelium commisit, in quo et occisus fuit. » Seul Raoul Glaber 
présente les faits d'une manière différente : « Conanum... truncatum dex- 
tera vivum capientes Fulconi reddiderunt » (Raoul Glaber, IV, 3, éd. 



24 LE COMTÉ d'aNJOU 

nouvelle, perdent la tête i^t se débandent '. — Des deux côtés 
les pertes avaient été énormes ^ ; mais, grâce à la panique finale 

Prou, p. 32). M*. Lot a justement fait remarquer (Hugues Capet, p. 168, 
n. 5), après miss Kate Norgate (op. cit., t. I, p. 148, n. 2), qu'il fallait 
voir sans doute dans ce récit le résultat d'une confusion entre les deux 
batailles de Conquereuil. 

1. Chron, de Nantes^ XLIV, p. 132: « Après la mort duquel (Conan), 
perdirent les Bretons toute espérance de vittoire, et tristes et doUens se ' ' 
mirent à fuir. » Aucun texte n'autorise à déclarer que les Angevins aient 
poursuivi les Bretons et en aient fait un grand carnage, ainsi que le dit, 
par exemple, M. Lot, Hugues Capet, p. 168. Au contraire, la Chron, de 
Nantes arrête la bataille à la mort de Conan : le fait que le chef breton a 
été tué et que ses soldats ont lâché pied suffit^ à donner là victoire à 
Foulque, lequel était sans doute trop épuisé pour poursuivre sérieuse- 
ment Tennemi ; aussi bien le chroniqueur ajoute-t-il que le comte d'An- 
jou « s'en%retourna à petit de triumphe ». De même, pour Richer (ÏV, 86), 
c'est la mort de Conan qui marque la lin de la bataille et la victoire de 
Foulque : » Quem (Conanum) quidam adversariorum intuitus, facto 
impetu illum adorsus, gladio transfixit Fulconisque vîctoriam extulit. » 
De même encore, c'est avant la mort de Conan que V Histoire de Saint-Flo- 
rent (p. 260 des Chron. des églises d^ Anjou) place la mêlée meurtrière, et 
c'est cette mort de Conan qui, aux yeux de son auteur, marque seule la 
victoire angevine : « Cujus belli Victoria post multam utrorumque inter- 
fectionem, Conano necato, Fulco potitus est. » Raoul Glaber, IV, 3 (éd. 
Prou, p. 32), sauf qu'il parle de la capture, au lieu de la mort de Conan, 
présente en gros les faits de la même façon. Toutefois il place un mouve- 
ment offensif des Angevins avant le moment où Conan fut cerné ; mais il 
est seul sur ce terrain et nous croirions d'autant plus imprudent de l'y 
suivre qu'il fait en cet endroit une autre erreur. 

2. Voir le texte de VHistoire de Saint-Florent cité à la note précédente ; 
voir aussi la charte n*» 19 de notre Catalogue d'actes par laquelle Foulque 
Nerra, en 1003, fait une donation « pro pœnitentia de tam magna strage 
christianorum, quae acta est in'' planicie Conquareth ». — Richer et la 
Chron. de Nantes insistent uniquement sur les pertes subies par Tarmée 
angevine : suivant Richer (mais ses chiffres sont toujours fantaisistes), 
20.000 Angevins auraient, lors du premier assaut, roulé dans les fossés 
préparés par les Bretons ; suivant la Chron, de Nantes, Foulque, 
« le vicomte de Thouars et presque touz leurs gens avoient esté griefve- 
ment navrez en celle bataille », et lors du premier assaut tenté par les 
Angevins, ceux-ci auraient rempli les fossés de leurs cadavres. Raoul 
Glaber et Foulque le Réchin insistent, au contraire, uniquement sur les 
pertes subies par les Bretons : Raoul Glaber dit que « presque toute leur 
armée » fut détruite ; Foulque le Réchin parle de 1000 chevaliers bre- 
tons tués avec leur duc. Il est certain, en effet, que tout en ayant le des- 



LES CONQUÊTES 25 

des Bretons, Foulque Nerra sortait victorieux de la bataille K 
Il profita de la déroute des ennemis et de Témoi causé. par la 
mort de Conan pour rentrer dans Nantes et attaquer le château : 
la garnison démoralisée se rendit sans grande résistance. Judi<- 
caël fut reconnu comte de Nantes ^ et placé, en attendant sa 
majorité, qui était prochaine, sous la tutelle du vicomte de 
Thouars Aimeri 3. 

sous pendant la plus grai\de partie de la bataille, les Angevins durent 
massacrer beaucoup de Bretons : la « vigoureuse » attaque à laquelle ces 
derniers « résistèrent » « hardiment », suivant le chroniqueur nantais 
(p. 13i), laisse à penser qu'au moment où ils reculèrent, ils vendirent chè- 
rement leur peau. 

1. On a i^emarqué avec raison combien la bataille de Conquereuil, pour 
tenir tant de place chez les chroniqueurs contemporains, avait dii frapper 
les esprits. 

2. Richer, IV, 86 (éd. Waitz, p. 168) : « Fulco, animo resumpto, Nam- 
tas repetit atque ingreditur, qui in arce erant acriter vexans. Qui principe 
destituti, pêne exanimes, impugnanti cedunt fidemque postulat! faciunt. » 
Chron, de Nantes, XLV, p. 133 . u... Judichaei, le fils du comte Hoel, qui, 
après la bataille de Conqueruz, par Taide du dessusdit Foulques et du 
vicomte de Thouars, a voit conquis ladite cité de Nantes sur les chevaliers 
que Conan a voit députez à la garder, lesquels, certifiez de sa mort, 
Tavoient rendue audit Judichaei, qui s'en appeloit comte. » 

3. Voir Merlet, Chron. de Nantes^ p. 133, n. 1^ et La Borderie, Hist, de 
Bretagne, t. II, p. 434 et suiv. Y ajouter les observations de M. Lot, Hugues 
Capet, p. 170, n, 1. — Les Gesta consul, Andegav, (rédaction primitive) 
omettent tous ces événements et les remplacent par une incursion des fils 
de Conan sur Angers : ceux-ci auraient été envoyés par leur père, qui se 
trouvait alors à Orléans, auprès du roi, ainsi que Foulque lui-même. Le 
comte d'Anjou aurait, d'une chambre voisine, entendu le complot et serait 
en toute hâte et secrètement parti à Angers ; il aurait complètement défait 
devant cette ville les fils du comte de Rennes, tué deux d'entre eux, 
regagné enfin Orléans sur le cheval même de l'aîné. Conan, en le voyant 
revenir dans cet équipage, aUrait compris son malheur ; mais, grâce \ une 
intervention du roi, l'afTaire se serait arrangée. Ce récit est parsemé de 
détails légendaires, qu'on a déjà maintes fois signalés (voir La Borderie, 
Hist, de Bretagne, t. II, p. 432; G.d'Espinay, La légende des comtes d'Anjou, 
II, dans les Mém, de ta Soc, d'agricult,, sciences, arts d'Angers, 4« série, 
t. Vil, 1893, p. 36-37) ; il est, en outre, très vraisemblablement, le résultat 
d^une confusion entre les guerres de Foulque Nerra et celles de son prédé- 
cesseur (voir ci-dessus, p. 6, n. 3). — Dans la seconde rédaction des 
Gesta, on a copié le chapitre de Raoul Glaber relatif à la baLiille de 
Conquereuil. 



26 LE COMTÉ d'aNJOU 

Ces derniers événements ne tardèrent pas à provoquer de 
nouvelles hostilités entre le comte d'Anjou et le comte de 
Blois ^ Foulque, cette fois, prenant hardiment loffensive, enva- 
hit les domaines de son voisin, les dévasta, enfin vint construire 
sur la rive droite de la Loire, à luie vingtaine de kilomètres de 
Tours, le château de Langeais (994-995) ^. Hugue Capet le pous- 



4. Richer, IV, 90 (éd. Waitz, p. 170): « Cum enim tirannorum insidiis 
Odonis et Fulconis de Brittanniae principatu rixa resurgeret... » 

2. Richer, ibid.i « Unde Fulco in Odonetn preceps ejus teiTam depo- 
pulatur et post in ea non procul ab urbe Turonica oppidum exstruit atque 
munit, copias ponit, militibus implet. » — L' « oppidum » auquel il est fait 
ici allusion est, sans aucun doute, le château de Langeais. En effet, 
la Chron, de Saint-Julien de Tours (éd. Salmon, dans CAro/». de Touraine, 
p. 228), relate comme deux événements qui se sont succédé immédiatement, 
la construction du château de Langeais et la prise de Tours par Foulque 
Nerra (or ce dernier événement est, sans hésitation possible, nous le 
verrons, de 996) : <( Circa hoc tempus Landegavis castruih a Fulcone 
comité construitur, civitas Turonis ab eodem obsidetur et capitur, sed non 
multo post a Berta regina, matre Odonis, reçipitur. » Aussi est-ce le sen- 
timent de tous les historiens que V u oppidum » de Richer est bien Langeais 
(voir notamment Lot, //i/^nesCape^, p. 474, n.2). — Mais ce qui est plus délicat 
à déterminer, c*est la date qu'il convient d'assigner à Tincursion de Foulque 
en Touraine et à la construction de Langeais. La Chron, de Saint-Julien 
de Tours, qui seule en indique une, fait forcément erreur, puisqu'elle 
renvoie à Tan 984 : à cette date, le comte d'Anjou était GeofTroi Grise- 
gonelle ; en outre, la prise de Tours étantde 996, la construction de Langeais 
est de très peu antérieure. Peut-être faut-il corriger « DCCCCLXXXIV » 
en « DCCCCLXXXXIV »; mais la date de 994 ne devra être prise 
que comme une approximation (« circa hoc tempus »). Nous croyons 
donc qu'il faut renoncer à la serrer de près et que, d'autre part, la riposte 
d'Eude ne pouvant être antérieure à la fin de l'an 995 (voir plus loin), il 
faut adopter pour l'ofTensive de Foulque la date de 994-995, peut-être 
même 995 seulement. — Pour la construction de Langeais par Foulque 
Nerra, cf. Chron. de Foulque le Réchin (éd. Marchegay et Salmon, p. 377): 
u In Turonico siquidem pago aedifîcavit Lingaim » ; Hisi. de Saint-Florent 
(éd. Marchegay et Mabille, p. 274) : « Quod Fulco ut audivit, castrum 
instituens Lenniacum... » Dans ce dernier texte, la construction de Langeais 
est d'ailleurs mal placée chronologiquement. — Pour les premiers seigneurs 
de Langeais, voir ci-dessous, seconde partie, chap. II. 



LES CONQUÊTES 27 

sait lui-même à la lutte et se disposait à venir lui prêter main- 
forte K 

Eude se hâta de rassembler une armée, députa de tous côtés 
pour obtenir du renfort, et se précipita sur Langeais, où Foulque 
s'était enfermé (6n de 995-début de 996) ^. Ce dernier, pressé 
par l'adversaire, avait déjà entamé avec lui des négociations : 
il allait s'engager, pour le moins, à abandonner la cause du 
comte de Nantes Judicaël, c^est-à-dire à laisser du côté de la 
Bretagne champ libre au comte de Rennes, vassal d'Eude ^^ 
quand, juste "à point, parut l'armée royale, que Richer évalue à 
douze mille hommes ^. Eude, après avoir un instant songé 
à résister en défendant les gués de la Loire, voyant le roi 
remonter le fleuve et s'apprêter à le traverser devant Amboise, 
comprit que la lutte serait pour lui trop inégale : il supplia 
Hugue Capet de lui accorder une trêve, que celui-ci ne lui refusa 
pas (février 996) ^. 

L'intervention royale avait donc permis à Foulque de garder 

1. Richer, IV, 90 (éd. Waîtz, p. 170) :« Et quia (Fulco) ad hoc (bppidum) 
diruenduro Odonem adventurum sperabat, regem petiit, auxilia imploraturus. 
Cui cum rex auxilium polliceretur, obstlnatiore animo ferebatur, etc. » 

2. Richer, ibid. — La date est fournie par une charte émanant du comte 
Eude et datée du 12 février 996, « ad obsidionem castelli Lang^acensis » 
(F. Lot, Hugueê Capet, p. 423-426). Le siège ayant duré un temps assez 
long, ainsi qu*il ressort du récit de Richer, a dû commencer fin 995. 

3. Richer, IV, 91 (éd. Waitz, p. 170-17^1). — Richer met dans la bouche 
de Foulque Nerra des propositions qui reviennent, au fond, k ce que nous 
disons, mais qui sont jointes à d'autres plus humiliantes et renferment des 
impossibilités matérielles. Par exemple, Foulque y est censé avoir un fils en 
état de porter les armes ; or, en 996, il n'avait pas encore de fils. Nous croyons 
que Richer a simplement exagéré, pour déprécier Foulque Nerra. M. Lot 
(ibid,j p. 176) croit que les promesses du comte d'Anjou n'étaient qu'une 
ruse de guerre. Cependant Richer, qui ne manque pas d'ordinaire 
de faire ressortir la rouerie des personnages qu'il met en scène, 
n'en dit rien. 

4. Richer, IV, 92 (éd. Waitz, p. 171). 

5. Richer, IV, 93 (éd. Waitz, p. 171). — Pour la date, cf. ci-dessus, 
n. 2: Eude étant mort le 12 mars 996 et ayant eu le temps de quitter 
langeais pour aller à Meaux, puis à ChÀteaudun et de là à Tours, le siège 
a dû être levé avant la fin de février 996. 



28 LE COMTÉ d'aNJOU 

Tavaniage : il restait maître de Langeais ; Eude P' en était 
réduit à demander humblement la paix *. La mort ne devait 
d'ailleurs pas tarder à le surprendre (12 mars 996) 2. 

1. Richer, IV, 94 (éd. Waitz, p. 172): dans ce chapitre, Richer nous 
apprend qu'Eude, qui avait remis des otages (répondant de son abstention 
de toute hostilité), cherche à traiter avec le roi et h se faire pardonner ses 
attaques (et sa participation au complot d*Asselin). 

2. Cette date a été justement établie par M. Lot, Hugues Capet, p. 178; 
mais nous ne pouvons accepter la chronologie adoptée par cet auteur pour 
les événements que nous venons de rapporter. Il admet (p. 174-178) : 
1° que la construction de Langeais est du milieu de Tan 993 ou du commence- 
ment de Tan 994; 2^ qu'Eude vint tenter de prendre la place dès 994, qu'il 
en fut détourné par Tan'ivée de Tarmée royale, qu'il conclut sa trêve avec 
le roi dans l'automne de l'an 994; 3'» que la trêve conclue avec le roi 
n'entraîna pas la cessation des hostilités entre Eude et Foulque, mais qu'au 
contraire Eude, après avoir gagné Meaux et avoir séjourné à Cbàteaudun, 
vint à nouveau assiéger Langeais au début de Tan 996 (d'où la charte du 
12 février 996, citée p. 27, n. 2) et s'en empara sans doute : car « selon les 
Gesia Ambaziensium dominorum^ Eudes II, fils de Eudes !<>■', a possédé 
Langeais, et Foulques profita de sa défaite et de sa mort en 1037 pour 
reprendre cette forteresse ». k^ C'est alors qu'Eude se sentant mourant, 
« dépêcha auprès de Hugues et de Robert pour leur offrir ses supplications 
et leur pix>mettre réparation de ses torts passés. » II mourut avant le retour 
de ses envoyés (12 mars 996). — Cette manière de présenter les faits a 
d'abord le défaut grave de se concilier mal avec le texte de Richer, la seule 
sourée qui nous renseigne sur cette histoire. En effet, Richer, dont le récit 
est ici très serré, déclare formellement qu'une fois la trêve signée avec le 
roi, Eude, tout de suite après s'être retiré à Meaux et de là à Châteaudun, a 
été saisi par la maladie, non pas au moment où il .assiégeait Langeais, mais 
au moment où il s'employait à libérer — en offrant à Hugue Capet des 
conditions satisfaisantes de paix,*des réparations convenables pour le tort 
qu'il lui avait fait — les otages qu'il lui avait remis en attendant la signa- 
ture de cette paix. En outre, si la trêve avec le roi avait été conclue en 994, 
comment serait-ce seulement en 996 qu'Eude se serait employé à exécuter 
ses promesses pacifiques ? 11 aurait attendu bien longtemps ; nous venons 
de voir que Richer indique tout juste le contraire. Il y a plus : Richer nous 
montre Eude content de pouvoir s'éloigner de Langeais « indemnis » ; il 
nous le montre s'en allant à Meaux, allant séjournera Cbàteaudun: 
comment, le roi une fois parti, si la trêve n'avait pas compris Foulque lui- 
même, Eude ne se serait-il pas empressé de reprendre avec plus d'ardeur 
le siège de Langeais, puisque la place, avant Tarrivée du roi, était prête à 
se rendre? Aurait-il attendu un an et demi avant de poursuivre ses avan- 
tages ? Aurait-il ainsi laissé à Foulque le temps de renforcer la garnison 
de Langeais? Que d'invraisemblances ! Au reste Richer (éd. Waitz, p. 172) 



LKS œNQUÊTES 29 



III 



Avant même qu'Eude I®' eût rendu le dernier soupir, Foulque 
avait repris sa marche envahissante ^ La mort de son adver- 
saire, qui ne laissait pour lui succéder que deux jeunes enfants 
sous la tutelle dé la comtesse Berthe, leur mère, ne fit que le provo- 
quer ; il envahit délibérément la Touraine ^ et put même, grâce 
au concours d'Audebert, comte de la Haute-Marche et du Péri- 
gord, mettre la main sur Tours (996) ^. 

montre Foulque Narra « troublant la paix » au Inoment où Eude n'est pas 
encore mort ; il n'y a dond aucun doute que la trêve conclue par Hugue 
Capet avec Eude entraînât pour les deux camps la cessation de toute 
hostilité. L'attitude humble d'Eude, qui cherche à apaiser le courroux 
royal, est assez significative, elle aussi. Enfin les Gexta Ambaziensium 
dominorum n'ont pas ici, nous Pavons dit, la moindre autorité: il n'y a 
donc rien à en tirer quant à la soi-disant conquête de Langeais par les 
comtes de Blois. — Nous reconnaissons qu'on est, en effet, tenté de placer 
dès 994 la construction de Langeais et la tentative d'Eude pour s'en empa- 
rer ; mais puisque Eude assiégeait encore la place le 12 février 996, force est 
de reculer d'un an tous les événements. Au surplus, il a fallu un certain 
temps: i^ pour que Foulque accomplit en Touraine les incursions dont 
parle Richer ; 2° pour qu'il construisit Langeais et y mît une garnison ; 
3<* pour qu'il allât solliciter le secours royal ; 4<* pour qu'Eude envoyât un 
peu partout (en Poitou, en Lorraine, en Flandre) recruter des troupes; 
5® pour que l'armée royale arrivât. 

1. Richer, IV, 94 (éd. Wattz, p. 172), nous montre la désolation des 
Blésois au moment où ils sentent qu'Eude n'a plus que peu de jours à 
vivre « eo quod dominum inconsultum amittcbant et natis dominandi spes 
nuUa relinqueretur, cum reges patri adhuc animo irato perstarent et Fulco 
insolentiae spiritu pacem multifariam turbaret. » 

2. Richer, notes de la fin (éd. Waitz, p. 180), nous montre, en 997, 
Robert le Pieux venant reprendre à Foulque Tours « et alia quae 
pervaserat. » 

3. Richer, ibid : « Rotbertus rex, ducta Berta uxorc, in Fulconem, qui 
Odonis adversarius fuerat, fertur et ab eo urbem Turonicam et alia quae 
pervaserat vim recipit. » Chron. de Saint- Julien de Tours (éd. Salmon, dans 
Chron. de Touraine^ p. 228) : « Circa hoc tempus Landegavis castrum a 
Pulcone comité constniitur, civitas Turonis ab eodem obsidelur, sed non 
multo post a Berta regina, matre Odonis, recipitur » (Sur la date donnée 
par ce texte, voir p. 26, u. 2). Adémar de Chabannes, Chron, ^ III, 34: 



30 LE COMTÉ d'aNJOU 

Mais un revirement s'était produit à la cour royale : Hugue 
Capet était mort et cette mort avait été suivie du mariage de 
Robert avec Berthe de Blois. Robert, embrassant le parti de sa 
nouvelle épouse, prit dès lors la défense des jeunes Thibaud II 
et Eude II, (ils et successeurs d'Eude P**, et vint lui-même 
reprendre Tours (début de 997) *. 

« Urbem quoque Turonis obsidibne affectam in deditionem (Aldebertus) 
accepit et Fulchonî comiti Andegavensi donavit. » Cette prise de Tours 
par Foulque Nerra est postérieure à la mort d*Eude II de Blois (12 mars 
996) ; d'autre part, elle se lie aux événements précédents ( voir notamment 
le texte de la Chron. de Saint-Julien de Tours) ; enfin nous allons voir que 
la ville fut reprise à Foulque au début de 997 : or, suivant les chroniques 
que nous avons citées, il ne Tavait eu que fort peu de temps entre les 
mains. — C'est lors de cette occupation de Tours que Foulque viola le 
cloître de Saint-Martin de Tours (voir Pièce Justif, n<» 5). — Si Ton en 
croyait Aimoin, Miracles de saint Benoît^ III, 7 (éd. de Certain, p. 147), 
Foulque aurait auparavant promis son alliance à Audebert contre )e duc 
d'Aquitaine : il représente, en effet, Audebert venant attaquer Poitiefs et 
attendant, entre autres secours, celui du comte d'Anjou : u Intérim 
Hildebertum tam ipsum Hugonem quamque caetera exspectantem auxilia 
praecipueque Fulconem Andegavensem comitem... » M. Lot (Hugues Capet, 
p. 181) admet de tous points ce récit, et M. Richard (Comtes de Poitou, 
p. 142) suppose même que Foulque avait été le provocateur d'Audebert. 
Nous avouons que la phrase d' Aimoin nous laisse sceptique : l'ensemble 
des relations des comtes d'Anjou avec les ducs d'Aquitaine à cette époque 
(voir chap. suivant) semble se concilier mal avec une hostilité déclarée de 
Foulque contre Guillaume le Grand, à moins d'admettre peut-être (mais 
alors on tombe dans la pure hypothèse) que la concession de Saintes faite 
par le duc au comte d'Anjou (voir ci-dessous, p. 54, n. 2) a été le prix de 
la paix. M. Richard d'ailleurs semble avoir eu le sentiment de cette 
contradiction, qu'il cherche à expliquer tant bien que mal par le mariage 
de Guillaume avec Aumode, parente du comte d'Anjou [op. cit., p. 149). 
Bien que contemporain, Aimoin, qui ignore le siège de Tours, a fort bien 
pu confondre les deux événements. 

1. Voir les textes de Richer et de la Chron, de Saint-Julien de Tours 
cités n. précédente ; Adémar de Chabannes, Chron., III, 34 : « Urbem quoque 
Turonis... Fulchoni comiti Andegavensi donavit; sed ille ingenio doloso 
vicecomitis et civium amisit post paululum et iterum Odo Campanensis 
eam recuperavit. » (Les deux mots en italique ne se lisent que dans le ms. 
C: sur cette divergence, voir Lair, Études critiques, t. II, p. 163-166, et 
surtout Lot, Hugues Capet, Append. VIII, p. 351-359.) On voit qu' Adémar 
attribue uniquement aux habitants de Tours et à leur vicomte la déli- 
vrance de la ville, au lieu que les deux premières chroniques Tattribuent 



LKS COMPLÈTES 31 

Pendant les années qui suivent, le détail des événements nous 
échappe : nous voyons seulement les partisans du jeune comte 
de Blois Eude II profiter d'une absence de Foulque, parti en 
pèlerinage à Jérusalem à la fin de Tan 1002 ou en 1003 ^, pour 
assaillir à leur tour le comté d'Anjou - et Foulque, rentré dans 
ses états, riposter en envahissant le Saumurois, en pillant les 
terres de Tarchevéque de Tours et en construisant la forteresse 
de Montrichard sur le Cher en face de celle que Geudouin de 
Saumur venait de bâtir à Pontlevoy ^ ; nous voyons enfin Foulque 

au roi : les deux versions se contredisent moins qu'elles ne se com- 
plètent. Quant à la date, elle est fixée par les deux premières chro- 
niques qui placent la reprise de Tours après la mort de Hugue Capet 
(24 octobre 996) et après le mariage du roi Robert avec Berthe (début de 
997 : voir Appendice IV), voire même avant la fuite de Gerbert (vers mai 
997: voir Lot, Hugues Ca.pet, p. 290), — M. de Grandmaison (Bulletin 
monumental, XL, p. 36) et, d'après lui, MM.'Pfister (op cit.^ p. 228) et Lex 
(loc, cit., p. 205 ;Ji part, p. 21, n. 6) établissent une connexité, que les 
documents n'indiquent nullement, entre la reprise de Tours par le roi 
Robert et le grand incendie qui, le 25 juillet 997, consuma le faubourg 
de Châteauneuf. M. Lot vient de prouver surabondamment que ces auteurs 
étaient dans l'erreur [Hugues Capet, p. 359-360); nous renvoyons à sa 
démonstration. 

1. Voir ci-dessous, Appendice IL 

2. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 47 ; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. 107): (c Conqueruntur homines Fulconis de Odone Campaniensi et 
Gelduino Salmuriensi et de Gofîrido Juvene, Sancti Aniani domino. Qui 
omnes, anno et dimidio quo Fulco moratus fuerat, terram et homines suos 
multis importunitatibus afilixcrant. » Suivant l'hypothèse de miss Kate 
Norgate [England under the angevin kings, t. I, p. 193), on pourrait, en 
outre, supposer que le récit des Gesla relatif à Maurice doit s'entendre 
d'une sorte de régence exercée par lui pendant cette absence de son 
frère; il faudrait, par suite, placer ici l'attaque de Landri de Chàteaudun 
contre Amboise, d'où nous avons vu qu'il avait été expulsé en 991. 

3. Gesta consul. Andeg,, ibid: « Quippe Gelduinus curiam Sancti Pétri 
Pontilevis, utpote proprium fiscum, munierat. Non enim ibi adhuc 
monachi erant. E contra Fulco in monte prope Carum fluvium, qui de 
propria terra Gelduini eral et de feodo archiepiscopi Turonis, villa Rebelli 
Nobilis, que inter ipsum montem et Carum erat, villaque Nantolii 
destructis, que ambe de feodo Gelduini erant, oppidum quod Montricardum 
vocatur componit et Rogerio Diabolerio, domino Monthesauri, custodire 
mandavit. » — 1^ Grande chron. de Tours (suivie par la Chron. abrégée 
de Tours, éd. Salmon, p. 117 et 187 des Chron. de Touraine) donne la 



32 LE COMTÉ d'AiNJOU 

Nerra élever vers la même époque^ sur la route de Tours, la 
forteresse de Montbazon ^ Mais il semble que les hostilités s'en 
soient momentanément tenues là. 

Cest qu'après un moment d'accalmie '^, correspondant au 
temps pendant lequel la reine Constance, cousine germaine du 
comte d'Anjou ^, eut quelque ascendant sur sgn royal époux, 
Berthe avait recommencé à régner en maîtresse sur le cœur de 
celui qui s'était séparé d'elle avec tant de regrets. Ses partisans, 
à la tète desquels était le comte du palais Hugue de Beauvais, 
avaient repris plein pouvoir à la cour *. Le conflit qui couvait 
entre Foulque et le souverain avait brusquement éclaté : un 
jour que Hugue de Beauvais chassait en compagnie du roi, il fut 
tué sous les veux mêmes de ce dernier et les meurtriers, sitôt le 
crime commis, s'enfuirent dans les états du comte d'Anjou, qui 
leur donna asile : c'était avouer sa complicité (1008) ^. Ce fut 



date de 1005 pour la construction de Montrichard: il ne faut prendre cette 
date que comme une approximation due à un auteur très postérieur j mais 
elle correspond à peu près à la réalité. Nous verrons, en effet, au chap. III 
que raixîhevèque de Tours refusa, en 1007, de venir consacrer Tabbaye de 
Beaulieu, parce que Foulque Nerra venait d'occuper quelques-uns de ses 
domaines: nous croyons que c'est là une allusion à la construction de 
Montrichard. 

1. Voir ia charte de 1002-1006 (Pfister, Catalogue, n» 24), par laquelle 
le roi Robert confirme la promesse faite par Foulque Nerra aux religieux 
de Cormery que les châteaux de Montbazon et de Mirebeau, qu'il vient de 
construire, ne porteront pas dommage aux biens de leur monastère. 

2. Nous venons de voir, par exemple, en 1002-1006 (Pfister, Catalogue, 
ïi^ 24), le roi Robert confirmer une promesse faite par Foulque Nerra, et 
vere la même époque peut-être (ibid,, n^ 35) se place un diplôme du même 
Robert nommant le comte d'Anjou protecteur de l'abbaye de Cormery. 

3. Voir Lot, Les derniers Carolingiens, p. 358-369. 

4. Voir Pfister, Robert le Pieux, p. 65-66. 

5. Raoul Glaber, III, 2 (éd. Prou, p. 58), raconte le meurtre en faisant 
formellement de Foulque Nerra l'instigateur du crime: « Veneruntque 
missi a FulcOne, Andegavorum comité,... fortissimi milites duodecim, qui 
supradictum Hugonem ante regem trucidaverunt. » Dans la lettre de 
Fulbert de Chartres que nous citons plus loin, on voit que les meurtriers 
se réfugièrent sur les domaines du comte d'Anjou, et s'adressant à 
Foulque, Fulbert les appelle « tui satellites ». 



LES CONQUÊTES 33 

alors un véritable scandale : à la cour, on considérait Foulque 
lui-même comme coupable de lèse-majesté *. Un synode fut 
réuni à Chelles le 16 mai 1008 : les archevêques de Sens et de 
Tours et onze évêques y assistaient 2. La plupart voulurent pro- 
noncer sur-le-champ Texcommunication du comte ; Fulbert de 
Chartres intervint, obtint un délai de trois semaines et écrivit à 
Foulque une lettre, où il lui disait entre autres : « Nous avons 
obtenu du roi que, si tu te rends à son tribunal, sa vengeance ne 
frappera ni la vie ni les membres des coupables, mais seulement 
leurs biens. Nous t^nvitons donc à conduire en justice dans le 
délai fixé les auteurs de cet abominable forfait ou tout au moins 
à les chasser de tes états par considération pour le roi ; et quant 
à toi, viens te justifier, comme tu las fait promettre par labbé de 
Saint-Aubin, et apaiser le courroux du roi en te soumettant hum- 
blement » ^. Foulque, pénitent et désireux sans doute d'obtenir 
le pardon du Seigneur, abandonnant tous ses projets, n^hésita pas 
à prendre une seconde fois le chemin du Saint Sépulcre ^. 



IV 

Les hostilités ainsi interrompues recommencèrent brusquement 
en Tan 1016. A cette date, Eude II de Blois marcha sur Montri- 
chard : Foulque, informé de la chose, part aussitôt à sa rencontre 
avec son allié, le comte du Maine Herbert Éveille-Chien ; il envoie 
ce dernier en expectative à Bourré sur le Cher, et pendant que 

i. Voir la lettre de Fulbert de Chartres publiée dans les Histor. de Fr., 
t. X, p. 476: « Tarn horrendo facinore praesentiam domini régis tui de- 
decoravere satellites, ut mundani judices asserant capitale te quoque reum 
majestatis, qui cis postea patrocinium tuum et receptacula praebuisti. » 

2. Cf. Pfister, Robert le Pieux, p. 66 et 67, n. 2, et du même, De 
Fulberti vita et operibus, p. 59. 

3. Fulbert, lettre citée, loc, cit. Nous nous sommes inspiré de la 
traduction de M. Pfister {Robert le Pieux, p. 67), en la corrigeant sur 
certains points essentiels. 

4. Voir ci -dessous, Appendice II. 

Halpubn. — Le comté d'Anjou, 3 



34 LE COMTÉ d'aNJOD 

son adversaire traverse le Beuvron, gagne lui-même Amboise et 
va de là offrir le combat près de Pontlevoy *. 

Après un choc terrible, les Angevins plient ; les ennemis les 
accablent. Sebrand de Chemillé, qui porte Tétendard du comte, 
est tué; Foulque, désarçonné et grièvement blessé, s'enfuit sur 
la route d' Amboise : la victoire des Blésois semble complète ^. 
Mais àce moment, brusque revirement : Herbert Eveille-Chien 
averti, est accouru ^, L'ennemi, croyant à la victoire, s'était épar- 
pillé ; Eude lui-même, d'après Thistorien de Saint-Florent de 
Saumur, se baignait dans le Cher ^, à quelque distance du champ 
de bataille. Herbert fond sur eux. Il était tard : les Manceaux, 
venant de TOuest, avaient le soleil couchant dans le dos, tandis 
que les Blésois en étaient aveuglés. La victoire se changea pour 
eux en une défaite lamentable : les chevaliers enfoncés tour- 
nèrent bride, laissant les hommes de pied aux prises avec les 



1. Gesta consulum Andegavorum [ms. 62iS, p. 47; Chron. des comtes 
d'Anjou^ p. 107) : <( Intcrea Odo ad delendum Montricardum muHos 
milites et pediles Blesis congregat. Quô audito, cornes Fulco electissi- 
mos milites et pedites secum adducens, Ilerberto Cenomannensi consule 
sibi federato et adjuncto, ei occurit. Odo, more suo, nimia mullitudine 
éonfisus fluvium Beuvi'onis transit. Fulco Ambaziaco prope Pontilevium 
venit. Ilerberlus juxta ripas Cari equitans, Benregio castra fixit. » 

2. Ibid. : « Pugnatur : t'ulco et sui pernimium gravantur. Ipse Fulco, 
equo cadens, graviter verberatur. » Hist. Saint-Florent de Saùmur [Chron, 
églises d'Anjou, p. 274) : « Anno quoque MXVI°, feria VII*, inler Odonem 
et Fulconem Pontelevense actum est bellum, in quo Andegavorum exerci- 
tus pêne vastatus est signiferque comitis Sigebrannus de Chirailiaco 
peremptus; ipse etiam Fulco Ambaziacum aufugit. » 

3. Gesta consul. j ibid.: « Pêne Blesenses victoriam adepti sunt nisi 
nuncius feslinus ad Herbertum venisset, qui Fulconem victura captumquc 
uunciat. Postquam rumoriste per totum percrebuit ejus exercitum, cornes 
Herbertus, ut erat miles acerrimus, advolat cum suis commilitonibus. » 
Uist, Saint-Flof'ent, p. 274 des Chron. des églises d'Anjou: « Quod audiens 
Ilerbertus cognomento Evigila Canem, Cenomannorum cornes, eo tetendit. » 

4. On identifie d'ordinaire le gué de Chese dont parle Vllist. de Sainl- 
Florent, citée à la n. suivante, avec le gué de Ghissay ; mais ce lieu est 
tellement loin du champ de bataille de Pontlevoy que l'identification 
semble insoutenable. 



LES CONQUÊTES 35 

troupes de Foulque et de Herbert, qui les taillèrent en pièces *. 
Plus de 3.000 hommes^ d'autres disent même près de 6.000, res- 
tèrent sur le terrain 2- (6 juillet 1016 ^). 

i. Hist. de Saint-Florent y ibid. : « Dumque cum sociis Odo in Caro 
llumine ac vado Chese a loco belli plus leuga distante membra propter 
aestum aqua lavarent, celerrime Ce^nûmannenses currunt ; qui disperses 
atque lassa tos Francos, sole occumbenteillorumque insuper oculos réverbé- 
rante, iterato bello invadunt, infinitaque prostrata multitudine, victoriam 
pencs Fulconem miserunt. » Gesta consul,, ibid. : « Nam milites Odonis 
ferocissimos ictus Cenomannorum Andegavorumque impetus sustinere non 
ferentes, protinus in fugam versi, i>edites suos in campo trucidandos 
dimiserunt. Quibus ad libitum detruncatis, Andegavi quantum possunt vel 
audent insequuntur fugicntcs, prosternentes omnes équités qi^os consequi 
prévalent, m — Une charte de Saint-Pierré-de-la-Cour au Mans éditée par 
dom Piolin d'après une copie des Archives de la Sarthe (Hist, de l'église 
du Mans, t. III, pièce justif. n^ XI, p. 636) et dont quelques lignes sont 
citées dans les Hist, de France, t. XI, p. 631d , contient cette phrase: 
« Redientes ergo a praelio, quod cum Odone Campaniensi ego Herbertus 
Ëvigilans Canem cognomine et GofTridus Martellus (Fulco vero, pater 
ejus, de praelio fugerat) viriliter vicimus, Odone comité devicto in terra 
sua et capto, dedimus noslris ecclosiis pro honore victoriae quam Deus 
nobis contulerat plura donaria, etc. » Cette charte nous paraît plus que 
suspecte : en 1016, Geoffroi Martel était trop jeune (il avait 9 ans) pour 
assister et surtout participer à la bataille ; en outre, il est certain que si 
Eudc II avait été fait prisonnier, fût-ce quelques instants seulement 
(c'est ainsi que dom Piolin interprète la charte, op. cit., p. 83), les 
chroniques en parleraient ; enfin, il nous semble que cette allusion à une 
capture d'Eude pouiTait bien provenir d'une confusion entre la bataille de 
Saint-Martin-le-Beau, en 1044, et la bataille de Pontlevoy : nous aurions 
donc affaire à une notice rédigée après coup en forme de prétendu acte 
authentique. 

2. Thietmar de Mersebourg donne le nombre de 3.000 (Hist. de Fr,, 
t. X, p. 135); les Gesta consul, (ms. 6218, p. 48; Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 108), celui de 6.000 environ. 

3. La date du 6 juillet 1016 est donnée par l'ensemble des annales 
angevines et vendômoises dérivant du recueil primitif de Saint-Maurice 
d'Angers: le texte le plus complet est celui des Annales de Vendôme: 
« MXVI. II nonas julii prçlium Pontelovcnse factum est inter Fu'conem 
et Odoncm comiles ; Victoria pênes Fulconem fuit >» [Recueil (Tannales 
angev. et vendôm., p. 59). Ce texte est reproduit avec quelques suppres- 
sions dans les Annales de Saint-Aubin, les Annales dites de Renaud, les 
Annales de Saint-Florent, les notes de VObit. de Saint-Serge, les notes 
du Calendrier de Saint-Aubin [Ibid,, p. 3, 46, 86, J06, 117). La Chron. 
de Saint-Maixent le reproduit aussi [Chron. des églises d'Anjou, p. 388). 



36 LE COMTÉ d'aNJOU 

Cette sanglante victoire eut — on Ta remarqué — un grand 
retentissement, non seulement en France, mais même au delà 
dés frontières. Un chroniqueur allemand, Thietmar de Merse- 
bourg, s*en est fait l'écho : « En Tan 1016, dit-il, dans le 
royaume de Robert, roi pacifique et vénérable en toutes choses, 
les populations se firent mutuellement la guerre et il y en eut 
plus de trois mille de tués » ^ Les deux adversaires sortaient d'ail- 
leurs de cette bataille aussi épuisés Tun que l'autre : tout ce que 
Foulque put faire, à la suite de son succès, ce fut de se retirer à 
Amboise avec son butin ^ pour s'y reconstituer une armée et se 
préparer à de nouveaux assauts. 

Le calme ne fut, en effet, que de courte durée. Foulque avait 
eu beau se rencontrer avec Eude au sacre du jeune roi Hugue, 
le 9 juin 1017 -^ ce n'avait pas été le signal d'une réconciliation. 
Au contraire, appuyé à nouveau par le roi, que l'affaire de suc- 



VHist, Saint-Florent, loc, cit., fixe la bataille un samedi, feria VII^, ce qui 
concorderait avec le 7 juillet et non avec le 6 ; mais c'est sans doute une 
erreur de chiffre (V//* pour W*, ou non, julii lu pour// non, julii), 
M. d'Arbois de Jubainville, qui a disserté sur cette date {Hist. des 
comtes de Champagne, t. I, p. 324, n. 1), s'est appuyé sur des textes 
inexactement établis. Par exemple, il a cru, sur la foi des Hist. de Fr,, 
que VHist de Saint-Florent portait /<?ria 17*. Le ms.de la Bibl. nat. lat. 5653, 
f'* 38 v<>, donne nettement : feria VIL 

1. Hist. de Fr., t. X, p. 135*^ : « In regno namque paciûci et per omnia 
venerabilis Roberti régis, comprovinciales hi mutuo confligentes interfecti 
sunt plus quam tria hominum millia » (reproduit par le Chron. Saxon., 
dans Hist. deFr., t. X, p. 230«). — Sur cette bataille, voir encore, entre 
autres, le texte de Foulque le Réchin {Chron. comtes d'Anjou, p. 377) : 
« Alterum vero praelium fecit (Fulco) contra praedictum Odonem, 
potentissimum comitem, super fluvium Charum apud Pontilevicum, ubi 
multa fuit strages Gallonim et Andegavorum; in quo praelio fuit cum eo 
Cenomannensis comes Herbertus qui dictus est Evigilans Canem, ubi, Dei 
gratia, victor exstitit. » 

2. Gesta consul. Andegav. (ms. 6248, p. 48; Chron, des comtes d* Anjou, 
p. 108) : « Fuga et strage hostium peracta, victores ad castra diripienda 
veniunt, collectisque opimis spoliis, precio et numéro captorum ditati, 
Ambaziaco redeunt. » 

3. Voir le diplôme du roi Robert publié dans les Hist. de Fr., t. X, 
p. 599. 



LES CONQUÊTES 37 

cession de Champagne avait brouillé avec Eude ^, le comte 
d'Anjou était venu presque aussitôt établir, à quelques kilomètres 
de Tours, sur la Choisille, la forteresse de Montbojau (1017)2 

1. Voir Pfister, Robert le Pieux, p. 239, et Lex, Eude II de BloiSj 
p, 35 et suiv. 

2. Aujourd'hui la Motte-Montboyau, c"« de Saint-Cyr-sur-Loire (voir 
notre Recueil d'annales, p. 60, n. 3). Les Gesta Ambaz. dominorum, 
paraphrasant les Gesia consul, Andeg., disent nettement que Mons Budelli 
(qui existait encore au milieu du xii* s.) était sur la Choisille : cela 
renforce Tidentification de ce château avec la Motte-Montboyau. — Les 
textes relatifs à la construction de Montboyau sont : les Gesia consul, 
Andegav. (ms. 6218, p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 108), suivant 
lesquels Tannée qui suivit la bataille de Pontlevoy (sequenti anno), 
« Fulco ad distringendam urbem Turonicam, quam multum desiderabat 
esse suam, oppidum in Monte Budelli statuit » ; VHist, de Saint-Florent 
(p. 276 des Chron, des églises d'Anjou) qui, après avoir raconté la 
bataille de Pontlevoy et avant de raconter la prise de Saumur (1026), 
s'exprime en ces termes : « Tune temporis in Montis Buelli vertice, versus 
urbem Turonicam, Fulco comes castrum firmissimum fecit » ; les Annales 
de Vendôme et les Annales dites de Renaud qui, sous l'année 1026, parlent 
du château de Montboyau, « quod circiter annos X rétro abhinc contra 
civitatem Turonicam firmaverat Fulco » {Recueil d'annales angev. et vendôm., 
p. 60 et 86), c'est-à-dire construit vers 1016 au plus tôt : tous ces textes, 
on le voit, sont parfaitement d*accord, et la date précise de 1017 fournie 
par les Gesta se concilie avec les indications des deux autres sources, 
puisque les Annales de Vendôme et les Annales dites de Renaud ne donnent 
qu'une appiY)ximation. Nous ne pouvons, par suite, tenir aucun compte 
des observations de M. d'Arbois de Jubainville, qui, dans son Ilist, des 
comtes de Champagne, t. I, p. 233, fixe la construction de Montboyau à 
l'an 1015, sous prétexte que les Annales dites de Renaud la placent dix ans 
avant la prise de Saumur, fixée elle-même par M. d'Arbois de Jubainville à 
l'an 1025 (mais par les Annales dites de Renaud en 1026). Nous verrons 
d'ailleurs que la prise de Saumur est de 1026 et qu'en conséquence la 
construction de Montboyau, à prendre le texte des Annales dites de Renaud 
à la lettre, ne saurait être antérieure à 1016. — M. Lex, op, cit. (p. 216 
desMém. Soc. acad. de T Aube et p. 32 du tir. à part) reprend à son compte 
la thèse de M. d'Arbois de Jubainville et la soutient avec des arguments 
bien malencontreusement choisis : « Une preuve oubliée par M. d'Arbois 
de Jubainville, dit-il, c'est qu'Eudes commença la campagne qui aboutit k 
cette bataille même (la bataille de Pontlevoy) par le siège de Montboyau. 
Ce serait à 1017, ajoute-t-il, qu'il faudrait rapporter le fait pour être 
d'accord avec les Gesta (consulum Andegavorum), Nous savons, d'autre 
part, que les hostilités qu'Eudes engagea avec le duc de Lorraine sont 
postérieures à cette date. Les données chronologiques des GesM ne peuvent 



38 LE œMTÉ D^ANJOU 

et, fort de l'appui du roi^, s'était mis à piller les biens d^ 
rarchevêché de Tours avec Taide de Tévêque d'Angers Hubert 
de Vendôme, au mépris des sentences d'excommunication ^. 

Mais, sur la route de Tours, Saumur restait comme une entrave 
perpétuelle et une menace incessante. Geudouin, gouverneur de 
la place, était un terrible guerrier : on racontait que Foulque lui- 

donc pas être prises au pied de la lettre. » A Tappui de son premier 
argument, M. Lex renvoie à c< D. Bouquet, X, 256 Ë », où nous lisons: 
u Interea Odo ad delendum Montricardum (!) multos milites et pedites Blesis 
congregat. » Nous sommes dans les Gesta consul, Andegav. et il s'agit de 
Tattaque de Mon tricha rd narrée plus haut. Le seul texte où il soit fait 
mention d'un siège de Montboyau avant la bataille dePontlevoy, ce sont les 
Gesta Ambaz, dominorum (Ckron, comtes d'' Anjou, p. 165) ; mais c'est que 
la bataille de Pontlevoy y est placée après la prise de Saumur (tandis que 
ce siège de Montboyau y est correctement placé avant la prise de Saumur) 
au surplus, les Gesta Ambaz. dominorum copient ici avec une inver- 
sion les Gesta consul. Andegav. Le second argument de M. Lex n'est pas 
meilleur : que les Gesta fassent erreur en plaçant en 1017 une campagne 
d'Ëude II en Lorraine, la chose est possible et excusable ; il n'en reste pas 
moins que, d'accord avec VHist. de Saint-Florent, texte entièrement 
indépendant, ils fixent la construction de Montboyau après Pontlevoy. 

f. Voir, en effet, le texte commun aux Annales de Vendôme et aux 
Annales dites de Renaud pour l'année 1026 : « Rotbertus rex, immo regina 
ejus Constantia pacem fecerunt cum comité Odone et Fulconem, Andeca- 
vorum elegantissimùm in bellicis rébus comitem, |solum nequiter 
reliquerunt in guerra, quam cum illis et pro ipsis sumptam gerebat. » 
(Recueil d"" annales angev. et vendôm.y p. 60 et 86). Cf. la lettre de Hugue, 
archevêque de Tours, citée à la note suivante : « Nam quod dicis te 
régis hoc jussu fecisse », écrit-il à Hubert de Vendôme, auxiliaire de 
Foulque Nerra. — Cette hostilité du roi contre Eude II se rattache sans 
doute à l'affaire de la succession de Champagne : voir Lot, Hugues Capet, 
Appendice XI, p. 409-413. 

2. Voir la lettre de l'archevêque de Tours Hugue de Châteaudun à 
l'évêque d'Angers Hubert de Vendôme dans les Hist, de Fr., t. X, p. 499, 
et celle de Fulbert à Foulque, ibid., p. 481 : le premier exhorte son 
suffragant â cesser de collaborer aux ravages commis par Foulque sur 
les terres de son église de Tours ; le second prévient Foulque que l'arche- 
vêque de Tours réclame contre lui une excommunication générale et 
l'exhorte, pour l'éviter, à cesser d'envahir et piller les biens d'Église. 
M. Pfister a justement rapproché ces deux lettres (De Fulbert i Carnotensis 
episcopi vita et operibus, p. 96) ; il les date de 1023 environ : elles sont 
antérieures au 12 mai de cette année, date à laquelle mourut Hugue de 
Châteaudun (Gallia christiana, t. XIV, col. 58). 



LES CONQUÊTES 39 

même craignait toujours de rencontrer « ce démon » 3ur son 
chemin ^ Il résolut de l'attaquer de-front : pendant qu*Eude II 
était occupé d*un autre côté ^, il envahit le Saumurois, s*y 
installa, et en réponse, dit la légende, à une démarche de 
Geudouin, qui lui demandait de « faire trêve », il bâtit sur la 
Loire une forteresse qu'ironiquement il appela Trêves ^. 

Eude cependant accourait : il se jeta sur Montboyau. Foulque, 
abandonné au dernier moment par le roi ^, rassembla en hâte 
quelques troupes, pendant que Geudouin de Saumur partait 
rejoindre le comte de Blois. On s*attendait à un grand combat 
devant Montboyau ^. Mais Foulque avait déjà atteint Brain-sur- 
Allonnes, quand il eut connaissance de la supériorité numérique 

1. Hist, Saint-Florent (p. 275 des Chron, des églises (T Anjou). — A 
Texemple de M. Lot (Hugues Cape/, p. 182 et 426), nous rendons en fran- 
çais par Geudouin le Gilduinus ou Gelduinus des textes. Au milieu du xii^ 
siècle, on a refait sur la forme française Geudouin^ mal prononcée, la 
forme latine Jodoinus (voir, par exemple, Cartul, du Ronceray d^Angers, 
éd. Marchegay, n® 146 et no211, chartes de 1164 et 1167 ; Cartul, de Noyers, 
éd. Chevalier, n« 557, charte de 1147). 

2. Par TafTaire de succession de Champagne. Voir Lex, op. cit. (p. 220 
des Mém. Soc. acad. de l'Aube et p. 36 du tir. à part), Pfister, Robert 
le Pieux, p. 239 et suiv., et surtout Lot, Hugues Capet, Append. XI, 
p. 409-413. 

3. Hisf. Saint-Florent (p. 276 des Chron. églises d'Anjou) : faits placés 
entre 1020 et la prise de Saumur (1026). — Trêves était en plein Saumu- 
rois (c** Trèves-Cunault, c»" Gennes, arr. Saumur), la frontière de T Anjou 
et du Saumurois étant à Gennes (voir ibid.) 

4. « Rotbertus rex, immo regina ejus Constantia paccm fecerunt cum 
comité Odone et Fulconem, Andecavorum clegantissimum in bellicis rébus 
comitem, solum nequiter reliquerunt in guerra, quam cum illis et pro ipsis 
sumptam gerebat » [Annales dites de Renaud et Annales de Vendôme, 
p. 60 et 86 du Recueil d'annales angevines et vendômoises). Robert le Pieux 
avait à ce moment besoin d'Eude (voir Pfister, Robert le Pieux, p. 243 et 
375-377). 

5. Gesta consul. Andegav. {ms. 6218, p. 48 ; Chron. des comtes d Anjou, 
p. 108): M Fulco ad distringendam urbora Turonicam... oppidum in Monte 
Budelli statuit. Odo e contra, diversarum gentium multitudinc secum 
aducta, accito cum omnibus suis Salmurensi Gelduino, munitionem illam 
obsedit. Similiter Fulco quos potuit in Valeiam adunat et sapienti usus 
consilio, cum non posset nec auderet pugnare, etc. » Hist. Saint-Florent 
(Chron. églises dWnjou, p. 276) : « Quod (castrum Montis Buelli) Odo 



40 LE COMTÉ D ANJOU 

écrasante de ses adversaires. Il apprit en même temps que Sau- 
mur était resté sans défenseurs : aussitôt il change de direc- 
tion, traverse la Loire, gagne Saumur à marches forcées et se 
présente le lendemain matin devant les murs de la ville K 

Les habitants, si Ton en croit l'historien de Saint-Florent de Sau- 
mur, quoique sûrs de la défaite, opposèrent aux Angevins une 
vaillante résistance : laissant à saint Doucelin, dont ils placèrent 
les reliques en travers de la porte orientale, le soin de protéger la 
ville de ce côté, la masse des combattants se groupa à la porte 
occidentale. Il leur fallut plier : Tassant fut donné, la ville livrée 
au pillage et à Tincendie ; ceux qui refusaient de se rendre 
furent poursuivis de coups ou faits prisonniers; le prévôt 
Aimeri fut envoyé dans les cachots de Doué, ses fils réservés 
au supplice; l'abbaye de Saint-Florent elle-même n'échappa pas 
au désastre -. Quant à la garnison du château, qui restait encore,- 
elle n'attendit pas qu'on l'attaquât. « Connaissant l'esprit ardent 
et farouche des Angevins », dit l'auteur des Gesta consulum 
Andegavorum^ « connaissant aussi l'acharnement avec lequel ils 
exécutaient ce qu'ils s'étaient proposé, sachant enfin qu'il n'y 

cornes cum exercitu magno obsidens, Fulco vero ex adverse repellere 
nilens, viribus utrinque collectis, publicam condixerunt pugnam, ad quam 
Gelduinus cum Salmurensibus, Caijionenses quoque et Insulani cum 
Francis evocati conveniunt. » Anna.les de Vendôme et Annales dites de 
Renaud (Recueil d'annales angev, et vendant,, p. 60 et 86) : « Igitur Odo in 
Francia régis impedimentis solutus Fulconem expugnare speravit et totis 
nisibus adorsus est annoque presenti (MXXVI) Montis Budelii castellum, 
quod circiter annos X rétro abhinc contra civitatera Turonicam firmaverat 
Fulco, obsedit. » 

1. Hist. de Saint-Florentj loc. cit.; Gesta consul. Andegav., loc. cit. — 
Foulque le Réchin [Chron. dans Chron. comtes d'Anjou, p. 377) a fait ici 
une confusion entre Angers et Montboyau, quand il a écrit: «Cepil quoque 
(Fulco) castrum Salmuri, in tempore illo quo comes Odo venerat Andega- 
vim cum exercitu suo et posuerat castra sua in Angulata, inter ipsam 
civitatem et lluvium Ligerim. » 

2. Hist. de Saint-Florent, ihid. — Les Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, 
p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 109) disent seulement que Foulque 
entra sans peine dans la ville « totumque confestim oppidum usque ad 
arcem cepit ». 



LES CONQUÊTES 41 

avait pas à compter sur leur miséricorde, ils décidèrent de trai- 
ter avec le comte. Laisse-nous, lui déclarèrent-ils, quitter 
sains et saufs ce château, et nous te le livrerons ; protège-nous 
contre tes égorgeurs, accorde-nous la vie en échange de notre 
soumission. Le comte acquiesça à leur demande et les traita 
même avec honneur, voulant par là, dit-on, se concilier ceux 
qui s^étaient rendus et pousser les autres à imiter leur exemple.» ^ 
La ville entière était entre ses mains (été de 1026) -. 

i. Gesta consul, Andegav., ibid. 

2. Les annales ang^evines et vendômoises (lesquelles représentent 
toutes une seule et même source perdue) donnent (sauf une erreur de 
transcription dans les Annales de Saint-Florent) la date de 1026: voir les 
Annales de Saint-Aubin^ les Annales de VendoTne et les Annales dites de 
Renaud y p. 3, 60, 86 du Recueil d'annales angev, et vendant, — VHist. de 
Saint-Florent, au contraire (copiée par la Chron. de Saint-Maixent), 
donne la date de 1025; mais cette date est certainement erronée, comme 
on peut s'en rendre compte d'après les renseignements subsidiaires 
fournis par Yllist, de Saint-Florent elle-même. En effet, remarquons 
d'abord que la prise deSaumurestdc fin juin ou de juillet ou, au plus tard, 
du commencement d'août : car ïlfist. de Saint-Florent nous apprend qu'un 
mois après {post mensem dierum) Eude est venu tenter de reprendre la 
place, mais qu'il y a bientôt renoncé parce que l'époque' des vendanges 
approchait et que ses hommes voulaient rentrer chez eux [Chron, églises 
d'Anjou, p. 280). VHist, de Saint-Florent nous apprend encore qu'en août 
1026 les moines, expulsés de Saumur, entreprirent la construction d'un 
nouveau monastère au Chardonnet. La prise de Saumur est donc, au plus 
tard, du commencement d'août 1026 ; mais elle est fort peu antérieure à 
cette date, puisque le choix d'un emplacement au Chardonnet a eu lieu 
sans relard [nec mora : ihid., p. 279). Un autre fait vient confirmer ces 
déductions: après avoir renoncé une première fois à reprendre Saumur, 
Eude, dit VHist, de Saint-Florent (p. 280), est revenu peu après {post 
aliquantum temporis), renouveler Tentreprise; or, à cette date, les moines 
avaient déjà commencé les constructions au Chardonnet ; aussi s'inter- 
posèrent-ils. Cette seconde tentative d'Eude II est donc postérieure à 
août 1026; la première ne peut être que de quelques mois antérieure: elle 
est, par suite, de 1026 ; par suite encore, la prise de Saumur est, elle 
aussi, de 1026. Allons plus loin : lors de la première tentative d'Eude 
pour reprendre Saumur, il y a tout lieu de penser, d'après VHist, de Saint- 
Florent, que les travaux du monastère du Chardonnet n'étaient pas 
commencés. Cette tentative d'Eude se place donc au début d'août 1026 au 
plus tard, et la prise de Saumur, antérieure d'un mois, se place au début 
de juillet 1026 au plus tard. Toutes ces données concordent bien avec les 



48 LE COMTÉ d'aNJOD 

IjR chute de Saumur fut pour Eude II et son vassal Geudouin 
un coup aussi terrible qu'inattendu. Geudouin aurait voulu 
qu'Eude levât aussitôt le siège de Montboyau et courût recon- 
quérir la place ; mais le comte de Blois croyait si bien être 
sur le point de prendre Montboyau que, pour ne pas perdre 
le fruit de sa campagne, il différa l'entreprise, promettant à son 
vassal un autre fief au cas où il ne parviendrait pas à lui restituer 
Saumur *. 

Cependant Foulque, sans se laisser attarder, remontait la 
Vienne, la traversait entre Tlle- Bouchard et Nouâtre sur un 
pont de bateaux et venait investir Montbazon, qui, sans doute, 
lui avait échappé -. Eude apprit cette nouvelle au moment où 
tous ses efforts contre Montboyau aboutissaient à un échec lamen- 

indicatÎQns contenues dans une charte-notice de Saint-Aubin d'Angers 
{CartiïL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^ 197): « Tercio 
enim anno postquam idem Fulco Salmurium cepit, ipse est annus 
consulatus sui XLII, etc. >> De cette phrase ressort que la prise de 
Saumur a eu lieu la 39® année du « consulat » de Foulque, soit entre le 
21 juillet 1025 et le 21 juillet 1026 relie est donc bien du début de juillet 1026 
au plus tard. Ceci concorde de même avec les indications contenues dans 
une charte-notice de Saint- PUorent, publ. parMarchegay, Arc/iire«</'An/ou, 
t. I, 472 : « Actum est hoc judicium anno ab incarnatione Domini MLXVI, 
qui est annus XLI a captione castri Salmuri, indictionc IV, quarto nonas 
augusti. » La Chron. de Saint-Maixent, de son côté, tout en donnant 
(d'après VHist. de Saint-Florent) la date de 1025, ajoute un renseigne- 
ment qui, s'il était puisé à bonnes sources, serait une confirmation 
.excellente de nos raisonnements; elle fait coïncider la prise de Saumur 
avec la quatrième année de l'ordination de l'abbé Frédéric, laquelle va du 
l**" septembre 1025 au 1"^ septembre 1026 (voir Hist. de Saint-Florent, 
p. 270). Puisque la première tentative d' Eude II j^our reprendre la place est 
postérieure d'un mois au succès de Foulque et qu'elle est d'ailleurs 
antérieure aux vendanges, il y aurait là une raison incontestable 
d'éliminer l'année 1025 et de s'arrêter à l'an 1026. Mais les raisons précé- 
dentes nous paraissent tout à fait suiïlsantes. 

1. Hist. de Saint-Florent, ibid., p. 280. 

2. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48-49; Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 109) : « Fulco pro voto Salmurio potitus alias ire disposuit et 
ante Kainonem trdnsiens, inter Noastrum et Insulam Bucardi ponte facto 
de navibus, Vigennam transit et Montem Basonis obsidet. » Nous avons 
dit, p. 32, que Foulque Nerra avait construit Montbazon vers 1004-1006. 



. LES CONQUÊTES 43 

.table : une grande tour de bois quil Qvait élevée pour surplom- 
ber le donjon s'était, une .nuit, brusquement effondrée, écrasant 
tous les soldats qu'elle abritait et avait été incendiée par les 
assiégés K Ce nouveaii contretemps et surtout la crainte de voir 
Foulque lui enlever Montbaicon, comme il lavait fait de Saumur, 
-le décidèrent à lever enfin le siège de Montboyau et. à se porter 
à la rencontre de son adversaire* Foulque n'en désirait pas plus : 
-Montboyau était sauvé. 11 ne voulait pas risquer une bataille ; 
prudemment il remonta F Indre et vint camper aux environs de 
Loches 2. 

Eude, alors seulement, se décida à faire une tentative pour 
reprendre Saumur. Mais Foulque, depuis un mois qu'il s'en était 
emparé 3, avait pu y organiser la défense ^ : le comte de 
Blois se heurta à une résistance acharnée; le siège traina en 
longueur. Pour comble de malheur, une grande machine de 
siège en bois qu'il avait fait établir, comme devant Montboyau, 



1. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud ^ année 1026 [Recueil 
d^ annales angev. et vendâm,, p. 60 et 86) : «... annoque presenti (O^o) 
Montis Budelli castellum... obsedit et turrim lig^neam mirçi altidudnis 
super domgionem ipsius castri erexit. In tolo tamen labore tanto nichil 
aliud profecit, nisi quod intérim Salmurum, optimum castellum quod 
adhuc tune in Andecavensi pago habebat, capiente Fulcone, amisit et 
machina illa ad ultimum noctu super eos qui vigilias exercebant repente 
corruit muUosque optimos et nobiles Francie milites et suo casu contrivit 
et incendio, quod confestim a castcllanis superjeclum est, concremavit. 
Ita Odo et damno et pudore pariter afîectus abscessit. » 

2. Gesla consul. Andegav. (ms. 6218, p. 49; Chron. des corn(es d'Anjou^ 
p. 109) : « Fulco... Montcm Basonis obsidet. Odo ab obsidione Montis 
Budelli secossit et ad Fulconis exercilum pedem dirigit. Ingeniosus Fulco, 
obsidione dimissa, usque ad Lochas recedens in pratibus suatentoria col- 
locavit. » Voir aussi la n. précédente. 

3. Hist. de Saint-Florent (loc, ci/., p. 280) : « Post mensem dierum Odo 
comes Salmurum obsedit » (Cf. plus haut, p. 41, n. 2). 

4. Parlant de l'occupation de la citadelle par Foulque Nerra, les Gesla 
consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 109) 
disent : « Reddita arce, satellitibus suis ibi dimissis imperavit (Fulco) ut 
de ser\^ando Castro curiosi procurarent. » 



44 LE COMTÉ D* ANJOU 

fut incendiée par les assiégés. L'époque des vendanges approchait : 
Eude s'éloigna et licencia son armée ^ 

Quelques semaines après, il tenta une nouvelle attaque; mais, 
cette fois, les moines de Saint-Florent craignant pour le nouveau 
monastère qu'ils avaient commencé de construire au 'Ghardonnet, 
tout à côté de la ville, s'interposèrent entre les deux comtes : un 
accord eut lieu, aux termes duquel Eude renonçait déQnitivement 
à Saumur et Foulque s'engageait, de son côté, à détruire la forte- 
resse de Montboyau 2. 

Ce fut en vain que, dans le courant de Tannée 1027 3, Eude 
essaya de prendre sa revanche par un coup de surprise : alors 
qu'on le croyait occupé ailleurs, il fondit sur Amboise en compa- 
gnie du jeune roi Henri ; mais il n'eut pas le même bonheur que 
Foulque à Saumur. La ville était bien défendue par le trésorier 
de Saint-Martin de Tours Sulpice, qui y avait construit un 
grand donjon de pierre : Eude dut se replier et regagner Blois ^. 

1. Hist. de Saini'Florent {loc. cit. y p. 280) : << Sed inclusi, fortiter relue- 
tantes, maehinam, quam ex lignorum congerie Franci paraverant, incen- 
derunt. Quod cornes aegre ferens, taedio laboris et vindemiarum instan- 
tia, Francos ad sua diniisit. » 

2. Ibid, Cf. ci-dessus, p. 41, note 2. — Geudouin de Saumur, comme 
dédommagement, reçut de son suzerain, le comte Eude II, la place de 
Chaumont-sur-Loire {Ilisi. de Saint-Florent^ ibid.), 

3. Postérieurement au 14 mai 1027, date à laquelle le jeune Henri fut 
sacré roi (Pfister, Robert le Pieux, p. 77), puisque ce dernier était déjà 
« rex factus » quand il accompagna Eude au siège d'Amboise {Annales de 
Vendôme, p. 61 de notre Recueil). 

4. Annales de Vendôme {Recueil d'annales angev. et vendôm., p. 61) : 
« MXXVII. Hoc anno Odo comes, quasi superioris fortunam emendaturus, 
Ambazium castrum de improviso, cum acturus aliud putaretur, obsedit 
habens secum Rotberti régis filium Heinricum jara regem factum. Sed 
tamen ibi quoque diu laborans nichil profecit, defendente oppidum 
maxime inclito clerico Sulpicio, castellano ejus et Sancti Martini thesau- 
rario, suis rerum copiis ac sapienti industria. » Sur la tour construite par 
Sulpice, voir, en outre, les Gesta Ambaz. dominorum : « Quo intervallo 
Supplicius Ambaziaco, in loco ubi domus praedicti fratris lignea erat, 
arcem lapideam ad opus nepotis sui construxit » {Chron. des comtes d'An- 
jou, p. 169). Un peu plus loin, il y est question de la « turris Ambaziae 
lapidea, quam praefatus Supplicius suis propriis sumptibus exstruxerat » 



LES CONQUÊTES 4B» 

Il ne tarda pas à se jeter à corps perdu dans d*autres entre- 
prises *, pendant que Foulque, poursuivant ses avantages, repre- 
nait Môntbazon, qui, nous l'avons vu, lui avait échappé ^^ et se 
débarrassait d'un voisin dangereux, Geoffroi, seigneur de Saint- 
Aignan, en se le faisant livrer et en Tenvoy^nt dans un cachot 
de son château de Loches '^. 



Les louvoiements de Robert le Pieux avaient seuls jusqu'alors 
empêché Foulque Nerra de mettre définitivement la main sur la 
Touraine entière. .La mort de ce prince (20 juillet 1031) * amena 
entre la royauté et le comte d'Anjou un rapprochement, qui 
devait permettre d'atteindre en peu d'années un résultat depuis si 
longtemps poursuivi. Henri I^'^, en effet, ne tarda pas à comprendre 
qu'il avait tout à gagner en s'unissant k Foulque : Eude s'était 
chargé lui-même de précipiter cette union en se laissant enrôler 
par Constance, qui, dans son désir de renverser le nouveau sou- 
verain pour lui substituer son (ils préféré Robert, n'avait pas 
hésité à donner au comte de Blois la moitié de la ville de Sens ^. 

Dès 1032, l'alliance entre le roi et F'oulque Nerra était renouée 
et ils allaient de concert mettre le siège devant Sens. Le comte 

(ibid) et Sulpice est qualifié de « dominiis Turris Lapideae » (ibid., p. 175). 
Enfin ce sont les Gesta consul. Andegar. (ms. 6218, p. 49) qui nous per- 
mettent de dire (ju'Eude s'est replié sur Blois : « Cum csset Odo Blesis... *>, 
y est-il dit tout de suite après le récit de sa retraite. 

1. Voir Lex, Eudes de Blois, p. 45 et suiv. 

2. Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 49; Chronique des comtes d'An- 
jou, p. 116) : « Intérim Fulco iterum Montem Basonis obsedit et cepitet 
Guillermo Mirebelli ad scrvandum tradidit. « 

3. Ibid, : « Arraudus Brustulii aliique prodilores Gosfridum dominum 
suum, Sancti Aniani principem, Fulconi tradunt; qui postea, Fulcone 
absente, Luchis in carcere ab ipsis proditoribus transgulatus est. » 

4. Pfister, Robert le Pieux, p. 81. 

5. Ibid,, p. 82. Cf. Hugue de Fleury, dans les Ilistor, de Fr,, t. XI, 
p. 158d. 



46 LE COMTÉ d'aNJOU 

se fît même remarquer par son ardeur à violer et démolir le 
cloître de Saint-Pierre-le-Vif ^ Peu après, on le vit s'employer 
à obtenir la soumission de Constance et de son fils ^. Aussi 
Tappui du roi lui eût-il permis^ sans doute, dès ce moment, de 
poursuivre ses conquêtes en Touraine, si des difficultés, qui dégé- 
nérèrent bientôt en lutte ouverte, ne Pavaient mis alors aux 
prises avec son fils Geoffroi Martel 3. 

Ce ne fut, par suite, qu'après la mort d'Eude II et même après 
celle de Foulque Nerra, que Tattaque des Angevins reprit: 
Henri I®', en guerre lui-même avec les deux jeunes successeurs 

* 

d'Eude, Thibaud III et Etienne II *, y poussa Geoflfroi Martel, en 
lui accordant par avance l'investiture de Tours ^. Geoffroi, qui, 
dès son avènement, avait recommencé les razzias à travers la 
Touraine ^, rassembla une forte armée "^ et vint mettre le siège 

4. Glarius, Chron. Sancli Petri Senon.^ dans les Histor, de Fr,y t. XI, 
p. 196 : « Cornes itaque Andegavensium Fulco, qui primus post regem 
erat in ipsa expeditione, abbatiam S. Petri fregit, clausum monachorum 
terra tenus incidi fecit. » Robert d'Auxcrre reproduit ce texte {Histor, de 
Fr,j t. XI, p. 308 B ). Ce siège de Sens eut lieu en juillet-août 1032, sui- 
vant M. Soehnée, Henri /««• (Positions des thèses des élèves de VÉcole des 
CharteSy ann. 1891). 

2. Raoul Glaber, III, 9 (éd. Prou, p. 85) : « Diu multumque vastando res 
proprias debacatum est donec Fulco Andegavorum cornes, cogna tus scili- 
cet ipsorum, matrem (Constantiam) redarguens cur bestialeni vesaniam 
erga filios exerceret utruraque parentem in pacem reduceret. » 

3. Voir ci-dessous, ch. II, p. i)S et suiv. 

4. Voir Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129); cf. d'Arbois de Jubain- 
ville, Hist, des comtes de Champagne, t. I, p. 357 et suiv. 

5. Raoul Glaber, ibid, : « Contigit enim j^ost multas strages cladis 
utrarumque parlium ul isdem rex, ablato ab eisdem dominio Turonice 
urbis, daret illud Gozfredo, cognomento Tuditi... » ; Foulque le Réchin, 
Chron, [Chron. des comtes d'Anjou, p. 378) : « Ex voluntate régis Ainrici, 
accepit donum Turonicae civitatis ab ipso rege. » 

6. Gesta consul. Andegav. (iiis. 6218, p. 49-50 ; Chron des comtes d'An- 
jou, p. 118) : « Itaque Ambaziaco milites muUos cum Lisoio posuit, qui 
Turonim Blesimque vaslarent ;similiter illi de Monte Basonis quidquid erat 
usque Kainonem démoli ti sunt; Luchenses cum Rogerio Diabolerio ter- 
rain Sancti Aniani, Pontilevim et Calvimontem et omnia usque ad Chus- 
sonem fluvium saepe depredabantur. » 

7. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129) : « Qui coUecto magno exer- 



LES CONQUÊTES il 

devant la place. Il prit solidement position, en se retranchant 
notamment dans le monastère de Saint-Julien ^ ; mais pendant 
plus d'un an ses efforts étaient demeurés sans succès *^, quand 
enfin Tarmée de Thibaud et d'Etienne, passant par Pontlevoy, 
vint camper non loin de Montrichard, à Saint-Quentin près 
Bléré, sur les bords du Cher 3. A cette nouvelle, Geoffroi Martel 
marche à sa rencontre par Montlouis ^. Les deux armées se 
heurtent à Nouy, près du village de Saint-Martin-le*Beau ^. 
Une mêlée terrible s'engage : les Blésois, subitement pris de 
panique, cessent de riposter, puis prennent la fuite ^ ; les 
Angevins se lancent à leur poursuite ^. Etienne parvient à s'échap- 



ciiu... » ; Gesla consul. Andegav,y loc, cit, : « Martellusad ultimum omni- 
bus suis copiis congregatis.. » 

1. Chron, rimée de Saint- Julien de Tours (Salmon, Recueil de chro- 
niques de Touraine, p. 247) : u Hoc tempore, nostra abbatia || multa et 
in multis passa est gravamina. || Martellus enim cornes eam munierat || et 
de illa civitatcm oppugnabat. » 

2. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129} : «... ipsam civitatem anno uno 
et eo amplius obsidione circumdedit. » 

3. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 50 ; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. Ii9) : «Cornes Theobaudus cum infinita gente per Pontilevim transicns 
juxta Montricardum ad flumen Cari descendit, et copiosis boum et ovium 
armentis invenlis, opima prcda sui ditali in pratis Sancti Quintini ante 
Blircium tentoria fîgentes, nocte ac die recréa ti sunt. » Raoul Glaber, 
loc. cit. : «...ad versus quem (Gozfredum) tandem hostili manu pergentcs 
dimicaturi rêvera ut afflictç indigcntique alimoniis succurrerent urbi ambo 
predicti filii Odonis. » 

4. Gesta consul, Andegav,, loc. cit. : « Martellus, relicta obsidione, Lau- 
diaco Monte prima die eis obvius venil. » 

5. Ibid. (ms. 6218, p. 51. ; Chron. des comtes d'Anjou^ p. 120) : « Nec 
mora ante burgum Sancti Martini Belli ad pugnam conveniunt, in loco 
qui publiée Noit vocabatur. » 

6. Les Gesta [ibid.], après avoir raconté une première mêlée, ajoutent : 
« A.ndegavi siquidem denuo eos invaserunl, quorum virtutem Theobau 
dini satellites diutius non sustinentes, pavore subito sibi immisso, in 
lugam versi, scapulas dederunt. » Raoul Glaber, loc. cit. : « Dumque 
^-enirent utreque partes incomminus tantus terror invasit exercitum duoinim 
fratrum ac si vincti ligaminibus omnes pari ter imbelles exstiterunt. » 

7. Gesta consul. Andegav. {ms. 6218, p. ;31-52 ; Chron. des comtes d'An- 
jou, p. 121). 



48 LE COMTÉ d'aNJOU 

per ^;. Thibaud, moins heureux, est surpris avec le gros de ses 
troupes dans le bois de Bray, où la marche des chevaux est 
entravée par les branchages, et fait prisonnier en même temps 
que six ou sept cents de ses vassaux (21 août 1044) -. Emmené 
à Tours' 3, il lui fallut, pour obtenir la paix et la liberté, abandon- 
ner au vainqueur non seulement cette ville, mais aussi les autres 
places fortes de Touraine qui dépendaient encore de lui, notam- 
ment Chinon, TIle-Bouchard, Châteaurenault et Saint-Aignan 
(24 août) K 

1. Raoul Glaber, loc. ciL : « Stephanus autem tirrepta fuga cum aliqui- 
bus mîlitibus evasit. » 

2. Raoul Glaber, ibid, : « Tetboldus vero cum cetera multiiudine totius 
exercitus captus... » ; Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 52 ;Chron^ des 
comtes d'AnJoUy p. 121) : «... in nemore quod Braium dicilur juxia aulam 
Hastuini comitem Theobaudum consequuniur et capiunl cum quing-entiset 
octoginta militibus : non enim in Braio equi currere potuerunt ; consulem 
ab Braio abstractum (sic nempe nemus vocatur) Martello reddunt. » 
Foulque le Réchin, racontant le même événement, donne pour les cheva- 
liers faits prisonniers le nombre de mille : «...Unde postea guerra inter 
eum (Gosfridum) et Teothbaldum adeo ingravata est quod inierunt prae- 
lium inter civitatem Turonum et Ambaziam castrum, in quo Teothbaldus 
captus est et usque ad mille de equitibus suis » {Chron, des comtes d^An- 
JoUj p. 378). Hugue de Fleury dit qu'il y eut 760 chevaliers faits prison- 
niers : « Cum quo (Tetbaudo) Gaufridus congressus, illum protinus supe- 
ravit et cepit cumseptingentiset.sexaginta militibus » (Hist.de Fr.^i. XII, 
p. 795). Les annales angevines donnent la date : « MXLIV. Tedbaldus, 
filius Odonis comitis, a Gosfrido comité Andecavorum captus Xll kalen- 
das septembris, post tridie civitatem Turonum reddidit » (Annales de 
Vendôme, dans le Recueil d^annales angev. et vendôm., p. 62. Cf. ibid., 
p. 4, 87 et 107, trois textes presque identiques dérivant de la même source 
que celui des Ann. de Vendôme). Les mss. des Gesta consul, portent 
la date erronée de MX LU. 

3. Raoul Glaber, loc, cit. : a... ad Turonensem civitatem deducitur. » 

4. Voir le texte des Annales de Vendôme cité ci-dessus, n. 2; les 
Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron, des comtes d'Anjou, 
p. 121) : « Iste Theobaudus cum esset in vinculis et pro eo nullam 
argenti et auri Gosfridus Martellus redemplionem vellet accipere, captivus 
mori metuens et semetipsum plus quam sua diligens,,.. pro sua delibera- 
tione Turonim Gosfrido Martello in perpetuum habendam concessit. Mar- 
tellus comes, Turonia quiète suscepta (nam sibi Theobaudus Kainonem 
et Lengiacum (?) que adhuc possidebat, cum omnibus que eis jure appen- 
debant reddibit), rege Francorum mediante, cum Theobaudo pacificatus 



LES GONqUÊTES 49 



VI 

Cette paix était le couronnement de Tœuvre entreprise depuis 
de longues années par les conites d'Anjou et spécialement par 
Foulque Nerra et son fils sur la frontière orientale de leurs états. 
Défendue par les comtes de Blois pied à pied et au prix de 
luttes sanglantes, la Touraine tombait enfin tout entière aux mains 
de Geoffroi Martel : de gré ou de force, tous les seigneurs de la 
région devenaient ses vassaux ^ ; ceux qui résistèrent n'y 
gagnèrent qu^une dépossession immédiate^. De son côté, Thi- 

est » ; Foulque le Réchin, Chron. (Chron. des comtes cTAnjoUy p. 378) pré- 
cise encore certains points : « Accepit itaque (Gosfridus) civitatem Turo- 
nicam et castella in circuitu : Chinonum et Insulam et Castnim Rainaldi et 
Sanctum Anianum ; pars autem alia Turonici pagi sibi contigerat ex pos- 
sessione patema. » Cf. Chron. rimée de Sainte Julien de Tours^ dans Sal- 
mon, Recueil des chroniques de Touraine^ p. 247 ; « Quam tandem (civita- 
tem) a Tetbaldo || comité recepit », et Hugue de Fleury, dans les Histor, 
de Fr,y t. XII, p. 795 : a Quem etiam (Tetbaudum) tamdiu vinculis tenuit 
compeditum, donec ab iilo preafatam extorqueret civitatem. » Les Gesta 
consulum Andegav. ajoutent une phrase qui a été d^ordinaire, croyons- 
nous, mal interprétée : « Itaque Martellus, facto hominagio pro suscepta 
terra, Theobaudo ipso deliberato. donaria militibus constituit » (ms. 6218, 
p. 52 ; Chron. des comtes d" Anjou ^ p. 424). On a compris que Geoffroi 
Martel avait fait hommage de la Touraine à Thibaud (d'Arbois de Jubain- 
ville, i7ù^. des comtes de Champagne, t. I, p; 369) ; le texte que nous avons 
cité ne dit rien de semblable. Les Gesta notent même plus loin [Chron. 
des comtes d" Anjou ^ p. 139) comme une nouveauté Thommage prêté au 
comte de Blois par Foulque le Réchin en 1068. Ce sont d'ailleurs les 
Gesta Ambaziensium (Chron. des comtes d'Anjou, p. 170) qui semblent 
responsables de Terreur. 

1. Ainsi les Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 124) disent du seigneur de Chaumont-sur- Loire et de son fils: 
(( Gelduino Salmurensi et filio ejus Gosfrido Calvi Montis Martellus omnes 
feodos que habuerant citra Vigenne fluvium et decimam Sancti Cirici 
reddidit ... insuper etiam Gosfridus Calvi Montis pro predictis Martello 
hominium fccit. » 

2. Ce fut, par exemple, le cas de Guicher, seigneur de Chàteaurcnault, 
de Geoffroi Fouel, baillistre de TIle-Bouchard. Pour le premier, voir la 

Halphb2«. — Le oemiéd* Anjou. 4 



50 LE COMTÉ D*ANJOU 

baud se résigna, et le seul conflit signalé dans la suite entre 
lui et Geoffroi eut lieu (vers 1050-1057) sur les confins du 
comté de Vendôme et peut-être à cause de cette province. 
Ce fut un conflit long, mais, semblb-t-il, sans grande 
importance ; car aucun chroniqueur n'en a fait çiention 
et tout ce que nous en connaissons, c'est la prise de Fréteval parle 
comte d'Anjou* et une trêve conclue à la Chapelle- Vendômoise *. 



charte n® 40 du Cariul. blésois de Mar mou lier, éd. Métais,oii il est dit que 
Guicher de Chàteaurenault fut dépossédé de son château au profit d'un 
certain Renaud, qui est Renaud II de Château-Gontier (voir Cartul. de Mar- 
mou iier pour le Vendômois, éd. de Trémault, n^ 37). Guicher rentra d'ail- 
leurs plus tard en possession de son fief [ibid,). La restitution qui lui en 
fut faite se place après 1062, date où une charte nous apprend qu'il vivait 
encore en exil [Cartul. blésois de Marmoulier, n° 86) et même après 1066, 
date où Renaud de Chàteau-Gonticr, époux d'Elisabeth ou Isabelle, était 
encore installé à Chàteaurenault (charte de Saint-Julien de Tours copiée 
dans la Collection dom Rousseau, IP, n° 693). Entre temps, le château de 
Guicher, qui ne s'appelait jusque-là que Château, avait pris le nom de 
C/i4<eau-iîe/iau</, du nom du seigneur de Chàtcau-Gontier. — Pour Geoffroi 
Fouel de l'Ile- Bouchard, voir une charte extraite du fol. 172 v« du Cartul. 
tourangeau de Marmoutier, copiée notamment dans la Collection dom 
Housseau, IP, n« 450, et éditée par l'abbé Métais, Cartul. de la Trinité 
de Vendôme, n^ 399 : il y est dit en propres termes que Geoffroi Martel, 
au moment où il envahit la Touraine, chassa de leurs fiefs beaucoup de 
seigneurs et notamment Geoffroi Fouel. — Enfin rapprocher de ces deux 
exemples la phrase suivante d'une charte-notice de Marmouticr : « In illa 
rerum conversione et mutabilium mutatione quae facta est cum comes 
Gausfredus Turonorum civitatem cçpissct, aliorum ad alios incolarum ad 
extraneos possessiones et hçreditates, Dco cuiquc jus ta tribuente, transi- 
erunt » (Arch. d'Indre-et-Loire, H 322, orig.), et cette autre : « Cum civi- 
tatem Turonenscm comes Gauzfridus cepisset, habitatoribus maxîma ex 
parte et illis potissimum qui aliquid esse videbantur expulsis, antiquae 
possessiones novos accepere possessores et alterorum honores, utpote 
terreni, non célestes, ad alteros migravcrunt » (charte de Marmoutier, 
copiée dans la Coll. dom Housseau, vol IP, n^ 480). 

1. Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard (Documents inédits), 
t. I, p. 24 : « ...Quo (Nivelone) mortuo, filius ejus Paganus modico tem- 
pore patris beneficio fungitur:nam cum debellarct castrum quod vocitatur 
Fracta Vallis, patri a Gausfrido Martello sublatum, inipsocastri introitu ab 
hostibus gladiis interimilur. » Dans sa notice sur Fréteval [Cartulaire blé- 
sois de Marmoutier, Introduction, p. xxiij, M. Tabbé Métais a rapporté 
cet événement à la guerre de 1044, ce qui est impossible, puisque, comme 



LES CONQUÊTES 51 

Quant au comte de Rennes, qui, on s'en souvient, avait 
été au début un des auxiliaires du comte de Blois, on n^avait pu 
Tempêcher de ressaisir à Nantes une influence prépondérante : 
pendant que Foulque Nerra avait été occupé à lutter contre 
Eude I*''', GeofFroi Bérenger, fils et successeur de Conan ^, s'était 
jeté sur Judicaël et, après l'avoir forcé à se soumettre^, n'avait 
pas tardé, à ce qu'il semble, pour se débarrasser de lui, à le faire 
tomber dans un guet-apens (1004 environ)^; puis il avait incité 
l'évêque de Nantes Gautier contre le fils de Judicaël, Budic, et 
avait tenté d'expulser ce dernier; son successeur, Alain, avait 
suivi la même politique^, et Budic, après avoir d'abord appelé à. 



il rétablit lui-même (ibid,, p. xxiii), Névelon de Fréteval, père de Païen, 
mourut après 1048 et même après 1050. 

1. Le souvenir nous en a été conservé par une charte datée comme 
suit : » Hujusmodi donum factum'est apud Capellam Blescnsem (aujour- 
d'hui la Cha pelle- Vendômoise, arr. de Blois) ante comitem Tetbaldum et 
ante comitem Gaufredum, cognomine Martellum, qui ibiambo convenerant 
ad faciendura inter se concordiam pacis. » Les deux comtes souscrivent 
Tacte et il est dit qu'un bien dont il est question a été possédé pendant treize 
ans « antequam convcnirent pracfati comités ad supradictum locum » et 
que, « cum non possent comités omnino inter se fîrmare pacem nisi tre- 
guam tantummodo », le comte Thibaud n'en a pas moins demandé à Geof- 
froi Martel de faire restituer la main-ferme de Putellis par Bouchard de 
Caresme {CariuL danois de Marmoutier, éd. Mabille, n^ 102 ; Catalogue 
d'actes^ n^ 122). L'époque de cette guerre est fixée par deux chartes du 
CartuL de la Trinité' de Vendôme, éd. Métais, n" 115 et 122 : Tune 
(n^ 115) est datée de l'an 1057, au temps où GeofFroi Martel et Thibaud 
étaient en guerre ; Tautre, datée de l'an 1058, fait allusion aux dévasta- 
tions que le Vendômois, le Blésois et le Dunois viennent d'avoir eu à 
subir pendant la guerre entre les deux comtes et relate la trahison de 
deux serfs du comte de Vendôme Foulque (ce qui nous reporte après 
1050). Cf. ibid., n*> 109, charte antérieure à 1057, où il est question de la 
même guerre. Voir encore la charte n« 25 du Cartulaire blésois de Mar- 
mou lier, éd. Métais, où se lit cette phrase : »... cum pro guerra que erat 
inter comitem Tetbaldum et comitem Gauffredum res illius loci (Majoris 
Monasterii) habebant intaxamentum. )> 

2. Geoffroi Bérenger, comte de Rennes de 992 à 1008. 

3. Chron, de Nantes, éd. Merlet, XLV, p. 133-134. 

4. Ibid,, XLVI, p. 134 et p. 135, note. 

5. Tout ceci ressort des chap. XLVI-XLVII de la Chron. de Nantes. 



S2 LE COMTÉ d'aNJOU 

son secours son suzerain Foulque Nerra ^, avait fini, se ravi- 
sant, par écouter les promesses de ses adversaires '*, La suzerai- 
neté angevine s'était donc trouvée écartée de Nantes; mais 
Foulque Nerra avait pris ses précautions en s^établissant plus 
solidement dans les Mauges : à Montrevault ^vers Tan 1000^, à 
Montfaucon vers 1026*, et surtout en venant occuper le territoire 
de Sain t-Florent-le- Vieil, resté jusqu'alors englobé dans le comté 
de Nantes, et en y établissant une forteresse, dont Ëudic essaya 
en vain d'entraver la construction (1030 environ) ^. Geoffroi Mar- 

Gautier, évêque de Nantes, fut constamment soutenu par les comtes de 
Rennes, dont il semble bien avoir été la créature. 

1. Dès le début, Budic s'éfait reconnu le vassal du comte d'Anjou : « Nam 
comitis Fulconis saepe repetens curiam et servitium pro terris alodiis 
reddens... », est-il dit au chap. XLVI de la Chron. de Nantes^ éd. Merlet, 
p. 135-136, et VHist. de Saint-Florent (p. 282 des Chron, des églises d An- 
jou) s'exprime ainsi : «Denique Budicu.s, Nannetensium comcs, cumipseac 
sui praedecessores Andegavensiumcomitibus servire solerent... » — Il est 
donc tout naturel que Budic, menacé, ait fait appel à Foulque Nerra : voir 
Chron. de Nantes, éd. Merlet, p. 138 ; mais le texte restitué hypothéti- 
quement par M. Merlet d'après la traduction de Le Baud ne nous semble 
pas tout à fait exact ; Le Baud a dû mal interpréter un passage voulant 
dire : Budic appela Foulque à son aide au nom de Thommage qu'il lui 
avait prêté. Sans cette interprétation, il y aurait contradiction entre les 
divers passages de la Chronique. 

2. Chron. de Nantes, XLVII, éd. Merlet, p. 139 : « Et Budico latcnter 
promittens magna beneficiorum munera, eos pacificavit, ut, Fulcone Andc- 
gavensi relicto, deinceps Namnetensem urbem ipsc Budicus ab Alano 
reciperet. » 

3. Voir ci-dessous, 2* partie, chap. IL 

4. Ibidem. 

5. Ibidem. — La Chron. de Nantes place la construction du château 
de Saint-Florent-le-Vieil avant la reconnaissance par Budic de la suzerai- 
neté du comte de Rennes : de la sorte, c'est Foulque Nerra qui est censé 
avoir le premier rompu le contrat féodal en envahissant les domaines de 
son vassal. h'Hist. de Saint-Florent présente une version tout opposée : 
c'est Budic qui, le premier, a rompu le contrat féodal [contraria cœpit 
agere servus in dominum) et l'occupation de Saint-Florent-le- Vieil n'appa- 
raît plus que comme un châtiment ou une précaution prise par le comte 
d'Anjou. Etant donné que Vllist. de Saint-Florent n'est pas favorable au 
comte d'Anjou, loin de là, et que, dans l'espèce, elle n'a aucune raison de 
dénaturer la vérité, c'est son l'écit qui semble devoir être préféré. — 
Quant à la tentative de Budic pour empêcher la construction du château, 



. LES CONQUÊTES 83 

tel crut un instant qu^il allait pouvoir regagner le terrain perdu : 
par suite de luttes intestines fort confuses, Hoël, comte de 
Nantes, se trouvant en état de rébellion contre le comte de 
Rennes Conan II ^, dut implorer Tappui du comte d* Anjou et, 
pour ce, le reconnaître comme suzerain ; mais GeofFroi ayant 
voulu abuser de la situation et s^emparer de Nantes, Hoël vint 
lui reprendre la ville ^. C'en était donc bien fait de ce côté de 
l'influence angevine. 

elle. est signalée en ces termes par VHisi. de Saint-Florent {Chron, des 
égliêes d^ Anjou y p. 283) : « Quod Budicus cornes Nannetensis non aequa- 
nimiter ferens, cum exercitu advenit, puisque moz per pascua ad praedam 
concurrentibus, cum reliquis quantum ex burgo potuit incendit atque vas- 
tavit sicqiie discedens non quantum voluit malum peregit. » — Budic est 
mort en 1038. 

1 . Voir La Borderie, Histoire de Bretagne, t. III, p. 16. 

2. Annales de Vendôme (Recueil d'annales angev. et vendôm,, p. 62) : 
« Civitas Namnetica comiti Gosfrido ab Hoel comité reddita est. Qui non 
bona usus fide auferre eam illi temptavit, sed vix XL dies retentam tur- 
piter amisit. » Il y eut même sans doute quelque combat avec le comte 
de Rennes, car Foulque le Récbin, dans sa chronique [Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 378), dit que Geoffroi Martel lutta « cum Hoello comité Nan* 
netensi et cum Britannorum comitibus qui civitatem tenebant Redonensem. » 
Nous avions admis dans notre Étude sur.,, la chronique de Foulque le 
Réchin [Bibl, Fac. des lettres de Paris, XIII, p. 37) que la confiscation de 
Craon avait donné lieu à une guerre entre le comte de Rennes et Geoffroi 
Martel : un examen plus complet des textes de Ménage et Le Baud nous 
oblige à rejeter cette manière de voir (cf. ci-dessous, 2* partie, chap. I. 



CHAPITRE II 

RAPPORTS A\TG L'AQUITAINE, LE VENDOMOIS 

ET LE MAINE 

C'est du côté de la Bretagne et surtout de la Touraine que 
Foulque Nerra et son (ils ont frappé leurs coups les plus déci- 
siCs ; mais avec leurs autres voisins ils ont su avoir une politique 
non moins arrêtée et non moins féconde : on en verra la preuve 
dans rhistoire de leurs rapports avec T Aquitaine, le Vendômois 
et plus encore avec le Maine. 



I 

Pendant la plus grande partie du gouvernement de Foulque 
Nerra, les rapports du comte avec l'Aquitaine furent excellents. 
Nous avons vu * que Geoffroi Grisegonelle avait reçu de Guil- 
laume IV Fièrebrace le Loudunois en fief : Foulque renouvela 
pour cette possession Thommage prêté par son père et reçut, 
par surcroit, Saintes et quelques châteaux de Saintonge -. A 



1. Introduction, p. 7. 

2. Adémar de Chabannes, III, 4i (éd. Chavanon, p. t64}: « Cumque 
comitem Andegavensem Fulchonem in manibus suis commendatum haberet, 
concesserat et pro beneficio Losdunum cum aliis nonnullis castris in 
Pictavorum solo, Santonas quoque cum quibusdam castellis. >» C*est bien à 
tort que M. Lair (Études critiques, t. II, p. 180) a voulu voir là une contra- 
diction avec la phrase du chap. 30, citée ci-dessus, p. 7, n. 2. — Nous 
voyons que Foulque Nerra est bien chez lui à Saintes par un autre texte 
d*Adémar de Chabannes (III, 64). Mirebeau faisait aussi partie des fiefs 
tenus de Guillaume V par Foulque : dans un diplôme du roi Robert (n<* 24 
du Catalogue de Pfister, Robert le Pieux), on voit, en effet, que cette ville 
est aux mains du comte d^Anjou, bien qu'elle soit « in comitatu Pictavo », et 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 55 

ce double titre, il resta personnellement toute sa vie un vassal 
soumis du duc d* Aquitaine. 

Si nous manquons de détails sur ce point pour le temps de 
Guillaume IV, nous en avons de très précis pour celui de Guil- 
laume V le Grand : Âdémar de Chabannes nous apprend que 
Foulque ne négligeait pas de venir lui « faire sa cour » ^, et 
nous relevons, en effet, sa souscription au bas de plusieurs chartes 
données par Guillaume en plein Poitou ^. Un texte fort curieux, 
où sont relatées toutes les machinations dont Huguede Lusignan, 
vassal du comte d'Anjou et arrière- vassal du duc d'Aquitaine, fut 
victime de la part de ce dernier, nous permet même de voir com- 
bien Foulque s'entendait avec son suzerain 3. En 1025, le trésorier 
de Saint-Hilaire de Poitiers Augier {Hildegarius), écrivant à 
Tévéque Fulbert de Chartres pour le prier de venir à Poitiers, lui 
rappelle qu'il peut traverser l'Anjou sans crainte, Foulque Nerra, 
« le vassal très fidèle et très familier » de Guillaume, ayant 
promis de lui faire bon accueil ^. Enfin, nous avons une lettre 

de même, dans la charte de fondalion de SaÎDt-André de Mirebeau, vers 
1052, on voit que la ville est « de feudo comitis Andegavensium Martelli 
GofTrtdi », mais du c( comitatus » du comte de Poitiers (pièce justificat. n^ 1 
d'Ed. de Fouchier, La baronnie de Mirebeau, dans les Mém. de la Soc, des 
antiq. de VOuesl, 2« série, t. I, 1877, p. 279-281). —Sur les prétendues 
hostilités de Foulque contre Guillaume le Grand en 996, voir chap. 
précédent, p. 30, note. 

1. Adémar de Chabannes, III, 56 (éd. Chavanon, p. 182):» Tune a 
primatibus malivolis et precipue a Fulcone comité, qui tune in servitio 
ducis Pictavis erat tempore quadragesimae, suadebatur ci destruere locum 
Sancti Johannis, etc. » 

2. Catalogue d'actes, n»* 21, 24, 32. 

3. Hist, de Fr,, t. XI, p. 534 c et 537A-D. Dans le second de ces deux 
passages, on voit que Hugue de Lusignan est V « homme » de Foulque 
Nerra, lequel est à son tour le vassal de Guillaume le Grand. Pour le 
commentaire, nous renvoyons à Imbert, Histoire de Thouars (Niort, 1871, 
in-8®), p. 39-40, et à Richard, Hist. des comtes de Poitou, t. I, p. 157-167. 

4. Hist. de Fr., t. X, p. 489 : « Est etiam comiti nostro G[uillelmo] 
satelles fidelissimus et familiarissimus Fulco comes. Appelatus a comité 
Guillelmo ne vobis tecnam inter vias moliatur, respondit in vera fide, sicut 
nobis visum est, nuUam se moliturum ; velle etiam sibi praemandari 
adventum vestrum, ut conducat vos per sua. » 



56 LE COMTÉ d'aMJOU 

attribuée à Foulque lui-même et qu'il aurait écrite la même 
année au roi Robert pour lui faire des ouvertures de la part de 
son « seigneur », quand celui-ci tenta d'obtenir la couronne 
d'Italie pour son fils aine ^. 

La mort de Guillaume V, en 1029, vint compliquer la situa- 
tion. Il laissait quatre fils : Taîné, Guillaume le Gros, issu d'un 
premier mariage avec Aumode, lui succéda; le second, Eude, 
né d'un deuxième mariage, avec Brisce, sœur de Sanche, duc 
de Gascogne, fut appelé peu après à gouverner la Gascogne; 
enfin deux enfants encore en bas âge, Pierre et Geoffroi, étaient 
nés d'un troisième mariage avec Agnès, fille du comte de Bour- 
gogne Otte-Guillaume 2. Le fils de Foulque Nerra, Geoffroi Mar- 
tel, résolut, malgré son père, d'épouser Agnès, d'écarter Guil- 
laume le Gros et Eude, et d'assurer ainsi le pouvoir aux deux 
mineurs Pierre et Geoffroi,. qui seraient dans sa dépendance. 
Il se heurtait, il est vrai, à im empêchement canonique: l'Église, 
le considérant comme l'allié au troisième degré de la veuve de 
Guillaume V, condamnait ses projets^. Mais cet obstacle ne 

1. Hist. de Fr.j t. X, p. 500: ce Guillelmus, Pictavorum cornes, herus 
meus, loquutus est mihi nuper dicens quod etc. Nunc ergo mandat vobis, 
postulans, etc. Et ego precor significari litteris aut nuotiis quid animi 
vobis sit super hoc quod ipse rogat, ut renuntiem illi. » Sur ces événe- 
ments, voir Pfistèr, Robert le Pieux, p. 374 et suiv. 

2. Voir Pfister, ibid., III, 3, Palustre, dans les Jlfë/n., de la Soc. des antiq, 
de rOuest, 1880, passim, et Richard, Hist. des comtes de Poitou, t. I. 

3. A cette époque, on admettait, en effet, que les empêchements résul- 
tant de Taffînité s*étendaient aussi loin que les empêchements résultant de 
la parenté (voir Esmein, Le mariage en droit canonique, t. I, p. 374 et suiv.). 
Il y avait donc empêchement au mariage de Geoffroi avec Agnès, son 
alliée au troisième degré canonique. Cette afiinité elle-même ressortira de 
la généalogie suivante : 

Herbert II de Vermandois (!•' de Troyes). 

LiÀOEARD, ép. Thibaud le Tricheur. AD&LBDEVBRBiANDOis,ép.Geof.GrisegoneUe. 

Emma, ép. Guillaume IV d'Aquitaine. Foulque Nerra. 

Guillaume Vd'Aquit.,ép.AoNÀs. Geoffroi Martel. 

Comme preuve, voir les généalogies indiquées dans notre introduction ; 

Mabille, Introd, aux Chron, des comtes d'Anjou ; Lex, Eudesde Bloiâ , loc cit.. 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 57 

rarréta pas. Le l®** janvier 1032, Tunion fut conclue ^ et, sans 
tarder, il se mit en posture d'en tirer le profit qu'il en 
attendait : il marcha contre Guillaume le Gros, le battit et le 
fit prisonnier au Mont-Couër près de Saint-Jouin-de-Mames, 
le 20 septembre 1033 2. 



p. 203 ; Pfister, Robert le Pieux, p. 234 ; Lot, Le$ derniers Carolingienêy 
p. 372, et surtout Lot, Hugue$ Capet, p. 405. — Sur le caractère anticano- 
nique de Tunion d'Agnès et de GeofTroi, voir les textes cités à la n. suivante 
et Hist. de Saini-Florent, p. 282 des Chron. égliseê d* Anjou : on y dit que 
GeofTroi Martel a épousé Agnès « incesto conjugio ». 

1. « Kal. januarii. Gaufridus cornes Agnetem comitissam, quç fuerat 
consobrini sui Willelmi comitis Pictavorum uxor, incesto conjugio assumpsit 
anno ab incarnatione Domini MXXXII » (Obii, de Sainl-Serge, dans Recueil 
d^annales angev. et vendôm., p. 107). Ce même texte, plus ou moins 
complet, se retrouve dans les Annales de Saint-Aubin et les notes du 
Calendrier de Saint-Aubin {Ibid, p. 3 et 46). 

2. « XII kalendas octobris. Gosfridus comes, Fulconis comitis filius, 
Willelmum Pictavorum comitem cepit an do ab incarnatione Domini 
MXXXIII etexinde exoriri cepit et paulatim ingravari bellum illud execrabile, 
quod contra patrem suum per annos fere VII subséquentes impie gessit » 
(Obit. de Saint-Serge, ibid, p. 107). Ce texte est reproduit par les mêmes 
documents que le précédent (Recueil d*annales angev, et vend,, p. 4, 46). 
Voir, en outre, la Chron. de Saint-Maixent [Chron, de$ églises d'Anjou, 
p. 391-392) : u Qui (Guillelmus Pinguis), quarto anno post mortem patris, 
habens certamen cum Gaufredo Martello, convenerunt in praelium simul ; 
ubi utriusque exercitus conveniens ad praelium juxta monasterium Sancti 
Jovini, ad MontemCoerium, magnis animositatibus certatum a Pictavis et 
Andegavinis. Tandem Guillelmus dux traditur et capitur XII kalendas 
octobris » ; la Chron. de Foulque le Réchin (Chron. des comtes d'Anjou, 
p. 378) ; « Ille autem (Gosfridus Martellus), in vita patris sui miles extitit et 
novitatem militiae suae contra finitimos exercuit fecitque duo praelia, unum 
apud Montem Consularem contra Pictavos, ubi comitem Pictavensem 
apprehendit, etc. » ; Raoul Glaber, IV, 9 (éd. Prou, p. 113): « Willelmus 
etiam, Pictavorum comes, multis peccuniis liber a captione qua filius 
Fulconis, Gozfredus cognomento Martellus, illum in prelio capiens, spacio 
trium annorum tenuerat, ad propria remeans, ipso in anno finem vite 
habuit. » Les Gesta consul. Andegav. confondent la bataille du Mont-Couêr, 
en 1033, avec celle de Chef-Boutonne, en 1061 : le fait a été signalé depuis 
longtemps. — Pour la captivité de Guillaume le Gros, voir encore une 
charte du CartuL de Saint-Maixent {Archives histor. du Poitou, t. XVI, 
no 93), par laquelle Guillaume « positus in captione », fait à Saint-Maixent 
une donation pour obtenir sa liberté, « pro ereptione mea ». — L'empla- 
cement de la bataille au Mont-Couêr (et non à Montcontour) a été établie 



58 LE COMTÉ d' ANJOU 

Foulque Nerra intervint, comme il le devait, en faveur de son 
suzerain, et bientôt cette intervention dégénéra en lutte ouverte 
entre le père et le fils '. Celui-ci parut d'abord conserver l'avan- 
tage : il finit bien, en 1036, par rendre la liberté à Guillaume le 
Gros contre une forte rançon *^; mais Guillaume étant ihort peu 

par M. Imbert, Hist. de Thouars, p. 42. Cf. Richard, Hist, des comtes de 
Poitou, t. I, p. 229. 

1. Voir les textes cités à la n. précédente, suivant lesquels la lutte est 
le résultat de la capture de Guillaume le Gros en 1033 ; mais cette lutte n'a 
commencé véritablement à devenir aiguë qu'en 1036, puisque à cette date les 
Annales dites de Renaud (p. 86 de notre Recueil), qui dérivent de la même 
source que les textes de Saint-Serge précédemment cités, notent : 
<( Initium belliplus qtkamcivilis fuitinter Fulconem et filium ejus GoiTridum. » 
Cependant ne serait-ce pas une erreur ? et au lieu de « MXXXVI » ne 
faudrait-il pas lire « MXXXIII » ? Nous ne le croyons pas : 1» parce que les 
Annales de Saint-Florent, copiant lamême source, portent aussi « MXXXVI » 
(p. 118 de notre Recueil) ; 2® parce que les Annales de Vendôme et les 
Annales dites de Renaud indiquent sous Tannée 1037 la continuation des 
hostilités commencées pour presque cinq années : « Et eodem ipso anno 
exortum bellum plus quam civile inter Fulconem comitem Hierusolimita- 
num et Glium suum Gosfredum, qui cognominatus est Martellus, fere per 
annos .V. protracta tum est » {Recueil, p. 61 et p. 86). Or cette indication 
concorde avec celle des autres annales qui font durer les hostilités sept 
ans après les avoir fait commencer en sept. 1033. D'une part, on compte : 
1033-1034, 1034-1035, 1035-1036, 1036-1037, 1037-1038, 1038-1039, 1039- 
1040; d'autre part, on compte : 1036, 1037, 1038, 1039, 1040. — A tous 
ces textes ajouter Chron. de Foulque le Réchin (p. 37 des Chron, des comtes 
dWnJou) : « Contra suum etiam patrem guerram (Gosfridus) habuit, in 
qua mala multa facta fuerunt »; la lettre publiée sous le n^ 19 du Cartul. 
de la Trin, de Vend,, éd. Métais : « Clamorem apud te feci ; sed tu occu- 
patus eras de ira tui patris et ideo non potuisti me adjuvare. » 

2. Chron, de Saint-Maixent (p. 392 des Chron, des églises d'Anjou) : 
« MXXXVI. Isembertus episcopus Pictavis fecit synodum, ubi magnam 
pacem firmavit. Qui cum Eustachia, uxore Guillelmi comitis, aliquantulum 
expoliavit monasteria auro et argento, unde redimerent eum ; qui postea 
paucos dies vivens finem vitae sortitus est. » Voir aussi le texte de Raoul 
Gîaber, IV, 9, cité p. 57, n. 2. D'autre part, une charte nous montre que Guil- 
laume le Gros était en liberté au mois de mars 1037 (style moderne). Cette 
charte (Cartul, de Saint-Jean d'Angély, éd. Musset, t. I, n° 42. dans le 
t. XXX [1901] des Archives histor, de la Saintonge et de TAunis) a été 
signalée déjà par les auteurs de VArt de vérifier les dates et auparavant 
par Besly, Hist. des comtes du Poitou, p. 88-89 ; mais ce dernier, par suite 
d'une erreur étrange, renvoie « à un tiltre pour l'Église de Valence, du 



AQUITAINE, VENDÔMOfS ET MAINE 59 

après ((in de Tan 1038) ^ et Eude, duc de Gascogne, ayant voulu 
tenter de recueillir sa succession, GeofTroi triompha de ce nouvel 
adversaire : Eude se heurta à la forteresse de Germond, nou- 
vellement construite ^, échoua au siège de Mauzé et succomba 

mois de mars 1037, du règne du roy Henry le 10* ». M. Alfred Richard, 
Hist. des comtes de Poitou^ t* ^ P< 23^» rapproche de ce texte une seconde 
charte de Tan 1037 pour la même abbaye de Saint-Jean-d*Angély. 

1. Guillaume le Gros paraît encore dans un acte pour Saint-Jean-d'An- 
gély daté du 6 septembre 1038 (CarluL de Sainl-Jean-d'Angély^ éd. Mus- 
set, t. I, n° 254). Cette date parait sûre, bien que ou plutôt parce que le 
scribe la fait concorder avec Tindiction IV : en effet, en 1038, Tindiction 
était VI ; mais c'est d'une manière à peu près régulière qu'on a indiqué à 
Saint-Jean-d'Angély, vers cette époque, une indiction en retard de deux 
années : en 1067, Tindiction III au lieu de Tindiction V (même Cartul,, 
n» 21); en 1068, Findiction IV au lieu de Tindiction VI (ibid., n» 205); en 

.1070, rindiclion VI au lieu de Findiction VIII (fAtcf., n«»278).— M. Richard, 
Ilist. des comtes de Poitou^ t. I, p. 233, fixe la mort de Guillaume le Gros 
au 15 décembre 1038 : que cette mort soit en effet de la fin de l'an 1038, 
la chose nous paraît infiniment vraisemblable; mais le quantième indiqué 
par M. Richard est très hypothétique. Cet auteur se fonde sur ce fait que 
Tobit d'un « comte Guillaume » est inscrit dans l'obituaire de la Trinité 
de Poitiers (Bibl. de Poitiers, ms. 430, f» 167) au XVÏII des calendes de 
janvier. « Comme on est renseigné, ajoute-t-il, sur le jour du décès de 
tous les comtes du Poitou du nom de Guillaume, sauf pour Guillaume le 
Gros, nous n'hésitons pas à attribuer cette mention de l'obituaire à la per^ 
sonne de ce comte. » Or M. Richard oublie qu'on ignore le jour du décès 
de Guillaume Aigret, de Guillaume Fièrebrace et de Guillaume Tête 
d'Etoupes. — Quant à la date du 13 septembre 1038 que beaucoup d'au- 
teurs ont donnée, elle repose sur une base plus frêle encore ou, pour 
mieux dire, sur un simple échafaudage d'erreurs. En effet, bien que ces 
auteurs ne citent aucun texte à l'appui de leur dire, il est visible qu'ils se 
fondent : 1^ sur deux passages dépourvus de valeur de Guillaume de Poi- 
tiers (Hist, de Fr., t. XI, p. 78*) et de William de Malmesbury (ibid., 
p. 178^) fixant la mort de Guillaume le Gros au quatrième jour de sa déli- 
vrance (le second auteur dit : trois jours après celui de sa délivrance, ce 
qui revient au même) ; 2^ sur un texte de Richard le Poitevin qui fixe à 
cinq ans le temps pondant lequel Guillaume fut retenu prisonnier (Hist, 
de Fr.^ t. XI, p. 28;i), texte, lui aussi, sans valeur; 3« sur une indication 
erronée donnée par Besly (op. ci7., p. 88), d'après laquelle c'aurait été le 
9 septembre 1033 que Guillaume aurait été capturé : partant de ces trois 
affirmations, toutes aussi fausses les unes que les autres, nos auteurs 
auront fait durer la captivité de Guillaume du 9 sept. 1033 au 9 sept. 1038 
et placé sa mort quatre jours après, soit le 13 septembre 1038. 

2. Chron. de Saint-Maixenty dans les Chron, des églises d* Anjou, 



60 LE COMTÉ d'aMJOU 

■ 

devant cette place, le 10 mars 1039 ^ Mais Geoffroi Martel avait 
à vaincre d'autres obstacles : la lutte se poursuivait avec son 
père; au même moment, il lui fallait tenir tête à Févêque du 
Mans Gervais, contre lequel il avait également pris les armes ^ : 
battu par ce dernier, gisant la cuisse fracassée k Vendôme ^y 
force lui fut de se soumettre à Foulque Nerra. Il fît donc avec 
lui sa paix vers l'automne de Tan 1039^, d'ailleurs parvenu à ses 
fins ^, puisque l'Aquitaine allait désormais, par l'intermédiaire 
de la comtesse Agnès, être soumise à son autorité. 

Pendant plusieurs années, il en fut bien ainsi : jusqu'à la majo- 
rité de son fils aîné Pierre, appelé désormais Guillaume Aigret, 



p. 392 : « Willelmo comité mortuo, Pictavenses in magno ang|>re et anxie- 
tate positi de morte principis sui, sicut oves sine pastorc relicti, Odoilbm 
comitem, germanum ejus ex pâtre supradicto ab Gasconia convocaverunt. 
Eodem tempore Gastinenses Germundum castrum construxcrunt auxilio 
Andegavorum, Guillelmo Partiniacensium in eodem castro principe. » Pour 
la date de ces événements, voir A. Richard, Hist, des comtes de PoitoUy 
t. I, p. 235-237. 

1. Chron, de Saint-Maixent, loc. cit. : « Interea Odo comes veniens a 
Gasconia voluit capere Germundum castrum, sed non potuit. Inde reversus 
Mausiacum, quem pari modo reperit repugnantem, expugnare cepit ; ubi 
inhiando, cum cepisset attendere, occisus est. » Voir, de même, Richard, 
loc, cit.j spécialement pour le quantième de la mort d-Eude, fixé par Fau- 
teur d'après l'obituaire de la Trinité de Poitiers. 

2. Voir ci-dessous, p. 69. 

3. Cartul. Trin, de Vendôme, éd. Métais, n® 68, texte. cité p. 70, n. 1. 

4. Ci-dessus, p. 58, n. 1, nous avons montré comment toutes les annales 
angevines, dérivant d'une même et unique chronique composée à Saint- 
Maurice d'Angers, donnaient pour date finale des hostilités Tan 1040. Mais 
cette date n'y est indiquée que comme une approximation (« fere per 
annos... ») qu'il faut corriger légèrement : en efTet, nous verrons que 
Foulque Nerra eut le temps, une fois la paix faite, d'aller en Terre Sainte, 
et de regagner Metz, où il mourut le 21 juin 1040. C'est donc vers la fin de 
l'an 1039 qu'a dû avoir lieu la cessation des hostilités entre GeoiTroi Mar- 
tel et son père. 

5. La Chron. de Saint-Maixent (ibid,, p. 392-393) dit explicitement 
que c'était bien là le but de Geoffroi Martel : « Per haec tempora, Gaufre- 
dus Martellus duxerat uxorem supradictam, causa Pictavensium, ut habe- 
ret sibi subditos, adhuc duobus filiis suis, scilicet Petro et Gaufredo, par- 
vulis... » 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 61 

Agnès jouit en Aquitaine d'une autorité incontestée *, qu'elle 
exerça de concert avec son mari, devenu comte d'Anjou 2. 
Il continua d'en être ainsi pendant les premières années qui 
suivirent la majorité de Guillaume Aigret (1044 environ) ^ : sans 
paraître lui-même en Aquitaine *, Geoflfroi Martel pouvait 
toujours compter sur l'influence prépondérante dont Agnès 
jouissait^. 

Mais vers 1050, sans doute parce qu'il n'en avait pas eu 
d'enfant, Geoffroi la répudia^, et de ce jour la situation fut subi- 
tement modifiée ; d'alliés, Agnès et ses fils devinrent les ennemis 
du comte d'Anjou. En 1053, Geoffroi Martel ayant marché à la 
rencontre de Guillaume Aigret, une bataille faillit avoir lieu. 
Le duc d'Aquitaine préféra traiter ^. La paix fut d'abord 
respectée de part et d'autre ; mais en 1058, Guillaume vint subi- 
tement mettre le siège devant Saumur, où Geoffroi Martel se 
laissa enfermer ^. Heureusement pour le comte d'Anjou, pendant 

1. -Voir Richard, Histoire des comtes de Poitou^ t. ï, p. 238. 

2. Ibid., p. 239. 

3. Ibid,, p, 245-246. 

4. Nous ne constatons qu'une fois sa présence en Saintonge, en 1047 
(Catalogue d'actes, n® 80).' 

5. Richard, loc cit., p. 246. 

6. La répudiation est postérieure au 6 janvier 1049, date où Agnès paraît 
aux côtés de Geoffroi [Catalogue d'actes, n® 91) ; elle est antérieure au 
15 août 1052, date où la nouvelle épouse de Geoffroi, Gréciede Montreuil- 
Bellay, est à Orléans avec son mari [Catalogue d'actes, n^* iii ci ii2). 

7. Une charte du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 81, se 
termine parées mots : « Actum publiée apud Montem Glisiacum, annoincar- 
nationis dominicae millesimo quinquagesimo tertio, scilicet eodem anno 
quo Gausfridus cornes Andegavensium pugnaturus cum Willelmo comité 
cum magno exercitu Pictavorum pavescit eumdemque Willelmum metu 
pugnae perterritum sibi in amicitia copulavit. » Peut-être Airaeri ÏV de 
Thouars avait-il, lors de cette expédition, été Tallié de Guillaume Aigrel : 
ceci expliquerait la phrase où Foulque le Réchin dit que Geoffroi Mar- 
tel combattit « cum Haimerico vicecomite Thoarcensi » [Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 378). 

8. Chron. de Saint-Maixent [Chron. des églises d'Anjou, p. 400) : « Anno 
MLVIII Willelmus,qui et Petrus cognomento Acer, adunato exercitu, val- 
lavit castrum Murum simul et Gaufredum Martellum inclusit in eo. » 



62 LE COMTÉ d' ANJOU 

les préparatifs de l'assaut, Guillaume fut atteint d'une violente 
dysenterie ; il dut en hâte lever le siège et ne tarda pas à mou- 



rir * 



Pour rinstant tout au moins le danger était conjuré et le 
comte d'Anjou gardait lavantage. 



II 



Plus complets cependant furent les résultats de la politique 
angevine dans le comté de Vendôme. Le point de départ de cette 
politique fut le premier mariage conclu par Foulque Nerra, vers 
Tépoque de son avènement, avec Elisabeth, fille du comte de 
Vendôme Bouchard le Vénérable 2. Cette union ne dura 
qu'un temps fort court, la comtesse ayant trouvé la mort en 
Tan 1000, dans un terrible incendie ^; mais, à défaut d'un fils 

1. Chron, de Saint-Maixent, loc. cit, : «... ubi iniando dum apiarct ad 
bellum exercitum dolorc disscnteric morbis percussus, reversus est infîr- 
mus ; ex qua infîrmilate mortuus est, relinquens terrenum regnum. » 

2. Cartul. de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n^ 6 : « Post Raina Idum 
pontificem, comitis Burchardi filium, remansit honor Vindocinensis in 
manu Fulconis consulis Andegavorum. Habuerat siquidcm sororem defuncti 
ponlifîcis uxorem, de qua nullum habuit filium, unam solummodo iiliam 
genuerat ex ea... » Cette fille de Bouchard le Vénérable, nous voyons dans 
une charte de 989 (n® 7 du Catalogue d'actes) qu'elle s'appelait Elisabeth 
(cf. les textes cités à la n. suivante). On a quelquefois placé le mariage de 
Foulque avec Elisabeth en 985, parce que cette année-là, au mois d'août, 
Bouchard se trouvait à Angers avec son futur gendre et avec Geo ff roi Grise- 
gonellc {Catalogue d'actes, n» 5) : c'est l'opinion de Pétigny, Hist. 
archéoL du Vendômois, 2« éd., p. 242, n. 1, suivi par M. Bourel de la Ron- 
cière, dans son édition de la Vie de Bouchard le Vénérable par Eude de 
Saint-Maur (Coll, de textes pour l'étude et Venseign, de Chistoire), Introd., 
p. XII. Cette opinion nous paraît par trop hypothétique. 

3. Annales de Saint-Aubin : a M. Prima inccnsio urbis Andegave, que eve- 
nit paucis diebus post combustionem comitisse Helisabeth » {Recueil 
d*ann, angev, et vendôm., p. 3), texte reproduit avec une erreur de date dans 
les Annales de Saint-Florent {ibid., p. 117). Une légende se forma de 
bonne heure pour expliquer cette mort; on la trouve dans VHist.de Saint- 
Florent deSauniur {Chron. des églises d'Anjou, p. 273) : « Fulco vero cal- 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 63 

impatiemment attendu par les jeunes époux ^, une fille, Adèle, 
en était née ^. Mariée à Boon '^, fils, semble-t-il, du comte Landri 
de Nevers ^, elle se trouva en 1016, à la mort de Tévêque de 
Paris Renaud, fils et successeur de Bouchard le Vénérable, la 
seule héritière du comté de Vendôme : elle transmit ses droits à 
son fils aine Bouchard, et comme il était mineur, lui donna 
pour bail son propre père, le comte d^ Anjou ^. 

Foulque Nerra exerça donc Tautorité pendant plusieurs années 
dans le comté de Vendôme. Mais il n'apparait pas dans les docu- 
ments, contrairement à ce que les historiens admettent d'ordi- 
naire ^, qu^il ait fait pour l'obtenir violence à sa fille ou qu'il ait 

ê 

lidus ingénie, cum Elysabeth conjugem suam Andegavis, post immanc 
praccipitium salvaiam, occidisscl ipsamque urbcm, paucis dcfcndcntibus, 
flammarum inccndiis concrcmassct... » 

1. Voir le préambule de la charte n° 7 du Catalogue (Pactes (989) : « Ego 
quidcm Fulco, Dei nutu Andecavorum cornes... pro remedio animae goni- 
toris mei Gaufridi atque genetricis meae Adelae seu animae meae atque 
Helisabeth, uxoris meae, et ut Deusomnipotens, per intercessionem piissimi 
confessons Martini, nobis filios tribuat, qui post nos haereditari pos- 
sint... » / 

2. Voir le texte cité ci-dessus, p. 62, n. 2, et CartuL de la Trin, de 
Vendôme, 6d, Métais, n® l,où il est dit que la mère de Bouchard le Chauve 
de Vendôme s'appelait Adèle ; voir aussi la n. suivante. 

3. Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, n« 6 : « liane itaque Fui- 
conis comitis (iliam, neptem videlicet suam, defunctus praesul in vita sua 
cuidam potenti longius manenti conjugio tradiderat. » Le nom de ce puis- 
sant seigneur, Boon le Bourguignon, est donné par une charte attribuée 
à Geoffroi Martel, fort suspecte quant à sa forme, mais assez exacte quant 
au fond {Catalogue d'actes, n« 96) : « Cum vero nepoti meo Fulconi hono- 
rem Vindocinensem, quem patri ejus Bodoni cuidam Burgundioni pater 
meus Fulco cum filia sua, sorore mea Adela... ante contulerat, etc. » 
Boon et Adèle eurent quatre fils : les deux aînés furent Bouchard le Chauve 
et Foulque TOison {CartuL de la Trin, de Vendôme, n» 6). 

4. On sait par une charte {Ilistor. de Fr., t. XI, p. 418, n. a) que Landri 
de Nevers eut un fils nommé Boon et nous avons vu (n. précédente) que 
le mari d'Adèle était bourguignon. Landri aurait eu d'ailleurs, d'après 
VOrigo comitumNivernensium, plus d'une attache avec l'Anjou: voir F. Lot, 
La chanson de Landri, dans la Romania, t. XXXII, 1903, p. 9. 

3. Voir les notices n»* l et 6 du CartuL de la Trin, de Vendôme, éd. 
Métais. 

6. Voir surtout Pétigny, Iliat, arrhéoL du Vendômois, 2« éd., p. 257, 
et Pflster, Robert le Pieux, p. 243. 



64 LE COMTÉ d'aNJOU 

jamais considéré ce comté, dont la garde lui était confiée, comme 
quelque chose de plus qu'une possession temporaire K Toujours 
est-il qu'il le remit entre les mains de Bouchard dès que ce der- 
nier eut atteint sa majorité ^. 

Mais les liens qui unissaient le Vendômois à TAnjou allèrent 
se resserrant tous les jours : chaque progrès de Foulque en Tou- 
raine rendait le contact plus étroit; en outre, Bouchard, quoique 
majeur, n'en continuait pas moins à prendre, à Toccasion, con- 
seil de son grand-père ^. Il sentit bientôt le besoin de se procu- 
rer une protection plus effective * : du consentement de sa mère 

1. Voir, par exemple, le n® 1 du CartuL Trin. de Vend., éd. Métais : 
« Post cujus mortem, Fulco, Andegavorum cornes, honorem Vindocini in 
manu custodiendum recepit deditque Villam Ëpiscopi totam, sicut tenc- 
bat, Ilamelino, patri Walterii, tali convenienlia ut eam solununodo tenerel 
usque ad tentpus quo haeres naturalis honorem reciperet, » 

2. Mêmes chartes du CartuL de la Trin, de Vendôme, 

3. CartuL Trin, Vend,, n«6: « Cumque puer honorem suum recepisset, 
ex consilio consulis Fulconis, qui eum tenuerat... » 

4. L'abbé Simon, dans son Hist, de Vendôme, t. I, p. 38, et, d'après 
lui, Pétipny, Hist, archéoL du Vendômois, 2« éd., p. 258, expliquent 
cette conduite par une révolte des colons de la foret de Gâtines que Bou- 
chard aurait été impuissant à calmer; et Pétigny, toujours poussé par 
cette idée que Foulque Nerra n'a cessé d'agir en ennemi des comtes de 
Vendôme, va même jusqu'à déclarer que le comte d'Anjou était très vrai- 
semblablement l'instigateur de cette révolte. Mais sur quels textes s'ap- 
puie l'abbé Simon? — Après avoir rapporté les détails fournis par la 
notice n» 1 du CartuL de la Trin, Vend., éd. Métais, il ajoute : « Voilà ce 
que raconte le manuscrit de Saint-Georges de Vendôme ; mais le manu- 
scrit de l'abbaye dit que ceux du bas Vendômois, qui avaient joui des 
terres du comté, s'opposèrent à l'entreprise de Bouchard et qu'ils s'attrou- 
pèrent pour lui résister et que ce jeune comte ne se sentant pas assez fort 
pour les mettre à la raison, forma le dessein de remettre, avec le consen- 
tement de sa mère, le comté de Vendôme entre les mains de Geoffroy 
Martel. » Et il ajoute, p. 39, en note : « Le manuscrit de Saint-Georges 
fait par M. Dubellay, chantre de cette église, parle bien de la démission 
du comté de Vendôme entre les mains de Martel, mais il dit n'en savoir 
pas la raison. Il parait par le manuscrit de l'abbaye qu'il n'y en eut point 
d'autre que celle que nous venons de dire.» De ces deux passages, il nous 
semble ressortir assez clairement que le ms. de Saint-Georges de Ven- 
dôme donnait la version du n« 1 du CartuL Trin. Vend, et que le ms. de la 
Trinité de Vendôme (ms. de « l'abbaye ») donnait la version du n« 6 du 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 65 

et de celui du roi Henri I®"", il fit hommage de son comté à Geof- 
froi MarteP. 

Quand il mourut, Adèle vint trouver ce dernier avec son 
second fils, Foulque TOison, que GeofTroi, en sa qualité de suze- 
rain, investit régulièrement du comté, tout en stipulant qu'il lais- 
serait à Adèle la jouissance d'une moitié des domaines. Le jeune 
comte de Vendôme ne se contenta pas longtemps de cette situa- 
tion : il voulut se débarrasser de sa mère pour exercer sa domi- 
nation sur l'ensemble du comté. Adèle s'en vint tout éplorée 
solliciter Tappui de GeofTroi Martel et lui vendit sa part des 
domaines vendômois. GeofTroi somma alors Foulque l'Oison de 
cesser ses violences : à cette sommation, le comte de Vendôme 
répondit en prenant les armes et en dévastant les territoires ven- 
dus par sa mère. GeofTroi le déclara rebelle, prononça sa déchéance 
pour manquement au devoir féodal, et triomphant de sa résis- 
tance, confisqua tout le comté -, Dès lors il y agit en maître 
incontesté, disposant des fiefs, construisant dans sa capitale une 



même CartuL : or, loin de parler de « révolte des colons de Gèlines », 
ce n« 6 dit, au contraire : « Undocum veniret (Burchardus) ad forestam 
de Wastino, videns eam pluribus in locis extirpatam et a multis invaso- 
ribus invasam, domos ab eis in ca conslructa incendit et messes quas 
ibidem seminaverant, ut erat justum, suo in usu colligi fccit. » C'est très 
probablement d'un contresens que dérive toute cette histoire de la révolte 
des colons de Gàtines. 

1. Carlul, delà Trin. de Vend,, n«6 : « Post haec igitur, pucro matreque 
volontibus et Henrico rege Francorum, donatur honor iste, de quo loqui- 
mur Gaufredo comiti, filio Fulconis, avunculo pueri. Eo quidem pactoGau- 
fredus comesarege percepit honorcm quatenus etmalerct puer ejus ab eo 
tenerent ; quod et factum est quandiu vixit isdem puer. » Voir aussi le n® 1 
du même CartuL, qui, à partir d'ici, n'est (}u'un résume (inexact) du 
n<>6. 

2. Nous résumons les mêmes n®» du Cariul.de la Trin, de Vend, L'abbé 
Simon, Hist, de Vend., t. I, p. 45-46, déclare (et il est suivi par tous les 
historiens sans exception : Pétigny, Port, Compain, etc.) que GeofTroi 
Martel battit Foulque l'Oison « dans la plaine d'Huisseau, à une lieue de 
Vendônw » ; mais il no cite à l'appui do cette assertion aucune autorité et 
nous ignorons si son dire mérite quelque crédit. 

Halphen. — Le comté d'Anjou. . 5 



6ti LE COMTÉ d'aNJOU 

abbaye nouvelle, celle de la Trinité de Vendôme, et exploitant 
lui-même tous les domaines du comte ^ 

La domination directe des comtes d'Anjou en Vendômois ne 
devait guère d'ailleurs survivre à Foulque Nerra, au su duquel 
tous les événements précédents avaient eu lieu ^ : en 1050, 
semble-t-il, Geoffroi Martel finit par consentir à restituer le 
comté confisqué à Foulque TOison ^; mais ce. comté était devenu 
un état vassal et Tinfluence angevine y était définitivement 
implantée. 



III 

Du côté du Maine, les comtes d'Anjou devaient obtenir 
un succès plus franc encore. Orderic Vital ^ aflîrme que déjà 
Foulque Nerra « subjugua » Hugue II ^ par la violence ; nous ne 

1. Voir les chartes du CariuL de la Trinité de Vendôme, éd. Métais, anlé- 
rieures à 1050 et les n°» 103, 116, 118 du Carlul. de Mnrmoutier pour le 
VendômoiSy éd. de Trémauli. 

2. C'est ainsi qu'au n° 6 du CarluL Trin. Vend. (éd. Mêlais, t. I, p. 17), 
il est dit : « Gumque mortuus esset (Burchardus)... et mater cum alio 
fralre suo, nomine Fulcone, reverleretur ad patrem (Fulconem Nerram) et 
ad fratrem suum, comilem Gaufredum, etc. » : c'est en présence de 
Foulque Nerra, avec son consentement, que Geoffroi Martel investit donc 
Foulque l'Oison. La brouille entre Foulque et son fils n'est survenue que 
plus tard, à propos de l'affaire d'Aquitaine. Ici d'ailleurs, Pétigny 
(notamment p. 257-258) nous semble avoir bien compris les faits. Au con- 
traire. Port, Dictionn.y t. H, p. 252, Kate Norgate, England under Ihe 
angevin kings, t. I, p. 172, Lair, Eludes critiques, t. ï, p. 85, etc., nous 
paraissent avoir présenté les faits d'une manière très inexacte. 

3. Voir la charte n° 96 du Catalogue d'actes. L'acte semble faux, mais la 
date de 1050 qu'il donne pour la restitution du comté de Vendôme est 
acceptable et repose, sans doute, sur des données sérieuses. 

4. Orderic Vital, ÏV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Post mortem 
Hugonis, quem Fulco senior sibi violenter subjugarat... » 

5. Nous adoptons ici pour les comtes du Maine une numérotation nou- 
velle. M, Flach a, en effet, au t. III de ses Origines de l'ancienne France, 
p. 543-545, attiré l'attention sur les impossibilités de la succession des 
comtes du Maine jusqu'alors admise ; mais il a fait de nouvelles erreurs 
qui nous obligent à revenir rapidement sur ce point. Iluguo I'*'*, fils de 



AQUITAINE, VENDÔM0I8 ET MAINE 67 

saurions dire, il est vrai, ni quelle portée il convient d'attribuer 
à cette expression, ni quelle confiance le chroniqueur — très 
postérieur, on le sait, — mérite sur ce point. Mais ce qu'il y a de 
certain, c'est que Herbert « Eveille-Chien », qui succéda, vers 
1015, à Hugue II dans le comté du Maine, se montra d'abord un 
auxiliaire fidèle et docile du comte d'Anjou : nous avons déjà 
vu le rôle éminent qu'il joua en cette qualité à la bataille de 
Pontlevoy, le 6 juillet 1016 <. 

Toutefois, quelques années après, sans que nous en saisissions 
bien les motifs, d'amicaux, ces rapports devinrent hostiles '^. 

David, est cité dès 9S4 au CariuL de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, 
t. I, p. 199 ; en 967 et en 971 dans deux chartes de Saint-Julien de Tours 
publ. par M. de Grandmaison, Bibl.de VEcole des' Chartes, ann. 1886, 
p. 229, et au temps de Tévêque Sigefroi (971-997) dans deux chartes de 
Sain t-Pierrc-dc-la -Cour au Mans éditées par dom Piolin, Histoire de 
r église du Mans, t. III, p. 630-631. Cf. les Actus pontificum Cenomannis 
in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 353-355. Hugue !•' eut trois 
fils, Hugue II, Foulque et Herbert Bacon. Les deux premiers sont nommés 
à côté de leur père dans les chartes précitées de Saint-Julien de Tours et 
de Saint-Pierre-dc-la-Cour ; quant au troisième, il est dit frère de Hugue II 
dans deux chartes du Cartul. de Saint-Videur au Mans, éd. Bertrand de 
Broussillon, p. 4 et 6. Hugue II, fils de Hugue I'^, est cité comme comte 
avec son frère Foulque en 992 au n'*71 des Charles de Saint-Maixent, éd. 
Richard, t. ï, p. 78 ; en 1014 et 1000-1015 avec son frère Herbert Bacon 
dans les deux chartes déj.^ indiquées de Saint- Victeur au Mans. Il a pour 
fils Herbert Éveillo-Chien (« neveu de Herbert Bacon », disent les Actus, 
éd. Busson et Ledru, p. 363), lequel donne à son tour le jour à Hugue III, 
époux de Berthe et comte de 1036 à 1051. 

1. Voir ci-dessus, p. 34. 

2. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 252 : « Herbertus, 
Cenomannorum comes... cognominari Evigilans Canem pro ingenti pro- 
bitate promeruit. Nam post morlem Hugonis, patris sui, quem Fulco 
senior sibi violenter subjugarat, in cumdem arma Icvans, noctumas expe- 
ditiones crebro agebat et Andegavenses homineset canes in ipsa urbe vel 
in munitioribus oppidis terrebat et horrcndis assultibus pavidos vigilare 
cogebat » ; Ibid,, III, éd. Le Prévost, t. II, p. 102 : « Post obitum Her- 
berli... qui vulgo Evigilans Canem cognominabatur, propter gravissimas 
infesta tiones, quas a perfidis afTinibus suis Andegavensibus incessanter 
paticbatur. » Cf. Adémar de Chabannes, III, 64 : « Tune temporis, comes 
Andegavensis Folco, cum manifeste superare nequirct Arbertum, Ceno- 
mannis comitem... » 



68 LE COMTÉ d' ANJOU 

Finalement, Foulque attim son ennemi dans un guet-apens : il 
lui donna rendez-vous à Saintes, qu il voulait, disait-il, lui sous- 
inféoder * pour mettre un terme à leur différend. Herbert s'y ren- 
dit sans défiance; mais le comte d'Anjou, loin de chercher à 
traiter, le fit prisonnier dans, la nuit du 7 au 8 mars 102S et 
l'enferma dans le château -. Au dire d'Adémar de Chabannes, la 
comtesse d'Anjou Hildegarde aurait eu mission de faire subir le 
même sort à Tépouse de Herbert ; le coup aurait manqué et Foulque, 
dans la crainte de voir les seigneurs manceaux se soulever 
contre lui sous la conduite de leur suzeraine, n'aurait pas osé se 
débarrasser du comte du Maine par un meurtre, comme il l'avait 
d'abord projeté ^. Au bout de deux ans, il se décida donc à 
remettre Herbert en liberté ^ ; mais il exigea au préalable de lui 

1. Nous avons vu ci-dessus, p. 54, que Foulque tenait Saintes en fief du 
duc d'Aquitaine. 

2. Adémar de Chabannes, lïl, 54 (éd. Chavanon) : « Dolo acciit eum 
capitolium Sanctonae urbis, quasi in l)eneficio urbem ipsam ci concederel ; 
et incautum et nihil mali suspicantem, inclusum capitolio, ncfanda eum 
cepit traditione, primae ebdomadae quadrag-esimae secundo die. » — Nous 
établissons la date de 1025 en nous fondant sur ce double fait que 
1® d'après les Annales de Vendôme (p. 61 de notre Recueil)^ Herbert était 
en liberté en 1027, et que 2° d'après Adémar de Chabannes, la captivité 
dura deux ans (« bicnnio carceratum diligenlissimc custodivit »). D'autre 
part, depuis le début de Tannée 1026, Foulque a été trop occupé par la 
guerre de Touraine pour qu'on puisse placer cette capture après 1025. 
Nous nous séparons donc sur ce point de la plupart des auteurs et surtout 
de M. Chavanon, qui, dans son édition de la chronique d'Adémar, place 
l'événement en 1029 (!). — Quant au mois et au quantième, nous les éta- 
blissons en tenant compte des deux rédactions A et // (éd. Chavanon, 
p. 189 et p. 206) de la chronique d' Adémar : d'après //, l'événement eut 
lieu, de nuit et le premier dimanche de Carême ; d'après A, il eut lieu le 
lundi de la première semaine de Carême : cette différence vient très certai- 
nement de ce que l'événement eut lieu dans la nuit du premier dimanche 
au premier lundi de (Carême, soit, en 1025, dans la nuit du 7 au 8 mars. 

3. Adémar de Chabannes, III, 64 (éd. Chavanon) : « Uxor vero ejus (Ful- 
conis) uxorem Arberli dolo templavit caperc ipso die, antequam virum 
captum audiret ; sed ad eam quidam anticipavit prodere cautelam. Ideo 
Folco uxorem Arberti et principes timens, non est ausus eum inler- 
ficere. » 

4. Ibid, : a Biennio carceratum diligentissimc custodivit et a manibus 
ejus Dominus innocentem cripuit. » 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 69 

une prestation ou un renouvellement d'hommage ^ et des otages 
qui répondraient de sa fidélité ; et bien que ces otages, enfermés 
au Lude, lui eussent été enlevés Tannée même par le comte de 
Rennes Alain ^, toute velléité d'indépendance parut dès lors 
étouffée chez le comte du Maine. 

La mort de Herbert Eveille-Chien, survenue en 1036, et Tavè- 
nement de son fils Hugue III, encore en bas âge, vinrent 
malheureusement compromettre pour quelque temps Toeuvre 
de Foulque Nerra. En effet, au moment même où mourait 
Herbert, Tévêque du Mans Avesgaud était remplacé par son 
neveu, Gervais de Château-du-Loir. Entre ce dernier et le tuteur 
de Hugue III, Herbert Bacon, frère de Hugue II, une lutte éclata 
aussitôt: Herbert Bacon, craignant Gervais, refusait de le laisser 
entrer au Mans ; Gervais voulait, de son côté, expulser de la 
ville son adversaire et gouverner au nom du jeune Hugue III ^, Le 
fils de Foulque Nerra, Geoffroi Cartel, qui était alors maître du 
Vendômois \ fut sollicité d'intervenir dès deux côtés à la fois ^ ; 
quoique à ce moment même en guerre contre son propre père, il 
ne craignit pas de prendre parti pour Herbert Bacon et de 
marcher contre Gervais ^. Il fut battu par ce dernier, qui le 



1. Voir sur ce point noive Etude sur la chronique de Foulque le Béchin 
(Bibl. delà Faculté des lettres, t. XIII), p. 20-21. 

2. Annales de Vendôme (p. 61 de notre Hecueil) : « MXXVII... Eodem 
ipso anno, Britto Alanus, Lus obsidens, a Fulcone obsides omnes, quos ei 
Herbertus dederat cxtorsil. » — Sur rallianccde Herbert et d'Alain, anté- 
rieurement à 1027, voir un passage des Actus pontificum Cenomannis in 
urbe degentiuniy éd. Busson et Ledru, p. 3;')8 . 

3» Sûr tous ces événements, voir les Actus pontif, Cenomann., éd. cit., 
p. 363, et une note importante dans les Ilist, de /»>., t. XI, p. 632 c . 

4. Voir ci-dessus, p. 65. 

5- Actus pontif, Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, 
p. 364. — Cf. Imbart de la Tour, Les élections épiscopales dans V église de 
France, p. 268. 

6. Geoffroi Martel a, en effet, lutté à deux reprises contre Gervais : une 
première fois, du vivant de son père, une seconde, après la mort de 
Foulque. Sur cette première lutte, voir le n® 62 du Cartul. de la Trin. de 
Vendôme, éd. Métais : « In guerra priori ({uam idem comes (Gosfredus^l 



70 LE COMTÉ d'aNJOU 

contraignit à faire la paix et à lui céder quelques domaines ^ 
Gervais, triomphant, s'empara de la personne de Herbert Bacon, 
qu il relégua dans un monastère, et fit son entréeau Mans (1038) ^ : 
le jeune Hugue III tombait du même coup dans sa dépen- 
dance. 

On pouvait donc croire que c'en était fait dé Tinfluence 
angevine dans le Maine ; mais ce fut une illusion de courte 
durée. En effet, sitôt la conquête de la Touraine achevée, 
Geoffroi Martel s'employa tout entier k la soumission du puissant 
baron qu'était Tévêque Gervais, seigneur de Château-du Loir ^. 
L'évêque ayant, pour bien affirmer son indépendance, et 
probablement pendant que Geoffroi était parti en Italie ^, 

contra Gervasium episcopura... habuil » ; ibid., n* 68, on voit Geoffroi 
obligé de traiter avec Gervais et d'en passer par les conditions que celui- 
ci lui impose, parcequ'il est a occupatus ex dissensione paterna. » — Sur 
cette lutte entre Geoffroi Martel et son père, voir ci-dessus, p. 58. 

1. Voir le n° 68 du Carlul, de la Trin. de Venc/., éd. Métais : « Quando 
pacem fecit Goffridus cornes cum Gervasio episcopo post invalitudinem 
illam quam ex fractura coxe apud Vendocinum decubuerat, coactus est 
donare illi aliqua suorum hominum casamenta, hoc est Salomonis de Lavar- 
zino et aliorum quorumdam ; non autem voluntaria donatione sed coacti- 
cia, eo quod idem Gervasius rébus comitis multis impedimentis obstaret, 
videns illum occupa tum ex dissensione paterna. » La paix de Geoffroi Martel 
avec Gervais est donc antérieure à la paix qu'il fit avec son père : ceci est 
confirmé par le n® 15 du même CartuL, qui prouve que la paix était faite 
en 1039. 

2. Actus pontif. Cenomannis in urbe degenlium, éd. Busson et Ledru, 
p. 365 : a Quod cum audisset Gervasius praesul, concilium iniit cum paro- 
chianis et heroibus terrae, dicens illis ut exheredarent illum Bachonem 
forasque civitatem projicerent et rectum haeredem, Hugonem videlicet, 
Ilerberti filium, bonac indolis adolescentcm omnino in honore exhereda- 
rent ; quod et factum est. Hugone autem apicem comitatus adepto, mona- 
chus effectus est Ilerbertus Baccho. » La date de 1038 ressort de cette 
phrase des Actus pontif. Cenomann., éd. cit., p. 365 : a Herbertus cornes, 
cognomine Bacco... per duos annos aditum intrandi prohibuit ei (Gerva- 
sio) », ce qui correspond aux années 1036-1038. 

3. Voir en particulier, outre les Actus pontif . Cewoma/i/i., la charte de fon- 
dation du prieuré de Saint-Guingalois de Chfttoau-du-Loir, aux Archives 
de la Sarthe, H 361, n» 1. 

4. Sur ce voyage, voir ci-dessous, chap. V, § III. 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 71 

commencé par marier de sa propre autorité Hugue III à la veuve 
d'Alain de Bretagne, Berthe, sœur de Thibaud de Blois *, c'est-à- 
dire du pire ennemi de Geoffroi, celui-ci essaya sans succès 
de s'emparer de Château-du-Loir ^, mais réussit, par contre, à se 
faire livrer Gervais et l'emprisonna ^. 

Geoffroi avait compté sans un nouveau rival, le duc de 
Normandie, Guillaume le Bâtard, qui, porté lui aussi à Faire du 
Maine un état tributaire du sien, devait fatalement se heurter au 
comte d'Anjou. Par surcroît de malheur, le roi de France, non 
content d'avoir contribué à asseoir en Normandie même la 
puissance du duc ^, lui prêta son aide contre ce comte qui n'avait 
pas craint de mettre un prélat sous les verrous. De concert, le 



1. Aclus pontif, Cenomann,, éd. Busson et Ledru, p. 365. 

2. Ibid, et cf. la charte de fondïition du prieuré de Saint-Guingalois de 
Chàteau-du-Loir, en 1067, rappelant la fuite des chanoines de Saint-Guin- 
galois quand, à la *suite de la guerre survenue « inter comitem Gaufridum 
et dominum illius castelH », ledit comte « cuncta sub circuitum castello 
ferro et flamma disperderet » (Archives de la Sarthe, Il 361, n® 1, orig.). 

3. Actus^ loc, cit. Cet événement est postérieur à mars 1047, date où 
Geoffroi Martel rentrait seulement de son long voyage en Italie (voir le 
n° 89 du Catalogue d'actes) ; il est, d'autre part, antérieur à l'ouverture du 
concile de Reims (3 octobre 1049), puisque Léon IX s'y occupa dès le 
début de l'emprisonnement de Gervais.' On peut, en outre, préciser, grâce 
à une lettre écrite très peu de temps après (avant l'été 1052, nous le prou- 
verons plus loin) par Geoffroi Martel lui-même et où le comte affirme 
s'être plaint d'abord à l'archevêque de Tours et aux papes Benoît IX et 
Clément II avant de se résoudre à emprisonner Gervais (Sudendorf, Beren- 
garius TuronensiSy p. 213, n^ 8). Comme Clément II a été pape du 25 
décembre 1046 au 9 octobre 1047, il faut, si l'affirmation de Geoffroi Mar- 
tel a quelque fondement, supposer que l'incarcération de Gervais a eu lieu 
à la fin de l'an 1047 ou en 1048 au plus tard. D'ailleurs les Actus pré- 
tendent que Gervais resta enfermé pendant sept ans : prise à la lettre, 
nous le verrons, cette indication est très inexacte ; mais si l'on suppose 
que l'erreur vient de ce que l'on a compté les années écoulées entre le 
moment où Gervais fut fait prisonnier et celui où, sans être rentré dans 
l'évêché du Mans, il obtint l'archevêché de Reims (1055), on arrive à peu 
près pour l'emprisonnement à la date que nous avons proposée. Enfin la 
vraisemblance nous force à placer cet emprisonnement avant la campagne 
de Henri I»' et de Guillaume le Bâtard. 

4. A la bataille de Val-des-Dunes, en 1047. 



IT'umir^vui;, ^ttu i ^^r^i iuoi. iiisuLC ^ut^ih ût Vbum *. -JiniLmiiie 
h: y'vi'*t:rr> ^joiflOi {ue la xnraiistfii- m Zutntrinr i^tac lauir» 
1 iiJvii>j\;îie Xfcf^Xjrmamlsv •2*î«â""i Îè* ji^ -Kn^r-mtr^. suas- riL-J^e- 
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AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 73 

retraite ^ ; mais s'il faut suivre plutôt les vraisemblances qu'un 
narrateur aussi partial, on sera porté à croire qu'après avoir voulu 
aller droit à Tennemi normand, GeofFroi aura fait volte-face 
parce qu'il aura appris, sans doute, au même moment, que le 
roi se jetait sur la Touraine ^. Guillaume, ainsi débarrassé de 
Tennemi, se porte en hâte sur Alençon, surprend la ville au 
matin, donne Tassaut, met le feu aux maisons, châtie les habi- 
tants en faisant couper à trente-tleux d'entre eux mains et pieds 
et reçoit la soumission des troupes de la citadelle, terrifiées par 
sa farouche énergie ^, Quant à la garnison de Domfront, n'espérant 
. plus en Geoffroi Martel, elle se rend à son tour dès que Guillaume 
se présente devant ses murs (iinde 1049 ?) *. 

Cependant le roi de France Henri I", en septembre 1049, 
avait convoqué une armée '* et, envahissant la Touraine, s'était 

4 . Guilla^ume de Poitiers, ihid, 

2. Voir ci-dessous, p. 74. 

3. Guillaume de Poitiers, ioc, cit. y p. 80 ; Guillaume de Jumièges, VII, 
chap. 7(Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 105 ro), ch. 18 de la dernière rédac- 
tion (//îji^ de Fr,, t. XI, p. 44), complète ici Guillaume de Poitiers. 

4. Ibid, — Nous avons vu que le siège de Domfront par Guillaume le 
Bâtard s'était prolongé pendant Thiver, ce qui fournit à Guillaume de 
Poitiers (Hist, de Fr., t. XI, p. 79) Toccasion d'admirer Tendurance de soA 
héros. On ne peut, à cause des événements suivants, placer la prise de 
Domfront plus tard que la .fin de Tan 1049, et, d'autre part, la placer 
pendant l'hiver 1048-1049 ne permettrait pas d'expliquer la retraite subite 
de Geoffroi Martel. Le plus vraisemblable nous semble donc de supposer 
que les faits de guerre survenus autour d'Alençon et de Domfront ont 
occupé l'été, l'automne et le début de l'hiver de Tan 1049. Ce 'n'est là 
toutefois qu'une vraisemblance, et l'on verra que malheureusement nous 
en sommes réduits là à peu près pour toute la guerre. 

5. Anselme, Historia dedicadonis ecclesiae S, Remigiiy dans Migne, Patro- 
logie /a/., t. CXLII, col. 1423, et dans les Hist, de Fr., t. XI, p. 465c-d : 
les conseillers du roi lui font valoir, pour empêcher l'ouverture du 
concile de Reims, qu'il y a lieu de marcher contre « quibusdam viris 
potenlibus dominationis ejus jugum detrectantibus terrasque et castella 
quaelibet ab ipsius dominatione abalienantibus » et qu'il lui faut « principes 
sues et totius exercitus sui potentiam commovere in rebelles ». C'est 
M. Schwabp {Studien zur Geschichie des ztveilen Abendmahlstreits, p. î»6) 
qui a le premier, à notre connaissance, eu l'idée d'utiliser ainsi ce passage: 
la convocation au concile de Reims, rejetée par le roi sous le prétexte 



74 LE COMTÉ d'aNJOU 

rendu maître de Sainte-Maure*; Geoffroi Martel avait, à cette 
nouvelle, comme nous Tavons dit, brusquement quitté le Maine 
pour marcher à la rencontre de ce nouvel adversaire. Le roi 
se retrancha dans Sainte-Maure ^ et une lutte s'ensuivit, sur 
laquelle nous ne possédons malheureusement aucun rensei* 
gnement^. 

La situation de Geoffroi Martel était critique : le pape l'avait 
excommunié pour sa conduite envers Tévéque Gervais*; un 
concile réuni à Tours, devant lequel le comte avait fait compa- 
raître ce dernier et avait tenté de se justifier, paraissait n'avoir 
point abouti^ ; Château-du-Loir avait résisté à tous les assauts^ ; 
les Manceaux, sous la conduite de leur comte, étaient eux- 
mêmes soulevés 7. Par bonheur, le 26 mars 1051 (?), le comte 

« 

qu'on vient de lire, est de septembre 1049 ; d'où la date que nous donnoixs 
pour le début des hostilités. 

1. C'est ce que suppose le siège soutenu par le roi dans Sainte-Maure : 
voir la n. suivante. • 

2. Une charte copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol. XII *, n° 6740, 
d'après le Cartul. tourangeau de Marnioulier^ fol. 120 i^, et publiée dans 
le Cartulaire de Noyers^ éd. Chevalier, n° 479, relate la mort de Hugue le 
Bourguignon survenue devant Sainte-Maure, alors que la place « a rege 
teneretur et a Gausfrido comité obsideretur ». 

3. Nous savons seulement qu'à une date indéterminée une bataille était 
imminente, grftce à cette phrase d'une charte de Marmoutier : « In diebus 
quibus imminebat pugna inter HeinricumregemetGausfredum comitem... » 
(Archives de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, prieuré de Saint- 
Gilles-du-Verger, n° 3, orig.). Foulque le Réchin parle sans préciser, 
dans sa chronique, de la guerre soutenue par Geoffroi Martel « cum Gallis » 
[Chron. des comtes d'Anjou^ p. 378) et Guillaume de Poitiers dit seulement 
que Geoffroi « vexavit Franciam universam, régi rebellans » {Hist, de Fr,, 
t. XI, p. 79 A.). 

4. Voir ci-dessous, chap. V. 

5. Ibidem. 

6. Actus poniif, Cenomann,, éd. Busson et Ledru, p. 366. 

7. Voir la lettre déjà citée de Geoffroi Martel à Léon IX : « Et lamen 
paci consulens publicae et quieti meaeque prospiciens saluti et incolumi- 
tati, levare vinculis et carcere formidabam immanissimum hominem 
animaesuaeinrevocabiliterhostem, divina et humana promiscua habentem, 
propter ingruentia mihi undique bella et maxime propter ipsorum 
Cenomanensium rebellionem, qua me injustissime impugnabant. Sed 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 75 

Hugue mourut ^, et les Manceaux, privés de chef et las de 
combattre, préférèrent traiter : Geoffroi Martel entra par une des 
portes du Mans, où il fut reçu à bras ouverts, pendant que la 
veuve de Hugue, Berthe, éplorée, était chassée par une autre et 
réduite à se sauver en Normandie avec son (ils Herbert et sa fille 
Marguerite 2. Gervais, découragé, consentit alors, pour obtenir 
son élargissement, à en passer par les conditions que Geoffroi 
voulut lui imposer : il abandonnait Château-du-Loir pour sa 
rançon ^ et s'engageait à rester sous la garde d'un seigneur de 
son choix, tant que la lutte durerait entre le comte et le roi, et à 
observer la neutralité dans la suite; à ces conditions, une fois la 
paix faite, Geoffroi promettait de le laisser reprendre possession 
de son siège épiscopal ^. 

postquam comiti ipsorum, qui a fidelitate mea dcfeccrat, . . . » (Sudendorf, 
Berengarius Turon., p. 214, n» 8). 

1. Le quantième de sa mort (26 mars) est donné par le Martyrologe de 
r église du Mans (Bibl. du Mans, ms. 244, fol. 47) : « VII kalendas aprilis. 
Hic obiit Hugo cornes, Herbcrti filius etc. » Cette mort, d'autre part, est 
antérieure à la mise en liberté de Gervais : le fait est formellement 
attesté par les Aclus, éd. Busson et Ledru, p. 366, et par la lettre précitée 
de Geoffroi Martel au pape Léon IX (Sudendorf, p. 214, n^ 8). Or nous 
allons voir que la mise en liberté de Gervais est elle-même antérieure 
au 15 août 1052, c'est dire que la mort du comte Hugue est du 26 mars 1052 
au plus tard. Diaprés la lettre précitée de Geoffroi Martel, Hugue n'étant 
mort qu'après le concile de Tours devant lequel Gervais comparut vers le 
milieu de Tan 1050 au plus tôt, on ne peut hésiter, semble-t-il, qu'entre 
le 26 mars 1051 et le 26 mars 1052. Enfin, comme entre la mort du comte 
Hugue et le 15 août 1052 il s'est écoulé un temps suffisant pour que 
Gervais fût mis en liberté, pour qu'il s'enfuît en Normandie et y fomentât 
une nouvelle guerre, la date du 26 mars 1051, qui est d'ailleurs la date 
traditionnelle, paraît de beaucoup la plus vraisemblable. 

2. Acius, éd. Busson et Ledru, p. 366. 

3. Ibid, — Une charte du Cartul. de Saint-Aubin d* Angers, éd. 
Bertrand de Broussillon, n° 402, nous montre Geoffroi Martel en possession 
de ChAteau-du-Loif. 

4. C'est du moins ce qu'affirma Geoffroi Martel presque aussitôt après 
dans sa lettre au pape Léon IX (Sudendorf, Berengarius Turon.y p. 214, 
n®8) : « Hominem vinculis et carcere omnino levavi eumque ad ipsius 
optionem donec pacem cum rege haberem, quod modico temporiseffectum 
iri sperabntur, cuidam fideli suo et affîni omni honorificentia habendum 



76 LÉ COMTÉ d' ANJOU 

Mais Gervais était à peine remis en liberté quil se sauvait 
en Normandie auprès du duc Guillaume * et mettait tout en 
œuvre pour empêcher un accord entre Geoflfroi Martel et 
Henri I®' ^. Ses elTorts n'eurent d^ailleurs qu'un succès médiocre : 
le comte d'Anjou et le roi de France ne tardèrent pas à traiter 
(1052) 3^ et tout ce que Gervais gagna à sa mauvaise foi, ce fut 
la perte définitive de son évêché, où Geoffroi jura que, lui 
vivant, il ne rentrerait pas ^. 



contradidi. Nihil illi ad plenam in statum pristinum dcerat, omnia illi ad 
libitum presto crant, omnes qui pertinebani ad episcopatum ipsius in eum 
intendebant, omncs illi, sicut prius, deferebant ad omnia. Dimisoram illi 
omnia que habueram adversus eum et ipse nihil ab eo nisi pacem et 
quietem publicam exegeram. Omninointer me et ipsum de conservanda in 
tempus reliquum pace convenerat, dalis prefixionibus, sicut convenerat 
inter nos, et per sacra omnia jurejurando fîrmatis. » De ce passage ressort, 
en outre, que la mise en liberté de Gervais a précédé de peu la paix avec 
le roi, laquelle, nous Talions voir, est du courant de l'an 1052. 

1. Actus, loc. ci/., p. 366: « Abiitad Willelmum, Normanniae comitem.» 
Dans sa lettre à Léon IX, Geoffroi Martel dit que Gervais « cuptis omnibus 
que mihi juraverat, leso jure fidelitatis et afUnitatis quod fideli suo 
habuerat, in Normanniam evasit » (Sudendorf, p. 214, n° 8). Enfin une 
charte de cette époque nous révèle la présence de Gervais à la cour 
normande (Bertrand de Broussillon, La maison de Laval, t. I, p. 35, n° 20). 

2. Ecrivant à ce moment même, Geoffroi Martel dit que « nunc per suos 
quanta polest latrocinia exercens et rapinas gentem illam (Normannos) 
et Franciae regem concitat in pervasionem rerum quibus me presidere 
voluit Deus et bellicam devastationcm, fraudulente linguae contagio 
cuncla corrumpens » (Sudendorf, op. cit., p. 214, n» 8). Les Actus^ 
loc. cit., montrent également Gervais se plaignant à Guillaume de 
Normandie. 

3. La paix était faite le 15 août 1052, date à laquelle Geoffroi Martel, 
avec sa femme Grécie, accompagnait les fils de Geoffroi de Sainte-Maure 
auprès du roi pour obtenir de lui un diplôme en faveur d'un serf (Cata- 
logue d'actes, n^ IH). 

4. C'est ce que disent les Actus pontif. Cenorn., éd. Busson et Ledru, 
p. 366, mais en le plaçant dès le moment de la libération de Gervais : 
« Comes GaufridusGervasiumdecarcereexirepermisit, lali videlicetsacra- 
mento, ut, quamdiu ipse Gaufridus adviveret, intra civitatem Cenomanicam 
Gervasius non intraret. » Si ce n'est pas là une décision prêtée après 
coup à Geoffroi Martel, il faut admettre qu'elle n'a été formulée, en tout 
cas, qu'après la fuite de l'évoque en Normandie ; car de toute la lettre du 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 77 

Il ne restait plus à Geoffroi Martel, pour que son succès fût com- 
plet, qu à prendre sa revanche contre Guillaume le Bâtard. Allié 
cette fois au roi de France, qui comprenait enfin combien la gran- 
deur normande était menaçante pour la royauté, il envahit la Nor- 
mandie au début du mois de février 1054 K La tentative ne fut 
pas heureuse. L'armée des envahisseurs avait été divisée en deux 
corps : Eude, frère du roi, traversant la Seine, avait été dévaster 
le pays.de Gaux, tandis que Henri P' et Geoffroi Martel occupaient 
le pays d'Evreux. Guillaume, marchant lui-même à la rencontre 
de larmée du sud, envoya contre Tarmée du nord une bonne 
partie de ses troupes ^. Eude se laissa surprendre à Mortemer, 
au moment où ses soldats se livraient au pillage : ce fut, parmi 
les Français, un sauve-qui-peut général ^, La nouvelle de cette 
déroute découragea Henri I®', qui, laissant Geoffroi Martel aux 
prises avec Tennemi, ne songea qu'à se retirer delà lutte le plus 
vite possible et au mieux de ses intérêts ^. 



comte d'Anjou à Léon IX (Sudendorf, op. ct7.,p. 214, n'» 8), il ressort (avec 
des détails trop circonstanciés pour être tous imaginés à plaisir) qu'après 
la mise en liberté de Gervais, Geoffroi a recherché ou a fait semblant de 
rechercher un accord. 

1. La date de 1054 est donnée par Guillaume de Jumicges (ici indépen- 
dant de Guillaume de Poitiers), VII, chap. 9 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, 
fol. iOTi v»), chap. 24 de la dernière rédaction {Ilist, de Fr.. t. XI, p. 46) ; 
par les Annales Ulicenses, éd. Delislc, au t. V de Vllist. d'Orderic Vital, 
éd. Le Prévost et Dclisle, p. 157 (Cf. Oixieric Vital, ibid,, l. I«', p. 184, 
t. III, p. 160), etc. Orderic Vital, VII, 15, éd. Le Prévost, t. III, p. 237, dit 
que la bataille de Mortemer a eu lieu « in hieme ante quadragesimam », 
c'est-à-dire avant le 20 février, ce qui place au début du mois l'invasion 
de la Normandie. 

2. Guillaume de Jumiéges, loc, cit. 

3. Ibid, et Guillaume de Poitiers, dans les //«/. de Fr., t. XI, p. 84. 

4. Ibid, — Suivant Guillaume de Poitiers, le roi aurait, en guisedc ran- 
çon pour ses vassaux prisonniers, autorisé Guillaume le BÀtard à conser- 
ver tout ce qu'il avait pu jusqu'alors enlever à Geoffi-oi Martel et ce qu'il 
pourrait lui enlever par la suite. C'est là très vraisemblablement une de 
ces informations tendancieuses, qu'on est accoutumé à rencontrer sous la 
plume de Guillaume de Poitiers; le roi dut se borner à promettre sa neu- 
tralité. 



78 LE COMTÉ D ANJOU 

Geoffroi Martel dut battre promptement en retraite. Guillaume 
envahit à nouveau le Maine et vint s^établir solidement au Mont- 
Barbet*, près du Mans, et à Ambrières, non loin du confluent de la 
Varenne et de la Mayenne 2. Mais bientôt les vivres manquent, le 
duc est obligé de laisser une partie de son armée s*éparpiller : à 
cette nouvelle, Geolfroi accourt avec Guillaume d'Aquitaine ^^ et 
Éon de Bretagne* et vient ihettre le siège devant Ambrières; la 
place résiste ; le duc de Normandie a le temps de rassembler ses 
troupes, force l'armée angevine à battre en retraite, et marchant 
droit sur Mayenne, dont le seigneur, Geoffroi, était un des prin- 
cipaux soutiens de Geoffroi Martel, prend la ville, emmène 
Geoffroi de Mayenne en Normandie, et le contraint à lui prêter 
hommage ^. 

1. Guillaume de Juraioges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lai. 2769, fol. 
406 r*), chap. 27 de la dernière réd. {IlisL de Fr.^ L XI, p. 48) : « In quo- 
rum (Cenomannorum) medio ad domandam eorum insolcntiam duo muni- 
cipia stabilivil, que suis militibus cuslodienda commisit. » La rédaction 
suivante donne le nom de ces municipia : «... duo municipia in Monte 
Barbato seu Barbello ». Grâce à un passage d'Orderic Vital (X, 7, éd. Le 
Prévost, t. IV, p. 50), il est permis de dire que ces deux forteresses du 
Mons Bnrbatus se trouvaient à côte du Mans : l'une garda le nom de Mons 
Barbatus et l'autre prit celui de Mons Barhatiilus, En note au passage 
d'Orderic Vital, Le PrtWost dit qu' il ne reste plus trace de ces forteresses. 
La principale, ajoute-t-il, était située dans le voisinage et à TO.-N.-O. de 
la cathédrale; la seconde, nommée en français la Motte-Barbet, dans le 
même quartier, mais en deçà, à l'O.-S.-O. » 

2. Guillaume de Poitiers, dans les Hisl. de Fr., t. XI, p. 84, ne parle 
que de la construction d' Ambrières ; Guillaume de Jumièges, VII, chap. 7 
(Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 105 r«), chap. 18 de la dernière rédaction 
(Hist. de Fr,, t. XI, p. 44), place la construction d' Ambrières à la suite de 
la prise d'Alençon et avant Mortemer ; mais comme il a pour source en 
cet endroit Guillaume de Poitiers, nous donnons la préférence à ce 
dernier. 

3. Sans doute, le futur duc d'Aquitaine Gui-GeofTroi. Voir Richard, Hisl, 
des comtes de Poitou y t. I, p. 271-272. 

4. Second fils de Geoffroi I*'*' et pelit-fils de Conan le Tort, comtes de 
Rennes, Éon avait jusqu'alors passé son temps à tenter de renverser son 
neveu Conan IL Voir La Borderie, Hist, de Bretagne, t. III, p. 14 et suiv. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr,, t. XI, p. 84 ; Guillaume 
de Jumièges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lai. 2769, fol. 106 r°), ch. 27 
de la dernière rédaction [llist, de Fr., t. XI, p. 48). 



AQUITAINE, VENDÔMOIS ET MAINE 79 

Malgré le silence des panégyristes de Guillaume le Bâtard, les 
seuls auxquels nous devons d'être renseignés sur ces guerres, il 
est certain que les succès normands furent seulement temporaires 
et que GeofTroi Martel ne tarda pas à regagner dans le Maine le 
terrain perdu *; enfin, en 4058, comme quatre ans plus tôt, dési- 
reux de prendre sa revanche, il se joignit au roi de France pour 
envahir la Normandie. Cette fois encore, la campagne, à ses 
débuts au pioins, fut malheureuse : Henri P' et Geoffroi Martel, 
partis sans bruit, avaient à peine traversé THiémois, que leur 
arrière-garde fut surprise au moment où elle passait la Dive au 
gué de Varaville, et, le gué étant devenu impraticable par suite 
de la marée, ils ne purent qu'assister impuissants au massacre 
des leurs*. Ce ne fut cependant pas là, comme voudraient le faire 
croire les chroniqueurs normands, un désastre irréparable : 
quoiqu'ils n'en disent rien, la guerre continua néanmoins, 
puisque, le 21 juin 1060, Henri P' assiégeait Thimert^ et 

1. En ofîot, nous savons que l'évêque Gervais ne rentra pas au Mans 
(voir les Actus pontif, Cenom.j éd. Busson et Ledru, p. 366) et nous 
allons voir que Geoffroi Martel put faire nommer h sa place TAngevin 
Bougrin ; enfin nous constatons qu'Ambrières échappa à Guillaume le 
Bâtard, puisqu'en 1063 cette place était aux mains de Geoffroi de Mayenne 
(Orderic Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. H, p. 103). Cela n'a pas empêché 
M. Schwahc {Séudien zur Geschichte des zweiten AbendmahhtreiU^ p. 74) 
d'affirmer que Geoffroi Martel ne put déloger les Normands du Maine ; 
mais il n'a cité, à Tappui de son dire, qu'un passage de la dernière 
rédaction de Guillaume de Jumièges, VIII, v* (Ifist, de Fr,, t. XI, p. 55 ^ ), 
passage écrit par Robert de Torigni un siècle après les événements et 
à l'aide d'Orderic Vital (voir la préface de M. Delisle à ÏHist, d'Orderic 
Vital, éd. Le Prévost et Delisle, t. V, p. lxxvi). Ce n'est pas une 
autorité. 

2.' Guillaume de Poitiers, dans les Hisl, de Fr., t. XI, p. 84-85. Guillaume 
de Jumièges, VII,chap. 11 (Bibl. nal., ms. lat. 2769, fol. 106 r*), reproduit 
le récit de Guillaume de Poitiers ; dans la dernière rédaction, chap. 28 
(Ilist, de Fr,, t. XI, p. 48), Robert de Torigni a ajouté qu'à la suite de la 
défaite de Varaville, Henri I**" avait traité avec Guillaume le Conquérant 
en lui cédant Tillières : on va voir que ce détail est inexact, puisque 
la pait n'était pas encore conclue quand Henri I" mourut. 

3. Voir R. Merlet, Du lieu où mourut Henri /*"', roi de France, dans 
Le Moyen-Afje, t. XVI, 1903, p. 206-207. 



80 LE œMTÉ d'anjou 

qu'au moment de sa mort, le 4 août de cette même année, la paix 
n*était pas encore conclue^ ; maison ignore dans quelle mesuré 
GeofTroi Martel prit part à ces dernières hostilités. 

Qu'il eût d'ailleurs ou. non tiré vengeance de Guillaume le 
Bâtard, GeofTroi Martel n'en était pas moins parvenu à faire du 
Maine un état vassal : le (ils de Hugue III, Hugue IV, réfugié à la 
cour normande^, n'était comte que de nom; la papauté, eiv 
nommant Gervais à l'archevêché de Reims 3, avait fini par 
reconnaître la vacance du siège du Mans et GeofTroi Martel avait 
pu, en 1055, y installer un Angevin/ : il était véritablement le 
seul maître du Maine. 

1. Voir R. Merlet, Du lieu où mourut Henri I^^, roi de France^ dans 
Le Moyen-Age, t. XVI, 1903, p. 208. 

2. Voir ci-dessus, p. 75. 

3. Aclus poniif. Cenom.j éd. Busson et Ledru, p. 367. Cet événement 
se place en 1055. 

4. Voir ci-dessous, chap. V. 



CHAPITRE III 

LA RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 

D'ANJOU 

En même temps que ce mouvement d'expansion, un mouve- 
ment non moins remarquable de rénovation intérieure se pro- 
duisait en Anjou. C'est surtout dans Fhistoire du clergé que ce 
mouvement apparait. 



I 



A Tavènementde Foulque Nerra, l'état de ce clergé était encore 
lamentable : plusieurs églises, la cathédrale d'Angers elle-même, 
tombaient en ruines \ et quant aux monastères, à part Saint- 
Aubin d'Angers, qui avait dû à sa situation de monastère comtal ^ 

1. Voir la charte qui en relate la restauration, datée de 1030 (?), autrefois 
transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d'Angers^ fol. 21-22, n® 29, et 
copiée notamment dans la Coll. dom Housseau, vol. II *, n^* 406 et 408 ; 
Hubert, évoque d'Angers, dit qu'il a entrepris de restaurer « hanc domum 
sanctam Deibea tique Mauricii, sedcm videlicet cpiscopalem, indecenti prius 
ac periculosa infirmitate per vetustatem vel prisca incendia mutabundam 
ab ipsis fundamentis » (Nous serions porté à corriger la date de Tacte en 
1025, à cause du contexte). 

2. Dès le IX* siècle, nous voyons que le titre d'abbé de Saint- Aubin est, 
en quelque sorte, indissolublement uni à celui de comte d'Angers. Ainsi, 
en 846, renversé du comté de Nantes, Lambert est nommé par Charles le 
Chauve comte d'Angers : aussitôt il sépare du titre d'abbé de Saint- Aubin, 
que le roi lui a évidemment conféré, et il exerce le pouvoir abbatial 
{Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon,. n®* 15 et 17, et cf. 
}Aer\ci, Guerres d'indépendance de la Bretagne [extr. de la Rev, de Bretagne, 
Vendée, Anjou, 1891], p. 7). En 850, le comte Lambert ayanttrahi la cause 
du roi, le comté d'Anjou lui est enlevé pour être conféré à Eude : du 
même coup encore, cet Eude devient abbé de Saint-Aubin et les actes 

Halphb?!. — Le comté d* Anjou, 6 



82 LE COMTÉ d'aNJOU 

d'être le premier restauré *, ils étaient, pour la plupart, plongés 
dans une profonde misère. 

Saint-Maur de Glanfeuil, déchu de son antique grandeur, avait 
été complètement submergé sous le flot des invasions nor- 
mandes et réduit au rang d'humble prieuré de Saint-Maur-des- 
Fossés *. La petite « celle » fondée à Chalonnes par saint Mau- 
rille n'offrait plus que ruines ^. Saint-Serge d'Angers, tombé 
d'abord aux mains des ducs bretons, avait fini par devenir la 
propriété des évêques d'Angers ^ ; mais toutes ces tribulations et 
surtout les pillages des Normands l'avaient « presque réduit à 
néant » ^ : les moines Tavaient déserté et les domaines en avaient 

nous le montrent agissant en cette qualité {CarfuL de Saint-Aubin^ n® 16; 
Merlet, ibid., p. 10). S'il restait des chartes de Tabbaye pour les dernières 
années du ix« siècle, nous pourrions constater, sans aucun doute, que 
Robert le Fort, Hugue TAbbé et le futur roi Eude ont été, eux aussi, abbés 
de Saint-Aubin : en tout cas, dès le moment où un vicomte remplace à 
demeure en Anjou le dux Francorurn, les documents montrent que ce 
n'est pas seulement l'autorité politique qui lui a été déléguée, mais que 
c'est aussi la charge d'abbé de Saint-Aubin (en même temps que de 
Saint-Lézin, d'ailleurs) : voir Car/u/. de Saint-Aubin, n°» 36 et 177. Et quand le 
vicomte est devenu comte à son tour, cette charge lui reste : l'abbaye est 
aux mains de Gui, fils de Foulque le Bon, comte d'Anjou (Cartul, de 
Saint- Aubin^ n^» 224, 38 [antérieur au n^ 2], 2); Geoffroi Grisegonelle 
enfin procède à sa réorganisation. — La version des moines de 
Saint-Aubin, au début du xii'' siècle, sur cette possession de l'abbaye par 
les comtes était que Geoffroi Grisegonelle l'avait reçue de Lothaire et de 
Ilugue Capet {Cartul, de Saint-Aubin^ t. II, p. 408-409). 

1. Il l'avait été en 966 par Geoffroi Grisegonelle (Cartul, de Saint- 
Aubin, n° 2). 

2. Voir Cél. Port, Dictionnaire, t. III, p. 428-429. 

3. Voir la charte de dédicace de Saint-Maurille par l'évêque Hubert, 
jadis transcrite au 1''»' Cartul. de Saint-Serge, n® 18, dans Mabillon, 
Annales ord, Sancti Benedicti, éd. de 1739, t. IV, p. 411. Il y est question 
de r « oratorium... per multum tempus vetustate prolapsum ». 

4. Voir Cél. Port, Dictionnaire, t. I, p. 67. C'est le duc de Bretagne 
Alain le Grand (888-907) qui céda Saint-Serge à l'évêque Rainon, posté- 
rieurement à. 897 (La Borderie, Ilist. de Bretagne, t. II, p. 341). 

T). « Fuerat idem locus ante noslrae aetatis tempora, incertum an 
Normannonim incursione an quibus aliis impedimentis desolantibus, 
poene omnino destitulus et ad miserandam destructionem redactus » : 
ainsi s'exprime l'évêque Hubert dans une charte des années 1041-1047 
(Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 754, n° 1, orig.). 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 83 

été saccagés et usurpés par les évêques mêmes qui eussent dû 
s'employer à les protéger *. 

Foulque Nerra et GeolTroi Martel travaillèrent avec ardeur à 
relever tous ces établissements ruinés : par leurs soins, l'église 
Saint-Martin d'Angers fut restaurée et une collégiale y fut orga- 
nisée ^, des chanoines furent installés à Saint^Florentin d'Am- 
boise ^ ; ils n'épargnèrent point enfin leurs libéralités envers les 
anciens monastères ^. Mais ils se distinguèrent plus encore par 
toute une série de fondations, dont quelques-unes exigèrent une 
ténacité peu commune. Nous n*en voulons pour preuve que This- 
toire de l'abbaye fondée par Foulque Nerra à Beaulieu, en 
Touraine ^. 

1. Nous verrons en effet (p. 91) que Tévêque Renaud dut y introduire 
des moines ; aussi Port, t. I, p. 67, dit-il que « dès le ix* siècle un corps 
de chanoines ou de clercs y avait remplacé les moines ». Quant aux 
domaines, on verra plus tard les évêques Renaud et Hubert obligés d'en 
restituer à Tabbaye ou de lui en faire restituer un grand nombre (voir les 
deux diplômes de Robert le Pieux publiés, Tun dans les Hist, de Fr,, 
ià X, p. 583, Tautre dans Pfister, Robert le PieuoSy p. l). 

2. Catalogue d'actes, n^ 48. 

3. Gestaconsul. Andegav. {ma, 6218, p. 46; Chron. des comtes d^ Anjou, 
p. 106). 

4. Voir le Catalogue d'actes, passim. 

5. L'histoire de cette fondation a été complètement dénaturée par 
remploi que Ton a fait de chartes fausses (voir Appendice III), à Taide 
desquelles certains auteurs, et notamment Hauréau (Gallia christiana, 
t. XIV, col. 280) et M. Pfister (Robert le Pieux, p. 320, n. 3), suivis par 
M. Sackur {Die Cluniacenser, t. II, p. 87, n. 3), ont même voulu réfuter les 
chroniques. Quelques érudits, M. d'Espinay lui-même, contre sou usage 
{Congrès archéologique de France, XXXVI, Session de Loches, 1869, 
p. 98, n. 1), ont cité comme fournies par des actes des dates qui ne 
s'y rencontrent pas. Enfin il s'est trouvé quelques personnes (voir 
notamment Kate Norgale, England under the angevin kings, t. I, p. 154) 
pour accueillir, en partie au moins, les légendes contenues dans VOffice de 
Beaulieu, édité par Salies, Hist. de Foulques Nerra, et dont nous avons 
indiqué (voir la Préface) le peu de valeur : on y voit (p. 527) Foulque, avant 
d'aller à Jérusalem, passant à Rome « et sua peccata ac percgrinationis 
propositum domino papaSergio (!) humili confessione pandcns» et alors le 
pape ( « motu proprio decernente cenobium in honore sancte et individue 
Trinitatis etc. ») ordonnant que Foulque Nerra devra, à son retour, construire 
un monastère en l'honneur de la S*« Trinité, des Chérubins, des Séraphins et 



Il 

I 

i 



84 LE COMTÉ d'aNJOC 

Au retour d'un pèlerinage qa^il avait fait à Jérusalem en 1002 
ou 1003-1004 *, Foulque, désireux d'installer dans une nouvelle 
demeure des religieux qui prieraient pour son salut, avait fait 
choix d'un domaine qu'il possédait près de Loches, à Beaulieu, 
au diocèse de Tours ^. Quand l'édifice fut achevé, il y appela des 
moines^ qu'il dota richement ^, et pria Farchevêque de Tours 
Hugue de venir consacrer l'église *. Hugue refusa : c'était très 
pçu de temps auparavant (1005 ou 1006) que le comte d'Anjou 
était venu piller quelques-uns de ses domaines et y établir le 
château de Montrichard ^ ; Hugue entendait, avant de se rendre 
j^ Beaulieu,. qu'on lui restituât son bien ^. Foulque, furieux de 

du S' Sépulcre ; Foulque s'y engageant et recevant même du pape Tindica- 
tion de l'emplacement qu'il devra choisir. Puis Foulque, au retour de 
Jérusalem, choisit un alodum : a Quod quidem jilodum geneste repletum 
quidam prenominati castri ( Locharum) et Sancte Maure vassus nomine 
Ingelrannus possidebat. Qui, digna rccepta pecunia, insuper comité illum 
super humeros bajulante ab alodi medio usque ad ponlem, subvectus sic 
inquiens cornes dum eum deposuit : Stullus a proprio expellUur alodo ». 

1. Voir Appendice II, 

2. Raoul Glabcr, II, 4, éd. Prou, p. 32. Le nom de Beaulieu n'est pas 
dans Raoul Glaber, mais il est dans la charte de fondation {Pièce justifi- 
cative n® 5). 

3. Voir la charte de fondation, Pièce Justificative n^ 5. 

4. Raoul Glaber, loc, cit. — Il importe ici de faire remarquer que 
Tarchiépiscopat de Hugue de Châteaudun a commencé ayant 1007, date 
que M. Pfister {Robert le Pieux^ p. 67) considère cependant comme en 
marquant le début, pour avoir lu trop rapidement Tarticle de la Gallia 
christ. Suivant un catalogue épiscopal, assez exact pour les x« et xi« siècles, 
Hugue aurait été archevêque 18 ans, 5 mois, 9 jours, et aurait succédé à 
Archembaud après une vacance de 1 mois et 48 jours (Ducfaesnc, Fastes 
épiscopauXy t. II, p. 289): comme il est mort le 12 mai 1023 (Ga//ia c/irû^, 
t. XIV, col. 58), cela place son avènement au 3 janvier 1005. Archembaud 
était mort le 18 ou le 17 novembre précédent (ibid^j col. 56), ce qui ne 
fait pas un délai beaucoup plus long que le délai indiqué par le catalogue. 

5. Voir ci-dessus, p. 31. 

6. Raoul Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 33 : a Expleto denique quantotius 
basilicae opère, prolinus misit ad Hugonem Turonorum archipresulem, in 
cujus scilicet constituta erat diocesi, ut illam sacraturus, quemadmodum 
decrevcrat, adveniret. Qui venirc distulit, dicens se minime posse illius 
votum dicando Domino committei^ ; qui videlicet matri ecclesie sedis sibi 
commisse predia et mancipia subripuerat non pauca, » 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU œMTÉ 85 

celte résistance, s'adressa directement au pape Jean XVIII et fît 
si bien, que celui-ci ordonna à son légat Pierre, évêque de 
Piperno, de procéder à la consécration ^ Les protestations 
furent vives ^ ; mais enfin la consécration eut lieu en grande 
pompe au mois de mai, sans doute de Tan 1007 ^. Raoul Glaber, 
qui s'indigne de ce qu'il considère comme une usurpation des 
droits de l'ordinaire, note que cependant plusieurs évéques, par 
crainte de s'aliéner le comte d'Anjou, assistèrent à la cérémonie ; 

i. Raoul Glaber, ibid, — Raoul Glaber raconte que Foulque Nerra alla 
lui-même à Rome trouver Jean XVIII : la chose n'est pas tout à fait 
impossible, mais elle est peu vraisemblable. — Le légat Pierre envoyé par 
Jean XVIII est Pierre, évêque de Piperno, qu'on trouve cité en 1008 envi- 
ron (Jaffé-Wattenbach, Regesla^ n» 3958) et en 1015 (Ughelli, Italia sacra, 
2* édition, 1717, t. I, col. 4280) — Nous ne tenons pas compte ici des 
bulles de Jean XVIII et de Serge IV, car elles sont fausses (voir Appen^ 
dice III). 

2. Nous pensons surtout au texte si souvent cité de Raoul Glaber, II, 4, 
éd. Prou, p. 33-34. 

3. C'est la date, pour ainsi dire, traditionnelle et c'est celle de Mabil- 
lon, Ann, Bened., LU, civ, éd. de 1730, t. IV, p. 180 ; c'est celle qui nous 
parait la plus vraisemblable, sinon absolument certaine. En effet, nous 
ferons remarquer d'abord que les fausses bulles de Serge IV étant écar- 
tées (voir la n. 1), il n'y a plus aucune raison dépenser, comme on l'avait 
fait quelquefois (par exemple, Pfister, /îo/)er< lePieux^p, 320), à une erreur 
de la part de Raoul Glaber, quand il écrit que Pierre avait été envoyé par 
le pape Jean. — Ceci dit et la construction de Beaulieu ayant eu lieu dès 
que Foulque Nerra fut revenu de son premier pèlerinage (à ce sujet, Raoul 
Glaber, II, 4, les Gesta consulum Andeg.^ VHist. de Saint-Florent de Sau- 
mur, etc., sont d'accord\ on ne peut penser à identifier le pape dont parle 
Raoul Glaber qu'avec Jean XVIII, qui a siégé du 25 décembre 1003 au 
mois de juin 1009. Raoul Glaber disant que la consécration eut lieu au 
mois de mai ( « die quadam mensis maii » ), cette consécration ne peut 
se placer en 1008 : car en mai 1008 l'affaire de Hugue de Beauvais battait 
son plein (Pfister, Robert le Pieux y p. 66-67) ; on ne peut, pour la même 
raison, retenir la date de 1009 : d'ailleurs cette date nous éloignerait déjà 
beaucoup de Tan 1004 ou de l'an 1005, époque à laquelle Foulque se mit à 
construire l'église de Beaulieu. De ce que nous avons dit, d'autre part, au 
sujet de Hugue, archevêque de Tours, du pillage de ses terres par le 
comte d'Anjou et des délais nécessaires à la construction du monastère, 
ressort qu'on ne pourrait hésiter qu'entre mai 1006 et mai 1007 ; les diffi- 
cultés qui firent traîner quelque temps l'affaire nous semblent devoir 
faire écarter la date de mai 1006. 



86 LE COMTÉ d'âNJOU 

mais, ajoute-t-il, le jour même un ouragan vengeur survint 
et sévit avec une telle violence, que la toiture de Téglise 
s'écroula ^ 

Au retour d*un second pèlerinage en Terre Sainte, Foulque 
entreprit, pour réaliser un vœu fait pendant son voyage, de con- 
struire à côté d'Angers même un autre monastère dédié à saint 
Nicolas ^. Et encore une fois, les difficultés ne lui furent pas 
épargnées au début. D'abord, tout alla bien : Tabba je, convena- 
blement dotée ^, peuplée de moines de Marmoutier ^, consacrée 
solennellement en 1 020 par Tévêque Hubert ^, semblait être 
assurée d'un brillant avenir, quand tout à coup Tabbé Baudri quitta 
son poste furtivement. Sur la demande de Foulque, Tabbé de 
Marmoutier Albert (1032 env.-l 064 6) envoya pour le remplacer un 
autre moine de son monastère, nommé Renaud ^. Mais GeoiFroi 

1. Raoul Glaber, loc.cit, — Nous ne disons pas avec MM. Pfister (/oc. ci/., 
p. 320), Sackur [Die Cluniacenser, t. II, p. 87-88) et beaucoup d'autres 
auteurs, que Foulque fit de son monastère un monastère exempt : ni le 
texte de Raoul Glaber, ni la charte de fondation ne disent rien de sem- 
blable ; seule la bulle attribuée à Jean XVIII en parle ; mais nous avons 
dit qu'elle était fausse. Le fait que ce fut un légat du Saint-Siège qui con- 
sacra Téglise ne prouve rien, et Raoul Glaber ne Ta pas compris ainsi. 
Aussi ne précisons-nous pas. D'autre part, étant donné ce que nous avons 
dit des bulles de Jean XVIII et de Serge IV, il ne peut plus être question de 
deux consécrations de l'église. (Sur cette question, voir G. d'Espinay, dans le 
Congrès archéoL de Loches, 1869, p. 97-105.) 

%, Nous y reviendrons en traitant des pèlerinages de Foulque Nerra 
(Appendice II). Sur cette fondation, une légende sans grand intérêt se lit 
dan& VHist, de Saint-Florent (Chron, des églises d'^Anjou, p. 275) : 
«... dumque equumsuum adMeduanam aquam sub castello Sanctae Mariae 
ad aquatum mitteret, pavore valido equus cum sessore percussus est. Tune 
cornes propter haec ait : inimice, modo monachos illic mittam ; quod et 
fecit. » 

3. Catalogne d* actes y n^ 30. 

4. Ibid., n« 34. 

5. Ibid. : Foulque dit qu'il a fait consacrer son église « millesimo vige- 
simo anno ab incarnatione Domini a domno praesule Huberto nomine. » 

6. Gallia christ., t. XIV, col. 201-204. 

7. Catalogue d'actes, n^ 34 : « Postquam vero Baldricus abbas monaste- 
rium dereliquit heremumque furtim petiit ac postremum Majus Monas- 
terium repa tria vit [et] apud Thabennensium monasterium vitam fini vit. 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 87 

Martel, alors maître du Vendômois et soulevé contre son père, sut 
si bien faire miroiter aux yeux du nouvel élu la promesse de Tabba- 
tiat dans le monastère dont il avait commencé la construction à 
Vendôme ^, que Renaud, sans attendre même sa consécration 
à Saint-Nicolas et sans demander la moindre autorisation à Tabbé 
Albert, s^enfuit à Vendôme auprès du comte rebelle 2, Cettfe fois, 
Foulque Nerra s'emporta : il renvoya à Marmoutier tous les moines 
de Saint-Nicolas et en demanda d'autres à Tabbé de Saint- Aubin 
Gautier (élu en décembre 1036 ^). Celui-ci y consentit et sous la 
direction d'Audouin, jusqu'alors prieur de Saint-Aubin, l'abbaye 
de Saint-Nicolas d'Angers put enfîn rentrer dans la tranquillité *. 
Ces difficultés ne lassèrent pas Tardeur de Foulque Nerra : dès 
le 14 juillet 1028 •'^, on le voyait faire procédera la dédicace 
d'une abbaye de femmes que, lui et son épouse, la comtesse 
Hildegarde,, avaient fondée près d'Angers sur les ruines véné- 
rées de la petite église Notre-Dame-de-la-Gharité ^\ Geoffroi 

post hune domnus Albertus abbas Raginaldum monachum loco cjus rcsti- 
luit. » Cf. les Miracles de Saint-Nicolas de Joël {Catalog. cod. hagiogr. 
Bibl, Paris,, t. III, p. 159) et VHist. de Saint-Florent, p. 275, des Chron, 
des églises d'Anjou, 

i. Cf. ci-dessus, p. 66, et pour les débuts de la construction de la Tri- 
nité de Vendôme, voir Cartul. de la Trin. de VendâmCy éd. Métais, n<»» 8 
(1032-1040) et 15 (25 juin 1039). 

2. Catalogue d\ictes, n® 34 : « Qui (Raginaldus) ante benedictionem ad 
Ûlium meum GauiTridum fugiit atque regimon monasterii Vindocinensis 
onviter constructi absque licentia sui abbatis suscepit. » Cf. Pétigny, 
Hist. archéol. du Vendômois, 2* éd., p. 274, n. 1. 

3. Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n« 27. 
Le cartulaire du xii« siècle donne la date de 1038, mais Tindiction 4, qui 
ne convient qu'à 1036, date donnée par les Annales de Saint-Aubin 
(Recueil d'annales angev, et vendant,, p. 4). 

4. Catalogue d'actes, n<» 34 : « Postquam me vidi illusum a duobus abba- 
tibus, iratus valde jussi ut monachi alii ad monasterium suum cito 
remeassent. Deinde rogavi domnum Walterium, abbatem Sancti Albini, 
ut domnum Hildinum, priorem illius ecclesiae, concessissot. » Dans la 
région angevine le nom Hildinus ou Hilduinus est devenu de bonne heure 
Alduinus puis Auduinus : d'où notre traduction Audouin, 

5. Catalogue d'actes, n" 44. 

6. Voir la charte citée à la n. précédente et cf. G. d'Espinay, Revue de 



88 LE COMTÉ d'aNJOU 

Martel, à son tpur, non content d'avoir fondé à Vendôme le 
monastère de la Trinité *, s'occupait dès 1047 d'en établir à 
Angers une succursale, qui était achevée en 1056 2, et fondait 
la célèbre collégiale de Saint-Laud d'Angers, à laquelle il don- 
naij pour église la chapelle même de son château 3. 



II 



Aussi, vers le milieu du xi® siècle, l'état du clergé angevin, et 
surtout du clergé régulier, s'était-il singulièrement amélioré : 
grâce aux 'comtes, grâce aussi à leurs imitateurs, le comté 
d'Anjou commençait à être le pays béni du Seigneur. 

Sans parler des vieilles abbayes du sol tourangeau, sans par- 
ler de Saint-Florent de Saumur, qui, depuis la prise de Saumur, 
en 1026, réinstallée au Chardonnet *, était en train de devenir 
peu à peu une des plus brillantes abbayes de France, c'était par- 
tout un renouveau de vie et d'éclat :'en Anjou proprement dit 
brillait au premier rang la vieille abbaye comtale de Saint- 
Aubin d'Angers, dont l'abbé, en vertu d'anciens privilèges con- 
firmés par Néfingue en 972, était après l'évêque même dans le 



l'Anjou, nouv. série, t. XII, p. 49-62 et 143-155 (reproduit dans les Notices 
archéologiques du même auteur, t. I"»") et Cartul. du Ronceray^ éd. Mar- 
chegay, préface de M. Bertrand de Broussillon, p. v-vi. Une légende fut 
inventée pour expliquer la fondation de Tabbaye : voir Chron. des églises 
d'Anjou, p. 279, n. 1. 

1. Catalogue d'actes, n® 65. 

2. Jbid., n«» 82, 120. 

3. Ibid,, no 155. 

4. Ilisl. de Saint-Florent, p. 279 des Chron, des églises d'Anjou. Sur le 
Chardonnet, Campus Spinosus, plus tard quartier de Saumur, voir Port, 
Dictionn., t. III, p. 360, et t. I«% p. 626. — En 1030 déjà on pouvait trans- 
porter dans la nouvelle église du Chardonnet le corps de saint Florent 
[Ilist, de Saint-Florent, ibid.) et en 1041 on pouvait procédera la dédicace 
{ibid., p. 292). 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 89 

diocèse le premier personnage de l'ordre ecclésiastique et dont 
le prieur marchait immédiatement après le doyen du chapitre 
cathédral ; son église était le lieu obligatoire de consécration pour 
chaque évêque nouvellement promu ; enfin elle était soustraite 
aux interdits qui n'atteignaient pas le diocèse tout entier*. Depuis 
la fin dû x' siècle, elle avait vu les donations affluer et avait 
commencé à établir des prieurés un peu de tous côtés : aux 
Alleuds 2j auLion-d'Angers^, à Craon^, àChampigné-sur-Sarthe^, 



1. Tous ces privilèges sont énumérés aun<» 20 du Cartul, de Saint- Aubin , 
éd. Bertrand de Broussillon (28 février 972). Cf. ibid., n« 558. 

2. Dès le temps de Tabbé Gautier (1036-1055) on trouve mention du 
prieur des Âlleuds {Cartul. de Saint-Aubin, n° 205 : Ascelinus, decanus de 
Alodis). La donation de l'église des Alleuds aux moines de Saint-Aubin 
semble avoir été faite en 974 par la comtesse Adèle (Cartul, de Saint-Aubin^ 
n® 3, analyse placée en tête par le ijédacteurdu cartulaire) ; cependant dans 
le corps de la pièce consacrée aux donations de cette comtesse, Téglise 
des Alleuds n'est pas mentionnée : or on possède cette pièce en original 
aux Archives de Maine-et-Loire, H 100, n® 73. D'autre part, dès la fin du 
XI* s. (avant la composition du cartulaire, par conséquent), on rapportait bien 
à la comtesse Adèle la donation de Téglise en question (Cartul. de Saint- 
Aubin, n<» 203 : ann. 1082-1101) et Tauteur des Annales de Saint-Aubin 
{Recueil d'annales angevines, p. 1) partageait cette manière de voir. 

3. C'est en 1006-1028 que le trésorier de Saint-Maurice d'Angers Gui 
fit don aux moines de Saint-Aubin de l'église du Lion pour y fonder un 
prieuré, « ut eam monastice religioni pro arbitrio et posse suo interiori 
et exteriori cultu coaptarent » {Cartul. de Saint-Aubin, n*» 160). Gui dota 
richement le prieuré et nous y voyons les moines installés très peu après 
{Cartul. de Saint-Aubin, n^ 162). Nous n'avons cependant pas relevé de 
prieur avant Garnier, mentionné en cette qualité dans une charte des 
années 1082-1106 {Cartul., n» 172). . 

4. Les moines installèrent dès le début un prieuré à Craon : voir Car- 
tul. de Saint-Aubin, n® 721, et cf. Cartul. de la Trinité de Vendôme, éd. 
Métais, n^ 96, 97 ; or la donation de l'église Saint-Clément de Craon eut lieu 
au temps de l'abbé Hubert (1000-1027) : voir le môme n«> 721 du Cartul. de 
Saint-Aubin et cf. Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, i. l, p. 18. 

5. On trouve mention d'un prieuré constitué à Champigné dès le temps 
de l'abbé Gautier (1036-1055). Voir Cartul. de Saint-Aubin, n» 104 ; 
« Donavit abbas Walterius et monachi Sancti Albini Hucberto dimidiam 
curtem Campigniaci, excepta mansione et curte et ortis quos ibi habent in 
dominico, per talem conventum ut de toto bosco ipsius curtis monachus 
qui ibi in oboedientia erit faciat ibi bosoniam suam, etc. » 



90 LE COMTÉ D 'ANJOU 

à Vaux V, à Méron 2, à Trêves 3, à Saille S à Saint- 
Remy-la-Varenne ^, à Brion ^ et peut-être aussi à la Pèle- 
rine '^, à Château-Gontier * ; plusieurs églises dépendaient 






1. Saint-Aubin possédait le domaine depuis 970-977, par donation du roi 
Lothaire [Cartul, de Saint-Aubin, n*» 937. Cf. n»» 938, 940) ; la constitution 
du prieuré date de Foulque Nerra : «... Iterum monachi resumpserunt I 
supradictam terram, annuente comité Fulcone et Gaufrido, filio ipsius, et ' 
ipsam commendarerunt obedientiam Magnardo monachoj ut edificaret eam 
monachiliter » [Car lui, de Saint^Aubin, n" 940). 

2. On ne trouve pas mention formelle d'un prieuré avant le temps de 
Tabbé Gautier (1036-1055), mais les termes d&ns lesquels il est alors men- 
tionné supposent une existence plus ancienne. Voir Cartul. Saint-Aubin^ 
ïï° 227 : «... pro hoc dederunt monachi qui tune apud Maironem mo raban- 
tur, Ascelinus scilicet et Gurhannus, etc. »Cf. n» 231 (1055-1093) : « Tempore 
quo Fulcradus monachus preerat Mairono, etc. » Cf. aussi n<* 213, etc. L'his- 
toire du domaine de Méron est clairement résumée dans Port, Dictionnaire^ 
article : Méron. 

3. Le domaine appartenait anciennement à Saint-Aubin (voir Port, Die- 
tionn.j t. in, p. 629); mais la première mention du prieuré n'est pas anté- 
rieure à 1056-1060 [CartuL de Saint-Aubin, n»» 218 et 219). Les termes du 
n** 219 du CartuL supposent cependant un prieuré depuis quelque temps 
constitué. 

4. Du n» 906 du CartuL de Saint-Aubin (ann. 971) semble ressortir 
qu'un prieuré existait à Saille déjà avant Foulque Nerra. 

5. Le domaine, donné indivis à Saint-Aubin et Saint-Lézin d'Angers 
par Foulque le Roux en929-930 (Car< h ^ de Saint- Aubin, n<> 177), avait été 
partagé en iOii (ibid., n^» 178 et 197). Dès 1060 env. au plus tard, le prieuré 
apparaît comme constitué : voir le n° 189 du CartuL de Saint- Aubin, où il 
est question de Robert Cadefaldus, « Varenne obedientiarius ». 

6. La fondation du prieuré de Brion est des années 1039-1055 (Câr/u/,rfe 
Saint-Aubin, n^ 376). 

7. On ne trouve pas mention d'un prieuré de la Pèlerine avant le troi- 
sième tiers du xi« siècle {CartuL de Saint-Aubin, n» 374), maisla possession 
de l'église et du domaine par Saint- Aubin remonte à la fin du x« siècle (Car- 
tuL de Saint-Aubin, n» 3 : 974, donation de la comtesse Adèle) et il semble 
bien qu'un prieuré s'y soit de bonne heure constitué. 

8. La première mention du prieuré est contemporaine de celle du prieuré 
de la Pèlerine {CartuL Saint-Aubin, n^ 678, ann. 1082-1106), mais la dona- 
tion de l'église .et du domaine avait été faite à Saint-Aubin dès la fin du 
x« siècle {ibid., n«>» 1 et 677). 



é 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 91 

d'elle ^ ; enfin, en même temps que croissaient ses richesses^ 
le nombre des moines qui venaient lui demander asile n'avait 
cessé d'augmenter 2. 

L'abbaye de Saint-Serge d'Angers, quoique en moins belle 
posture, commençait cependant, elle aussi, à sortir de la misère 
et de l'abandon où elle avait ^té si longtemps plongée. L'évêque 
Renaud en avait relevé les bâtiments, y avait appelé des moines ^, 
leur avait donné un abbé particulier^, enfin s'était employé à 



i. Notamment celles de Chartrené et des Ponts-de-Cé et la chapelle 
Saint-Hilaire du Mont {Cariul. de Saint-Aubin, n'** 3, 130,244). On ne 
constate Texistence d'un prieuré à Chartrené qu^en 1077 (ihid., n° 242). 

2. Le nombre des moines est de cinquante-sept, plus Tabbé, en 1036 
{fiarluL de Saint- Aubin, n*» 27), de quatre- vingt-.six en 1060 (ibid,, n« 30) 
et il sera de cent cinq en 1082 {ibid,, n^ 31). 

3. Robert le Pieux, confirmant les donations faites à cette occasion, s^ex- 
prime ainsi : « Est autem Andegavis abbatia distans a civitate milliario 
semis versus orientem in honore sanctorum Sergii et Bacchi dedicata, in 
qua misit monachos Rainaldus, praefatae civitatis episcopus... » {Hiat. de 
Fr,, t. X, p. 583). Plus tard (en 1041-1047), l'évêque Hubert s'exprime 
ainsi : « Hune sancti loci et per venerabilemantiquitatem revcrendi casum 
magnifiée excellentiae vir, predecessor noster beatae memoriae Rainaldus 
presul, non ferens, instaurare incaepit et monachorum ibi quantulam cater- 
vam sub abbate degentium ordinavit » (Bibl. d'Angers, ms. 837, ancien 
754, n« 1, orig.). 

4. On a nié l'existence d'abbés particuliers à Saint-Serge avant la 
nomination de Bougrin, sans doute influencé par ce fait que la liste des 
abbés du monastère insérée au xrii<' siècle dans le manuscrit des Annales 
de Saint-Serge [Recueil d^annales angev, et vendôm., p. 109) ne donne pas le 
nom de ses prédécesseurs ; mais il faut remarquer que l'auteur de cette liste, 
d'ailleurs assez peu exacte, n'a pas la prétention de remonter plus haut que 
l'épiscopat de Hubert de Vendôme. En outre, quels ont été, suivant les éru- 
dits auxquels nous faisons allusion, les premiers abbés de Saint-Serge au 
XI* siècle ? — Ils n'ont pas nié, et pour cause, qu'il y en ait eu; mais ils ont 
prétendu que les deux prédécesseurs de Bougrin avaient été communs à Saint- 
Aubin et à Saint-Serge. C'est là Topinion qu'on trouvera exprimée dans la très 
médiocre Historia regalis abbatiae SS. Sergii et Bacchi prope Andegavum 
d'Alex. Fournereau (iîetjwc (/e« Soc.savantes, 5« série, t. II, 1870, 2» semestre, 
p. 373et suiv.), admise sous réserves par Hauréau(Ga//ia c/irù/., t. XIV, col. 
643)etsans aucune réserve par Cél. Port (Dictionn,, 1. 1, p. 67). Cette opinion 
non seulement ne s'appuie sur rien, mais est formellement contredite 
par les textes. Le premier abbé de Saint-Serge après la restauration s'est 



92 LE COMTÉ d'aNJOU 

leur recréer des domaines ^ Son successeur, Hubert, en y nom- 
mant comme abbé le célèbre Bougrin (Vulgrinus) et en lui 
donnant la (c celle » de Saint-Maurille de Chalonnes, relevée 
elle aussi de ses. ruines, en avait définitivement assuré la pros- 
périté 2. 
Saint'Maur de Glanfeuil suivait le mouvement ^ ; Marmoutier 



bien appelé Renaud, tout comme l'abbé de Saint-Aubin en fonctions de 988 
à 996 environ ; mais dans la charte où apparaît Renaud, abbé de Saint- 
Serge, il est simplement qualifié « venerabilis abbas Rainaldus ex caeno- 
bio sanctorum Christi martyrum Sergii et Bachi » (charte du ^*' C&r- 
tuL de Saint-Serge, n« 16, copiée dans le ms. de la Bibl. nat. lat. 5446, 
p. 239, et Coll. dom Housseau, vol. 11^, n® 347). De plus, si la date de Tan 
1000 généralement adoptée pour la restauration de Saint-Serge d'après 
une note publiée p. 134 des Chron.des églises d'Anjou (nous n'avons pu 
en retrouver la source) était exacte, ce qui est possible sans être certain, 
il s'ensuivrait queTabbatiat de Renaud de Saint-Serge aurait commencé 
quand Renaud, abbé de Saint-Aubin, avait disparu. Pour Hubert, succes- 
seur de Renaud à Saint-Serge, il y a impossibilité plus absolue encore à 
toute identification avec Hubert ou Humbert, abbé de Saint-Aubin : ce 
dernier a été abbé de Saint- Aubin , de 1000, ou plutôt 999, à 1027 (voir 
Cartul, de Saint-Aubin, n«» 25 et 26), tandis que l'abbé de Saint-Serge 
Hubert était encore en fonctions en 1040 (charte de Saint-Serge aux Arch. 
de Maine-et-Loire, H 857, n° 1, orig. des ann. 1040-1045; autre charte 
copiée d'après le 1*" Cartul. de Saint-Serge, n^ 28, dans le ms. de la 
Bibl. nat. lat. 5446, p. 245, et dans la Coll. dom Housseau, vol. 11^, n<> 421) ; 
enfin, de même que Renaud, Hubert, abbé de Saint-Serge, est qualifié 
« abbé du monastère de Saint-Serge », sans plus. Inversement, dans les 
chartes de Saint -Aubin relatives aux abbés Renaud et Humbert, il n'est pas 
question pour eux d'autres fonctions que l'abbatiat de Saint-Aubin. 

1. Voir le diplôme de Robert le Pieux publ. dans les Hist, de Fr., t. X, 
p. 583, et la charte de l'évêque Renaud copiée d'après le l*"" Cartul. de 
Saint-Serge, n» 16, dans Bibl. nat., ms. lat. 5446, p. 239, et Coll. dom 
Housseau, vol. II S n'»347. 

2. La charte par laquelle l'évêque Hubert nomme Bougrin, moine de 
Marmoutier, abbé de Saint-Serge et donne, en outre, à cette abbaye le 
monastère de Chalonnes est conservée en original à la Bibl. d'Angers, 
ms. 837, ancien 754, n<* 1 ; Mabillon l'a éditée partiellement dans ses 
Ann. ord. S. Bened., IV, iv, n» 73, en la datant à tort de 1036 : elle est des 
années 1041-1047, car elle porte le quantième du 1*** mars, est postérieure 
à l'avènement de Geofîroi Martel (21 juin 1040) et antérieure à la mort de 
l'évêque Hubert (1047). 

3. La plupart des chartes du Cartul. de Saint-Maur, éd. par Marchegay, 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 93 

commençait à essaimer sur le sol angevin ^ ; les monastères 
nouvellement fondés, et surtout Saint-Nicolas d'Angers et Notre- 
Dame-de-la-Gharité (plus tard appelée le Ronceray) ^, voyaient 
les donations affluer ; bref, la vie religieuse, qui semblait au 
X* siècle prête à s'éteindre, avait repris de toutes parts avec plus 
de force que jamais. 



III 



Ce n'était pas seulement la vie religieuse qui avait repris ; 
c'était aussi la prospérité générale. On verra, en effet \ qu'à 
cette même époque les comtes, pour appuyer leur politique de 
conquêtes, furent amenés à construire sur le sol angevin une 
grande quantité de nouveaux châteaux forts et que leurs vassaux 
imitèrent cet exemple : ce fut pour les paysans comme autant 
de points de ralliement ; exposés en rase campagne aux pil- 
lages et aux attaques, ils accoururent en masse autour de ces 
châteaux protecteurs : des bourgs ainsi naquirent, qui peu à peu 
devinrent des villes *. 

Plus encore la renaissance des établissements religieux devait 
hâter ce mouvement : à côté de chacun d'eux, à côté des monas- 



Archives d Anjou, t. I"'', sont fausses (voir celles que nous citons au 
Catalogue (Tactes) ; mais elles tiennent sans doute lieu de pièces perdues 
et le fond peut en être exact, à le prendre en gros. 

1. Les prieurés de Chemillé et de Saint-Quentin-en-Mauges furent fondés 
vers 1040; ceux de Chalonnes et de Daumeray entre 1040 et 1047 ; ceux de 
Champtoccaux, de Montjean, de Carbay, vers 1050 : voir Marchegay, 
Archives (T Anjou, t. II, préface. 

2. Voir notamment au Catalogue d^ actes les nombreuses chartes de 
donations des comtes d'Anjou à ces deux monastères. 

3. Deuxième partie, chap. II. 

4. Cest le cas de Baugé (Port, Dictionnaire^ t. I, p. 227), de Ch&teau- 
Gonlier (Angot, Dictionn. de la Mayenne, t. I, p. 576, et Cartul, de 
Saint'Aubiny n*» 1)> 



94 LE COMTÉ d' ANJOU 

tères surtout, un bourg ne manquait jamais de se former. Ceux 
des anciennes abbayes renaquirent en même temps qu elles ; 
autour des nouvelles, il en surgit de nouveaux. Ainsi, c^est, nous 
l'avons vu, sur un simple petit domaine, une « villa » située 
près de Loches ^ que Foulque Nerra fonde une abbaye en 1007 : 
aussitôt un bourg se forme, le bourg grandit, et bientôt c'est une 
ville •. L'exode des moines de Saint-Florent, en 1026, et leur 
établissement au Chardonnet, près de Saint-Hilaire, suscite 
immédiatement aussi la création d'un bourg, que nous trouvons 
tout constitué déjà avant 1040 ^. Saumur, qui, à la fin du 
X® siècle, était encore enfermée dans une étroite enceinte *, se 
développe et se reforme autour de Notre-Dame de Nantilly ^. 
Et enfin si l'on veut saisir ou plutôt deviner l'étendue de ce 
renouveau, qu'on prenne le cas d'Angers. 

La ville proprement dite n'occupait encore qu'un espace res- 
treint^ ; elle était divisée endeux parties, lacité et le bourg^. La cité, 

1. Voir la charte authentique de fondation, Pièce Jastif. n® 5 ; « ... bellum 
in ipsa villa sit » ; dans la charte fausse il est à tort question de bourg 
dès 1007. 

2. Voir Archambault, Hist. de BeaulieUj dans la Revue de P Anjou, 
nouv. série, t. XI et XII (1874). 

3. Il en est question dans une charte de 1026-1039 (Catalogue cTactes^ 
n« 56). 

4. Voir G. d'Espinay, iVo^ice« archéologiques ; 2^ série: Saumur^ i876, 
in-8<» (et dans la Rev. de V Anjou, t. XIV, 1875) et Port, Diclionn., 
t. III, p. 486. 

5. Port, ibid.y p. 490. 

6. Pour toute la description qui suit, voir Péan de la Tuillerie, 
Description de la ville d'Angers, éd. Cél. Port (Angers, 1869, in-12), avec 
les notes ; Thorode, Notice de la ville d'Angers, éd. E. L[ongin] (Angers, 
1897, in-8'*), avec les notes ; G. d'Espinay, Notices archéologiques : Angers, 
dans \si Revue de l'Anjou, nouv, série, t. VII-XIII, 1872-1875, et en vol., 
Angers, 1875, in-8<* ; Port, Dictionnaire, v® Angers ; voir enfin Farcy et 
Pinier, Le palais épiscopal d'Angers dans Revue de l'Anjou, t. XXX, 1895. — 
Nous suivrons ces auteurs, n'indiquant nos références que là où nous nous 
éloignons d'eux. 

7. Cette distinction n'est pas faite par les archéologues modernes. Elle 
est cependant très nettement indiquée dans les textes : il y est question 
comme de deux parties distinctes de la civitas et du burgus Andegavensis, 



RENAISSANCE INTÉRIEURE DU COMTÉ 95 

garnissant le sommet de la colline et dominant la Maine presque 
à pic, était resserrée dans d'épaisses murailles datant de Tépoque 
barbare * et percées de quatre portes : la porte Angevine, an nord, 
la porte Hugon, à Test, la porte Chanzé, au sud, la porte de Pied- 
Boulet, à Touest. Le bourg, qui, en contre-bas de cette étroite 
enceinte, arrêté à Touest par la Maine, s'était étendu le long de 
là route du Mans, avait à son tour été, avant la fin du x« siècle ^, 
enfermé dans une enceinte, où deux portes avaient été seule- 
ment pratiquées pour laisser passage aux routes qui débou- 
chaient de la cité : la porte Boulet, en face de celle de Pied-Bou- 
let, sur la route du Lion-d^ Angers, et la porte Girard, en face de 
la porte Angevine, sur la route du Mans ^. — Dans cette double 
enceinte la ville étouffait : le bourg n'était guère qu'un long mais 
étroit couloir et la cité suffisait à peine à contenir les édifices 
multiples qui s'y étaient autrefois bâtis, tels que le château des 
comtes, avec la petite chapelle Sainte-Geneviève ^, qui, à côté delà 
porte Chanzé, dominait la Maine au sud, le palais épiscopal, à 
côté de la porte Angevine, l'église cathédrale Saint-Maurice et 
la petite église Saint-Aignan ^. 

Aussi, bien avant Foulque Nerra, .Angers avait débordé en 
dehors de ses murailles : partout aux alentours s'étaient cons- 
truites des églises comme Saint-Pierre, Saint-Martin, Saint- 

Voir, par exemple, les n»» 36 (924) et 76 (1060-1081) du Cartul. de Saint- 
Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, et aussi le n^ 47 (1080 env.) du 
Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, où il est dit expressément qu'on 
sort de la civitaa pour se rendre à la porte Boulet. D'ailleurs, encore au 
XVI II*' siècle, Péan de la Tuilier ie (loc. cit,) distingue nettement la « cité » 
de la « ville ». 

i. Du v« siècle, suivant M. d'Espinay. Cf. Farcy et Pinier, loc, cil,, 
p. 127. 

2. Cette enceinte daterait même du ix« siècle, suivant M. d'Espinay. 

3. Miss Kate Norgate a donné d'Angers à cette époque un plan d'une 
grande inexactitude au t. I, p. 164-165, de son England under the angevin 
kings, 

4. Voir la charte n<* 25 du Cartul. de^ainl-Laud, éd. Planchenault. 

5. L'église Saint-Aignan était au cœur de la cité : voir Annales de 
Saint-Serge, ann. 1132 [Recueil cTa/in. angevines et vendant., p. 95). 



96 LE COMTÉ D*A?IJOU 

Michel du Tertre, Saint-Micfael-Ia-Palud, à lest, Saiot-Eyroult, 
au sud, Saint-Samson, aa nord, oa bien des monastères comme 
Saint-Aubin, Saint-Lézin, Saint-Serge. Mais les bourgs, qui cor- 
respondaient à ces ^lises et à ces monastères, avaient été ruinés 
évidemment en même temps que ces établissements mêmes ; en 
présence de la menace perpétuelle des pillards normands ou 
bretons, il avait fallu fuir cette banlieue et chercher ailleurs un 
refuge. Tous ces bourgs ruinés ou disparus se reconstituèrent ; 
de l'autre côté de la Maine, autour des deux nouvelles abbaves de 
Notre-Dame-de-la-Charité et de Saint-Nicolas, il en naquit de nou- 
veaux ^ ; un pont de pierre fut bâti pour les relier à la cité ^ et 
quand Tun d*eux brûla quelques années, plus tard (1088), il 
avait pris une assez grande extension pour que les annalistes 
angevins pussent en noter Tincendie comme un événement 
important^. De même, sur la rive gauchede laMaine, les maisons 
s^entassèrent si rapidement le long de la route des Ponts-de-Cé, 
qu'en 1032, lorsque le fèu prit à l'église Saint-Maurice, il put se 
propager jusqu'au monastère de Saint- Aubin et le détruire pres- 
que en entier ^. 

1. Voir notamment CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n*» 42 à 63. 
Au n» 5 on voit que le bourg de Notre-Dame-de-ia-Charité iqui n'existait 
pas encore en 1028, car il n*en est pas question au n® 1), existait dès 1040. 

2. Port, Diclionn,, t. I, p. 105, a justement fait remarquer que sur 
remplacement de ce Grand Pont un pont ^vait certainement existé à 
Tépoque romaine ; mais le pont romain ou bien avait été détruit, ou bien 
était un simple petit pont de bois. La première hypothèse est la pins 
vraisemblable, car dans une charte du Ronceray où il est question du pont 
de pierre que, vers 1028, Foulque Nerra et Hildegarde firent construire en 
cet endroit, on s'exprime ainsi : <« Pon» Meduane, quod lapideo opère 
iiiultisque sumplibus inter ipsum monasterium etcivitatem construxerunt » 
(CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n» 63) : de ces expressions il semble 
ressortir que, sans ce pont de pierre, la nouvelle abbaye n'eût pas été 
reliée à la ville. Sur celte construction, voir encore ibid,, n» 4 : Hildegarde 
et Foulque donnent aux nonnes des pêcheries « de loto ponte Meduane, 
quod videlicet lapideo opère conslruximus ». 

3. Annales dites de Renaud et Ann. de Saint-Aubin, p. 6 et 89 du 
Recueil dannales angev, et rendôm, 

4. Ann, de Sainl-Aubin, de Vendôme, de Renaud, et Obit, de Saint-Serge, 



RENAISSANCE INTÉRIEURB DU COMTÉ 97 

ibid.y p. 3, 46, 61, 86, 107 ; Chron, de Saint-Maixenl, p. 391 des Chron, des 
églises d'Anjou. — Remarquons en terminant ce chapitre que si les vilains 
ont bénéficié de ce mouvement général de renaissance, ce n'a été 
qu'indirectement ; on ne voit pas qu'à cette époque on ait, pour les attirer 
dans les bourgs nouvellement créés, exonéré des plus lourdes charges 
ceux d'entre eux qui viendraient y habiter. A l'appui de cette idée, 
M. Flach, Origines de Vancienne France, t. II, p. 168-169, n'a pu citer que 
la fausse charte de fondation de Beaulieu (voir Appendice IV) et à la p. 165, 
n. 1, il a interprété à tort la charte n» 269 du Carlul. du Ronceray, éd. 
Marchegay, comme une concession faite en faveur des vilains, alors qu'elle 
est faite en faveur du monastère. Nous ne parlons même pas de M. de Salies 
qui, dans un élan de lyrisme imprévu, déclare reconnaître en Foulque Nerra 
un souffle civilisateur puissant (Hist. de Foulques Nerra, Introd.). 



Halphen. — Le comté d'Anjou. 



CHAPITRE IV 
L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU COMTÉ 

En même temps que Tétat angevin Renaît, que les campagnes 
se repeuplent, que les villes se reforment, la nécessité s'impose 
au comte d'administrer ou tout au moins d'exploiter ses domaines. 
Aussi voit-on les quelques restes surannés de l'administration 
carolingienne disparaître ou s'adapter aux nouveaux besoins 
et une organisation administrative très rudimentaire, mais plus 
pratique, poindre lentement. 



I 

* On sait que le comte carolingien était assisté d'un vicomte, 
dont le rôle était de le remplacer en cas de besoin et de l'aider à 
administrer son comté. On retrouve tout naturellement un 
vicomte aux côtés des comtes d'Anjou du x® siècle ^ Le père de 
l'évêque d'Angers Renaud, appelé lui-même Renaud et surnommé 
le Thuringien [Thuringus ou Torench), qui avait rempli cet 

1. En 976, Geoffroi Griscgonelle exempte un domaine de l'hébergement 

« de son vicomte et de ses voyons « (cela ne. paraît pas être une ancienne 

formule) : « Nam nobilis comes Gaufridus...concessit auctorilale sua 

perpetualiter permanere ut nuUam dominationem Iiospitalitatis ab uUo 

homine habeatur ibi nec vicecomitis nec cujuslibet vicarii « {Cartul. 

Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 34). Dans une rédaction des 

Miracles de saint Martin de Vertou qui date de la lin du x« ou du début 

du xi'^ siècle, on 'trouve cette allusion à un vicomte d'Angers Renaud, qui 

semble être celui dont nous allons parler: « Vidimus etiam nostris diebus 

quosdam Homa redeuntium ex eodem génère, juxta incolarum testimonium, 

pelles émisse et domum nihilominus pro indicio detulisse. Cujus rei testis 

est venerabilis Rainaldus Andegavorum vicecomes, qui haec et alia plurima 

de Martino stupenda narrât miracula » (Mon. Gerni., Script, rerummerov., 

t. III, p, 568). 



l'organisation administrative du comté 99 

office . sous Geoffroi Grisegonelle, Toccupa encore quelque 
temps sous Foulque Nerra ^ C'était un grand seigneur, 
plein d'indépendance, qui avait su se tailler dans les Mauges, 

1. Cartulaire de Saint- Aubin , éd. Bertrand de Broussillon, n^ 281 
[sLnn. 960-964), n« 48 {&nn. 966), n*» 21 (an/i. 970), n« 3 [ann. 974), n« 34 
(a/ifi. 976), n« 211 (a/i/i. 976), n» 821 (afiw. 976) et cf. la note précédente. 
Dans toutes ces chartes, « le vicomte Renaud » souscrit après le comte et à 
une place d*honneur (voir spécialement le fac-similé du n^' 821 , joint au 
t. m du CarluL de Saint- Aubin), Au n^ 3, le vicomte Renaud est dit père 
de révoque d'Angers Renaud (voir le fac-similé de l'original au t. III du 
CartuL) Or, comme nous le verrons plus loin (chap. V, p. H3), le père de 
Tévêque Renaud était Renaud le Thuringien. — Renaud le Thuringien resta 
certainement en fonction du temps de Foulque Nerra, car il vivait encore 
vers 990 (Pièce justificative n* 1). — De tous les textes que nous avons 
cités, aucun cependant ne donne à Renaud le titre de « vicecomes 
Andegavensis » (sauf les Miracles de saint Martin de Vertou, d'une date 
trop incertaine pour faire foi). D'autre part, une glose du Livre noir de 
Saint-Florent de Saumur (fin du xi« s.), que Ton trouvera publiée plus loin. 
Pièce Justificative n<* 2, dit Renaud le Thuringien « pater Fulcodii 
vicecomitis de Roca Forti ». Nous trouvons, nous Talions voir, un Foucois, 
u vicpmte » (fils, à ce qu'il semble, de Renaud le Thuringien] dans les 
chartes des premières années du xi" siècle : ce Foucois et, par suite, Renaud 
le Thuringien lui-même, n'auraient-ils pas été simplement des vicomtes de 
Rochefort-sur-Loire ? On remarquera en effet que, suivant une charte 
transcrite par A. DuChesne (Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 r<*), un 
Renaud, qui ne peut être que Renaud le Thuringien (car il est mari de 
Richilde tout comme ce dernier : voir le diplôme de Robert le Pieux, dans 
les Hist. de Fr.y t. X, p. 583, confirmation de donations faites par l'évêque 
Renaud pour le repos de l'àme de sa mère Richilde), 9 reçu en 969, 
moyennant un cens annuel, le domaine et l'église de Castellarium, « cum 
antiquo castello et quantumcumque ad ipsam ecclesiam vel ad ipsum 
castrum aspicit » et que ce Castellarium, d'après le titre que portait la 
charte dans le recueil conservé à Saint-Maurice d'Angers où la copiait 
Du Chesne, ne serait autre que Rochefort-sur-Loire ( « Exemplar manusfir- 
mae de alodio ubi situm est castellum Rupisfortis »). Bien que Port, qui a 
connu l'acte par ailleurs, ait contesté le bien fondé de cette identification 
et ai vu dans Castellarium les Châteliers, sur la Loire, dans la commune 
des Murs {Dictionn., t. I, p. 643), l'hésitation serait possible s'il n'y avait 
pas pour rejeter l'identification cette double raison : l^' Renaud paraît comme 
vicomte avant 969, date de la concession de Rochefort ; 2^ jamais, au 
XI» siècle, les seigpieurs de Rochefort n'ont pris le titre de « vicomtes de Roche- 
fort ». La glose de Saint-Florent doit donc se comprendre ainsi : Renaud de 
Rochefort-sur-Loire, père du vicomte Foucois, ou Renaud, père du vicomte 
Foucois, [seigneur] de Rochefort. 



100 « LE COMTÉ D*AXiOU 

aax dépens da comte de Nantes, un fief important '. A sa 
mort, Foucois, qui parait avoir été son 61s, le remplaça pendant 
quelques années -. Mais Foacois est le dernier vicomte que nous 
rencontrions : Foffice avec lui disparait. 

C*est son inutilité même qui fut, sans doute, cause de sa dis- 
parition : le comte n'avait plus que faire d*un vicomte ; quelques 
hommes de confiance lui suffisaient amplement. Un chef d'état 
qui a le temps, comme le fait Foulque Nerra vers 1010, de 
s*occuper personnellement d*un procès où il n*est question que 
de quelques malheureux serfs revendiqués par l'abbaye de 
Saint-Florent de Saumur 3, n'a g^ère besoin de s'offrir le luxe 
d'une « administration centrale » compliquée. Il est donc probable 
que les rudiments de ce que nous serions tentés d'appeler de ce 

i. Voir la Chron, de Xanies, éd. Merlel, ch. XLII. Sur son ascendant, 
Toir Pièce jusiificative n*» I. 

2. On trouve le vicomte Foucois dès 993 : «< 7 Fulconis comitis. Signum 
Rainaldî episcopi. S. Fulcoius vicecomes >» Catalogue tTaetes, n? 8) ; on le 
retrouve en Tan 4000: « Signum Fulconis comitis. Signum Fulcoii vicecomi- 
tis 1» (Catalogue d'actes^ n^ 17' ; en 1003, il souscrit une charte pour 
Saint- Aubin d'Angers: « S. Fulconis \ comitis. S. Rainaldi presulis f. 
S. Fulcodii vicecomitis » \CariuL de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n^ 130}; en 1005, il accompagne Tévèque Renaud partant pour 
la Terrre Sainte : « Ad sepulchrum Domini Jerosolimam, comitante Ful- 
coio vicecomite (Rainaldus episcopus) tendebat... » (Coll. dom Housseau, 
vol. II*, n« 349, d'après le Livre noir de Saint -Mau r ice d* Angers y fol. 20 
V», n* 28. Cf. ci-dessous. Appendice II ; enfin, en 1014-1027, il sous- 
crit une charte de Foulque Xerra pour Saint-Aubin d'Angers : « S. Ful- 
conis comitis. S. Suhardi mililis. S. Fulchoii vicecomitis... » (Car/u/. de 
Saint-Aubin y n<» 4j. — Quant à la preuve que Foucois était ûls de Renaud, 
elle est donnée par la glose du Livre noir de Saint-Florent citée à la note 
précédente ; le fait que Foucois accompagna Tévèque Renaud en 1005 donne 
à cette glose beaucoup de vraisemblance ; enfin l'hérédité de Foffice est 
assez naturelle. — L'évéque Renaud, dans un diplôme de Robert le Pieux 
datant de Tan 1000 environ Ilist. de Fr.^ t.X, p. 583", est dit restaurer Tab- 
bave de Saint-Sei^e u pro anima sua et patris sui equivocî et matris 
suae Richildis et fratris sui Ilugonis et Gaufredi comitis et Fulconis filii sui 
et pro auimabus suorum succossorum episcoporum » : on j)eut s'éton- 
ner qu'il ne nomme pas le vicomte Foucois, si celui-ci était son frère ; 
mais nous croyons que l'objection n'est qu'apparente: denses proches, 
l'évèque ne nomme que les défunts. 

3. Pièce justificative n*» 6. 



l'organisation administrative du comté 101 

nom se confondaient alors avec les services de la domesticité : 
au reste, une charte-notice nous apprend par hasard qu'un serf 
nommé Dodon est devenu bouteiller de Foulque Nerra * ; le fait 
y est noté en passant, comme une chose qui n'a rien d'excep- 
tionnel, et aucun document ne nous autorise à penser qu'il y ait 
eu, en dehors de cet humble serviteur, quelque autre personnage 
préposé à l'office de bouteiller. De même, si l'on remarque que 
ce n'est pas un, mais plusieurs chambriers à la fois qu'on 
voit aux côtés du comte ^. si l'on remarque, en outre, qu'il n'est 
jamais fait la moindre distinction entre eux ^ et qu'ils sont, 
avec les prévôts et les cellériers, simples servienies pourtant*, les 
personnages qui constituent son entourage habituel, n'en devra- 
t-on pas conclure que ce sont là encore de simples servi- 
teurs? 

1. Pièce Justificative n^ 6 : « Tandem tamen... consensit abbas... ut par- 
tirentur filii Landrici predicti servi [et Letheardis ancille comilis]. Accepit 
er^ Fulco cornes in suam partem istos : Odonexn Brunellum et Dodonem^ 
butlellarium postea suum, Witbergam quoque uxorem Hubaldi yena- 
toris, etc. » 

2. Nous ne connaissons pas de chambrier de Foulque Nerra, mais une 
charte du CartuL de Saint-Aubin^ éd. Bertrand de Broussillon, n^ 72 , nous 
donne le nom d'une chambrière de sa femme : « Hildegardis comitissa 
quondam accepit quinque arpennos vinearum de Sancto Albino... De ipsis 
autem vineis habuit Oda, sua cameraria, très arpennos... » On peut donc 
supposer que Foulque Nerra a eu, lui aussi, des chambriers. GeofTroi Martel, 
en tout cas, en a eu au moins deux, nommés Garnier et Renaud. On les 
trouve cités, par exemple, dans la plus ancienne charte de Saint-Laud 
d'Angers [Catalogue d'actes, n^ 155): « Ego GofTridus comes firmitatem 
facti hujus sancte crucis impressione roboravi, audientibus istis : Roberto 
Burgundione, Altardo, Huberto Ragoto, Israël, Raginaldo [et] Gameriocame- 
rariiSf Garino et Girardo cellarariis, etc. » (Cartul. de Saint-Laud, éd. Plan- 
chenault, n«25). On trouve aussi Garnier cité en 1060(Marchegay, Archives 
d'Anjou^ t. II, p. 51). Enfin Garnier et Renaud paraissent dans une 
charte des années 1060-1067 du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay, 
n° 8 : « Testes isti affuerunt présentes ^: Girorius, dominicus vassus... 
Garnerius camerarius,,. Raginaldus camerarius,,, » 

3. Voir n. précédente. 

4. Ainsi, en 1076, le cellérier du comte Foulque le Réchin, Guérin, sera 
cité paimi les servientes avec un forestier (Catalogue d'atteSy n® 231) ; cela 
n'empêche pas le même Guérin de faire partie d'un tribunal constitué par 
le comte en 1063 (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay^ n» 38). 



102 LE COMTÉ d'aNJOU 

C'est seulement peu à peu que Ton voit, à la cour du comte, 
les services se répartir entre quelques fonctionnaires attitrés et 
se constituer un groupe de grands offices comtaux, analogues à 
ceux de la cour royale. On a dit * que Foulque Nerra avait eu, 
dès le début de son règne, un sénéchal, Lisois d'Amboise : n'est- 
il pas qualifié de ce titre par Tauteurdes Gesta consulum Andega- 
vorum ^ ? — On eût dû remarquer qu'il ne Tétait que dans une 
phrase unique et d'une manière incidente et que le chroniqueur, 
après nous avoir montré Lisois distingué par le prince, puis 
gagnant petit à petit sa confiance, récompensé enfin par diverses 
faveurs, ne nous dit nulle part qu'il ait reçu Toffice de sénéchal. 
Ce seul fait qu'une fois par hasard, voulant trouver un terme 
pour le désigner, le chroniqueur du xn® siècle, par une assimi- 
lation facile à expliquer, l'appelle « le sénéchal Lisois », ne 
permet pas de dire qu'il ait effectivement exercé cet office. Nous 
noterons, au contraire, que non seulement Lisois n'est jamais 
dans les chartes où il apparaît qualifié ainsi ^, mais que dans 
aucun des actes de Foulque Nerra on ne rencontre la souscrip" 
tion d'un sénéchal du comte. Ce n'est pas avant les dernières 
années de Geoffroi Martel que nous en voyons apparaître un, 
du nom de Babin ^, et ses successeurs seront assez fré- 
quemment cités dans la suite ^ pour qu'il soit permis de placer 
vers le milieu du xi® siècle seulement le développement de 
cet office. / 

On a dit, de même, que, dès Ife temps de Foulque Nerra, la 
charge de connétable était héréditaire chez les seigneurs de 

1. Beau temps-Beau pré, Coutumes et institutions de r Anjou et du Mstine^ 
2« Partie, 1. 1, p. 229 et suiv. 

2. « Cornes senescallo suo Lisoio neptam Supplicii thesaurarii uxorem 
dédit » (ms. 6218, p. 49 ; Chron. des comtes d'Anjou^ p. 116). 

3. M. Beautemps-Beaupré Ta lui-même remarqué. 

4. Il souscrit une charte du comte (Marchegay, -4rc/iice« d^ Anjou ^ t. II, 
p. 31-32 ; Catalogue d'actes, n® 179), avec le titre de « senescallus comitis ». 
(La lecture Bahinus, donnée par Marchegay, est la bonne, quoi qu'en dise. 
M. Beau temps- Beau pré.) 

5. Voir 2« Partie, chap. IV. 



l'organisation administhative du comté 103 

Chemillé. Mais les seuls documents sur lesquels on ait pu 
s'appuyer sont : 1® un passage de V Histoire de Saint-Florent 
de Saumur, où il est dit qu'à la bataille de Pontlevoy, en 
1016, fut tué Sebrand de Chemillé, « signifer comitis » ^; 
2® une série de chartes établissant que Foulque le Réchin avait 
un connétable nommé Sebrand ^. En présence de ces textes, 
on a admis^ pour ainsi dire, ipso facto^ que le connétable de 
Foulque le Béchin, Sebrand, était seigneur de Chemillé; les 
seigneurs de Chemillé ayant, en effet, alternativement, au xi® 
siècle, porté les noms de Sebrand et de Pierre, la conjecture 
s'est imposée d'elle-même : émise comme une vérité indiscu- 
table par Marchegay dans une note de ses Archives d^ Anjou ^, 
elle a fait fortune et a été répétée sans examen, notamment par 
Célestin Port ^. — Malheureusement dçms aucun des très 
nombreux actes relatifs aux seigneurs de Chemillé qui nous ont 
été conservés, nous ne voyons ceux-ci prendre le titre de con- 
nétables ; inversement, dans aucun des actes où parait « le con- 
nétable Sebrand», sous Foulque le Réchin, nous ne le voyons 

4. Hisi. de Saint-Florent de Saumur, dans les Chroniques de» églises 
d'Anjou, p. 274 : « Anno qiioque MXVI, feria VII, inter OdoQem et Ful- 
conem Pontelevense actum est bellum, in quo Andegavorum exercitus 
pêne vastatusest signiferque comitis Sigebrannus de Chimilliaco peremp- 
tus. » — Sigebrannus s'est de bonne heure transformé en Segebrannus, au 
XII* siècle en Seebrannus, et de là en Sebrannus. 

2. Ces chartes n'ont pas été citées par les auteurs auxquels nous faisons 
allusion ; en voici quelques-unes : Catalogue dacteSj n°» 247 (7 mai i085), 
250 (1087). 256 (1090), 269 (1093), 279 (1096), 282 (1084-1096), 283 (1098), 
289(1100), 318 (1106-1109). 

3. Archives d Anjou, t. I, p. 381 ; pour la charte n" 38 du Cartul, de 
Sainl-Afaur portant la souscription du connétable Sebrand, Marchegay met 
en note : u Seigneur de Chemillé. La charge de connétable du comté d'An- 
jou était anciennement héréditaire dans cette famille. Voir Livre rouge de 
Saint-Florent, f. 55 (c'est le texte de Vilist. de Saint- Florent y auquel nous 
avons renvoyé). » 

4. Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 670 : « Au x* siècle,., la 
terre [de Chemillé] a été inféodée par le comte d'Anjou à un .de ses plus 
puissants vassaux, dont la famille porle le nom du fief et dont le chef lui est 
attaché personnellement à titre de connétable. » 



104 LE COMTÉ d'aNJOU 

se dire seigneur de Chemillé ; enfin, constatation plus grave 
encore, à Tépoque où vivait le connétable Sebrand, le seigneur 
de Chemillé se nommait Pierre et non Sebrand * : rien, par 
conséquent, ne nous autorise à déclarer que les fonctions de 
connétable aient. été, au xi^ siècle, héréditaires dans la maison 
de Chemillé. Mais le texte de V Histoire de Saint-Florent doit-il 
nous faire admettre que Sebrand P' de Chemillé, sinon ses 
successeurs, ait été, lui, connétable de Foulque Nerra ? Nous ne 
le pensons pas davantage : car comment prétendre que la 
qualification de « signifer » (qui n est d'ailleurs pas Téquivalent 
de « connétable » ), que lui donne, encore ici, en passant une 
chronique très pdstérieure, soit suffisante pour autoriser une 
pareille conclusion, surtout quand nous ne voyons pas apparaître 
dans les chartes de connétable d'Anjou avant le dernier quart du 
xi« siècle 2 ? 

Enfin, on a voulu dresser la liste des chanceliers de Foulque 
Nerra et de son fils, et Ton a nommé Audemand, Bernard de 
Clermont et Renaud. Le premier, dit M. Beautemps-Beaupré 3, 
était même déjà en fonctions sous GeofTroi Grisegonelle : dans 
une charte de ce comte, de l'an 97&, nous le voyons se faire 
suppléer par un certain AUeaume *, et on le trouve encore 



1. Sebrand II de Chemillé, qui succéda vers i047 à son père Pierre I" 
{Cartul.de la Tria, de Vendôme, éd. Métais, n° 73; charte de Marmoulier 
de 1047-1061, copiée par Marchegay, Bibl. nat., ms. nouv. acq. fr. 5022, 
fo 13), est cité jusqu'en 1074 {CartuL de la Trin, de Vendôme^ n» 245) ; mais 
dès 1082, c'est son fils Pierre II qui lui a succédé (Bibl. nat., nouv. acq. 
fr., 5022, fo 18) ; on le trouve en 1093 [ibid., f» 21), en 1094 [Livre noir de 
Saint-Maurice d'Angers, f° 39 v», dans dom Housseau, III, n^ 958), en 1100 
(Bibl. nat., nouv. acq fr. 5022, f» 284), en llOi {ibid,, f» 285), en 1105 
{CartuL Trin. Vendôme, éd. Métais, n^ 412), en 1109 (nouv. acq. fr. 5022, 
f° 257), en 1110 {ibid., fo»206, 207, 211, 290), et il meurt seulement en 1120 
{ibid.y f®" 29 et 30), et c'est non plus un Sebrand, mais un Gauvain qui lui 
succède {ibid., f» 264 : cf., f°» 284, 285, 290, 2H). 

2. On n'en trouve pas avant Sebrand, connétable de Foulque le Réchin, 
qui, nous l'avons montré p. 103, n. 2, n'apparaît que vers 1085. 

3. Op. ct7.,p. 219. 

4. CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n*» 34 : c'est une 



l'organisation administrative du comté 105 

souscrivant une charte de Tan 993 *. Quant à Bernard de Cler- 
mont, il paraît dans une charte de Tan 1015 2, Renaud enfin 
souscrit un acte de Geoffroi Martel en faveur de Saint-Nicolas 
d'Angers 3. — Mais Tacte où parait Bernard de Clermont est 
un faux manifeste, reconnu comme tel depuis fort longtemps * ; 
et en ce qui touche Audemand et Renaud, M. Beautemps-Beau- 
pré a pris pour des chanceliers du comte des chanceliers du 
chapitre de Saint-Maurice d'Angers ^ et peut-être dans un cas 
un scribe de Saint- Aubin d'Angers ^. Foulque Nerra et Geoffroi 



notice de Tachât fait par Tabbé de Saint-Aubin à un vassal de Geoffroi 
Grisegonelle (lequel ne fait que souscrire) ; après la date, on lit : « Adhelel- 
mus sacerdos subscripsit ad vicem Hildemanni. » 

1. Catalogue d'actes, n*» 8 ; cette charte de Foulque Nerra se termine 
par ces mots : « Hildemannus archidiaconus atque cancellarius scripsit, 
anno ab incamatione Domini MIIl » (qu'il faut corriger en 993]. M. Beau- 
temps-Beaupré indique par erreur cet acte sous Tannée 995 ; il ajoute un 
renvoi inexact à une charte de 990 {Archives d'Anjou, t. 11, p. 60). — Hil- 
demannus a été de bonne heure, en Anjou, écrit Aldemannus, puis 
Audemandus. 

2. Ménage, Ilist. de Sablé, p. 342. 

3. Laurent Le Peletier, Breviculum fundationis S. Nicolai Andegaven- 
sis, p. 17 {Catalogue d'actes, n® 147). 

4. Voir Catalogue d'actes. Actes faux, n"> 2. 

5. C'est ce que prouve à Tévidence la série des chartes du Livre noir de 
Saint'Maurice d'Angers. M. le chanoine Urseau se propose d'ailleurs de 
donner en tête de l'édition qu'il prépare de ce cartulaire la liste des digni- 
taires du chapitre cathédral d'Angers au xi" siècle. Nous y renvoyons par 
avance. 

6. D^ailleurs, Allcaume, qui écrit à la place d'Audemand, remplit le 
même office en 970 {CartuL de Saint-Aubin, n° 21). Cet Audemand est 
exactement dans les mêmes conditions que Bertin, scribe d'une charte 
souscrite par Geoffroi Grisegonelle (comme dans Texemple cité par 
M. Beau temps- Beaupré, où la charte n'est pas rendue au nom de Geoffroi 
lui-même) en 973 : « Bertinus monachus scripsit hanc cartam » (CartuL 
Saint-Aubin, n*» 131). Ce Bertin est expressément désigné comme chan- 
celier du monastère dans une charte de 970 (ibid., n» 40). C'est encore le 
cas d'Amauri, moine de Saint-Aubin, écrivant une charte de Tan 976 que 
Geoffroi Grisegonelle souscrit (CartuL de Saint-Aubin, n® 211, et cf. ibid, y 
n® 394: ann. 91't). Cf. les moines-scribes Jean {CartuL de Saint-Aubin, 
n«» 18, 285, 859: ann. 964, 966, 969) et Ongier (ibid., n»» 232, 282: 
ann. 977). 



106 LE COMTÉ d'aNJOU 

Martel, il est vrai, ont eu des chapelains ^ qui auraient pu, sui- 
vant un usage fréquent, que nous retrouverons en Anjou même 
un peu plus tard 2, être en même temps préposés à la chan- 
cellerie ; mais aucun texte ne le montre, et de personnage 
qualifié « chancelier du comte », on n'en trouve point avant le 
dernier tiers du xi® siècle^. Foulque Nerra et Geoffroi Martel 
faisaient simplement rédiger leurs actes par les scribes ou les 
chanceliers des églises et des monastères ^ et c'est seulement 
tout à fait à la fin du règne de Geoffroi Martel que, semble-t-il, 
Tusage du sceau s'introduisit à la cour angevine •^; dans ces 
conditions, un chancelier eût été bien inutile. 



II 



Si nous passons maintenant en revue le personnel de V « admi- 
nistration locale », nous y découvrons la même évolution que 
nous savons signalée en parlant du personnel de V « administra- 
tion centrale ». 

1. Nous connaissons, sous Foulque Nerra, Baudouin, qui fut plus tard, 
aumônier de Saint-Aubin d'Angers [Cartul. de Saint-Auhin, éd. Bertrand de 
Broussillon, n® 7), et sous Geoffroi Martel, Bernard ou Bernaud, cité notam- 
ment dans une charte du i^^ CarluL de Saint-Sergej n° 37 (copiée dans 
le ms. de la Bibl. nat., lat. 5446, p. 248). 

2. Voir 2« Partie, ch. IV. 

3. Voir ibid, 

4. Les exemples mêmes cités par M. Beautemps-Beaupré pour prouver 
Texistence de chanceliers de Foulque et ceux que nous avons donnés p. 405, 
n. 6, le montrent. Ajouter encore le n** 25 du CarluL de Saint-Aiibin, 
éd. Bertrand de Broussillon : il s'agit Ih d'une charte émanée de Foulque 
Nerra lui-même, laquelle est écrite par un moine de Saint-Aubin, Galon ou 
Ganelon, que nous retrouvons dans une autre charte du monastère, de Tan 
993 {ibid,, n® 33). Voir encore la charte n° 34 du Catalogue d'actes, qui est 
dite écrite par les deux archidiacres Bérengeret Renaud. 

5. Voir Catalogue d'^acles, Observations préliminaires. Le signe de vali- 
dation uniquement usité jusque vers 1060 fut la croix tracée par le comte 
lui-même ou par le scribe. 



l'organisation administrative du comté 107 

On sait qu'au temps des premiers Carolingiens le comte avait 
sous ses ordres un certain nombre de fonctionnaires nommés 
vicarii, à chacun desquels incombait l'administration d'une 
fraction du comté, ou vicaria^ et le jugement dans ce ressort 
des causes inférieures. Qu'étaient devenus les vicarii d'An- 
jou au cours du x® siècle? — Prétendre, comme on Ta fait 
quelquefois, qu'ils étaient parvenus à s'assurer vis-à-vis du comte la 
même indépendance que le comte vis-à-vis du roi, c'est aller 
contre l'évidence : car on serait bien en peine de citer un seul 
grand seigneur de la (in du x^ siècle ou même du début du xi® 
ayant comme capitale le chef-lieu d'une de ces anciennes 
vicariae ^ Au contraire, quelques rares textes montrent que, 
pendant tout le x® siècle, les comtes avaient continué à avoir des 
vicarii^ ou voyers, . répartis sur leurs domaines ^; mais ces 
derniers, par suite d'une extension progressive de leur pouvoir, 
avaient fini par remplir les fonctions de juges même dans les 
causes importantes. A l'avènement de Foulque Nerra, nous 
trouvons donc des voyers qui administrent les domaines du 
comte et qui, chacun dans sa circonscription, y assurent à eux 
seuls tous les services, percevant les redevances, exigeant les 
corvées, dirigeant la levée de l'ost, rendant la justice aux vilains, 
veillant à la police générale 'K 

Peu à peu, on voit poindre un nouveau groupe d'agents : ce 
sont les prévôts. Dès Tan 1000, on trouve trace d'un praepositus 
du comte; mais ce praepositus semble s'occuper de l'adminis- 

i. On trouvera un relevé de ces vicariae dans l'Introduction du Diction- 
naire de Céi. Port, p. xii, et, pour la rcgrion tourangelle, dans la Notice sur 
les divisions territoriales et la topographie de V ancienne proinnce de Touraine 
de Mabille [BibL de VÉcole des Chartes, t. XXV, 1863, p. 2i7). Nous avons 
essayé en vain de compléter ces listes. 

2. Ainsi, en 929 {Cari ul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
n* 177), nous trouvons un « Fulco vicarius », qui est certainement ricarius du 
comte d*Anjou; en 976 [ihid., n® 34), le comte soustrait un domaine à 
l'action de ses vicarii. 

3. Cf. Louis Halphen, Prévôts et voyers du XI* siècle, dans Le Moyen 
Age, t. XV, 1902, p. 298 et suiv. 



108 LE COMTÉ d' ANJOU 

tration générale des domaines comtaux, plutôt que d^une 
circonscription spéciale * : c'est une sorte d'intendant, à moins 
cependant que ce ne soit Tancêtre du prévôt d"* Angers 2. Quoi 
qu'il en soit, l'organisation prévôtale ne se dessine que lentement 
et, comme nous l'avons montré ailleurs 3, c'est seulement vers 
les dernières années de Foulque Nerra que, sur les domaines 
du comte, comme sur ceux de ses vassaux, elle se généralise et 
qu'on voit un peu partout les prévôts se superposer aux voyers. Au 
temps de Geoffroi Martel, on peut dire que l'institution est 
générale. 

On trouve d'ailleurs encore en sous-ordre une foule d'agents 
inférieurs: percepteurs de tonlieux, péagiers, fourriers, fores- 
tiers ^, châtelains ou gardiens des forteresses comtales ^ ; autant 



1. Le Moyen Age, loc. ctï., p. 315, n. 5. -r- Dans la charte de i014-i013 où ce 
praepositus apparaît jouant uq rôle slcHÎ {Pièce jusiifîcative n^ 6), il est occupé 
à régler un partage de serfs qui semble être une affaire d'ordre général. 

2. Le prévôt d'Angers a, en effet, toujours conservé plus d'iîhportance 
que les autres prévôts d'Anjou et a été plus qu'eux mêlé à l'administration 
générale. 

3. Le Moyen Age, loc, cit.^ p. 314-319. 

4. Ces divers agents ne se trouvent pas tous mentionnés dans les 
chartes de Foulque Nerra ou de Geoffroi Martel; mais ils existaient au 
temps des Carolingiens et on les retrouve après l'an 1060. On peut 
donc tenir pour certain que, dans les textes où ils ne sont pas expres- 
sément désignés, ils rentrent dans la catégorie des servientes du comte. 
Sous Foulque Nerra, nous trouvons mention explicite du forestier comtal 
du bois de Chacé, Renaud de Brion (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, 
n® 7). Pour les fourriers, voir CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n® 89 ; Ogier, fourrier du comte Foulque le Réchin; et Cartul, du 
Ronceray, éd. Marchegay, n° 112 : Isembert, fourrier du comte Geoffroi le 
Barbu (1060-1068); les fourriers du comte, Ogier et Eude, cités au 4^^ CartuL 
de Saint-Serge, n<"» 117, 201, copies de Gaignières à la Bibl. nat., ms. lat. 
5446, p. 260, 275. Pour les percepteurs de tonlieux, voir ibid., n? 36, ms. 
lat. 5446, p. 247 : Bernier, telonearius [du comte], etc.. 

5. CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n*» 1 : dans cette 
charte, on raconte la fondation par Foulque Nerra, en 1006, du château de 
Chàteau-Gontier : a Firmato itaque castello eoque ut poterat munito ex 
nomine cujusdan villici sui illud castrum Gunterii appellavit. » Cf. Érard, 
custos arcis à Loches, suivant les Gesta Ambaziensium dominorum [Chron, 
des comtes d'Anjou, p. 168). 



1 

l'organisation administrative du œMTÉ 109 

de fonctionnaires que le comte avait hérités de Tadministration 
carolingienne. 



III 



En outre, en dehors des cadres administratifs réguliers, bien 
des personnes ont coopéré à l'administration du comté ou à 
la direction des affaires. Sous ce rapport, il faut faire une place 
à part aux fidèles du comte, c est-à-dire à ceux de ses vas- 
saux ou même de ses agents qui vivaient dans son entourage ou 
qu'il lui a plu d'appeler auprès de lui dans telle ou telle circon- 
stance, ou enfin qui venaient, en vertu des obligations féodales, 
lui faire le « service de cour ». Jamais sans eux. Foulque Nerra, 
ou GeofTroi Martel ne prennent une décision. Ce n'est pas qu'ils 
jouent toujours un rôle bien actif: parfois ils sont de* simples 
témoins ; mais parfois aussi le comte les consulte, s assure de 
leur acquiescement ^ ; parfois enfin il s'adjoint quelques-uns 

1. Ainsi, entre les années 990 et 40H (Pièce justificative n® 2), Foulque 
Nerra, ayant à examiner une plainte portée contre un de ses vassaux nommé 
Aubri, fait une enquête avec se« fidèles (« cum nostris fidelibus inquiren~ 
tes » ). — De même, en i006-i02t, Foulque Nerra autorise la construction 
d'une église à Vihîers et la dote de divers biens « cum consilio homi> 
num meorum in ipso Castro habitantium, scilicet Sigebranni, Ogerii, 
Aimerici filii, Attoni, Hemmeluini, Giraldi vicarii aliorumque multorum ibi 
habitantium n (Catalogue d'actes, n<» 31). — Entre les années 987 et iOll, 
Foulque Nerra fait faire une charte « coram fidelibus nostris, ut remitteret 
unusquisque pervasiones et malas consuetudines quas faciebant in terra 
Sancti Florentii » : chacun des fidèles s'engage personnellement à respecter 
les droits et les domaines de l'abbaye (Catalogue d'actes, n'>26). — En 1040, 
au moment de son avènement, (Geoffroi Martel tient un grand plaid : 
« Anno millesimo XL ab incarnatione Domini nostri Jesu Christi, habuit 
Gâuzfridus comes, Fulconis comitîs filius, cum fidelibus suis générale placi- 
tum apud Andegavam civitatem de reprimendis depredationibus sive cor- 
rigendis pravis pervasionibus vel malis consuetudinibus in terras sanclo- 
rum ultra débitas consuetudines impositis. » A ce plaid, on examine 
dans le détail toutes les réclamations et Ton statue (Catalogue d'actes, n<* 66). 



110 LE COMTÉ D ANJOU 

d'entre eux ou en délèfçue un certain nombre pour prononcer un 
jugement dans une affaire qui lui a été soumise par les 
parties ^ 

A côté des fidèles^ le comte a trouvé encore dans sa famille 
même d'utiles auxiliaires : la comtesse Ta assisté dans son œuvre 
religieuse, et nous avons même vu qu'elle a pu être, à l'occasion, 
chargée de- missions politiques 2 ; et si elle n'a eu d'ordinaire que 
des pouvoirs très limités, elle a pu indirectement, par son 
influence, provoquer les décisions de son mari. Aussi voyons-nous 
qu'on s'est parfois adressé à Hildegarde pour obtenir de Foul- 
que Nerra quelque faveur: ainsi fit, vers 1026, l'abbé de Saint- 
Sauveur de Redon, qui, désireux d'obtenir du comte d'Anjou 
une exemption de tonlieu pour les produits de ses vignobles, 
écrivit à la « très pieuse Hildegarde », en la priant d'inter- 
céder auprès de son mari •^; ainsi fit encore, vers 1028, Hamelin 
de Beaupréau, qui, menacé d'être déshérité par son suzerain, 
• supplia Hildegaixle d'apaiser le courroux du comte, lui offrant 
l'église de Seiches pour prix de ses services ^. De même, Geoffroi 
Martel, avant son avènement, quand il ne prit pas les armes 

— L'acquiescement des fidèles du comte est mentionné, au moins pour la 
forme, dans les chartes de nomination des abbés de Saint-Aubin par le 
comte {Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n°* 21-26). 

1. Cf. Louis Halphen, Les institutions Judiciaires en France au XI" siècle, 
Région angevine, dans la Revue historique, LXXVII (1901). 

2. Nous faisons allusion au rôle que prête à Hildegarde Adémar de Cha- 
bannes. lors de la tentative faite par Foulque Nerra contre le comte du 
Mans Herbert Éveille-Chien (ci-dessus, chap. 11, p. 68). 

3. HisL de France, t. X, p. 503*. Cf. Cartul, de V abbaye de Redon, éd. A, de 
Coui^son (Documents inédits), Prolégomènes, p. xlvii. Pour la date, nous 
ne croyons pas que les arguments de M. de Courson soient décisifs. 

4. Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n° 125 : « Igitur Hamelinus, 
cum virilem comitis animositatem et promeritam iram nuUo alio modo 
placare posset nisi ad intercessionem confugeret comitisse Hildegardis, 
cujus benignitas sepe etiam pro malis bona retribuebat,obtulit ei spontanea 
voluntate ecclesiam Cepie perpetuo sibi retinendam aut cui vellet dandam 
tantum ut eum seniori suo pacificaret et ei reliquum patris beneficium a 
comité impetraret. Quodilla. sicut erat in interventus trenua. sapienter effe- 
cit... » 



l'organisation administrative du comté 111 

contre son père, concourut à Tadministration du comté: en 
1026, il fut chargé du gouvernement de Saumur nouvellement 
conquis ^ et reçut sans doute la garde de T Anjou pendant la 
dernière absence de Foulque Nerra (1040). Peut-être Foulque 
avait-il d'ailleurs déjà eu recours, dans des conditions semblables, 
aux bons offices de son demi-frère Maurice, pendant son pre- 
mier pèlerinage ^. 

Enfin, il convient de faire remarquer que non seulement 
certaines hautes fonctions militaires ont pu être exceptionnelle- 
ment accompagnées de délégations générales de pouvoirs 3, mais 
encore que, dans bien de» cas, Tinféodation restreinte a pu être 
originairement comme un mode d*administration *. 

Ces divers correctifs étaient nécessaires, afin d*enlever aux 
mots « administration », « personnel administratif», s* fonction- 
naires », que nous avons été contraints d employer, une bonne 
partie des notions précises de régularité et de fixité que nos 
esprits modernes sont accoutumés d y rencontrer. 

i . Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 99 : « Quia Andecavorum 
cornes Gnuzfridus, postquam castrum Salmurum donopatris suis accepit in 
suum, etc. »; ihid.^ fol. 108 v° : « Tempore quo Fulco Andegavensis cornes 
castrum Salmurum cepit, erga ipsius loci habitatores mutatio magna fuit : 
comes namque GofTridus, ejus filius, in cujus manu dono patris venit, prout 
sibi placuil aliis abstulit, aliis dédit. » 

2. Voir sur cette hypotht»so, ci-dessus, p. 31*, n. 2. 

3. C'est ainsi qu'il faut interpréter ce que disent les Gesta. consulum 
Andet/av.de Lisois d'Amboise : « Denique Fulco comes négocia sua pertrac- 
tans quemdam virum bellicosissimum militaribus armis effîcacissiroum, 
Lisoium de Bazogcrio... Luchiset Ambaziaco prefeciletmilitibus tam majo- 
ribus quam minoribus ut ei obedirent precepit » (ms. 6218, p. 44; Chron, 
des comtes dWnjou, p. 91). 

4. Voir, par exemple, l'histoire de Chàleau-Gontier dans le Cartul, de 
Saint- Aubin, éd. Bertrand deBroussillon, n*» 1, et Thistoirede Montrichard 
suivant les Gesta consulum Andcg. (ms. 6218, p. 47 ; Chron, des comtes 
d'Anjou y p. 107) : « Oppidum quod Montricardum vocatur componit [Fulco 
et Rogerio Diabolcrio, domino Monthesauri, custodire mandavit. « 



CHAPITRE V 



LE COMTE 



1 

Si ladministration est rudimentaire, le comte n'en est pas 
moins, dans ses états, un chef respecté et plein de force. Il a 
pour lui non seulement la tradition carolingienne, mais, en 
outre, sur les autres seigneurs du comté, une supériorité de fait 
considérable, parce qu'il est le plus grand possesseur et, par 
suite, le suprême dispensateur de fiefs. Qu'on passe en revue les 
principaux d'entre les fiefs angevins, et Ton verra que c'est lui 
qui les distribue: BrioUay au père du trésorier Bouchard, 
Montrevault à son fidèle Etienne, Montreuil-Bellay à Bellay l^^, 
Mateflon au père de Foulque 1°"^, Durtal à Hubert le Rasoir*. 

Ces vassaux, qui lui doivent tout, restent à sa merci : car les 
concessions de terres sont encore essentiellement précaires et 
révocables. Au moindre désaccord avec le comte, le vassal risque 
de voir son fief confisqué. Ainsi, pour une cause ou pour une autre, 
Orri de Champtoceaux mécontente Geoffroi Martel: celui-ci le 
dépouille de ses domaines et en dispose en maître absolu au profit 
d'un autre de ses vassaux, Thibaud de Jarzé ^ ; Suhard de Craon, 
accusé de forfaiture, subit le même sort et voit ses biens attribués 



1. Voir ci-dessous, 2* Partie, chap. II, p. 159-163. 

2. Sur la dépossession d'Orri, voir CartuL de Saint-Aubin dWngers, éd. 
Bertrand de Broussillon, n» 113. Sur rattribution du fief à Thibaud de 
Jarzé à la suite de cette dépossession, voir une charte extraite du /" Cartul. 
de Saint-Serge dWngers, n^ lOo, dans le ms. lat. 54^6 de la Bibl. nat., 
p. 258, et dans la Coll. dont Rousseau, vol. I, n° 288. Thibaud apparaît 
encore comme seigneur de Champtoceaux dans une charte de Marmoulier 
éditée par Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 14-17. 



LE COMTE 113 

par le comte à Robert le Bourguignon ^ ; Hubert de Durtal est, lui 
aussi, expulsé de son fief et remplacé par Renaud de Maulévrier ' ; 
Aubri, second fils du trésorier de Saint-Maurice d'Angers Gui, 
est chassé de sa seigneurie du Lion d'Angers, pendant que GeofFroi 
Rorgon de Candé est appelé à recueillir sa succession ^. 

Ce ne sont, sous Foulque Nerra et Geoffroi Martel, que dépos- 
sessions de fiefs ; il n'est guère de seigneur qui n'ait à 
craindre de se trouver ainsi du jour au lendemain réduit à néant 
par la volonté toute-puissante du comte et qui ne se fasse bien 
humble pour obtenir son pardon quand il la irrité. Tel 
Hamelin de Beaupréau qui, nous Favons vu, à la mort de son 
frère Girois, en 1028 ou 1029, s'étant vu refuser la succession 
du fief par Foulque Nerra, parce qu'il avait prêté la main à 
l'enlèvement d'une de ses filles, n'hésita pas, pour tenter de 
le fléchir, à implorer la comtesse Hildegarde et à lui offrir même 
une église afin qu'elle intervînt auprès de son époux *. 



II 

Ce ne sont pas seulement les seigneurs qui sont 5 la discrétion 
du comte ; le clergé angevin lui est soumis. L'évêque d'Angers 
n'existe que par lui : ainsi, celui que Foulque Nerra trouva sur 
le siège épiscopal en 987, Renaud, était une créature de Geof- 
froi Grisegonelle, auprès de qui il avait dû faire négocier sa 
nomination par son père ^, le vicomte d'Angers Renaud le Thu- 

• 

1. Voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. I"*", p. 20-21. 

2. CartuL de Saint- Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n«> 289 
(1067-1082). 

3. Ibid., no 167 (vers 1060). 

4. Cartul, du Ronceray d'Angers, éd. Marchegay, n® 125. 

5. Voir la charte n"» 22 du Catalogue d'actes : Foulque Nerra et son 
frère Maurice disputent à Tévêque Renaud des biens qu'il avait hérités de 
son père, prétendant qu'ils devaient leur revenir en vertu de ce qui avait 
été stipulé par Geoffroi Grisegonelle « in conventiis episcopatum adipis- 

IIalphrn. — Le comté d'Anjou. h 



114 LE COMTÉ D ANJOU 

ringien^ ; quand il mourut (12 juin 1005)^, on vit le vicomte de 
Vendôme Hubert venir à son tour faire en faveuF de son fils 
Hubert des offres avantageuses à Foulque Nerra \ qui s'empressa 

cendi ». Renaud nie le fait, mais ne conteste pas qu'il y ait eu un marché 
conclu en vue de sa nomination à Tépiscopat. Cette nomination était d'ail- 
leurs déjà décidée du vivant de l'évèque précédent Néiingue : « Cuî 
ilico successit domnus Rainaldus. ...utpote illo adhuc vivente jam désigna? 
tus episcopus », disent les Annales de Vendôme {Recueil d* annales angev. et 
vendâm.j p. 58). 

1. On voit dans la charte n° 32 du Catalogue d'actes et dans le diplôme 
de Robert le Pieux publié dans les Hist. deFr,, t. X, p. 583, que le père de 
révêque Renaud s'appelait Renaud, lui aussi ; dans une charte transcrite 
au fol. H6 r» du Livre noir de Saint-Florent de Saumur et publiée 
ci-dessous, Pièce Justificative n° 1, on voit qu'il s'appelait Renaud le 
Thuringien (Torench), Enfin la charte n* 3 du Cartul. de Saint-Aubin, éd- 
Bertrand de Broussillon, nous prouve qu'il faut l'identifier avec le vicomte 
d'Angers Renaud, dont il a été question précédemment, p. 98, car parmi 
les souscriptions on lit, à la suite de celle de l'évêque Renaud, le 
« signum Raynaldi vicecomitis patris, ejus » (cf. p. 99, n. i). 

2. Obituaire de Saint-Maurice df Angers, extr. dans Bibl. nat., Coll. 
Baluze, vol. 39, fol. 31 r® et 32 v® : « III idus junii. Obiit Rainaldus 
illustris, vencrabilis et munificus episcopus Andegavensis anno ab 
incarna tione Domini nostri Jesu Christi MV, ordinationis autem suaeXXXI » ; 
Annales de Vendôme (Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 59) : « MV. 
Obiit domnus Rainaldus episcopus » (texte reproduit dans les Annales de 
Saint-Aubin et celles de Saint-Florent, ibid., p. 3 et 117). La date de 1010, 
communément admise, est tout à fait impossible, car elle est contredite 
non seulement par les textes précédents, mais aussi par ceux qui indiquent 
l'avènement de son successeur Hubert de Vendôme (ci-dessous, p. 115). 
D'ailleurs on l'a admise uniquement en se fondant sur une notice, autrefois 
transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 20 v«, n» 28, 
éditée dans la Gallia christiana, t. XIV, Inslr», col. 557. Cette notice 
raconte la mort de l'évêque qui, arrivé à Embrun « quadam feria secunda 
jam vesperascente », pendant un pèlerinage, y mourut le jour même, 
« in natali sancti Barnabae apostoli, qui est III idus junii » (et non « qui 
est in idus junii », comme le porte l'édition d'après une mauvaise copie d'A. 
Pu Chesne), au moment de l'ofiîce de matines et en « MX ». Mais il faut 
certainement corriger MX^en MV, car la concordance du lundi et du H juin 
ne se trouve, à cette époque, qu'en 1005. — Dans notre texte, nous 
indiquons la date du 12 juin : en effet, le jour débutant le matin et non la 
nuit dans le comput du moyen âge, quand on nous dit qu'arrivé le lundi 
11 juin au soir, Renaud est mort le même jour au moment des matines, 
nous devons comprendre qu'il est mort le mardi 12 juin au matin. 

3. Cartul. de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n*^ 44 : u Curiem et eccie- 



LE COMTE 115 

d'agréer pour évéque (1006) * un clerc plus expert peut-être à 
manier Téjpée qu'à prier Dieu et qui était, en outre, un seigneur 
riche et puissant ^. Dans la plupart des monastères, c'est le 
comte encore qui nomme les abbés ; du moins, l'investiture devant ' 
lui être demandée avant la consécration, il est de fait maître de 
l'élection ^. Enfin, son influence n^est sans doute pas étrangère 

siam Maziaci Hubertus Vindociiiensium vicecomes Fulconi comiti, de cujus 
tenebat fevo, pro episcopatu Andegavensi filio suo Huberto impetrando 
guerpivit. » Outre ce texte, on peut voir, entre autres, comme preuve que 
Tévêque était fils du vicomte de Vendôme Hubert une charte originale 
des Archives de Maine-et Loire, G 785, n° 1. 

1. L^année de Tordinalion est donnée par \es Annales de Saint-Aubin 
d' Angers {Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 3) ; le quantième, 13 juin, 
par les notes de VObit. de SaintSerge (ibid.y p. 106). Dans ce dernier texte. 
Tannée indiquée est i007 ; mais c'est une erreur de transcription : car la 
source de ces notes est la même que celle des Annales de Saint-Aubin et 
des Annales de Vendôme, et si ces dernières ne notent pas Tordination* de 
Hubert, du moins notent-elles la naissance de GeofTroi Martel (qui dans 
toutes les annales précédentes y est rattachée) sous Tannée 1006. D'autre 
pavtyVObiluaire de Saint-Maurice d'Angers (Bibl. nal., Coll. Baluze,voI. 39, 
fol. 30 T^) dit que Hubert mourut Tan 42 de son ordination, ce qui force (sa 
mort étant du 2 mars 1047 : voir ci- dessous, p. 120) à placer cette ordina- 
tion avant 1007 et la fixe même très exactement en 1006, si Ton calcule en 
gros (comme le fait d'ordinaire cet obituaire) : an 1006 = an 1, an 1046 
= an 41, an 1047 = an 42. 

2. Non seulement il était fils du vicomte de Vendôme, mais oncle 
d'Emma, vicomtesse du Mans : voir une charte extraite du 4*^ CarluL de 
Saint-Serge^ dans la Coll. dom Housseau, vol. 11^, n° 582(1058). 

3. C'est le cas, par exemple, à Saint-Aubin d'Angers. Les deux textes les 
plus significatifs à cet égard sont la charte par laquelle, en 1036, les moines, 
ayant élu Gautier, demandent pour lui au comte Tinvestiture (CarluL de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^ 27) et la notice relative à la 
nomination de Tabbé Thierri, en 1056 ; après avoir relaté l'élection 
de ce dernier, la notice ajoute : « Facta est autem ista electio consilio 
atque auctoritate domni Alberti abbatis Majoris Monasterii, qui, hoc in con- 
ventu monachorum ritu celebri peracto, obtulit etiam fratrem predictum 
Gaufrido preclarissimo comiti, sub cujus ditione locus ipse consifitit, 
a quo etiam donum rerum temporalium ad idem pertinentium cenobium 
suscepit. » Après quoi, les moines vont trouver Tévêque, qui donne la 
consécration [ibid., n° 28). Pour plusieurs abbés de Saint-Aubin, on n'a que 
l'acte par lequel le comte déclare lesnommer (c/e/c^area/)/>a<em)en se con- 
formant à la décision de la communauté (saha volunfate monachorum) : 
voir CartuL de Saint-Aubin, n®»23, 24, 25, 26, 27. — Pour la nomination 



116 LE COMTÉ D^ANJOU 

au choix des principaux dignitaires du diocèse : car, à côté de 
clercs éminents comme Bernard, l'auteur des Miracles de sainte 
Foy *, comme Renaud le Grammairien ^ ou Bérenger de Tours 3, 

des abbcsses de Notre-Dame-de-la-Charilé (le Ronceray d'Angers}, la pro- 
cédure est exactement la même. Voir le Cartul. du Ronceray d'Angers^ éd. 
Marchegay, n<>* 15 et 17. 

1. Sur lui, voir surtout Rangeard, Histoire de rUniversité d^Angers^ t. I, 
p. 10-14, et t. II, p. 5 et suiv. \Hist. littér,, t. VII, p. 310 et suiv. ; Port, 
Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 320; Clerval, Les écoles de Chartres, 
p. 74 ; Miracles de sainte Foy, éd. Douillet (Coll, de textes pour Vétude et 
Vens. de Vhist,), introduction. Bernard fut écolâtre à Saint-Maurice d'Angers 
(Miracles de sainte Foy, éd. Bouillet, p. 2, et CarluL de Cormery, éd. Bou- 
rassé, n° 35). 

2. Sur lui, voir surtout Rangeard, op. cit., t. II, p. 14-19 ; Hisf. littér,, 
t. VIII, p. 32-38 ; Port, op, cit., t. III, p. 220 ; Clerval, op. cit,, p. 74-75 ; 
Halphen, Recueil d'annales angevines et vendômoises, introduction. — L'Hist, 
littér. et, d'après cet ouvrage, M. l'abbé Clerval font de Renaud un archi- 
diacre d'Outre-Maine : nous ignorons sur quoi cette tradition repose. Il est 
bien certain que, quoi qu'on en ait dit, il y avait dès cette époque trois 
archidiaconés au diocèse d'Angers, car dès 966 on trouve mention de trois 
archidiacres simultanément à côté de l'évêque (Cartul. de Saint- Aubin, éd. 
Bertrand de Broussillon, n° 18) ; dans une version de la charte n° 177 du 
Cartul. de Saint-Aubin, qui avait été insérée au fol. 24 v^ du Livre noir de 
Saint-Maurice d* Angers (copie dans la Coll. dom Housseau, vol. I, n° 155), 
on trouve le « signum Otberti archidiaconi trans Ligerim » et au n® 110 du 
Cartul, de la Trin, de Vendôme, éd. Métais (1057 env.), il est dit que 
l'église Saint-Jean-sur-Loire faisait partie « antiquitus » de l'archidiaconé 
« Transligerensis ». La division du diocèse d'Angers en archidiaconé d'An- 
gers, archidiaconé d'Oijtre-Loire, archidiaconé d'Outre-Maine existait donc 
dès l'époque de Renaud le Grammairien ; mais- rien ne prouve que celui-ci, 
avant d'être « grammairien », c'est-à-dire écolâtre, ait été archidiacre 
d'Outre-Maine. Nous ferons seulement remarquer qu'il n'était pas archi- 
diacre d'Outre-Loire, car il paraît dans plusieurs chartes (CarluL de Saint- 
Aubin, n® 6 ; Coll. dom Housseau, vol. 11*^, n*» 582) à côté de l'archidiacre 
Landri, qui était préposé à cet archidiaconé (CarluL de la Trin. de 
Vendôme, éd. Métais, n° 110). Mais il était peut-être archidiacre d'Angers, 
car les Annales dites de Renaud [Recueil d'annales angev, et vendôm., 
p. 85 et 88) le qualifient « archidiaconus Sancti Mauricii Andegaven- 

sis. » 

3. Sur Bérenger, en tant qu'archidiacre d'Angers, voir, entre autres, 
parmi les travaux innombrables consacrés à sa biograpliie, Vllist. litti^r., 
t. VIII, p. 197-288, Port, Diclionn., t. I, p. 318, et les ouvrages de Suden- 
dorf et Schwabe cités dans la Préface. 



LE COMTE 117 

on voit dans les hautes fonctions ecclésiastiques des personnages 
tels que Gui, seigneur du Lion d'Angers ^, ou Bouchard, seigneur 
de BrioUay ^, dont l'un tout au moins passa la plus grande 
partie de son temps à guerro}?er pour le compte de son 
suzerain 3. 

Un tel clergé ne pouvait qu'être docile: c'est ce que l'histoire 
de Hubert de Vendôme et d'Eusèbe Brunon, son successeur, 
montre avec une netteté parfaite. Hubert se fit l'allié de Foulque 
Nerra dans la guerre contre Eude H de Blois ; il poussa même 
l'audace jusqu'à marcher contre son supérieur ecclésiastique, 
l'archevêque de Tours Hugue. 

Entre ce dernier, puissant vassal du comte de Blois, puisqu'il 
avait été vicomte de Châteaudun avant que d'être archevêque *, 

1. Gui fut trésorier de Saint-Maurice d'Angers et archidiacre :* voir une 
ch&rieextreiiic du Livre noir de Saint-Maurice d'AngerSy fol. 2i-22, n* 29, 
copiée dans la Coll. dom Housscau, vol 11^, n** 406, 408, et dans* la Coll. 
Baluze, voï. 39, fol. 63 (1030). Voir comme preuve de sa double situation 
de seigneur et père de famille, d'une part, et de dignitaire ecclésiastique, 
de l'autre, len® 160 du Cartnl. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon ; 
les n°* 40 et 201 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et cf. Miracles 
de sainte Foy de Bernard d'Angers, éd. Bouillet, I, xxxiv, p. 87 : « Necnon 
et ille optimus Vuido, prefatae sanctae ma tris ecclesiae Andecavensis 
edituus, vir locuples omnique probibate non mediocriter preditus. » 

2. Une de ses chartes, en faveur de Tabbaye de Saint-Serge (Arch. de 
Maine-et-Loire, H 857, n° 1, orig.) débute ainsi : « Ego Burchardus, 
clericus et thesaurarius Sancti Mauricii matris ecclesiae Andegavensis sed 
et beneficium laicale possidens per paternamhacreditatemexdono senioris 
mei Gosfridi, fîlii Fulconisincliti comitis, ac per hoc sub iisdem bellicosis- 
simis principibusmultisdefatigatus bellorum et laborum negotiis, tandem 
per divinam clementiam concessa regioni nostrae aliquantula tranquillitate 
pacis... » Après ce préambule, il déclare, du consentement de sa femme 
Judith et de leurs enfants Hilaire et Enjeuger, faire don à Saint-Serge de 
l'église Saint-Marcel sise auprès de son château de Briollay. Bouchard est 
encore cité en tant qi\e trésorier de Saint-Maurice aux u^ 1 (1028) et 5 
(1040j du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et aux n" 39 et 40 (1040) 
du Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais. 

3. Voir la note précédente. 

4. Voir Gallia christiana, L XIV, col, 56-58. On verra apparaître Hugue 
comme doyen du chapitre cathédral de Tours et en même temps comme 
vicomte de Châteaudun antérieurement à son épiscopat, notamment dans 



118 LE COMTÉ D 'ANJOU 

et le comte d'Anjou, un conflit était inévitable et n'avait pas 
tardé d'éclater. Foulque étant venu bâtir le château de Montri- 
chard en partie sur les terres de Hugue, celui-ci avjiit riposté, 
nous Tavons vu ^, en refusant de venir consacrer Faobaye de 
Beaulieu, nouvellement construite dans son diocèse. L'abbaye 
avait été consacrée malgré lui (1007), mais on peut penser qu'il 
avait saisi avec empressement, en 1008, au synode de Chelles, 
l'occasion qui lui avait été offerte de se venger, en réclamant 
l'excommunication immédiate du comte d'Anjou, impliqué alors 
dans l'affaire de Hugue de Beauvais *. D'où, sans doute, à titre de 
réplique, le pillage commis peu après par Foulque sur les terreâ 
de l'église de Tours: c'est dans cette razzia que l'évêque d'Angers 
Hubert ne craignit pas de se joindre aux troupes angevines. 

L'archevêque riposta en déclarant anathèmes à la fois le comte 
et son alHé et en priant les autres évêques, tout au moins en ce 
qui concernait Foulque, d'imiter son exemple ^ ; il écrivit enfin à 
Hubert une lettre de menaces : « La démence t'a saisi, lui disait- 
il^ toi qui de prélat es devenu chef d'une troupe de soldats, 
toi qui portes le fer et le feu dans notre pays, toi qili nous 
menaces de mille morts ! » Et comme Hubert avait allégué, 
entre autres mauvaises excuses, que c'était uniquement pour 
répondre aux attaques d'Eude de Blois qu'il avait ainsi agi: 

une charte de Marmoutier copiée dans la Coll. dom Housseau, vol* I, 
n« 257. Il eut pour successeur à Chàteaudun son neveu Geoffroi : voir 
Cartul. dunois de Marmoutiery éd. Mabille, n° 3. 

1. Voir ci-dessus, chap. III, p. 84. 

2. Voir ci-dessus, chap. I»', p. 33. Nous savons par une lettre de Ful- 
bert de Chartres qu'au synode deChellas, en mai 1008, beaucoup d'évêques 
demandèrent Texcommunication immédiate de Foulque {Hist. de Fr.^ t. X, 
p. 476) et un diplôme du roi Robert souscrit par les prélats présents à 
Chelles nous permet d'affirmer que Tarchevôque de Tours prit part au 
synode {ibid., p. 591). 

3. Voir la lettre de Hubert citée un peu plus loin [HUt, de Pr., t. X, 
p. 499) et la lettre qu'adressa Fulbert à Foulque à cette môme occasion 
[ibid.y p. 481) : « Propter haec peccata monuit archiepiscopus Turonensis 
omnes episcopos nostros et in ter alios me pusillum ut te excommunicare- 
mus... 9 



LE COMTE 119 

« Comment oses-tu dire cela, ajoutait Tarchevêque, toi qui n'as 
pas touché à une seula de ses vignes et qui, sans compter tous 
les autres maux que, sur Tordre de ton divin Foulque, tu as fait 
endurer à ton église-mère, as rasé jusqu à la racine celles de 
mes chanoines. . . Cet orgueil qui te pousse à me faire de sem- 
blables réponses, ce dédain avec lequel tu traites la sentence 
d'interdit que j'ai portée contre toi^ cette audace avec laquelle, 
quoique excommunié, tu ne crains pas de célébrer le service divin, 
finiront bien par plier ^ » 

La mort de l'archevêque (1023 ^) vint mettre un terme au 
conflit. En outre, Hubert comprit la nécessité de heurter un peu 
moins ouvertement les convenances. On le vit même, à partir 
de ce moment, soucieux des devoirs qui lui incombaient, 
s'employer avec ardeur à l'œuvre de restauration des églises et 
des monastères que son prédécesseur avait entamée. Il fit notam- 
ment reconstruire l'église Saint-Maurice d'Angers, fit à ses 
chanoines plusieurs donations importantes ^ et mérita ainsi de 
ces derniers le brillant éloge qu'ils insérèrent dans leur nécrologe : 
« Plus encore que ses prédécesseurs, ce prélat généreux, noble 
et éclairé, s'appliqua avec zèle à tirer notre chapitre de l'état 
misérable auquel l'avaient réduit l'oppression des tyrans et la 
négligence des évèques, et à y ramener la prospérité. En raison 
des bienfaits de cet homme vénérable et de la reconnaissance 
éternelle à laquelle il a droit, notre chapitre doit conserver tout 
particulièrement son souvenir et vouer à sa mémoire un culte 
spécial. Que chacun de nous et tous nos successeurs rappellent 

1. Hist, de Fr., t. X, p. 499. Pour la date de cette lettre, voir PÛster, De 
Fulberii Carnotensis episcopi vita et operihut, p. 96 : la date de i023 que 
M. Pfiater propose semble impossible puisque Tarchevêque Ilugue mourut 
le 12 mai de cette année {Gallia chrisiiana, t. XIV, col. 58); la vraie date 
doit être cherchée, croyons-nous, aux environs de 1018. Cf. ci-dessus, 
chap. II, p. 38, n. 2. 

â. Voir la note précédente. 

3. Charte de Tan 1030 (?) autrefois transcrite au Livre noir de Saini^ 
Maurice d^ A nger» fol. 21-23, n^ 29, copiée dans la Coll. dom Ilousseau, 
vol. IVy n«* 406 et 408. 



120 LE COMTÉ d'aNJOU 

fréquemment son nom dans leurs prières et leurs oraisons, afîn 
de ne pas paraître, par notre ingratitude^ indignes de la bienveil- 
lance qu'il nous a témoignée*. » 

Malgré sa piété, Eusèbe Brunon, qui succéda le 6 décembre 
1047 2 à Hubert, mort le 2 mars de cette même année 3, fut 
pour Geoflfroi Martel un soutien non moins fidèle. Rien ne 
le montre mieux que l'histoire des démêlés du comte avec le 
pape Léon IX à propos de l'emprisonnement de Févêque du Mans 
Gervais. 

Cet attentat à la dignité épiscopale, que nous avons raconté 
précédemment ^, appelait une répression de la part de l'autorité 
ecclésiastique : mis au courant de la situation lors du concile de 
Reims (3-6 octobre 1049), Léon IX fit savoir à Geoflfroi qu'il eût 
à comparaître au prochain concile, qui devait se tenir peti après 
à Mayence, pour s'y entendre excommunier, s'il n'avait d'ici là 
rendu la liberté au prisonnier ^. Le concile de Mayence s'ouvrit 
le 19 octobre ^; mais GeofFroi n'avait tenu compte ni de la menace, 

i. Obit. de Saint-Maurice (V Angers, copie de la Bibl. nat.,Coll. Baluze, 
vol. 39, fol. 30. 

2. Annales de Vendôme et Notes de Vobil. de Saint-Serge^ p. 62 et 108 
du Recueil d^annales angevines et vendômoises. 

3. Cette date est donnée par les annales angevines (Recueil d'annales 
angev. et vendôm., p. 4, 62, 107) ; voir aussi VObit, de Saint-Maurice 
d'Angers, copie de la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30 : « VI nonas martîi. 
Obiit domnus Hubertus praesul.. anno ab incarnatione MXLV^I (1047, 
n. st.)y ordinationis ejus XLIl. » 

4. Ci-dessus, p. 71. 

5. Anselme, Historia dedicationls ecclesiae S, Remigii^ dansMigne,Pa/ro- 
logie latine, t. GXLII, col. 1437, et dans les Hist, de Fr., t. XI, p. 523 : 
« Vocavit et Gozfridum Andegavensem usque ad synodum futuram Mogun- 
tiae ibi excommunicandum nisi relaxaret quem captum tenebat domnum 
Gervasium. » D'une lettre écrite plus tard à Léon IX par Geoffroi Martel, il 
semble ressortir que c'est alors que les amis de Gervais intervinrent 
auprès du pape pour qu'il s'occupât du conflit : « Tum ecce prevaluerunt 
super me apud sublimitatcm tuam verba iniquorum, qui tibi persuasc- 
runl nimia sevoritate, quasi pro non recte facto, in me esse consurgendum 
eversoremque ac perlurbatorem pacis publicae et quietis revocandum esse 
in suum statum » [Sudendorî^ Berengariu s Turonensis^ lettre n^ 8, p. 213). 

6. Jaffé-Wattenbach, Regesta, n" 4188. 



LR COMTÇ 121 

ni de la convocation : plus tard, il exposa, non sans raison^ qu il 
lui avait été impossible daller si loin pour se justifier, ajoutant 
d'ailleurs que,-si le pape avait délégué ses pouvoirs aux person- 
nages qui étaient venus Tinviter à comparaître, il se fût 
de suite expliqué devant eux ^ Il avait, en outre, dès ce moment, 
demandé au pape soit de venir lui-même jusqu'en Anjou, soit d*y 
envoyer une commission devant laquelle il déposerait ^ ; mais 
on n'avait pas finalement donné suite à sa demande et, consta- 
tant seulement qu'il n'avait pas paru k Mayence, Léon fulmina 
contre lui l'anathème et suspendit dans ses états tout service 
divin 3. 



\, Sudendorf, Berengarius TuronensiSy lettre n® 8, p. 213 : « Quod tamen 
ego nunquam facere distulissem, postquam legati deeotui pervernerunt ad 
me, si mihi in audientia sublimitatis tuae causam agcre licuisset vel si 
legati vicem in eo tuam supplere potuissent et mihi de culpa viri, si resti- 
tueretur, in his que habebam ad versus illum satisfacere suscepissent. » 

2. Ibid, : t< Quia vero neutrum Geri potuit, alios, quos velles quosqùe in 
eo posse vicem tuam supplere constarét, cum tuam me adiré presentiam 
ratio nulla permitteret, ad nos a te mitti postulavi. o Lettre d^Eusèbe Bru- 
non, peut-être à Gui, archevêque de Reims, dans Sudendorf, op, cit,j n^ 3, 
p. 203 : u Dominum vero comitem, quem tan ta consideratione, ne dicam 
temeritate, Romani vel Vercellis vocabat, justiorem facit jam habere cau- 
sam, quia factionem vel discussionem in causa episcopi nunquam sufTugit : 
proposuit enim domino papae per ipsius legatos utrumque si venisset, 
sicut constituerat ipse dominus papa, vel si misisset, quod te maxime res 
ipsa attingebat, sublimitatem tuam ad ea loca ubi nostro tutum esset 
audire et audiri, sicut prescribunt leges tam ecclesiasticae quam seculares. 
Cum crgo ipse contra condictum suum venire destiterit teque, ad quem 
maxime pertinebat, ad nos minime miserit, quid vult faciat comes noster ?» 
De cette lettre, il semble ressortir que le pape avait d'abord pris en con- 
sidération la demande du comte. 

3. Chronique de Saint-Maixent^ dans les Chron, des églises d'Anjou, 
p. 398 : « Anno ML Ainrico imperatori filius natus est et a domno Leone 
papa baptizatus est, qui eodem anno excommunicavit Gaufredum Martellum 
propter Gervasium episcopum quem tenebat captum. » (Nous coUationnons 
le'textesurle ms.). Voir aussi les lettres de GeolTroi Martel et d'Eusèbe 
Brunon citées à la note 2 : Geoiïroi Martel (loc. cil,, p. 213) se plaint 
de ce que le pape Tait excommunié, lui et les siens (mcque ac meos), sans 
Tavoir entendu ; Eusèbe Brunon {ibid., p. 202) se plaint de l'interdit. Il est 
fait encore allusion à ces événements dans une notice de la fîn du xi' siècle 
racontant les circonstances dans lesquelles rarchcvêquc de Tours Raoul 



123 LE COBfTÉ d' ANJOU 

Il n'en fallait sans doute pas plus pour amener Busèbe Bru<* 
non à embrasser résolument le parti de Geoffroi Martel : furieux 
deTinterdit jeté sur son diocèse, il prit immédiatement le chemin 
de Rome. 11 finit par obtenir quelque tempérament à la sentence 
prononcée, mais attendit en vain le pape aune entrevue, que celui-ci 
lui avait promise pour régler la question à fond, et revint eu Anjou 
plus furieux encore de tant de dérangements inutiles et plus 
attaché que jamais à la cause du comte, devenue la sienne 
propre '. 

Les choses en étaient là, quand Léon IX somma une seconde 
fois GeofTroi de comparaître devant lui à un des deux conciles 

fut expulsé de son siège en i08i ; Grégoire VII s exprime ainsi : « Reduco 
ad memoriam aanctae recordationis et beatae memoriae virum dominum 
Leonem IX papam, praedeoeasorem noatrum, cuidam canonico praeposito 
Garnotensi in aynodo Romana auper clerum B. Martini proclamanti (quia 
cum ceasarent vicinae ecclesiae pro Gervasio Genomannenai epiaoopo a 
Gaufredo Martello capto, ipae clerua S. Martini, aervata suae eccleaiae con- 
auetudine» ceaaare noluerit) etut idoircoexcommunioaretobnixe poatulanti, 
ae quod oonsilium daret facturum uaque in tertium diem promisiaae » 
{Hiêt. de Fr,^ t. XH, p. 460). Sur Tinterprétation de ce document, of. Brôc- 
klng, Die franzôtUohe Politik Papst LeoB IX. Erginzungêheft (4899), 
p. 14-i5. — Quant à la date de Texcommunication, noua ne croyona paa 
que lea documenta permettent de la fixer d'une manière tout à fait sûre : 
M. Schwabe (Sludien %ur Gegchichie den zweiiem Ahendmahlêtreiti, p. 45) 
admet, en tenant compte du texte de la Chron, de S&int*Maixenl et de 
Tenaemble des événements, qu'elle est du début de Tan 1050; M. Brôcking 
(Die frannôsiêche Politik Pap$t Leot IX, p. i 00) n'accorde aucune valeur 
au texte, trop postérieur, suivant lui, de la Chron, de Saini-^Maixenl, et a'en 
tenant au passage où Anselme nous apprend (voir ci-dessus, p. 120, n. 5) 
qu'au concile de Reims Léon IX avait annoncé l'excommunication pour le 
concile de Mayence, place celle-ci à ce moment (octobre 1049), aans s'ar- 
rêter comme M. Schwabe, h la brièveté du délai. Nous ferons remarquer 
tout au moins que la Chron. de Saint^Maixenl, quoique postérieure, repré- 
sente, notamment ici, des annales anciennes, aujourd'hui perdues ; nous 
accordona d'ailleurs que les dates y ont souvent été altérées, mais en con* 
durons seulement que la certitude sur ce point n'est pas poasible : l'excom- 
munication fut peut-être prononcée dès le concile de Mayence, peut- 
être seulement quelques semaines après, peut-être enfin seulement au 
début de l'année 1050; les textes ne permettent pas d'aller plus loin. 

1. Voir la lettre d'Eusèbe Brunon déjà citée (Sudendorf, BerengariuM 
Turonemii, lettre n« 3, p. 202). 



LE COMTE 123 

qu'il devait tenir dans le cours de Tannée 1050 à Rome, puis à 
Verceil ^ Eusèbe se chargea de faire présenter au pontife sa 
défense et celle du comte par un prélat, qui semble avoir été 
larchevéque de Reims Gui ^. Dans une lettre qu'il lui écrivit à cet 
effet, il déversa tout son fiel : « Il était las, disait-il, de demander 
en vain justice ! Le pape oubliait^il quHl y avait un pontife plus 
puissant que lui, Jésus, et que son autorité à lui n'existait qu'à 
la condition de se conformer à celle du Seigneur? Le croyait-il 
assez aveugle pour ne pas voir que Tobéissance n'était pas due 
même aux anges, si leurs ordres étaient contraires à la volonté 
du Christ ? N'était-ce pas enfin faire apparaître le bon droit 
du comte, son maître, que d'aller, avec une présomption sans 
pareille, le convoquer à Rome ou à Verceil, alors que celui-ci se 
déclarait prêt à se justifier devant le pape en personne, s'il voulait 
venir, ou devant ses délégués, s'il voulait lui en envoyer? 
Avait-il la prétention que le comte courût à Rome, alors qu'ici 
ses ennemis complotaient sa perte nuit et jour ? On voulait qu'il 
relâchât l'évêque ; mais c'était un ennemi public qu'il détenait ! » 
et Eusèbe terminait son épitre en qualifiant d'indigne la conduite 
du pape ^. 



i, Jbid,j p. 303 : « Dominum vero comitem, quem tanta consîderatlone, 
ne dicam temeritate, Romam vcl Vercellis vocabat... » Le concile de Home 
se tint du 29 avril au id mai 1050, celui de Verceil au début de septembre 
de la même année (Jaffé-Wattenbach, Regesta, n*»» 4213-4226 et 4833). 

9. C'est du moins Thypothèse fort ingénieuse de M. Schwabe, Sludien 
zur Getchichte des tweiten Abendmahlslreils, p. éô-SO. 

3. Sudendorf, Berengarluê Turonensiê, lettre n» 3, p. 203-204. Nous para^ 
phrasons les passages les plus signiflcatifs de cette lettre audacieuse. 
M. Schwabe la date du début de Tan 1051 (Schwabe, op. c//., p. 39*45) ; 
M. Brôolcing, qui avait d'abord accepté cette date sans restrictions (Diefranz, 
Polilik Papsl Leos /.Y, p. 101-104), a depuis admis {op. cil,, Ergânzangê- 
hefiy p. 13) qu*il était plus vraisemblable de placer la lettre vers Tété de 
1060, parce qu'il y est parlé de Théi-ésle de Bérenger comme d*une 
nouveauté. Nous ferons simplement remarquer que la lettre est postérieure 
à la fois au concile de Mayence d'octobre 1049, puisque c'est alors, au plus 
tôt, qu'ont pu être prononcés l'excommunication et l'interdit contre Geof- 
froi Martel et ses sujets, é^t au concile de Latran d'avril-mai 1050, devant 



124 LE COMTÉ d'aNJOD 

Bien loin de s'apaiser, le conflit s'envenimait: Thérésie de 
Bérenger, qui éclatait au même instant, était un nouvel élément 
de discorde, Eusèbe et -le comte prenant fait et, cause pour 
larchidiacre d'Angers, dont le pape n'hésitait pas à condamner 
les doctrines ^ Pour tâcher de satisfaire Topinion publique, 
Geoffroi Martel avait bien soumis sa propre cause à un synode 
réuni à Tours en 1050 ou 1051 -; mais il semble que cette 

lequel Eusèbe Brunon était venu défendre sa cause ; elle est antérieure à 
la réconciliation de Geoffroi Martel avec le roi Henri I*', c'est-à-dire au 
15 août 1052, au plus tard, comme on Ta vu ci-dessus, p. 76 : elle se place 
donc soit dans la seconde moitié de 1050, soit en 4051, soit même dans la 
première moitié de Tannée 1052. Comme, d'autre part, ainsi que Ta fait 
remarquer M. Brôcking (op. cil,, p. 102-103), il n'y est pas encore ques- 
tion du synode que Geoffroi Martel réunit à Tours, les vraisemblances 
nous reportent à Tannée 1051, au plus tard. Suivant aloi*s qu'on com- 
prendra la phrase où il est fait allusion au concile de Verceil comme ayant 
été écrite avantou après ce concile, c'est-à-dire avant ou après le mois de 
septembre 1050, suivant qu'on sera plus ou moins frappé de l'argument 
relatif à Bérenger, on sera porté à préférer Tannée 1050 ou Tannée 1051 ; 
mais nous croyons qu'une certitude sur ce point est encore impossible à 
atteindre : mieux vaut donc rester dans le doute que de viser à une 
fausse précision. 

1. Voir la lettre d'Eusèbe Brunon citée à la note précédente, où Tévêque 
prie son correspondant de prendre devant le pape la défense de Bérenger. 
Pour l'attitude générale d'Eusèbe dans la controverse provoquée par 
Bérenger, voir les ouvrages relatifs à cet hérésiarque et notamment ceux 
de Sudendorf, Schwabe et Brôcking. Quant à Geoffroi Martel, nous le 
verrons prendre nettement position quelques années après : cf. ci-des- 
sous, p. 126. 

2. Voir la lettre de Geoffroi Martel déjà citée (Sudendorf, op. cit.^ lettre 
n® 8, p. 213) : «... convenire feci quos potui de provincia episcopos et 
abbates atque eis Gervasium episcopum presentem exhibui ut vel ipsis, 
quod tibi non poterat, culpa illius manifestissima fieret. » Dans ce même 
synode on examina le cas de Bérenger ; car dans une lettre écrite à l'ar- 
chidiacre plusieurs années après par Eusèbe Brunon, Tévêque lui rappelle 
que sa doctrine avait été jugée à Tours, non seulement lors du concile tenu 
par le légat Hildebrand (en 1054), mais déjà auparavant, dans le concile 
tenu dans cette ville « inpresentia domniGervasii tune capti» (Cl. Ménard, 
S. Aurelii Augustinillipponensis episcopi contra secundam Julianirespon- 
sionem... Paris, 1616, p. 74, et K. Semisch, Eusebius Bruno^ Bischof von 
Angers, dans le Zeitschrift fiir die historiche Théologie^ t. XXVII, 1857, 
p. 159). 



LE COMTE 123 

munifestation ait été sans résultat pratique : chacun restait sur 
ses positions. 

La mort de Hugue III, comte du Mans, finit par amener 
indirectement la solution du conflit: Gervais, voyant dans le 
Maine sa cause définitivement perdue, promit à GeofTroi Martel 
tout ce que celui-ci voulut exiger de lui et obtint ainsi sa 
mise en liberté ^ Léon IX se décida sans doute alors à lever 
excommunication et interdit ^, sans toutefois consentir à déclarer 
Gervais déchu de son siège 3, malgré une lettre où le comte lui 
exposait, non sans fermeté, que Gervais, continuant, en dépit de 
ses engagements, à se conduire vis-à-vis de lui en ennemi, avait 
définitivement perdu ses droits à Tévêché du Mans ^. GeofTroi 
Martel devait d'ailleurs finir par obtenir gain de cause même sur 
ce point après la mort de Léon IX ^ ; mais ce qu'il importait 
surtout de signaler, c'est combien dans toute cette lutte il y eut 
partie liée entre Eusèbe et le comte. Cette entente ne devait 
jamais se rompre, et c'est ce qui explique que, quelques années 

1. Voir ci-dessus, p. 7"). 

2. Ce n'est que vraisemblable. M. Schwabe admel que Léon IX ne leva 
jamais niTinterdit ni Tcxcommunication et même que GeofTroi Martel resta 
excommunié jusqu'à la fin de sa vie [Studieriy p. 85-86) ; M. Brôcking {Die 
franz. Politik Leos IX, p. 79, n. 1) a avec raison, selon nous, considéré 
l'opinion opposée comme infiniment plus probable. 

3. Le transfert de Gervais sur le siège de Reims n*aura lieu qu'après la 
mort de Léon IX, dans le courant de l'année 1055, et ce sera seulement 
alors qu'un nouvel évèque sera élu au Mans : voir ci-dessous, n. 5. 

4. Sudendorf, Bererujarius Turonensûs, lettre n? 8, p. 212-214 : cette 
lettre est antérieure, non seulement à la mort de Léon IX (19 avril 1054), 
mais au 15 août 1052, date à laquelle la paix était faite entre GeofTroi et le 
roi (voir ci-dessus, p. 76, n. 3). 

5. Gervais fut, en effet, transféré sur le siège de Reims à la mort de 
l'archevêque Gui, et GeofTroi Martel, à cette nouvelle, fit procéder à l'élec- 
tion d'un nouvel évoque du Mans ; ce fut un abbé angevin, Bougrin [Vul- 
grinus)y abbé de Saint-Serge d'Angers, qui fut choisi (voir les Actus ponti- 
ficum Cenomannis in iirbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 373). Cette 
élection eut lieu le 31 août 1055, puisque Bougrin, mort le 10 mai 1065 
(Soles de Vobit, de Saint-Serge, p. 108 du Recueil d'annales angevines et 
vendômoises), fut évèque neuf ans, huit mois, onze jours, suivant les Actus 
pontificum Cenomannis in urbe degentium, p. 374. 



126 LE COMTÉ d'aNJOL* 

après, GeofFroi Martel ait pu prendre très nettement la défense 
de Bérenger, et par cela même de son protecteur Tévêque d* Angers, 
contre un parti qui avait à sa tête le pape lui-même ^ 



III 

Personnellement d'ailleurs le comte ne manquait pas de pres- 
tige ; non pas que Foulque Nerra et Geoffroi Martel aient été des 
bomipes supérieurs, mais par leur énergie, leur audace, par leur 
piété ardente, quoique grossière, par leur violence même ^ ils 
en ont imposé à leur entourage et ont laissé une trace profonde 
dans Timagination populaire. 

Gela est surtout vrai de Foulque Nerra : plus vive fut chez les 
contemporains l'impression produite par ce prince extraordinaire 
qui, après avoir succédé à son père dès Tâge de dix-sept ans à 
peine ^, occupa le pouvoir jusqu'à sa soixante-dixième année, 
étonnant jusqu'au bout le monde par son ardeur infatigable, 
et que la mort vint surprendre sur les grands chemins, à Metz, 
au retour d'un Iqintain pèlerinage en Terre Sainte (21 juin 1040) ^. 
Geoffroi Martel, au contraire, enlevé prématurément à l'âge de 

1. Voir dans Sudendorf. Berengarius Turonensis, p. 215, n" 10, une lettre 
écrite au nom de GeofTroi Martel pour prendre la défense de Bérenger 
auprès d'Hildebrand. Cette lettre, postérieure au concile de Tours de 1054, 
se place au début de Tannée 1059, au moment où Bérenger se rend au 
concile de Rome de Pâques 1059 (voir Schwabe, Studien, p. 88). 

2. Voir, à cet égard, pour Foulque Nerra, une charte très significative 
au Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 129 {Pièces juslif.j n® 6), et 
pour Geoffroi Martel le CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de 
Broussillon, t. II, p. 209 : «... Hesit in hoc comes Gaufridus et, ut qui pre- 
valebat utens sua vi constanter immo violenter, pro potestate asseruit 
quia... » Cf. le passage de r//ûl. c/e Sdm<-jp/ore/i/ cité ci-dessous, p. 131, 

3. On se souvient, en effet, qu'il était né vers 970 et avait succédé à son 
père en 987 : voir ci-dessus, p. 8-9. 

4. Sur la date de sa mort, voir ci-dessus, p. 10, n. 1. Sur les circon- 
stances et le lieu de cette mort, outre le passage de Foulque le Réchin 
déjà cité au même endi*oit, voir Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 113-114 : 



LE COMTE 127 

cinquante-cinq ans S après un court règne personnel de vingt 
ans, rendit simplement le dernier soupir dans son lit, à Tabbaye 
de Saint-Nicolas d'Angers, où il avait revêtu Thabit monastique 
(14 novembre 1060)^, sans avoir pu, malgré ses nombreux 
mariages^, s'assurer une postérité. Moins riche aussi en 

a Preierea Fulco, Andegavorum cornes, de quo superius quedam retulimus, 
ter Iherosolimam jam perrexerat veniensque Mettensem urbem, ibidem 
obiit » (texte paraphrasé par les Gesta, 3* réd.) ; CartuL de Cormery, 
éd. Bourassé, charte n® 35 : a Annoab incarna tione Domini M^LIV*»... flo- 
rente quoque in principatu, tam in Andecava regione qiiam in Turonica, 
bellicosissimo comité Gauffredo, Fulconis comitis filio, illius videlicet Fui- 
conis qui obiit peregre dum rêver teretur a sepulcro Domini... » C'est, bien 
entendu, à Metz en Lorraine et non à Metz en Gàtinais (qu'on n^eût pas 
qualifié iir/>s), comme le suppose miss Kate Norgate {England under the 
angevin kings, t. I, p. 168, n. 3), que mourut Foulque ; suivant la 3* rédac- 
tion des Gesla consulum, ses entrailles y furent déposées dans le cime- 
tière de la cathédrale (Chron. den comten d'^Anjou^ p. 117) ; mais son corps 
fut rapporté en grande pompe en Anjou et inhume, suivant ses dernières 
volontés, à Tabbaye de Beaulieu près Loches (Foulque le Réchin, hc, cit, ; 
Raoul Glaber, IV, 9, éd. Prou, p. 114; Miracles de saint Nicolas^ dans le 
Catalogus eodicum hagiogr, latin, BibL Paris, , t. III, p. 160; n^ 78 du 
Catalogue d''actes). L^emplacement du tombeau de Foulque Kerra était 
encore marqué à Beaulieu, au xviii* siècle, par un monument d'époque tar- 
dive : voir Appendice V. 

1. Il était né le 14 octobre 1006 : voir ci-dessus, p. 10. 

2. Pour la date, voir p. 12; pour les circonstances de cette mort, 
joindre aux textes cités p. 12 le passage suivant de la Chron, de Foulque le 
Réchin : « Nocte siquidem illa quae praecessit finem ejus, deponens 
omnem curam militiae rerumque saecularium, monachus factus est in 
monasterio 8ancti Nicholai, quod pater ejus et ipse multa devotione con- 
struxerant et rébus suis suppleverant» (Chron, des comtes d'Anjou^p, 379). 
Les chartes prouvent, elles aussi, que Geo^roi Martel mourut à Saint-Nicolas 
d'Angers sous l'habit monastique et y fut enterré [Catalogue d'actes^ 
n^* 158, 280). Au moment de sa mort, il avait été soigné par un moine de 
Marmoutier [Catalogue d'actes, n® 157). 

3. Nous avons vu (chap. Il, p. 57) quUl épousa d'abord Agnès, veuve 
de Guillaume le Grand d'Aquitaine, le i^^ janvier 1032. Il la répudia vers 
1050 [ibid,^ p. 61, n. 6), pour épouser, avant le 15 août 1052 [ibid,), Grécie, 
veuve de Bellay de Montreuil-Bellay. Il répudia cette dernière, à son tour, 
pour épouser Adèle, « fille du comte Eude », dit une charte du Ronceray, 
peut-être une fille du comte Eude II de Blois ; puis il reprit Grécie 
quelque temps (on la trouve aux côtés de son mari, avant ou après sa 
première séparation, postérieurement au 14 janvier 1056, au n®121 du Cala- 



128 LE COMTÉ d'aNJOU 

contrastes, apparut la figure de GeoflProi Martel : son seul voyage 
important eut pour objet d'aller avec sa femme Agnès assister 
à la marche triomphale de Tempereur Henri III à travers 
ritalie (1046)* ; si bien que les chroniqueurs n'ont retenu 
de son caractère que la violence et l'ambition 2. 

logue (Tactes) ; enfin il la quitta une fois encore pour épouser Adélaïde 
« la Teutone » : voir CartuL du Ronceray d'Angers, éd. Marchegay, n» 64, 
où il est question d'une vigne que Geoffroi Martel « concubinis potiusquam 
uxoribus dédit, Agneti primo, deinde Grecie, postea Adèle, comitis filie 
Odonis, item dcnuo Grecie, postremo Adelaidi Theutonice ». Il est ques- 
tion de Grecie en tant que comtesse et veuve de Bellay dans la charte 
no 147 du Catalogue d'actes. Elle est nommée encore aux n»* lU, 112, 113, 
120, 146, 148, 149, 150du Catalogue, Elle mourut un 25 avril, suivant VObi- 
tuaire de Saint-Maurice d'Angers (copie de la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30 
y^) : »VII kal. (maii).Obiit Grecia comitissa, uxor Gaufridi Martelli, postea 
sanctimonialis. » H est question d'Adélaïde la Teutone comme dernière 
femme de Geoffroi Martel danS deux chartes délivrées par ce dernier, lune 
avant le 22 mai 1060, Tautre au moment de sa mortel dans deux chartes du 
comte Geoffroi le Barbu (Ca^a/o^rue d'actes, n'^* 130 bis, 157, 167, 168, 169). 
On a prétendu qu'Agnès avait été reprise peu après sa première répudia- 
tion 1(L. de Grandmaison, Geoffroy II Martel, dans les Positions des thèses 
de r École des Chartes, ann. 1887 ; Mêlais, Cartul. delà Trin. de Vendôme, 
1. 1 p. 170 n. 1), mais uniquement en se fondant sur des documents sus- 
pects ou mal interprétés : voir notre étude sur Les chartes de fondation 
de la Trinité de Vendôme et de VEvière d'Angers (réponse à M. l'abbé 
Métais),dans Le Moyen Age, 2« série, t. VIII, 1904, p. 401-411. 

1. Voir une charte du CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n* 35, délivrée 
« quand Geoffroi et sa femme Agnès revenaient de Pouille », en mars 
1047 (Catalogue d'actes, n« 89). Une charte de Bourgueil fut confirmée 
H quando Gauzfredus comes venit de imperatore Roma » (Arch. d'Indre- 
et-Loire, H 24, no 39, orig.). Agnès, et son mari probablement avec elle, 
profitèrent de ce voyage en Italie pour faire un pèlerinage au Monte Gar- 
gano. Ilermann Contractus, dans sa Chron,, au début de l'année 1047, 
note le fait en ces termes :«Sed socru imperatoris démonte Gargano Bene- 
ventum reversa, orto tumultu, BenevenUni cives quibusdam eam injuriis 
affîciunt » (éd. Pertz, Mon. German,, Scriptores, t. V, p. 126). Lambert 
de Hèrsfcld nous apprend, en outre, qu'Agnès (et sans doute aussi son 
mari) avait été rejoindi-e Tempereur à Goslar, en Prusse, et s'y trouvait à 
la Noël 1045 (ibid,, p. 153), vers le moment où la fille de la comtesse 
d'Anjou, rimpératricc Agnès, venait de donner le jour à son premier 
enfant. Cf. Steindorff, Jahrbùcher des deutsch, Reichs unter Heinrich III, 

t. I, p. 287-288. 

2. Voir Guillaume de Poitiers et Guillaume de Jumièges, dans les Hist. 
de Fr,, t. XI, p. 43 et 78, et cf. ci-dessus, p. 126, n. 2. 



■ 



LE COMTE 129 

Au contraire, la figure de Foulque Nerra devint de bonne 
heure légendaire. En réalité, il nous apparaît comme un homme 
ardent, acharné, s'adonnant tout entier à son ambition et à sa 
cupidité et dominé par la passion guerrière ; puis brusquement 
se ressaisissant à la pensée des peines éternelles et essayant alors 
d'obtenir par quelque donation ou quelque pénitence le pardon 
du Dieu ou des saints que ses violences ont dû courroucer. Une 
charte nous le montre trop occupé de guerres pour songer 
aux choses d'église ^ ; dans une autre, il est question de son 
caractère emporté, farouche, ne souffrant point la contra- 
diction 2 ; et tout cela concorde avec ce que nous apprennent 
le récit des guerres qu'il soutint, ses rapports avec le comte du 
Maine, avec Hugue de Beauvais. 

Ailleurs, au contraire, nous le voyons, pris de crainte, faire 
une donation à Féglise Saint-Maurice d'Angers « pour le salut 
de son âme pécheresse et pour se faire pardonner le massacre 
épouvantable des chrétiens qu'il a fait tuer sur la lande de 
Conquereuil » ^; une notice nous le représente au moment 
de la prise de Tours, en 996, pénétrant à main armée dans 
le cloître de Saint-Martin, puis tout à coup, à la vue des 
chanoines qui entourent d*épines les châsses et le crucifix et 
ferment les portes de leur église, se hâtant de venir humble et 
pieds nus faire amende honorable devant le tombeau du saint 
qu'il a offensé *. En 1026, quand il prend Saumur, la fureur 

1. Catalogue d* actes f n® 48 : « Comitissa vcro, maxime viro suo miliciac 
suac intcnto, elemosinam suam augere cupicns... » 

2. Pièce justificative n^ 6 : Tabbé de Saint-Florent, malgré son bon droit, 
cède devant les revendications de Foulque Nerra « ob immanitatem fero- 
ciae ipsius ». Il faut noter toutefois que le rédacteur de la notice est sus- 
pect de partialité. 

3. Catalogue (rades, n® 8 : « Quapropter ego Fulco... propter remedium 
animae meae et pro poenilentia de tam magna strage christianorum quae 
acta est in planicie Conquareth et ut beata Maria Dei genitrix Virgo et 
sanctus Maurilius pontifex intercédant ad Dominum nostrum Jesum 
Christum pro me peccatore... » 

4. Pièce justificative n° 3. 

Halphbn. — Le comté d^ Anjou. 9 



130 ^E COMTÉ D*ANJOD 

remporte d'abord : il pille tout, incendie tout, n'épargne 
même pas Téglise de Saint-Florent ; puis sa grossière piété 
reprend subitement le dessus : « Saint Florent, laisse-toi 
consumer, s'écrie-t-il ; je te bâtirai à Angers une plus belle 
dem^re ! » Mais comme le saint ne se laisse pas gagner par ses 
belles promesses, comme la barque où il a fait charger son 
corps refuse de bouger, il s'emporte contre « cet impie 
et ce rustre qui décline l'honneur d'être enseveli à Angers » K 

Ses violences sont grandes, mais ses pénitences éclatantes: 
en 1002 ou 1003, il part pour Jérusalem. Il est à peine de 
retour qu'il se souille en faisant tuer Ilugue de Beauvais : 
nouveau voyage en Terre Sainte, dont les périls d'une 
traversée mouvementée et l'hostilité des infidèles ne peuvent 
le détourner (1008 ?). Enfin, presque âgé de soixante-dix ans, à 
la fin de Tannée 1039, il n'hésite pas, pour gagner son salut, à 
affronter encore une fois les/atigues et les dangers d'un dernier 
pèlerinage au tombeau du Sauveur -, Voilà qui donne bien 
l'impression d'un tempérament fougueux, farouche même, mais 
perpétuellement dominé par la crainte de la vengeance céleste. 

Sur ce double thème la légende se plut à broder. Cet homme 
violent est devenu le type de la plus atroce férocité : on l'a 
représenté poignardant sa femme, portant l'incendie à travers 
Angers même ^, imposant à son fils rebelle l'obligation de faire 
plusieurs milles une selle sur le dos et, alors que celui-ci se 
traînait humblement à terre devant lui, le repoussant brutale- 
ment du pied en criant victoire ^ ; et un moine de Saint-Florent 

1. Hisl. de Saint-Florent t dans les Chron, des églises d\Anj'oUyp. 277-278. 

2. YoïrV Appendice II. 

3. Voir ci-dessus, p. 62, n. 3. 

4. William de Malmcsbury, Gesta reguni Anglorum, III, 235 (éd. I 
Stubbs, t. II, p. 292) : « Tune senis frigidus jam et effoelus sanguis ira 
incaluit fîliumque juvenililer insullantem paucis diebus maturiori consilio 
adoo infregit, ut por aliquot milliaria scllam dorso ovehens pronum se cum 
sarcina ante pedes patris exponeret. Ille oui vêtus animositas adhuc palpi- 
laret, assurgens et pede jacentem pulsans : Vicias es tandem, vicias I ter 
quaterque ingemiaat. » 



y 



LE œMïE 131 

de Saumur, il est vrai suspect de partialité, a pu nous laisser de 
lui et de son fils ce sombre portrait : « Us égalèrent presque les 
bêtes fauves par leur férocité et leur cruauté: foulant leurs 
ennemis aux pieds, n'ayant de pitié pour personne, sans cesse 
en guerre, s'appropriant les biens des églises pour y bâtir des 
forteresses qu'ils distribuaient à leurs vassaux,' bouleversant 
tous les domaines, ils ne souffrirent en aucun cas qu'on osât 
protester, fût-on abbé ou évéque ; leur cœur dur et avide 
châtiait les mpindres paroles » ^ 

De même encore Foulque est devenu dans la légende le type 
du guerrier vaillant et rusé, capable d'accomplir les tours de 
force les plus extraordinaires: il entendra, par exemple, à 
travers une cloison, parler d'une tentative machinée contre sa 
capitale, pendant son absence, par les fils de Conan; et aussitôt, 
d'une seule traite, il galopera d'Orléans à Angers, taillera 
ses ennemis en pièces et regagnera Orléans avec une telle 
rapidité qu'on n'aura même pas eu le temps de remarquer 
son absence '*. 11 sera le sauveteur du pape, qu'il délivrera par 
des exploits merveilleux des brigands les plus dangereux et 
du redoutable Crescentius ^. Il aura enfin l'esprit si retors, qu'il 
saura éviter les pièges que les infidèles auront le mieux combi- 
nés contre lui '*. 

1. Hisl. de Sainl'Florenij p. 260 des Chron, des églises d'Anjou. Nous 
traduisons assez librement. 

2. Gesta consulum Andegav. (ms. 6218, p. 44-45 ; Chron, des comtes d'An- 
JoUf p. 92-93). Cf. ci-dessus, p. 25, n. 3. 

3. Voir VHisl. de Sainl-Florenl (Chron. des églises d'Anjou^ p. 273) et 
surtout la dernière rédaction des Gesta consulum Andegav. [Chron. des 
comtes d'Anjou, p. 100-106), où se trouve un r<^cit d'allures épiques tout 
comme celui que M. Lot à signalé pour GeofTroi Grisegonelle dans la 
liomania, t. XIX (1890). 

4. Gesta consulum Andegav. (ms. 6218, p. 46 ; Chron. des comtes d'An- 
jou^ p. 102) : Foulque, après avoir pu pénétrer dans Jérusalem en payant 
force argent, se voit refuser l'accès du Saint-Sépulcre. Les infidèles, 
« cognito quod vir alti sanguinis esset, deludendo dixerunt nullo alio modo 
ad sepulcmm optatum pervenire posse nisi super illud et cruceni domini- 
cam mingeret. Quod vir prudens licct invilus, annuit. Quesita igitur arietis 



132 



LE COMTÉ d'aNJOU 



De cet homme que la crainte du ciel saisissait par instants, 
la légende a fait le type idéal du pécheur repentant : ce ne sera 
plus trois fois, ce sera quatre fois qu'il aura accompli le pèlerinage 
de Terre Sainte * ; on le représentera. se faisant traîner demi-nu, 
la corde au cou, dans les rues de Jérusalem, flagellé par deux 
valets et criant : « Seigneur, ayez pitié du traître ^ ! » 

Mais toutes ces exagérations en bien comme en mal, ces 
traits légendaires ou même épiques ne prouvent-ils pas mieux 
qu'aucun discours ne pourrait le faire Timportauce singulière 
que les Angevins de ce temps attachaient à la personne du 
comte qui en était 1 objet ? 



vesicapurgata atque mundata et optimo albo vino repleta, quin etiam apte 
inter cjiis femora posita est et cornes discalciatus ad sepulcrum Domini 
accessit, vinum super sepulcrum fudit et sic ad libitum cum omnibus sociis 
intravit. » 

1. Voir V Appendice II. 

2. William de Malmesbury, Gesta reguni Anglorum^ 111, 234, éd. Stubbs, 
t. II, p. 282. 



DEUXIÈME PARTIE 



LE COMTÉ D'ANJOU SOUS GEOFFROI LE BARBU 

ET FOULQUE LE RÉGHIN 

(1060-H09) 



CHAPITRE I» 
GEOFFROI LE BARBU 

I 

GeofTroi Martel, nous Tavons dit, ne laissa pas d'enfants ; mais 
avant de mourir il avait réglé sa succession et partagé ses biens 
entre ses deux neveux, GeofTroi le Jeune, plus tard surnommé 
« le Barbu », et Foulque dit « le Réchin »S (ils Tun et Tautre de sa 
sœur Ermengarde et de GeofTroi, comte deGâtinais ^. Foulque, le 

1. Sur ces surnoms, voir Appendice I. 

2. Foulque le Réchin, dans sa Chronique, dit qu'il est fils m Gosfridi de 
Castro Landono et Ermengardis, filiac Fulconis comitis Andegavensis » 
(Chron. des comtes d'Anjou, p. 375). Une généalogie de la fin du xi« siècle 
publ. par R. Poupardin (Généalogies angevines du -Y/* siècle, dans les Mél. 
di" archéologie et d'histoire, t. XX, 1900, p. 208, n<* 6) donne la filiation sui- 
vante : « Ex Béatrice Gosfridus cornes de Castello Landonensi ; ex Gau- 
frido Gaufridus et Fulco presens. » Les textes qui prouvent qu'Ermen- 
garde, fille de Foulque Nerra, était mère de Geoffroi le Barbu et de Foulque 
sont nombreux : on peut voir, entre autres, le n^ 8 du Cartul. du Ron- 
ceray, éd. Marchegay. D'autre part, dans une de ses chartes, GeofTroi le 
Barbu dit faire une donation à Saint-Serge d'Angers, afin qu'on y célèbre 



1 



13i LE COMTÉ d'aNJOU 

cadet, âgé de dix-sept ans, avait été armé par lui chevalier en 
1060, au moment de la Pentecôte ', et avait dès ce moment reçu en 
apanage la Saintonge, dont Féloignement rendait la défense diffi- 
cile et qui était alors exposée aux attaques d'un seigneur de la 
région, Pierre de Didonne '^. Sa part d'héritage comprenait, en 
outre, la ôhâtellenie de Vihiers. Mais tous ces biens, il devait les 
tenir en fief de son frère aîné Geoffroi ^. Marié à Julienne, 



ranniversaire de son père Geoffroi : « Ipsi vero constitiitum habeni pro 
isto beneficio annis singulis facerc anniversariiim patris mei Gaufridi, quod 
est II kalendas maii, non minus diligenter c|uam abbalum suoruni anniver- 
saria » {Catalogue d'^acies^ n° 205), et on lit, en effet, dans VObiluaire de 
Saint-Serge (Bibl. d'Angers, ms. 836, ancien 753), parmi les mentions du 
XI'' siècle, la note suivante au 2 des calendes de mai : « Obiit Gaufridus 
cornes [GJuastinensis ; ut de abbale, ita de eo. » Une donation de Foulque 
le Réchin est faite « pro remedio anime mee seu patris mei Gauffridi atque 
matris mee Ermengardis » [Catalogue d'actes, no232). Ces textes suffisent à 
ruiner l'opinion généralement admise et défendue en dernier lieu par 
MM. Prou (V acquisition du Gai inai$ sous Philippe I^^, dans les Annales de 
la Soc. histor, et archéol. du Câlinais, t. XVI, 1898, p. 177, n. 2) et d'Espi- 
nay (Les comtes du Câlinais, dans les Méni. delà Soc. d'agricult., sciences et 
artsdWngers, 5" série, t. I, 1898, p. 25) suivant laquelle le père de Geoffroi 
le Barbu et de Foulque le Réchin se serait appelé Aubri et non Geoffroi. 
C'est là une tradition fausse accréditée par la Chron. de Saini-^faLreni 
[Çhron. des églises d^ Anjou, \). 402), parOrderic Vital (éd. Le Prévost, t. II, 
p. 92 et 253), Hugue de Fleury {Mon. Cermaniae, Scriplores,i. IX, p. 390) et 
Raoul « de Diceko « (éd. Stubbs, t. I, p. 185, et p. 333 des Chron. des comtes 
d'Anjou), tous auteurs sans autorité. Les historiens du Gâtinais ont été en 
outre, bien à tort, embarrassés par une charte, aux termes de laquelle le 
comte de Gâtinais, en 1026, se nommait Aubri et non Geoffroi (Dubois, Ilist. 
eccles. Parisiensis, t. I, p. 636) : cette charte ne peut servir à établir le 
nom du comte de Gâtinais quelques années plus tard ; elle nous apprend 
d'ailleurs qu'Aubri avait deux frères, Geoffroi et Liétaud ; le premier de 
ceux-ci pourrait bien avoir été le successeur d'Aubri et le père de nos 
deux comtes. 

1. Chron. de Foulque le Réchin : « In hujus extremo vitae auno, me 
nepolem suum ordinavit in militem in civitate Andegavis festivitate Pen- 
tecostes, anno ab incarnatione Domini MLX° » {Chron. des comtes d'Anjou^ 
p. 379). 

2. Ibid. : « Et commisit mihi Santonicum pagum cum ipsa civitate 
causa cujusdam guerrae quam habebat cum Petro Didonense. » 

3. Une notice du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 29 v<»-30 r® 
{Catalogue d'actes, n^ 208), contient la phrase suivante : « Gosfredus, Fulconis 
filius, Andegavensium comes, cognoscens dicm mortis imminere, condonavit 



GEOFFROI LE BARBU 135 

fille d^Hamelin, seigneur de Langeais^, celui-ci avait déjà hérité 
du comté de GAtinais *' avant la mort de son oncle et il lui succé- 
dait dans le comté d'Anjou et Touraine'^ : à sa domination immé- 

Gosfrido nepoti suo comitatumsiium, Fulconi vero, fratri hujus, inter caetera 
Vierensium castrum, praecipiens tamen ut omnia a fratre suo tonerel. » 
Une charte de Foulque le Réchin (les années 1060-1068 (Catalogue (Faciès 
n<» 207), donnée par lui en sa cour, à Vihiers, commence ainsi, après un 
long préambule : a Quapropter ego Fulco, illustris quondam et prcpotentis 
Andecavorum comitis Gausfridi, Fulconis filii, nepos, aliquantulum de bis 
quae jure hcreditario ex bcneûcio ipsius me contingunt et ad castellariam 
Vigerii, unde me dominum et possessorom fccerat, pertinent, pro mea et 
illius anima servis Deirelaxarc disposui. » ^ 

1. Julienne souscrit dès 1060 une charte de son mari [Catalogue d^acles, 
\V* 158); elle souscrit encore notamment un acte du 7 août 1067 [ibicL, 
n° 186). Une charte de Ilugue de Langeais des années 1068-1082, confirmée 
par Foulque le Réchin (Catalogue d'aclesy n® 240), porte la souscription 
d'une « comtesse Haroeline », qu'une glose du Cartulaire de Bourgueil disait 
« filia Hamelini de Langiaco, uxor, GofTridi Barbati comitis Andegav. » 
(glose indiquée dans toutes les copies de la charte que nous avons relevées 
au Catalogue d* actes). Le Cartulaire de Bourgueil n'avait été, il est vrai, 
écrit qu'au xv« siècle ; mais cette glose était évidemment la transcrip- 
tion d'une note ancienne, soit de l'original même, soit d'une copie. Aussi 
y a-t-il loute raison pour en admettre l'exactitude. D'autre part, « Ilame- 
line ») ne peut être qu'un surnom de Julienne, puisque celle-ci est restée, 
au témoignage des chartes précitées, la femme de Geoffroi le Barbu jus- 
qu'à la déposition de ce dernier. On conçoit d'ailleurs qu'elle ait reçu ce 
surnom, puisque « Hamelin » était le nom de son père. 

2. Une charte nous montre l'abbé de Saint-Père de Chartres venant se 
plaindre à Geoffroi Martel, comte d'Anjou, de son neveu Geoffroi, comte 
de Gâtinais iCartuL de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, t. !«'', p. 126 ; 
Catalogue d'actes, n® 154). Le père de Geoffroi le Barbu était d'ailleurs mort 
avant la comtesse Hildegarde (décédée le l*"" avril 1046), comme on le voit 
au n* 8 du Cartul. du Ronceray, 

3. Une charte est donnée j>ar Geoffroi Martel à son lit do mort en pré- 
sence de ses deux neveux Geoffroi, son successeur, et Foulque (Cata- 
logue d*acteSj n® 157) ; nous avons cité (p. 134, n. 3) une notice du 
Lirre noir de Saint-Florent tout à fait concluante ; une autre (Catalogue 
d'actes, n® 171), de l'an 1063, parle de Geoffroi le Barbu < cum post illius 
(Gausfredi)obitum Andecavensem ac Turonensem obtineret et ipse pariter 
comitatum » ; enfin l'ensemble des chartes inventoriées sous les n** 158 à 
210 de notre Catalogue d'actes prouvent notre assertion jusqu'à l'évidence. 
Foulque n'y ih même pas le titre de comte. Aussi faut-il reléguer définitive- 
ment dans la légende, comme on Ta déjà fait, le prétendu partage du comté 
entre Foulque et son frère indiqué dans la rédaction primitive des Gesta 



136 LE COMTÉ d'aNJOU 

diate, en dehors de Tapanage constitué à son frère Foulque le 
Réchin, le territoire de Saumur, donné en douaire par GeofTroi 
Martel à sa dernière femme *, échappait seul, et encore allait*il 
dès Tan 1062 rentrer dans le domaine comtal 2. 

Au début, Foulque le Réchin se contenta de la situation^ 
subordonnée qui lui était faite, et les deux frères vécurent en 
bons termes : on vit Foulque souscrire docilement les chartes 
de Geoffroi ^ ; Geoffroi, de son côté, vint prêter aide à Foulque, 
quand, en 1061, le duc d'Aquitaine Gui-Geofîroi, revendiquant 
la Saintonge '*, commença ses attaques contre Saintes : Geoffroi 
se joignit à son frère ; marchant au devant de Gui, ils le rencon- 
trèrent à Chef-Boutonne et, après une lutte acharnée, mirent 
l'armée poitevine en fuite (21 mars 1061) ^. Mais, en 1062, Gui- 

consuL Andegav, en ces termes : « Reliquit (Gosfridus Martellus) Ande- 
gaviâm et Santonas Barbato, Turoniam cum Landonensi Castro Fulconi » 
et en ces ternies dans les rédactions suivantes : a Ândegaviam et Santonas 
Fulconi, Turoniam cum Landonensi castro Barbato donavit » (Chron, des 
comtes <r A nj ou y p. i3i), 

1. Voir les chartes, n*»* 167, 168, 169 du Catalogue d'actes, 

2. Ibid,, nM68. 

3. Ibid,, no» 161, 167, 168, 195, 196, 199, 204. 

4. C'est en effet vraisemblablement à ces événements qu'il faut rappor- 
ter en gros ce que disent la Gesla consul. Andegav, {Chron, des comtes 
d'Anjou^ p. 126) des revendications des Poitevins et des Angevins au 
temps de Geoffroi Martel. 

5. Chron. de Saint-Maixent, dans les Chron. des églises d'Anjou, p. 402. 
M, Richard, Hist. des comtes de Poitou , t. I*', p. 284, a fort ingénieuse- 
ment tenté d'établir la date du 21 mars, en supposant que les détails 
donnés parles Gesta consul. Andegav., loc. cit.. Sur la bataille de Chef- 
Boutonne étaient dans Tensemble admissibles, quoique cette bataille y fût 
placée au (empsde Geoffroi Martel par confusion avec celle de Saint-Jouin- 
de-Marnes : il y est question du froid intense dont les vainqueurs 
cherchèrent à se protéger en s'abritant derrière les cadavres des 
vaincus. Or la Chron. de Saint-Maixent fixe le combat au jour de 
la saint Benoit : on pouvait hésiter entre la saint Benoît d'été et 
la saint Benoît d'hiver ; l'observation de M. Richard permet, semble- 
t-il, de se prononcer pour la seconde. Il faut d'ailleurs remarquer que 
la Chron. de Saint-Maixent, dit, en même temps, que le combat eut 
lieu un mardi, et que, en 1061, le 21 mars tomba un mercredi : ou bien il 
y a erreur, et l'erreur, dans ce cas, doit porter plutôt sur le jour que sur le 



GEOFFROI LE BARBU 137 

Geoffroi ayant renouvelé- son attaque et mis le siège devant 
Saintes, la place, à bout de ressources, dut se rendre, sans que, 
à ce qu'il semble, Geoffroi le Barbu eût fait effort pour venir la 
dégager ^ 

Avec la Saintonge, Foulque perdait le plus gros morceau de 
son apanage : son mécontentement dut être Torigine ou le motif 
de ses premiers dissentiments avec son frère ^. En 1063, nous 
les voyons en pourparlers à Candé ^ ; la bonne entente était, 
sans doute, déjà rompue, car le nom de Foulque n'apparaît plus 
désormais dans les chartes de Geoffroi ^. 



II 



La situation de Geoffroi était cependant encore loin d^étre 
compromise : au début de cette même année 1063, il se sentait 
assez fort pour aller dans le Maine soutenir Gautier de Mantes 
contre le duc de Normandie Guillaume le Bâtard ^. Mais par 

quantième ; ou bien — mais ceci nous parait trop douteux — on faisait 
alors commencer les fêtes la veille (c'est l'opinion suivie par M. Prou, 
L'acquisition du Gâtinaiê sous Philippe /*', dans les Annales de la Soc. 
hisl. et archéol, du Gâtinais, t. XVI, 1898, p. 178) : en ce cas, il faudrait 
corriger la date donnée en 20 mars, au lieu du 21 mars. — Il est fait allu- 
sion à la victoire de Chef-Boutonne dans une charte de Tan 1063, qui est 
dite donnée « Philippo rege in Gallia régnante et Gaufrido comité, qui 
Guidonem, Pictavorum comitem, jam in prelio devicerat, Andecavem pro- 
curante » (Arch. de Maine-et-Loire, G 1541, fol. 5, original). 

1. Chron, de Saint-Maixent, loc, ci7., p. 403. 

2. C'est ce que semble indiquer un fragment provenant de Fleury-sur- 
Loire, où d'ailleui's les confusions sont assez nombreuses (Hist. de Fr,, 
t. XI, p. 158). 

3. Catalogue d* actes, n^ 172. 

4. Au témoignage de Foulque le Réchin lui-même {Chron. des comtes 
d'Anjou, p. 379), il y eut entre lui et son frère une longue lutte coupée de 
trêves avant les événements de Tan 1067. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 86 : » Accito 
saepius Gaufredo, qucm praeses eorum Galtcrius dominum sibi ac tutorem 
praefecit, praelio decernere minati sunt noununquam. » Une charte rap- 



138 LE COMTÉ d'aNJOU 

une politique violente et maladroite, il ne tarda pas à s'aliéner 
successivement tout le clergé de ses états. 

Il commença d'abord, sans qu on sache pourquoi, à persécuter 
l'archidiacre Bérenger, dont l'évéque Eusèbe Brunon ne cessait 
d'être le fidèle protecteur ^ ; il le dépouilla de tous les biens 
qu'il possédait à Angers et, en dépit de ses fonctions, finit par 
l'expulser de la ville - : ses violences furent telles que le pape, 



porte une difficulté survenue entre Marmoutier et GeolTroi le Barbu quand 
ce dernier « aliquando in adjutorium Cenomannensium contra Bigotos para- 
ret » ; plainte est portée au comte quelques jours après, le 14 mars 1063 
(Catalogue d'actes, n° 171). C'est, sans doute, à cette expédition que l'auteur 
des Gesta consulum Andegav. fait allusion quand il dit, en confondant les 
noms et les temps : tt Gosfridus Barba tus, armis strenuus, cum Cenomannen- 
sibus est foederatus ; cujus auxilio llelias de Fisca Cenomannum recupera- 
vit, quod Willelmus rex Anglorum sibi auferebat » (Chron, des comtes 
d'Anjou, p. 134). 

1. M. Brôckingnous paraît avoir parfaitement prouvé contre M. Schwabe, 
Studien zur Geschichte des zwciten Ahendmahlstroiis, p. 99-100, qu'Eusèbe 
.Brunon n'a abandonné Bérenger qu'après le concile de Latran de 1079 
(Brocking, Die Lossagung des Bischofs Eusebius von Angers von Bcrengar 
von Tours, dans Deustche Zeitschrifl fiir Geschichlsivissenschafl, t. V, 1891, 
l'*» partie, p. 361-365 [avec la correction du t. VI, 1891, 2« partie, p. 232], 
et du même, Bischof Eusebius von Angers und Berengar von Tours, même 
recueil, t. XII, 1894-95, 2« partie, p. 344-350, en réponse à un article de 
M.Schnitzer, dans le Katholik, ann. 1892, II, p. 544 et suiv.). On sait d'ail- 
leurs qu'Eusèbe Brunon prit publiquement la défense de Bérenger lors 
d'un synode réuni à Angers en 1062 pour examiner sa doctrine : c'est Béren- 
ger lui-même qui nous l'apprend, dans une lettre éditée par Sudendorf, 
Berengarius Turonensis, p. 219, n" 12 (cf. Schwabe, op. cit., p. 99, et pour 
la date de la lettre, voir les articles cités de Brocking). Enfin on jugera de 
l'hostilité à laquelle Eusèbe Brunon finit par en arriver vis-à-vis de Geof- 
froi le Barbu par la lettre de l'évéque éditée dans Sudendorf, op. cit., 
p. 222, n" 15. Nous y reviendrons plus loin. 

2. Bérenger se plaint de ces persécutions dans une lettre adressée par 
lui au cardinal Etienne (Sudendorf, op. cit., p. 224, n^ 16) : « Noverit ergo 
bene affecta erga me humanitas vestra omnia que mihi apud Andegavem 
munificentia divina contulerat odium comitis perturbasse, accessum ad 
urbem et quam Andegavensi ecclesiae clericus archidiaconusque debebam 
frequentiam per plures jamannos omninopernegasse. » Sudendorf (op. ci/., 
p. 163-172) rejette sans raison valable la date de 1060-1067 pour cette 
lettre, qu'il croit devoir reporter au temps de Foulque le Réchin, en 1073. 
Comme Bérenger y parle de l'évéque du Mans, la lettre est antérieure au 



I 



GEOFPROI LE BARBU 139 

se rendant à Tappel de Thérésiarque, dut faire, par l'archevêque 
de Tours et Tévêque d'Angers, enjoindre au comte de cesser *, 
puis lui écrire lui-même pour l'inviter formellement à la modé- 
ration *. Geoffroi le Barbu restait sourd à ces avertissements : le 
pape le menaça d'excommunication '^ 

Conseils et menaces ne servaient de rien ; Geoffroi, redou- 
blant de maladresse, déchaînait au même moment la fureur des 
moines de Marmoutier. L'abbé Albert étant mort le 20 mai 
1064 * et les moines ayant élu Barthélemi à sa place, Geoffroi 
le Barbu exigea que ce dernier, avant d'entrer en fonctions, vînt 

10 mai 1065, date de la mort de Bougrin, après laquelle l'évêché resta 
plusieurs années vacant (voir ci-dessous, p. 141); elle se place donc exac- 
tement entre le 14 nov. 1060 et le 10 mai 1065, et comme il y est dit que les 
persécutions du comte durent depuis plusieurs années, la date peut être 
cherchée aux environs de 1064 (date adoptée d'ailleurs par M. Schwabe, 
Studien zur Geschichte des zweiten AhendniahUfreUs, p. 101). Il est fait 
allusion aux mêmes faits dans la lettre citée à la note suivante. 

1. Bishop, Unedirte Briefe zur Geschichte Berengars von Tours, dans, 
Vllislorisches Jahrbuch, t. I, 1880, p. 274, n^ 3 (Jaffé-Wattenbach, Heges/a 
n°4588) : « Helatum est nobis G. comitem quorumdam suorum instinctu qui 
confratrinostro domno Beringerio sacerdotiinimicantur, in ejusdem odium 
quasi sub defensione christiane fidei exarsisse adeo ut in aecclesia Ande- 
gavensi, in qua ipse confrater noster archidiaconii honore fungitur, 
officium suum minis suprafati comitis implere perterritus non audeat. Qua- 
propter fralernitati veslre, nobis dilecte, mandavimus quatenus ipsi comiti 
noslravice precipiatis neulterius hac occasione supradictum virum inquie- 
tare présumât. » 

2. Ibid,, p. 273, n® 2 (JafTé-Waltenbach, Regesta^n'* 4547): le pape écrite 
Geoffroi le Barbu pour lui dire ^u'il s'étonne « ut semper persistas inobe- 
diens nostre legationi » ; c'est une allusion ^ la suite delà lettre le montre 
— aux réprimandes que l'archevêque de Tours et l'évêque d'Angers avaient 
été chargés de lui faire. Le pape réitère lui-même à Geoffroi Tordre de 
cesser. 

3. Ibid., p. 274, n» 4 (Jaffé-Wattenbach, Hegesta, n® 4601). Après avoir à 
nouveau demandé à Geoffroi de laisser Bérenger « procurare res suas, 
exercere negolia, administrare officia », le pape termine ainsi sa lettre : 
«Circa hocmihiobedientiam tuam patri filius negare ne présumas. Quod si 
presumpseris, non ulteriusadmoniloremsedanimadversorem potiusetana- 
thematis in tantam contumatiam experieris exsertorem. Vale, si exhibueris 
obedientiam; si non, incurreris anathema. » 

4. VoirpourcettedateM. Prou, Vacquisition du (ratinais soiis Philippe /«' 
(dans les 3/**m. de la Soc, archéol. du Gâlinais, t. XVI;, p. 6 du tirage à part. 



140 LE COMTÉ d' ANJOU 

recevoir Tinvestiture de ses mains *. Pour beaucoup d'autres 
monastères cette prétention eût été légitime ^ ; mais Tindépen- 
dancede Marmoutier vis-à-vis du comte d'Anjou avait été expli- 
citement réservée lors de la cession de la Touraine à GeofTroi 
Martel en 1044 ^. Malgré les protestations des moines, Geoflfroi 
restait intraitable ; il menaçait de détruire leur monastère sHls 
ne se soumettaient. Les moines tentèrent de négocier ; mais plus 
ils tardaient à obéir, plus la colère du comte augmentait : des 
menaces, à les en croire, il ne tarda point à passer à la violence 
et fit main basse sur leurs biens, sans les épargner eux- 
mêmes. Les religieux appelèrent à leur secours le vénérable 
Hugue, abbé de Cluny ; mais les supplications de ce saint 
homme furent vaines^ elles aussi. GeofTroi criait qu'il saurait 
bien mater ces moines, ainsi que des ânes, et comme Hugue, 
pour implorer sa pitié, essayait de l'arrêter par un pan de son 
manteau, le comte, arrachant la fibule qui le retenait, partit 
furieux sans lui répondre *. 

1. Gesta consulum Andegav. (rédaction du ms. lat. 6006 de la Bibl. nat.), 
p. 134 des Chron. des comtes d'Anjou, 
2* Voir !'• Partie, chapitre V, et ci-dessous, chapitre IV. 

3. C'est ce que nous apprend une charte de Marmoutier de Tan i096 ; 
»... et quia pater suus apud eam sepultus crat, in tantum caram habuit 
(Theobaldus) ut cum totam Turonicam cum civitate ipsa traderet Andega- 
vorum comili Gaufrido Martello, qui eum ceperat in redcmptionem sui, 
ipsam tamen, idest abbatiam Majoris Monastcrii, nominatim exciperet 
atque sibi in proprio dominio retineret » {Carlul. danois de Marmoutier^ 
éd. Mabille, n° 92). — Dans les Gesta consulum Andegav, (rédaction du 
ms. lat. 6006 de la Bibl. nat.) le motif du conflit a été tout à fait déna- 
turé : les moines auraient refusé de se rendre aux prétentions du comte, 
prétendant que leur abbaye dépendait directement du roi. M. Lévêque a 
justement fait remarquer que ce récit se rattachait à une tentative faite 
après coup par Marmoutier pour revendiquer ce prétendu privilège 
(Lévêque, Trois actes faux ou interpolés des comtes Eudes et Robert et du 
roi Raoul en faveur de Vabbaye de Marmoutier^ dans la Ribl. de VEcole des 
Chartes, t. LXIV, 1903, p. 54 et suiv.). 

4. Gesta consul, Andegav., loc.cit,, p. 134-138; lïildebertde Lavardin, Vie 
de saint Hugue, dans les llist, de Fr,, t. XIV, p. 70, d'après la même source 
que les Gesta. Une allusion est faite à ces événements dans la lettre adres- 
sée peu après au pape par Tévêque EusèbeBrunon : «... nihilominus detes- 



GBOPFRÔl LE BARBU 141 

Enfin, comme si ce n'était pas assez de tant de mécontents, 
Geoffroi le Barbu était encore, en 1065, entré en conflit avec 
Tarchevêque de Tours : le 10 mai de cette année, Tévêque du 
Mans Bougrin {Vulgrinus) étant mort S sous l'influence évi- 
dente du duc de Normandie Guillaume, le Normand Arnaud 
fut élu au siège vacant ^. Empêcher, si possible, la consé- 
cration de Télu était certainement, en principe, pour le comte 
d^Anjou, de bonne politique ; mais à un moment où il eût fallu à 
tout prix éviter d'exciter davantage contre lui le clergé d!Anjou 
et de Touraine, la conduite de Geoffroi fut d'une insigne mala- 
dresse. C'est, en effet, à l'archevêque de Tours Barthélemi, 
duquel dépendait la province du Mans, qu*il appartenait de 
consacrer Arnaud : Geoffroi le lui interdit '^ On allégua qu'Ar- 
naud, étant fils de prêtre, n'était pas éligible ^. Le clergé du 
Mans porta plainte au pape Alexandre II, qui enjoignit à l'ar- 
ôhevêque de procéder sans retard à la consécration et au comte 
d'y laisser procéder ^. Geoffroi redoubla de menaces contre Bar- 
thélemi s'il passait outre. « Ce nouveau Néron, écrivait larche- 
véque en répons<e aux injonctions du pape, a dépassé en impiété 
tous ses prédécesseurs... Il a mis à sac tous mes biens et ceux 
de mon église, renversé ma demeure et celle de mes chanoines, 
il nous a rendu le séjour de notre cité impossible... J'ai reçu de 
Votre Autorité l'interdiction de me prêter à une substitution 



labili pervasione beati Martini adortus ecclesiam... » (Sudendorf, Berengst' 
riu8 Turonensis, p. 222, n« 15). C'est a tort qu'on a cm d'ordinaire qu'il 
s'agissait là de Saint-Martin de Tours : nous ne connaissons de différend 
de Geoffroi le Barbu qu'avec Saint-Martin de Marmoutier. 

1. Notes de'VObit. de Saint-Serge, p. 108, et liste des abbés de Saint- 
Serge, p.. 109 de notre RecueilJ' annales angev. et vendant, 

2. Actus pontif. Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, 
p. 374-375. 

3. Barthélcmi s*en plaint vivement dans une lettre adressée au pape 
(Sudendorf, Berengariua Turonensisy p. 221, n° 14). 

4. Actus j loc, cit., p. 375. 

5. Ibid, et voir la lettre du pape (Jaffé-Wattenbach, Hegesta, n» 4642) 
publiée dans le Neues Archii\ t. VII, p. 160. 



142 LE COMTÉ D*ANJOU ' 

d'évêque ; mais, pour m'empêcher de vous obéir, il a, n'ayant 
aucun droit sur Tarchevêché de Tours, mis en œuvre contre moi 
les menaces les plus terribles. J'ai dénoncé son audace aux 
autres évêques à Orléans, en la cour du roi, alors qu'il y était 
lui-même ; mais ni les efforts des laïcs, ni ceux des clercs ne 
parvinrent à le calmer ; ils eurent beau lui interdire de par Tau- 
torité royale d'attenter à la personne d'un archevêque royal *, 
rien ny fit. Tout cela joint aux tentatives que j'avais, suivant 
tes avertissements, faites auprès de lui pour qu'il cessât de pour- 
suivre de sa haine et de ses violences notre frère Bérenger 2, et 
d'autres causes encore n'ont fait que provoquer chez ce vassal de 
mon église un redoublement d'oppression. » Barthélemi terminait 
son épitre en annonçant au pape qu'il avait avec les évêques du 
synode d'Orléans excommunié le comte rebelle et en le priant de 
confirmer la sentence et de. faire savoir aux suffragants de Tours, 
notamment à l'évêque d'Angers, qu'ils eussent à s'abstenir de 
tout rapport avec l'excommunié -^ — Le pape écouta cet appel 
et dépêcha en Anjou le légat Etienne ^. 



1. On sait par ailleurs que rarchcvêque de Tours était à la nomination 
du roi : voir Imbart de La Tour, Les élections épiscopstles dans VEglise de 
France, p. 244, n. 1. 

2. Bérenger Fliérésiarque. Voir ci-dessus. 

3. Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 221-222, n<» 14. Cettre letlrc, 
où il n'est pas fait allusion à la première déposition de Geoffroi le Barbu 
en avril i067 et qui est postérieure à la mort de Tévèque du Mans Bougrin 
(10 mai 1065), doit se placer, à ce qu'il semble, dans le courant de Tannée 
1066. 

4. Dans une lettre adressée un certain temps après Temprisonnement 
définitif de Geoffroi le Barbu (Sudendorf, op. cit., p. 222, n^ 15), Tévêque 
d'Angers Eusobe Brunon dit expressément que c'est pour mettre fin aux 
violences du comte que le pape a envoyé le légat Etienne : « Misisti enim 
ad nos proxime abacto tempore beali Pétri cardinalem Stephanum, qui 
vicem patcrnitatis luae suppleœt ascendendo ex adverso et murum oppo- 
ncndo pro ecclesia Turonensi contra illum angelum Satanae transfiguran- 
tem se in angelum lucis, Josfridum dicimus, comitem junlorem illum 
Andogavensem. >» 



GEOFFROl LE BARBU 143 



III . 

Dès ce moment, la situation de Geoffroi le Barbu était presque 
désespérée : le comté d'Anjou était à la merci de la première 
.attaque et si, à la fin de Tannée 1066, le comte de Rennes 
Conan, après avoir pris Pouancé et Segré *, n'était subitement 
mort devant Ghâteau-Gontier (décembre 1066) -, si, à la même 

1. Cette prise de Pouancé et de Segré n'est connue que par Le Baud 
{Histoire de Bretagne, p. 157), lequel ne donne aucune référence et dont la 
source semble perdue : « Et premièrement mena son exercite devant le 
chastel de Pouencé, lequel luy fut rendu par Silvestre, seigneur d'iceluy 
cbastel et de la Guerche... puis après alla Conan assiéger Segré, qu'il 
print. » — Guillaume de Poitiers (/fi«^ deFr., t. XI, p. 89) semble croire 
qu'à ce moment Conan et Geoffroi étaient de partie liée contre Guillaume 
le BAtard ; mais il fait évidemment erreur, ou veut exagérer les difficul- 
tés avec lesquelles son béros se trouva alors aux prises. 

2. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Illo item anno 
(MLXVIÏ) comes Britannorum Conanus, juvenis et maliciosus, Andecavo- 
rum terram superbe pervasus, pervasioni suç ac superbie in ipsa Andeca- 
vorum terra subita morte prçreptus est » (Recueil d'annales angev. et 
vendôm,, p. 64, 87). Guillaume de Jumiéges [Hist. de Fr,^ t. XI, p. SO) 
précise en disant que c'est devant Château-Gontier que Conan est mort ; 
il attribue d'ailleurs cette mort à un crime commis à l'instigation de Guil- 
laume le Conquérant et la place vers Tépoque du départ de ce dernier 
pour l'Angleterre, c'est-à-dire à la fin de l'année 1066. Cette date est con- 
firmée par l'épilaphe de Conan (publiée dans Lobineau, Hist, de Bretagne, 
t. II, col. 117, et dans Morice, Mémoires pour servir de preuves à Vhist, 
de Bretagne, t. I, col. 427), qui fixe la mort du comte de Rennes en 
décembre 1066. Un fragment annalisticiue breton [Hist, de Fr., t. XI,' 
p. 413, n.) fait par erreur mourir Conan devant Craon. C'est cette erreur qui 
a dû être le point de départ de tout un petit roman bâti (peut-être aussi à 
l'aide de quelques récits légendaires) par Le Baud dans ses Chroniques de 
Vitré (publiées à la suite de VHist. de Bretagne, éd. d'IIozier, Pains, 1638, 
in-fol.) chap. XIlï, p. 11. Suivant cet auteur, l'origine de l'invasion de 
Conan serait la forfaiture commise parGuérin, seigneur de Craon, qui, désa- 
vouant son seigneur, le comte wd'Anjou Geoffroi Martel, fit hommage au 
comte de Rennes. H en résulta, dit-il, une guerre où Guérin appela à son 
secours le sire de Vitré, son gendre, et le comte de Rennes : Conan mou- 
rut à Craon en 1066 ; mais après sa mort, Guérin reprit la lutte et profi- 
tant de ce que Geoffroi Martel était occupé à Brissac, « entra en celle terre 



144 LE COMTÉ d'aNJOU 

époque, le duc de Normandie Guillaume n'avait été occupé à 
conquérir l'Angleterre, Tavenir de ce comté eût pu être sérieu- 
sement compromis. L'occasion était si favorable, que Foulque le 
Réchin jugea pouvoir tenter un coup de force et, le 25 février 
1067, se rendit par surprise maître de Saumur *. 

Quelques jours après, le légat Etienne arriva dans la ville et 
sous sa présidence s y tint un synode auquel prit part notam- 
ment larchevéque de Tours 2. Les prélats renouvelèrent l'ex- 
communication prononcée contre GeofTroi le Barbu pour ses 
violences envers l'archevêque et Marmoutier 3, firent inviter 

que Geoffroy avoit reprise après la mort de Conan et la brusla et destrui- 
sit du tout jusques à rArche d'Angiers ; puis de là se départant vint au 
port d'Espinay ». Guérin se laisse surprendre à Espinay (Epinaces), y est 
blessé morlellcment et expire à Craon, pendant que GeofTroi Martel entre 
dans la place, s'en rend maître et la donne à Hugue le Bourguignon. 
S'apercevant, dans son Histoire de BrelagnCy p. 157 et suiv., que GeofTroi 
Martel était mort depuis longtemps en 1066, Le Baud essaya d'arranger 
les choses en remplaçant partout le nom de GeofTroi Martel par celui de 
GeofTroi le Barbu. Ménage enfin, dans son Histoire de Sablé^ p. 121 et 
suiv., brochant sur le tout, a augmenté encore la confusion. En réa- 
lité, Le Baud a fondu deux choses distinctes : l^'la confiscation de Craon 
faite par GeofTroi Martel au profit de Robert le Bourguignon et aux dépens 
du fils de Guérin I" deCràon (beau-père de Robert de Vitré), Suhart le 
Jeune, accusé de forfaiture (les textes ne précisent pas quelle forfaiture), 
événement qui se place après 1041 et avant 1053 (voir Bertrand de Broussil- 
lon, La maison de Craon, t. !•', p. 21) ; 2^ Finvasion de TAnjou par Conan 
en 1066. Les deux faits, faute de bien connaître Thistoire des comtes 
d'Anjou au moment où il rédigeait ses Chroniques de Vitré, lui auront paru 
tout d'abord contemporains et il les aura amalgamés ; plus tard, quand, 
en rédigeant son Hist, de Bretagne, il s'aperçut que le comte d'Anjou était 
GeofTroi le Barbu depuis 1060, il corrigea son premier récit sans recourir 
aux textes mêmes, mais en se contentant de relire assez rapidement ses 
Chron. de Vitré, auxquelles seules il renvoie. 

1. Chron, de Saint-Maixent : « Eodem anno (MLXVII) traditio Salmuri 
castri factaest Fulconi, fratri Gaufredicomitis Andegavorum, prima domi- 
nica die quadragesime, V kalendas marcii » {Chron, des églises d'Anjou, 
p. 403). 

2. Voir. la charte n<» 182 du Catalogue d'actes. La charte, donnée à Sau- 
mur le 11 mars 1067, est souscrite par plusieurs prélats et par le légat 
Etienne. 

3. L'évêque d'Angers Eusèbc Brunon écrivant peu après l'emprisonne- 
ment de GeofTroi le Barbu en 1068, rappelle d'abord l'envoi du légat 



1 

GEOFFUOI LE BARBU 145 

révoque d'Angers, qui n'était point présent *, à faire de même 2, 
et enfin, sans aller évidemment jusqu'à prononcer la déposi- 
tion de Geoflfroi au profit de son frère, comme ce dernier le fit 
raconter plus tard ^, ils laissèrent carte blanche à Foulque, et 
s'inclinant même jusqu'à un certain point devant le fait accom- 
pli, souscrivirent une charte que celui-cï délivra alors de sa 
propre autorité et avec le titre de comte en faveur de Saint-Flo- 
rent de Saumur (11 mars 1067) ^. 

Fort d'un tel appui, Foulque le Réchin, qui s'était gagné des 
partisans parmi les plus puissants vassaux de son frère, marcha 

Etienne, puis ajoute : « Flic ergo (Josfridus), conventus de abominabili 
vecordia sua,qua ma tri suae ccclesiae Turonensi manum injicere et, quanta 
erat, in tcrram detahere non veritus fuerat, nihilominus dctestabili 
pervasione beati Martini adortus ecclesiam, cum ad contemptum Christi 
domini et ecclesiae, paternitatis etiam tuae, qui ad revocandum a tanto 
sacrilegio illum mittcre non dissimulaveras, inrevocabilem se exhibuisset, 
ecclesiae communione privatus est a legato Romanae ecclesiae, a nobis 
etiam, Cenomannensi, Andegavensi atque Namnetensi episcopis » (Sudcn- 
dorf, Berengarius Turon.^ p. 222, n* 15). Dans une lettre écrite en 1094, 
Hugue de Die rappelle, de son côté, que GeofTroi le Barbu avait été excom- 
munié par le légat Etienne pour sa conduite envers Marmoutier (Hist. 
deFr.j t. XIV, p. 791, et Car/ii/. de Saint-Laud d'Angers, éd, Planchenault, 
n« 16). 

1. Il ne souscrit pas la charte n<* 182 du Catalogue d'actes déjà men- 
tionnée p. 144, n. 2. 

2. Eusèbe Brunon, dans la lettre citée p. 144, n. 3, dit expressément 
que Tévêque d'Angers excommunia GeofTroi. 

3. Hugue de Die s'est fait Técho de ce bruit tendancieux dans sa 
lettre de Tan 1094 déjà citée p. 144, n. 3 : il dit en effet qu'il a appris 
« virorum probabilium, clericorum et laicorum, relacione » que « Ful- 
cOni huic principatus Andegavensis comitatus ab ipso legato ex parte 
sancti Pétri donatus erat » ; il ajoute d'ailleurs que Foulque avait reçu ce 
comté « ab avunculo suo Gauffrido ». 

4. Catalogue d'actes, n^ 182. Nous avons montré dans notre Catalogue 
que cette charte, souscrite par Foulque le Réchin au moment où il venait de 
se rendre maître de Saumur, ainsi qu'il y est dit, ne saurait être du 11 mars 
1068, n. st., comme l'a supposé M. Prou (V acquisition du Gâtinais sous 
Philippe /*', dans les Annales de la Soc, hist. et archéoL du Gâtinais, 
t. XVI, 1898, p. 180). Le légat Etienne dut quitter Saumur très peu après 
le 11 mars 1067, car dès le 1" avril, il était à Bordeaux {CartuL de la Tri- 
nité de Vendôme, éd. MéUis, n« 237). 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 10 



146 LE COMTÉ d'aNJOU 

sur Angers, et le 4 avril, grâce à une trahison de Geoffroi de 
Preuillv, de Renaud de Chàteau-Gontier, de Giraud de Mon- 
treuil-Bellay et du prévôt Robert, prit la ville et se saisit de 
Geoffroi (4 avril 1067) *, qui fut jeté en prison dans le châ- 
teau de Sablé *. 

En faisant excommunier Geoffroi le Barbu, le pape, lui au 
moins, n'avait pas entendu prêter la main à une dépossession : 
il enjoignit à Foulque de relâcher son frère. Foulque dut s'incli- 
ner devant cet ordre 3, peut-être parce que le clergé intimidé ces- 
sait dès lors de le soutenir. Dès le 16 juillet au plus tard, Geof- 
froi était de nouveau reconnu comme comte * ; l'entente était 

1. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Ipso iterum anno 
Gaufridus cornes junior, qucm Barbatum cognominaverunt, traditus est a 
suis Fulconi fratri suo et civitas Andecavis pridie nonas aprilis, IV ferla 
ebdomade que dicitur penosa, inter duo Pascha. Quam traditionem ultio 
divina tcrribilis celeriter subsecuta est : nam die crastina dominice scilicet 
cène anniversaria, ab Andecavina turba maligno spiritu turbata, miserabili 
nece peremptis tribus maximis auctoribus illius traditionis, Gaufrido vide- 
iicet de Pruilliaco, Rainaldo de Castro Gunteriî, Giraido de Monasteriolo 
quartoque capto ac non multo post simili modo mortuo, Rotberto scilicet 
ipsius Andecavis preposito, pluribus plures proinde, ut existimatio dédit, 
tribulati sunt ac mortui » {Recueil d'ann. angev, et vendôm,, p. 64, 87). Un 
abrégé du même texte se lit dans les autres annales angevines (iZ»û/., 
p. 5, 47). 

2. Une charte du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n» 176 [Catalogue 
d'actes^ n° 210), nous le montre au sortir de sa prison de Sablé ; il ne peut 
s'agir que de Temprisonnemént de 1067, puisque après Temprisonnement 
de i068, Geoffroi le Barbu ne revint pas au pouvoir et qu'il fut du reste à 
cette date emprisonné à Chinon. Le fait que Geoffroi fut enfermé en 1067 à 
Sablé, château qui appartenait alors à Robert le Bourguignon (voir Ber- 
trand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 20), prouve que ce puis- 
sant baron s'était lui aussi rangé au parti de l'usurpateur. 

3. Voici, en effet, ce qu'il dit lui-même dans sa chronique (en reculant 
le début des hostilités dans une intention qu'il est facile de saisir : pour ne 
pas avoir eu l'air d'accepter comme légitime, fût-ce deux ou trois ans seu- 
lement, l'autorité de son frère) : « Quam tribulationem cum per annos octo 
protend issemus, guerram saepe facientes et interdum inducias habentes, 
cum etiam fratrem meum de vinculis ubi eum tenueram liberavissem jussu 
papae Alexandri... »{Chron. des comtes d'Anjou, p. 379). 

4. En effet, une charte relatant un jugement prononcé par Robert le 
Bourguignon et publiée par M. Bertrand de Broussillon, La maison de 



GEOFFROI LE BARBU 147 

même officiellement rétablie entre les deux frères : car, dans im 
de ses actes, le 7 août, Geoffroi déclarait agir du consentement 
de Foulque, et nous les voyons tous deux, à cette date, soutenus 
par le roi, venir mettre le siège devant Chaumont-sur-Loire *, 
dont le seigneur, Sulpice d'Amboise, avait, semble-t-il, tenté, 
grâce à la situation, de se rendre indépendant ^. 

Mais Taccord n'était qu'apparent : dès le début de Tannée 1068 
au plus tard, la lutte reprenait ; Foulque, qui avait recruté de 
nouveaux partisans ^, s'étant rendu maître de Brissac, Geoffroi 
vint mettre le siège devant la place ; Foulque lui offrit le com- 
bat, mit son armée en déroute, fit prisonnier un millier de ses 
hommes, s'empara de lui une seconde fois et Tenferma dans 
un cachot du château deChinon(1068, vers le mois d'avril) ^. 



Craon^ t. I, p. 37, n« 27, est datée comme suit : « Data est XVII kalendas 
augusti. Actum est hoc apud Credonense castrum, anno MLXVIl ab incar- 
natione Domini, indictione quinta, régnante Phillipo Francorum rege anno 
octavo, anno quoque Gosfredi comitis septimo, etc. • 

i. Catalogue d'actes, n® 186, charte confirmée par le roi Philippe 1*' au 
siège de Chaumont. 

2. Cela n'est qu'une hypothèse ; mais les Ges^a Ambaziensiurn [Chron. des 
comtes d'Anjou, p. 176) disent que pendant cette lutte entre Geoffroi et 
Foulque, Sulpice ne vint soutenir ni Tun ni l'autre : « Barbato Ernulfus, 
Fulconi Richin Fulcoius favebat, Supplicius neutri. » 

3. Peu nombreux sans doute, étant donnée la manière dont Foulque le 
Réchin en parle dans sa chronique : «... cquitavi contra illum cum illis 
proceribus quos Dei clementia milii permiserat (Chron. des comtes d'An- 
jou, p. 379). 

4. Ihid, : « Invasit me iterum idem frater, ponens obsidioncm circa 
quoddam caslrum meum quod vocabatur Brachcsac, ubi equitavi contra 
illum... et pugnavi cum eo campestri praelio, in quo eum, Dei gralia, 
superavi et fuit ipsc captus et mihi redditus et mille de civibus suis cum 
eo. ■ Foulque, qui écrit au début de Tan 1096, dit ensuite qu'il a tenu 
alors le comté pendant vingt-huit ans, ce qui date l'événement de 1068. 
Cette date est confirmée par les Annales de Vendôme, celles de Renaud 
et celles àG Saint-Aubin [Recueil d'annales angev. etvendôm,^ p. 5, 65, 87), 
représentant toutes une même source, et dont voici le texte le plus com- 
plet : « In sequenti anno (MLXVIIl), captus est item supradictus cornes 
Gaufridusa Fulcone fratre suo in bello publico ac Fulco in comitatum ab 
Andecavinis, vellent noient, receptus. » Enfin on peut préciser l'époque de 
Tannée où eut lieu la bataille de Brissac grâce à la lettre déjà souvent 



148 . LE COMTÉ d'aNJOU 



IV 

Du même coup, le comté tout entier tombait entre ses 
mains ^ Mais GeofFroi le Barbu gardait encore des partisans, 
les grands feudataires du voisinage et le roi lui-même étaient 
menaçants, certains seigneurs enfin jugeaient Toccasion bonne 
pour se soustraire à la domination comtale : Foulque dut faire 
face à presque tous à la fois. 

Le seigneur de Chaumont-sur-Loire, Sulpice, qui était en même 
temps le maitre de toute une portion d'Amboise et y possédait la 
forteresse de la Tour-de-Pierre, et son beau-frère Thibaud, sei- 
gneur de Rochecorbon, refusant de le reconnaître pour suzerain 
Foulque prit d'abord ses précautions en congédiant le gardien 
de son château d'Amboise (le Domicile), Ernoul, trop attaché 
à la cause de GeofFroi le Barbu, et en le remplaçant par un homme 

citée d^Eusèbe Brunon, écrite au lendemain des événements, et où il est 
dit que la mort de Tarchevêque de Tours Barthélemi, survenue le 9 avril 
1068 (Gallia christ., t. XIV, col. 63) fut de peu antérieure : «... non post 
multum tempus etiam gladio sensuali, divina in ipsum animadvertente jus- 
ticia, omni sublimitate temporali et gloria, a fratre in prelio victus, exutus 
(est), archiepiscopo illo nostro Turonensi, cui utinam purgando tanta illa 
pei*secutionis fornax, Domino miserante, succensa fuerit, paulo ante 
hominis extrema experte » (Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 222, 
n° i5). Cf. Gesta consul, Andegav,, p. 139 des Chron, des comtes d'' Anjou, 
GeofTroi le Barbu resta enferme à Chinon jusqu^en 1096, date à laquelle 
Foulque le Réchin se décida à le remettre en liberté sur les instances du 
pape Urbain II (Orderic Vital, IX, 4, éd. Le Prévost, t. III, p. 477). A cette 
date, il était devenu fou. Voir la lettre écrite par Hugue de Die en 1094, à 
la suite d'une visite faite à Geo flfroi, dans les Hist, de Fr,, t. XIV, p. 791, 
et dans le Cartul. de Saint-Laud d'Angers, éd. Planchenault, n« 16. Le 
fait est attesté encore parles Gesta consulum Andegav., p. 141 des Chron, 
des comtes d'Anjou, et par Hildebert de Lavardin, dans sa vie de saint 
Hugue de Cluny (llist. de Fr,, t. XIV, p. 71). 

1. « Proinde accepi civitatem Andegavem et Turonum et Lochas cas- 
trum et Lausdunum, quae sunt capita honoris Andegavorum consulum », 
dit Foulque dans sa chronique (Chron, des comtes d Anjou, p. 380). Dans 
une charte du 19 juin 1068 {Catalogue d^ actes y n» 211), Foulque se félicite 



GEOFFROl LE BARBU 149 

tout à sa dévotion, nommé Renard Pourceau ^ ; puis avec l'aide 
de Bouchard, seigneurde Montrésor, et d'un puissant baron d'Am- 
boise, Foucois de Thorigné, il commença la guerre contre Sulpice 
et son allié ^. Ceux-ci ripostèrent en dévastant tout le pays, de 
Loches à. Tours. Une trêve intervint ; mais Sulpice se laissa sur- 
prendre par Foulque àAmboise, dans le Domicile même y et la lutte 
reprit plus ardente que jamais, le comte assiégeant la Tour-de- 
Pierre^ que les gens de Sulpice défendaient vaillamment, pen- 
' dant que Lisois, frère de ce dernier, tentait de faire diversion 
par des attaques répétées. Une paix fut faite : Sulpice, en échange 
de la Tour-de-Pierre, que le châtelain Evrard avait trop tôt ren- 
due au comte, recevait une autre forteresse située près d'Am- 
boise ^. 

Cette paix n'était pas durable : Foulque ayant peu après 
requis contre le comte de Qlois le concours militaire de Sulpice, 
'celui-ci allégua qu'il était lié envers Thibaud par son serment 
de vassalité et refusa encore une fois d'obéir. D'où un nouveau 
conflit : Foulque cherche à s'emparer de Sulpice; celui-ci, averti, 
se réfugie dans l'église Saint-Martin de Tours et de là à Roche- 
corbon, grâce à l'aide que vient lui prêter Salomon, seigneur de 
Lavardin, enfin va se retrancher aux environs d'Amboise en un 
lieu appelé Salgio, d'où il dévaste et pille tous les environs, de 
Indre au Cher et du Cher à la Loire, étendant même ses ravages 
depuis Tours jusqu'à Montrichard, dont le seigneur était Bou- 
chard de Montrésor, et jusqu'à Saint- Aignan. Il lui fallut cepen- 
dant faire sa soumission : la Tour-de-Pierre lui était restituée, 
à la condition qu'il serait désormais fidèle^ et poiu* répondre 
de sa fidélité, il donnait son fils Hugue en otage ^. 

d'être enfin entré en possession du comté, qui, prétend-il déjà, lui revenait 
par droit héréditaire : « Fulco Andecavorum cornes, Dei gracia, propulsis 
adversitatibus et adepto principatu hereditario jure michi compétente 
donatione etiammei avunculi Gaufredi gloriose recordationis vin... » 
\. Gesta Ambaz. dominorum^ p. 176 des Chron, des comtes d'Anjou. 

2. Ibid., p. 177. 

3. //)«/., p. 178-179. 

4. Ibid., p. 179-181. 



150 LE COMTÉ d' ANJOU 

Cet épisode de la lutte soutenue par Foulque le Réchin contre 
les barons qui refusaient de reconnaître son autorité est le mieux 
connu, mais il n*est pas unique ^ Ainsi Hardouin, seigneur de 
Trêves, après avoir soutenu l'usurpateur, se crut assez fort pour 
faire brusquement défection : mal lui en prit ; le comte vint 
mettre le siège devant son château, s'en empara, le détruisit de 
fond en comble et fit aveugler le rebelle (19 juin 1068) ^. 

Quant aux voisins enfin, pour écarter leurs attaques ou leurs 
menaces, il avait fallu leur faire de nombreuses concessions: au 
roi il avait fallu céder le Gâtinais ^ ; au comte de Blois,qui, allié 
à Philippe I®*" et aux Manceaux, réclamait la mise en liberté de 
Geoffroi, il avait fallu prêter hommage pour la Touraine ^. Seul, 
le duc d'Aquitaine Gui-Geoffroi, qui, le 27 juin 1068, était venu 
incendier Saumur, put être repoussé ^. 

i. Cf. le texte précité (p. 147, n. 4) des annales angevines, où il est 
dit que les Angevins se soumirent « vellent noUent », et le préambule de 
la charte citée p. 148, n. i (« propulsis adversitatibus »). 

2. C*est ce que nous apprennent deux chartes {Catalogue cTacteSt n<^* 211 
et 212), dont Tune, datée du 19 juin 1068, est donnée le jour même de la 
destruction de Trêves. 

3. Gesta consul. Andegav., p. 139 desChron. des comtes d*Anjou,C{. Prou, 
L'acquisition du Gâtinais sous Philippe I^', dans les Annales de la Soc, hist, 
et archéol. du Gâtinais, t. XIV, 1898. 

4. Gesta consul. Andegav., loc. cit. : « Fulco cum Stephano, hominagio 
sibi facto, concordatus... » Cf. ci>dessus, p. 48, n. 4. 

5. Chron. de Saint-Maixent : « Anno MLXVIII, judicio Dei juste omnia 
judicans (sic), castrum Salmurum horribili incendio combustum est a Gui- 
done comité Pictavorum cum ecclesia sancti Florentii sanctique Johannis 
Baptiste et sancti Pétri apostoli nichilque penitus remansit de toto suburbio 
ejusdem castri cum domibus extra et intra murum degentibus quod non 
incenderetur, V kalendas julii « (Texte du ms. de la Bibl. nat., lat. 4892, 
très inexactement reproduit pour ce passage dans les Chron. des églises 
d'Anjou, p. 404). Par un acte du mois d'août 1074 (Ca/a/o//ue d'actes, n® 227), 
Foulque le Réchin fait une restitution à Tabbaye de la Trinité de Vendôme en 
exécution d'un vœu fait par lui peu avant, lors d'une bataille livrée contre les 
Poitevins et dont il était sorti victorieux. C'est évidemment aux événements 
deFan 1068, et non, comme le croit M. Richard (Hist. des comtes de Poitou^ 
t. I, p. 285, note), à la bataille de Chef-Boutonne, de treize ans antérieure, 
que cette charte fait allusion. C'est ce qui nous fait dire que l'attaque de 
Gui-Geoffroi fut repoussée. 



GEOFFROI LE BÂR3U 151 

De toutes ces luttes, TAnjou sortait diminué et épuisé : au 
témoignage de Foulque lui-même, le pays n'était plus que 
ruines ^ 

i. Dans le préambule d*une de ses chartes du 19 juin 1068 (Catalogue 
<r actes j n** 211), Foulque parle en cfTetdes biens u quondam bene statuta 
in terra nostro dominatui mancipata, sed mundi conturbationibus nunc 
pêne destructa. » L^auteur de la rédaction primitive des Gesta consulum 
Andegav. dit de même que Foulque fit prisonnier son frère en 1068, 
« deleta pêne Andegavia etTuronia » (Chron. des comtes d'Anjou, p. 139). 



CHAPITRE II 
LES BARONS 

Le plus grave, c'est que de cette crise l'autorité du comte sor- 
tait terriblement menacée. Pour parvenir à renverser son frère, 
il n'avait pas suffi à Foulque d'avoir l'appui moral de l'Eglise ; il 
lui avait fallu attirer dans son parti quelques-uns des plus grands 
vassaux du comté et il n avait dû son succès qu'à leur compli- 
cité. Quant aux défenseurs de Geoffroi le Barbu, il avait été con- 
traint de les réduire les armes à la main. Mais — nous en avons eu 
déjà quelques exemples — les uns et les autres avaient pu ainsi 
prendre conscience de leur force : soit que le comte leur dût le 
pouvoir, soit qu'il eût dû transiger avec eux, soit même qu'il 
eût dû les abattre, la possibilité de lui résister apparaissait évi- 
dente à leurs yeux. En face de l'autorité comtale, une puissance 
nouvelle avait surgi : la puissance des barons. 



I 



Cette puissance s'était d'ailleurs préparée de longue date. 

Au temps des incursions normandes, c'avait été de préférence 
dans les anciennes places fortes des bords de la Loire, les plus 
menacées, que les Angevins avaient organisé la résistance : se 
réfugiant dans des villes comme Angers, Saumur, Amboise, ils 
avaient abandonné la rase campagne aux dévastations des enva- 
hisseurs * . Aussi, une fois le péril normand disparu, pour arrêter 

i. Voir l'exposé de ces invasions normandes dans l'article que leur a 
consacré Mabille, dans la Bibl. de V École des Chartes, t. XXX i869, sur- 
tout p. i 71-190. 



LES BARONS 153 

leurs voisins, devenus menaçants du jour où ilsn'étaient plus mena- 
cés, et encore plus pour avoir ime base d'attaque qui leur permît 
à eux-mêmes d'étendre leurs états, les comtes d'Anjou avaient 
dû se préoccuper à la fois de relever les quelques anciennes for- 
teresses qu'ils pouvaient trouver ^ et d'en édifier une quantité 
de nouvelles. 

Au temps de Foulque Nerra, celui que les modernes ont 
appelé « le grand bâtisseur », et au temps de son fils, cette flo- 
raison de châteaux avait été innombrable : du côté de la Tou- 
raine, objet principal de leurs attaques, c'avait été, vers 994-995, 
le château de Langeais, à l'ouest de Tours 2 ; vers 1005, celui de 
Montrichard, à l'est ^ ; puis, plus près encore, le château de Mont- 
bazon, au sud^ ; vers 1017, celui de Montboyau, à quelques kilo- 
mètres seulement de la ville ^. Après avoir préparé l'occupation 
du Saumuroisparla construction de la forteresse de Trêves, vers 
1020 ^, Foulque en avait garanti les abords par celle du château 
de Montreuil-Bellay "^ ; peut-être aussi avait-il élevé lui-même 

4 . Il y en avait quelques-unes, témoin le vieux château dit Castellarium 
dont fut gratifié Renaud le Tburingien en 969 (Collect. Baluze, t. XXXIX, 
f» 62 V» : cf. ci-dessus, p. 99, n. i). 

2. Voir ci-dessus, p. 26. — Des restes de la construction de Foulque 
Nerra se voient encore aujourd'hui à Langeais : c'est un donjon en petit 
appareil avec insertions de briques; il est carré et n'a jamais été voûté. 
Les archéologues s'accordent à reconnaître que cette construction ne sau- 
rait dater d'une époque plus récente que l'extrême fin du x* siècle. 

3. Voir ci-dessus, p. 31. 

4. Voir ci-dessus, p. 32. 

5. Voir ci-dessus, p. 37. 

6. Voir ci-dessus, p. 39. 

7. Foulque le Réchin, dans sa chronique, attribue formellement la cons- 
truction du château de Montreuil-Bellay à Foulque Nerra et son témoignage 
est entièrement confirmé par celui de l'auteur de la Chronique de Méron^ 
qui, écrivant au milieu du xiie siècle, déclare formellement que le château 
de Montreuil-Bellay a été bâti par untomte d'Anjou, qui l'a inféodé au 
premier seigneur du lieu (Ckron. des églises d^ Anjou, p. 85.): «...antequam 
castrum Mosterioli a comité Andecavorum fuisset constructum et praede- 
cessoribus Giraudi illius datum. » Ce comte d'Anjou ne peut être que 
Foulque Nerra, contemporain du premier seigneur de Montreuil-Bellay, 



154 LE COldrrÉ d' ANJOU 

ou fait élever par quelques-uns de ses fidèles les châteaux dé 
Montrésor et de Sainte-Maure *. Au sud, il s'était fortifié à Mire- 
beau, vers 10052, et peut-être aussi à Faye-la- Vineuse, à Mon- 
contour, à Passavant, à Maulévrier ^. A Touest, où il s'était agi 



i. Pour ces deux derniers châteaux, nous n^avons que le témoignage de 
Foulque le Réchin, lequel dit fonnellement qu'ils ont été élevés par 
Foulque Nerra. Nous avons montré dans notre Elude sur la Chronique de 
Foulque le Réchin^ lac. cit.^ p. 27-28, ce que cette assertion avait de vrai- 
semblable. 

2. Voir le diplôme de Robert le Pieux publié dans les Hist. de Fr,, 
t. X, p. 577, et dont l'original existe encore aux Archives dlndre-et-Loire, 
H 75 : « Ipse namque Fulco comes construxit suo tempore in comitatu 
Turonico castellum quoddam, quod vocatur Mons Basonis, in terra ipsius 
coenobii et alterum construxit castellum in comitatu PictavOj quod vocatur 
Mirebellum, terrae ipsius coenobii proximum, etc. » Ce diplôme est des 
années 1002-1006 (Pfister, Robert le Pieux, Catalogue, n» 24). Foulque 
le Réchin, dans sa chronique, cite aussi le château de Mirebeau comme 
ayant été construit par Foulque Nerra. 

3. Pour ces quatre châteaux, on n'a que le témoignage de Foulque le 
Réchin : « In Pictavico Mirebellum, Montem Consularem, Faiam, Muste- 
rolum, Passavantum, Malum Leporarium [aedificavit] » (éd. Marchegay et 
Salmon, p. 377.) Dans notre Étude sur la Chron. de Foulque le Réchin, loe. 
cit,, p. 28-31, nous nous sommes efforcé de montrer ce que celte asser- 
tion avait de vraisemblable. Toutefois plusieurs rectifications doivent être 
apportées à ce que nous avons dit alors : 1° En ce qui concerne Passavant, 
c'est par suite d'une singulière distraction que nous en avons noté la des- 
truction en 1010, en nous appuyant sur le témoignage de Hugue de Flavi- 
gny {Uist. de Fr,, t. X, p. 206O-207A.). H ne peut être question chez cet 
auteur de Passavant en Poitou. Rien ne permet de supposer l'existence du 
château de Passavant avant l'époque du premier seigneur, sur lequel nous 
reviendrons plus loin. — 2° En ce qui concerne Faye-la- Vineuse, de nou- 
velles recherches nous ont amené à penser que les affirmations de Bou- 
rassé {Notice sur Faye-la- Vineuse, dansles Mém.Soc, arch, de Touraine, t. III, 
1847, p. 161 et suiv.) et de Carré de Busserolle (Diction/*. d'Indre-et-Loire, 
t. III, dans les Mém. Soc. arch, de Touraine, t. XXIX) quant à l'existence de 
seigneurs de Faye avant le début du xi* siècle étaient dénuées de fonde- 
ment : ces auteurs ne donnant aucune indication précise, il est difficile de 
critiquer leurs dires, mais il semble bien qu'ils aient en vue pour 
établir Texistence de Landri de Faye, d'Ebbon et d'Érard des textes du xi*s. 
mal interprétés (L/rre noir de Saint-Florent, f<>» 39 v° et 43 r®). La première 
mention d'un seigneur de Faye que nous ayons trouvée est de 1031 au plus 
tôt et rien ne prouve l'existence d'un château à Faye-la-Vineuse avant 
cette date. 



LES BARONS 153 

d'occuper les Mauges, Foulque et Gçoffroi avaient pris soin 
d'établir sur chaque point dont ils prenaient possession quelque 
nouvelle forteresse : Montrevault, vers Tan 1000 ^ ; un peu plus 
loin, Montfaucon, vers 1026 ^-^ enfin Saint-Florent-le- Vieil 3. Au 
nord, c'avait été les châteaux de Château-Gontier, vers 1007 *, de 



1. Voir une charte de Saint-Serge d'Angers, de Tan 1058» copiée dans la 
Collection dom Housseau, vol. II*, n° 582, où il est rappelé que Foulque 
Nerra avait, pour construire son chÀteau de Montrevault, enlevé à Téglise 
Saint-Maurice d'Angers des domaines donnés par Tévêque Renaud et situés 
dans les Mauges. Le don de Renaud se place vers Tan 1000 : voir le 
diplôme du roi Robert, n« 8 du Catalogue de Pfister, Robert le Pieux. 

2. "ifist. de Saint-Florent (Chron. des églises d'Anjou^ p. 281) : « Denique 
Fulco cornes versus Toarcenses in jus Sancti Florentii castellum ex monte 
et nidofalconum nuncupatum instituit, quod duodecim, coacti a monachis 
Espevan degentibus, cum aliis operariis peregerunt. » Cela se place immé- 
diatement après l'infructueuse tentative faite par Eude II de Blois pour 
reprendre Saumur (1026). 

3. Ibid.y p. 282 : « Fulco vero cum filio Goflfredo et uxore Agnete... 
Glomnam Montem tetenderunt et in occidenti parte montis castellum 
determinaverunt. » Chron. de Nantes, éd. Merlet, XLVII, p. 139-140 : 
» Insuper abbatiam Sancti Florentii Namnetici territorii... Fulco comes 
recenier abstuleratet castellum ibi... fecerat. » Le château ne fut achevé 
que sous Geoffroi Martel, comme le prouve une charte souvent citée du 
Livre noir de Saint-Florent de Saumur, f» 54 r* et v«, éditée par Marchegay 
dans la Bibl, École des Chartes, t. XXXVI, 1875: Geoffroi le Barbu, en 1061. 
y dit : « Avus meus et avunculus castellum terraeque cumule ac lignis 
magnae altitudinis asilum circa monasterium Beati Florentii, quod vêtus 
dicitur, construxerunt, etc. » Voir ci-dessus, p. 52. 

4. Voir la charte de Saint-Aubin n<> 1 du Carlul. de Saint-Aubin, éd. 
Bertrand de Broussillon : « Anno ab incarnatione Domini MVII, Gaufridus 
Martellus natus est et pater ejus Fulcho, nobilissimus comes Andecavo- 
rum, filius Gaufridi fortissimi comitis qui cognominatus est Grisia 
Gonella, firmavit castellum super Meduane fluvium in curte quae vocatur 
Basilicas... Firmato itaque castello eoque ut poterat munito, ex nomine 
cujusdam villici sui iltud Castrum Gunterii appellavit. » Nous disons seu- 
lement que c*est vers 1007 que ce chftteau a été construit, parce que la date 
de 1007 est peu sûre (voir ce qui a trait à la naissance de Geoffroi Martel, 
ci-dessus, p. 10, et le Catalogue d^actes^ n° 53). Foulque le Réchin, dans 
sa chronique {loc. cit.), note la construction de Château-Gontier par 
Foulque Nerra. 



156 LE COMTÉ d' ANJOU 

Baugé *, vers le même temps, de Mateflon ^ et de Dur- 

1 . Foulque le Réchin, dans sa chronique [loc. cit.), attribue à Foulque 
Ncrra la construction du château de Baugé. Dans notre Etude sur cette 
chronique {loc. cit., p. 3i-32), nous avons cherché à montrer ce que cette 
affirmation avait de vraisemblable. Mais pour avoir suivi avec trop de con- 
fiance les indications fournies par Marchegay dans ses Recherches sur le 
Vieil-Baugé {Revue de V Anjou et Maine-^t-Loire, série I, 2» partie, 1852, 
p. 277), nous avons avancé plusieurs assertions inexactes : il faut, plus 
nettement qu'on ne Ta fait, distinguer Baugé et le Vieil-Baugé. C'est le 
Vieil-Baugé (appelé Baugé tout court, tant que l'autre n'exista pas) qui 
fut en la possession des seigneurs de Beaupréau, descendants de Josselin 
de Rennes. Baugé, où fut bâti le château de Foulque Nerra et qui devint 
le centre de la région, ne cessa pas, au contraire, pendant tout le 
xi« siècle, d'appartenir au comte d'Anjou personnellement : le comte y eut 
prévôt et voyer (voir notre étude sur les Prévôts et voyers du Xî^ siècle dans 
le Moyen Age, 2« série, t. VI, 1902, p. 297 et suiv.), y tint fréquemment 
sa cour, y eut des vassaux et des tenancierâ ; enfin on sait que Baugé 
fit partie des domaines que Foulque le Réchin hérita de GeoiTroi Martel 
(voir spécialement, pour l'époque de Foulque Nerra, lesn^» 112,301 du 
Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay ; 254, 265, 272, 284 du Cartul. de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon ; 216, 514 du Cartul. de la Trin. de 
Vendôme, éd. Métais, etc...) Or ces observations permettent de rendre à 
peu près certain le fait de la construction du château de Baugé par 
Foulque Nerra : en effet, en 999 (charte n9 12 du Catalogue d'actes) Balgia- 
cus, simple villa, désignant encore le Vieil-Baugé, on en peut conclure 
qu'il n'y a pas à ce moment d'autre Baugé ; en 999, le château de Baugé 
n'existe pas. D'autre part, ce même château (qui* nous l'avons vu, ayant 
appartenu dès l'origine au comte, n'a pu être construit que par le comte) a 
certainement existé du temps de Foulque Nerra, comme on le voit au 
n° 301 du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay : « Venerabilis comitissa 
Hildegardis dédit S. Marie molinum unum in stangno Balgiaci castri, in 
tempore Fulconis comitis. » Conclusion : c'est bien Foulque Nerra qui a 
construit le château de Baugé. — Quant à la date de la construction, Mar- 
chegay {loc. cit.) et Port {Dictionn., I, p. 227) supposent qu'il faut la 
chercher entre 1015 et 1025, cette construction se rattachant, selon eux, 
à la conquête du Saumurois par Foulque Nerra »(?). 

2. Voir le n*» 130 du Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay. Cél. Port, 
Dictionnaire, t. II, p. 614, fait erreur quand il dit : « Un des petits-neveux 
du comte Geoffroy Grisegonelle, Foulques, de la famille de Champagne, 
éleva de 1030 à 1040 un château fort. Le domaine lui avait été donné par 
le comte Foulques Nerra pour tenir en bride et mater les vassaux félons et 
sous l'obligation particulière de protéger contre toute attaque l'église et 
la villa de Seiches, faisant partie de la dotation du Ronceray d'Angers. » 
Ces indications inexactes proviennent sans doute d'une interprétation 



LES BARONS 1S7 

tal S après f040. Enfin une foule d'autres châteaux étaient alors 
sortis de terre, soit grâce au comte, soit grâce à tel ou tel de ses 
vassaux : BrioUay ^, Beaupréau ^, Montjean ^, Cbemillé ^ et bien 

fausse du n^ 85 du Cartul, de Sainl-'Aubin, éd. Bertrand de Broussillon. Le 
premier seigneur du lieu a été, aux termes de la charte citée du Ronceray 
[loc, cit., p. 94, 1. 26), le père de ce Foulque de Mateflon qui paraît de 
1074 à 1115 environ (Cartul, de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n® 245 ; 
Cartul. de SainlAubin, n«« 108, 412. 678, 742, etc.). 

1. Voir Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 306. 

2. Port, Dictionn,, I, p. 504, s'avance beaucoup quand il dit : « Foulques 
en fit don vers 980 à son fidèle Burchard, qui y fonda sous le château une 
église. » Outre que la date de 980 est forcément inexacte. Port n'a sans 
doute pas d'autre document à l'appui de son dire qu'une charte conservée 
en original aux Arch. de Maine-et-Loire, H 857, n^ 1, laquelle ne contient 
rien de semblable. Le trésorier Bouchard, en 1040-1045, y dit seulement : 
« Ego Burchardus clericus et thesaurarius S. Maurîcii ma tris ecclesiae 
Andegavensis sed et beneficium laïcale possidens per paternam haeredi- 
tatem ex donc senioris mei Gosfridi, filii Fulconis incliti comitis, etc. » 
Tout ce qu'on peut conclure de là, c'est que le château de BrioUay (men- 
tionné explicitement plus loin dans l'acte) a existé au temps de Foulque 
Nerra ; on n'en trouve pas trace avant. 

3. Voir ce que nous disons plus loin des seigneurs de Beaupréau : c'est 
sous Foulque Nerra que se fonde cette maison et par suite très vraisem- 
blablement le château. 

4. Ici encore Port [Dictionn,, II, p. 714) en dit trop quand il parle du 
château de Montjean existant u dès la fin tout au moins du x* siècle » ; 
tout ce qu'on peut dire, c'est que ce château existait au temps de l'abbé de 
Saint-Florent Giraud de Thouars (1013-1022), épo({ue où, suivant VHist. de 
Saint-Florent {Chron, des églises d^ Anjou, p. 265), Aubri, seigneur « Montis 
Johannis castri », entra en possession de l'église de Châteaupannc. (Port 
écrit bien à tort, ibid, : « Le premier seigneur, Albéric, s'était fait 
céder par les moines de Saint-Floronl le château voisin de Château- 
panne, et, pour rester seul maître, l'avait sans doute rasé). 

5. Pour Chemillc aussi, Port [Dictionn,, I,p. 670) force les textes quand 
il dit : « Au x' siècle, sans que l'évêque ait perdu son droit de suzerai- 
neté, la terre a été inféodée par le comte d'Anjou â un de ses plus puis- 
sants vassaux... Mais dès les premières années du xi* siècle, le château 
fort, castrum, bâti à Saint-Pierre, avec l'église primitive, est abandonné par 
le seigneur qui a transporté sa demeure à distance sur un faite plus 
escarpé et de plus facile défense. » En réalité, le castrum de Cbemillé 
n'est mentionaé explicitement que dans le second quart du xi* siècle (la 
charte que Port cite p. 668, col. 2, comme étant de 1002, est fausse : voir 
Marchegay, dans Bibl. nat., nouv. acq. fr. 5022,f°l); quant aux seigneurs 
de Cbemillé, nous montrerons plus loin qu'on n'en trouve pas trace avant 



158 Lfc COMTÉ d'aNJOU 

d'autres sur lesquels malheureusement nous manquons de ren- 
seignements précis. 

Or ayant trop peu de ressources en hommes et en argent pour 
assurer eux-mêmes directement la garde de leurs châteaux et ne 
pouvant pas toujours non plus bâtir ou achever de bâtir tous 
ceux dont ils avaient besoin, les comtes avaient été tout naturel- 
lement amenés à en concéder une bonne partie en fief à leurs 
fidèles. Ainsi, à Château-Gontier, Foulque Nerra s'était contenté 
d'abord d'un fortin élevé rapidement vers 1007 et auquel il avait 
préposé un simple gardien ; puis, plusieurs années après, 
comme la construction était insuffisante, il avait voulu entre- 
prendre d*y adjoindre un grand donjon ; mais, absorbé par la 
guerre et peut-être aussi faute d'argent, il avait dû renoncer à 
réaliser lui-même ses projets et inféoder le tout à Renaud Ivon, à 
charge de continuer et mener à terme Toeuvre commencée ^ 

Les comtes du x® siècle n'avaient sans doute pas complète- 
ment ignoré ce procédé : nous voyons, par exemple, que, sui- 
vant les Gesta consulum Andegavorum^ Geoffroi Grisegonelle, 
non coptent du château qu il possédait en propre à Amboise, 
en avait bâti un autre plus petit au sud de la ville et lavait 
inféodé à un de ses fidèles nommé Landri de Châteaudun - ; 



les premières années du xi® siècle, et nous ne savons où Port a pu prendre 
ce qu'il dit d*un premier château qui aurait existé au x*. 

1. Nous analysons la notice n° 1 du Carlul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand 
de Broussillon ; voici le passage essentiel : « Post multumvero temporis, 
cum idem cornes turrem non parvis sumptibus eodem Castro ediÛcarc 
cepisset jamque in altum aliquantulum porrexisset, insurgentibus sibi 
guerris, principali largitate dédit castrum cuidam optimo militi, Rainaldo 
videlicet Yvonis, qui castri turrem a comité inceptam augmentare studuit... 
sed tamen comes, ut vir prudentissimus, ejusdem turris propriam domina- 
tionem sibi retinuit. » 

2. « Hune Landricum pater Mauricii Gosfridus consul Ambazio heredi- 
taverat et domum munitissimam a meridiana parte Novi Castri sitam 
cumplurihus casamentis ei donaverat » {Chron, des comtes d'Anjou^ p. 88). 
Indépendamment de cette forteresse de Landri, le comte avait dans 
Amboise son château propre, ce qu'on appelait « le Domicile » {Gesta 
Ambaz., ibid., p. i75), qu'il faisait garder par un châtelain, custos^ à ses 



LES BARONS 159 

mais si le fait est exact, il avait dû être un peu exceptionnel. 
Au contraire, Foulque Nerra et Geoffroi Martel, multipliant 
leurs forteresses, avaient été du même coup amenés à multiplier 
ce genre d'inféodations, et Ton peut même dire que presque 
chacune de leurs fondations de châteaux avait eu pour résultat 
immédiat la formation d'une nouvelle seigneurie. 

Ainsi, nous avons vu Foulque Nerra fonder le château de 
Langeais vers 994 ; presque aussitôt nous constatons que 
Langeais est devenu le siège d'une nouvelle maison féodale : 
Hamelin I^^ de Langeais apparaît vers l'an 1030, et quand il 
meurt, sous Geoffroi le Barbu, son fief passe à ses descendants ^ 
Quelques années après, Foulque avait fondé le château de 
Montrevault; immédiatement il l'avait inféodé à Etienne, beau- 
frère de l'évêque d'Angers Hubert, et une nouvelle seigneurie avait 
encore paru : Etienne avait marié sa fille Emma au vicomte du Mans 
Raoul, qui, succédant à son beau-père, avait pris le titre de vicomte 
du Grand-Montrevault, pendant que tout à côté, sur une terre 

ordres : Foulque Nerra y eut pour gardien Léon de Meung, qu'on trouve 
aussi cité dans les chartes sous le nom de Léon d'Amboise (voir ibid,, 
p. 175, et Cartul. Trin, Vend,, éd. Mêlais, n"» 35, 38, 40, etc.). Plus tard, 
nous verrons ^ulpice le trésorier constmire h Amboise une nouvelle forte- 
resse dite « la Tour-de-Pierre » ; et sous Geoffroi Martel, alors que la 
« maison de Landri de Châteaudun » n'existera plus depuis longtemps, il 
y aura à Amboise, outre « le Domicile » et « la Tour-de-Pierre », une 
troisième demeure fortifiée appelée «la Motte Foucois n{Chron. des comtes 
d* Anjou, ibid.}. 

1. Nous nous sommes longuement étendu sur la maison de Langeais 
dans notre Étude sur la Chronique de Foulque le Réchin, loc. cit., p. 22-26 ; 
mais en ce qui touche les débuts de cette maison nous avons peut- 
être eu tort de nous fier à Carré de Busserolle, Diiitionn. d' Indre-et-Loire, 
t. IV (v^ Langeais) : en effet, malgré de nombreuses recherches, nous 
n'avons pu trouver de « seigneur de Langeais » avant Hamelin !•', lequel 
paraît dans les chartes à partir de 1032 et est surtout cité après 1060 : en 
1063, dans le Cartul, tourangeau de Marmoutier, f" 63 r®, analysé dans la 
Coll. dom Housseau, vol. 1, n® 233^ ; entre les années 1034 et 1064, dans 
une charte de Marmoutier relative à Fontcher copiée ibid,, vol. IP, n°609, 
où il est cité avec son fils Gautier et sa femme Hersent; en mai 1065, avec 
ses frères Hugue et Gautier dans une charte du Cartul, de la chambrerie 
de Marmoutier, f*» 12 v«, copiée ibid,, vol. IP, n* 689. 



160 LE COMTÉ d'aNJOU 

reçue en fief, elle aussi, de Foulque Nerra par Roger le Vieux, 
éiaieut nés et avaient grandi le château et la maison duPetit-Mon- 
trevault*. Vers le même temps, Foxilque avait fondé le château de 

1. En ce qui touche les débuts des deux maisons de Montrevault, qu'il 
est parfois malaisé de bien distinguer, Célestin Port {Dictionn.y t. II, 
p. 728 et 730, et t. III, p. 448) est assez confus et même inexact. Voici ce 
qui nous paraît pouvoir être dégagé : en 1047-1058, d'après les termes 
d'une charte de Saint-Serge, de Tan 1058, copiée dans la Coll. dom Rous- 
seau, vol IP, n® 582 (donation de Raoul, vicomte du Mans, pour la sépul- 
ture de sa femme), il semble bien qu'il n'y ait encore qu'un Montrevault, 
car on y dit que Foulque Nerra a construit le château « quod Montem 
Rebellem nominavit » et il y est question d'une église « juxta praedic- 
tum castellum Montis Rebellis », sans qu'on éprouve le besoin de distin- 
guer, comme on le fera plus tard, entre le Grand et le Petit Montrevault. 
Or à cette date le « seigneur de Montrevault )> est Raoul, vicomte du 
Mans (étant vicomte par ailleurs, il s'intitulera « vicomte de Montre- 
vault »), époux d'Emma, elle-même fille (voir la charte précitée) 
d'Etienne, beau-frère de l'évêque d'Angers Hubert. Dans la charte de Saint- 
Serge que nous venons de citer, il est dit que Raoul tenait le fief de Mont- 
revault du chef de sa femme Emma («^ Radulphus vicecomes, ad quem 
per praedictam Emmam possessio illa pervenerat »). De qui celle-ci le 
tenait-elle elle-même? — 11 n'est pas téméraire, croyons-nous, de suppo- 
ser que c'était du chef de son père Etienne, lequel devait être un de ces 
chevaliers auxquels, suivant l(^s termes de la charte. Foulque Nerra dis- 
tribua tout le domaine, château y compris (« factoque ibi castello quod 
Montem Rebellem nominavit, militibus universa per beneficium donave- 
rat »). Ce Montrevault, c'était le futur Grand-Montrevault : nous savons, 
en effet, d'une manière précise que le siège de l'autre maison de Montre- 
vault, sur laquelle nous allons revenir, était au Petit-Montrevault et nous 
savons également, tant par VHist, de Saint-Florent (p. 2^9 des Chron, des 
églises d'Anjou) que par quelques autres documents, que le fils du 
vicomte du Mans (Raoul I®' de Montrevault), c'est-à-dire Raoul II de Mont- 
revault, était seigneur du Grand-Montrevault. — Le Petit-Montrevault n'a 
donc pu, lui, se constituer que dans la seconde moitié du xi' siècle : sous 
Geoffroi le Barbu (1060-1068), nous voyons que le seigneur en est Foulque 
Normand {Hist, de Saint-Florent, p. 298 des Chron, des églises d'Anjou) ; 
une charte du CartuL du Ronceray (éd. Marchegay, n'* 38, ann. 1063) nous 
apprend que Foulque Normand avait hérité son bien de Rog^r de Montre- 
vault, contemporain du comte Geoffroi Martel (1040-1060), qu'on trouve en 
effet cité dans les chartes de cette époque (par exemple, entre les années 
1040 et 1055 au 1^^ CartuL de Saint-Serge, n® 66, dans Bibl. nat., ms. lat. 
5446, p. 253 ; entre les années 1031 et 1060, dans une charte de Marmou- 
lier copiée par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, f® 79, r« Cf. 
iAiJ., 5021, f«» 338, 340, 341, etc) et qui, d'après cette même charte du Ron- 



LES BARONS 161 

Montreuil-Bellay : immédiatement encore il Tavait inféodé à son 
fidèle Bellay *. Un peu plus tard, quand Geoffroi Martel avait 
fondé les châteaux de Durtal et de Mateflon, il les avait inféodés 
aussitôt, Fun à Hubert le Rasoir 2^ l'autre au père de Foulque I'*" 
de Mateflon ^. Des seigneurs s'étaient installés de même à 
Passavant avant 1026*, à Mauléyrier ^, à Faye-la- Vineuse ^, 

ceray, était lui-même l'héritier de Roger le Vieux. Ce Roger le Vieux se 
qualifie « de Montrevault » dans une charte des années 1026-1039 {Cata- 
logue cTactes, n® 57) et était probablement du nombre des seigneurs aux- 
quels Foulque Nerra distribua le domaine de Sainl-Remy en Mauges ; 
mais — 'contrairement à ce que dit Célestin Port — nous avons vu que ce 
n'est pas lui qui avait reçu le chftteau construit par le comte. 

1. Voir notre Etude sur la Chron,de Foulque le Béchin, toc. cit., p. 29- 
30. — Bellay !•' est cité au temps de Foulque Nerra dans une charte par 
laquelle il fait une donation à Saint-Florent de Saumur (Livre noir de 
Saint-Florent, M08 r*). 

2. Voir Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n® 306. 

3. Voir ci-dessus, p. 156, n. 2.. 

4. En 1026, paraît Sebrand !•' (n* 37 du Catalogue d'actes ; cf. Hist. de 
Saint-Florent, p. 294 des Chron, des églises d'Anjou) ; il n*est pas, il est 
vrai, qualifié « seigneur de Passavant » ; mais on voit peu après son fils 
Guillaume, « seigneur de Passavant », confirmer ses donations qui con- 
cernent des fiefs dépendant de la seigneurie de Passavant : voir notam- 
ment Livre noir de Saint-Florent, f®» 79 v°-80 r». 

5. Nous avons cité dans notre Étude sur la Chron, de Foulque le Réchin, 
loc, cit.,p, 31, une charte prouvant l'existence d'Aimeri le, seigneur de 
Maulévrier en 1027 env. (Coll. dom Fonteneau, VI, p. 623 et 629) ; il vivait 
encore en 1047 (voir une charte des années 1046-1061 copiée sur le Car- 
tuL de Chemillé par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, 
fo 13 r®), mais dut mourir peu après : car dans une charte, suspecte, il est 
vrai, de Tan 1050 {Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, n« 95 ; 
Catalogue d'actes, n« 96), et, en tout cas, en 1062(iZ>i(/., n® 157) et en 1060- 
1068 [Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^* 265), on ne 
cite plus que son fils et successeur Renaud l*'. 

6. La première mention sûre (voir ci-dessus, p. 154, n. 3) du seigneur 
de Faye est celle de Nive, dame du « castrum » de Faye, qui paraît au n* 2 
du Cartul. de Noyers, éd. C. Chevalier (t. 22 des Mém. Soc. archéolog. de 
Touraine, 1872), au temps de Tabbé Evrard (1031-1058). Quelques années 
après, on trouve pour seigneur Aimeri le Jeune où TEnfant. Cet Aimeri 
était-il le fils de Nive, comme le disent Bourassé et Carré de Busserolle 
(ouvr. cités ci-dessus, p. 154, n. 3) ? Nous n'avons trouvé aucun document 
permettant de Taffirmer : nous savons seulement que le père d' Aimeri le 
Jeune était un certain Aimeri de Loudun, dont aucune des chartes du 

Halphbn. — Le comté d'Anjou. 11 



162 LE COMTÉ D ANJOU 

à Sainte-Maure *, à Trêves avant 1040 -. Partout de grandes 
maisons avaient surgi : là, celle de BrioUay, dont le château 

Cariai, de Noyers ne permet de dire s'il avait épousé Nive. Il semble 
même que s'il l'avait épousé, il paraîtrait vers 1031 à ses côtés dans la 
charte n® 2 du CarluL, et nous savons en outre que son fils Aimeri le 
Jeune fut seigneur de son vivant môme [CarluL^ n*»« 20 et 167). Aimeri le 
Jeune mourut en 1061 (ibid.), laissant enceinte sa femme Ausent, qui 
devait quelques mois après mettre au monde son fils Aimeri II. Mais cet 
Aimeri n'étant pas encore né, faute d'héritier, le fief de Faye fut repris 
par le suzerain, GeofTroi le Barbu, qui en disposa en faveur d'autres fidèles 
(le même cas s'est produit à la même époque pour le fief de Champigné : 
voir Carlul. de Sainl-Aubirij éd. Bertrand de Broussillon, t. I, p. 101), 
d'abord Gui de Nevers {Carlul. Noyers, n^ 20), puis Ganelon de Châtillon 
(ibid., n^ 45). C'est seulement à la mort de ce dernier qu' Aimeri II put 
entrer en jouissance du fief et qu'ayant eu de sa femme Eustache un fils 
(Aimeri III), rétablissement de la maison de Faye-la-Vineuse fut assuré. 
Surtout ceci, outre les chartes citées, voir pour Aimeri le Jeune le Carlul. 
de Noyers, n» 653(1061) ; pour son fils Aimeri II. ibid., n^ 45, 64, 67, 108, 
120, 148, 155, 157, etc., et pour la filiation d'Aimeri de Loudun, d' Aimeri 
le Jeune et d'Aimeri II, voir Marchegay, Charles poilevines de Sainl-Florent 
de Saumur, dans les Archives hisL du Poitou^ t. II, p. 20, n° 9. — Pour ces 
débuts de la maison de Faye, les indications de Bourassé et de Carré de 
Busserolle sont pleines de lacunes et d'inexactitudes. 

1. Voir A. de la Ponce, dans les Mém, Soc, archéoL de Touraine, t. VI, 
1854, et notre Elude sur la Chron.de Foulque le Réchin, loc. cil., p. 27-28. 
On trouve le premier seigneur, Josselin, peut-être dès 1037 (no53du Cala- 
logued'acles), en toutcasdès iOiO {Carlul, Trin. deVend., éd. Métais, n®«35 
et 40). Il est aussi mentionné dans une charte de Saint-Nicolas d* Angers 
des années 1040-1046 {Calaïogue d'acles, n» 78). 

2. Port, Diclionn., t. III, p. 627, col. 2, dit : « Ce premier château... 
paraît avoir été inféodé tout d'abord par le comte au seigneur de Sablé, 
Herbert le Rasoir, Rasorius, qui le servait dans sa guerre de Touraine, 
plus tard à Thibaud le Bouteiller, Bulicularius, puis à Geoffroy le Fort, 
diclus For lis, dès 1036. » Nous ne savons où Port a pu trouver l'indication 
de la première inféodation. Herberl le Rasoir semble, en tout cas, une 
erreur pour Hervé (voir Carlul. Sainl-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, 
n® 85). Personnellement, le premier seigneur que nous ayons rencontré est 
Thibaud le Bouteiller, beau-père d'Aubri l»' de Montjean et qui paraît, au 
temps de l'abbé de Saint-Florent Frédéric (1022-1055), dans deux chartes 
du Livre noir de Sainl-Florenl de Saumur, fol. 110 et fol. J 28-129 r«. Puis 
vient GeofTroi le Fort cité dans des chartes immédiatement postérieures à 
la mort de Foulque Nerra {Carlul, Sainl-Aubin, éd. Bertrand de Broussil- 
lon, no 178 [1040-1060], charte de Mai*moutier, des années 1041-1045, dans 
Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 50-51). On trouve son successeur 



LES BARONS 163 

avait été inféodé par Foulque Nerra au père du trésorier de 
Saint-Maurice d'Angers Bouchard ^ ; ici, celle de Beaupréau, 
fondée par Josselin de Rennes, un soldat de fortune, sans 
doute, que Foulque Nerra avait distingué ^ ; ailleurs, la puis- 
sante maison de Chemillé, dont le fondateur, Sebrand P', un 
des meilleurs capitaines de Foulque Nerra, avait été tué en 1616 
à Pontlevoy, mais qui avait laissé une lignée capable de conti- 
nuer brillamment son œuvre 'K Alors aussi étaient nées les mai- 

Aimeri des 1063 (Marchegay, ibid., p. 30, eC cf. CarluL de Saint-Aubin, 
n^ 216, CartuL de Saint-MauPt éd. Marchegay, au t. I des Archives d'An- 
jou, n« 32, CarluL de Saint^Nicolas dans Collect. dom Ilousseau, vol. III, 
n»1001, etc.). 

1. Voir ci-dessus, p. 117, n.2, et p. 57, n. 2. 

2. Aucun acte, à notre connaissance, ne donne à Josselin de Rennes le 
titre de seigneur de Beaupréau; mais nous savons d'une manière expresse 
que son fils Ilamclin et son petit-fils Girois, seigneurs de Beaupréau, 
étaient ses héritiers (voir notamment CartuL Saint-Aubin, éd. Bertrand de 
Broussillon, n<> 242). Josselin de Rennes paraît en 1014-1027 dans la charte 
n^ 4 du même CartuL Saint-Aubin, Il mourut avant 1028 : car dans une 
charte antérieure h cette date, on voit son fils Girois faire une donation 
à Saint-Aubin pour le repos de Tàme « de son père Josselin de Rennes 
dont le coips est enseveli dans le cimetière de cette abbaye >i {CartuL Saint- 
Aubin, n^2H), U ne peut donc figurer en 1037 parmi les témoins d'un auti*e 
acte de Saint-Aubin (ibid,, n* 1 ; n^ 53 du Catalogue d'actes). Josselin de 
Rennes avait épousé une certaine Gondrade (CarluL Saint-Aubin, n°241), 
dont il eut trois fils : Gautier, mort jeune avant 1028 (ibid.), Girois, que 
nous avons vu faire une donation à Saint-Aubin d'Angers entre les années 
1007 et 1027, alors qu'il avait succédé à son père (ibid.) ci qui fut tué par 
les gens du vicomte de Thouars un peu avant 1028-1029 [CartuL du Ron- 
ceray, éd. Marchegay, n^ 125), et enfin Hamelin, lequel eut quelque peine 
h obtenir de Foulque Nerra l'investiture du fief rendu vacant par la mort 
de son frère Gii*ois [ibid.). Cet Hamelin, qui entra en possession de la sei- 
gneurie en 1028-1029, est expressément qualifié « de Beaupréau » (ibid,, 
n^ 175]. Son fils Girois de Beaupréau devait lui succéder dès 1062 (au plus 
tai*d) : voir pour cette date une charte du 1*' CartuL de Saint-Serge, fol. 25, 
copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. II*, n" 655, et le Livre rouge de 
Saint-Florent de Saurnur, fol. 20; voir aussi le CartuL de Saint-Aubin, éd. 
Bertrand de Broussillon, n»* 263, 264, 265 (ann. 1060-1067), et n» 242 (ann. 
1077) et le CartuL du Honceray, éd. Marchegay, n®» 93, 94, 175 (ce der- 
nier numéro indique bien la filiation avec Hamelin I"' de Beaupréau). 

3. Sebrand I*' de Chemillé portait l'étendard du comte h la bataille de 
Pontlevoy (1016), où il fut tué (Histoire de Saint-Florent, p. 274 des Chron. 



t 

1 



164 LE œMTÉ d'ainjou 

sons de Montsoreau^ avec Gautier de Montsoreau^, de Blaison, 
avec .Thibauâ P''^, de Montjean, avec Aubri de Montjean 3, de 



églises d'Anjou), Pierre I**^ de Ghemillé se dit expressément son fils dans 
une charte des années 1032-1064' pour l'abbaye de Marmoutier (copiée par 
Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, f® 6). Ce Pierre I*' est 
mentionné, en outre, avant la mort de Foulque Nerra, en 1040, dans les 
Charles relatives h la fondation de la Trinité de Vendôme [CartuL de la 
Trln. de Vend.^ éd. Métais, n°* 35 et 40); nous avons eu Toccasion (p. 104, 
n. 1) de parler brièvement de ses successeurs. Les seig^neurs de Ghemillé, 
h la fin du xi* siècle, avaient une vraie cour. Voir leschartes des cartulaires 
de Ghemillé copiées par Marchegay (Bibl. nat., ms.fr. nouv. acq. 5022) et 
notamment une charte de Tan 1093 (ibid., t** 21-22) où Pierre II de Ghemillé 
apparaît entouré de deux sénéchaux, d'un chambrier et d'un bouteiller. 

1. Sous GeofTroi Martel, Guillaume I""", seigneur de Montsoreau, se dit fils 
de Gautier I"' de Montsoreau (copie du CartuL de Bourgueil, fol. 168 r®, 
dans Goll. dom Housseau, vol. II*, n° 512). 

2. Thibaud I" de Blaison apparaît dans une notice (n® 178 du Carlul. de 
Saint-Aubin, éd, Bertrand de Broussillon) racontant qu'en 1014, abbé laïque 
de Saint-Lézin d'Angers, il ravageait les terres appartenant en commun à 
cette maison et à Saint-Aubin (Gf. CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de 
Broussillon, n®* 922, 923). On y apprend qu'il eut pour successeur son fils 
Thibaud II, cité en 1040 au n® 35 du CartuL de la Trin.de Vend., éd. 
Métais (il apparaît aussi au n<* 1 du CartuL de Saint- Aubin, daté 1037 ; mais 
cette date est fausse : voir n® 53 du Catalogue d'actes). G'est vers 1050 que 
celui que la notice citée ci-dessus appelle le « tertius hères » du fief succéda 
àThibaud II : il s'appelait Éon (Eudo) : voir CartuL delà Trin. de Vend,, éd. 
Métais, n°» 88, 95 ; CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n°175 ; charte de 
Marmoutier dans Marchegay, Archives d'Anjou, II, p. 2, etc. 

3. Aubri I*''' de Montjean apparaît encore comme simple fidèle du comte en 
990-1011 (Catalogue d'actes, n° 21) ; Wéiaiït seigneur de Montjean quelques 
années après, au temps de l'abbé de Saint-Florent Giraud de Thouars 
(1013-1022),dont il obtint l'église de Ghâteaupanne (ci-dessus, p. 157, n. 4). 
Une charte des années 1019-1031 (Catalogue d\ictes, n® 49) nous le montre 
érigeant en collégiale l'église Notre-Dame de Loudun. Il est cité en 1040 
dans les chartes relatives à la fondation de la Trinité de Vendôme (Car- 
tuL Trin. de Vend., éd. Métais, n®* 35, 40) et dans une charte du Livre 
noir de Saint-Florent de Saumur, f« 28 v°. Il est encore cité entre lesannées 
1040 et 1046 dans une charte du CartuL de Saint-Nicolas copiée dans la 
Goll. dom Ilousseau, vol. II*, n° 593 ; mais en 1062, ni lui ni son succes- 
seur Pierre I*^' n'étaient plus en vie (charte de Marmoutier dans Mar- 
chegay, Archives dWnjou, t. Il, p. 75). — On trouvera (juelques bons 
détails sur les seigneur.-» de Montjean dans les Notes sur Montjean 
publiées par un anonyme dans la Revue de V Anjou, nouv. série, • t. XXI 
(1890) etsuiv. 



LES BARONS 165 

Craon, avec Suhard le Vieux ^, de Jarzé, avec Thibaud P' 2, de 
Rillé, avec Erard le Prévôt 3, de Thouarcé, avec Gazon *, pen- 
dant que sur les domaines des comtes de Blois dont la con- 
quête de 1044 avait amené la réunion à F Anjou étaient 
apparues parallèlement, à Textrême fin du x® siècle, avec Cor- 
bon I®', la maison de Rochecorbon'^ et, au début du xi® siècle, des 
maisons comme celles de Maillé ^, de Ghaumont-sur-Loire ^, de 
Ghâteaurenault ^, de TIsle-Bouchard ^. 

1. Bertrand de Broussillon, La maison de CrsLon, t. I, p. 18 et Angot, 
Dictionnaire de la Mayenne, t. I, v^Craon. Suhard apparaît vers 1010. 

2. Voir, entre autres, des mentions de Thibaud I*'''au n° 301 du CartuL du 
Bonceray^ éd. Marchegay (1040-1060), au n® 287 du CartuL dû Saint-Aubin, 
éd. Bertrand de Broussillon (1047-1067), au n° 157 du Catalogue d'actes 
(1060), aux n°*ir)7 et 158 du CartuL Trin. de Vendôme, éd. Métais (1062). 

3. Voir Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 28-30 (1063). Érard était 
prévôt de Tours (cf. Arch, d'Anjou, t. II, p. 31 et p. 34) ; il eut pour fille 
Marca, qui épousa Geoffroi Papebeuf. 

4. Isembard l'^'de Thouarcé, qu'on trouve à partir de J 060 environ, était 
fils de Gazon, comme nous Tapprcnd une charte des années 1055-1068, 
débutant ainsi : u Ego Isembardus Toarciaci dominus, Gathonis filius... » 
{Livre blanc de Saint-Florent de Saumur, fol. 17-18 r®). 

5. Corbon apparaît d'abord con;ime simple fidèle du comte de Blois 
en 984, dans une charte du CartuL tourangeau de Marmoutier, fol. 76 v®, 
copiée dans la Coll. dom Housscau, vol, XIP, n° 6719. Le 15 février 999, 
on le voit installé dans son château des Roches (charte orig. dje Bourgueil, 
Archives d'Indre-et-Loire, H 24, n^ 16). Il vit encore en 1014 (voir Lex, 
Eudes de Blois, CdiiBio^Me, n<> 26), mais dès 1015-1023 est remplacé par 
son fils aîné Ardouin (Lcx, ibid,, pièce justif. n° XIII). 

6. Joubert I**" de Maillé apparaît dès 1034-1037 (Lex, ibid., pièce justif. 
n° XXIII). Son fils aîné Ardouin est cité comme seigrteur en 1040-1047 au 
n^ 88 du Catalogue d*actes et dans une charte par laquelle il fait, avant de 
mourir, un don auquel son frère et successeur désigné Gcudouin consent 
(charte orig. de Marmoutier, Archives d'Indre-et-Loire, II 292. Cf. deux 
notices postérieures de Marmoutier copiées pour Gaignières dans le ms. de 
la Bibl. nat., lat. 5441*, p. 384^ et 384<*-385). Geudouin, cité comme seigneur 
de Maillé dans une charte do Marmoutier dont Toriginal a été copié dans 
la Collect. Moreau,à la Bibl. nal., vol. 23, fol. 177, est dit récemment défunt 
dans une charte de Tan 1062 [Livre des serf^ de Marmoutier ,éd, Salmon,n*66). 

7. C'est Eude II de Blois qui inféoda Chaumont à Geudouin de Saumur 
après 1026 (HisL Saint-Florent, dems les Chron, des églises d'Anjou, p. 280). 

8. Le premier seigneur que nous connaissions est Guicher I*^', dépos- 
sédé en 1044 : voir ci-dessus, p. 49, n. 2. Le récit qu'on trouve dans les 
dej'nières rédactions des Gesta consulum Andegav. [Chron. des comtes 
d Anjou, p. 124-125) est un pur roman. 

9. Le premier seigneur connu est Ilugue l^^", qui vivait au temps de 



166 LE COMTÉ d'aNJOU 



II 

Il était inévitable que les fidèles du comte, en prenant pied 
dans tous ces châteaux, qu'ils se transmettaient d'ordinaire de 
père en fils et qui leur assuraient la domination du plat pays 
environnant, arrivassent au bout de peu de temps à ime force 
dangereuse *, et cette menace s'était réalisée d'autant plus vite 
que les seigneurs châtelains avaient de bonne heure tendu à ne 
contracter d'alliances qu'entre eux et à former ainsi une caste à 
part. 

Qu'on observe, par exemple, ce qui s'était passé dans la 
région d'Amboise, pour laquelle nous avons dans les Gesta 
Ambaziensium dominorum un guide fort précieux et d'une 
grande exactitude depuis le milieu du xi*^ siècle. Lisois d'Am- 
boise, un vassal du comte que Ton voit apparaître à l'époque de 
Foulque Nerra, avait eu deux fils et trois filles : Tune des filles 
avait épousé le seigneur de Montrésor, Bouchard ; une autre, le 
seigneur de Rochecorbon, Thibaud ; une troisième, un grand 
baron d'Amboise, Foucois de Thorigné ; enfin le fils aîné avait 
épousé la nièce et héritière de Geoffroi de Chaumont-sur-Loire -. 
Ailleurs, on avait vu Thilde, fille de Joubert de Maillé, épouser 
GeolTroi le Fort, seigneur de Trêves 3. Une série d'alliances du 

Foulque Nerra, qu'on trouve cité notamment, en 1032-1037, au n° 37 du 
CartuL de Cormery, éd. Boupassé, et qui est dit défunt depuis assez long- 
temps dans une charte des années 1040-1045 du CartuL tourangeau de Mar- 
moutier, fol. 172 v®, copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol. IP,no 450, et 
éd. dans Métais, CartuL de la Trin. de Vendôme, n® 399. Les indications 
données par Carré de BusseroUe, Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t. III, 
p. 363 et suiv., qui font remonter la maison de l'Isle-Bouchard à 887, 
paraissent tout à fait fantaisistes. 

1. Sur la force que le château assurait aux vassaux, voir Guilhiermoz, 
Essai sur Voriginede la noblesse en France, p. 143. 

2. Chron, des comtes d'Anjou, p. 172. 

3. Thilde de Maillé est citée parmi les enfants de Joubert de Maillé, 
avant son mariage, dans une charte de Marmoutier des années 1034-1062 



LES BARONS 167 

même genre lia entre elles les maisons de Montreuil-Bellay, 
Doué, Montsoreau, Sainte-Maure, quand Aliénor, fille de Bel- 
lay I*^, eut épousé Hugue I®*: de Sainte-Maure * et qu'à la fin du 
XI* siècle Grécie, fille de Giraud de Montreuil-Bellay, se fut unie 
d'abord à Geudouin, seigneur de Doué 2, puis à Gautier, seigneur 
de Montsoreau ^. Le cas fut le même pour les maisons de Jarzé^ 
du Petit-Montrevault, de Candé, de BrioUay, qu'une série de 
mariages rapprocha Tune de Fautre : mariage d'Agnès, fille de 



(orig. aux Archives d'Indre-ct-Loire, II 292 ; copie dans la Coll. dom Hous- 
seau, vol. IP, n® 612j ; la même est dite mariée à Geoffroi le Fort, seigneur 
de Trêves, dans une charte de peu postérieure (copie de Torig. dans la Coll. 
Moreau, à la Bibl. nat., vol. 23, fol 177) et elle apparaît encore en cette 
qualité, notamment aun° 217 du CartuL de Saint-Auhiriy éd. Bertrand de 
Broussillon, et dans une charte autrefois transcrite au CartuL de Sainte 
Nicolas d'Angers, fol. 13, dont on trouve des analyses à la Bibl. nat., dans 
la Coll. dom Ilousseau, vol XIII^, n° 9509, dans la Coll. Baluzc, vol. 38, 
fol. 49, et dans le ms. fr. 22450^ p. 162. 

4. C'est ce que disent les GestaAmbaz. dominorum {Chron, des comtes 
d'AnjoUy p. 494), et cela semble confirmé par des chartes qui donnent à 
l'épouse de Hugue I*** de Sainte-Maure le nom d' Aliénor (voir Cartul. de 
Noyers, éd. Chevalier, n® 439, et cf. A de La Ponce, dans les Mém. de la 
Soc, archéoL de Touraine, t. VI, 4854). 

2. La femme de Geudouinde Doué, mère de Geoffroi, Aimori et Geudouin 
de Doué, est indiquée comme s'appelant Grécie au Livre d'argent de 
Saint-Florent de Sa«mur,fol. 66 v» (1080), au Livre blanc de Saint-Florent, 
fol. 30 v» (4087 j et fol. 47, au Livre noir de Saint-Florent, fol. 74 v» (4093), au 
Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 71 v®, n<> 441 (analysé dans la Coll. 
dom Ilousseau, vol. IV, n® 4268, et copié dans la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 55 
et 66), charfc de 4416. Une charte de 4405 du Cart. de Saint-Nicolas d'An» 
gers, fol. 55 (copiée dans la Coll. dom. Ilousseau, vol. IV, n® 4243, et analy- 
sée ibid., vol. XIII» n'>9536, et Coll. Baluze, vol. 38,fol.49;,éd. dans VEpitome 
Sancti Nicolai, p. 42), nous apprend que Geudouin, un des fils de Grécie, 
était neveu de Bellay de Montreuil-Bellay, ce que confirme le n° 443 du 
Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, et ce qui établit la 
filiation de Grécie (cf. CartuL de Saint-Aubin, n^ 224, et la note suivante). 

3. CartuL de Fonfevrnull, n° 723 (4110 environ), donation de Bellay de 
Montreuil-Bellay du consentement de Gautier de Montsoreau, de Grécie, 
épouse dudit, de Guillaume et Pèlerine, enfants de Gautier, et d'Aimeri et 
Geoffroi de Doué, enfants de Grécie. Ibid., n^ 724, donation de Bellay du 
consentement de Grécie, sa sœur, et de Guillaume de Montsoreau, fils 
de ladite Grécie. 



168 LE COMTÉ D* ANJOU 

Thibaud I*' de Jarzé/avec Roger II de Montrevault * ; mariage de 
Normand de Montrevault avec Denise, fille de Rorgon de Candé^ ; 
mariage de Guermaise, tille de Geoffroi de Jarzé, avec Geoffroi de 
BrioUay 3. 

Ces unions entre fils et filles de grandes familles seigneu- 
rales avaient eu et eurent d'abord pour résultat immédiat 
de faire de plus en plus des barons une aristocratie se suffisant 
à soi-même et trouvant facilement dans son sein des éléments 
de résistance redoutables contre le comte en personne, 

Du même coup aussi, le nombre des seigneuries qui tombaient 
par voie d'héritage entre les mêmes mains devait aller grandis- 
sant. Nous avons vu le mariage de Sulpice d'Amboise avec Denise 
de Chaumont a mener l'union des deux seigneuries ^ ; des mariages, 
de même, avaient entraîné ou devaient provoquer la fusion des 
fiefs de Langeais et de Montoire "^y de ceux de Candé, du Lion- 
d'Angers et du Petit-Montrevault ^ et de ceux de Craon, Sablé, 
Ingrandes et Champtocé ^. Et comme si ce n'était pas assez de ces 
conséquences inévitables d'un état de choses qu'il avait contri- 
bué à former presque malgré lui, on avait pu voir le comte lui- 

i. Voir une charte extraite du /*' Cartul, de Saini-Serget n*» 180, dans 
le ms. de la Bibl. nat. lat. 5446, p. 271. 

2. Cartul. de Saint' Aubin d'Angers^ éd. Bertrand de Broussillon, n® 172; 
charte orig. de Marmoutier, aux Arch.de Maine-et-Loire, fonds de Chemillé, 
copiée dans le Cartul. vélin de Chemillé (ibid.), n° 44. 

3. Voir- une charte de 1103 du Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 
64 v»-65 r<», copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. IV, n» 1228, et une 
charte du /•*■ Cartul. de Saint-Serge, n® 325, copiée dans le ms. de la Bibl. 
nat. lat. 5446, p. 287. 

4. Ci-dessus, p. 166. 

5. Voir notre Etude sur la Chron. de Foulque le Réchin, loc. cit., p. 24 
et 25. 

6. Quand Normand de Montrevault épousa Denise de Candé (ci-dessus, 
n. 2), les fiefs de Candé et du Lion-d'Angers étaient déjà unis (ci-dessus, 
p. H3, n. 3) : Denise en hérita, et Normand en devint ainsi seigneur. Voir 
Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n® 172, et 
Orderic Vital, XI, J6, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216. 

7. Voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 54 et p. 59, 
n° 100. 



LES BARONS 169 

même hâter ces réunions en ne confisquant, par exemple, Champ- 
toceaux que pour le livrer àThibaud, seigneur de Jarzé, le Lion- 
d'Angers que pour le livrer à Geofîroi Rorgon, seigneur de Candé, 
Durtal que pour le livrer à Renaud de Maulévrier '. Toutes ces 
petites principautés constituaient désormais à côté des domaines 
comtaux comme autant de noyaux de résistance. 



III 



Si seulement le comte eût été de taille à tenir tête aux barons ! 
Mais en face d'eux ils ne rencontraient qu'un homme sans 
prestige, dont la conduite privée fut un objet de scandale : après 
avoir perdu sa première épouse, la fille de Lancelin de Beau- 
gency ^, on le vit^ passer de femme en femme, d'Ermengarde de 
Bourbon, qu'il répudia presque aussitôt sous prétexte de parenté ^, 
à Orengarde de Châtelaillon, qu'il épousa le 21 janvier 1076 ^ 

1. Voir ci-dessus, p. 142-113. 

2. Gestaconsulum Andegavorum, p. 140 des Chron, des comtes d'Anjou, 
Foulque le Réchin n'eut qu'une fille de cette première femme, Ermengarde 
(voir ibid,)^ sur laquelle on trouvera d'utiles indications dans Port, 
Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. Il," p. 116-117. 

3. « Post mortem filie Lancelini, duxit Ërmengardin, fîliam Archembaudi 
Fortis de Borbono, ex qua gcnuit Gosfridum Martellum... (quam) dimisit, 
affîrmans cam de génère suo fuisse » (Gesta consulum Andegav., ibid,, 
p. 140). Cette Ermengarde souscrit une des chartes de Foulque le Réchin 
{n^ 229 du Catalogue d^actes). Comme il est dit dans les Gestajéllc eut pour 
fils GeofTroi Martel le Jeune, dont nous reparlerons.. 

4. Une charte de Saint-Florent de Saumur (Arch. de Maine-et-Loire, 
fonds de la mense commune, domaine de Saumur, orig.) est ainsi datée '- 
« Acta sunt haec apud.Salmurum anno ab incarnationc Domini millesimo 
LXX quinto, mcnse januario, feria quinta, die festivitatis sancle Agnetis 
virginis, quo die prenominatus comes Fulco, accepta in uxorem Auren^ 
garde, filia Isemberti de Castcllo Allione, nuptias celebrabat » (le jeudi 
21 janvier, jour de la sainte Agnès, nous reporte à l'année 1076, n. st. ; 
par exception, on a donc suivi ici le style de Pâques ou celui du 25 
mars). Orengarde parait aux côtés de Foulque le Réchin dans une charte 
du 17 mai 1076 (n» 230 du Catalogue d'actes). 



170 LE COMTÉ d'aNJOU 

mais dont il se sépara en 1080 ^ ; de la fille de Gautier l*''^ de Brienne, 
sa parente ^^ à la belle Bertrade de Montfort. C'est surtout du 
jour où sa passion pour Bertrade a parlé qu'il s'avilit et avilit 
en même temps aux yeux de tous l'autorité comtale : pour la 
posséder d'abord, on le voit promettre la paix au duc de Nor- 
mandie 3 ; mais la lune de miel dure peu : après lui avoir donné 
un fils, Foulque le Jeune ^, la belle Bertrade, aussi volage que 
belle, gagne le cœur du roi et, dans la nuit du 15 mai 1092, se 
sauve de Tours pour aller rejoindre Philippe qui l'attend à 
Orléans ^. Foulque s'indigne d'abord : lui qui venait de promettre 



\. Aux termes d'une charte [Catalogue d'actes, n® 236), Orengarde se fit 
religieuse le 9 juin 1080, sans doute à Beaumont-lès-Tours. 

2. Ce mariage n'est signalé que par une généalogie rédigée à Saint- 
Aubin d*Angers au temps de Foulque le Réchin (Poupardin, Généalogies 
angevines du A'/® siècle, dans les Mélanges d'archéol. et d'histoire de l'Ecole 
franc, de Borne, t. XX, p. 208). Ménage avait déjà publié cette généalogie 
[Hist. de Sablé, p. 340) et relevé ce mariage [ibid,, p. 85). Gautier !•' de 
Brienne est cité du 28 décembre 1035 au' moins jusqu'après le 6 juin 1050 
(H. d'Arbois de Jubainville, Catalogue d'actes des comtes de Brienne, dans la 
Bibl. de P École des Chartes, t. XXXIII, 1872, p. 143 et suiv). La seule fille 
de Gautier dont nous connaissions le nom (voir ibid,, p. 148, n^ 33) s'ap- 
pelait Mantia . 

3. Orderic Vital, VIII, éd. Le Prévost, t. III, p. 320-321. Cf. ci-dessous, 
cbap. III § III. 

4. Gesta consulum Andegav,, p. 140 des Chron, des comtes d'Anjou. 

5. Gesta consulum Andegav, ibid,, p. 142-143 :« Rex libidlnosus Phi- 
lippus Turonisvenit et cumuxore Fulconis locutus eam fieri reginam cons- 
tituit. Pessima illa, consule dimisso, nocte sequenti regem subsequitur, 
oui Mindraio propeponlem Bevronis milites dimiserat qui eam Aurelianis 
dexerunt. » Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 386, raconte 
que Bertrade, craignant d'être abandonnée par Foulque, fit savoir son amour 
à Philippe I®'. « Denique mollis princeps, comperta lascivae mulieris volun- 
tate, fiagitio consensit ipsamquo, relicto marilo, Gallias expetentem cum 
gaudio suscepit. » La Grande Chron. de Tours (Salmon, Chron, de Tou- 
raine, p. 128), copiant évidemment un texte ancien, raconte que Phi- 
lippe I*' a enlevé Bertrade la veille de la Pentecôte, lors de la cérémonie 
de la bénédiction des fonts de Saint-Jean de Tours. Le fait y est rap- 
porté sous Tannée 1093 ; mais c'est une erreur pour 1092, date que donnent 
tous les textes et notamment Clarius de Sens (Hist, de France, t. XII, 
p. 280) et une charte extraite du Cartul, tourangeau de Marmoutier, 
fol. 137 r^, copiée dans laColl. dom Housseau, vol. XII 2, n® 6749, et datée 



LES BARONS 171 

aux prêtres de ne plus se marier sans leur consentement (1094) ^, 
il réclame Bertrade, accuse le roi d'inceste 2. La violence ne dura 
pas: Bertrade sut trouver le secret de contenter à la fois 
ses deux amants; les barons angevins purent même voir, en 
1106, leur comte faire au roi et à Bertrade les honneurs de sa 
capitale ^ et comme un esclave se mettre sur un escabeau aux 
pieds de son ancienne maîtresse, qui continuait à faire de lui 
tout ce qu'elle voulait *. 

Un tel comte n'était pas fait pour en imposer à des barons 
aussi puissants et qui, grâce à la crise de 1067-1068, avaient pu 
prendre conscience de leur force. Aussi après 1068 ne sont-ceque 

ainsi : (c Actum anno ab incarnatione Domini MXCII, agcntibus nobis sub 
domno abbate Bernardo, ipso anno quo rex Philippus accepit sibi uxorem 
conjugoro Fulconis comitis Andogavensis. » En 1092, la Pentecôte tom- 
bant le 16 mai, la fuite de Berirade, d'après la Grande Chron. de Tours, 
est du 15 mai (Cf. dom Brial, Préface du t. XVI des Hisl, de France). Le 
mariage du roi avec Berlrade était consommé le 27 octobre 1092, date à 
laquelle Urbain H blâme Tévèque de Senlis de s'y être prêté (Ilist. de Fr., 
t. XIV, p. 702; Jaffé-Waltenbach, Rpgesta, n» 5469). 

1. Catalogue d^adcsy n° 272. 

2. Une lettre d'Ive de Chartres rappelle que Foulque avait envoyé à la 
cour des gens pour établir l'inceste et réclamer Bertrade {Ilint, de Fr,, 
l. XV, p. 150). Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. 388 : 
« Unde inter opulentos rivales minarum ingens tumultus et proeliorum 
conatus exortus ^st. » 

3. Voir une charte-notice extraite du Cartul. de Saint-Xicolas dWngern, 
fol. 50 v<», copiée dans la Coll. dom Ilousseau, vol. IV, n« 1259, et publiée 
dans VEpitome S, Nicolai, p. 50, racontant que le 10 octobre 4106 le roi 
Philippe I'' vint à Angers avec la reine Bertrade et fut reçu « a Fulcone 
comité et ab Andecavensibus tam clericis (juam laïcis cum honore 
maximo et reverentia. » Cf. Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. lll, 
p. 388 : « Vcrum versipellis mulier inter rivales simultalem compescuit 
ingenioque suo in tantam pacem eos compaginavit ut splendidum eis 
convivium praepararet et apte, prout placuit illis, ministraret. » 

4. Suger, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, p. 57 : « Mater etiam (Ber- 
trada), his omnibus potentior viragoque faceta et eruditissima illius admi- 
randi muliebrisartiiiciiquo consueverunl audaces suis etiam lacessitos inju- 
riis maritos suppeditare, Andegavensem priorem maritum,licet thoroomnino 
repudiatum, ita mollificaverat ut eam tanquam dominam venerarekir et 
scabello pedum ejus sepius residens, acsi prestîgio fieret, voluntati ejus 
omnino obsequeretur. »> 



172 LE œMTÉ d'anjod 

révoltes de leur part*. Quand Sulpice, seigneur d'Amboise et de 
Chaumont, meurt, c'est sous le coup des menaces que Foulque le 
Réchin doit remettre en liberté Hugue, fils et successeur du 
défunt 2. Peu après, il s'avise de confier la garde de son châ- 
teau d'Amboise, le /)omia7e, à Aimeri de Courron; le choix 
déplaît aux gens de Hugue : cinq d'entre eux se glissent dans le 
donjon, surprennent le veilleur, le font prisonnier et plantent sur 
la tour l'étendard de leur maître, pendant que celui-ci se retranche 
dans sa forteresse d'Amboise et se met à harceler les troupes 
du comte. Ce dernier arrive enfin, mais n'ose se mesurer avec 
son adversaire et préfère composer avec lui ^. L'accord n'est 
pas de longue durée ; le vassa\ insoumis n'attend qu'une 
occasion pour se soulever à nouveau : brusquement, en 
1106, un jour que le châtelain du Domicile^ Hugue du Gué, 
était à la chasse du côté de Romorantin, Hugue d'Amboise 
surprend le château et le détruit. La lutte recommençait: Foulque 
le Réchin s'alliant à Aubri de Montrésor et à Josselin et 
Hugue, les deux fils du seigneur de Sainte-Maure Hugue P*", se 
jette sur Saint-Cyr, un des domaines héréditaires de la maison 
de Chaumont ; Hugue d'Amboise, soutenu par son beau-frère 
Jean, seigneur de Lignières, riposte en venant piller les fau- 
bourgs de Tours et tous les environs de Loches, Montrichard et 
Montrésor. La lutte était dans son plein quand la mort vint 
successivement enlever Josselin et Hugue de Sainte-Maure, puis 
Foulque le Réchin lui-même^. 

Partout la situation est la même : un jour, c'est le seigneur 



4. Le fait a frappé les chroniqueurs. L'auteur des Gesla. consul, A ndegav, 
(Chron, des comtes d'Anjou, p. 141) montre Geoffroi Martel le Jeune 
« videns terram turbatam et proceres totius consulatus tîontra patrem 
cornua erigere « ; Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216, dit 
à peu près la même chose. 

2. Gesta Anibaz. dominorum, p. 184 des Chron. des comtes d'Anjou, 

3. Ibid,, p. 186-187. 

4. Ibid,, p. 192-195. 



LES BARONS 173 

d'AUuyes, Saint-Christophe et Vallières qui se soulève * ; un 
autre jour, c'est celui de Maillé ^ ; puis c'est celui du Lion-d'An- 
gers 3; en 1097, celui de Rochecorbon *. Contre Barthélemi de 
risle-Bouchard il faut faire une vraie campagne, élever une for- 
teresse à Champigny-sur-Veude : Barthélemi d'ailleurs s'en 
empare, l'incendie et en fait la garnison prisonnière •'. 

Comme on a pu le voir à propos de la révolte de Hugue d'Am- 
boise, Foulque leRéchin ne ripostait pasou ne ripostait que molle- 
ment ; on put même l'accuser de favoriser des soulèvements, 
qui lui fournissaient des occasions de pillage *\ Un instant cepen- 
dant on put croire que l'autorité comtale allait enfin prendre sa 
revanche : après avoir tenté de déshériter son fils aîné, né de sa 
seconde femme, Geoffroi Martel le Jeune, au profit du fils qu'il 
avait eu de Bertrade ', Foulque, vieux et usé, dut s'effacer 

4. Une charte originale des Archives de Maine-et-Loire, fonds de Mar- 
moutier, Bocé, n® 4, relate un accord passé « eodem die et loco quo cornes 
Andecavensis Fulco concordiam fecit cum Ilugone de Sancto Chris- 
toforo. » 

2. Une charte de Foulque le Réchin, des années 1068-108i, eât délivrée 
au siège de Maillé [Catalogue d'actes, n° 246). 

3. L'incendie du Lion-d'Angers par Foulque le Réchin, en 1087, est indi- 
qué au n® 182 du CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Brous- 
sillon. 

4. Gesta consul, Andegnv., p. 141 d(?s Chron. des comtes d'Anjou : 
« Quippe anno subséquente (MXCVIl) Fulco et Martellus, filius ejus, 
Rupes Corbonis obsederunt et fumo ceperunt, quod municipium nemo 
pu ta bat capi posse. » 

5. Cartul. de Noyers, éd, Chevalier, n® 199. 

C. Orderic Vital, XI, 10, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216: «... Quibus (praedo- 
nibus) pater ejus (Fulco) parcere jamdudum erat solitus, quia in praedis 
eorum et latrociniis cum eisdem laetabatur crebrius, acceptis inde sibi 
port io ni bus. » 

7. « Cum Fulco Rechint Andecavorum cornes fîlium suum majorem 
Gaufridum, amore filii sui minons, multis et magnis consiliis atque moli- 
tionibus exheredare voluisset.... » (Fragment de Saint-Aubin d'Angers, 
dans le Uecueil. d'annales angev. et rendôm,, p. 43). L'auteur des Gesta 
consul. Andegav. (Chron. des comtes d'Anjou, p. 141), suivi par Orderic 
Vital, Xï, 16 (éd. Le Prévost, t. IV, p. 216), prétend que Geoffroi le Barbu, 
ayant entendu parler des mérites de son neveu, lui transmit tous ses 
droits. 



' 



174 LE OOMTÉ D*AKJOC 

devant lai ^ : GeoflEroi^ en effet, prenant les armes et s alliant à 
Hélie^ comte du Maine, avait marché contre son père, lui avait 
enlevé Marçon ' 1 f 03 ; , puis BrioUay 1 1 Oi i -, et Foulque avait dû^ 
malgré ralliance du comte de Poitou '^, reconnaître dès ce moment 
à Geoffroi le pouvoir dont il avait voulu lui enlever rfaéritage '*. 
Dès lors* il se réduisit lui-même au rôle d'auxiliaire de son fils. 
Ardent, craint des barons, sym|jathique aux gens d'Eglise ^', le 
jeune comte entama hardiment la lutte contre les rebelles : avec 
son père, il vint prendre la Chartre *\ brûler Thouars ' et enfin^ 
accompagné d'Alain de Bretagne, d*Hélie du Maine et de Robert 
de Belléme, vint mettre le siège devant Candé, où Normand de 
Montrevault s^était enfermé. La place allait se rendre, quand 
Geo£froi fut traîtreusement tué 19 mai if 06 ^. Avec lui s'éva- 



1- Orderic \ataU XI, 16, éd. Le Prévost, l. IV, p. 216 «• Tandem ii»se-.. 
annuenie nihilomlDus pâtre, ÀBde^'-avensem comitatiuii acc<'{>it summoque 
conatu rectitudlDem simplîcibus et t*genis exercuîl eeclesiaeque Dei sin- 
ceram pacem laudabiliter senavit. >» 

2. Fragment de Saint- Aubin d'.Kng-ers, dans le H*^ueU <fannalcti an<^. 
et rendôtn.^ p. 43 : Annule» de Saint- Aubin ^ ibid.^ j». 6. 

3. M Inde contra Willelmum comitem Pictavonim, quem praedictus Fulco 
cum ingenti exercitu super .\ndecavos adducebat^ audacter praeliatums 
occurrit » Ujîd.^ p. 43 . 

4. Par exemple, le n« 3(13 du Catalogue d'acte» nous j>rouve que Geoffroi 
liartel exerça bc*l et bien le jx)uvoir, conjointement arec son |>ère, sans 
doute, mais en son nom [>ropre. Une charte du mois de mai 11(6, reiatanl 
une donation faite à Saint-Nicolas d'.Vngers par le sei^meur de Montrtniil- 
Bellay, est datée « Fui cône juniore et Goffrido Martello, fîlio suo, comili- 
bus »• Epitome S. \icolai Andetjar.^ p. 42 . 

5. Voir les élo<res que tous les annalistes angevins et vendômois lui ont 
décernés {Recueil d'annales anger. et vendôm. p. 44, 68, 90 , le jianêpyrique 
qu'en font l'auteur des Getla consulurn Andegar. Chron. de* comten cT.An- 
jou, p. 141-142 et Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, L IV, p. 216-217. 

6. '«... sequenti anno (MCIV castellum Carceris ce|>erunt »• Fragment 
de Saint-.\ubin, dans le Recueil d'ann. anger. et rend,, p. 43 . 

7. Voir ci-dessous, chap. III, îi i. 

8. Les annales angevines et vendômoises noient ces événements avec 
force détails Recueil d'annales anger. et r<»/i</ôm.,p, 7, 44, fi8, 8î» ; Orderic 
Vital, XI, 16, éd. Le Prévost, t. IV, p. 216-217, nous apprend que le sicg« 
de Candé fut motivé par une révolte de Normand de Montrevault, qui en 
effet ayant éf>ousé Denise fille de Rorgon, était devenu seigneur du Lion-* 



LES BARONS 175 

nouissait le seul obstacle sérieux qu'eût rencontré Tesppit d'indé- 
pendance des barons. 

d'Angers et de Candé (voir ci-dessus, p. 168, n. 6). Voir encore les Gesla 
consulum Andegav., p. 142 des Chron, des comte» d'Anjou, L'obit de 
GeofTroi Martel est inscrit au 14 des calendes de juin dans VObitu&ire de 
Saint- Aubin (Bibl. d'Angoi*s, ms. 830, ancien 747). Deux chartes de Mar- 
moutier transcrites par Marchegay (Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022^ 
fol. 204 r«-205 v®), sont datées de « l'année où GeolTroi Martel mourut au 
siège de Candé ». Sur les poésies composées en son honneur, voir Ilau- 
réau, Notice sur les Mélanges poétiques d^llildebert de Lavardin, dans les 
Notices et extraits des manuscrits de la Bibl. nationale^ t. XXVIII, p. 311. 



CHAPITRE III 
LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉGHIN 

Arrêté sans cesse par toutes ces difficultés intérieures et, à ce 
qu'il semble, aussi par une apathie naturelle^ Foulque le Réchin 
fit preuve trop souvent dans ses rapports avec les états voisins 
de mollesse ou de peu de persévérance. Encore ne faut-il pas 
exagérer ainsi qu'on l'a fait * et le représenter comme un soldat 
sans courage et un prince sans esprit de suite. Et d ailleurs nos 
renseignements sont, en général, tellement fragmentaires qu'il 
est bien difficile de juger sa politique : nous en sommes réduits 
à quelques vagues données sur ses rapports avec l'Aquitaine, et 
sa politique dans le Maine n*est connue que par des chroniqueurs 
le plus souvent malveillants. Aussi est>ce ici plus que jamais 
qu'il convient d'apprécier l'ensemble et non le détail. 



I 

Pour les premières années du gouvernement de Foulque le 
Réchin, à part une attaque tentée, vers 1080, par Gui-Geoffroi 
de connivence avec un grand baron de Touraine, Geoffroi de 
Preuilly , le futur comte de Vendôme ^^ on ne sait rien des rapports 
du comte d'Anjou avec le duc d'Aquitaine. Sous Geoffroi le Jeune, 
ces rapports devinrent amicaux : vers 1089, le duc épousa la fille 

i. Notamment Miss Kate Norgate, dans son England under the angevin 
kings, sous Tinfluence d'Orderic Vital. 

2. Gesta Ambaziensium dominorum m Intérim Lisoius,dumFulco Réchin 
9 consule Pictavensi et a Gosfrido Pruliaci et aliis pluribus impugna- 
retur... » {Chron. des comtes d^ Anjou, p. 184). Ces faits se placent avant 
mars 1085, date où Geoffroi de Preuilly devint comte de Vendôme 
(Voir Pétigny, Histoire archéologique du Vendôrnois), car Tauteur des 
Gesta Ambaz, indique son avènement comme postérieur {toc. cit,y p. 185). 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 177 

du comte d'Anjou, Ermengarde^ Quand, peu après, ce mariage 
fut rompu ^, on peut croire que l'entente n'en subsista pas 
moins, puisqu'en 1103 on vit le duc soutenir Foulque contre 
Geoffroi Martel révolté 3. 

Mais ce dernier ayant triomphé de son père et ayant pris, 
nous l'avons vu, la direction des affaires, tout changea: il marcha 
contre le vicomte de Thouars, qui, sansdoute, s'était, en 1103, joint 
à l'armée poitevine, incendia Thouars le 28 août 1104^, puis, 
poursuivant ses avantages, se disposa à aller arracher la Sain- 
tonge ^, perdue depuis plus de quarante ans, et vint. offrir à Guil* 
laume, le 3 novembre (?), la bataille devant Parthenay. Grâce à 
une pluie qui retarda le combat, un accord put intervenir^; 
mais Guillaume courut se retrancher à Poitiers 7. 

1. Voir Richard, Hist, des comtes de Poitou ^ t. I«', p. 395. 

2. Il le fut avant 1092 {ibid,, p, 395). 

3. Ann. de Saint-Aubin: «Inde contra Willelmum comitem Pictavorum, 
quem praedictus Fulco cum ingenti exercitu super Andecavos adducebat, 
audacter praeliaturus (Gaufridus) occurrit » [Recueil d^ annales angev, et 
vendôm,, p. 43). 

4. Ibid», p. 44 : «...Toartium, magnum et nobilissimum castellum con- 
cremaverunt. » Une charte de Saint-Florent de Saumur donne la date pré- 
cise ; elle se termine ainsi : » Sic namque diffinilum est apud Casam in 
presentia Gauzfridi vicecomitis» (ilii supradicti Aimerici, post combus- 
tionem castri Toarcii patratam a Gauzfrido Martello adhuc juvene comité 
anno dominice incarnationis millésime CIIII, die dominica, hora tertia, 
V kalendas septembris » (Marchegay, Cartulaires du bas Poitou, 4877, 
in-8«, p. 346). 

5. Gesta consul. Andegav, : » Landonense castrum Philippe régi calump- 
niabat et Guillelmo Pictavensi Santonicum consulalum » {Chron, des 
comtes d' Anjou ^ p. 142). 

6. Chronique de Saint-Maixent : m ...praeparatum fuit maximum bellum 
inter Willelmum comitem Pictavorum et GuofTredum Martellum filium Fui- 
conis Andegavorum VI<> nonas novembris apud Parti niacum; sed Dominus 
per bonos et sanctos viros placitavit et pluviam magnam ubertim per 
duosdieset noctes assidue cadere permisit » (Chron. des églises d^ Anjou y 
p. 422). La date <c VI<> nonas novembris » est une erreur évidente, qu'il 
faut peut-être corriger en « III" nonas ». 

7. Gesta consul. Andegav., loc. cit. : « Qui, timoré ejus (Martelli), duas 
turres novas Pictavis constituit : unam in urbis ingressu et aliam prope 
aulam. » Cf. Richard, Hist. des comtes de Poitou, t. I, p. 446. 

Halphen. — Le comté d Anjou. 13 



178 LE COMTÉ d' ANJOU 

Nous ne savons de quel prix Guillaume avait payé la paix ; on 
peut néanmoins supposer que c^était de quelques châteaux. ^ Aussi 
la mort de Geoffroi Martel, survenue brusquement^ comme nous 
l'avons vu' 2, en 1106, fut-elle pour lui un soulagement et saisit- 
il avec empressement l'occasion, qui s'offrit bientôt, de prendre 
sa revanche : ayant été chargé par Philippe I®' de ramener de la 
cour royale à Angers Foulque le Jeune, second fils de Foulque 
le Réchin, Guillaume le fit prisonnier et pendant plus d'un an le 
garda sous les verrous ; les supplications de Bertrade, mère du 
jeune comte, les menaces du roi, rien n'y fit : Foulque le Réchin 
dut, pour obtenir l'élargissement de son fils, abandonner ou res- 
tituer au duc plusieurs places frontières ^. 

Somme toute, cette politique n'aboutissait qu'à des résultats 
peu importants. Il n'en fut pas ainsi du côté du Maine. 



II 



On se souvient que, lors de la prise du Mans par Geoffroi 
Martel, en 1051, Berthe, veuve de Hugue III, s'était sauvée en 
Normandie avec son fils Herbert et sa fille Marguerite *. Herbert, 
en principe comte du Maine par la mort de son père, avait prêté 
hommage à Guillaume le Conquérant ^, avait été fiancé à une de 
ses filles ^ et avait consenti dès ce moment au mariage de 
Marguerite avec Robert Courteheuse, fils du duc '^. Il n'avait 

1. On verra en effet, en 1106, Guillaume ne rendre la liberté à Foulque 
le Jeune prisonnier que contre cession de quelques places frontières. 

2. Ci-dessus, p. 174. 

3. Orderic Vital, XI, 16, éd. Le Prévost^ t. IV, p. 217-218. Cf. Richard, 
loc. cit. y p. 451. 

4. Cf. ci-dessus, p. 75. 

5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 85 ; Orderic 
Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. II, p. 102. 

6. Guillaume de Poitiers, loc. cit. 

7. Ibid. ; Orderic Vital, loc. cit. 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHÏN 179 

pas tardé à mourir à son tour (1062) ^ et Guillaume le Conquérant 
avait franchi la Sarthe pour venir prendre possession du Maine 
au nom de Robert '^. * 

Immédiatement le parti anti-normand et angevin, représenté 
surtout par GeoiTroi de Mayenne, fidèle vassal du comte d'Anjou ^, 
et par le vicomte du Mans Hubert de Sainte-Suzanne, lui avait 
opposé un prétendant de son choix,' Gautier, comte de Mantes et 
de Pontoise, époux de Biote, sœur de Hugue III ^. Appuyé par le 
comte d'Anjou, qui était alors Geoffroi le Barbu ^, et grâce à 
Tavance qu'il avait sur son adversaire, Gautier s'était rendu 
maître du Mans ^. La lutte avec le Normand avait été ardente ; 
mais Guillaume, après avoir mis le Maine à sang et à sac ^, 
était resté vainqueur : Gautier et son épouse étaient tombés 
entre ses mains ^ et, emmenés prisonniers à Falaise, n'avaient 
pas tardé à y mourir empoisonnés ^, pendant que les Manceaux 
et Geoffroi de Mayenne lui-même étaient contraints de faire leur 
soumission (1063) *^. 

1. Annales de Quimperléj éd. Maître et de Berthou {Cartul, de Sainte^ 
Croix de Quimperlé), ann. 1062; Orderic Vital, loc, cit., donne par erreur 
la date de 1064. 

2. Orderic Vital, loc. cil. 

3. Le seigneur de Mayenne est un des barons qui paraît le plus fré- 
quemment dans Tentouragedu comte d'Anjou: voir notamment lesn**" 231, 
262, 267, 271, 272 bis, 282 du Catalogue d'actes. 

4. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI,/ p. 85. Orderic 
Vital, loc. cit. y fait de Biote, par erreur, une fille de Hugue III. 

5. Voir ci-dessus, p. 137. 

6. Orderic Vital, loc. cit. 

7. Guillaume de Poitiers, dans les Ilist. de Fr., t. XI, p. 85-86. 

8. Guillaume de Poitiers, ibid.. p. 86, dit que Gautier et son épouse se 
rendirent volontairement au duc de Normandie ; Orderic Vital, III, 8, éd. 
Le Prévost, t. II, p. 103, al'air de dire le contraire. 

9. Orderic Vital, loc. cit. et p. 259. 

10. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 86-87 ; Orderic 
Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. II, p. 103-104 ; Annales du Mont-Saint- 
Michel : a 1063. Hoc anno subjugata est Cenomannis comiti Guillelmo » 
(Chron. de Robert de Torigni, éd. L. Delisle, t, H, p. 221) ; Chron. anglo- 
saxonne, éd. Plummer, Two of the Saxon chronicles, t. I, p. 190. ms. E : 
« 1062. Hoc anno subjugata est Gynomannia comiti Normanniae Wil- 



180 LE COMTÉ d' ANJOU • 

A en croire Orderic Vital ^, Robert Courteheuse, qui avait 
alors reçu le Maine des mains de son père, avait à ce titre prêté 
hommage à Geoffroi le Barbu. Celui-ci, en tout cas, avait pré- 
tendu conserver la haute main dans le comté : la querelle, à 
laquelle la nomination de Tévêque du Mans Arnaud avait donné 
lieu, l'avait suffisamment prouvé 2. 

La chute deGeofîfoi le Barbu avait permis au parti normand de 
triompher ; mais le succès n'avait été qu'éphémère : profitant de 
Tabsence de Guillaume le Conquérant, occupé à soumettre l'An- 
gleterre, les Manceaux, vers 1 068 ^^ avaient cherché un nouveau 
prétendant pour l'opposer à Robert Courteheuse. Leurchoix s'était 
porté sur Azzon, marquis d'Esté, en Vénétie, qui, ayant épousé Ger- 
sent, fille d'Herbert Eveille-Chien, pouvait faire valoir des droits 
semblables à ceux dont Gautier de Mantes s'était déjà réclamé *. 
Ils l'avaient fait venir d'Italie avec sa fen\me et son fils Hugue, 
l'avaient reçu au Mans et reconnu pour comte (1069 env.) s, 



lelmo. » Cette date de 1062 est erronée et doit être corrigée en 1063. Cf. 
ci-dessuSy p.' 137, n. 5. 

1. Orderic Vital, loc.cU., p. 253 : « Goisfredus cornes Rodberto juveni 
cum filia Hcrberti totum honorcm concessit et hominium debitamque (ide- 
litatem ab ilio in praesentia patris apud Alencionem recepit. » 

2. Voir ci-dessus, p. 14^. 

3. D'après les Aclus pontificum Cenomannis in urbe degentium^ éd. 
Busson et Ledru, p. 376, ce soulèvement est postérieur au dépari de Guil- 
laume le Conquérant pour l'Angleterre, en septembre 1066 ; d'autre part, 

encore en 1068, Robert Courteheuse était reconnu comme comte dans le 
Maine, ainsi que le prouve la charte n° 15 du Cartul, de Saint-Pierre de la 
Couture et de Saint-Pierre de Solesmes. Mais dès le 2 avril 1069, Hugue, fils 
d'Azzon, était dans la région, comme le prouve le n^ 216 du Cartul, de 
la Trin» de Vendôme^ éd. Métais. L'appel à Azzon par les Manceaux doit 
donc se placer vers 1068. 

4. Actus pontif. Cenomannis in urbe degentium^ éd. Busson et Ledru, 
p. 377 : « Erat autem uxor ejusdem marchisii Gercendis nomine, filia 
Ilerberti Cenomannorum illustrissimi comitis, qui vocatus est Evigila 
Canem. » Orderic Vital, loc, cit,, p. 252, a encore fait des confusions ici et 
cru que Gersent était fille et non sœur de Hugue III. 

5. Nous avons dit (ci-dessus, n. 3 ) que dès le 2 avril 1069, Hugue, fils 
d'Azzon, était dans la région. 



LÀ POLITIQUE DE PODLQDE LE RÉCHIN 181 

avaient pourchassé les garnisons normandes et réduit Tévêque 
Arnaud à se sauver en Angleterre pour implorer le secours 
du Conquérant * . 

Le bon accord des Manceaux n'avait malheureusement pas été 
de longue durée : le jour où les largesses d'Azzon avaient dû s'ar- 
rêter faute de ressources, ses partisans l'avaient abandonné, et 
lui, se souciant peu de prolonger plus longtemps l'aventure^ 
était reparti pour l'Italie, se contentant de laisser sa femme 
Gersent et son fils Hugue sous la protection de GeofTroi de 
Mayenne *. Le désaccord entre le parti représenté par ce dernier 
et la masse n'avait fait alors que s'accentuer : les habitants du 
Mans avaient formé une « commune » et e ntamé la lutte 
avec les seigneurs, pendant que Geoffroi de Mayenne, devenu 
l'amant de Gersent, renvoyait le jeune Hugue et parvenait 
par surprise à s'emparer du donjon du Mans ^. ' 

Le Maine n'était plus, au milieu de ce désordre, qu'une proie à 
la merci du premier occupant : appelé par le parti populaire, 
Foulque le Réchin accourut avec une armée et reprit le donjon du 
Mans, d'où Geoffroi de Mayenne s'était enfui (1072 env.) * ; mais 
il ne poursuivit pas plus loin ses avantages et laissa ainsi le 
champ libre à Guillaume le Conquérant. Celui-ci, n'étant plus 
retenu en Angleterre, marcha en toute hâte contre les révoltés, 
en 1073, força Fresnay à se rendre, reçut la soumission du 
vicomte de Beaumont, du seigneur de Sillé et enfin de tous les 
Manceaux ^. L'autorité de Robert Courteheuse était rétablie. 



1. ActuSf éd. Busson et Ledru, p. 376-377. 

2. 7/)irf.,p. 377. 

3. Ibid., p. 378-379. 

4. Ibid,, p. 379-380. 

5. Ibid., p. 380-381 ; Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 254- 
2î)5 ; Chron. anglo-saxonne, éd. Plummer, 1. 1, p.' 209 : « 1073. On Ihisum 
geare Willelm cyng laedde Engliscne hère Frencisce ofer sœ gewan et 
land Mans hit Englisce men swyde amyrdon win geardas hi for dydon. » 
Cf. n» 8 du Cartul. des abbayes de Saint-Pierre de la Couture et de Saint- 
Pierre de Solesmes : « Anno ab incarnacione Domini millesimo septuage- 



182 LE COMTÉ d'aNJOU 

Foulque le Réchin cependant ne se tint pas pour battu : en même 
temps qu'il envoyait des renforts aux seigneurs qui s'étaient 
enfermés dans Dol pour résister non moins, semble-t-il, à Guil- 
laume le Conquérant qu'au duc de Bretagne Hoël (sept.-oct. 
•1076) ^ et retenait ainsi Guillaume dans le nord, il se jetait sur la 
Flèiîhe, dont le seigneur, Jean, était le principal défenseur de la 



simo [terciô] (voir ibid,^ n° 9), III kalendas aprilis peticione Raynaudi 
abbatis roborata est hec carta a Guillermo rege Anglorum apud Bonam 
Villam, qui Guitlermus Cenomannensis civitaiis lune principatum tene- 
bat. » 

1. Annales dites de Renaud : « MLXXVI. In mense septembris cornes 
Normannorum, qui et rex Anglorum, Willelnius obsedit in Britanniis cas- 
trum quod dicitur Dolum. Quod cum diu obsedisset, nichil profecit, sed 
etiam, machinis suis succensis, ab eo infructuose discessit, defendentibus 
illud fortibus Andecaitorum militibus » {Recueil d^ annales angev, et 
vendôm., p. 88). Pour la date, voir encore une charte établissant qu'en 
pctobrel076, Philippe I"*, de passage à Poitiers, se rendait à Dol pour 
aller en faire lever le siège (Recueil des actes de Philippe i", éd. Prou). 
Cf. Freeman, History of the norman conquest^ t. IV, p. 630-632 et p. 848- 
850. Freeman prétend, en se fondant sur les Annales dites de Renaud, 
dans le ms. desquelles Tévénement est indiqué par une erreur de copie 
sous la fausse date de MLXXXVI, qu'il y a eu un siège de Dol postérieure 
1076 ; ce serait seulement à ce siège que les Angevins auraient pris part. 
Mais il faut sans hésitation, comme nous Tavons fait dans notre édition, cor- 
riger dans les Annales MLXXXVI en MLXXVI, puisque les Annales de 
Saint'Serge copiant un ms. meilleur (on le constate ailleurs encore) des 
Annales dites de Renaud, donnent bien cet<e dernière date {Recueil d'an- 
nales angev,, p. 92). S'appuyer sur la Chron. de Saint-Brieuc {Uist. de Fr,, 
t. XII, p. 567) n'est pas plus pmbant, puisqu'elle n'est que la mise en 
œuvre faite au xv« s. des « annaux », qui donnent la date de 1076 {Ifist. de 
Fr., t. XI, p. 413. Cf., pour la capture d'Hoël en 1077, les Ilist, de Fr,, 
t. XII, p. 561). Quant à Orderic Vital, sur lequel déjà dom Lobineau, Ilist. 
de Bretagne, t. I, p. 104, se fondait pour admettre un second siège de 
Dol en 1086, parce que cet auteur (IV, 17, éd. Le Prévost, t. II, p. 291) donne 
le mariage de Constance, fille du Conquérant, avec Alain Fergent comme 
une suite de ce siège, il faut l'écarter aussi ; car ce n'est pas la seule confu- 
sion qu'il commette en cet endroit. — Enfin pour ce qui est de l'intérêt que 
Guillaume le Conquérant pouvait avoir à assiéger Dol et les Angevins à 
défendre la place, on le comprendra aisément si l'on admet avec dom 
Lobineau, op, cit., t. I, p. 101, que Raoul de Montfort, ennemi du Conqué- 
rant, s'y était enfermé. 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 183 

cause normande dans le Maine ^ Mais Jean de la Flèche, qui 
avait eu le temps de demander du secours en Normandie, put 
lui résister, et Foulque, grièvement blessé, dut se retirer et aban- 
donner l'entreprise 2. 

Ce ne fut qu'un arrêt momentané. La lutte reprit presque 
aussitôt et occupa les années suivantes sans que nous en saisis- 
sions bien toutes les phases: Foulque avait pour allié le duc de 
Bretagne Hoël, et cette fois, c'était contre Guillaume lui-même 
qu'il allait avoir à se mesurer. Celui-ci parvint à protéger la 
Flèche 3. Vers 1079, semble-t-il, une trêve fut conclue^; mais 
en 1081 , soutenu parles Bretons*, Foulque, grâce à une vigoureuse 
offensive, ressaisit et détruisit la Flèche ^ et marcha à la ren- 



1. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 256. Pour la date, voir 
les Annales de Saint-Aubin : « MLXXVI. Exercitus de Fissa » (Recueil 
(Tannales angev. et vendant,, p. 5), et voir ci-dessous, n. 3. 

2. Orderic Vital, loc, cit., ne fait qu'un des deux sièges de la Flèche ; 
mais il montre Jean parvenant dès le début à résister. Une charte [Cata- 
logue (Fades, n» 233) montre Foulque le Réchin, grièvement blessé à la 
suite d'une chute de cheval devant la Flèche, obligé de lever le siège et de 
se faire transporter à Angers en barque. 

3. Les Annales dites de Renaud, à Tannée 1081, relatant la prise de la 
Flèche par Foulque le Réchin, disent que « rex Anglorum ei antea, gente 
maxima congregala, excusserat » (Recueil d'ann, angev, et vend., p. 88), ce 
qui pourrait même peut-être faire supposer une première prise de la 
Flèche par le comte d'Anjou vers 1078, si Orderic Vital, toc. cit., n'affir- 
mait que gr&ce à l'arrivée de Guillaume le Conquérant, Foulque ne put 
s'emparer de la place. 

4. Une charte du CartuL de Saint-Vincent du Mans, éd. Charles et Men- 
jot d'Elbenne, t. I*', col. 68, n« 99, commence ainsi ; a Eo tempore quo 
Willelmus rex Anglorum cum Fulcone Andegavensi comité juxta castel- 
lum Vallium treviam accepit... » La charte est antérieure au 9 novembre 1080, 
el Ton ne peut, semble-t-il, songer aux événements de 1076. Mais il 
ne s'agit pas, comme le croient à tort les éditeurs de la charte, de la paix 
de Blanchelande, laquelle est de 1081 et non de 1078, et ceci rend à peu 
près impossible l'indentification du « castellum Vallium », tant les endroits 
de ce nom sont nombreux dans la région. 

5. Annales dites de Renaud: « MLXXXI... Comes Andecavorum Fulcho 
Junior obsedit castrum quoddam quod Fissa Johannis dicitur atque cepit 
necnon succendit » [Recueil d'ann. angev. et vendôm., p. 88). 



184 LE COMTÉ d'aNJOU 

contre de l'armée normande ^ : les deux armées se trouvaient en 
présence dans la plaine de Blanchelande ; un combat était immi- 
nent, quand des moines et un cardinal ^ s'interposèrent et par- 
vinrent à faire conclure une transaction : Robert Courtebeuse, 
reconnu comte du Maine, prêtait hommage à Foulque le Réchin 
et, pour répondre de la paix, Guillaume donnait en otage son 
frère, le comte de Mortain (1081) ^. 



1. Orderic Vital, IV, 12, éd. Le Prévost, t. II, p. 257 : « Andegavenses 
vero et Britones, comperto régis et agminum ejus adventu non fugenint, 
sed potius Ligerim fluvium audacter pertransierunt et transvecti, ne 
timidiores spe fugiendi segnius praeliarentur, scaphas suas destruxenint. » 
Freeman a déjà remarqué {op. cit,, t. IV, p. 561) que Ligerim était très 
certainement une erreur d*Oi*deric pour Liderim, le Loir ; sans quoi la 
prétendue marche offensive de Foulque eût été une fuite honteuse. Miss 
Kate Norgate (op. cit., t. I, p. 257) a fait, d'autre part, observer que la 
Flèche étant sur la rive droite du Loir, la traversée du fleuve était bien 
un recul ; mais, suppose-t-elle ingénieusement, peut-être s'agissalt-U de 
faire face à Tennemi après un mouvement tournant accompli par celui-ci 
pour surprendre Tarmée angevine par le sud. En réalité, les hypothèses les 
plus diverses sont ici de mise : ou bien Orderic Vital en parlant de la tra- 
versée du fleuve « Ligerim » avait une conception complètement fausse 
des mouvements des deux armées et il ne faut retenir de ce qu'il dit que 
le fait d'une offensive hardie de Foulque, et dans ce cas, on pourra admettre 
qu'il s'est ensuite avancé assez loin vers le nord ; ou bien on supposera 
qu'Orderic aura oublié que la Flèche était sur' la rive droite du Loir et 
qu'il avait par suite déjà fallu traverser la rivière pour prendre la place ; ou 
bien encore on admettra qu'après avoir pris la Flèche, Foulque avait tout 
d'abord regagné la rive gauche du Loir et qu'il le lui fallut alors retraver- 
ser, et dans ces deux derniers cas on aboutira à la même conclusion que 
dans le premier pour la suite de la campagne ; ou bien enfin on admettra 
l'hypothèse de Miss Norgate et l'on placera la rencontre des deux armées au 
sud du Loir. 

2. Freeman, op. cit., t. IV, p. 562, suppose qu'il s'agit du cardinal 
Hubert, agent d'Hildebrand en Normandie (?). 

3. Les Annales dites de Renaud, après avoir rapporté la prise de la 
Flèche de 1081, ajoutent que Guillaume « a Fulcone bello lacessitus, obsi- 
dibus pacis pro flde datis fratre suo, consule videlicet Mauritanie {corr. 
Mauritanii), et filio suo et multis aliis, recessit » (Recueil cTa/i/i. angev, et 
vendôm., p. 88). Il s'agit évidemment de la paix dont parle Orderic Vital, 
IV, 12, éd. Le Prévost, p. 257-258 : après avoir montré Foulque devant la 
Flèche, puis Guillaume ie Conquérant arrivant avec une forte armée, il 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 185 



III 



Entre le Normand et Foulque Taccord n'était et ne pouvait être 
qu'apparent : Tévêque du Mans Arnaud étant mort le 29 novembre 
de cette même année 1081 ^ ce fut Hoël, un des favoris du 
défunt, qui fut élu à sa place ^ ; et alors les mêmes difficultés qui 
s'étaient produites au moment de la nomination d'Arnaud se 
renouvelèrent, Foulque le Réchin employant contre l'archevêque 
de Tours Raoul de Langeais la menace, s'il consentait à consa- 
crer l'élu. Le pape Grégoire VII, tout comme jadis Alexandre II, 
gourmanda l'archevêque, lui ordonnant de couper court à tout 



ajoute : « Dum utraeque acîes ad ambiguum certamen pararentur... qui- 
dam Romanae ecclcsiae cardinalis presbyter et relLgiosi monachi adsuat, 
principes utriusque legionis diviuitus animati adeunt, obsecrant et redar- 
guunt etc. » On aboutit finalement à la paix : « Rodberto juveni, régis 
filio, cornes Andegavensis Cenomannense jus concedit cum toto honore 
quem idem a comité Herberto cum Margarita sponsa sua suscepit. 
Denique Rodbertus Fulconi debitum homagium, ut minor majori, legaliter 
impendit... Haec nimirum pax, quae inter regem et praefatum comitem in 
loco qui vulgo Blancalanda vel Brueria dicitur facta est, etc.. » Les deux 
textes se complètent Tun l'autre et les Annales dites de Renaud y que 
ni Freeman, ni Miss Kate Norgate n'ont su interpréter, donnent la date 
du traité placé par tous les érudits jusqu'ici en 1078, sans aucun argument 
à Tappui. Quant à l'endroit où ce traité fut conclu, suivant qu'on adoptera 
l'une ou l'autre des hypothèses présentées p. 184, n. 1, on le cherchera au 
nord ou au sud du Loir : dans le premier cas, on pourra supposer avec 
Freeman (op. ci/., t. IV, p. 561) qu'il s'agit de Blanchelande en Sonnois 
au pays de Domfront; dans le second cas, on admettra qu'il s'agit de 
la lande sise au sud de Thorée près de la Flèche (voir Cauvin, Géogra- 
phie ancienne du diocèse du Mans^ p. 8, \^ < Alba Landa », et la carte 
de Cassini). 

1. Annales de Vendôme y ^d^ïïs le Recueil d'annales angev, et vendôm., 
p. 65 ; Actus pontif, Cenomannis in urbe degentium^ éd. Busson et Ledru, 
p, 382 etlan. 1. 

2. Actusy éd. Busson et Ledru, p. 382-383. 



186 LE COMTÉ d'aNJOU 

délai ^. Raoul, qui était en butte aux violences à la fois du 
comte d'Anjou et du roi 2, ne put agir; mais Foulque ne put 
empêcher l'archevêque de Rouen de consacrer Hoël ^. 

La lutte était donc encore une fois rouverte, et il est permis de 
penser que cène fut pas sans Tassentiment du comte d'Anjou et 
peut-être sa complicité qu un nouveau soulèvement des grands 
manceaux se produisit alors sous la direction d'Hubert, vicomte 
de Beaumont, Fresnay et Sainte-Suzanne. Mais cette fois encore 
l'appui de Foulque fît défaut aux révoltés, qui, après une résis- 
tance désespérée de trois ans, durent accepter la paix que Guil- 
laume voulut leur imposer (1085 ou début de 1086) ^. 

Quelques années cependant s'étaient à peine écoulées, que 
le parti d'opposition reprenait le dessus : profitant de la mort du 
.Conquérant (9 septembre 1087) ^, qui laissait Robert Courte- 
heuse livré à lui-même, les grands manceaux préparèrent une 
nouvelle révolte. Mais, loin de les soutenir. Foulque le Réchin, 
s'il faut en croire Orderic Vital, désireux de satisfaire sa passion 
amoureuse pour la belle Bertrade de Montfort et ayant dans ce 

1 . Voir la lettre de Grégoire VIT à rarchevêque Raoul publiée par 
M. Delisle, Bibl. de VÉcole des Chartes, t. XXVI, i865, p. 559 (Jaflé-Watten- 
bach, Regesta, n° 5226) et les Actus, p. 383. 

2. Voir plus loin, chap. IV. 

3. En 1085 : voir les Actus, p. 383. 

4. Orderic Vital, Vil, iO, éd. Le Prévost, t. III, p. 194-201. — D'après 
Orderic Vital, ce soulèvement a suivi presque immédiatement la mort de 
la reine Mathilde, survenue le 3 avril 1083 (suivant Freeman, op, cit., 
t. IV, p. 651), et a duré près de quatre ans. C'est quelque peu exagéré: 
une charte datée de Tan 27 du règne de Philippe 1" et de l'an 1 de Tépis- 
copat d'Hoël, c'est-à-dire du 23 mai 1085 au plus tôt (voir Actus ponfif. 
Cenoni.y p. 383) et du 20 avril 1086 au plus tard, est donnée, en effet,*au 
temps où « Hubertus vicecomes de Sancta Susanna fecit pacem et concor- 
diam cum Anglico rege » [Cartul, de Saint-Vincent du Mans, éd. Charles 
et Menjot d'Elbenne, t. I, col 285-286, n° 492). Hubert de Sainte-Suzanne 
ayant, ainsi que le dit Orderic Vital lui-même, fait sa paix en même temps 
que les autres Manceaux, la guerre était terminée avant la fin d'avril 1086. 
ly'histoire de Guillaume le Conquérant semble même devoir faire admettre 
que les hostilités avaient cessé dès la fin de 1085 (voir Orderic Vital, loc, 
cit., p. 201, n. 1). 

5. Freeman, op, oit,, t. IV, p. 709. 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 487 

but besoin de rentremise de Robert Courteheuse, entrava leurs 
desseins ^. L'insurrection n'en éclata pas moins en 1090 ^: Hugue, 
fils du marquis Azzon, se hâte de se rendre à Tappel des Man- 
ceaux 3, qui viennent à la Chartre lui prêter hommage ^ ; Tévêque 
Hoël implore en vain le secours de Robert Courteheuse ^ : Hugue 
triomphe. Toutefois, ne rencontrant pas dans le Maine l'accueil sur 
lequel il avait compté, il préfère retourner dans son pays et vend 
ses droits à Hélie, seigneur de la Flèche ^, qui, en tant 
qu'arrière-petit-fils d'Herbert Eveille-Chien ', pouvait prétendre 
lui-même au comté. Avec Hélie, le Maine échappait complète- 
ment à la domination normande pour retomber sous la suzerai- 
neté angevine ^ : Foulque le Réchin bénéficiait d'une situation 
qu'il n'avait rien fait pour faciliter. 

En 1098, il se réveilla de sa torpeur ; le 28 avril de cette année, 
Hélie ayant été fait prisonnier et livré à Guillaume le Roux Q, 

1. Orderic Vital, VIII, 10, éd. Le Prévost, t. III, p. 320-324 (Cf. ci-des- 
sus, p. 170). 

2. ZAïV/., VIII,11, p. 327. 

3. On le voit dès 1091 à Saint-Martin de Tours (Mabille, La pancarte 
noire de Saint-Martin de Tours, n» 194). 

4. Actus, éd. Busson et Ledru, p. 386. 

5. Ihid,, p. 386-387. 

6. //)iV/., ç. 393; Orderic Vital, VIII, 11, éd. Le Prévost, t. III, p. 330- 
332. Une charte du Cartul. de Saint-Vincent du Mans, éd. Charles et Men- 
jot d'Elbenne, t. I, col, 79, n» 117, est datée « eo anno quo Longobardus 
Cenomannicum comitatum Helie comiti vendidit et recessit. » Elle nous 
apprend en outre que Tévêque Hoël et Tabbé de Saint- Vincent du Mans 
avaient été exilés par Hugue, fils d'Azzon : a Actum in capitulo Sancti Vin- 
centii, poâtquam Hoellus episcopus et predictus abbas (Rannulfus) de 
exilio ubi Longobardus eos exulaverat redierunt. w 

7. 11 était fils de Jean de la Flèche, fils lui-même de Paule, fille d'Her- 
bert Éveille-Chien (voir Orderic Vital, VIII, 11, éd. Le Prévost, t. III, p. 331 ; 
X, 7, t. IV, p. 35 ; ailleurs. IV, 12, t. II, p. 252, il fait de Paule une fille 
de Hugue III, au lieu d'en faire une fille d'Herbert Éveille-Chien). 

8. Ilélie, par exemple, souscrit des chartes de Foulque le Réchin et fait 
souscrire plusieurs des siennes par le comte d'Anjou : voir, entre autres, 
les no« 262, 268 et 304 du Catalogue d'actes. Cf. ci-dessous, p. 188, n. 1, et 
190, n. 5. 

9. Orderic Vital, X, 7, éd. Le Prévost, t. IV, p. 43 et suiv., Actus, éd. 
Busson et Ledru, p. 400 ; Annales de Saint-Aubin, p. 42 du Recueil d'an- 
nales angev. et vendôm. Cf. Dieudonné, Hildebert de Lavardin, p. 50., 



188 LE COMTÉ d' ANJOU 

auquel Robert Gourteheuse, parti en Terre-Sainte, avait laissé 
le soin de ses affaires, Foulque, en sa qualité de suzerain *, marcha 
sur le Mans, y fut reçu par les habitants le samedi l^^ mai et y 
laissa une garnison, sous le commandement de son fils Geoifroi 
Martel 2. Guillaume le Roux, averti par quelques partisans, 
accourut. Mais les Manceaux lui résistèrent vaillamment et 
le roi» d'Angleterre, abandonnant brusquement son camp la 
nuit suivante 3, dut, faute de vivres, se replier en hâte sur la 
Norftiandie ^, nrfn sans avoir d'ailleurs ravagé la contrée et 
mis quelques troupes à Ballon, dont une trahison de Païen de 
Mondoubleau l'avait rendu maître ^. 

Foulque profita de cette retraite pour venir bloquer Ballon; 
malheureusement il se laissa surprendre un matin par les assié- 
gés : c'était l'heure du repas, les soldats avaient déposé leurs 
armes. Ce fut un sauve-qui-peut général : près de cent quarante 
seigneurs furent faits prisonniers et, dans le nombre, les plus 
grands barons angevins, comme Gautier de Montsoreau, Geoffroi 
de BrioUay, Jean de Blaison, Bellay de Montreuil-Bellay. Quant 
à Foulque, il n'avait eu que le temps de se réfugier au Mans, où 
il attendait à l'église l'issue des événements ^. Guillaume, que les 
assiégés avaient appelé au secours, ne tarda pas à arriver, et les 
Manceaux découragés, peut-être sous la pression d'Hélie lui- 

i, Orderic Vital, loc\ cii,, p. 47 : « ... quia capitalis dominus erat. » 

2. Annales de Saint-Aubin : « (MXCVIII.) Fulco Andecavorum cornes 
Rechint cognominatus Cenomanicam urbem ut suam sequenti sabbato 
recepit » [Recueil d'annales angev, et vendôm,, p. 42). Actus, éd. Busson et 
Ledru, p. 400 : « Fulco, Andecavorum cornes, protinus cum filio suo Gau- 
frido, cui filia Helie comitis jam desponsata fuerat, in civitatem advenit et 
consensu civium in munitionibus civilatis custodiam posuit ibique relicto 
filio, ad alia négocia properavit. » Orderic Vital, loc, ciL, p. 47 : « Fulco 
cognomento Richinus, Andecavorum cornes, ut Ileliam captum audivit 
Cenomannis, quia capitalis dominus erat, actutum advenit et a civibus 
libenter susceptus, militibus et fundibulariis munivit. i» 

3. Actus, éd. Busson et Ledru, p. 400-401 ; Ovderic Vital, loc. cit,, p. 47. 

4. Orderic Vital et Acfus, loc, cit. 

5. Orderic Vital, loc, cit, 

6. Orderic Vital, loc. cit., p. 48-50. 



LA POLITIQUE DE FOULQUE LE RÉCHIN 189 

,même, qui doutait du désintéressement du comte d'Anjou, peut- 
êtreaussi gagnés à prix d'argent par le roi d'Angleterre^, obtinrent 
que des négociations fussent entamées. La paix fut conclue : 
Hélie était remis en liberté et recouvrait ses places fortes, mais 
Guillaume le Roux était reconnu comte du Maine ^. 

Sitôt relâché, Hélie, soutenu par Geoffroi Martel, fils du 
Réchin 3, prit, à nouveau les armes et, en juin 1099, réussit à 
s'établir au Mans ; mais la citadelle résista assez longtemps pour 
permettre à Guillaume le Roux d'arriver et de repousser 'l'as- 
saillant (juillet i 099) ^. La mort subite de Guillaume le Roux 
(2 août HOO), heureusement pour le comte d'Anjou, modifia 
brusquement la situation : appelé par Hélie, qui, rentré au 
Mans, avait repris sans succès le siège de la citadelle, il vint lui 
prêter main-forte '^. Bientôt la garnison, qui avait en vain imploré 
le secours de Henri Beauclerc, dut se rendre, et Hélie fut défini- 
tivement reconnu comte par les Manceaux (1 100) ^. 

Cette restauration d'Hélie, qui était, en. grande partie, l'œuvre 
de Foulque, devait par la suite être des plus profitables à la 

1. Les Actus pontificuni Cenom, degentiunij loc, cit. y racontent qu'Hélie 
craignit de voir Foulque, gagné par Guillaume le Poux, traiter, sans s'oc- 
cuper de sa libération, et négocia lui-même directement avec le roi d'An- 
gleterre ; les Annales de Saint-Aubin {Recueil d^ annales angev, et vendôm.j 
p. 42) disent que Foulque, abandonné par les Manceaux, dut rendre le 
•Mans à Guillaume, < qui ipsam urbem magis pecunia quam viribus impu- 
gnabat eamque pêne possidebat. » 

2. Orderic Vital, loc. cit.^ p. 50; Actus^ loc. cit. 

3. Gesla consul. Andegav. : « Saepe Martellus cum rege Rufo conflixit 
mulLaque municipia in Normanniam vastavit et succendit dum rex in 
Angliam moraretur et Roberlus cornes, frater régis, in Jerosol imita no 
exercitu cum multis peregrinis maneret » [Chron. des comtes dWnjou, 
p. 142). 

4. Orderic Vital, X, 9. éd. Le Prévost, t. IV, p. 56-62 ; Actus pontif. 
Cenom., éd. Busson et Ledru, p, 402; Chron. anglo-saxonne^éd. Plummer, 
t. I, p. 235, ann. 1099. 

5. Orderic Vital, X, 17, éd. Le Prévost, t. IV, p. 99. 

6. Orderic Vital, loc. et/., p. 100-102 ; Actus, éd. Busson et Ledru, 
p. 403-404. — M. Dieudonné, dans son travail sur H ildebert de Lavardin, 
évéque du Mans, archevêque de Tours (Paris, 1898, in-S»), p. 48-59, a 
donné un récit rapide des événements qui précèdent. 



190 LE COMTÉ d'aNJOU 

maison d'Anjou. Le fils aîné de Foulque, Geoffroi Martel, avait 
été en effet, déjà avant 1098, (lancé à Tunique enfant d'Hélie * : 
c'était assurer à brève échéance la réunion du Maine à T Anjou. 
Dès 1100, lalliance la plus étroite unit les deux états 2; on vit 
même Geoffroi Martel, continuant, comme en 1099, à servir la 
cause de son futur beau-père, intervenir avec empressement, en 
Ht)5, contre Robert Courteheuse et incendier Bayeux ^. La mort 
du jeune comte (1106) ^ ne compromit en rien la situation: car 
Foulque le Jeune, second fils du Réchin, épousa la fiancée du 
défunt ^ et se trouva ainsi Tunique héritier présomptif des deux 
comtés de TAnjou et du Maine. Jamais politique n'avait été plus 
féconde en résultats heureux. 

1. Voir la phrase des Actus citée ci-dessus, p. 188, n. 2, et les Gesta 
consul. Andegav., p. 142 des Chron, des comtes d"* Anjou, 

2. Voir ci-dessus, p. 174, et p. 187, n. 8, 

3. Annales de Saint- Aubin : « Sequenti anno (MCV) pracdictus Gaufri- 
dus Martellus rogatu Hainrici régis Anglorum et llcliae comitis in Neus- 
triam cum exercitu pcrrexit et Bacuas urbem une impetu incendit et 
cepit » [Recueil d^annales angev. et vendôm,, p. 44). Cf. Oixieric Vital 
XI, 11, éd. Le Prévost, t. IV, p. 210. 

4. Voir ci-dessus, p. 174. 

5. La charte n° 318 du Catalogue d'actes prouve, contrairement aux 
assertions de G.. Dodu, Z)e Fu/co/its Hierosolymitani regno (Paris, 1894, 
in-8°), p. 10, que ce mariage est antérieur à la mort de Foulque le 
Réchin. Cette charte semble, en outre, établir qu'Hélie eut un moment, 
pour une raison qui nous échappe, la garde du comté d'Anjou ; car il y est 
question d'IIélie « sub cujus manu tune temporis pagus Andegavensis 
Habebatur. » 



CHAPITRE IV 

CARACTÈRE DE L'AUTORITÉ GOMTALE SOUS 

FOULQUE LE RÉCHIN 

Tout en ayant manqué souvent d'énergie et de décision, la 
politique de Foulque le Réchin permettait d'espéref pour le 
comté d^'Anjou une ère nouvelle de grandeur et de puissance. 
Pour reconquérir et au delà le terrain perdu, il ne fallait qu'un 
comte plus hardi et d'un caractère mieux trempé. 



I 



Au surplus, à l'intérieur même de ses états, la situation du 
comte était moins compromise au fond qu'elle ne le semblait 
tout d'abord: si médiocre que fût le prestige personnel de Foulque 
le Réchin, le pape n'hésitait pas, en 1096, à venir le visiter 
et, pour rehausser Téclat de cette visite, à le gratifier du don 
insigne d'une rose d'or*. 

Ajoutons qu'autour de ce prince, d'une culture intellectuelle 
qui semble avoir dépassé de beaucoup celle des gens de sa con- 
dition 2, une cour assez importante s'était peu à peu formée, qui 

4. Chron. de Foulque le Réchin : « Unde discedens Cenomannim venit et 
inde Turonum ; ibique datis venorabili concilie decretis, média quadrage- 
sima coronatuB est cum soilcmni processione ab ecclesia Sancti Mauricii 
ad ecclesiam Beati Martini deductus, ubi mihi floreni aureum qucm in 
manu gerebat donavit, quem ego etiam, ob memoriam et amorem illius, 
in Osanna semper mihi meisque successoribus deferendum constitui » 
Chron, des comtes d'Anjou, p. 381). 

2. On sait, en effet, que Foulque composa presque certainement des 
mémoires en latin, dont nous n'avons plus qu'un fragment. Voir V Élude 
que nous avons publiée sur cette question dans la Bibl, de la Faculté des 
lettres de Paris, fasc. XIII, p. 7-48. 



192 LE goMté d'ànjoc 

rappelait la cour royale : les grands offices, à peine naissants au 
milieu du xi® siècle, s'étaient constitués, et le comte était désor- 
mais régulièrement assisté, outre ses conseillers ordinaires^, 
d un sénéchal 2, d'un connétable ^ et d'un chapelain^, chargé 
en général, semble- t-il, de diriger à la fois -la chapelle comtale 

1. Il est un certain nombre de personnages qui sont sans cesse cités 
comme siégeant à côté du comte en cas de procès ou l'assistant dans ses 
principaux actes, tels Robert le Bourguignon, Foulque de Mateflon, 
Geudouin dp Montrevault, Éon de Blaison, le connétable Sebrand, etc. 

2. Voici la liste des sénéchaux cités postérieurement à 1060 : 1® Isem- 
bard I*', seigneur de Thouarcé, qui, dans une de ses chartes où il s'inti- 
tule : a Isembardus, Toarciaci dominus, Gathonis filius », dit expressé- 
ment qu'il est sénéchal du comte Geoffroi (Geoffroi le Barbu, semble-t-il) : 
«...Deinceps veniens cornes GaufTredus ad Toarciacum, cum essem ego 
Isembardus ejus dapifer... » (Livre blanc de S&int-Florent de Saumur^ 
fol. 17-18 r® ; Catalogue d'actes, n<» 187). Nous ne savons silsembard resta 
quelque temps sénéchal de Foulque le Réchin ; cela est possible cepen-" 
dant : car son successeur !^e paraît pas avant 1085, et c'est vers cette date 
qu'Isembard se retira au monastère de Saint-Florent, où il vivait encore 
en 1091 (voir Livre blanc de Saint-Florent, fol. 21, 23 v» et 24). — 2« Après 
lui, vient Girois, cité dans une charte de Foulque le Réchin du 7 mai 1085 
(Catalogue d'actes, n** 247). — 3° Ensuite vient Pierre, cité dans deux 
chartes de Foulque le Réchin, l'une du 22 décembre 1087 {ibid.^ n« 250), 
l'autre de 1085-1093 (ibid,, n» 267). Cf. CartuL de Saint-Aubin, éd. Ber- 
trand de Broussillon, n® 78 (1082-1106). — 4<» Puis vient Geoffroi Fouchard 
le Jeune, seigneur de Trêves, qui est cité comme sénéchal du comte dans 
quatre chartes, l'une des années 1087-1091 , deux autres des années 1089-1 103 
{Catalogue d'actes^ n»» 258, 314, 315), et une autre du 7 février 1093 (Livre 
blanc de Saint-Florent de Saumur, fol. 35), et dans deux actes souscrits par 
Foulque le Réchin, l'un en l'an 1096, l'autre entre les années 1089 et 
1109 {Catalogue d'actes, n^ 281 et 315). — 5<> Enfin le 23 mars 1103, Pierre 
de Saint-Christophe, qui, en 1104, sera cité comme chapelain, est cité 
comme sénéchal du comte dans un acte de ce dernier (Catalogue d'actes^ 
n® 297). — Nous connaissons un sénéchal du comte Geoffroi Martel le 
Jeune, fils de Foulque le Réchin, du nom d'Hardouin ; il est cité en 
1104 (îAW., no 302). 

3. Nous ne connaissons qu'un connétable|au temps de Foulque le Réchin : 
c'est Sebrand, qu'on trouve cité depuis 1085 jusqu'après 11 06, Voir ci- 
dessus, p. 103, n. 2. 

4. Voici la liste des chapelains cités après 1060 : 1* Foulque, qui paraît 
en 1061 et en 1062 dans trois chartes de Geoffroi le Barbu (Catalogue 
d'actes, no* 161, 168, 169). — 2® Robert, cité dans deux actes de Foulque 
le Réchin, l'un du 7 mai 1085, l'autre du 24 avril 1090 (Catalogue d'actes, 



CAllACTÈRE DE L*AUT0RITÉ T.OMTALË WVA 

et le service de chancellerie *, et enfin d'un personnel complet de 
chambriers^, cellériers^ et autres fonctionnaires subalternes. Et 
cette cour, sans avoir encore d'assises bien régulières '* ni bien 

nos 247 et 256). — Z^ Geoffroi de Rcstigné, cité dans un acte du 22 août 
1096 {ibid,^ n® 280) et sans doute aussi dans un acto des années 1089-1109 
[ibid,y n° 315). — 4*> Pierre de Saint-Christophe, cilé dans trois actes, Tun 
de décembre 1104, Tautre des années 1097-1109, le troisième di's années 
1102-1109 [ibid,, n«« 302, 307, 316). 

1. En effet, nous voyons, le 7 mai 1085, le chapelain RohtM-t charité par 
Foulque le Réchin d'aller à Marmoutier sceller un acte de donation 
accordé par le comte à Tabbaye (Catalogue d'actes^ n" 247) ; aussi, (juand 
nous constatons qu*il est question dans un autre acte du comte, des annéos 
1085-1093 (ibid,^ n^ 267*), de « Rotbertus comitis cancellarius », est-il per- 
mis, semble-t-il, d'identiûer les deux personnages. 11 est également pos- 
sible que le « chancelier du comte » Gautier Lombard (jui, le 9 sep- 
tembre 1080, « dictât » une charte de Foulque le Réchin (ibid,, n" 2.*}0\ 
ait été son chapelain : car nous n'en connaissons pas entre les années 
1067 et 1085. Enfin on peut remarquer que GeofTroi de Blaison fut à la 
fois chapelain et chancelier de Geoffroi Martel le Jeune, car on le voit 
paré du premier titre en 1104 et du second en 110."» [ibid.^ n»* 302 et 303; 
et on le retrouve chapelain du comte en H13 (dnrtuL de Saint-Aubin^ 
éd. Bertrand de Broussillon, n® 84 >. Faisons remanjuer, en outre, ((u'il 
existe dès ce moment un véritable service de chancellerie : le comte a 
désormais un sceau (voir Catalogue d'actps. Observations préliminaires; et 
il fait, non pas toujours, mais quelquefois rédiger ses actes lui-même, ainsi 
qu'on peut le voir, par exemple, aux n*»* 236 et 267 du Catalogue d'actes : 
dans un cas, en 1080, le chancelier, nous l'avons vu, dictât lui-même 
la charte; dans l'autre, il Vécrit (u Hanc cartam Rotbertus, comitis can- 
cellarius, confirma ns scripsit » ). 

2. On trouve cités, par exemple, les chambriers Garnier et Renaud au 
temps de Geoffroi le Barbu {Car tu l. du Roncerag, éd. Marchegay, n° 8|, 
les chambriers Pierre et Girard le 7 m*ai 1085 {Catalogue d'actes, n^ 247), 
les chambriers Etienne et Ogier en 1095 et le 22 août 1096 \ibid,, n"" 274 
et 280). 

3. Citons notamment le cellérier Guérin (CartuL du Ronceray, éd. Mar- 
chegay, n»» 7, 38, 175; Cartul, de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussil- 
lon, n^ 90, 179 ; CartuL de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n«» 239, 24:i, 
246), qu'on trouve au moins jusqu'au 17 mai 1076 [Catalogue d'actes, 
n« 231), le cellérier Etienne (Cartul, du Bonceray, n° 244, etc.}, le cellérier 
Foucois (Catalogue d^acles, n**» 273, 280, 310). — Les chambriers et les 
cellériers font partie des servi du comte. 

4. On peut cependant remarquer qu'elle se lient de plus en plus fré- 
quemment à Angers et dans deux ou trois autres grandes villes du comté, 
comme Tours, Loches, Baugé, et peut-être à époques moins irrégulières 

Halpurn. — Le comté d* Anjou. 13 



I9i Le coifTÉ d'ânjoC 

solennelles ^ a cependant, à la fin du xi^ siècle, assez d*éclat 
pour que de grands seigneurs comme celui de Thouarcé ou celui 
de Trêves - en briguent les principaux offices. 



II 



Le comte, en outre, continue à puiser une grande force dans 
son autorité sur le clergé angevin : sans même parler des abbés, 
qui, pour la plupart, doivent toujours, avant de se faire con- 
sacrer, obtenir de lui la délivrance du temporel de leur 
abbaye ^, il a, comme par le passé, sur la nomination de 
Tévêque d'Angers une influence considérable, Télu devant avant 
tout recevoir de ses mains Tin vestiture^. Cette influence, les docu- 
ments sont trop rares pour que nous la constations d'une manière 
expresse ; mais quand nous voyons se succéder sur le siège épis- 
copal Geoffroi de Tours, Geoffroi de Mayenne et Renaud de Marli- 
gné, Tun, frère de Hugue, seigneur de Langeais ^, le second, fils de 

qu'autrefois. Une charte {Catalogue d^actes, n° 230. nous montre Foulque 
le Réchin se hâtant, en 1076, de regagner Angers pour y tenir sa cour à la 
Pentecôte, et l'on constate la présence du comte dans cette ville à ce 
moment, encore d'autres années, par exemple, en 1070 et en 1072 {Catalogue 
(Tactesy n<« 215 et 219). 

1. Une charte des années 1087-1091 {Catalogue d^ actes, n^ 258 nous 
montre Geoffroi de Preuilly venant faire une démarche auprès de Foulque 
le Réchin et le trouvant « in aula sua sedentem super mensam et ante 
eum Goffredum Fulcradi, dapiferum suum ; stabat quoque ante eum super 
caballum suum Gilduinus de Doado tenens accipitrem. » 

2. Voir ci-dessus, p. 192, n. 2. 

3. C'est le cas, par exemple, dans les monastères de Saint-Aubin d^An- 
gers, de Notre-Dame-de-la-Charité . le Roncerayi,de Saint- Florent de Sau- 
mur : voir Catalogue d'actes, n*» 225, Cartul. de Saint-Aubiny éd. cit., 
n* 31, Chron, des églises d'Anjou, p. 296, n. 1. 

4. On le constate très nettement au moment de la nomination de 
Renaud de Mari igné en 1102 : Geoffroi de Vendôme reproche alors à 
Renaud d'avoir reçu l'investiture « de manu laici » et « per pastoralem vîr- 
gam » ilfist. de Fr., t. XV, p. 278 D-, Voir en outre, ci-dessous, p. 196. 

5. Geoffroi de Tours fut doyen de Saint-Martin de Tours avant d'être 
évèque et c'est en cette qualité qu'il paraît le plus souvent dans les chartes 



CAftACrèRE DE L AUTORITÉ COMTALË 195 

Hugue, seigneur de Mayenne *, et le troisième, fils de Briant, sei- 
gneur de Martigné ^, c'est-à-dire de trois grands barons, com- 
ptant au nombre des meilleurs vassaux de Foulque le Réchin, ne 
sommes-nous pas invités à penser que le comte avait gardé sur 
la nomination de Tévêque une action analogue à celle qu'avait 
pu exercer un Geoffroi Grisegonelle ou un Foulque Nerra ? 

N'exagérons rien cependant : la nomination de Tévêque ne 
peut se faire sans Taveu du comte; mais, dans un cas au moins, 
nous pouvons constater avec certitude qu'il ne saurait se con- 
tenter de l'installer brutalement et de sa propre autorité sur le 
siège épiscopal. Que se passe-t-il, en effet, en H 01 , après que Geof- 
froi de Mayenne a donné sa démission ? Voyons-nous Foulque le 
Réchin nommer Renaud de Martigné sans autre forme de 
procès? — Non; bien au contraire, les électeurs, et notamment 
les électeurs ecclésiastiques, sont régulièrement convoqués '^. Le 
comte assiste, sans doute, à l'assemblée électorale comme les 
autres seigneurs et y a même, selon toute vraisemblance, une 
place d'honneur ; mais quand, après l'élection,^ les adversaires 
de Renaud de Martigné crieront à Tillégalité, ce qu'ils lui repro- 
cheront, ce ne sera pas d'avoir été imposé par le comte, mais 
d'avoir été porté au pouvoir par une faction populaire '*. 



relatives à la famille de Langeais : ainsi il paraît avec ses frères Hugue, 
seigneur de Langeais, et Hameiin en 1070 et 1078 dans deux chartes du 
Cartul, de Cornieryy éd. Bourassé, n^» 41 et VI, et en 1068-1082 dnns la 
charte u? 240 du Catalogue d'actes. 

1. Voir Angot, Dictionnaire de la Mayenne, t. II, p. 817. 

2. Gallia christ,, t.XIV, col. 564; C. Port, Dictionn., t. II, p. 60.V606. 

3. Nous avons conservé la lettre de convocation adressée à Geoffroi, 
abbé de la Trinité de Vendôme (Hist. de Fr,, t. XV, p. 275). 

4. Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, dans une lettre à Renaud 
lui-même, s'exprime ainsi : « In illa siquidem actione, immo vulgi conspi- 
ratione, quam pro electione repulatis, lex velut inter arma siluit, vox 
divina locum non habuit ; totum ibi levitas vindicavit et vanitas, ubi mima 
quaedam et mulier publica, quae vos garruliter acclamabat, amplius potuit 
quam plebis maturitas vel clericalis honestas potuerit »» [Hist. de Fr., 
t. XV, p. 278-279). Ilildebert de Lavardin, alors évêque du Mans, lui fait 
le même reproche : « Testantur qui affuerunt quod ad juvenem infra 



1Ô6 Lfe COMTÉ D*AXJOr 

Ainsi au début du xii^ siècle, en tout cas, peut-être sous Tac- 
tien des doctrines de Grégoire VII, un semblant d*élection a lieu, 
et peut-être Tinfluence du comte ny est-elle pas exclusive. Mais 
elle n*en existe pas moins : un des grands reproches que Creoffiroi 
de Vendôme fait à Renaud de Martigné, c'est d'avoir reçu l'inves- 
titure d'un laïque et — cela ' ressort de toute la lettre qu'il lui 
adressa alors — de l'avoir reçue avant la consécration ^ Et pour- 
quoi ce reproche ? Est-ce uniquement parce que l'investiture, à 
ses yeux, est un véritable sacrement? Non: c'est aussi et sur- 
tout parce que l'investiture est pour les laïques un moyen de 
trafiquer de l'épiscopat et de s'assurer à la fois de bons revenus 
et la docilité des prélats ^. On ne saurait voir là une phrase 
en l'air: sans accuser formellement le comte d'Anjou, ce qui eût 
été au moins imprudent, GeoiTroi de Vendôme ne pouvait plus 
clairement dénoncer son rôle dans l'élection de Renaud. 

Des évoques nommés dans ces conditions devaient continuer à 
être pour le comte, comme dans la première moitié du xi'' siècle, 
des auxiliaires dociles. C'est en effet ce que nous constatons d'or- 
dinaire. Eusèbe Brunon se rallia dès le début à Foulque le Réchin ^, 

sacros ordines et annos inventum nec a clero clcctum, seclitiosus turbatae 
turbae clamor pontiQcalcm cxlorserit electionera » [ibid,, p. 315). Sur 
cette affaire, voir Ilauréau, Une élection iïévêque au XIl*"^ «., dans la Revue 
des Deux Mondes du 1'^' août 1870,' et pour le rôle respectif de Geoffroi de 
Vendôme et d'Hildebert de Lava rd in, Compain, Geo ff roi de Vendôme 
(BibL École des Haules-Études, fasc. 86), p. 189-195, et Dieudonné, Hilde- 
herl de Lavardin, p. 149-152. 

1. Remarquer notamment cette phrase: « Ibi enim in primis omnis 
ecclesiaticus ordo confunditur, quando hoc quod unicuique a suo conse- 
cratore inecclesiacum orationibus, quae ibiconveniunt dari débet, a saecu- 
lari potestate prius accipilur » [Ifist. de Fr., t. XV, p. 279 A). 

2. « Nam quae secularis polestas sibi vindicarenititurinvestiturara, nisi 
ut pcr hoc aut pecuniam extorqueat aut, quod est gravlus, sibi inordinate 
Bubjectam eflîciat pontifîcis personam ? » {ibid., p. 279 b). 

3. Voir la lettre qu'il adressa au pape Alexandre 11 après 1068 et avant 
la consécration de l'archevêque de Tours Raoul, en 1073, dans Sudendorf, 
Berengarius Turonensis, p. 222, n° 15. C'est bien à tort que Célestin Port 
{Dictionnaire, t. I, p. 528), suivant d'ailleurs la Gallia christiana, t. XIV, 
col. 561, a cru à une violente rupture entre Foulque et Eusèbe. Il a été 



CARACTÈRE DE l' AUTORITÉ COMTALE 197 

et lorsqu'il s'agit, vers 1070, de contester la nomination derarche- 
vêque de Tours Raoul de Langeais, Févêque et le comte se trou- 
vèrent d'accord *. Quant à leur attitude envers Bérenger de 
Tours, archidiacre d'Angers, sans avoir été absolument con- 
cordante, elle ne dénote pas entre eux une opposition irré- 
ductible ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'Eusèbe Brunon 
resta le fidèle défenseur de Bérenger jusqu'à ce qu'il eût abjuré 
au concile dé Latran, en février 1079 ^, au lieu que Foulque le 
Réchin semble avoir été avant cette date lassé des discussions 
perpétuelles auxquelles la doctrine de l'hérésiarque donnait lieu, 



induit en erreur par une fausse interprétation donnée dans les Ilisi, de Fr.y 
t. XIV, p. 610, à l'adresse d'une lettre de Grégoire VII, visant en réalité Cen- 
tulle, comte de Héarn (JafTé-Waltenbach, /îer/cs/a, n<> 5230), et non Foulque 
le Réchin. Ce n'est donc probablement pas non plus des mariages de ce 
dernier, comme pourrait le faire croire Tédition de cette lettre dans les 
Ilist. (le Fr.^ (|ue Ilugue de Die eut à s'occuper au concile de Poitiers de 
l'an 1077 (Hht, de Fr,, t. XIV, p. 616 A), mais bien plutôt, comme encore 
en 1094 (ibid,, p. 701), do la question de savoir s'il y avait lieu de lever 
l'excommunication lancée contre Foulcpie pour avoir renversé et empri- 
sonné son frère. Quant au concile de Poitiers, en dépit de la Chron. de 
Sainl-\faixenl '\Chron, des éf/liaes d'Anjou, p. 406-407), (jui le place en 
1079, il est antérieur au 25 novembre 1078, puisqu'a cette date Grégoire VII 
y fait allusion comme à un événement passé (Jaffé-Wallenbaeh, Regesta, 
n° 5088), et vraisemblablement de janvier 1077, date donnée par un frag- 
ment annalisti({ue, très exact d'ordinaire Jiecuril d\innales an</Pi\ef vend.^ 
p. 41). Nous sommes sur ce point en complet désaccord avec M. Richard, 
If ht. den comtes de Poitou, t. I, p. 339. 

1. Voir la lettre, déjà citée, d'Eusèbe au pape Alexandre II (Sudendorf, 
Beronijarius Turon,,\i. 223, n<>15;. Après avoir protesté en termes violents 
contre la nomination de Raoul, Eusèbe ajoute : o Nos, ecclesiae Turonen- 
sis sufTraganeos, clerum et populum, et in j)opulo maxime F. comitem 
noslrum, majorem ecclesiae casatum, ne uspiam contra jura divina sen- 
tiamus, ne uspiam a christianitatis tuae prescripto deflcctamur, sublimi- 
latis tuae scriptis multum confirma ri oportet. » 

2. A ce moment seulement, en effet, se place la lettre par laquelle 
Eusèbe fit savoir à Bérenger (ju'il considérait désormais sa cause comme 
jugée et ([u'il ne s'en occuperait i)lus dorénavant (Cl. Ménard, .S. Aurelii 
Aufjustinl Hipponensis rpiscopi contra secundam Juliani responsionem, 
Paris, 1016, p. 74). Voir les articles de M. Brôcking, cités ci-dessus^ 
p. 138, n. 1. 



198 LE COMTÉ d' ANJOU 

ce qui força Grégoire VU à le faire rappeler par les prélats à la 
modération K 

Jamais, en tout cas, entente ne fut plus complète entre le comte 
etTéveque que sous Tépiscopat de Geoffroi de Tours (8 mai 1082- 
10 octobre 1093 -), Appelé dès le début h prendre parti entre son 
métropolitain et son seigneur, Geoffroi n'hésita pas, et fort de 
rimpopularité de Tarchevêque de Tours Raoul de Langeais •*, 

1. Voir la lettre à l'archevêque de Tours et à Tévêque d'Anpers publiée 
dans les llist. de Fr.y t. XIV, p. ôiH, et dans JafTé, Monunv, Gregoriana, 
p. r>64 (JafTé-Waltenbach, /?r///»8/a, n° ;i197;. Ona beaucoup hésité sur la date 
do cette lettre : JalTé la place en 4080 environ, c'est-à-dire après le con- 
cile de La Iran de février 1079. \V. Marions, Gregor VV/, sein Leben und 
Wirken (1894;, t. I, p. 251, a justement fait remarquer que, s'il n'y avait 
pas impossibilité absolue h adopter cette date, du moins semblait-il 
logicfue de placer de préférence la lettre avant le concile de février 1079. 
En ofTet, à l'issue de ce concile, Grég-oire Vil, par une missive spéciale, 
menaça formellement d'excommunication tous ceux qui inquiéteraient 
Bérong'or, ({u'il venait de renvoyer en Anjou illist, de Fr., t. XIV, p. 637, 
et JalTé, Mon. Gregor., p. îioOj ; or, si la lettre adressée à rarchovêque de 
Tours et à révé({ue d'Ang-ers était contemporaine de celle-ci ou de peu 
postérieure, on y retrouverait une allusion à cette menace d'excommuni- 
cation ou un ton également menaçant, ce qui n'est pas : en conséquence, 
M. Marlens propose de placer la lettre tout au début de l'an 1079, avant 
le concile, (^est peut-être trop préciser. M. Schwabe {Studien zur Ges- 
chischte des ztreiten AbendniahlstreUs, p. 128, n. li avait déjà remarque 
(jue la lettre pourrait être antérieure même à 1078, et Sudendorf [Berenga- 
rius Turonensis, p. ;)t-')2; proposait la date de 1073, supposant — tout à 
fait en l'air, d'ailleurs — la lettre écrite au moment de l'avènement de 
Grégoire Vil. Tout ce que nous croyons pouvoir dire, c'est que la lettre 
semble antérieure au concile de La Iran de 1079 et, par suite, à la lettre 
d'Kusébe Brunon citée à la note précédente, 

2. Voir pour ces dates notre Recueil d'annales angev. et vendant. , p. 6, 
6o, 108. 

3. Il importe d'observer que la Xarratio conlroversiae, etc., publiée 
dans les llist. de Fr., t. XII, p. 4!)9 et suiv., dont on a fait jusqu'ici le 
plus grand cas pour l'histoire de Raoul de Langeais, n'a (}u'une impor- 
tance très faible : non seulement c'est un pamphlet, mais c'est un pam- 
phlet écrit à une épofjue assez tardive ;en tout cas, postérieurement à la 
mort de l'évêcpie d'Angers Geoffroi de Tours [1093] et même à celle de 
rarchevê(pie de Reims Renaud [1090] et vraisemblablement pas avant le 
milieu du xii® siècle). Des confusions souvent graves y sont commises : 
ainsi l'auteur ne voit pas que Geoffroi, frère d'Ilamelin de Langeais, et 
Geoffroi, doyen et chantre de Saint-Martin de Tours sont un même per- 



CARACTÈRE DE l' AUTORITÉ COMTALE 199 

embrassa avec une ardeur et une audace increvables la cause du 
comte d'Anjou *. 

L'affaire de Télection d'Hoël à l'évêché du Mans avait, en effet, 
on s'en souvient 2, provoqué entre Foulque et l'archevêque 
Raoul un conflit violent. Au même moment, Raoul s'était mis 
successivement à dos les moines de Marmoutier, les chanoines de 
Saint-Martin de Tours et enfin le roi, ce dernier lui reprochant 
ses complaisances excessives pour les légats pontificaux et les 

autres se plaignant qu'il attentât à leurs privilèges : il en était 
résulté une lutte acharnée où une partie des adversaires se bat- 
taient à coups d'excommunicatrons '^ Entre le roi, Marmoutier, 

sonnage ; il en fait, à tort, semblc-t-il, un proche p<#cnt de Tarchevêque 
Raoul ; il prèle à Grégoire VII une attitude que les lettres de ce pape 
semblent contredire ; il donne enfin des dates inadmissibles : car si Raoul 
avait dès 1081 été chassé de son siège, il n'eût pu le 8 mai 4082 consacrer 
évèque d'Angers GeolTroi de Tours et rien n'indique par ailleurs (jue cette 
consécration n'ait pas été régulièrement faite par lui ;de plus, la lettre de 
Grégoire VII relative à l'évèché du Mans, qu'on ne peut placer avant le 
début de l'an i082 [BibL de C Ecole des Chartes^ t. 26, p. "m9), serait vrai- 
ment d'une naïveté excessive. Les autres indications chronologiques de 
détail ne sont pas moins difficiles à justifier. La Xnrratio apparaît donc 
comme un document qu'il ne faut utiliser qu'avec la plus extrême pru- 
dence. 

1. Il ne faut cependant [)as dire, comme l'a fait, par exemple, Pletteau, 
Annales ecclésiastiques (Reruede V Anjou, t. XI 11), que le choix de GeofTroi 
de Tours comme évè(|ue d'Angers était déjà par lui-même significatif, Geof- 
froi ayant été « un des chanoines (de Saint-Martin de Tours) qui avaient 
embrassé avec ardeur la cause commune de l'abbatiale et du comte d'Anjou 
contre l'archevêque. » Rien ne l'établit; car, même en attribuant à la Narra- 
tio controversiae une valeur (|u'elle n'a pas (voir, la n. précéd.), on n'y trou- 
vera ({u'une chose, c'est le nom du futur évêcjue cité avec ceux des autres 
chanoines et dignitaires de Saint-Martin de Tours, sans que son ardeur 
contre l'archevêque fasse l'objet d'une mention spéciale, comme c'est le 
cas de plusieurs d'entre eux. D'ailleurs s'il y avait eu hostilité ouverte 
entre GeolTroi et l'archevêque Raoul, on s'explicpie mal que ce dernier 
l'eut consacré évèque dès le 8 mai 1082 {Annales de Vendôme, p. 65 du 
Recueil d'ann. anyev.et vcndom.). 

2. Voir ci-dessus, p. 185. 

3. Voir ici la Xarrafio controversiae [llist. de F/*., t. XII, p. 4r>9, et le 
De tribu lationihus et angustiis et persecutionibus Majoris Monasterii niona- 
chis injuste illatis ab archiepiscopis et clericis Saficti Mai^ricii Turonen$i$ 



200 LE COMTÉ d'aNJOU 

Saint-Martin et le comte d'Anjou, laccord était inévitable contre 
Tenneini commun. Raoul, poussé k bout, lança contre le comte 
une sentence d'excommunication et le somma de comparaître ; 
celui-ci lui fit insolemment savoir qu'il consentirait tout au plus à 
avoir avec lui le 30 septembre, près de Rochecorbon, une entre- 
vue où jls mettraient la Loire entre eux et où lui, Foulque, pren- 
drait le premier la parole pour se déclarer injustement excom- 
munié et pour proclamer qu'il n'y avait plus lieu à discussion *. 
GeolTroi de Tours, de son côté, sommé par Tarchevéque d'excom- 
munier le comte, loin de réfréner sa fureur, parut plutôt la favo- 
riser -. Cités l'un et l'autre devant les prélats de la province 
de Lyon à un synode qui devait se tenir dans le courant de 
Tannée 1082 •^, comte et évêque firent défaut :1e synode, présidé 
par IIu{2^ue de Die, fulmina l'anathème contre les rebelles et 
suspendit Geoffroi de ses fonctions ^. 



public'» dans les Ifist. do Fr., l. XIV, p. 93 el suiv., d'après Laurent Bochel, 
Iranscrivant lui-même le ms. de la Bibl. nat. la t. 13899, fol 47 v« et suiv., 
récit passionné et assez tardif, mais plein d'intérêt. 

1. Voir la letlre du clerc (reoiïroi publiée dans les Ilist. de Fr., t. XIV, 
p. 073, n. f. Otle lettre ne peut émaner de X'^vâque Geoffroi, (pioi qu'en 
j)ense Mabillon, suivi ])nr les Ilhi. de Fr,, puisque son auteur s'intitule 
seulement ancordos ; oWc se place, d'autre part, évidemment avant l'ex- 
communication prononcée par les prélats du synode de Lyon, puis par le 
pape, puiscpi'il n'y est encore (piestion ((ue de celle qu'a prononcée Tar- 
clievccpie lui-même. 

2. Les prélats du synode de Lyon l'en accusent formellement : « Ipse vcro 
propositum suae professionis ecclesiasticae violans, nec divinis mandatis 
nec archiepiscopi sui monitis obediens, cum fratribus in defensionem jus- 
liliae desudantibus, cor suum in otioet deliciis nutricns, fovil magis quam 
impufjfiiavil supradicti Fulconis malitiam » (Ilist, de Fr.y t. XIV, p. 673). 

3. (^e concile est postérieur à la consécration de Geoffroi de Tours, 
hicpielle eut lieu le 8 mai 1082 .In^. de Vendôme^ p. 6") du Becueîl d'ann, 
antjer. et vendôm.)^ et antérieur, d'après l'intitulé delà lettre écrite par les 
pères du concile (//«/. r/p /♦>., t. XIV, p. 673-674), à la nomination de Hugue 
de Die à l'archevêcbé de Lyon, laquelle eut lieu en 1082 (Ilist, de Fr,^ 
t. XIII, p. 021 B) ot après le 24 octobre (Ilist, de Fr,, t. XIV, p. 656). 

4. Voir la lettre écrite par les pères du concile (Ilist. de Fr,, t. XIV, 
p. 073-07 1) et celle de Grégoire VII aux Angevins et aux Tourangeaux 

ihid.j p. 6'il', et Jaffé, Monum Gre(/or,, p. 498), 



CARACTÈRE DE l'aUTORITÉ COMTALE 201 

Foulque dès lors ne garda plus de mesure. Philippe P^, tout 
en ayant nommé lui-même Raoul à Tarchevêché* , avait décidé de 
Ten expulser : le comte accepta avec empressement de mettre ce 
désir à exécution et chassant Tarchevêque, mit la main sur ses 
biens et son église ^, La réponse ne se fît pas attendre : Grégoire 
VII, en même temps qu'il excommuniait les chanoines de Saint- 
Martin de Tours et les rappelait à la soumission ^, enjoignit à 
tous les « abbés, clercs, laïques de Tarchevêché de Tours et de 
Tévêché d'Angers, restés fidèles à l'autorité des légats du Saint- 
Siège », de s'abstenir de tout rapport avec le comte et ses com- 
plices, et leur ordonna d'obéir à Raoul et de lui témoigner le 
respect qui lui était dû *. 

Arrivé à ce degré de violence, le conflit ne pouvait plus durer, 
et sans qu'on sache au juste comment il s'apaisa, on constate 
qu'il avait pris fin avant le début de l'année 1083, puisque le 
6 janvier de cette année l'archevêque, l'évêque et le comte se 
trouvaient réunis et agissaient de concert dans la ville d'Angers ^. 
Foulque et GeoflTroi de Tours avaient sans doute fini par céder ; 
mais ce qui est caractéristique, c'est que jusqu'au bout ils étaient 
restés unis. Un comte qui pouvait trouver dans son clergé un 
pareil appui avait un ressort suffisant pour ressaisir la puissance 
qui semblait prête à lui échapper. 

1. C'est ce dont Taccusail Eiisèbe Brunon quelques années auparavant 
(Sudendorf, Berengarius Turonensis^ p. 223, n° 15) et ce qui est attesté 
encore par la Narratio controversiae {Hist. de Fr.^ t. XII, p. 459). 

2. Voir la lettre de Grégoire VII aux Angevins et aux Tourangeaux 
publiée dans les Hist, Fr.y t. XIV, p. 654, et par Jaffé, Montnn, Gregor. 
p. 498 : « ...fratrem nostrum Turonensem archiepiscopum de sede sua 
expulit bonisque ccclesiae penitus expoliavit» ^Jaffé-Wattenbach, Regesta^ 
n'> 5231). 

3. Jaffé- VS'attenbach, Regesta, n» 5232. 

4. Lettre citée ci-dessus, n. 2. 

5. Catalogue d'actes, n° 243. Dans la Gallia christ., t. XIV^, col. 69, 
Hauréau ne constatait le rapprochement qu'à la date du 10 novembre 1084. 



CONCLUSION 

La mort de Foulque le Réchin, survenue le 14 avril H09*, et 
Tavènement de Foulque le Jeune, puis de Geoffroi le Bel, devaient 
permettre la prompte réalisation de cette tâche. 

Unis et vivants en bonne intelligence, les barons eussent été 
un obstacle redoutable ; mais malgré les liens de plus en plus 
étroits qui, nous Tavons vu, les avaient rapprochés chaque jour 
davantage les uns des autres, la discorde n'avait cessé de s ac- 
croître entre eux à mesure que leur puissance avait grandi: ainsi, 
les deux seigneurs de Montrevault, celui du Grand et celui du 



1. Ann.de Vendôme : « MCIX. IIoc anno, XVIII kalondas maii, obiit 
Fulco coraos Andecavorum, vir pietatis et misericordie visccribus plcnus, 
frater comitis Goffridi, qui Barbatus cognominabatur ; in monasterio 
nostro Andegavensi Sanctç Trinitatis, sicut prçcepit, esl honorabiliter 
sepultus » [Bec. d'ann. angev. et vendôni., p. 69). Cf. pour la date d'année 
les Ann. de Saint-Aubin^ ibid,, p. 7, et ibid., p. 44, les fragments annal, de 
Saint-Aubin : « Sequenti anno (MCIX) obiit Fulco Rechint, Andecavorum 
cornes, XVIII kalendasmaii. »\]ne charte du Carlul, de Saini-Laud d' Angers^ 
éd. Planchenault, n» 9, par laquelle Foulque le Jeune affranchit un serf, 
est donnée « Andegavi, in ecclesia Sancti Mauricii, ubi patris Fulconis 
exequie celebrabantur, XVIII kalendasmaii, anno ab incarnacione Domini 
MCVIII (MCIX, fi. 8t,)y indictione II, concurrente IIII, epacta XVII, etc. » 
Copie de VObituaire de Saint-Maurice d'Angers, dans la Coll. Baluze, 
vol. 39, fol. 30 v° : « XVIII kalendas maii. Obiit Fulco, dulcissimus cornes 
Andegavensis, nepos Gaufridi prioris Martelli, anno Domini MCIX. » Pour 
le quantième, voir VObituaire de Saint- Aubin d'Angers (Bibl. d'Angers, 
ms. 830, anc. 747) : « XVIII kalendas mai. Fulcho comes junior. Sicut de 
abbate nostro »; VObituaire de Saint-Serge d'Angers [ibid., ms. 837, anc. 
753) : « XVIII kalendas maii. Obiit Fulco comes, familiaris noster. Sicut 
pro abbatibus agendum est pro illo » \VObituaire de la Trinité de Vendôme 
(éd. Métais, Cartul. de la Trin. de Vendôme, nouveau t. IV) : « XVIII 
kalendas maii. Obiit Fulco comes Andegavorum. » Comme il est dit dans 
les Ann. de Vendôme, citées plus haut, Foulque fut enterré à l'Evière 
d'Angers :cf. Catalogue d'actes, n° 319, et la lettre souvent citée de Geoffroi 
de Vendôme à la comtesse Ermengarde, dans les Kist. de Fr., t. XV, 
p. 311-312. 



CONCLUSION 203 

Petit, étaient à couteaux tirés ^ ; les seigneurs de risIe-Bouchard, 
de Mirmande, de Faye-la- Vineuse passaient leur temps à se com- 
battre, renversant d'ailleurs leurs alliances avec une surprenante 
facilité*. Un jour, c'était une guerre entre le seigneur de 
Çhemillé et celui de Maulévrier *^ ; un autre, entre Barthélemi de 
risle-Bouchard et Huguede Sainte-Maure^ ; un autre, entre Jean 
de Montbazon et Eschivard de Preuilly ^. Les seigneurs de Chau- 
mont et d*Amboise étaient en guerre contre tout le monde : une 
fois, contre le seigneur de Montrésor ®, une autre, contre les sei- 
gneurs de Châteaurenault et de Preuilly'^. Bref les barons s'en- 
tre-déchiraient. 

Le terrain était donc tout préparé pour que le comte pût prendre 
sa revanche. Aussi l'histoire intérieure du comté d'Anjou 
depuis la mort de Foulque le Réchin jusqu'au milieu du xii*' siècle 
sera-t-elle le digne pendant de Thistoire du domaine royal. 
La tâche que Louis VI se donna dans la France proprement dite 
de reconquérir pied à pied une autorité partout menacée par la 
force croissante d'une nuée de petits châtelains, Foulque le Jeune 



1. Hist, de Saint-Florent^ p. 298-299 des Chron, des églises d'Anjou, 

2. Leurs guerres sont spécialement racontées dans deux chartes-notices 
du Cartul. de \oyers, éd. Chevalier, n°" 67 et 3iO. 

3. Un accord est conclu le 24 avril IHO, au temps où « Camilliaci 
guerra et Malebrarii pacificata esset » (Arch. de Maine-et-Loire, CartuL 
vélin de Çhemillé^ n» 16). 

4. Cartul. de Noyers^ éd. Chevalier, n° 320 : « Notum sit omnibus tam 
praesentihus quam futuris quod eo tempore quo Bartholomaeus, filius 
Bori*eli, erat dominus castri Insulae, ortum est bellum, quod vulgus guer- 
ram vocat, inter îpsumBartholomaeumet Ilugonem de Sancta Maura, etc. » 
La charte est antérieure à la mort de Josselin, fils de Hugue de Sainte- 
Maure, c'est-à-dire à Pan ii09 [Gesta Ambaz. dominorum, p. 195 des Chron. 
des comtes (f Anjou). Il est fait allusion à la même guerre au n*» 289 du 
Cartul. de \of/ers. 

5. Cartul. de XoyerSj éd. Chevalier, n® 319 ; « Accidit autem...ul quadam 
die egressus isdem Johannes ad pugnam obviam haberet Eschivardum 
Prulliacensem dominum et orlo bello, pugnaverunt totis viribus, etc. »» 
{Charte postérieure, mais probablement de peu, à Tan 1101). 

6. Gesla Ambaz. dominorum^ p. 181 des Chron, des comtes d'Anjou, 

7. Ibid,, p. 184. 



204 LE COMTÉ d' ANJOU 

et Geoffroi le Bel se la donnèrent dans leurs états : comme celle 
de Louis le Gros, leur vie ne fut qu'une longue lutte contre les 
barons ; lutte non pas intermittente, ainsi qu'on l'avait vue par- 
fois au XI* siècle, mais lutte sans relâche et poursuivie jusqu'à la 
victoire définitive. L'Isle-Bouchard, Doué, Preuilly, Montbazon, 
Montreuil-Bellay, Candé, Mirebeau, Ghamptoceaux, Briollay, 
Blaison, Sablé, pour ne citer que quelques places fortes, seront 
successivement attaquées * ; les comtes ne craindront pas de 
revenir plusieurs fois à la charge, mais toujours ou presque tou- 
jours ils garderont le dernier mot, annexant, par exemple, 
Montbazon 2, réduisant à une humble dépendance le terrible 
Giraud de Montreuil-Bellay 3, rasant les châteaux les plus dan- 
gereux^. 

Cette lutte victorieuse contre les barons leur rendra une force 
que les événements antérieurs avaient compromise et leur per- 
mettra de donner à l'état angevin une extension inespérée : non 

1 . Il n'existe pas encore d'étude sérieuse sur ces luttes : les pages consacrées 
par M. Dodu {De Fulconis Ilierosolymitani regno^ Paris, 1894, in-8<*, 
p. 1-18), au gouvernement de Foulque le Jeune dans le comté d'Anjou 
sont de beaucoup inférieures à Tarticle « Foulques le Jeune » du Diction- 
naire de Célcstin Port (t. II, p. 193-194) dont elles ne sont guère cepen- 
dant que le développement. Ce dernier article et l'article « Geoffroy le 
Bel » du même Dictionnaire {ihid.^ p. 254-256) ne donnent, bien entendu, 
qu'un rapide aperçu; Miss Ka le "S or gaie {England under the angevin kingSy 
t. I, chap. IV-V) n'est guère allée plus loin. Les principaux détails sont 
donnés par les annales angevines, les Gesta consuluni, les Gesta Amba- 
ziensiurn, Vllistoria Gaufredi de Jean de Marmoutier ; mais les chartes de 
l'époque sont pleines de renseignements complémentaires. 

2. Gesta cnnsulum Andegav.y p. 144 des Chron. des comtes dWnjou. 

3. Voir spécialement Vllistoria Gaufredi, ibid., p. 282-287. 

4. C'est le cas de Doué (ibid., p. 283), de Briollay [ibid., p. 268), de 
Candé, de Blaison (Rec. t/'a/in. angev. et vend., p. 11, 97), etc. C'est sans 
doute à l'époque de Foulque le Jeune qu'il faut rapporter la destruction 
du château de Segré à laquelle il est fait allusion dans une charte rela- 
tant un don fait au monastère de Marmoutier par la femme de Gautier 
Rouaud, Avoio, pour le repos de Tàme de son frère tué « apud castellum 
nomine Secreium, (juando Fulco cornes bellico impetu cepit illud et des- 
Iruxit » (Copie du xviii« s., dans la Coll. dom Ilousseau, vol. XIP, n® 6770, 
d'après le Cartul^ire tqiirangçau de Marmoutier, ' fol. 172 r°). 



CONCLUSION â08 

Content d^annexer le Maine, quand la mort du comte Hélie Ten 
fera rhéritier, en 1110, Foulque le Jeune travaillera immédiate- 
ment à conquérir la Normandie : le mariage de son fils GeofTroi 
avec rhéritiçre de Tempire anglo-normand, Tex-impératrice 
Mathilde, en 1127, donnera consistance à ce rêve ; et au bout de 
dix ans d'une guerre acharnée, Geoffroi le Bel recevra, le 19 jan- 
vier 1144, la couronne ducale dans Téglise cathédrale de Rouen. 
Quelques années encore, et la maison d'Anjou allait monter sur 
le trône d'Angleterre. 



APPENDICES 



APPENDICE P' 

LES SURNOMS DES COMTES d' ANJOU DU XI*' SIÈCLE 

C'est de leurs contemporains mêmes que Geoffroi Martel, 
Geoffroi le Barbu, Foulque le Réchin et Geoffroi Martel le Jeune 
ont reçu leurs surnoms. 

Celui de Geoffroi « Martel » [Martellus) apparaît dans plusieurs 
documents rédigés de son vivant ou peu après sa mort^ et a été 
constamment employé dans la suite ^. Son neveu Foulque le 
Réchin, qui s'en sert lui-même dans plusieurs de ses chartes ^, 
s'est chargé de nous en expliquer Torigine : « Propter quae omnia 
bella », dit-il dans sa Chronique^ après avoir raconté les exploits 
de son oncle, « propter magnanimitatem, quam ibi exercebat, 
merito Martellus nominatus est, quasi suos conterens hostes^.» 

Bien que Geoffroi le Barbu ait été plus souvenj; désigné par 
ses contemporains sous le nom de « Geoffroi le Jeune »^, son sur- 
nom de (( Barbu » [Barbatus) apparaît de son vivant même^ et 
est fréquemment employé par les chroniqueurs et les annalistes '^. 
Ce surnom ne demande pas d'explication. 

1. Catalogue d'actes, n*» 53, 132, 144, 149, i54, 158. 

2. Ibid., n« 221, 250, 269, 297, 299, 300, etc. 

3. //)*(/., no» 212, 226, 301, etc. Voir, de même, laChronique de Foulque le 
Réchin, passim (voir note suiv.). 

4. Chron. des comtes d'Anjou, p. 379. L'explication donnée par VHist, 
de Saint'Florent de Saurn^ur du surnom de Geoffroi Martel est sans valeur : 
« GofTredus, a fabri uxore apud Lucas caslrum educatus, Martellus cogno- 
men accepit» (Chron. des églises d'Anjou, p. 260). 

5. Voir, entre autres, Catalogue d'actes, n»* 132, 159, 164, 167, 169, 197, 
498, 200, 202, etc. 

6. Ibid,,n°^iTyl et 200. On voit encore ce surnom employé dans une 
charte-notice des années 1068-1081 relatant un fait qui eut lieu en pré- 
sence de Foulque le Réchin, « frater Barbati » (Cartul. du Ronceray, éd. 
Marchegay, n» 47). 

7. Voir les Annales de Vendôme, p. 64, et les Annales dites de Renaud, 
p. 87 du Recueil d'ann, angev, et vendômoises représentant des annales 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 14 



210 LE COMTÉ d'aNJOU 

Celui de Foulque « le Réchin » [Rechint, Richin), que les con- 
temporains appelèrent souvent aussi « le Jeune »^, apparait 4ans 
plusieurs chartes contemporaines^ et chez les annalistes de 
l'époque ^. Le sens en est facile à saisir : réchin est un 
vieux mot se rattachant au verbe actuel rechigner ^. L'origine 
précise du surnom n'est pas, par contre, exactement connue. 
Célestin Port écrit, il est vrai : « C'est dans une de ses guerres, 
à la prise du Lude, qu'ayant voulu baiser avec trop d'empresse- 
ment, comme il le raconte dans une de ses chartes, les reliques 
conquises de saint Julien, sa bouche se tourna et laissa à son 
visage cet air rechigné, dont lui vint sans doute son surnom ^. » 
Mais la charte à laquelle Célestin Port fait allusion (en confondant 
d'ailleurs le Lude avec Château-du-Loir) est un faux qui ne 
résiste pas à l'examen et dont le fond même est sans consistance ^. 

Enfin le surnom de GeofFroi <( Martel le Jeune » [Martellus 
junior ou Martellus) est, on peut le dire, constamment accolé 
à son nom "^ : il a été donné au jeune comte par souvenir pour 
son grand-oncle. 

Au contraire, le surnom de Foulque « Nerra » n'apparaît qu'à 
ime époque extrêmement tardive. Les textes contemporains 
n'adjoignent à son nom aucun qualificatif. Quelques années après 
sa mort, on se borne, par allusipn à ses pèlerinages, à l'appeler 



rédigées avant 1076 ; les ^nn, de Vendôme^ ibid,^ p. 69, note de Tan 1109 ; les 
généalogies n°» 3 et 4 des Généalogies angevine» publ. par Poupardin, dans 
les MéL d'archéoL et d'histoire de l'École de Rome, t. XX, p. 207, généa- 
logies de la fln du xi* s. ; les Gesta consulum, Orderic Vital, etc. 

1. Catalogue d'actes, n^ 251, 264, 277, 280, 315, etc. ; Annales dUes de 
Renaud, p. 88 du Recueil d'ann, angev. et vendôm. (début du xii« s.). 

2. Ibid., n~ 298, 302 ; CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Brous- 
sillon, n» 426. 

3. Fragments annalistiques de Saint-Aubin, p. 42-44 du Recueil d'ann. 
angevines et vendômoises 

4. Cf. Du Gange, Glossarium, éd. Henschel, t. V, p. 6i7. 

5. Dictionn, de Maine-et-Loire, t. II, p. i92. 

6. Catalogue d" actes. Actes faux, n" 10. 

7. Voir notamment Catalogue d'actes, n»» 295, 302, 303, 317. 



LES SURNOMS DES COMTES d' ANJOU 211 

c< le Jérosolimitain » ^ ou bien, pour le distinguer de Foulque le 
Réchin et surtout, peu après, de Foulque le Jeune — le qualifica- 
tif de Jérosolimitain prêtant dès lors à confusion — on lappelle 
Foulque « l'Ancien » [AntiquuSy Senior) ^ ou même Foulque <cle 
Jérosolimitain FAncien » ^. Mais personne parmi les rédacteurs 
des chartes-notices, parmi les chroniqueurs ou les généalogistes, 
ne rappelle Foulque « Nerra ». 

Il faut attendre la première rédaction des Gesla consulum 
Andegavorum^ soit le second quart du xn® siècle, pour voir ce 
surnom faire tout à coup son apparition ^*. Et même alors non 
seulement il n'a pas fait une fortune rapide, mais il n'a été 
employé que par les auteurs qui ont copié directement les Geséa ^ 
et une fois, à notre connaissance, postérieurement à l'an 1150, 
par le rédacteur d'une charte de GeofTroi le Bel ^ qui avait sans 
doute lu les Gesta. Les autres scribes, les autres chroniqueurs 
ont ignoré ce surnom et ont continué à appeler notre comte 
Foulque l'Ancien ou Foulque le Jérosolimitain '. 

1. Voir, entre autres, une notice du CartuL de Saint-Aubin, éd. Ber- 
trand de Broussillon, n° 197, et les annales angevines et vendômoises 
(p. 61, 86, 108, 118 du Recueil d^ann, angev. et vendôm.), dans la partie 
qui dérive des annales composées par Renaud avant 1076. 

2. Voir une notice rédigée vers 1075 dans le CartuL de Saint- Aubin, éd. 
cit., no 186, et ibid,, n» 220, une notice des années 1080-1082 ; au CartuL 
du Ronceray, éd. Marchegay^ n° 202, une notice de Tan 1115' env. et ibid,, 
no 203. 

3. CartuL de Saint- Aubin, éd. cit., n» 932 (ann. 1129) :« Fulco Ihero- 
soiimitanus senior. » 

4. Ms. lat 6218 de la Bibl. nat., p. 42; Chron, des comtes d'Anjou, p. 89. 

5. Outre les auteurs des dernières rédactions des Gesta, nous ne pou- 
vons citer que le compilateur de la Grande chron. de Tours (Salmon, Rec. 
des chron. de Touraine, p. 117 et suiv.) et Jean de Marmoutier, dans la 
préface de son IIist.de Geoffroi le Bel [Chron. des comtes d'Anjou, p. 232) : 
« Fulcone Palmerio, cognomcnto Nerra » (Palmerius =: « paumier », c'est- 
à-dire celui qui a été en Terre Sainte). 

6. Documents pour V histoire de l'église de Saint-IIilaire de Poitiers, publ. 
par Rédet, dans les Mém. de la Soc. des Antiquaires de VOuest, 1847, p. 152 : 
«... Fulconem Nerrem... » 

7. Ainsi William de Malmosbury et Orderic Vital, qui écrivaient dans 
la première moitié du xii® siècle et sans doute après la composition des 



212 tfs œfurt ùaj^jov 

lé» fait mérita; d^autant plus d*être noté que ce surnom de 
u fititra tt e%i un surnom étrange. Tous les érudtts jusqu'ici en 
ont fHil Téquivalont de « Niger » et l'ont traduit : « le Noir » * ; 
mais pi^rsontie n a expliqué par quelle singulière fantaisie on a 
forgé In mot « Nerra » au lieu d'employer celui de « Niger », et 
rnxpHoation serait, croyons-nous, d'autant plus difficile à four- 
nir (|Ue « Norra » eut une forme féminine. L'auteur des Gesta 
n*nyanl pn» donné d'éclaircissement à ce sujet et la philologie 
no paraissant pns permettre jusqu'ici de résoudre ce petit pro- 
bl6me, foroo nous est do rester sur un point d'interrogation. 

ihf^iti vunêiihnn Aiui(*ifêvorum^ nppcllont Foulque Nerra, Fun, « Fulco anti- 
quloi' >» (//«l.i/<* /♦>*., l. XI, p. 180), l'autre, « Fulco senior M (éd. *Le Prévost 
(. tt, p. âliSi, c>( l. tu, p. âlH); lautour d'une généalogie insérée à la fin 
(lu Kit* niiV'lo dunn lo ma. don Annales de Snint-Aubin (publ. dans notre 
Hpf^ueii f/'^an. Afi;/f»i\ e( i^nc/um., p. 49) Tappello m Fulco Jerosolimi- 
(<tiutM » ; (toolTi't)! lo \M hiî-momi\ dans une charte de Tan ii43, l'appelle 
« Fuloo Jhott)HoUmi(AnuHHOniorM((raWu/. de Saint-Aubin, éd. cit., n<» 933), 
o( dttiw U» liHiiti^ Ih seneacalcia Franciae^ composé vers 1158, Foulque 
^n\ om'oi\^ Mppoli^ «« Fuict) Jmxvioliniitaaus m (C^ron. des comtes d'Anjou^ 

K V\>U\ on doi'nior liou, Ferdinand Lot, Hugues Capet^ p. 271. 



APPENDICE II 

LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NERRA A JÉRUSALEM 

Combien de fois et à quelles dates Foulque alla-t-il en pèleri- 
nage à Jérusalem ? Cette question est une des plus controversées 
de rhistoire angevine. Mabille*, A. de Salies ^, Célestin Port 3, 
M. Pfîster^, Miss Kate Norgate^ et enfin M. Lair^,pour ne citer 
que quelques noms, Tont tour à tour examinée et retournée sous 
toutes ses faces, sans arriver à en donner une solution entière- 
ment satisfaisante. Les textes permettent cependant, croyons- 
nous, d'atteindre une approximation très suffisante. 

Foulque partit pour la Terre Sainte une première fois entre le 
24 octobre 1002 et le 2 septembre 1003: une charte qu'il sous- 
crivit à cette date « lors de son départ pour Jérusalem » nous 
en est garant^. 

Il était à peine de retour, après une absence d'un an 

i. Mabille, fntroduction aux Chroniques des comtes d'AnJoUy p. lxxviii. 

2. A. de Salies, Histoire de Foulques iVerra, surtout le chap. XII. 

3. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire y t. II, p. 190-491. 

4. Pfister, Études sur le règne de Robert le Pieux, p. 231. 

5. Kate Norgate, England under the angevin kingSy t. I, p. 192-197. 

ô. Lair, Etudes critiques sur divers textes des X^ et XI^ siècles, t. I, 
p. 73-88. 

7. CartuL de Saint- Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n» 130 
(Catalogue d^ actes, n<> 20) : « Actum hoc in Andecava civitate sub manu Fui- 
conis comitis fratrisque ejus Mauricii comitis, eo quidam Fulco ipso anno 
Iherusalem properante. » Toutes les chroniques sont d'accord pour placer 
un premier pèlerinage de Foulque Nerra avant la construction du monas- 
tère de Beaulieu, dédié vers Tan 1007 (cf, ci-dessus, p. 85) : voir Raoul 
Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 32 ; les Gesta consul, Andegav,, ms. 6218, p. 45, 
p. 103 des Chron. des comtes d" Anjou ; VHist. de Saint-Florent de Saumur, 
p. 273 des Chron. des églises d'Anjou, Nous ne saurions admettre, comme 
le fait M. Lair, /oc. cit., un premier pèlerinage en 998, sous prétexte d'ex- 
pliquer la légende inacceptable du meurtre de Crescentius par le comte 
d'Anjou. 



214 LE COMTÉ D^ANJOC 

et demi^, qu'il faisait assassiaer Hugue de Beau vais ^. Poussé 
sans doute par le désir d'expier ce crime, il reprit, probable- 
ment dès Tan 1008, le chemin du Saint Sépulcre^. Il s'y 

4. Gesta consulum Andegav,, ms. 6218, p. 47, p. 106 des Chron, des 
comtes d'Anjou, Le comte d'Anjou était de retour avant la fin de Tan 1004, 
comme le prouve un acte du 27 décembre 1004 [Catalogue d'actes, n" 21). 

2. Voir ci-dessus, p. 32. 

3. On sait par VHist. de Saint-Florent (Chron, des églises d'Anjou, 
p. 275) et par les Miracles de saint Nicolas de Joël, abbé de la Couture 
[Catologus codicum hagiogr. latin. Bibl, Paris,, t. III, p. 159-160), que 
Foulque a fait un second pèlerinage avant de fonder le monastère de 
Saint-Nicolas d'Angers, lequel fut achevé en 1020 [Catalogue d'actes, 
n*» 30) : ayant pris la route de mer, racontent les Miracles dans un récit 
peut-être un peu agrémenté à plaisir, Foulque fut assailli par une terrible 
tempête ; ayant appris alors l'existence non loin de là, à Myrrhe, d'une 
église dédiée à saint Nicolas, il implora le secours du saint et fît vœu, s'il 
échappait à la tempête, de construire à Angers dès son retour un monas- 
tère en son honneur : la mer se calma, et le comte put aborder en Pales- 
tine ; rentré en Anjou, il mit son vœu à exécution. — Si l'on admet que 
ce pèlerinage a été motivé par le meurtre de Hugue de Beauvais, en mai 
1008 (voir p. 32), comme les vraisemblances nous y invitent, on sera porté 
à le placer dès Tan 1008. Mais il y a encore d'autres raisons pour 
adopter cette date : en effet, remarquons que ce pèlerinage est for- 
cément, d'après tout ce que nous savons sur la fondation de Beaulieu, pos- 
térieur à 1007 et même, à cause de l'afTaîre de Hugue de Beauvais, 
postérieur au mois de mai 1008 ; il est, d'autre part, antérieur non seule- 
ment à 1020, date de la dédicace de Saint-Nicolas d'Angers, mais même 
à la reprise des hostilités entre Eude de Blois et Foulque, en 1016 (voir 
p. 33). Il se place donc entre les années 1008 et 1015. Or on sait que le 
29 septembre 1010 ou 1009 (voir Pfister, Robert le Pieux, p. 347, et Lair. 
Études critiques, t. I, p. 18-38) Hakem détruisit l'église du Saint- 
Sépulcre, que pendant quelque temps aucun chrétien ne put en appro- 
cher, et même qu'avant 1020 on ne trouve pas un seul pèlerin qui se soit 
risqué à venir à Jérusalem. Dans ces conditions, il nous semble bien diffi- 
cile de ne pas placer avant la destruction des Lieux saints le pèlerinage 
de Foulque Nerra. La date de 1014-1015, qu'a proposée Miss KateNorgate, 
ne serait pas matériellement impossible, bien qu'on ne trouve pas de 
pèlerin à Jérusalem entre les années 1010-1020 ; mais les raisons qu'elle 
donne à l'appui de cette date ne résistent pas à l'examen (voir plus haut, 
p. 18, n. 4). Au contraire, la date de 1010-1011, communément adoptée 
(notamment par Mabille, Salies, Port, M. Pfister, M. Lair) est à la fois 
matériellement impossible, à cause de la situation du Saint Sépulcre 
à cette date, et injustifiable. On a cependant essayé de l'établir en se fon- 
dant soit sur une charte du Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 20 v«, 



LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NfiRRA 215 

rendit par merî après une traversée mouvementée*, il aborda 
en Palestine et put gagner, non sans difficultés, à ce quHl 
semble^, le tombeau du Sauveur. C'est au retour' que, pour 
donner suite à un vœu fait pendant la tempête qui l'avait assailli 
à l'allée, il bâtit Tabbaye de Saint-Nicolas d'Angers 3. 

Quelques historiens ^ croient qu'il alla à Jérusalem une troi- 

n® 28, éditée dans la Gallia christiana, t. XIV, Inatrum.y col. 557, 
diaprés une mauvaise copie de la Bibl. nat.. Coll. Baluze, vol. 39, fol. 57» 
où Ton lit qu'en 4010 Tévêque Renaud partit pour la Terre Sainte « comi- 
tante Fulcone vicecomile », soit sur une charte du Cartul, de Saint-Maur- 
sur^Loire, éd. Marchegay, Archives d^Anjoùj t. I, p. 356, n« 8 (Catalogue 
d'actes^ Faux, n® 5), où Ton voit Foulque Nerra passer à Saint-Maur, au 
moment de partir à Jérusalem, en compagnie de son ûls Geoffroi Martel 
(né en octobre 1006) et de Tévêquc Renaud. Mais dans la première pièce 
il est question d'un vicomte et non du comte Foulque Nerra ; la leçon 
« Fulcone » donnée par la copie de Baluzc est d'ailleurs une faute pour 
a Fulcoio n (voir la copie de la Coll. dom Housseau, vol IP, o9 349, la 
seule faite directement sur le cartulaire), ce qui nous indique qu'il est ques- 
tion du vicomte d'Angers Foucois (voir ci-dessus p. 100)^ ; enfin la date de 
1010 doit y être corrigée en 1005 (voir ci-dessus, p. 114, n. 2). Quant à la 
seconde pièce, elle» est impossible à dater, contient des éléments contra- 
dictoires et est certainement une pièce fabriquée après coup ou refaite 
(voir au Catalogue d'actes). Les preuves fournies sont donc illusoires. — La 
date de 1019-1020. proposée par M. d'Arbois de Jubainville {Hist, des 
comtes de Champagne, t. I, p. 245) est doublement impossible : 1® parce 
que de 1017 à 1020, en tout cas, Adémar de Chabannes affirme qu'aucun 
pèlerin n'a pu aller à Jérusalem (Adémar de Chabannes, III, 54, éd. Chava- 
non, p. 178), ce qui — on peut le remarquer en passant — confirme la 
limite extrême de 1015 que la marche des hostilités entre Eude et Foulque 
nous a paru imposer ; 2^ parce qu'il faudrait, si on l'admettait, supposer 
que l'abbaye de Saint-Nicolas a pu surgir de terre en quelques semaines. 

1. Voir le passage des Miracles de saint Nicolas cité à la n. précédente 
, et cf. Hist. de Saint-^ Florent : « Quodam tempore Fulco comes secundo ab 

Jérusalem reversus... Tune quod in maris pcriculo voverat... » {Chron. 
des églises d'Anjou y p. 275). 

2. Nous serions, en effet, assez porté à admettre (d'accord avec A. de 
Salies, op, cit., p. 370. n. 69) que les détails donnés (par confusion avec le 
premier pèlerinage) dans les Gesta consulum (ms. 6218, p. 46 ; Chron, des 
comtes d'Anjou, p. 102) sur les difficultés que Foulque éprouva d'abord 
pour entrer à Jérusalem, puis pour parvenir jusqu'au Saint Sépulcre, s'y 
rapportent : Hakem avait commencé ses persécutions. 

3. Voir ci-dessus, p. 214, n. 3. 

4. A. de Salies, Port, Miss Kate Norgate, M. Lair, loc, cit. — Par contre, 
Mabille et M. Pfister rejettent ce pèlerinage. 




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LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NERRA 217 

Foulque dut donc attendre jusqu^à la (in de Fan 1039, c'est-à- 
dire jusqu'à la cessation complète des hostilités avec son fils ^ 
pour partir une dernière fois revoir le Saint Sépulcre ^. 



de VÉcole des Chartes, ann. 1887), etc. — On a encore essayé (notamment 
Salies et Miss Kate Norgate) de tirer argument du n^ 34 du Catalogue 
d^acles, parce qu'il est terminé ainsi (c'est Foulque Nerra qui parle) : « Res 
autem ecclesiae praescriptas a domno Beringario atque domno Reginaldo 
scribere jussi et priusquam ad Jérusalem uHima vice perrexissem manu 
mea corroboravi. » On a déclaré qu'il ne pouvait être question ici du pèle- 
rinage de 1040. Nous ne voyons vraiment pas pourquoi Foulque, âgé d'en- 
viron soixante-dix ans, n'aurait pas pu déclarer en 1040 que c'était bien 
le dernier pèlerinage à Jérusalem qu'il allait accomplir? D'ailleurs la 
charte en question est forcément postérieure à 1036 (voir notre Catalogue): 
tout ce qu'on peut donc faire, c'est la citer à l'appui du pèlerinage de 
1040. — Un argument qu'on n'a pas invoqué, mais qui, en apparence, 
présenterait quelque force, pourrait se tirer de la Chron. d'Adémar de 
Chabannes, III, 68 (éd. Chavanon, p. 194) : GuiHaume Taillefer, y est-il dit 
étant allé en 1026-1027 en pèlerinage à Jérusalem, son exemple fut suivi 
par de nombreux personnages et notamment par a le comte Foulque ». 
Mais Adémar, étant mort en 1034 et ayant quitté la France en 1028 ou 
1029, n'a pu, si le chapitre en question est son œuvre, penser à un pèleri- 
nage effectué en 1035; si le chapitre n'est pas de lui (opinion de.M. Lair), 
l'auteur a pu viser le pèlerinage de 1040. 

1. Voir ci-dessus, p. 60, n. 4 — En plaçant le départ de Foulque à la 
fin de l'an 1039, il ne reste plus qu'un délai assez court pour le pèlerinage 
même ; mais neuf mois (1^' oc t. 1026-juin 1027) suffirent à Guillaume, 
comte d'Angoulême, pour aller et revenir d'Angoulême à Jérusalem (Adé- 
mar de Chabannes, III, 65, éd. Chavanon, p. 190-191) : on peut donc 
admettre que sept ou huit mois suffirent à Foulque pour aller d'Angers à 
Jérusalem et de Jérusalem à Metz ; cela fixe son départ en novembre- 
décembre 1039. 

2. Ce dernier pèlerinage est attesté par tous les auteurs : Raoul Gla- 
ber. Foulque le Réchin, 2« réd. des Gesta^ etc. : Raoul Glacer, IV, 
9 (éd. Prou, p. 113-114) s'exprime ainsi : « Preterea Fulco, Andegavo- 
rum comes, de quo superius quedam retulimus, ter Jherosolimam jam 
perrexerat, vcniensque Metensem urbem ibidem obiit », ce qui, nous 
l'avons dit plus haut, p. 216, n. 2, est paraphrasé par les Gesta^ 2« réd. : « Bis 
jam Jerosolymis perrexerat ; tertio autem itinere in eundo peracto... 
vcniensque Mettensem urbem... diem clausit extremum. » Foulque le 
Réchin dit de même dans sa chronique {Chron, des comtes d'Anjou, 
p. 377) : '( Bis etiam Jérusalem adiit : in cujus secundo reditu, rébus 
humanis excessit, circa festivitatem sancti Johannis, anno ab incarna tione 
Domini MXL » (sur le nombre erroné de pèlerinages, voir plus haut, 



2IS 

A« r«tia«r« à M«tz« fl fàl afcM|« i s par la miiH ' 21 pm IftlA * 







APPENDICE III 



LES CHARTES DE FONDATION DE i/aBBAYE DE BEAUL1EU PRÈS LOCHES 



I 



On possède quatre chartes relatives à la fondation de Tabbaye 
de Beaulieu près Loches, celle par laquelle Foulque Nerra dote 
le nouvel établissement ^, une bulle du pape Jean XVIII ^ et 
deux bulles du pape Serge IV 3. Mais la manière dont toutes 
ces chartes nous sont parvenues n'est pas sans exciter la 
défiance : non seulement il n^en subsiste plus actuellement ni 
originaux, ni copies anciennes, mais il semble que cette situation 
remonte fort loin. En 1689, en effet, un des bénédictins envoyés 
par dom Michel Germain à Fabbaye de Beaulieu afin de recueil- 
lir des notes pour la préparation du MonasUçon benedictinum^ 
un nommé Daniel Billouet, s*excuse de ne pouvoir envoyer de 
renseignements précis, parce qu'il est, croit-il, c< presqu'impos- 
sible qu'on puisse rien avoir d asseuré de l'antiquité du monas- 
tère, les anciens n'ayant jamais tenu registre de rien et le char- 
trier ayant esté autrefois entièrement bruslé » ^. Et, en tête des 
copies des premières chartes de Beaulieu insérées dans le Monas-- 

i. Catalogue d'actes^ n^ 25 bis. 

2. Sainte-Marthe, Gallia chrisliana, t. IV, p. 15i (reproduit dans Migne, 
PalroLy lat,, t. CXXXIX, col. 4491). Copie du xvii* siècle, soi-disant 
diaprés Torig., Coll. Baluze, vol. 38, fol. 66 ; du xviii« siècle, diaprés la 
même source. Coll. dom Ilousseau, vol. XVIII, fol. 486 . 

3. Sainle-Marthc, Gallia christianay t. I, p. 756, et t. IV, p. 150 
(Migne, PatroL lat., t. CXXXIX, col. 1525 et 1527); Tune des deux bulles, 
du 14 avril 1012, a été rééditée par M. J. Lair, Études critiques sur 
quelques textes des X* et XI* siècles, t. I, p. 65, d'après Sainte-Marthe et 
une double copie de la Coll. dom Housscau, vol. Il>, n® 357, et XVIII, fol. 488. 

4. Orig., Bibliothèque nationale, ms. lat. 12662, fol. 132. 



220 LE COMTÉ d' ANJOU 

ticon, on a écrit en matière d'avertissement : « Ces copies n'ont 
point été faites sur des originaux, qui sont ou perdus ou égarés ^. » 

Ceci est confirmé par une requête non datée adressée, au xvi® 
siècle, semble-t-il, par les moines de Beaulieu pour obtenir 
l'expédition des vidimus de leurs privilèges insérés dans les 
registres de la Chambre des comptes de Paris ; cette requête^ est 
ainsi libellée : « A nos seigneurs des comptes. Supplient humble- 
ment les religieux abbé et couvent de Beaulieu sous Loches, 
comme il soyt ainsy que lesd. suppliants ayent plusieurs privi- 
lèges qui leurs ont esté octroyez et confirmez par les rois et par 
vous vérifiez et entérinez, ce considéré et que lesd. suppliants ont 
adiré^ leurs originaux desd. privilèges, il vous * plaise ordonner 
extrait leur estre fait et baillé de ce qui se trouvera d'iceux privi- 
lèges et confirmations registrez au greffe desd. comptes, et vous 
ferez bien. x> 

A considérer tous ces textes, il semblerait que, dès le xvi^ 
siècle, il n*y eût plus, pour les débuts, dans les archives de Beau- 
lieu que des copies ; et nous savons, en effet, que Tabbaye a été 
brûlée à plusieurs' reprises, pillée de fond en comble en 1412, et 
que la partie subsistante de ses archives ne remonte pas aujour- 
d'hui plus haut que le milieu du xv* siècle ^. 

Et cependant le moine Yve Gaigneron, écrivant en 1685 l'his- 
toire de l'abbaye, dit analyser la charte de fondation « e dicto 
fundationis actu in archivis monasterii Bellilocensis asservato » ; 
il déclare avoir vu dans les archives de Beaulieu la bulle même 

1. Bibl. nat.,ms. lat. 12Ç62, fol. 138. 

2. Nous n'en connaissons qu'une copie fort mauvaise du xvii« siècle, 
ibid., fol. 140. 

3. La copie porte « adiré », qu'il faut évidemment corriger en « adiré ». 

4. La copie porte « nous ». 

5. Pour tout ceci, voir Loizeau de Grandmaison, Inventaire sommaire des 
Archives départementales. Indre-^l-Loire, sériel!^ p. 6 ; Archambault, His^ 
toire de Beaulieu, dans la Revue de V Anjou, t. XI et XII, 1874. et surtout 
t. XI, p. 74-75 ; Carré de Busserolle, Dictionnaire d'Indre-et-Loire^ 
v« Beaulieu; Yve Gaigneron, Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127 (Hist. 
de Fabbaye écrite en 1685). 



LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 221 

de Serge IV : « Extat in thesauro Bellilocensi diploma Sergii 
quarti summi pontificis ^ » De même, le copiste de la GoUec- 
tien dom Housseau dit transcrire la charte de Foulque Nerra « ex 
autographo » ^ et le privilège de Serge IV <« sur l'original avec 
la bulle pendante en plomb et lacs de soie verte » ^. 

La contradiction est flagrante. Mais si Ion examine les pièces 
soi-disant transcrites sur les originaux, on s'apercevra que Gai- 
gneron et le copiste de la Gollection dom Housseau ont pris 
pour tels ce qui n'était certainement que des copies ou des pièces 
refaites. Oh a déjà été frappé du fait pour une des bulles de 
Serge IV ^, mais, faute de connaître l'histoire des archives de 
Beaulieu, on ne se l'expliquait pas ; et voici qu'aujourd'hui, 
outre le texte de la charte de Foulque Nerra que des copistes 
des xvii® et xviii** siècles ont prétendu avoir transcrit d'après l'ori- 
ginal, nous en retrouvons un autre, à la fois trop différent et 
trop voisin du premier pour qu'un examen approfondi de cette 
charte et des bulles de Jean XVIII et Serge IV ne s'impose pas. 



II 

Il existe j en effet, de la charte de Foulque Nerra, un vidimus 
délivré par Gharles V en 1367 '^ et dont les registres du Par- 
lement de Paris, notamment, nous ont conservé la copie ; mais 
dans le texte qui y est donné de cette charte, il est simplement 
dit que Foulque Nerra concède aux moines la terre de Beaulieu 
avec toutes ses coutumes, un marché hebdomadaire, les droits 
de justice et de vente dans des limites fixées et enfin des droits 
d usage dans le bois de Boisoger. 

i. Ms. orig. de Gaigncron, Bibl. naU, ms lat. 12662, fol. 107 vo-108 r». 

2. Coll. dom Housseau, vol II<, n» 337. 

3. Ibid., n» 357. 

4. Jules Lair, Etudes critiques sur quelques textes des X* et XI^ siècles^ 
t. I, p. 65-71. 

5. Pièce Justificative n® 5 (Catalogue d'actes^ n» 2;>). 



222 LE COMTÉ o'aNJOU 

Voilà des concessions bien minces si on les compare à celles 
que renferme le texte communément cité * ; car dans ce dernier 
on trouve encore l'octroi de la liberté à quiconque viendra 
habiter dans le bourg de Tabbaye ou épousera un habitant de 
ce bourg, le droit accordé aux moines de fabriquer sur leurs 
domaines la monnaie comtale de Loches, le don des droits d'étal 
et de tavemage dans le bourg et toute une série de nouvelles 
propriétés, où Tabbé ne devra lever la taille que lors de son 
élection ou lorsqu'il achètera une tet*re ou pour quelque autre 
raison importante ; enfin on y trouve un tarif d'amendes appli- 
cable à ceux des habitants du bourg qui s'attaqueraient soit aux 
moines, soit à leurs gens. Mais précisément toutes ces clauses 
nouvelles sont autant d'anachronismes : il n'est presque pas un 
des droits qu'elles stipulent qui puisse se rencontrer dans un 
acte authentique de Foulque Nerra. 

Cependant la découverte que Ton a faite, par exemple, d'une 
monnaie frappée à Beaulieu n'est-elle pas la confirmation d'une 
de ces clauses tout au moins, celle qui concerne la monnaie de 
Loches ? — Si l'on avait trouvé une monnaie comtale frappée à 
Beaulieu au xi® siècle, la confirmation eût été, en effet, éclatante ; 
malheureusement, on est loin de compte. En 1874, M. Ârcham- 
bault s'exprime ainsi à ce sujet : « Les pièces sortant de cette 
fabrication sont aujourd'hui très rares : elles portent d'un côté 
la forme du Saint-Sépulcre et la légende Lucas castrum 2. » Or, 
M. Archambault n'a en vue qu'un denier signalé en 1869 par Le 
Cointre Dupont ^, et ce denier, publié dès 1867 par Gariel ^ et 
reproduit récemment par M. Garon ^, ne porte pas — ' est-il 

i. Catalogue d'actes, n^ 25 bis, 

2. Revue de V Anjou, t, XI, p. 12. C'est en 1869, au Congrès archéolo- 
gique de Loches, que M. Archambault eut communication d'une reproduc- 
tion du denier de Loches; il prit part à la discussion qui eut lieu alors à 
propos de ce denier: voir Congrès archéol. de France, XXX VI* session, 
Loches, p. 45. 

3. Congrès archéol. de Loches, p. 44-45. 

4. Annuaire de la Société de numismatique, 1867, pL X, n® 27. 

5. Congrès international de numismatique de 1900, p. 204-295. 



LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 223 

besoin de le dire ? — d'image du Saint-Sépulcre ; pour toute 
légende : Locas Castro. Est-ce donc bien une monnaie frappée 
à Beaulieu ? — Oui, écrit en 1869 M. Tabbé Baranger : » Ici, on 
trouve Loches et non Beaulieu, mais nous n^ sommes pas éloi- 
gné de croire que les comtes d'Anjou, ayant cédé à Tabbaye de 
Beaulieu leur droit de battre monnaie pour la seigneurie de 
Loches, auraient stipulé que cette monnaie serait frappée au type 
de Loches ^ » Mais, en réalité, on le voit, on ne possè4e aucune 
monnaie dont on puisse un instant prétendre qu'elle ait été frap- 
pée à Beaulieu. Le dernier de Loches ne prouve même pas que 
les comtes d'Anjou du xi® siècle aient frappé monnaie d'une 
manière régulière à Loches, et surtout il est loin d'être certain 
qu'il faille le dater de l'époque de Foulque Nerra ou de son suc- 
cesseur : sur ce dernier point, les affirmations de M. Caron lui- 
même nous semblent un peu trop faiblement étayées ^, et nous 
ne serions même pas étonné si l'on venait à montrer que la con-- 
cession du droit de frapper la monnaie de Loches, soi-disant 
accordée à l'abbaye de Beaulieu par Foulque Nerra, constitue, 
non seulement en fait, mais en droit, un anachronisme. 

On peut, en outre, remarquer que VOffice de Beaulieu^ rédigé 
au xv^ siècle au plus tard (c'est-à-dire avant ou peu après le 
principal incendie des archives de l'abbaye) et où sont notés 
avec soin tous les traits authentiques ou légendaires relatifs à 
la fondation de Beaulieu, ne fait nulle allusion à toutes ces con- 
cessions si singulières contenues dans la version la plus' connue 
de la charte de Foulque Nerra, mais se contente de dire : « Dédit 

1. Congrès archéol. de Loches, p. 42-43. 

2. M. Caron rapproche ce denier d'une monnaie frappée à Tours : les 
deux monnaies étant analogues, il en conclut qu'elles émanent à peu près 
du même comte, soit ( Loches n'ayant cessé depuis le x« siècle d'être pos- 
session angevine) d'un comte d'Anjou. Ce comte serait Geoffroi Martel, 
qui, au xi« siècle, posséda Tours un moment, dit M. Caron. Mais les 
comtes d'Anjou ont bel et bien possédé Tours d'une manière continue h 
partir de 4044 : or le poids du denier de Loches, la forme des lettres 
qu'on y lit et de celles qu'on lit sur celui d^ Tours nous reporteraient 
plutôt, à ce qu'il semble, vers la un du xi« ou le début du xii* siècle. 



224 LE COMTÉ D ANJOU 

ergo Fulco cornes ad sustentacionem monachorum ibidem Deo 
serviencium vinearum, pratorum, silvanim, aquarum culta et 
inculta, servos et ancillas per diversa loca, ut carte apud eos 
conservata demonstrant*. » 

On peut enfin relever dans le texte communément cité de la 
charte de Foulque Nerra certaines manières de s'exprimer qui 
semblent dénoter une rédaction faite après coup. Par exemple, 
on y par]jB du bourg de Beaulieu comme si ce bourg existait 
déjà 2, au lieu que, dans l'autre texte il n'est question que de la 
« terre », de la « villa » de Beaulieu. Et dans ces conditions, 
quand on voit que le premier de ces deux textes, le plus 
détaillé, mais rempli de détails choquants, n'est connu que par 
des copies qui se prétendent dérivées d'originaux, brûlés pour- 
tant, à ce qu'il semble, en 1412, on ne peut s'empêcher de con- 
clure que seul le second, connu par une copie antérieure à cet 
incendie, émane véritablement de Foulque Nerra. 



III 



La bulle attribuée au pape Jean XVIII se condamne par sa 
forme seule. Elle débute par une adresse ainsi conçue : « Joannes 
episcopus, servus servorum Dei, omnibus regibus, episcopis, 
ducibus, comitibus atque nobilibus populis Francorum praesen- 
tibus et futuris sanctae fidei in Christo pacem et apostolicam 
benedictionem. » Or il n'est pas besoin, croyons-nous, d'insister 
pour montrer tout ce que cette adresse a d'extraordinaire et 
d'impossible. 

La formule de notification n'est pas moins choquante : « Qua- 
propter notum sit vestrae sublimitati, quia... » Ce « vestrae 

1. A. de Salies, Histoire de Foulques Nerra^ Appendice, p. 527. Sur cet 
office, voir notre Préface. 

2. « Trado autem huic monasterio et omnibus habitatoribus in eo bur- 
gum totum et omncs costumas ejusdem burgi. » 



LES CHARTES DE FONDATION DE REAULIEL* 225 

sublimitati » s'applique sans doute aux rois, comtes et dues, 
mais jamais le pape n'a pu s'adresser de cette manière aux 
évêques. 

En ce qui touche le protocole final, nous devons remarquer 
qu'il fait totalement défaut (à part les formules d'anathème, sur 
lesquelles nous allons revenir) : ni date, ni souscription, ni signe 
de validation. Il est vrai que nous n'avons affaire qu'à des copies ; 
mais nos copistes ont prétendu avoir vu Toriginal. 

Mais venons-en au dispositif même de la bulle. Nous n'y trou- 
vons que des termes vagues, imprécis : le pape a l'air de traiter 
le monastère comme un monastère exempt, et cependant il ne 
dit pas que Foulque Nerra Tait donné en alleu au Saint-Siège, 
ce qui constitue « le premier acte de toute soumission d'une 
église à Rome, au x*' siècle et dans la première moitié du 
XI® siècle » * ; il dit seulement que Foulque a demandé « privile- 
gium sanctae apostolicae auctoritatis », qu'il a mis sa fondation 
« sub tuitione et defensione sanctorum apostolorum Peiri et Pauli 
successorumque nostrorum hujus sanctae sedis pontificum... » 
Quel est le résultat de cette protection accordée par le pape au 
monastère de Beaulieu ? — La phrase qui vient immédiatement 
après semble indiquer que le monastère ne dépend plus désor- 
mais que du Saint-Siège : « ut nullius dominatio régis et prin- 
cipis seu archiepiscopi et episcopi aut cujuscumque dignitatis 
personae praefatum monasterium inquietare vel disturbare seu 
minuere audeat » ; mais tout de suite nous voyons que le pape 
ne vise ici que les domaines de l'abbaye, il ne parle que des 
« eaux, terres, vignes, revenus, esclaves, églises donnés, ou qui 
seront donnés aux moines ». Mais voici que le privilège recom- 
mence sur de nouveaux frais. Le pape va-t-il déclarer nettement 
que les moines sont exempts de l'ordinaire pour tout ce qui 
touche aux ordinations, que l'évêque diocésain n'aura plus le 

1. M. Prou, Examen de la charte de fondation de Saint-Léonard de 
Bellême, dans les Mélanges Paul Fabre (1902), p. 222. 

Halphen. — Le comté d'Anjou, 15 



• 



226 LE COMTÉ DAXJOU 

droit de visite, qu'il ne pourra interdire le culte divin dans 
l'église monastique ? — Non, rien de précis, mais des for- 
mules vagues, qui semblent viser un état de choses qui serait 
réglé déjà depuis longtemps : « neque pro aliquo jure nec ordi- 
natione quamcumque molestiam ab eisdem episcopis cogatur 
sustinere, ut sit quietus idem locus sub jure et defensione bea- 
torum apostolorum Pétri et Pauli et pontificum suae sedis hujus 
in perpetuum », et de même, qu'aucun évêque ou archevêque 
n'ose lancer de sentence d'excommunication contre le monastère, 
sous peine d'être excommunié lui-même « et locus iste absolu- 
tus ». 

En outre, ce n'est pas, en réalité, li/i, mais deux dispositifs 
complets que nous trouvons juxtaposés dans cette bulle, cha- 
cun de ces dispositifs étant terminé lui-même par des clauses 
comminatoires : 1® Qu'aucun roi, prince, archevêque, évêque ni 
qui que ce soit n'ose mettre la main sur quelqu'un des biens 
temporels du monastère ; s'il ose le faire, qu'il soit excom- 
munié, etc.. 2® Qu'aucun évêque ou archevêque n'ose excom- 
munier le monastère, ou lui causer quelque ennui « pro ali- 
quo jure nec ordinatione » ; s'il ose le faire, qu'il soit excom- 
munié, etc... Et remarquons que le premier de ces deux disposi- 
tifs (si étrangement juxtaposés, sans rien pour les souder l'un à 
l'autre) s'adresse en fait, non pas aux évêques et aux arche- 
vêques, mais au seigneiirs temporels. Or rapprochons cette 
observation de celle que nous faisions à propos de la notification : 
cette notification, disions-nous, s'applique aux rois, aux comtes, 
aux seigneurs temporels, non aux évêques et aux archevêques. 
N'est-il pas, en présence de cette double constatation, permis de 
supposer un faussaire prenant deux modèles distincts -de privi- 
lèges, l'un pour des rois et des grands seigneurs, l'autre pour 
des évêques et des archevêques et les fondant maladroitement ? 
Il agrémente le tout de formules de son cru (dans l'adresse, 
par exemple) et par des emprunts faits à droite et à gauche 
arrive à composer une bulle de Jean XVIII. 



LES CHAKTES DE FONDATION DE BEAULIEU 227 

Nous ne saurions d'ailleurs préciser davantage ni dire à quels 
textes au juste le faussaire a fait ces emprunts. Si nous le sup- 
posons, comme il y a tout lieu de le croire, après ce que nous 
nous avons dit sur le sort des archives de Beaulieu, postérieur 
au début du xv® siècle, on conçoit qu'il soit singulièrement 
malaisé de déterminer ses sources. 



IV 



La première bulle de Serge IV est consacrée au récit du juge- 
ment par lequel le pape, ayant réuni ses cardinaux, les juges 
et les seigneurs de Rome, convainquit Tarchevêque de Tours 
qu'il nlavait point le droit de réclamer la consécration de l'ab- 
baye de Beaulieu. Examinant cette bulle, dont les copistes des 
xvii® et xv!!!** siècles déclarent avoir eu sous les yeux Toriginal 
« avec la bulle pendante en plomb sur lacs de soie verte », 
M. Lair ^, frappé des incorrections dont est parsemé le texte 
transmis par ces copistes, a déjà fait observer que c'est seule- 
ment un prétendu original qu'ils avaient dû transcrire. 
, En fait, cette bulle est un faux grossier. Bien qu'il y soit ques- 
tion d'une affaire publique, intéressant au plus haut point l'Église 
entière, cette bulle est, en effet, l*édigée dans la forme des actes 
privés italiens du xi*' siècle : le protocole initial, le préambule, 
le dispositif, le protocole final, tout le prouve. Qu'on rapproche 
seulement, pour s'en convaincre, notre texte de centaines 
de textes semblables conservés dans le Registre de Farfa • et 
notamment de l'acte par lequel le pape Benoît VIII, agissant en 
tant que particulier, fait une donation au monastère de Farfa '^ 

1. Etudes critiques, loc, cit, 

2. Regesto di Farfa, éd. Giorgi et Balzani, t. III, n^ 488 (p. 195), 
492 (p. 199), t. IV, no 608 (p. 6), 628 (p. 24), 637 (p. 34\ 638 (p. 36), 650 
(p. 47), 651 (p. 48\ 656 (p. 53), 657 (p. 54), 658 (p. 56), etc., etc.. 

3. Ibid., t. IV, p. 37,11° 639 (Jaffé-Waltenbach, Hefjestu, n» 3998). 



228 LE COMTÉ d'aNJOU 

Toutefois une grave réserve doit être faite : la bulle de plomb 
sur lacs de soie, au lieu d'une simple souscription manuelle, 
rintroduction de formules (qui se condamnent d*ailleurs d*elles- 
mêmes), telles que « omni ecclesiae populo notum esse volu- 
mus praecipueque successoribus nostris et cohabitatoribus sacri 
Lateranensis palatii » ^, dans la notification, ou <( sigillo nostro 
sigillari jussimus », dans les clauses finales, tendent à trans- 
former notre acte privé en acte public. 

Ce n'est pas d ailleurs la seule contradiction qu on puisse 
relever dans la pièce : ici, comme dans le privilège de Jean XVIII, 
après une première série de clauses comminatoires, qui semble 
indiquer la fin de Tacte, Texposé des faits reprend pendant 
quelques lignes pour se terminer de nouveau par des clauses 
comminatoires, qui, celles-là, sont peut-être plus particulière- 
ment propres à un acte public. 

Quant à la manière dont le débat est raconté, elle prouve 
chez le faussaire une inexpérience vraiment choquante : dans 
une bulle rédigée au nom du pape, l'archevêque de Tours est 
qualifié <c venerabilis archiepiscopus » ; Foulque Nerra est, par 
une méthode inverse, tout simplement désigné par son nom : 
a Fulco ». S'agit-il du comte d'Anjou ? Rien ne nous en avertit. 
Le monastère de Beaulieu n'est lui-même désigné que par allu- 
sion : « monasteriura quem Fulco a noviter construxit ». La dis- 
cussion s'engage et se termine comme s'il s'agissait, non de la 
consécration d'une église, mais d'un champ ou d'un étang con- 
testé entre deux particuliers ; les plaidoyers sont^d'une naïveté 
que rien n'égale : le défenseur du Saint-Siège émet notamment une 
théorie suivant laquelle un seigneur peut disposer d'une église 
qu'il a fondée sur ses domaines comme bon lui semble et 
est libre, par suite, de la faire consacrer par qui il veut : « Cujus 
est hereditas, ipsius est consecratio. » De plus, dans cette affaire 



1. Nous corrigeons dans celte phrase les grosses incorrections qui la 
rendent ininlelligible. 



^ 



LES CHARTES DE FONDATION DE BEAULIEU 229 

OÙ il n'est question que du droit de consécration, des laïques de 
toutes sortes sont appelés à donner leur avis. En un mot, cet 
exposé des faits ne soutient pas un instant Texamen. 

Faut-il ajouter que le faussaire n'a pas su éviter les anachro- 
nismes ? Il fait paraître, comme évêque de Porto, Benoît, alors 
qu'en 1012 ce siège était occupé par Jean * ; comme évêque de 
Selva Candida, Grégoire, alors qu'en 1012 ce siège était occupé 
par Benoît^. Les noms cités dans la bulle sont, d'une manière 
générale, ceux de contemporains de Benoît VIII plutôt que de 
Serge IV, et il faut même signaler à cet égard, comme à 
quelques autres encore, des ressemblances, peut-être dignes de 
remarque, avec une notice rédigée en 1015 pour le monastère 
de Fruttuaria^. 

Il y aurait bien des remarques encore à faire sur notre bulle; 
mais nous croyons en avoir dit plus qu'assez pour prouver son 
inauthenticité ; et, s'il est une chose qui puisse étonner, c'est que 
les critiques l'aient jusqu'ici acceptée comme bonne et l'aient 
citée à l'envi pour réfuter Raoul Glaber*. 



Quanta la seconde bulle de Serge IV, qui est simplement une 
sorte de lettre de créance pour le cardinal envoyé par le pape 
afîn de consacrer l'église de Beaulieu, elle est d'une fausseté 
non moins manifeste. L'adresse est ainsi conçue : « Sergius epis- 
copus, servus servorum Dei, omnibus fîdelibus sanctae Dei eccle- 
siae episcopis. » Il n'est pas besoin d'insister pour montrer qu'une 

1. Ughelli, Ilalia sacra, 2« éd., t. I, col. 115-120 : Benoît a été évêque 
de Porto sous Benoît VIII. 

2. Ibid., col. 93 : Grégoire a été évêque de Selva Candida sous 
Benoît VIII. 

3. Migne, Pair, lai., t. CXXXIX, col. 1588. Sur cette notice, voir une 
note de M. Sackur, Die Cluniacenser, t. II, p. 14, n. 2. 

4. G. d'Espinay, Pfister, Sackur,-etc., ouvr. cités ci-dessus, p. 83, n. 5. 



230 LE COMTÉ d'aNJOU 

semblable adresse est impossible; toutefois on pourrait, à la 
rigueur, supposer le mot « episcopis » interpolé ou voir là le 
résultat d'une mauvaise lecture. 

Mais la notification ne vaut pas mieux : « No tu m esse volu- 
mus vobis quia quidam comes nomine Fulco construxit quoddam 
monasterium in suo proprio alodo, quod sancto Petro, aposto- 
lorum principi, tradidit ac nostrae dominationi successonimque 
nostrorum in perpetuo jure submisit. » Ici, on le voit, Foulque 
Nerra n'est plus appelé familièrement « Fulco » tout* court ; 
mais on ne dit pas pour cela : « Foulque, comte d'Anjou». Non : 
c'est « un certain comte Foulque » ! Le monastère de Beaulieu 
n'est nommé ni ici, ni dans le reste de l'acte : c'est « quoddam 
monasterium ». 

Le pape, dans le dispositif, déclare qu'il envoie « un de ses 
évoques sufTragants » consacrer l'église ; mais il ne le nomme 
pas non plus. 

Après quoi, viennent des clauses finales que le faussaire a 
rédigées, dans son désir de leur donner plus de force, d'une 
manière qui ne laisse aucun doute sur son faux : que tous 
ceux, est censé dire Serge IV, qui causeront quelque dommage 
au monastère, que tous les évêques ou archevêques qui vou- 
dront l'excommunier « sint ex auctoritate Patris et Filii -et Spi- 
ritus sancti et sancti Pétri, apostolorum principis, cui a Christo 
coUata est potestas ligandi atque solvendi, omniumque sancto- 
rum et ex nostra auctoritate omniumque episcoporum atque 
archiespiscoporum sanctae romanae ecclesiae excommunitati 
atque anathematizati sive maledicti. Locus vero ille et omnes 
hujus loci servientes necnon et adjutores ejus sive amici ei ex 
eadem auctoritate superius dicta sint absoluti et benedicti nul- 
lamque timeant unquam excommunicationem atque maledictio- 
nem ab ullo episcopo neque archiepiscopo qui vivere possit* super 
terram. » Vraiment, le faussaire a voulu trop forcer la note ; et il 
y a là encore (sans tenir compte de l'absence de la date, des sous- 
criptions, etc., qui peuvent avoir été omises dans les copies) plus 
qu'il n'en faut pour condamner la pièce. 



LES CHARTES DE FONDATION DE REAULIEU 231 

En résumé, il n'y a aucun fond à faire, ni sur les bulles de 
Jean XVIII et de Serge IV, ni sur la charte de Foulque Nerra 
jusqu'ici uniquement citée par les historiens de Beaulieu. Les 
bulles sont des faux fabriqués à Taide de textes étrangers à 
Tabbaye ; la charte mise sous le nom de Foulque est un rema- 
niement et 'Une amplification d'une charte authentique que les 
moines de Beaulieu ont laissé tomber dans Foubli et que les 
érudits modernes ont ignorée. 



-* 



APPENDICE IV 

LA DATE DU MARIAGE DE LA COMTESSE BERTHE AVEC LE ROI ROBERT 

La date du mariage de la comtesse de Blois Berthe avec 
Robert le Pieux est importante à connaître pour établir la chro- 
nologie de la campagne de Foulque Nerra en Touraine après la 
mort d'Eude P'. MM. Pfister S Lex ^ et Lot 3 ont déjà montré, 
en s'appuyant sur le témoignage de Richer et de Gerbert, que 
cette date était comprise entre le 24 octobre 996 (mort de Hugue 
Capet) et mai-juin 997. Une charte de l'abbaye de Bourgueil 
permet encore de préciser : le mariage a eu lieu, non pas à la fîn 
de l'année 996, mais au début de Tannée 997. 

Cette charte à laquelle nous faisons allusion a été publiée 
déjà par M. Lex ^, mais d'après une copie fort mauvaise où les 
dates avaient été remaniées. Gaignières, dans le ms. lat. 17127 
de la Bibliothèque nationale, en avait laissé une transcription 
faite sur l'original, où il avait donné les dates exactes; mais 
M. Lex en avait systématiquement rejeté les leçons. L'original 
ayant été depuis lors retrouvé au British Muséum (Additio- 
nal charters, n® 11223'^), il est loisible de s assurer qu'il porte 
bien : « Notitia rei gestae qualiter anno incarnationis dominice 
DCCCCXCVII, acçedens Deo amabilis Pictavorum comitissa 
Emma an te presentiam venerabilis comitisse Bertae... )> et : 
<( Data hec est auctoritas Blesis Castro anno incarnationis domi- 
nice DCCCCXCVII, indictione VIIII, régnante Hugone piissimo 
rege anno VIII. » 

1. Robert le Pieux, p. 48-50. 

2. Note III de son ouvrage sur Eudes de Blois. 

3. Hugues Capet, p. 109. 

4. Op. cit. y Pièce juslif. n° 6. 

5. Fac-similé héliogr. dans le Recueil des fac-similés de CEcole des 
Chartes, n<> ^83. 



-•■ - 



LE MARIAGE DE BERTHE AVEC LE ROI ROBERT 233 

On ne manquera pas d'objecter que les données de cette date 
sont contradictoires, puisqu^en 997 Tindiction était 10 et non 9, 
que Hugue Capet est mort le 24 octobre 996 et que d'ailleurs 
la huitième année de son règne allait de juillet 994 à juil- 
let 995. — Sans doute ; mais à Bourgueil, comme ailleurs, on 
a fait à cette époque de fréquentes erreurs sur Tan de règne, 
et ce n'est même pas non plus le premier exemple qu'on puisse 
citer d'une date fixée d'après Tan de règne d'un souverain 
décédé ^ ; enfin, quant à l'indiction, on sait combien c'est un 
élément chronologique souvent erroné. L'année de l'incarnation 
doit donc être acceptée, et il en faut conclure que le mariage de 
Berî*»*» est du début de l'an 997, puisque, lors des événements 
nai^ is dans la charte précédente, elle n'était pas encore reine. 

i. Voir notamment la charte de Saint-Martin de Tours arguée de faux 
par tous les critiques et indiquée par Mabillon, Ann. ord, sancli Hene- 
dicti (éd. de 1707), t. IV, p. 9C. 



APPENDICE V 



LE TOMBEAU DF FOULQUE NERRA 

On montrait encore avant la Révolution, à Tabbave de Beau- 
lieu, le tombeau de Foulque Nerra. En 1870, des fouilles furent 
entreprises à l'effet de retrouver les traces de ce monument sou- 
vent décrit et dessiné au cours des xvii^ et sviu^ siècles *. On 
découvrit, au bout de peu de temps, les substructions d*une 
chapelle du xrv^. siècle et, en continuant à creuser, on mit à 
jour un cercueil de pierre monolithe, en forme d'auge, plus 
large à une extrémité qu'à l'autre ; par-dessus, un lourd couvercle 
de pierre plate, brisé en plusieurs morceaux et percé de 
trous ayant servi à explorer et vider le cercueil des objets pré- 
cieux qu'il pouvait contenir *. Quoique violé, ce cercueil conte- 
nait encore un crâne humain, quelques ossements, deux mon- 
naies du xrv^ siècle, l'une de Gui 1^ de Châtillon, comte de 
Blois 1307-1342 , l'autre du roi Charles TV ^^ et, entres autres 
ornements, une petite tête de moine en pierre peinte, pouvant 

1. Sur ces fouilles, toîi Congrès arr/i^o/. de France^ XXXVI' session^ 
Lorh^9^ et surtout A. de Salies, llUt. deFoulquesXerra, noie 132. Dans ce 
dernier livre, on trouvera non seulement toutes les pièces officielles 
relatives aux fouilles, mais des dessins et des phototypies du tombeau et 
des objets qu'on y a retrouvés. M. de Salies indique aussi les principaux 
auteurs qui, aux xvii' et xviii* siècles, ont décrit ou dessiné ce tombeau. 
Voir, en outre, à laBibl. nal., ms. lat. I2G62. 

2. M. de Salies relève deux trous : l'un, en forme d'entonnoir étroit, a 
peut-être été creusé par le violateur |K>ur se rendre compte de ce que le 
cercueil pouvait contenir ; l'autre, largement pratiqué au centre du cou- 
vercle, lui a servi à vider le cercueil <les objets précieux que la première 
exploration lui avait révélés. O second trou a été rebouché à l'aide d'une 
grosse pierre. 

3. Voir à ce sujet les indications données par M. de Salies, rectifiant le 
procès- verbal officiel. 



LE TOMBEAU DE FOrLQUE NERRA 235 

dater elle aussi du xiv® siècle ^ De ces indications, il semblait 
légitime de conclure qu'on était en présence d'un cercueil remon- 
tant peut-être au xi® siècle, mars remployé au xiv® : Tattribution 
des ossements trouvés à Foulque Nerra devait paraître plus que 
douteuse. 

Cette attribution fut cependant formellement admise a priori 
par ceux qui présidèrent aux fouilles. M. de Salies, dans son 
Histoire de Foulques Nerra\ a tenté d'en établir rigoureusement 
le bien fondé ; mais les arguments qu*il a fait valoir sont d'une 
extrême faiblesse. lisse réduisent, en somme,. à cette constata- 
tion : depuis 1530, date à laquelle fut gravée sur cuivre une 
épitaphe de Foulque Nerra dont on a conservé le texte ^, jus- 
qu'à la fin du xvui® siècle, un seul et même emplacement n'a 
cessé d'être considéré comme renfermant les restes du comte 
d'Anjou. Mais quanta prouver, soit qu'il n'y a pas eu lors des 
fouilles de 1870 possibilité d'erreur au sujet de l'emplacement 
choisi ^^ soit qu'on n'a pas pu au xvi® siècle ignorer la violation 
et le remploi du cercueil primitif, M. de Salies n'en a rien fait. 
Au lieu de considérer la présence dans le cercueil de monnaies 
et d'ornements exclusivement du xiv*" siècle comme un indice de 
remploi à cette époque d'une tombe plus ancienne, il a admis 
comme évident que tous ces objets « auraient été mis dans la 
tombe pour dater l'invention des restes du comte d^ Anjou, 
auquel un nouveau monument allait être élevé » après les dévas- 
tations des Anglais ^. Nous n'insisterons pas sur les commen- 
taires pleins d'inexactitudes ^ et de suppositions bizarres dont il 



1. Une reproduction phototypique en a été donnée par M. de Salies. 

2. Ce texte a été publié par M. de Salies, note 130 (Cf. Bibl. nat., ms. 
lat. 12662). 

3. Le cercueil n'a pas été retrouvé h l'endroit qu'indique Foulque le 
Réchin dans sa chronique (« in capitulo »). 

4. A, de Salies, op. cit., p. 473. 

5. Il prétend voir des restes de colonnes du xi* siècle là où il faut voir 
des restes de colonnes de trois ou quatre siècles postérieurs. 



236 LE COMTÉ d'aNJOU 

a entouré ses déductions ^ ; ce qui précède suffit à montrer avec 
quelle légèreté on s'est empressé de conclure tant en 1870 
que depuis cette date et à quel point il serait nécessaire que la 
question fût reprise de près par un archéologue compétent. 

1. Voir, par exemple, les réflexions qu'il fait au sujet des deux trous 
signalés ci-dessus, p. 234, n. 2. 



CATALOGUE DES ACTES 

DE 

FOULQUE NERRA, GEOFFROI MARTEL, 
GEOFFROI LE BARBU ET FOULQUE LE RÉCHIN 



OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES 

Les actes des comtes d'Anjou, de Foulque Nerra à Foulque 
le Réchin, n'obéissent à aucune règle diplomatique spéciale : 
comme ils ont presque tous été rédigés par les bénéficiaires eux- 
mêmes^, c'est la diplomatique de chacune des églises et des 
abbayes du comté qu'il faudrait faire si Ton voulait indiquer les 
principes qui ont présidé à leur composition. Nous nous conten- 
terons donc d'établir rapidement deux points essentiels : 1° quel 
est dans les formules de date le style chronologique communé- 
ment suivi ; 2° quels sont les signes de validation que le comte 
faisait apposer aux actes délivrés en son nom ou confirmés par 
lui. 



I 

Les chartes angevines sont presque toujours datées, au xi^ siècle 
et^au début du xu**, soit d'après le style moderne du 1" janvier, 

1. Outre les preuves données ci-dessus, p. 106, Texamen des actes des 
comtes d'Anjou au point de vue de récriture est d'ordinaire tout à fait 
convaincante : ainsi le n® 168 du Catalogue d'actes est de la même écri- 
ture que phisieurs autres chartes contemporaines écrites à Saint-Florent 
de Saumur. 



238 LE œMTÉ d'anjou 

soit plutôt en comptant Tannée à partir du 25 décembre pré- 
cédent. Seules, à notre connaissance, une charte de Saint- 
Florent de Saumur, du 30 décembre 1092 (datée 1093) \ et 
une note qui paraît tirée d'un obituaire ou d'un martyrologe de 
Saint-Aubin d'Angers ^ attestent le second usage ; mais des 
chartes en nombre suilîsant prouvent qu'on ne suivait d'ordi- 
naire en Anjou ni le style de Pâques, ni celui du 25 mars. 

Ainsi, une charte du monastère de Saint- Aubin d'Angers ^ est 
datée de l'an 1103, 23 mars, lundi saint, indications qui ne con- 
cordent qu'en Tan 1103; une autre'* est datée du 13 février 1087, 
an 5 de Tépiscopat de Geoffroi de Tours : or Geoffroi ayant été 
consacré le 8 mai 1082 •'», le 13 février 1087 tombe bien la cin- 
quième année de son épiscopat^. De même, une charte de l'église 
Saint-Maurice d'Angers" est datée du 17 janvier, an 1000, indic- 
tion 13, an 4 du règne de Robert le Pieux: tous ces éléments 
concordent bien pour l'année 1000. Nous avons déjà cité pour 
l'abbaye de Saint-Florent de Saumur un exemple prouvant l'em- 
ploi du style de la Nativité (25 décembre) ; en voici d'autres con- 
cordants: une charte du 11 mars 1067 ^ est dite donnée l'an 8 
du règne de Philippe I®*" et l'an 12 de l'abbatiat de Sigon, ce qui 
la place entre le 30 octobre 1066 et le 22 mars 1067 et concorde, 
par suite, avec le 11 mars 1067, style moderne. Une charte 
du cartulaire de la Roë ® donnée lors du passage d'Urbain II à 



1. Catalogue, u° 265. 

2. « Vïïï kalcndas januarii. Anni Doniini immutanlur » (Recueil d^ann. 
angev. el vendôm., Introd., p. uv, note). 

3. Catalogue, n^ 297. 

4. Ibid., 11° 250. 

5. Ann. de Vendômey p. 05 du Rec. d\inn. angevines et vendônioises, 

6. Dans toute une série de cliartes do Saint-Aubin Tindiction ne con- 
corde que si l'année a été calculée, de même, à dater du 25 décembre ou 
du 1" janvier : voir les non 30, 84, 108, 424, 425, 661, 669 du Carlul, de 
Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon. 

7. Catalogue, n° 17. 

8. Ibid., n° 182. 
y. Ibid., no 275. 



CATALOGUE d'aCTES 239 

Tours, en 1096, est datée du 12 février 1096. On constate le même 
usage à Tabbaye de la Trinité de Vendôme, dont on sait la 
dépendance à Tégard des comtes d'Anjou : on peut citer, par 
exemple, des actes datés du mardi de carême, 27 février 1056 *, 
du kindi 19 janvier 1069 2, du lundi saint, 6 avril 1069 3, du 
jeudi de carême, 5 mars 1075 '*, du mardi 4 février 1080 '', du 
premier lundi de carême, 2 mars 1080 ^, dont les synchronismes 
ne conviennent que si Tannée y a été comptée à partir du 
25 décembre ou du 1**' janvier. 

Toutefois on constate en Anjou même des dérogations à cet 
usage : ainsi une charte de Saint-Florent de Saumur ' est datée 
du jeudi 21 janvier 1075, alors que la concordance du jeudi et du 
21 janvier ne s'est rencontrée qu'en 1076 ; une charte de Saint- 
Nicolas d* Angers ^ est datée du vendredi 3 février 1099, alors 
que le 3 février n est tombé un vendredi qu'en Tan H 00. 

Enfin il faut remarquer que, sinon dans toute la Touraine, du 
moins à l'abbaye de Marmoutier, l'usage régulier était, semble- 
t-il, ainsi qu'on l'a déjà observé ^, celui du style de Pâques : 
c'est ce que prouve un acte daté du samedi avant les Rameaux, 
3 avril 1063 (1064, n. st.)*^, et un acte daté du dimanche 
14 janvier 1094 (1095, n. st.) i«. . 



1. Carlul. delà Trin, de Vendôme^ éd. Mêlais, n® 108. 

2. Ibid., n° 188. 

3. Ibid.y n» 'ilô ; Catalogue, n« 214. 

4. CartuL Trin, de Vend. y no249. 

5. Ibid.y n» 290. 

6. Ibid., n« 299. 

7. Arch. de Maine-ot-Loire, Saint-Floreni, fonds de la mcnse commune, 
domaine à Saumur, orig. : « Acta sunt haec apud Salmurum anno ab 
incarnatione Domini millcsimo LXX quinto, mense januario, feria quinta, 
die fcstivitatis sancle Agnetis virginis... » (Cf. Giry, Manuel de diploma- 
tique, p. 115, n. 3). 

8. Catalogue, n® 289. 

9. Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. 11, p. 300. 

10. Catalogue, n° 173. 

11. Bertrand de Broussillon, loc.cit., p. 311, n® 74. 



240 LE COMTÉ d' ANJOU 



II 



Jusque vers 1060, il semble que les comtes d'Anjou se soient 
contentés, pour valider les chartes, d'y tracer ou d'y faire tracer 
une croix. En cette année 1060, s'il faut se fier à un texte que 
nous a transmis Chifilet, GeoiFroi Martel aurait, en même temps 
que Tévêque de Poitiers Isembert, fait apposer son sceau à une 
charte délivrée en faveur deTabbayede Tournus ^ Peu à peu cet 
usage se répandit, et avec Foulque le Réchin les chartes scellées 
par le comte d'Anjou deviennent de plus en plus nombreuses 2. 

La seule empreinte de sceau du xi'' siècle qui nous ait été con- 
servée a été décrite récemment et reproduite par M. de Man- 
teyer ^ : ce sceau est d*un type qui persistera jusqu'à la fin du 
xi*' siècle K 

Quant au mode de scellement, ce fut originairement le placage : 

• dans la' charte de Tan 1060 à laquelle nous avons fait allusion '% 

le sceau annoncé était un sceau plaqué ^ ; c'est d'un sceau plaqué 

que nous possédons encore aujourd'hui une empreinte sur un 

1. Catalogue, n° 130 bis, 

2. Nous pouvons citer onze chartes de Foulque le Réchin qui ont été 
certainement scellées : ce sont les n°* 246, 247, 255, 256, 260, 274, 281, 297, 
298, 301, 302 du Catalogue. 

3. G. de Manteyer, Le sceau-^natrice du comte d'Anjou Foulques leJeune^ 
dans les ^féfn. de la Soc. des antiquaires de France, t. LX, 1901, p. 332 et 
suiv. M. de Manteyer a attribué ce sceau à Foulque Nerra, rééditant 
une erreur contre laquelle s'étaient déjà élevés MM. de Fleury {Le siège 
de Maillé et le sceau de Foulques le Réchin, dans le Bulletin monumental^ 
t. XLII, 1876), Godard-Faultrier (//ipc/i/aire du Af usée Saint- Jean d'Angers y 
n® 219) et Célostin Port {Dictionn. de Maine-et-Loire, t. II, p. 193, col. 2.) : 
par là s'est trouvé faussé tout ce que M. de Manteyer a dit de la sigillo- 
graphie angevine au xi* siècle. 

4. On en constate l'emploi en 1090, 1095 et, semble-t-il, en 1103 (Cata- 
logue, nO'»256, 274, 298). 

5. Catalogue, n<» 13Q bis. 

6. Geoffroi Martel y dit, en effet : « praesontem chartam impressione 
sigilli nostri solemniter roboravi. » 



CATALOGUE d' ACTES 241 

acte des années 1068-1084 ^ ; c'étaient, de même, des sceaux 
plaqués qu^on pouvait voir autrefois à des actes des années 1083, 
4095, 10962 et peut-être aussi du 31 janvier 1090 3. 

Il semble néanmoins que peu à peu un nouveau mode de 
scellement se soit introduit, sans toutefois que l'habitude du 
placage ait disparu brusquement ^ : un acte de l'an 1091 aurait été 
déjà, s'il faut en croire un vidimus de Tan 1560, « scellé en queue 
simple de cire jaulne w^ ; une charte de l'an 1103 ^ porte encore 
aujourd'hui des restes de lacs de soie. Ces lacs de soie ne paraissent 
pas suspects. Par contre, nous ne croyons pas qu'on puisse 
tenir pour une trace authentique d'un sceau pendant de Foulque 
le Réchin une double queue de parchemin qu'on voit au bas 
d'une charte délivrée par ce comte en l'an 1070 "^ et qui est rete- 
nue à l'acte par deux incisions parallèles, mais sans aucun repli. 

A plus forte raison, doit-on rejeter, comme des additions, de 
prétendus sceaux pendants de Foulque Nerra, Geoffroi Martel et 
Geoffroi le Barbu. Ce dernier doit tout de suite être mis hors de 
cause : le seul de ses actes soi-disant scellé d'un sceau pendant ^ 
est un faux du xiv® siècle. 

De Geoffroi Martel, on a cité deux actes scellés de sceaux 
pendants et — première particularité à noter — ils concernent l'un 
et l'autre l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Le premier est de 
1040; un vidimus de Tan 1520 le dit scellé d'un sceau de cire 
blanche appendu sur « laz de cuyr blanc )> ^. Le second est de 
1050 ; l'original en a été vu par Gaignières, qui le dit « soellé 

1. Catalogue, 11° 246. 

2. Ibid., no« 247, 274, 281. 

3. Ibid., n° 2o5. 

4. On trouve des sceaux plaqués des comtes d'Anjou encore en plein 
xii'î siècle : Arch. de Maine-et-Loire, H 1214, n» 2 (sceau de Tan 1117, 
aujourd'hui disparu). 

5. Catalogue^ n° 260. 

6. Ibid., n« 297. 

7. Ibid,, n« 2ir». 

8. Catalogue. Actes faux, n° 7. 

9. Catalogue, n° 6.*i bis. 

Halphbn. — Ls comté d'Anjou. 16 



242 LE COMTÉ D* ANJOU 

en cire blanche sur las de soye violette » et donne un dessin du 
sceau *. Ni dans Tune ni dans l'autre de ces deux pièces, le sceau 
n'était annoncé. En outre, la première est un faux qui ne résiste 
pas à r examen ; la seconde est plus que suspecte et, en tout cas, 
il est à peu près certain que le sceau vu par Gaignières était un 
sceau de Geoffroi le Bel 2. 

Enfin pour Foulque Nerra, on ne peut citer qu'un sceau, 
appendu par des lacs de soie à une charte authentique, semble- 
t-il, de ce comte pour Fabbaye de Saint- Aubin d'Angers ^. Mais 
les caractères mêmes de ce sceau, non annoncé d'ailleurs dans 
l'acte, trahissent, semble-t-il, le xn® siècle : c'est là, croyons- 
nous, une addition bien postérieure à la rédaction de la charte 
et peut-être doit-qn supposer que nous avons affaire à un sceau 
apposé après coup en guise de confirmation par un des succes- 
seurs de Foulque Nerra ^. 

i. Catalogue j n® 96. 

2. Comparer le dessin de Gaignières, reproduit par M. Tabbé Métais, 
Cariai, de la Trin. de Vendôme, t. I, p. 174, au sceau de Geoffroi le Bel 
reproduit par MM. Bertrand de Broussillon et P. de Farcy, Sigillographie 
des seigneurs de Laval (Paris, 1888, in-8°), p. 10. 

3. Catalogue, n° 39. 

4. On n'a pas, croyons-nous, signalé jusqu'ici de confirmations de ce 
genre : d'habitude, Tapposition du sceau est annoncée par une formule; mais 
rien n'empêche de supposer qu'on ait agi avec le sceau comme avec les 
croix et les simples souscriptions (Cf. Giry, Manuel de diplomatique 
p. 741). Ceci permettrait d'expliquer sans doute bien des cas embarrassants. 



ABREVIATIONS 



Hist. de Fr , Recueil des histor. des Gauleset de la France. 

Carlul. blésois de Mannoutier. Marmouiier. Cartulaire blésois^ publié par 

l'abbé Mêlais. 

CarluL danois de Marmouiier, Cartulaire de Marmouiier pour le Dunois 

publié par Ma bille. 

CarluLvendôm, de Marmouiier. Carlulaire de Marmouiier pour le Vendô- 

mois, publié par A. de Trémault. 

Carlul. du Ronceray Carlulaire de V abbaye du Ronceray d'An- 
gers, publié par Marchegay. 

Carlul. de Saint-Aubin Cartulaire de V abbaye de Saint- Aubin d^ An- 
gers, publié par Bertrand de Broussillon. 

Carlul. de Sainl-Laud Carlulaire du chapitre de Saint-Laud d'An- 
gers, publié par A. Planchenault. 

Carlul. de Saint-Maur Carlulaire de Saint-Maur-sur-Loire, publié 

dans Marchegay, Archives d'Anjou, t. !«', 
p. 353-412. 

Breviculum S. Nicolai Laurent Lepeletier, Breviculum fundatio- 

nis et séries abbatum Sancti Nicolai 
Andegavensis. 

Epitome S. Nicolai »....•• Laurent Lepeletier, De rerum scitu dignis- 

^ simarum a prima fundatione monaste- 

rii Sancti Nicolai Andegavensis ad hune 
usque diem epitome necnon et ejusdem 
monasterii abbatum séries. 

Carlul, Trin. de Vend Cartulaire de V abbaye de la Trinité de 

Vendôme, publié par Tabbé Métais. 

Livre noir de Saint-Florent Livre noir de Saint-Florent de Saumur, 

Biblioth. de sir Phillipps à Cheltenham, 
ms. 70. 

Livre d'argent de Saint-Florent. Livre d'argent de Saint-Florent de Saumur, 

ms. des Archives de Maine-et-Loire. 

Livre blanc de Saint-Florent. . . Livre blanc de Saint-Florent de Saumur, 

ibid. 

Livre rouge de Saint-Florent. . Livre rouge de Saint-Florent de Saumur, 

ibid. 

Coll. dom Housseau ,,... Collection d'Anjou et de Touraine, mss. 

de la Bibliothèque nationale. 

Tous les manuscrits et toutes les collections manuscrites (Coll.) men- 
tionnés sans indication de provenance sont conservés à la Bibliothèque 
nationale. 



CATALOGUE 



1. — 974, 6 mars. Angers. 

Adèle, comtesse d*Anjou, donne au monastère de Saint-Aubin 
d'Angers les domaines d^Hondainville, de TIle-du-Mont et de la 
Pèlerine. Le comte Geoffroi (Grisegonelle) et ses deux fils 
Foulque (Nerra) et Geoffroi souscrivent. 

Car tu L de Sainl-Aubin, ii° 3. 

2. — 975. 

Hugue Capet restitue le monastère de Saint-Jean d'Orléans à 
l'église d'Orléans. Foulque (Nerra) souscrit. 

IIisi,deFr.,i, IX, p. 733. 

3. — 978, janvier. Bessé. 

Donation au monastère de Saint-Julien de Tours par le comte 
d'Anjou Geoffroi (Grisegonelle) d'une aunaie et d'un moulin 
situés dans la paroisse de Saint- Pierre de Cersolis, proche la 
Choisille. Foulque (Nerra) souscrit. 

Grandmaison, Chartes du -Y* siècle provenant de Saint-Julien de Tours, 
dans la BibL de l'École des Chartes, t. XLVII, 1885, p. 328, n« 26. 

4. _ 978-1" mai 985. 

Geoffroi (Grisegonelle), comte d'Anjou, en vertu de l'autori- 
sation que lui avait accordée le roi Lothaire, construit l'église 
Notre-Dame de Loches. Ses deux fils Foulque (Nerra) et Maurice 
souscrivent. 

Copie du xviii» s. « ex antiqiiis mss. », dans la Coll.'dom Ilousseau, 
vol. 1, n° 186 ; copie du xvii» s., par A. Du Chesne, probablement d'après la 
même source, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 69. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia 
christiana, t. I, p. 753, probablement d'après la même source; Carré de 



CATALOGUE d' ACTES 245 

BusseroUe, Diciionn. cT Indre-et-Loire^ t. IV, p. 86, probablement d'après 
le précédent. 

Postérieur à la naissance de Maurice, fils de Geoffroi Grisegonelle, laquelle est 
de 978 au plus t6t(Mabille, Introd. aux Chron. des comtes d'Anjou, p. lxxi) ; anté- 
rieur à la mort de rarchevèque de Tours Hardouin qui souscrit (Cf. Halphen 
et Lot, Recueil des actes de Lothaire et de Louis V, n*> LUI). 

• 

5. — 985, 20 août. Angers. 

Donation d'une colHberte au monastère de Marmoutier par le 
comte d'Anjou Geoffroi (Grisegonelle) et le comte de Vendôme 
Bouchard. Foulque (Nerra) souscrit. 

Livre des serfs de Marmoutier, éd. Salmon, no 1. 

6, — 988. 

Notice relatant que Gontier, abbé de Saint-Aubin d'Angers, 
partant pour Rome et Jérusalem, a établi comme successeur 
Renaud, du consentement de Foulque (Nerra), qui souscrit. 

CartuL de Saint- Aubin, n^ 23. 

7. — 989, octobre. Angers 

Foulque (Nerra), à la prière du moine Thibaud, son parent, 
pour le salut de l'âme de son père Geoffroi, de sa mère Adèle, 
de son épouse Elisabeth et celui de son âme propre, et pour obte- 
nir de Dieu des fils capables de lui succéder, donne au monas- 
tère de Marmoutier son droit de pêche à Bessé pour tous les 
poissons, sauf les brochets. 

Gallia christiana, t. XIV, Instrumenta, col. 62, d'après le ms. la t. 5441, 
p. 391 (copie du xviii* s. de Torig.) ; Marchegay, Archives d'Anjou, t. Il, 
p. 60, d'après le ms. lat. 12878, fol. 49 (copie du xvii* s. de Torig.). 

8. — 993, mars. 

Foulque (Nerra), pour expier les massacres de la bataille de 
Conquereuil, exempte de tout droit de réquisition le cloître de 



246 LE COMTÉ d'aNJOU 

Notre-Dame et Saint-Maurille, appartenant à Saint-Maurice 
d'Angers. 

Copie du XVIII* s., d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers^ 
fol. 20, n® 27, Coll. dom Housseau, vol. Il*, n® 333 ; copie du xvii* s., par 
A. Du Chesne, d'après « un registre de papiers », Coll. Baluze, vol. 39, 
fol. 57 v«. 

Les copies donnent la date de 1003, an 7 du rèjcne des rois Hu^e et Robert : 
M. Lot, Hugues Capet^ p. 168, n. 6, a montré qu'il fallait corriger 1003 en 993. 

9. — 993 env. 

Aimeri, « comte de Nantes », exempte un bateau du monas- 
tère de Bourgueil des droits qu'il percevait sur la Loire. Il fait 
souscrire Tacte par son suzerain Foulque (Nerra). 

Copie du xviii" s. d'après Torig., ms. lat. 17127, p. 156; copie du xviii® s. 
d'après le Cartul. de Bourgueil, fol. 32 v*». Coll. dom Housseau, vol. II*, 
n*> 323, et partiellement par A. Du Chesne, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 171 
V*. — Éd. : Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à Vhist. de 
Bretagne, t. I, col. 352, d'après le cartulaire. 

Pour la date^ cf. M erlet. Chronique de Nantes, p. 133, n. 1. 

40. — 996. 

Notice racontant comment Foulque (Nerra), ayant pénétré à 
main armée dans le cloître de Saint-Martin de Tours et fait 
détruire la maison d'un des chanoines, vint faire pénitence en 
l 'église Saint-Martin . 

Pièce justificative n° 3. 

Pour la date, voir ci-dessus, p. 30, note. 

jl._987-9Ô6. 

Aimeri et son frère, le clerc Renoul, donnent au monastère 
de Saint-Cyprien de Poitiers des serfs et des terres à Mazaud, 
près Loudun, et à Bribcham, Le comte Foulque (Nerra) souscrit. 

Cartul. de Saint-Cyprien de Poitiers, éd. Rédet, dans les Arch. histo- 
riques du Poitou, t. m, p. 80. 



CATALOGUE d' ACTES . 247 

12. — 999, 12 août. Baugé 

Renaud donne au monastère de Bourgueil le domaine et. 
l'église Notre-Dame « de Rabdina », ainsi que le domaine de 
« la Cigogne ». Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig. fragment., Archives dlndrc-et-Loire, Il 24, n° 42 ; copie du xviii* s. 
d'un autre morceau de Torig., alors dans les archives du prieuré de Beau- 
lieu d'Ângouléme, Coll. Moreau, vol. 16, fol. 175 ; copies du xviii* s. 
d'après le CartuL de Bourgueil^ fol. 80-81, Coll. dom Housseau, vol. 1, 
n« 282, et ms. lat. 17127, p. 158. 

13. — 988-3 sept. 999. 

Foulque (Nerra) échange avec les moines de Saint- Aubin 
d'Angers le domaine et Téglise de Bazouges contre le domaine 
d*Hondainville, tout en se réservant la moitié du domaine de 
Bazouges sa vie durant. 

CartuL de Saint-Aubirif n» 677. 

Au temps de Tabbé Renaud, mort avant le 3 sept. 999 (voir n<* 16). 

14. — 996-3 sept. 999. 

Foulque (Nerra) nomme Gérard abbé de Saint- Aubin d'Angers. 

CartuL de Saint-Aubiriy n® 24. 

Antérieur à Ta vènemènt de Hubert (3 sept. 999) et postérieur âla mort de l'abbé 
Renaud, qui- vivait encore en 996 (CartuL de Saint-Aubin^ n* 37). 

15. —996-3 sept. 999. 

Frédéric, à la prière de Tabbé Gérard et du consentement du 
comte Foulque (Nerra), donne au monastère de Saint-Aubin 
d'Angers, sous condition d'un cens annuel de cinq sous, une 
famille de coUiberts, une terre et une pêcherie, qu'il tenait 
dudit comte. Celui-ci souscrit. 

CartuL de Saint-Aubin y n» 395. 
Pour la date, voir n* 14. 



248 LE COMTÉ d'aNJOU 

16. — 999, 3 sept. 

Foulque (Nerra) nomme Hubert abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers. 

Cartul. de Saint-Aubin, n® 25. 

L'acte est daté de Tan 9 du roi Robert, ce qui, pour le mois de septembre 
s*il faut compter rigoureusement, correspond à Tannée 999. 

17. — 1000, 17 janvier. Angers. 

Foulque (Nerra), à la prière de Tévêque d'Angers Renaud, 
fait remise à Saint-Maurice et Saint-Maurille d'Angers de la 
moitié du tonlieu perçu sur le pont de la Maine à Angers et 
renonce aux mauvaises coutumes établies par ses agents depuis 
la mort de Geoffroi (Grisegonelle) sur les terres de ladite église. 

Copie du XVIII* s. d'après le Livre noir de Saint-Maurice .d'Angers, 
fol. 17, ï\9 22, Coll. dom Housseau, vol II*, n° 349 ; copie du xvii" s., par 
A. Du Ghesne, d'après « un registre de papiers », Coll. Baluze, vol. 39, 
fol. 44. 

18. — Oct. 999-oct. 1000. 

Foulque (Nerra) confirme la fondation de la collégiale de 
Graçay. 

Mention dans Raynal, Histoire du \Berry, t. I, p. 424, d'après un cartu- 
laire de Graçay aujourd'hui perdu. 

An 4 du règne du roi Robert, qui souscrit. 

19. — 1001, l^'août. 

Notice relatant un procès entre Gautier, vassal de Foulque 
(Nerra), et le monastère de Bourgueil au sujet des exactions 
commises par ledit Gautier. Foulque (Nerra) souscrit. 

Copie du xviii® s. d'après le Cartul, de Bourgueil, fol. 130 v®, Coll. dom 
Housseau, vol. II*, n<» 326. 



h^^Ml^M-* 



CATALOGUE D* ACTES 249 

20. — 24 oct. 1002-2 sept. 1003. Angers. 

Renaud, évêque d'Angers, à la prière de Hubert, abbé du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers et des moines dudit lieu, 
procède à la dédicace de Téglise Saint-Aubin des Ponts-de-Cé. 
Foulque (Nerra), qui allait partir à Jérusalem, souscrit, ainsi 
que son frère le comte Maurice. 

CartuLde Saint-Aubin^ n** 130. 

L'acte est daté de Tan 7 du roi Robert, an 30 de Tépiscopat de Renaud, an 3 de 
Tabbatiat de Hubert : Tan 7 du roi Robert va du 24 octobre 1002 au 23 octobre 
1003 ; Fan 30 de Tépiscopat de Renaud, successeur immédiat de Néfingue (mort le 
12 sept. 973, suivant VObituaire de Saint-Maurice^ copié dans la Coll. Baluze, 
vol. 39,fol. 32, et les Ann. de Vendôme, p. 58 du Recueil d*ann.angev. et vendôm,), 
va du 12 sept. 1002 au 11 sept. 1003 ; Tan 3 de Hubert, nommé le 3 sept. 999 (ci- 
dessus, n* 16), va du 3 sept. 1002 au 2 sept. 1003. 

% 

21. — 1004, 27 décembre. Monastère de Maillezais. 

Guillaume V, duc d^ Aquitaine, fait don au monastère de Bour- 
gueil de BrétignoUe, Faymoreau et d'une terre sise près de la 
Vendée. Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig. à la Biblioth. de Reims, Collection Tarbé, carton 4, n*>i5. — Éd. : 
Besly, Hist, des comtes de Poictou, p. 353, d'après le cartul. de Bourgueil. 

22. — 24 octobre 996-12 juin 1005. 

L'évêque d'Angers Renaud notifie que, certains biens, qu'il 
avait hérités de son père et donnés à l'église Saint-Maurice 
d'Angers, ayant été revendiqués par Foulque (Nerra) et son 
frère Maurice, sous prétexte qu'ils avaient été cédés à Geoffroi 
(Grisegonelle) comme condition de sa nomination à Tépiscopat, 
il a voué un de ses serfs au jugement de Dieu et que l'épreuve 
a tourné à son avantage. 

Pièce justificative n° 4. 

Antérieur à la mort de Tévéque Renaud (12 juin 1005 : voir ci-dessus^ p. 114), 
ce procès est de 996 au plus tôt, parce que la donation à Saint-Maurice faite par 



250 LE COMTÉ d'aNJOU 

ledit évêque est contemporaine de celle de Saint-Remy-«n-Mauge8 à Saint-Serfçe 
d'Angers (voir charte de Saint-Serge, dans la Coll. dom Housseau, vol II*, n* 582) 
et que cette dernière donation est postérieure à la mort de Hugue Capet (voir le 
diplôme confirmatif du roi Robert dans les Hist. de Fr.^ t. X, p. 583), laquelle eut 
lieu le 24 octobre 996. 

23. — 1003, juillet. La Chartre. 

Renaud, évêque de Paris (et comte de Vendôme), fait remise 
au monastère de Saint-Julien de Tours des coutumes qu'il possé- 
dait à Vaubuan et Beaumont. Foulque (Nerra) souscrit. 

Orig., Arch. d'Indre-et-Loire, H 479, n» 3. — Éd. : Dom Piolin, Hist, de 
Véglise du Mans, t. III, p. 643. 

Acte fort suspect : le comte de Vendôme Bouchard le Vénérable, donné ici 
comme décédé, vivait encore le l" mai 1006, date à laquelle il délivrait aux moines 
de Saint-Maur-des-Fossés un actd dont on a l'original (Tardif, Carton des 
rois, n» 247). 

24. — 999 env.-1005. 

Donation de diverses terres et coutumes au monastère de 
Bourgueil par Guillaume, duc d'Aquitaine. Foulque (Nerra) 
souscrit. 

Copies du xviii® s. : d'après Torig., ms. lat. 17127, p. 133 ; d'après le 
Cartul. de Bourgueil^ Coll. Baluze, vol. 38, fol. 194. 

Au temps d'Islon, évêque de Saintes depuis 999 env., et de Tabbé Joubert, mo** 
en 1005. 

25. - 1006 ou 1007. 

Foulque (Nerra) dote le monastère qu'il vient de fonder à 
Beaulieu, près de Loches. 

Pièce justificative n<> 5. 

Pour la date, voir ci-dessus, p. 85. 

25 bis. — 1006 ou 1007. 

Autre forme de la charte précédente, avec addition de nom- 
breux biens et de nombreuses prérogatives. 



CATALOGUE d' ACTES 2M 

m 

Copies prctendiimcnt faites d'après l'orig. : du xvii^ s., Coll. Baluze, 
vol. 38, fol. 72 ; ms. lat. 42662. fol. 133 ; ms. lat. 17128, p. 117 ; du xviii« s.. 
Coll. dom Housseau, vol II<, n» 337, et vol. XVIII, fol. 479. — Éd. : Sainte- 
Marthe, (rallia chrisliana, t. IV, p. 149; Gallia chrisliana, t. XIV, Instr., 
col. 64, d'après Sainte-Marthe. 

Acte faux, fabriqué à Taide du précédent : voir p. 221-224. 



26. — 21 juillet 987-8 août lOH. 

Foulque (Nerra), à la prière de Robert, abbé du monastère de 
Saint-Florent de Saumur, oblige ses hommes à renoncer à 
toutes les violences et exactions auxquelles ils soumettaient les 
possessions dudit monastère et leur fait promettre de les res- 
pecter à l'avenir, quelles que soient les circonstances. 

Copie contemporaine, Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; 
Livre noir de Saint-Florent^ fol. 26 v°. 

Postérieur â la mort de GeofTroi Gnse(7oneIle,antérieur à celle de Tabbé Robert, 
laquelle est du K août 1011 {Ann, de Saint-Florent^ p. 117 du Recueil d'ann. angev. 
et vendôm.). 

« 

27. — 990-8 août lOH. 

Foulque (Nerra), ouï la plainte de Robert, abbé du monastère 
de Saint-Florent de Saumur, met un terme aux exactions com- 
mises sur un domaine de ce monastère, situé à Saint-Georges- 
Châtelaison, par un de ses vassaux nommé Aubri, qui en était 
l'avoué, l'obligeant à se restreindre aux coutumes que Renaud 
(le Thuringien), précédemment chargé de ladite a vouer le, y 
avait possédées. 

Pièce justificative n° 2. 

En 990, au moment des premières hostilités entre Eudc I*' de Blois et Foulque 
Nerra, Renaud le Thuringien était encore avoué de Saint-Georj^cs-Chàtelaison 
{Pièce justificative n"* 1). La pièce est donc de 990 au plus tôt et, comme la pré- 
cédente, antérieure au 8 août 1011. Le vassal Aubri, dont il est ici question, fut 
plus tard seigneur de Montjean (voir ci-dessous, n** 66). 



252 LE COMTÉ d'aNJOC 

28. — 8 août lOH-8 avril 1013. 

Notice relatant qu'un serf du monastère de Saint-Florent de 
Saumur, nommé Landri, ayant épousé une serve de Foulque 
(Nerra), celui-ci a exigé de Tabbé Aubert le partage des enfants 
issus de cette union et qu'en conséquence quatre enfants ont 
été attribués à chacune des parties, un neuvième restant 
indivis. 

Pièce Justificative n° 6. 

Postérieur à la mort de Tabbé Robert, qui est du 8 août 1011 (voir n<> 26), et anté- 
rieur à celle de l'abbé Aubert, qui est du 8 avril 1013 [Ann. de Saint-Florent, 
p. 117 du Recueit d'ann. angev, et vendôm.). 

29. — 1017, 9 juin. Compiègne. 

Foulque (Nerra)^ présent au couronnement de Hugue, fils de 
Robert le Pieux, souscrit un diplôme de ce dernier en faveur de 
Notre-Dame de Noyon. 

Hi8t. deFr., t. X, p. 599. 

30. — 1020, l^' décembre. 

Foulque (Nerra), Hildegarde, son épouse, et Geoffroi (Martel), 
leur fils^ fondent le monastère de Saint-Nicolas d'Angers et le 
dotent de la terre d'Adésière, acquise de Gui, trésorier de Saint- 
Maurice d'Angers, d'une autre terre sise au delà du Brionneau, 
de douze arpents de prés à Alloyau, sur la Maine, d'une terre 
sise à Villenière et de onze arpents de vignes à Saint-Pierre. 

Copie duxviii« s., Coll. dom Housseau, vol. II*, n» 765, diaprés le Car- 
tulaire de Saint-Nicolas. — Éd. : Breviculum S. Nicolai, p. 7, et Epitome S. 
Nicolai, p. 7, d'après le Cartulaire, 

Date donnée par les annales de la région (p. 59, 106, 118 du Recueil d*ann. 
angev. et vendôm,). 

31. — 14 octobre 1006-13 octobre 1021. 
Foulque (Nerra) autorise Gérard, abbé de Saint-Jouin-de- 



CATALOGUE d'aCTES 253 

Marnes, à construire une église à Vihiers, la dote en lui accor- 
dant les droits de sépulture et toutes les offrandes dudit Yihiers, 
ainsi que le marché qui se tient aux calendes de juin et le pro- 
duit des amendes pendant les trois jours qui précèdent et 
suivent cette date. 

Copies du xviii" s. d*après un vidimus de l'orig. du 2i mai 1521, ms. lat. 
5449, p. 101 ; Biblioth. de Poitiers, Coll. Dom Fonteneau, vol. 13; Coll. 
Morcau, vol. 19, fol. 101. — Éd. : Loizeau de Grandmaison, CartuL de 
Saint-Jouin, dans les Mémoires de la Soc, de statistique des Deux-SèvreSy 
t. XVII, 1854, p. 20, diaprés le ms. lat. 5449. 

Donné au temps où GeofTroi Martel, né le 14 cet. 1006, était encore puer, c'est-à- 
dire, pensons-nous, avant qu'il eût quinze ans. 

32. — 1010-1021. 

Guillaume, duc d'Aquitaine, fonde à Youvant une église qu'il 
donne au monastère Saint-Pierre de Maillezais. Foulque (Nerra) 
souscrit. 

Besly, Uist, des comtes de Poictou, p. 307. 

Postérieur à la fondation de Saint-Pierre de Maillezais, qui est de 1010 {Chron, 
de Saint- Maixent^ p. 387 des Chron. des églises d'Anjou) ; antérieur à la mort de 
révoque de Poitiers Gilbert (qui souscrit), mort en 1021 au plus tard {G&llia; 
christ., t. Il, col. 1162^ 

33. - 25 déc. 1021-24 déc. 1022, 
ou 29 mars 1025-28 mars 1026. Vendôme. 

Foulque (Nerra) alTranchitun serf dépendant du monastère de 
Marmoutier. 

Livre des serfs de Marmoutier^ éd. Salmon, n^ 52. 

Daté de Tan 35 du règne du roi Robert : suivant qu'on compte les années du 
règne à partir du 25 déc. 987, ou qu'on les compte à partir du 29 mars 991, on 
obtient une des deux dates indiquées. Si Ton comptait à partir du 24 oct. 996, on 
obtiendrait la date de 1030-1031, mais l'histoire du Vendômois semble devoir 
faire écarter cette date. 

34. — 24 oct. 1022-23 oct. 1023, puis 1039 (?) 
Foulque (Nerra) donne au monastère de Saint-Nicolas, fondé 



2S4 LE COMTÉ d'aNJOU 

par lui près d'Angers en Tan 1020 et à la tête duquel il a placé 
Tabbé Baudri, des vignes et des plantations au bord du Brion- 
neau, douze arpents de prés à AUoyau, la terre d'Adésière, un 
essart à Villenière, une vigne entre la Maine et le Brionneau, 
d'autres vignes au-delà de la Maine, Texemption du banvin en 
deçà du ruisseau de la Barre, la justice sur les hommes du monas- 
tère, l'exemption du service d'ost, sauf le cas de guerre [bellum)^ 
et l'exemption des réquisitions de chariots, bœufs et ânes. — Au 
moment de partir une dernière fois à Jérusalem (1039 ?), 
Foulque confirme cette donation, en rappelant que peu de temps 
après qu'il l'eut faite, l'abbé Baudri s'enfuit furtivement pour 
regagner son ancien monastère de Marmoutier ; que Tabbé 
Albert envoya à sa place Renaud, qui, à son tour, sans 
attendre sa consécration, s'enfuit auprès de Geoffroi (Martel), 
attiré par la promesse de l'abbatiat de la Trinité de Vendôme ; 
qu'il chassa alors de Saint-Nicolas les moines de Marmoutier 
et demanda pour abbé à Gautier, abbé du monastère de Saint- 
Aubin d'Angers, Audouin, prieur dudit monastère, lequel fut 
ordonné l'an MXXX[V]1II (?), an [V]III (?) du règne de Henri ^^ 

Copie du xvin« s.,Coll.dom Ilousseau, vol. 11^, n°417, d'après le Cartul, 
de Saint-Nicolas, — Ed. : Breviculuni S. Nicolai^ p. 5, et Epitonie S, Nicola.i^ 
p. 5, d'après le Cartul. ; Migne, Patrol. lat.y t. CLV, col. 481, d'après le Bre- 
viculum. 

La donation est datée de Tan 27 du règ^nc de Robert. Dans la seconde partie de 
l'acte, il faut corriger les dates probablement comme nous le faisons, Gautier 
n'ayant été abbé de Saint-Aubin que depuis 1036. 

35. — 4023-1024. 

Foulque (Nerra) renonce à toutes les mauvaises coutumes 
établies sur les biens de Saint-Martin de Tours, depuis la mort 
de son grand-père Foulque (le Bon), à Parce, Précigné, Noyant^ 
Genneteil, Chenu, Saint-Épain, Ligueil, Gourçay et Monnaie, 
sans en excepter les coutumes inféodées à ses vassaux. 

Copies de Torig., du xvii<^ s., dans la Coll. Baluze, vol. 76, fol, 256 ; du 
xviii« s., dans la Coll. dom Rousseau, vol. II ^ n» 358, et \t)l. XIIP, no8723. 



CATALOGUE d' ACTES 2S5 

Souscrit par le trésorier Sulpice (1023-1031) et le doyen Uljçer (1007-1024). Pour 
ces dûtes, cf. Mabille, Pancarte noire^ de Saint-M&rtin de ToarSj p. 32. — Dans 
la première copie de la Coll. dom Housseau, cette note : « Cet authographc est 
souscrit au lieu de signature, d'une croix tracée, à ce qu'il paroit, fort pesament 
au pinceau de la main mal assurée de Foulques luy même, et je la croirois de sou 
sang, si l'écriture de toute la pièce n'avoit un peu jauni ; la matière dont la croix 
est formée paroit d'un jaune beaucoup plus rougeatre. » 

36. — Début de 1025. 

Foulque (Nerra) écrit au roi Robert, au nom de son suzerain 
Guillaume d'Aquitaine, au sujet des négociations engagées par 
ce dernier avec les princes italiens. 

Ilist. lie Fr,, t. X, p. :iOO. 

Pour la date, cf. Pfister, Robert le Pieux, p. 376. 

37. — 1026. 

Foulque (Nerra) autorise son vassal Sebrand à donner au 
monastère de Saint-Florent de Saumur Téglise Saint-Hilaire de 
Montilliers et renonce à tous les droits qu'il possédait sur cette 
église. 

Copie de Tan 1644 d'après Torig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint- 
Florent, Montilliers, vol. 1 ; Livre noir de Saint-Florent, fol. 76. — Éd. : 
Marchegay, BibL de VÉcole des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 384, d'après 
la copie de Tan 1644. 

Date donnée par la notice relatant la donation de Sebrand (Marchc(^ay, ibid., 
p. 385). 

38. — 14 oct. 1006-1027. 

Donation au monastère de Saint-Aubin d^Angers par Girois, 
Gis de Josselin de Rennes, de Téglise de Chartrené avec deux 
manses de terres, la voirie et toutes les coutumes. Foulque 
(Nerra) et son fils Geoffroi souscrivent. 

4 

Cartul. de Saint-Aubin, n° 241. 

Postérieur à la naissance de GcofTroi Martel, laquelle eut lieu le 14 oct. 1006 
(voir ci-dessus, p. 10), et antérieur à ravénemeut de l'abbé Primaud (1027 : voir 
n** 40), Tabbé Hubert étant nommé dans lacté. 



256 LE COMTÉ d'aNJOU 

39. — 1014-1027. 

Foulque (Nerra), à la prière de Hubert, abbé du monastère de 
Saint-Aubin d'Angers, renonce en faveur dudit monastère à 
toutes les coutumes qu41 possédait sur la moitié du domaine de 
Chirriacus (Saint-Remy-la-Varenne) et sur les terres de Sauge, 
Sauvigné et des AUeuds, réserve faite du service d'ost, et sur la 
terre de Champigné, sauf la moitié des droits sur Thomicide, le 
vol et rincendie. 

Orig. scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, H 170. Sceau rond 
de cire brune, très mutilé, représentant un cavalier, la lance en arrêt, 
tourné à droite ; légende fruste. — Éd. : Car lui. de Saint-Aubin, n° 4. 

Postérieur au partage du domaine de Chirriacus entre Saint- Aubin et Saint- 
Lézin, partage qui eut lieu en 1014 {Cartul. de Saint-Aubin, n" 197) ; antérieur à 
Tavènement de Tabbé Primaud, qui succéda à Hubert en 1027 (ci-dessous, n« 40). 
Sur le sceau appendu à Torig., voir ci-dessus, p. 242. 

39 bis. — 1014-1027. 

Même acte, sauf mention de la totalité du domaine de Chirria- 
cus (au lieu de la moitié] et addition, parmi les terres dont 
Foulque abandonne les coutumes, des Ponts-de-Gé, de la Forêt 
et de Vaux. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
n 170. — Éd. : Cartul, de Saint-Aubin, n^ 4 bis. 

Faux du XII* siècle. 

40. — 1027. 

Foulque (Nerra) nomme Primaud abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers. 

Cartul, de Saint-Aubin, n® 26. 

Pour la date, voir les Ann. de Sam^AuJbin, p. 3 du Recueil d'ann, angev. et 
vendômoises. 



CATALOGUE D*ACTES 257 

41. — 1028, avant le 10 avril. Paris. 

Le roi Robert confirme la fondation du monastère de Cou- 
lombs en Beauce. Foulque (Nerra) souscrit. 

UisL de Fr., t. X, p. 617. 

Pour la date, voir Ffister, Robert le Pieux, Catalogue^ n<> 83. 

42. — 13 juin 1006-13 juillet 1028. 

Gui, trésorier de Saint-Maurice d'Angers, donne aux moines 
de Saint -Aubin d'Angers l'église et le domaine de Saint-]y[ar- 
tin de Vertou pour y fonder un prieuré. Foulque (Nerra) sous- 
crit, ainsi que l'évêque Hubert. 

Acte perdu, mentionné dans le CartuL de Sainl-Aubin, n° 460. 

Postérieur à la consécration de l'évoque Hubert (13 juin 1006 : voir ci-dessus, 
p. 115), antérieur au 14 juillet 1028, parcequ'au n** 44 le trésorier de Saint-Mau- 
rice est Bouchard, et non plus Gui. 

43. — 13 juin 1006-13 juillet 1028. 

Foulque (Nerra) confirme (en faveur des moines nouvellement 
installés à Saint-Martin du Lion-d'Angers ?) l'abandon fait 
antérieurement aux chanoines dudit lieu de toutes les coutumes 
qu'il possédait sur cinq manses. 

Acte perdu, mentionné dans le Car lui. de Saint- Aubin, n'* 161. 
Acte sensiblement contemporain du précédent. 

44. ~ 1028, 14 juillet. 

Foulque (Nerra), Hildegarde, son épouse, et Geoffroi, leur fils, 
dotent le monastère qu'ils ont fondé à Notre-Dame-de-la-Gha- 
rité, près d'Angers (le Ronceray), le jour même où Tévêque 
Hubert procédait à la dédicace de la nouvelle église. 

Cartul, du Ronceray, n° 1. 
Halphen. — Le comté d'Anjou, 17 



238 LE COMTÉ DANJOU 

43. — 1028, peu après le 14 juillet. 

Les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité notifient qu'elles 
ont élu pour abbesse Leuburgis^ du consentement de Foulque 
(Nerra), d'Hildegarde, son épouse, et de Geoffroi, leur fils, qui 
souscrivent. 

//)«/., n» 15. 

46. — 14 juillet 1028-20 juillet 1029. 

Foulque (Nerra) confirme les donations faites par lui jusqu'à 
ce jour à Notre-Dame-de-la-Charité. 

Ibid,, no 2. 

Postérieur au n" 44 ; anlérieur au n° 47, parce qu'il n'y est pas question de 
Seiches. 

< 

47. - 21 juUlet 1028-20 juillet 1029. 

Foulque (Nerra) donne l'église de Seiches à Notre-Dame-de 
la-Charité. 

Ibid., n° 426. 

Celte donation eut lieu dans la quarante-deuxième année du principal de 
Foulque, suivant le n* 197 du CsltIuI. de Saint- Aubin. 

48. — Avant le 20 juillet 1029. 

Notice relatant que Foulque (Nerra) et la comtesse Hildegarde 
ont restauré Téglise Saint-Martin d'Angers, y ont installé treize 
chanoines et enfin que la comtesse s'est employée à doter la collé- 
giale et a concédé une prébende à Lambert, fils de Renaud de 
la Barre, à la condition qu'il léguerait ses biens à la maison. 

Copies du xviii* s., d'après une« copie ancienne », Coll. dom Housseau, 

vol. IV, n» 407 et partiellement, vol. XIIP, n^ 8553. — Éd. : Chopin, 
Police sacrée, éd. de 1621, III, p. 350. 

Contemporain ou de peu anlérieur à la donation de certaines redevances du 
domaine de Saini-Rcmy-la-Varcnnc, faile à Saint-Martin d'Angers (restauré anté- 



CATALOGUE D^AaES 259 

rieuremenlf par conséquent) par Foulque Ncrra Tan 12 de son principal, suivant 
le n* 197 du Cariul. de Saint- Aubin. 



49. —1019-20 juillet 1031. 

Notice relatant Térection en collégiale, par Aubri, seigneur de 
Montjean, de Téglise Notre-Dame et Saint-Léger de Loudun, du 
consentement de Foulque (Nerra), qui souscrit. 

Chirographc orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, 
prieuré de N.-D. de Veniers. — Éd. : Marchegay, Charles poitevines de 
Saint-Florent, dans les Arch. histor, du Poitou, t. II, 4873, n« 7. 

Au temps de Tévêque de Poitiers Isembert (depuis 1019) et du roi Robert 
(mort le 20 juillet 1031). 

50. — 1027.décembre 1036. 

Notice de la remise faite par Aubri au monastère de Saint- 
Aubin d'Angers de douze deniers de cens. Foulque (Nerra) et 
son fils Geoffroi (Martel) souscrivent. 

Cartul, de Saint-Aubin, n^ 35. 

Au temps de Tabbé Primaud, nommé en 1027 (voir n** 40) et remplacé en 
décembre 1036 par Gautier {Ann. de Saint- Aubin, p. 4 du Recueil d'ann, angev. 
et vendôm., et n«27 du Cartul. de Saint-Aubin). 

51. — 1 027.décembre 1036. 

Notice relatai\t, à propos d'un procès entre Saint-Aubin 
d*Angers et les fils de Sicher de Marigné, comment une rixe 
ayant autrefois éclaté entre des hommes du monastère et des 
hommes de Foulque (Nerra) et cinq de ces derniers ayant péri 
dans la lutte, Foulque avait exigé de Tabbé Primaud qu'il accor- 
dât la jouissance viagère d une terre (sise à Saint-Remy-la- 
Varenne) à Etienne le Sot. 

Car tu t. de Saint-Aubin, n° 186. 

Au temps de labbé Primaud. Cf. n** 50. 



260 LE COMTÉ d' ANJOU 

52. — 1023-13 novembre 1037. Veuves. 

Notice. Foulque (Nerra), à la demande du comte de Blois 
Eude, à une entrevue qu'il a avec lui à Veuves, déboute larche- 
vêque de Tours Arnoul des réclamations qu'il avait élevées sur 
les dîmes du bois de Blémars. 

CartuL blésois de Marmoutiery n^ 89. 

Au temps de Tarchevéque Arnoul (1023-1052) et du comte Eude, mort le 15 nov. 
1037 (Lex, Eudes de Blois, p. 238). 

53. — 1037 (?). Angers. 

Notice. Renaud Ivon, châtelain de Château-Gontier, reçoit du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers un quart du domaine de 
Bazouges, à charge d'hommage et de protection. Foulque (Nerra) 
et son fils Geoffroi « Martel » souscrivent. 

Car lui. de Saint-Aubin^ n° 1. 

Acte suspect dans sa forme actuelle : la date de 1037 est impossible, car on 
trouve parmi les témoins Tcvèque du Mans Avesgaud, mort le 27 oct. 1036 hors 
de son diocèse (Dom Piolin, Hisi. de Véglisedu Mans, t. III, p. 118), et Josselin 
de Rennes, mort avant 1028 (voir ci-dessus, p. 163, n. 2) ; d'autre part, en 1037, 
Foulque Nerra était en guerre contre son fils. 

54. -13 juin 1006-1039. 

Notice relatant comment deux coUiberts de Saint-Maurice 
d'Angers, possesseurs de la maison qui servait de buanderie à 
Tévêque Hubert, l'ayant vendue avec Tassentiment de ce dernier, 
des officiers du comte Foulque crurent que cette vente suppri- 
mait les droits de Tévêque et, bien que cette buanderie fût libé- 
rée de toute coutume, y pénétrèrent et, éparpillant les vêtements 
du prélat destinés à la lessive, enlevèrent le panier qui les con- 
tenait, le requérant pour le service de paneterie du comte à l'oc- 
casion de Pâques, comment enfin, sur la plainte de Tévéque, le 



CATALOGUE d'aCTES 261 

comte fit flageller le meneur, un nommé Michel, et le força à 
rapporter lui-même le panier à l'endroit d où il l'avait enlevé. 

Copies du xvii« s. d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, 
fol. 54, n» 80, Biblioth. d'Angers, ms. 706 (ancien 636), p. 7, et ms. 673, 
fol. 21. — Éd. : Marchegay, Bibl. de r École des Chartes, t. XXXVI, 1875, 
p. 387, d'après une des copies précédentes. 

Au temps de l'évêque Hubert, consacre le 13 juin 1006 (ci-dessus, p. 115) ; 
avant le dernier départ de Foulque pour Jérusalem en 1039, puisqu'il ne revint 
plus ensuite en Anjou (ci-dessus, p. 60, n. 4). 

55. — 1026-1039. 

Notice relatant comment l'avouerie des domaines du monas- 
tère de Saint-Aubin d'Angers à Champigny-le-Sec, enlevée à 
Renard par Foulque (Nerra) après la prise de Saumur et donnée 
par lui à Gautier Tison, fut abandonnée par ce dernier au monas- 
tère du consentement dudit Foulque (Nerra). 

Car tut. de Saint-Aubin, n*» 236. 

Postérieur à la prise de Saumur (ci-dessus, p. 41) ; en 1039 au plus tard (voir 
n» 54). 

56. — 1026-1039. 

Gilles, cellérier du monastère de Saint-Florent de Saumur, 
ayant été trouver Foulque (Nerra) et son fils Geoffroi pour récla- 
mer contre des coutumes illégalement établies sur le bourg 
dudit monastère par certains de leurs hommes, ceux-ci lui font 
rendre justice. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 140. 
Même date qu'au n" 55. 

57. — 1026-1039. Saumur. 

Notice relatant que l'abbé de Saint-Florent de Saumur Frédé- 
ric s'étant plaint à Foulque (Nerra) des revendications exercées 
par Aimeri de Saunay sur une sei've du monastère nommée 



262 LE œMTÉ D*ANJOC 

Ermengarde, le comte a ordonné le duel judiciaire, mais quWi- 
meri, n^osant s*y soumettre, a déclaré se désister. 

Livre noir de Saint-Florenly fol. i28-i29. 
Même date qu*au n* 55. 

58. — 14 juiUet 1028-1039. 

Foulque (Nerra), d*accord avec Hildegarde, son épouse, et 
Geofifroi, son fils, donne à Notre-Dame-de-la Charité, près d'An- 
gers, les pêcheries et moulins du pont de pierre qu'il vient d'éta- 
blir sur la Maine à Angers, réserve faite de larche donnée à 
Saint-Martin d'Angers. 

CarluL du Ronceray, n» 4. 

Postérieur au n* 44 ; en 1039, au plus tard, comme pour le n* 55. 

59. —14 juiUet 1028-1039. 

Notice du don fait par Foulque (Nerra) et Hildegarde, son 
épouse, à Notre-Dame-de-la-Charité, près d'Angers, du droit de 
s^approvisionner de bois vif dans le bois de Chacé, moyennant 
deux miches de pain et une mesure de vin à donner chaque 
semaine au forestier du lieu. 

Ibid., no 7. 

Même date qu'au n* 58. 

60. — 14 juillet 1028-1039. 

Foulque (Nerra) donne aux religieuses de Notre-Dame-de-la- 
Charité la terre d'Org^né. 

Ibid., n» 229. 

Même date qu'au n« 58. 

61. — 14 juillet 1028-1039. 

Notice. Foulque (Nerra) et la comtesse Hildegarde font remise 



CATALOGUE d'aCTES 263 

à l*aumônerie de Notre-Dame-de-la-Charité des coutumes aux- 
quelles ils avaient droit sur les terres de ladite aumônerie sises 
aux environs d'Angers. 

Ibid., no 19. 

Même date qu'au n* 58. 

62. — 14 juillet 1028-1039. 

Notice du don fait par les mêmes à ladite aumônerie, pour 
servir à la nourriture des pauvres, de jardins situés près de la 
Maine, en deçà de Téglise Saint-Nicolas. 

Ibid., n* 18. 

63. —20 juillet 1031-1039. Cormery. 

Gérard donne au monastère de Cormery la terre de Riva- 
rennes, en présence du roi Henri l^^. Foulque (Nerra) souscrit. 

Cartul. de Cormery, éd. Bourassé, n® 38. 

Postérieur à la mort de Robert le Pieux (20 juillet 1031), antérieur â 1040, 
comme les n"* précédents. 

64. — 15 nov. 1037-1039. 

Notice de la remise faite aux religieuses de Notre-Dame-de-la- 
Charité d'Angers par Foulque (Nerra) et Hildegarde, son épouse, 
de toutes les coutumes qu'ils possédaient à la Cour-de-Pierre. 

Cartul. du Ronceray, n® 171. 

Postérieur à la mort d'Eude II de Blois, laquelle est du 15 nov. 1037 (Lex, 
Eudes de BloUy p. 53), parce que c'est son successeur, Thibaud, qui donna la 
Cour-de-Pierre à Notre-Damc-de-la-Charité {CarluL du Roncerayy n* 170) ; anté- 
rieur à 1040, comme les n"" précédents. 

65. — 1040, 31 mai. Vendôme. 

Le comte Geoffroi (Martel) et son épouse Agnès, ayant fondé le 
monastère de la Trinité de Vendôme, le dotent de nombreuses 



264 LE COMTÉ d' ANJOU 

églises et terres sises dans le Vendômois, le Maine et la Sain- 
tonge. 

Cartul. de la Trin. de Vend., n" 35. 

65 bis. — 1040, 31 mai. Vendôme. 

Même charte avec addition de plusieurs biens et notamment 
de biens sis en Anjou, en Touraine et en Poitou, addition de 
privilèges divers et des souscriptions du roi Henri l^^ et des papes 
Benoît IX et Clément II. 

Ibid., n® 36. 

Charte fausse, autrefois scellée « sur lacs de cuyr » : voir Le Moyen Age, t. XIV', 
1901, p. 69-112, et t. XVII, 1904, p. 401-411. 

66. — 1040, après le 21 juin. Angers. 

GeofTroi (Martel), dans un plaid réuni à Angers, faisant droit 
aux réclamations de Fabbé de Saint-Florent de Saumur Frédé- 
ric, délimite les droits de l'avoué du monastère à Saint-Geoiçes- 
Châtelaison. 

Copie contemp., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre 
noir de Saint-Florent, fol. 28 v®. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra (21 juin 1040) ; daté de 1040. 

67. — 1043. 

La comtesse Agnès donne à Saint-Florent de Saumur la terre 
de Fosses en Poitou. Ses deux fils, Guillaume, comte de Poitou, 
et GeofTroi souscrivent, ainsi que Geoffroi (Martel), comte d'An- 
jou, son mari. 

Ori^., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre noir de 
Saint-Florent, fol. 41. — Éd. : Marchegay, C/iar/es poitevines de Saint-Fio- 
rent, dans les Arch. histor. du Poitou, t. II, 1873, p. 85, n® 68, d'après 
Torig». 



n-ji 



CATALOGDE d'aCTES 265 

68. — 1044, avant le 21 août. 

Geoffroi (Martel), au moment où il assiège Tours, pour 
réparer les dommages qu'il a fait subir au monastère de Saint- 
Julien de Tours, fait remise audit monastère, de ses droits sur 
la terre de Sablé. 

Copie du XVIII* s. diaprés Torig., ms. la t. 5443, p. 36. 
Antérieur à la bataille de Nouy (voir ci-dessus, p. 48). 

69. — 21 juin 1040-24 août 1044. 

< 

Notice de l'exemption de péages et autres coutumes accor- 
dée par Geoffroi (Martel) aux moines de Marmoutier pour les 
marchandises destinées à leur usage et passant par TAnjou. 

Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 50. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; antérieur à la cession de Tours à Geof- 
froi Martel (24 août 1044 : voir p. 48), cette ville étant dite encore en possession 
de Thibaud de Blois. 

70. — 1042-1044. 

Geoffroi (Martel) consent à la donation de l'église Saint- 
Hilaire-sur-Yerre faite à Marmoutier par Ganelon, trésorier de 
Saint-Martin de Tours. 

Cartul. dun. de Marmoutier, n® 22. 

71. —1045. 

Geoffroi (Martel) confirme toutes les possessions et tous les 

droits du monastère de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers. 
Cartul. du Ronceray, n^ 6. 

72.-1040-1045, 1" octobre. N.-D.-de-la-Charité d'Angers. 

Geoffroi (Martel), sur le conseil de sa mère, Hildegarde, et de 
son épouse, Agnès, confirme les dons faits au monastère de 



266 LE COMTÉ d'aNJOU 

Notre-Dame-de-la-Charité par son père, le comte Foulque, 
récemment décédé, et y ajoute la jouissance de certains droits et 
certaines franchises. 

Ibid., n® 5. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra (21 juin 1040), antérieur à la mort d*Hil- 
deg^arde (!•' avril 1046 : voir p. 11, n. 1). 

73.— 1041-1046, un 20 mars. 

Notice du don fait par Geoffroi (Martel) aux clercs de Tous- 
saint d'Angers, lors de la dédicace de leur église, le 20 mars, de 
toutes les coutumes des domaines d'AstelleniSy Landellis, Eplu- 
cha rd et Béné. 

Copie du xvi« s., d'après rorig., Arch. de Maine-et-Loire, H 128i, n® 4». 
Au bas de Tacte, la croix de GeofTroi Martel. 

Postérieur au 21 juin 1040, date de la mort 'de Foulque Nerra ; antérieur au 
2 mars 1047, date de la mort de Tévèque Hubert (ci-dessus, p. 120), la dédicace de 
réglise de Toussaint ayant été faitc.par lui (voir n** 74). — L*acte fut confirmé 
en 1103 par Foulque le Réchin (voir n° 298). 

74. _ 1041-1046, un 20 mars. 

Le jour où Tévêque d'Angers Hubert procède à la dédicace de 
l'église Toussaint d'Angers, construite par le chantre Gérard, le 
comte GeofTroi fait abandon de tous ses droits sur deux mesures 
[mansurae) de terres et du vinage de sept arpents de vignes. 

Mention du xviii® s., Coll. dom Housseau, vol. 11^, n*» 354, d'après le 
Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 30, n® 43. 

•Pour la date, voir n* 73. 

75. — 21 juin 1040-1««" avril 1046. 

Don fait au monastère de Notre-Damè-de-la-Charité d'Angers 
par Avoie des alleus de Martigné et d'Hussé, en présence de la 
contesse Agnès et de Geoffroi (Martel), qui confirment. 

Carlul, duRonceray, n° 237. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra ; antérieur à la mort de la comtesse 



CATALOGUE d' ACTES 267 

Hildegarde (!•' avril I0i6, : voir ci-dessus, p. 11 n. 1) parce qu'une contestation 
relative à ce don eut lieu encore de son vivant {Cartul, du Ronceray^ n" 238). 



76. — 21 juin 1040-1»^ avril 1046. 

Geofifroi (Martel), d'accord avec sa femme Agnès, sur le conseil 
de sa mère Hildegarde et pour le repos de Tâme de son père, le 
comte Foulque, récemment décédé, confirme les possessions du 
monastère de Saint-Nicolas d'Angers, lui donne le torrent de 
Brionneau et réglemente les droits de justice du monastère. 

Breviculum S, Nicolai, p. 9 ; Epilonie^ p. 9. 

Comme le n* précédent, ce n** et les suivants sont postérieurs à la mort de 
Foulque Nerra (21 juin 1040) et antérieurs à celle d'Hildegardc (l* avril 1046). 

77. — 21 juin 1040-1«'- avril 1046. 

Geoffroi (Martel), d'accord avec sa femme Agnès, sur le con- 
seil de sa mère, la comtesse Hildegarde, et pour le repos de 
Tâme de son père, le comte Foulque, récemment décédé, confirme 
les possessions du monastère de Saint-Nicolas d'Angers et y 
ajoute Tétang de Brionneau et le domaine de la Couture, près 
Pruniers. 

Copie du xviii* s., d'après le Cartul. de Saint-Nicolas ^ Coll. dom Hous- 
seau, vol. II*, n» 445. — Éd. : Epitome S. Nicolai, p. 44. 

78. — 21 juin 1040-1*^' avril 1046. 

Geofifroi (Martel), sur le conseil de sa mère, la comtesse Hilde- 
garde, donne au monastère de Saint-Nicolas d'Angers le torrent 
de Brionneau, le domaine de la Couture, neuf arpents dans les , 
prés d'AUoyau, douze autres à Longa Silva, 

Copie du xviii« s., d après Torig., Arch. de Maine-et-Loire, H 397, n*» 4 ; 
copie du xviii' s., d'après le Cartul. de Saint-Nicolaè, Coll. dom Ilousseau, 
vol.IIîi, no593.— Éd. : Prou, Recueil des actes de Philippe /", n» i57. 

L*acte fut confirmé plus tard par Foulque le Réchin puis par le roi Philippe I*^ 



268 LE COMTÉ d'aNJOU 

79. — 21 juin 1040-1 «*• avril 1046. 

Geoffroi (Martel), par amour pour sa mère Hildegarde et pour 
le repos de Tâme de son père, le comte Foulque, donne au 
monastère de Beaulieu, où ce dernier repose, Téglise Saint-Ours 
et ses dépendances. 

Copies du XVIII* s., Coll. dom Housseau, vol. 11^ n® 475 ; ms. lat. 42662, 
fol. 135. — Éd. : Martène, Thesaur, anecdot.^ t. I, col. 151, d'après Torig. 

80. — 1047. Saintes. 

Geoffroi (Martel) et la comtesse Agnès dotent le monastère 
qu'ils ont fondé à Saintes en Fhonneur de Notre-Dame. Guil- 
laume, comte de Poitou, et son frère Geoffroi souscrivent. 

Grasilier, Cariul. inédits de Saintonge, t. II, n° 1. 

^l._ 1047. 

Notice relatant le don de la moitié de la monnaie de Saintes 
fait par Geoffroi (Martel) au monastère de Notre-Dame de 
Saintes, lors de la dédicace de Téglise. 

//)iV/., n«>77. 

82. — 1047. 

Notice. Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, voulant fonder 
un second monastère en l'honneur de la Sainte Trinité, achètent 
à cet effet un terrain sis sous les murs d'Angers, près de la porte 
de TEvière. 

Cariul, Trin, de Vend,, n« 72. 

83.— 1041-1047, un l"mars. 

Hubert, évéque d'Angers, nomme Bougrin abbé du monas- 
tère de Saint-Serge d'Angers et donne aux moines dudit lieu le 



CATALOGUE d'aCTES 269 

monastère de Saint-Maurille de Chalonnes. Geoffroi (Martel) 
souscrit. 

Orig., Biblioth. d'Angers, ms. 838 (anc. 754), pièce n° 1. — Éd. partielle : 
Mabillon, Ann, ordinis S. Bened.^ IV, 4, n° 73, d'après le /<"■ Carlul. de 
Saint-Serge f fol. 15, noi9. 

Postérieur à la mort de Foulque Nerra (21 juin 10 iO), antérieur au 2 mars 1047, 
date de la mort de Tévèque Hubert (voir p. 120). 

84. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Gervais, évêque du Mans, dispose d'une partie de ses biens en 
faveur des chanoines de son église. Geoffroi (Martel), princeps 
du Maine^ souscrit. 

Charlul. insignis ecclesiae Cenomannensis quod dicitur Liber albus^ 
n^ m ; Acius pontif. Cenorn. in urbe degenliuni, éd. Bussonel Ledru,p. 367. 

L*actc étant souscrit par révcque d'Aujçers Hubert, se place entre la mort de 
Foulque Nerra (21 juin 1040) et celle de Hubert (2 mars 1047 : voir p. 120). 



83. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Renard donne à Marmoutier Téglise Saint-Martin de Daume- 
ray. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Double orig., Arcb. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, Daumeray, 
n»» 1 et 1 Z)i«. 

L'acte étant souscrit par Tévéque Hubert, se date comme le précédent. 



86. —21 juin 1040-2 mars 1047. 

Landri de Beaugency confirme le don de Téglise Saint-Martin 
de Daumeray, fait à Marmoutier par son vassal Renard. Geoffroi 
(Martel) souscrit. 

Double orig., ibid., n®" 2 et 2 bis. 
Pour la date, môme remarque qu'au n* 85. 



270 LE COMTÉ d' ANJOU 

87. — 21 juin 1040-2 mars 1047, 

Notice de la donation faite au monastère de la Trinité de Ven- 
dôme par la comtesse Agnès de la moitié de Téglise de Villerable. 
Geoffroi (Martel) souscrit en même temps qu'Agnès et les fils 
d'Agnès, Guillaume d'Aquitaine et Geoffroi. 

Car lui. Trin, de Vend., n« 69. 

Pour la date, même remarque qu'au n* 85. 

88. — 21 juin 1040-2 mars 1047. 

Notice de l'accord conclu, sur l'intervention de Geoffroi (Mar- 
tel), assisté, entre autres, de Hugue, comte du Maine, et de 
Hubert évéque d'Angers, entre Eon (de Blaison), abbé laïque de 
Saint-Lézin d'Angers, et les chanoines dé ladite église. 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Housseau, vol. IP, n° 594, d'après un ms. 
contenant la vie de saint Lézin, fol. 27. 

Pour la date, même remarque qu'au n» 85. 

89. — 1047, 2-7 mars. Saint-Aubin d'Angers. 

Geoffroi (Martel), d'accord avec Agnès, son épouse, à leur 
retour de Fouille, affranchit son collibert Robert, fils de Froger. 
Guillaume, comte de Poitou, et son frère Geoffroi souscrivent. 

Carful. du Ronceray, n° 35. 

« In transacta ante quadragesima, defuncto Huberto pontifice Andegavcnsi » 
(2 mars 1047). 

90. — l^'^ avril 1046-5 janvier 1049. 

Geoffroi (Martel), pour le repos de l'àtne de ses parents, le 
comte Foulque et la comtesse Hildegarde, de concert avec 
Agnès, son épouse, donne au monastère de Saint-Serge d'An- 
gers une partie de ses droits à Saint-Melaine, Thorigné et 
HuiUé. 

Copies d'après le 4^' CarluL de Sainl-Serge, n® 50 : du xvii» s.. Coll. 



CATALOGUE d'aCTES 271 

Du Chcsnc, vol. 22, fol. 119; du xviii® s., ms. lat. 5446, p. 249, et Coll. dom 
Housseau, vol. 11^, n» 446. — Éd. : Sainte-Marthe, G&llia chrislUna, t. IV, 
p. 823, d'après le cartulaire. 

Postérieur â la mortdela comtesse Hildegarde (1*' avril 1046 : voirp.ll,n. 1), et 
antérieur à celle du chantre Gérard, qui souscrit, et qui mourut avant le 6 jan- 
vier 1049 (voir le n*^ suivant, où il est dit mort). — L'acte fut confirme plus tard 
par Geoffroi le Bel qui y fit apposer son sceau. 



91. — 1049, 6 janvier. Angers. 

Geoffroi (Martel), de concert avec Agnès, son épouse, donne 
au monastère de la Trinité de Vendôme Téglise Toussaint d'An- 
gers, que les chanoines de Saint-Maurice d'Angers lui cèdent 
moyennant la remise d'un certain nombre de coutumes à Doué, 
Epinats, Montfort, Saint-Denis. 

CariuL Trin, de Vend,, n« 92. 

92. — 1049 (?), 22 février. 

Notice. Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, achètent 
d'Effroi le Roux un moulin sis près l'église Saint-Martin. 

Fragments et analyses, Carlul. Trin, de Vend,, n«» 9, 10, 48. 

Les trois n" du Carlul. de la Trin. de Vend, indiqués n'en font qu'un, mais 
une erreur de copiste a fait, dans Tun, remplacer le nom de Tabbé Orri par celui 
de Renaud. L'acte étant donné au temps d*Orri est postérieur à 1045. Certains 
extraits le rapportent à MXXXIII, 2* semaine de carême ; un autre, à MXLII, 
8 des calendes de mars. La concordance de la deuxième semaine de carême et du 
22 février, entre 1045 et 1060, n'eut lieu qu'en 1049 : une faute de lecture aura fait 
prendre MXLVIIII pour MXXXIII i>ar les uns et pour MXLII par un autre. 

93. — 1047-1050 (?). 

Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, confirment les pos- 
sessions et les privilèges du monastère de la Trinité de Vendôme. 
Guillaume, duc d'Aquitaine, souscrit. 

Carlul. Trin, de Vend,, n» 37. 

Sur cet acte et sa date, voir Le Moyen Age, 1904, p. 7-17 et p. 404. 



w_ 

272 LE COMTÉ d'aNJOU 

94. — 1032-1050. 

Jugement déboutant Bouchard des prétentions élevées par lui à 
rencontre de Tabbé de Marmoutier Albert. Geoffroi (Martel) 
souscrit. 

Carlul. vend, de Mar mou fier j n^ 116. 

Avant le rétablissement de Foulque TOison (1050 : voir ci-dessus, p. 66) et au 
temps de Tabbé Albert (1032-1064). 

93. — 1032-1050. Vendôme. 

Notice rapportant comment Bouchard de Carêmes se désista 
de ses prétentions sur un moulin, sis près du Loir à Vendôme, 
donné par son frère Ânsaud aux moines de Marmoutier, mais 
comment ceux-ci, compatissant à sa misère, à la demande du 
comte Geoffroi (Martel), lui abandonnèrent la jouissance via- 
gère de la moitié de ce moulin. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Carlul. vend, de Marmoutier, n° 116. 

Même date que le n* précédent. 

96. — 1050. La Trinité de Vendôme. 

* 

Geoffroi (Martel) déclare avoir fait jurer à son neveu Foulque 
(rOison), quand il lui a «donné » le comté de Vendôme, de res- 
pecter les droits du monastère de la Trinité de Vendôme et de ne 
pas le soustraire à la domination des comtes d'Anjou. 

Ibid., n« 95. 

La charte était autrefois scellée « en cire blanche sur las de soye violette ». 
Sceau reproduit d'après Gaignièresdans le Cariai. Trin.Vend.j ioc.cit, — Acte des 
plus suspect : GeofTroi Martel est censé parler du comté de Vendôme « qu'il 
tenait par droit héréditaire »; or cette assertion est inexacte de tous points, et Ton 
ne voit pas quel intérêt GeotTroi aurait eu à la produire au moment môme où il 
rendait le comté à son neveu (sur ces faits, voir ci-dessus, p. 65). GeofTroi Mar- 
tel est censé parler de son beau-frère Boon en des termes étrangement mépri- 
sants et qui sont singulièrement analogues à ceux qu'a employés le rédacteur de 
la notice n°6 du Cartulaire. GeofTroi Martel est censé dire que le comté de Yen- 



CATALOGUE D ACTES 273 

■ 

dôme avait été donné à Koon et à Adèle, son épouse, par Foulque Nerra, et cela 
sans son consentement, alors qu'il n'y a pas trace, et pour cause, d*une semblable 
donation, alors que Boon n'a jamais. exercé le pouvoir enVendômois, aIoi*8 enfin 
qu'à répoque où Adèle hérita du Vendômois, GeolTroi Martel avait dix ans (voir 
ci-dessus, p. 63). La forme de Tacte est d'ailleurs étrange et, de plus, il aurait été 
scellé d'un sceau pendant qui est exactement du type de ceux de GeolTroi le Bel. 
Pour tous ces raisons, cet acte nous semble n'avoir tout au moins jamais été expé- 
dié sous la forme où il se présente. 

97. _ i050 env. 

La comtesse Agnès, de concert avec ses deux fils, Guillaume 
Aigret, comte de Poitou, et Gui, confirme toutes les dona- 
tions faites antérieurement au monastère de Saint-Jeau-d'An- 
gély et y ajoute la remise de tous les droits qu'elle avait sur 
le bouï^ dudit monastère. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Carlul. de Saint-Jean-d^Angély, éd. Musset, dans les Arch. hislor. de la 
Sainlonge et de VAunis, t. XXX, n° 2i6. 

« Le jour de la dédicace » de Saint-Jean d'Angély, événement de Tan 1050 env., 
suivant la Chron, de Saint-MAÎxeni (Chron. des églises d'Anjou, p. 308). 

98. — 1051, 27 juillet. 

Geoffroi (Martel) fait rendre justice aux moines de Marmou- 
tier par un certain Erard, qui avait, au mépris de leurs droits, 
construit un moulin sur le Cher, à Colombiers. 

Copie du xviii® s., d'après rorig.. Coll. dom Housseau, vol. IP, n® 535 bis, 

« MLI, in die V**> exeunte julio. » — NobiUeau, Cariai, tourangeau de Marmou- 
lier^ p. 27, donne l'analyse d'un acte, soi-disant de juin 1051, et où interviennent 
Hamelin de Langeais et Eude de Blois. Cela semble être le résultat d une confu- 
sion avec l'acte que nous analysons ici. 

99. — 1046-1051, un 18 décembre. Angers. 

Geoffroi (Martel) et la comtesse Agnès, son épouse, donnent 
à l'abbé Orri et aux moines de la Trinité de Vendôme la part de 
tonlieu possédée par la comtesse à Saint-Florent-sur-Loire. 

Carlul. Trin, de Vend., n» 88. 

Postérieur au 30 juin 1046, date à laquelle commença l'abbatiat d'Orri {Recueil 
Halphen. — Le comté d'Anjou. 18 



274 LE COMTÉ d'ainjou 

d'ann. angev. et vendôm.^ p. 65, n. 6) ; antérieur au 15 août 1052^ date à laquelle 
la femme de GeofTroi Martel n'était plus Agnès, mais Grécie (n" 111). 

100. — 1047-26 mars 1051 ou 1052. 

Geoffroi (Martel), comte d'Anjou, et Hugue, comte du Maine, 
confirment le don de Téglise Saint-Pierre-des-Ormes fait au 
monastère de Saint-Au})in d'Angers par un certain Hubert. 

CartuL Saint-Aubin, n» 630. 

L'acte est postérieur au triomphe de GeofTroi Martel et à Temprisonnemcnt de 
révoque Gervais (10-17, au plus tôt : voir p. 71, n. 3) ; antérieur à la mort du comte 
IIuguc(26 mars 1051 ou peut-être 1052 : voir p. 74). La seule copie que nous con- 
naissions de Tacte (copie du xviii* s.) donne à Tabbé de Saint-Aubin le nom de 
Thierri : ce dernier n'ayant élé abbé que depuis 1056, c'est certainement une 
erreur. 

101. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Hugue Mange-Breton, châtelain de Saumur, du consentement 
du comte Geoffroi et de la comtesse Agnès, concède à Tabbé Fré- 
déric et aux moines de Saint-Florent de Saumur ses droits de 
voirie dans le faubourg Saint-Hilaire. Geoffroi (Martel) et Agnès 
souscrivent. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent ; Livre noir de 
Sa in t-Florenly fol . 117. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Foulque Nerra et antë- 
rieursau n" 111, où apparaît, au lieu d'Agnès, divorcée, la nouvelle femme de Geof- 
froi Martel, Grécie. 

102. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Geoffroi (Martel) et Agnès, son épouse, donnent aux moines 
de Notre-Dame de Noyers la moitié de l'eau proche le monas- 
tère et un quartier de terre qu'ils ont acheté à leur vassal Eude 
Brisehaste. 

CartuL de Noyers, éd. Chevalier, n^ 3. 

103. — 21 juin 1040-14 août 1052. 
Guillaume le Jeune, duc d'Aquitaine, du consentement de sa 



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CATALOGUE d' ACTES 275 

mère Agnès et de son frère Geoffroi, donne aux moines de Saint- 
Jean-d'Angély la u villa » de Priaire. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Cartul. de Saint- Jeân-tf Angély ^ éd. Musset, dans les Arch. hislor. de 
Ssiinlonge et Aunis, l. XXX, n® 187. 

104. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Geoffroi (Martel) ratifie les donations faites aux moines de 
Saint-Maur de Glanfeuil par Albert et sa femme Béatrice et par 
Robert et son vassal Stabulus de divers biens sis en Poitou. 
Agnès, femme de Geoffroi, et Guillaume, comte de Poitou, 
souscrivent. ' 

CartuL de Sainl-Maur, n°26. 

L'authenlicité de cette charte n'est pas. dans sa forme actuelle, à l'abri de tout 
soupçon : le style, plusieurs erreurs étranges dans lea souscriptions et quelques 
expressions singulières méritent d'attirer l'attention. 

105. — 21 juin 1040-14 août 1052. 

Don au monastère de Bourgueil de Téglise et du domaine 
de Caziacus sur la Loire par Loon et Rahier. Geoffroi (Martel) 
et la comtesse Agnès souscrivent. 

Copies d'après le CartuL de Bourgueil, fol. 37 : du xvii^' s., dans Coll. 
Baluze, vol. 38, fol. 185 ; du xviii*^ s., dans Coll. dom Housseau, vol. IP, 
n» 549. 

106. — 21 juin 1040-14 aoûtl052. 

Geoffroi (Martel) prend sous sa protection tous les biens don- 
nés à Téglise Saint-Nicolas de Poitiers, tant par Agnès, son 
épouse, que parles comtes de Poitou, fils de ladite Agnès, et spé- 
cialement la terre d'Agressay, sise près des frontières de ses 
états ; à Tavenir, en cas de guerre entre le comte de Poitou et le 
comte d'Anjou, ladite terre sera sous la garde de ce dernier : 
mais ne pouvant personnellement y veiller, Geoffroi (Martel) 
charge Barthélemi, seigneur de Mirebeau, de la défendre. 

CartuL de Saint- Nicolas de Poitiers^ éd. Rédei, dans les Arch, hi»tor. du 
Poitou, 1. 1, p. 32, n» 27. 



276 LE COMTÉ d'a.NJOU 

107. — 1043-14 août 1052. 

Guillaume, duc d'Aquitaine, et son frère Geoffroi confirment 
la donation de la terre de Fosses faite à Saint-Florent de Sau- 
mur par leur mère Agnès, laquelle souscrit l'acte, ainsi que 
Geoffroi (Martel), son époux. 

Charles poitevines de Saint- Florent de Saumur^ éd. Marchegay, dans les 
Arch, histor. du Poitou, t. II, p. 91, n®71. 

Postérieur au n' 67 ; antérieur au n* 111 . — Cf. Richard, Hisi. des comtes de 
Poitou, 1. 1, p. 261, n. 2. 

108. — 30 juin 1046-14 août 1052. 

Notice. La comtesse Agnès achète de Salomon^ fils d'O^rerfii*, 
et donne aux moines de la Trinité de Vendôme un pré contigu 
aux jardins du monastère. Geoffroi (Martel), son mari, témoin. 

CartuL Trin. de Vend., ii° 85. 

Postérieur à Télection de Tabbé Orri, nommé dans Tacte (30 juin 1046 :voir 
Recueil d'ann. angev. et vendôm., p. 65, n. 6^) ; antérieur aun' 111. 

109. —1047-14 août 10S2. 

Notice de rechange conclu entre les moines de la Trinité de 
Vendôme et les religieuses de Notre-Dame de Saintes de Téglise 
de Cheviré contre la terre de Marennes. Geoffroi (Martel) et la 
comtesse Agnès souscrivent. 

CartuL saintongeais de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, dans les Arch. 
histor. de Sainlonge et Aunis, t. XXII, n® 10. — Ibid., n° 11, rcsumé du 
n» 10. 

Postérieur au n* 80 ; antérieur au n" 111. 

110. —Décembre 1048-14 août 1032. 

Geoffroi (Martel) écrit au pape Léon IX pour lui exposer que 
Tévéque Gervais, auquel il s'était décidé à rendre la liberté 



CATALOGUE D*ACTES 277 

s'employant, au mépris de ses engagements, à exciter contre lui 
les Normands et le roi de France, ne saurait être replacé sur le 
siège épiscopal du Mans^ et pour Tinviter, en conséquence, à 
pourvoir à cet évêché vacant. 

Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 212, n° 8. 

Postérieur à Ta vënement de Léon IX ; anlérieur â la paix de GeofTroi Martel 
avec le roi, paix qui était faite le 15 août 1052, comme le prouve le n* suivant. 

m. — 1052, 15 août. Orléans. 

Henri I", roi de France, à la demande de Joubert, Guillaume 
et Ilugolin, fils de Geoffroi de Sainte-Maure, accorde la liberté 
au serf Saucon [Salico). Geoffroi (Martel) et son épouse Grécie, 
témoins. 

Copie contemp., ms. lat, 42677, fol. 479. — Éd. : Hist. de Fr., t. XI, 
p. 590, et Gallia christiana, t. XIV, Instrum.y col. 74, d'après la copie pré- 
cédente. 

H2. —1052, ISaoût. Orléans. 

Geoffroi (Martel) et la comtesse Grécie, son épouse, affran- 
chissent leur serf Saucon. 

Copie contemp., ms. lat. 42677, fol. 479. 

L'acte, non daté, est évidemment donné en même temps qu«le précédent. 

113. — 1053, 26 mars. Angers. 

Geoffroi (Martel), rentré en possession du fief de Craon, donne 
^l^glise Saint-Clément de Craon au monastère de la Trinité de 
Ve'hdôme. La comtesse Grécie souscrit. 

Cartul. Trin. de Vend., n^ 96. 

114.— 1054-30 août 1053. 
Notice. Geoffroi (Martel), qui avait disposé de Téglise Saint- 



278 LE COMTÉ d'aNJOU 

Clément de Craon en faveur de la Trinité de Vendôme, refuse de 
la restituer aux moines de Saint-Aubin d'Angers. 

CarluL de Sainl-Aubin^ n^ 721. 

L'acte est postérieur au concile de Tours de 1054 (voir Schwabe, Studien zar 
Geschischte des zweiten Abendmahlstreits, p. 81) et antérieur à la nomination 
de Bougrin comme évéque, c'est-à-dire au 31 août 1055 (voir ci-dessus, p. 125, 
n. 5). 

113. — 1034-30 août 1033. Marmoutier. 

GeofTroi (Martel), faisant droit aux réclamations que lui 
avaient présentées les moines de Marmoutier lors du concile pré- 
sidé par le légat Hildebrand et conformément aux engagements 
qu'il avait pris envers eux à Saumur, leur restitue le domaine du 
Sentier [Mons Hildulfi), de concert avec son neveu Foulque (TOi- 
son), comte de Vendôme, et en présence de ses deux autres 
neveux, Geoffroi et Foulque. 

Cariul, vend, de Marmoutier, n®417. 

4 

L*acte se date comme le n* 114. — Il fut confirmé en 1059 parle roi Henri I*% 
au siège de Thimert. 

116. — 21 juin 1040-28 sept. 1033. 

Notice racontant comment Tristan Boureau [Torestennus 
Bor relias)^ ayant cédé à Tabbé de Saint-Florent de Saumur Fré- 
déric des vignes sises à Pont-Fouchard, que le comte Geoffroi 
(Martel) lui avait inféodées après en avoir dépouillé les moines 
de Saint-Florent, en échange de vignes sises à Tours, qu'il avait 
revendues aussitôt, fut pris et mis à mort par le comte irrité et 
comment ce dernier, confisquant tous les biens de Tristan, refusa, 
malgré les plaintes de Tabbé, de reconnaître l'échange conclu 
sans son assentiment. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, diocèse de 
Tours,. prieuré des Ulmes ; Livre noir de Saint-Florent, fol. 111. • 

Postérieur à la mort de Foulque Ncrra ; avant celle de Tabbé Frédéric, le 
28 sept. 1055 {Hist. de Saint- Florent, p. 295 des Chron, des églises dAnjoa). 



CATALOGUE d'aCTES 279 

117.-21 juin 1040-29 décembre 1055. 

Notice. Geofifroi (Martel), sur la plainte de Tabbé Gautier, 
ordonne à son prévôt Audouin de retirer de Tlle-du-Mont les 
vaches qu'il y avait envoyé paître au mépris des droits de Saint- 
Aubin d'Angers. 

CarluL de Saint-Aubin^ n° 5. 

L*abbé Gautier mourut le 29 déc. 1055 {Ann. de Saint-Aubin, p. 4 du Recueil 
d'ann, angev. et vendôm.), 

118. — 21 juin 1040-29 décembre 1055. 

Geoffroi (Martel) confirme le don fait au monastère de Saint- 
Aubin d*Angers par Renoul et Guillaume de Sablé du tiers de 
l'église de Brion. 

Ibid., n" 376. 

Au temps de Tabbé Gautier (cf. n* 117). 

119.— 1047-1056. 

Notice. Geoffroi (Martel) dote le monastère de la Trinité, dont 
la construction commençait près delà porte de FEvière, à Angers, 
de trente arpents de prés sis sur les bords de la Maine. 

Cartul. Trin. de Vend. y n* 73. 
Postérieur au 0^*82; antérieur au n* 130. 

120. —1056. 

Geoffroi (Martel), qui, non content d'avoir fondé, d'accord avec 
la comtesse* Agnès, le monastèrede la Trinité de Vendôme, en a 
fondé un autre en l'honneur de la Trinité à Angers, les offre Tun 
et l'autre en alleu au Saint-Siège. 

Cartul, Trin, de Vend., n" 105. 

Il y a 90US le n* 3K du Cartul. Trin, de Vend, une refaçon de cet acte avec la 
fausse date de 1040 : voir Le Moyen Age, 1901, p. 409. 



280 LE COMTÉ d'aNJOU 



121. — 14 janvier 1056-1057. 

Geoffroi (Martel) ratifie l'échange fait entre le monastère de 
Saint-Aubin d*Angers et son père Foulque d'une terre sise à 
Hondainville en Beauvaisis contre le domaine de Bazouges, en 
présence, notamment, de la comtesse Grécie, son épouse, de 
Geoffroi et Foulque, ses neveux, et d'Eon de Bretagne. 

Cartul. Saint-Aubirif n® 677. 

Postérieure rélection deVabbé Thierri, qui paraît dans l'acte (14 janv. 1056 : voir 
Ann. Saint- Aubin, p. 4 du Recueil d'ann. angev. et vend.); antérieur kVempri- 
sonnement d'Éon de Bretagne, qui dura de 1057 A 1062 (La Borderie, Hist. de 
Bretagne^ t. III, p. 16). 



122. —21 juin 1040-1058. La Chapelle-Vendômoise. 

Notice. Geoffroi (Martel), sur la demande que lui en fait le 
comte de Blois Thibaud, à une entrevue qu'il a avec lui à la 
Chapelle-Vendômoise [Capella Blesensis) pour tenter de conclure 
la paix, sans aboutir à autre chose qu'à une trêve, oblige Bou- 
chard de Carêmes à restituer la mainferme de Putellis à Gradul- 
fus y lequel la donne à Marmoutier en présence des deux comtes. 
Ceux-ci souscrivent. 

Cartul. dun, de Marmoutier, n° i02. 

La paix entre les deux comtes était faite en 105K :voirn'' 123. 

123. — 1058, 25-31 décembre. 

Notice. Geoffroi (Martel) abandonne en faveur du monastère 
de la Trinité de Vendôme ses droits sur deux de ses serfs, Geof- 
froi Iloussard et Richard, qui s'étaient mis en rupture de ban à 
la faveur de la guerre qui venait de mettre aux prises le comte 
d'Anjou et le comte de Blois. 

Cartul. Trin. de Vend., n« 122. 

« Anno incarnationis MLVÏII, post natalem Domini. »» 



CATALOGUE d'aCTES 281 



124.— Début de 1059. 

GeoJfroi (Martel) écrit au cardinal H[ildebrand] pour lui 
demander d'avoir une attitude plus franche qu'au synode de 
Tours et de prendre nettement à Rome la défense de Bérenger. 

Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 215, n«* 10. 

Pour la date, cf. Schwabc, SiudienzurGeschichte des zweiten AbendFnahUtreits, 
p. K8. 

125.— 30oct. 1055-1059. 

Notice. Geoffroi (Martel), moyennant cent sous, rend à Arnoul 
de Brisco la partie de Talleu de Flines qu'il lui avait enlevée pour 
la donner à Grimaud. 

Livre noir de Saint-Florent ^ fol. 104. 

Sigon étant cité dans Tacte, cet acte est postérieur au 30 oct. 1055, date de son 
élection (Hisi. de Saint-Florent^ p. 296 des Chron. des églises d'Anjon)^ et antérieur 
à la fin de Tan 1059, parce que dans la charte suivante du Livre noir^ fol. 104, qui 
est datée de 1059, il est question de la cession dudit alleu de Flines à Théritier 
d*Arnoul de Brisco. 

126. — 14 janvier 1056-25 déc. 1059. 

Ernaud, frère de Tabbé Audouin [Hildinus)^ lègue ses biens 
à Renaud Grossin, mari de sa nièce, k l'exception d une mesure 
[mansura) de terre, qu'il lègue au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers. Geoffroi (Martel) souscrit. 

Extraits du xviii» s., d'après le CariuL de Saint-Xicolas, fol. 91 v°, dans 
Coll. dom Honsseau, vol. XlIP, n« 9;wl, et ms. fr. 22450, p. 172. 

Cet acte et les suivants sont donnés au temps de l'abbé de Saint-Aubin Thierri, 
élu le 14 janvier 1056 et mort le 26 déc. 1059 \Ann. de Saint-Aubin, p. 4-5 du 
Recueil d'ann. angev. et vend.). 

127. — 14 janv. 1056-26 déc. 1039. Saint-Aubin d'Angers. 

Notice. Aubri, seigneur du Lion-d'Angers, moyennant une 
certaine somme d'argent que lui versent les moines de Saint- 



282 LE COMTÉ d'aNJOU 

Aubin d'Angers, renonce à ses revendications sur Féglise du 
Lion, en présence de Geoffroi (Martel), qui souscrit, ainsi que ses 
neveux Geoffroi « le Jeune » et Foulque. 

CarttiL de Sainl-Auhin, n° 460. 

128. — U janv. 1056-26 déc. 10S9. Angers. 

Notice racontant comment, sur la plainte de Thierri, abbé du 
monastère de Saint-Aubin d'Angers, Geoffroi (Martel) obligea 
Eon de Blaison à respecter les droits dudit monastère à Saini- 
R emy-la- Varen ne . 

//>«/., no 178. 

129. —14 janv. 1056-26 déc. 1059. 

Geoffroi (Martel) confirme de sa souscription les acquisitions 
des mohies de Saint-Aubin d'Angers à Luché. 

Ibid,, 11° 355. 

130. — 14 janv. 1056-26 déc. 1059, 

Geoffroi (Martel) exempte les moines de Saint-Aubin d* Angers 
du service de guet. 

Ibid,, no 6. 

130 bis, — 1060, avant le 23 mai. Loudun. 

Isembert, évêque de Poitiers, confirme la donation faite par 
Hugue au monastère de Tournus de trois églises sises à Loudun 
dans le fief du comte d* Anjou. Geoffroi (Martel) et son épouse Adé- 
laïde la Teutone (Teutonica) souscrivent. 

Chifilel, Histoire de Tournas^ Preuves^ p. 319 ; Jiiénin, Nout^elle histoire 
de Tournus, Preuves, p. 129, d'après Chifllet. 

Dalé de Tan 1060, an 30 du roi Henri 1*^ (donc avant la mort de ce roi, le 
4 août 1060) et an 1 de Philippe !«' (23 mai 1059-22 mai 1060). I/acte contient une 
annonce de sceau de l'évèque de Poitiers et une autre du comte d'Anjou (« prac- 
sentem chartam impresione si^illi nostri solemniter roboravi «>). 



CATALOGUE d' ACTES 283 



131. — 21 sept. 10S2-1 août 1060. 

Notice. L'abbé Raimond et les moines de Bourgueil achètent 
de Tévêque Isembert et des chanoines de Poitiers une terre sise 
à Mirebeau pour y construire une église. GeofFroi (Martel) 
approuve Tachât, en même temps que l'archevêque de Tours 
Barthélemi. 

Copie du xvii« s. par Du Chesne, d'après le CartuL de Bourgueil, dans 
la Coll. Baluze, vol. 38, fol. 195. 

Postérieur au 20 sept. 1052, date où Tarchevéque de Tours était encore Arnoul 
•Gallin chriÊt., t. XIV, col. Al); avant la mort du roi Henri !*% à cause du n*132. 



132. — 21 sept. 1052-4 août 1060. 

Notice. Barthélemi, archevêque de Tours, donne aux moines 
de Boui^ueil pour leur prieuré de Mirebeau tout ce qu*il possé- 
dait aux alentours de ladite place, ainsi que divers droits hono- 
rifiques. Son suzerain, Geoffroi « Martel », comte d'Anjou, sous- 
crit, ainsi que Geoffroi « le Jeune » et Foulque, neveux dudit 
Geoffroi. 

Copie du xviii* s., d après Torig., ms. lat. 17127, p. 95 ; copies d'après le 
CartuL de Bourgueil, fol. 91 : du xvii*^ s., par Du Chesne, dans la Coll. Baluze, 
vol. 38, fol. 195, du xviir, dans la Coll. dom Ilousseau, vol 11^, n® 566. 

Postérieur au 20 sept. 1052, comme le n*" 131 ; antérieur à la mort du roi 
Henri I'% parce que Tacte est dit donné «au temps du roi Henri ». 

133. — 21 juin lOtO-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) abandonne à Tabbé Airaud et aux moines de 
Saint-Nicolas d*Angers la moitié du panage de la forêt des 
Echats, ainsi que ses droits de vinage et de fourrage et Villenière. 

Epitome S. Nicolai^ p. 47. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Foulque Nerra et anté- 
rieurs à celle de Geoffroi Martel. 



28 i LE COMTÉ d' ANJOU 

134. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) donne au monastère de Notre-Dame-de-la- 
Charité d'Angers le droit de panage pour deux cents porcs dans 
ses forêts. 

CarluL du Ronceray, n° 7. 

135. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice de rechange conclu entre le comte « Geoffroi Martel de 
grande mémoire » et les religieuses de Notre-Damede-la-Cha- 
rité d'Angers d'une terre sise à l'Anglée, où le comte voulait 
faire une plantation de vigpesde Bordeaux, contre une terre sise 
au Pont, près Saint-Laurent. 

Ibid,, n« 78. 

136. — 21 juin 1040-14 nov. 1060, 

Notice de la restitution faite au monastère de Notre-Dame-de- 
la-Gharité d'Angers par Alice, fille d'Avoie, de la part des terres 
de Martigné et d'Hussé qu'elle avait auparavant réclamée et 
obtenue du comte Geoffroi (Martel) et du don par elle de ce 
qu'elle possédait à Changé. Les deux neveux de Geoffroi (Mar- 
tel), encore enfants, Geoffroi «le Jeune» et Foulque, témoins. 

Ihid,, 11° 238. 

137. —21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice du jugement rendu par Geoffroi (Martel), déboutant 
Aumand de ses revendications sur le moulin de Gautier Rage, 
donné à Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers par Avoie, veuve 
dudit Gautier, et sur la succession mobilière de cette dernière. 

Ihid,, n° 240. 

138. — 21 juin lOiO-14 nov. 1060. 

Notice du don fait par Geoffroi (Martel) aux moines de la Tri- 



CATALOGUE d'aCTES 283 

nilé de Vendôme des dîmes des peaux de cerfs dans la Sain- 
tonge. 

CarluL saintongeais de la Trin, de Vend,, éd. Mgtais, n^ 19. 

139. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Etienne, abbé de Beaulieu, notifie qu'il a, avec le consente- 
ment du comte GeoiTroi, acheté à Sanche de la Haye les droits 
qu'il possédait tant sur l'église que sur le bourg de Saint-Pierre 
de Balesmes et Téglise Saint-Symphorien. Geoffroi (Martel) 
témoin. 

Copie du xviii^' s., Coll. dom Housseau, vol. 11^ n<* 502. 

, 140. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Geoffroi (seigneur de Champtoceiaux) donne à Tabbé Albert et 
aux moines de Marmoutier la chapelle Saint-Jean-Baptiste et un 
domaine sis à Champtoceaux et Téglise du Fuilet. Geoffroi (Mar- 
tel) souscrit. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, pr. de Champto- 
ceaux, n® 2 ; copie contemp., ihid., n® 1 . 

En 1061, le seigneur de Champtoceaux étaitThibaudde Jarzé, successeur d*Orri, 
successeur lui-même de GeofTroi (voir le n' 161, où Thibaud de Champtoceaux 
paraît comme témoin). Donc, au temps de GeofTroi Martel. 

141. — 21 juin 1040-14 nov. 1060. 

Notice du don fait par Orri, (seigneur) de Champtoceaux, à Tabbé 
Albert et aux moines de Marmoutier de la terre dite Truncata, 
Geoffroi (Martel) souscrit. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, pr. de Champto- 
ceaux, n® ;>; copie contemp., ibid., n^ 1. 

Pour la date, cf. n" liO. 

• 142. — 1« avril 1046-14 nov. 1060. 
Geoffroi (Martel), pour le repos de Tâme de ses parents, le 



286 LE COMTÉ d'aNJOU 

comte Foulque et la comtesse Hildegarde, donne au monastère 
de Sainte-Geneviève de Paris la voirie de Borrelum^ qu'il tenait 
en fief du roi, dans le comté de Sentis. 

GaUia christ,, t. VII, Instrum., col. 222. 

Postérieur à la mort d'Hildegarde (1" avril 1046 : voir p. 11) ; antérieur A celle 
de GeofTroi Martel. 

U3. - 6déc. 10i7-U nov. 1060. Angers. 

Geoffroi (Martel) déboute Guillaume de Montsoreau de ses 
prétentions sur les essarts d*une forêt sise entre la Loire, la 
Haye et le monastère de Bourgueil, appartenant audit monas- 
tère et qu'il prétendait avoir reçus en fief du comte d'Anjou. 

Orig., Biblioth. de Reims, Coll. Tarbé, carton 1, n° 17. 

Souscrit par Eusèbe Brunon, évèque d'Angers depuis le 6 dëc. 1047 (ci-dessus, 
p. 120), 

144. — 6 déc. 1047-14 nov. 1060. Beauvais-sur-Loir. 

Notice de la sentence rendue par Geoffroi « Martel » et par 
Tévêque d'Angers Eusèbe au sujet des limites de la paroisse de 
Durtal. 

CarluL de Sainl-Aubin, n* 306. 
Même date qu'au n* 143. 

143.— 1047-14 nov. 1060. 

Notice du don de l'église Saint-Sulpice fait aux religieuses de 
Notre-Dame de Saintes, moitié par Engebaud, moitié par Geof- 
froi (Martel). 

CartuL de Noire-Dame de Saintes, n^ 95, dans Grasilier, Cartul, inédits de 
la Saintonye, t. II. 

Postérieur au n* 80. 

146. — 1049-1060, un 21 juillet. L'Ile-Saint-Aubin 
Notice de l'accord intervenu entre les religieuses de Notre- 



CATALOGUE d' ACTES 287 

Dame-de-la-Charité d'Angers et Gilbert, neveu d'Aubri de Chi- 
non, au sujet de la Cour-de-Pierre. Geoffroi (Martel) et Grécie, 
son épouse, témoins. 

Car tu L du Ronce ray^ n<> 174. 

Postérieur au n* 91, où Agnès apparaît encore comme femme de Geoflroi Mai^ 
lel. 

147. — 1049-1060, un 14 septembre. Angers. 

La comtesse Grécie, pour le repos de Tâme de son premier 
mari, Bellay, et le salut de son mari, le comte Geoffroi, donne 
au monastère de Saint-Nicolas d'Angers Téglise Saint^Pierre 
de Montreuil-Bellay, du consentement de ses deux fils Giraud 
et Renaud et du comte Geoffroi, qui souscrivent. 

Copies d*aprcs le Cartul. de Saint-Nicolas, fol. 51 : copie de Tan 1617, 
Arch. de Maine-et-Loire, H 640, n® 1 ; copie par Jean Miret, Biblioth. d'An- 
^ei*s, ms. 679, anc. 616, p. 121 ; mentions : Coll. dom Housseau, vol XIII*, 
n» 9r»33, ms. fr. 22450, p. 169, Coll. Baluze, vol. 38, fol. 49. — Éd. : Brevi- 
cul. S, Nicolai, p. 17 ; Epitome »S. Nicolai, p. 16. 

Pour la date, cf. n" 1 16. 

148. _ 6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier par 
Geoffroi (Martel)., en présence de la comtesse Grécie^ son épouse, 
de la « villa » de Carbay. 

Marchegay, Archives d^ Anjou, t. II, p. 1. 

m 

Pour la date, cf. n" 146. 

149. —6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi « dit Martel », étant venu, au moment de 
carême, faire ses dévotions au monastère de Saint-Nicolas d'An- 
gers, renonce à ses droits sur la vente et le transport des mar- 
chandises dudit monastère et réglemente les droits de justice des 



288 LE COMTÉ d'aNJOU 

moines, en présence de la comtesse Grécie et des fils de celle-ci, 
Giraud et Renaud. 

Copie du xviii'^ s., d'après le Carliil. de Saint-Nicolas^ Coll. dom Hous- 
seau, vol. II*, n° 525. — Éd. : BrevicuL S. Nicolai^ p» lî>; Epilome S, Nico- 
laij p. 14. 

150. — 6 janv. 1049-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi (Martel) réglemente les redevances en nature 
auxquelles ont droit de la part des moines de Saint-Maur de 
Glanfeuil ses percepteurs de panage à Coutures. Grécie, son 
épouse, témoin. 

CartuL de Saint-Maur, n^ 37. 

131. —1050-14 nov. 1060. 

Notice. Geoffroi (Martel) reconnaît le mal fondé des prétentions 
de Foulque, comte de Vendôme, sur les terres du Sentier et de 
Monthodon, qu'il réclamait aux moines de Marmoutier. 

Cartul, vendôm. de Marmoutier, n°419. 

Ce n^'et les suivants sont postérieurs au n** 96, dont il semble qu'il faille retenir 
au moins la date (Cf. p. 66). 

152. — 1050-14 nov. 1060. 

Notice de Tachât de trente arpents, sis entre Courtiras et Vil- 
lechatin, fait à Gerberge, serve du comte d'Anjou, parGermond, 
moine de Marmoutier, Geoffroi (Martel) et Foulque, comte de 
Vendôme, donnent leur consentement, l'un pour un muid, l'autre 
pour un muid et demi de grains. 

Ibid., no 20. 

153. — 1030-14 nov. 1060. 

Notice du don de Lavaré fait au monastère de Saint-Pierre de 
la Couture par Patrice de Càhors, au moment où il y fut reçu 



CATALOGUE D^ACTES 289 

moine. Ses suzerains, GeofFroi (Martel), comte d'Anjou, et 
Foulque, comte de Vendôme, neveu du précédent, souscrivent. 

Cartul, de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de SolesmeSy 
n<» 14. 

154. — 21 sept. 1052-14 nov. 1060. 

Landri, abbé de Saint-Père de Chartres, rapporte que GeofFroi 
« dit Martel » a, sur la plainte qu il lui en a faite, ordonné à son 
neveu Geoffroi, comte de Gâtinais, de restituer la terre de Villula, 
dont celui-ci avait disposé en faveur de son vassal Tédouin. 
Geoffroi (Martel) souscrit. 

Cartul, de Saint-Père de Chartres^ éd. Guérard, t. I, p. 125. 

Souscrit par Barthélemi, archevêque de Tours, lequel n'a succédé â Arnoul 
qu'après le 20 sept. 1052 {GalUa christ.y t. XIV, col. 61). 

155. — 27 mars 1053-14 nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) confirme les dons qu'il a faits aux chanoines 
établis par lui dans la chapelle Sainte-Geneviève d'Angers. 

Orig. très mutilé, Biblioth. d'Angers, ins. 757, anc. 680, t. I, pièce n^ 2 ; 
Cartul, de Saint-Laud, fol. 80 v°. — Éd. : Cartul. de Saint-Laud, n® 25. 

L'acte est postérieur au 26 mars 1053, parce qu'il est souscrit par le prévôt 
Robert, dont le prédécesseur, Audouin, parait encore dans une charte de cette date 
[Cartul, Trin. Vend., n* 96. Cf. Le Moyen Age, XV, 1902, p. 316-317). 

156. — 27 mars 1053-U nov. 1060. 

Geoffroi (Martel) notifie que Thibaud d'Orléans a solennelle- 
ment confirmé le don qu'il avait fait au chapitre de Saint-Laud 
des revenus de la terre de Genneteil. 

Cartul. de Saint-Laud, n<»76. 

Postérieur au n''155, où il n'est pas fait allusion à la donation relatée ici. 

157. — 1060, 14 novembre ou peu avant. Angers. 
Notice. Geoffroi (Martel), sur le point de mourir, en recon- 

IJalpubn. — Le comté d'Anjou. 19 



âôô LE COMTÉ d'aNJOC 

naissance des soins que lui avait prodigués Tiébert, moine du 
monastère de Marmoutier, accorde, du consentement de sa 
femme Adélaïde la Teutone et de ses neveux, Geoifroi, son suc- 
cesseur, et Foulque, l'exemption des droits de tonlieu sur la 
Loire dans ses états au navire dudit monastère transportant le 
sel nécessaire à Talimentation des moines. 

Copie du XVII* s., ms. lat. 5441^, p. 129 ; copie du xviii* s., Coll. dom 
Rousseau, vol II*, n° 592. — Éd. : Marchegay^ Archives d'Anjou^ t. II, 
p. 51, d'après la deuxième copie. 

158. — 1060, peu après le 14 novembre. 

Bouchard le Breton, douloureusement affecté par la mort 
récente du comte Geoffroi « Martel >^, donne pour le repos de 
Fâme de ce dernier au monastère de Saint-Nicolas d'Angers, 
où il avait revêtu Thabit monastique et avait été enterré, deux 
îles de la Loire et une terre à la Bigotière. Geoffroi « le Barbu », 
qui ratifie cette donation, souscrit ainsi que Julienne, son épouse. 

Copie du XVII* s., d'après le Cartul, de Saint-Nicolas^ fol. 14 v*», Arch. 
de Maine-et-Loire, H 397, n» 22 ; analyses du xviii® s., d'après le cartul., 
ms. fr. 22450, p. 162, Coll. dom Housseau, vol. XIII<, n° 9511. —Éd.: 
Brevicul, S, Nicolaiy p. 28 ; Epitome S. Nicolai^ p. 19. 

Acte souscrit plus tard par Foulque le Héchin. 

159. — U nov. 1060-23 mai 1061. 

Notice de l'abandon fait par Aimeri de Faye de toutes les cou- 
tumes qu'il percevait sur les terres de Notre-Dame de Noyers. 
Le comte Geoffroi « le Jeune » souscrit. * 

Cartul. de Noyers y éd. Chevalier, n® 653. 

Daté de Tan 1 de Geoffroi le Barbu et de Tan 2 du roi Philippe 1*'. 

160. — 1061. 
Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier par 



CATALOGUE D ACTES 291 

GeofFroi (le Barbu) du collibert Jean, pêcheur de son état, ainsi 
que de sa femme et de ses enfants. Geoffroi (le Barbu) souscrit. 

Orig., Arch. d'Indre-et-Loire, H 270. — Éd. : Livre des serfs de Mar- 
moulier, éd. Salmonet de Grandmaison, n°16, et append., n® 19. 

161. — 1061. 

Geoffroi (le Barbu) reconnaît aux moines de Saint-Florent de 
Saumur la libre disposition du château construit par son grand- 
père et son oncle à Saint-Florent-le-Vieil, s'en réservant seule- 
ment Tusage en cas de nécessité. Foulque, frère de Geoffroi (le 
Barbu), souscrit. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 57 ; Livre rouge de Saint-Florent, fol. 
28. — Éd. : Marchegay, BibLdeV École des Chartes^ i. XXXVI, 1875, p. 396. 

162. — 1062, 22 février. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) ratifie la remise de tout tonlieu accordée 
verbalement pour un bateau par son oncle et prédécesseur 
Geoffroi aux moines de la Trinité de Vendôme. 

CartuL Trin, de Vend., n® 157. 

163*. — 1062, 2i février. Angers. 

GeofFroi (le Barbu) ratifie l'abandon fait verbalement au 
monastère de la Trinité de Vendôme par son oncle et prédéces- 
seur Geoffroi de tous ses droits sur Téglise Saint- Jean-sur- Loire. 

Ibid., n« 158, 

164. _ 1062, 13 avril. Angers. 

Notice. Geoffroi « le Jeune » confirme les dons faits au monas- 
tère de Saint-Nicolas d'Angers par son oncle Geoffroi (Martel). 

Prou, Recueil des actes de Philippe 7®', n*> 159. 

Acte souscrit plus lard par le roi Philippe I'"' et la reine Berlrade. 

165. — 14 nov. 1061-13 nov. 1062. 
Notice racontant les revendications exercées par Geoiïroi, fils 



292 ' LE COMTÉ D*ANJOU 

• 

de Bérard, sur une terre enlevée jadis à son père lors de la con- 
quête de Saumur, puis restituée au monastère de Saint-Florent 
de Saumur, dont Bérard lavait tenue à cens, et l'accord que 
Geoflfroi (le Barbu), venant de succéder à son oncle GeolTroi 
(Martel) dans le comté d'Anjou, parvint à faire conclure entre 
ledit Geoffroi Bérard et l'abbé Sigon. 

Livre noir de SAini-Florent^ fol. 108 v*». 
An 2 du principal de GeofTroi le Barbu. 

166. — 1062, 27 décembre. Loudun. 

GeofTroi (le Barbu) donne aux prêtres de son château de Lou- 
dun le terrain nécessaire à la construction d'un monastère 
(Sainte-Croix de Loudun). 

Gallia christ. ^ t. II, col. 333. 

167. — 14 nov. 1060-1062. 

GeofTroi « le Jeune » confirme l'abandon fait par son oncle 
GeofTroi (Martel) des mauvaises coutumes levées autrefois sur les 
domaines de Saint-Florent-le- Vieil, confirme également les dis- 
positions prises au sujet du château dudit Saint-Florent-le- Vieil 
et promet enfin de renoncer aux mauvaises coutumes perçues sur 
les biens des moines aux environs de Saumur quand cette 
place, alors entre les mains d'Adélaïde, dernière femme de Geof- 
froi (Martel), fera retour entre ses mains. Foulque, frère de Geof- 
froi (le Barbu), souscrit. 

Livre noir de Saint'Florenty fol. 96 ; Livre rouge de Saint-Florent j fol. 28 \^. 
Antérieur au n" 168. 

168. — 1062. Saint-Florent de Saumur. 

GeofTroi (le Barbu) exécute rengagement qu'il avait pris 
envers les moines de Saint-Florent de renoncer aux mauvaises 
coutumes établies sur leurs biens à Saumur, comme il Tavait 






CATALOGUE d' ACTES 293 

fait précédemment, d'accord avec son frère Foulque, pour les 
domaines de Saint-Florent-le-Vieil, alors que la ville de Sau- 
mur était encore entre les mains d'Adélaïde, veuve de Geoffroi 

(Martel). 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, H 1 840, n<» 7 ; copie coDtemp., ibid,^ 
H 1840, n^S. — Éd. : Marchegay, BibL de FÉcole des Charles, t. XXXVI, 
1875, p. 396, d'après Toriginal. 

169. — 1062 environ. 

Geoffroi «le Jeune » restitue aux religieuses de Notre-Dame- 
de-la-Gharité un clos de vignes, qui, légué au monastère par 
la comtesse Hildegarde lors de son départ pour Jérusalem, mais 
laissé, sur sa demande, en usufruit à sa fille Ermengarde, mère 
dudit Geoffroi et veuve dès cette époque, avait été confisqué à cette 
dernière, pour cause de désobéissance, parle comte Geoffroi (Mar- 
tel) et donné par lui à ses femmes Tune après Tautre et en der- 
nier lieu à Adélaïde la Teutone, et qui finalement venait d'être 
racheté à cette dernière par ledit Geoffroi a le Jeune » en même 
temps que Saumur. 

Cartul, du Ronceray, n* 8, et sous forme de notice, «/>irf., n* 64. 
Contemporain du n"* 168. i 

170. —21 juin 1040-1062. 

Notice. Geudouinde Maillé renonce par devant le comte d'An- 
jou Geoffroi à réclamer des droits de péage sur les objets appar- 
tenant à Marmoutier pour leur traversée dans Maillé. 

« 

Copie figurée de Torig., exécutée au xviii« s., Coll. Moreau, vol. 23, fol. 
i77 ; copie par Martène, d'après le CartuL tourangeau de Marmoutier^ ms. 
lat. 42878, fol. 127. 

Geudouin de Maillé mourut en 1062 au plus tard (Lirre des Ètrfs de Marmou- 
tier, éd. Salmon, n" 66). 

171. _ 1063, 14 mars. 
Notice. Geoffroi (le Barbu), qui avait, à la mort de son oncle, 



294 LE COMTÉ d'âNJOU 

hérité des comtés d'Anjou et de Touraine, ayant, au mépris des 
coutumes, fait semondre les hommes de Marmoutier habitant 
entre la Loire et le Vendômois de se rendre à son ost, lors de 
la campagne qu'il préparait pour porter secours aux Manceaux 
contre les Normands, reconnaît le bien fondé des plaintes que 
les moines lui en font et renonce à toutes les coutumes qu'il exi- 
geait d'eux à tort. 

Copies d'après le CarluL tourangeau de Marmoutier^ fol H5 : par Mar- 
tène, ms. lat. 12878, fol. 189 ; du xyiii» s., dans Coll. dom Housseau, vol. 
lia, n« 667. 

172. —1063. Candé. 

Notice des dons faits au monastère de Marmoutier par Geof- 
froi Papebeuf près de son château de Rillé. Geoffroi (le Barbu) 
souscrit lors d'un plaid qu'il a avec son frère Foulque à Candc. 

Orig., Biblioth. de Reims, Coll. Tarbé, carton 1, n*>21. — Éd. : Marchegay, 
Archives (TAnjoUy t. II, p. 28, d'après l'original. 

173. — 1064 (n. st.), 3-10 avril. 

Geoffroi (le Barbu) confirme de sa souscription l'abandon fait 
par Renaud de Château-Gontier, seigneur de Châteaurenault, 
des revendications injustes qu'il avait élevées aux dépens des 
moines de Marmoutier sur la forêt de Blémars. 

Copie par Martène, ms. lat. 12878, fol. 108 v®. 

Postérieur à Tabandon fait par Renaud, le samedi avant le dimanche des 
Hameaux, 3 des nones d'avril 1063 (3 avril 1064, n. st.) ; daté de Y « an 1063, an 5 
de Philippe I"' », c'est-à-dire du début de Tan 1064, n. st., et parsuitc, avant Pâques 
(11 avril). 

174. — 1064. 

Thibaud, seigneur de Rochecorbon, cède au monastère de 
Saint-Julien de Tours tous ses droits sur Nouzilly, du consen- 
tement de Geoffroi (le Barbu). 

Copie du xvi« s., Arcli. d'Indre-et-Loire, Il 489 ; copie du xvii« s., ibid. 



CATALOGUE d'aGTES 295 



175. —21 juin 1040-20 mai 1064. 

Notice du don fait aux moines de Marmoutier par le prévôt 
Erard d'un serf nommé Guibert à condition qu'il soit affranchi, 
lui et les siens, du consentement du comte Geoffroi, qui con* 
firme. 

Livre des serfs de Marmoutier y éd. Salmon, n« 14. 

Cen" elles suivants sont postérieurs A la mort de Foulque Nerra et antérieurs à 
celle de Tabbé Albert^ qui y'est cité, et qui mourut le 20 mai 1064 (Prou, Lac- 
qaisiiion du Gàtinais sous Philippe /", loc. cit.y p. 6 du tir. â part). 

176. — 21 juin 1Û40-2Ô mai 1064. 

Hugue de Rocé donne aux moines de Marmoutier Téglise 
Saint-Martin près Bellême, du consentement de ses suzerains Ive, 
évoque de Sées, Eude, frère du roi Henri, et Geoffroi, comte 
d'Anjou, qui souscrivent. 

Orig., Arch. de l'Orne, H 2205. — Éd. : Cnrtul. de Marmoutier pour le 
PerchCy éd. Barret {Documents sur la prov, du Perche^ 3* série, n® 2, 1894), 
p. 13, diaprés Toriginal. 

Ce sont les chartes n""" 7 et suiv. du Carlul. de Marmoutier pour le Perche^ qui 
permettent de dire que cet acte est, comme le précédent, antérieur à la mort de 
l'abbé Albert. 

177. — 21 juin 1040-20 mai 1064. 

Notice du jugement par lequel le comte Geoffroi, sur la plainte 
d'Albert, abbé de Marmoutier, déboute Frou (Fpedulfus) le Bigot 
de ses prétentions sur le cens et la dîme de treize arpents qu'il 
avait enlevés à Marmoutier. 

Copie du xvni« s.. Coll. dom Housseau, vol. XIII<, n® 6712, d'après le 
Cartul. tourangeau de Marmoutier, fol. 58. 

178. — 6 déc. 1047-20 mai 1064. 

Notice de la donation faite au monastère de Marmoutier par 



296 LE COMTÉ d' ANJOU 

Tévêque d'Angers Eusèbe d'une terre sise près de Chalonnes et 
dite Mansura Gausberti. Le comte Geoffroi souscrit. 

Orig. ou copie contemp,, Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmou- 
tier, prieuré de Chalonnes, n<* 5. 

Postérieur à l'ordination de l'évéque Eusèbe, qui est du 6 déc. 1047 (voir p. 120); 
comme les n"" précédents, antérieur A la mort de l'abbé Albert, nommé dans 
l'acte. 



179. — 2 nov. 1049-20 mai 1064. Chinon. 
Notice. Geoffroi Papebeuf confirme la remise faite jadis 

# 

par feu le prévôt Erard aux moines de Marmoutier du péage 
et du tonlieu sur ses terres, ainsi que le don fait auxdits moines 
par Renaud, fils de Bardoul, du quart denier auquel il avait droit 
sur ce péage et ce tonlieu. Le comte Geoffroi acquiesce. 

M arch egay, Arc A ires d'Anjou, t. II, p. 31. 

Postérieur à la mort du prévôt (de Tours) Érard, lequel vivait encore après le 
!•' nov. 1049, puisqu'il souscrit encore en même temps qu' Érard, évéque de 
Nantes, après cette date {Gallia christ.^ t. XIV, col. 810), la charte n<*87 du Cartul. 
Trin. de Vendôme, éd. Métais. 

180. — 1066, 2 août. 

Notice racontant comment Geoffroi (Martel) avait, à la fin de 
sa vie, renoncé aux coutumes injustes qu'il exigeait des hommes 
de Saint-Florent de Saumur à Saint-Martin-de-la-Place, mais 
comment Geoffroi (le Barbu), son neveu et successeur, après 
avoir tout d'abord confirmé cette renonciation, n'en avait plus, 
par la suite, tenu aucun compte et comment finalement les 
moines de Saint-Florent firent par un jugement de Dieu éclater 
leur bon droit. 

Livre noir de Sainl-Florenty fol. 99. — Éd. : Mairchegay, Archives d'Anjou, 
t. I, p. 472. 

181. — 1066. 

Geoffroi (le Barbu) ratifie la donation faite aux moines de 



CATALOGUE d'aCTES 297 

Saint-Maur de Glanfeuil par Guérin le Français et sa femme de 
bieDS sis à Bouman. 

CarluL de Saint-Maur^ n® 17. 

182.. — 1067, H mars. Saint-Florent de Saumur. 

Notice. Les moines de Saint-Florent, qui s'étaient vus, à la 
suite de la prise de Saumur par Foulque (Nerra), dépouillés d'une 
partie de leurs biens et expulsés de l'église du château de Sau- 
mur et auxquels Geofrroi(le Barbu) n'avait restitué que le domaine 
et l'église de Meigné, obtiennent enfin réparation de Foulque (le 
Réchin), qui venait de se rendre maître de la ville de* Saumur. 
L'acte est souscrit, entre autres, par le « comte » Foulque (le 
Réchin) et par le légat du Saint-Siège Etienne, sur l'interven- 
tion duquel Foulque a fait droit aux réclamations des moines. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, H 1840, n<* 9. — Éd. : Sainte-Marthe, 
Gallia christ., t. IV, p. 395. 

L*acie est daté de 1067, an 8 du roi Philippe, an 13 de Sigon, 5 des ides de 
mars. Lan 8 de Philippe va du 23 mai 1066 au 22 mai 1067 ; Tan 12 de Sigon, du 
30 oct. 1066 au 30 oct. 1067 : c'esi donc bien ici, suivant l'usage, le style moderne 
qui est suivi. 

183. — 1067, M mars-3 août. Chinon. 

Renaud donne à Tabbé Raimond et aux moines de Bourgueil 
des coUiberts habitant à Coziacus. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du xviii« s., Coll. dom Rousseau, vol. II*, n» 565, d'après le Car- 
lui. de Bourgueil, fol. 37 v°. 

Cet acte, antérieur à la mort de Tarchevèque de Tours Barthélemi (9 avril 
1068), qui souscrit, se place évidemment pendant la période intermédiaire entre 
le n' 182 et le n* 185. où Foulque usurpa une première fois le pouvoir ; car on 
sait (voir p. 148, n.) que sa seconde usurpation fut postérieure à la mort de Bar- 
thélemi. 

184. — 1067, H mars-3 août. 

Notice du don fait aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par 
Hardouin, seigneur de Trêves, conjointement avec sa mère 



298 LE œMTÉ d' ANJOU 

Thilde, des bois du Fouilloux et de la Carterie. Le comte Foulque 
(le Réchin) confirme. 

Extrait du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. XII1^ n« 9594, d'après le 
Cartul. de Saint-Nicolas, fol. 120. 

Pour la date, cf. n^'lSS: en 1068, Hardouin de Trêves trahit Foulque et fui 
chassé de Trêves, où il ne rentra pas (voir n<* 212). L'acte est donc donné au 
temps de la première usurpation du Réchin. 

185. — 1067, avant le 4 août. Ghaumont-sur-Loire. 

Geoffroi (le Barbu) confirme la fondation d'un collège de cha- 
noines faite dans le monastère de Saint-Georges de Paye par 
Aimeri, seigneur du lieu. Foulque, frère de Geoffroi (le Barbu), 
souscrit, ainsi que le roi Philippe I®'. 

Analyse par A. Du Chesne, Hist. généalogique de la maison de Bélhune^ 
Preuves, p. 10. Réédition de cette analyse dans Prou, Recueil des actes de 
Philippe h^, n» 33. 

Daté de 1067, an 7 de Philippe I*'. Cf., pour cette date, Prou, lac, cil. 

186. — 1067, 7 août. Chaumont-sur-Loire. 

Robert de Sablé et sa femme Avoie donnent aux moines de 
Marmoutier Téglise de Saint-Malo, les autres églises de Sablé, 
diverses terres, dont une destinée à la construction d'un bourg, 
et divers droits. Geoffroi (le Barbu) souscrit, ainsi que Philippe, 
roi de France, et Baudouin, comte de Flandre, au siège de Chau- 
mont-sur-Loire. Juliette, femme de Geoffroi, et Foulque, frère de 
Geoffroi, consentent. 

Orig., Arch. d'Indre-et-Loire, H 306, n^ 2. — Éd. : Prou, Recueil des 
actes de Philippe /«*•, n® 34. 

187. — 30 oct. 1035-9 avril 1068. Thouarcé. 

Notice relatant la confirmation accordée par Geoffroi, comte 
d'Anjou, à la fondation faite par Isembard, seigneur de 
Thouarcé, son sénéchal, d'un prieuré de Saint-Florent de Sau- 
mur dans l'église Saint-Jean de Thouarcé et la démarche faite 



■ ^■ , « » . ^x 



CATALOGUE d' ACTES 299 

par ledit comte auprès de Geoffroi de Preuilly pour obtenir sa 
conKrmation. 

Livre blanc de Saint-Florent, fol. 17. 

Au temps de Sigon^ abbé de Saint-Florent depuis le 30 oct. 1055 {Hist. de Saint- 
Florent, p. 296 des Chron. des églises d'Anjou), et de Barthélemi, archevêque de 
Tours, mort le 9 avril 1068 (Gallia christ., t. XIV, col. 63). La présence du séné- 
ehal Isembard nous fait penser qu'il s'agit ici de Geoffroi le Barbu. 

188. — 1061-1068, un 13 avril. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) souscrit la charte par laquelle la comtesse 
Grécie avait donné aux moines de Saint-Nicolas d'Angers un 
fournil près Grevia. 

Copie du XVIII® s., d'après le CartuL de Saint-Nicolas , Coll. dom Hous- 
seau, vol. III, n<* 941. — Ed. : EpitomeS. Nicolai, p. 48. 

189. — 21 juin 1040-18 juin 1068. 

Notice du don fait au monastère de Marmoutier par Josselin 
Bodel d'un coUibert nommé Guismand et de sa postérité. Geof- 
froi, comte d'Anjou, souscrit. 

Livre des serfs de Marmoutier, éd. Salmon et de Grandmaison, n° 89, et 
append., n® 9 ; CartuL vendôm, de Marmoutier, n° 115. 

Postérieure la mort de Foulque Nerra; antérieur, ainsi que les w* suivants, Â 
Temprisonnement définitif de GeolTroi le Barbu, c'est-à-dire au 18 juin 10^8, au 
plus tard (voirn" 211). 

190. _ l«r avril 1046-18 juin 1068. 

Notice de l'accord intervenu entre le monastère de Notre- 
Dame-de-la-Charité et Girois de Beaupréau au sujet de la Gour- 
de-Pierre. Geoffroi, comte d'Anjou, témoin. 

CartuL du Ronceray, n» 175. 

Postérieur à la mort de la comtesse Hildegarde (!«' avril 1046 : voir p. 11, n. 1). 

191. — 10SS-18juinl068. 
Notice. Foulque Normand, (seigneur) de Montrevault, et 



300 LE œMTÉ d'ânjou 

Mahaud, sa femme, ratifient le don de la moitié de Féglise 
Saint-Jean de Montrevault fait au monastère de Saint-Serge 
d'Angers par le voyer d'Angers Bemon, fils d' Ansaud. Le comte 
Geoffroi approuve. 

Copie du XVIII" s., ms. lat. 5446, p. 279, d'après le 1^' CartuL de Saint- 
Serge, n® 233. 

De 1055 au plus tôt, car le prédécesseur de Foulque Normand, Ro^er, était 
encore seigneur de Monlrevault en 1055 (ms. lat. 5446, p. 261) et le resta même, 
semble-t-il, quelques années après. 

192. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Augier et Valence, sa femme, donnent à Notre-Dame de 
Cunault les colliberts Constantin et Gautier avec leur mère 
Autrude, du consentement de Geoffroi (le Barbu) et de son frère 
Foulque. Geoffroi (le Barbu) souscrit. 

" Copie contemp., Arch. du prieuré de Cunault, à Cunault, vol. 1, pièce 
no6. 

Cet acte et les suivants sont postérieurs à la mort de Geoffroi Martel et anté- 
rieurs à Teroprisonnement définitif de Geoffroi le Barbu (antérieur lui-même au 
19 juin 1068). 

193. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi (le Barbu) confirme le don fait par Geoffroi 
(Martel) au monastère de Notre- Dame-de-la-Charité d'Angers 
du droit de panagepour deux cents porcs dans ses forêts. 

CartuL du Ronceray, n® 7. 

194. - 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la restitution faite aux religieuses de Notre-Dame- 
de-la-Charité d'Angers par Geoffroi (le Barbu) des combres 
construites par elles sous le pont de la Maine à Angers et que 
Geoffroi (Martel) leur avait enlevées. 

Jbid., n« 63. 

195. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Robert le Bourguignon et Blanche, sa femme, donnent 



CATALOGUE D* ACTES 301 

aux religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité la « villa » de Gor- 
nillé, du consentement du comte GeofFroi « le Jeune » et de 
son frère Foulque. 

Ibid,, n« 164. 

196. — Unov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. La comtesse Agnès s'étant emparée de certaines vignes, 
que les moines de Saint- Aubin d'Angers avaient concédées via- 
gèrement à la comtesse Hildegarde, et le comte GeofFroi (Martel) 
les ayant, après son divorce avec Agnès, données à Rouaud le 
Breton, Geoffroi (le Barbu), à la mort dudit Rouaud, les restitue 
au monastère, du consentement de son frère Foulque. 

Carlul, de Saint-Aubin, n« 72. 

197. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi « le Jeune » confirme les dons faits au monastère de 
Saint-Aubin d'Angers sur le territoire du Lion-d'Angers. 

Ibid., n» 164. 

198. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi « le Jeune » fait remise aux moines de Saint-Aubin 
d'Angers de toutes les coutumes qu'il possédait sur un arpent de 
terres sis à Saint-Remy-la-Varenne, réserve faite du service 
militaire. 

Ibid., n« 179. 

199. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la dodation de tous ses biens faite par Renaud Ber- 
ger au monastère de Saint-Aubin d'Angers, au moment d'y 
revêtir Thabit monastique. Geoffroi (le Barbu) souscrit. Son 
frère Foulque, témoin. 

Ibid,, n« 263. 

200. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 
Notice des dons faits au monastère de Saint- Aubin d'Angers 



302 Lk COMTÉ D^AMJOn 

par Tfaibaud de Jarzé dans le bois de Rougé. Geoffroi « le Jeuoe » 
souscrit. 

//>i(/.,no 269. 

201. — linov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi (le Barbu), mettant à exécution une promesse faite 
peu avant sa mort par son oncle Geoffroi (Martel), restitué aux 
moines de Saint-Maur de Glanfeuil les serfs André, Guillaume 
et Renaud. 

CartuL de Saint-Maur, n® 49. 

202. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice du don fait par Geoffroi « le Jeune » à Saint-Florent 
de Saumur de la dîme de ses fours et de ses moulins de Sau- 
mur, de remplacement d un four et de la vente des noix, en vue 
de contribuer à l'éclairage de l'église. 

Livre noir de Saint-Florent ^ fol. 98 v<*. 

203. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi « dit le Barbu », du consentement de son 
frère Foulque, confirme le don fait aux moines de Saint-Nicolas 
d'Angers par Hubert Ragot de l'église de Cheffes et d'un terrain 
destiné à la construction d'un prieuré et d'un bourg. 

Vidimus de Torig., de Tan 1407, scellé du sceau de la cour aux contrats 
d'Angers, Arch. de Maine-et-Loire, H 552, n® 1 ; analyse du xviii» s., d*après 
le Carlul. de Saint-Nicolas, fol. 37, dans le ms. fr. 22450, p. 166. 

204. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. Angers. 

Geoffroi (le Barbu) et (son frère) Foulque apposent leur sous- 
cription au bas de l'acte par lequel Hugue, comte du Maine, 
avait confirmé la fondation du monastère de Saint-Pierre de 
Solesmes faite par Geoffroi de Sablé, 

CartuL de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de Solesmes, 



CATALOGUE D^ACTES 303 

n« 9, diaprés un vidimus de Tan 1408, où toutes les souscriptions ont été 
bouleversées. 

L'acte fut confirmé, le 30 mars 1073, à BonnevilIe-sur-Touques par Guillaume le 
Conquérant. 

205. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Geoffroi (le Barbu), pour le repos de Tàme de son oncle et pré- 
décesseur Geoffroi (Martel) et pour qu'on célèbre régulièrement 
au monastère de Saint-Serge d'Angers, le 30 avril, l'anniversaire 
de la mort de son père Geoffroi, donne aux moines dudit monas- 
tère une pêcherie sur la Maine, appelée Tractus Testrii, et le 
droit de panage pour cent porcs dans ses forêts. La comtesse 
Juliette souscrit. 

Copies du xviii» s., d'après le ^«' Cariul. de Saint-Serge^ n» 36, ms. lat. 
5446, p. 247, et Coll. dora Housseau, vol. IP, n* 659. — Éd. : Sainte-Marthe, 
Gallia christiana, t. IV, p. 822, d'après le cartulaire. 

206. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice de la sentence rendue par Geoffroi (le Barbu), prescri- 
vant la restitution aux moines de Saint-Serge d'Angers de deux 
arpents de vignes, que leur avait enlevés Geoffroi (Martel), 
pour les donner à son chapelain Bernaud, et dont Robert^ frère de 
ce dernier, prétendait hériter. 

Copie du XVIII*' s., ms. lat. 5446, p. 248, d'après le ^"■' Cariul. de Saint- 
Serge, n« 37. 

207. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. Vihiers. 

Foulque (le Réchin), ayant hérité, à la mort de son oncle Geof- 
froi (Martel), de la châtellenie de Vihiers, abandonne aux moines 
de Marmoutier, à la prière de Sebrand (seigneur de Chemillé), 
les coutumes qu'il possédait à Gautrèche. 

Copie contemp., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Marmoutier, carton 
13 ; copie du xiv« s., Cartul. vélin de Chemillé, n® 81, Arch. de Maine-et- 
Loire ; copie duxv« s., Cartul, papier de Chemillé, fol. 32, n« 61, ibid. 



304 LE COMTÉ D*ANJOU 

208. — 14 nov. 1060-18 juin 1068. 

Notice. Foulque (le Réchin), auquel Geoffroi (Martel) avait, 
entre autres, légué le château de Vihiers, à condition de tenir 
tous ses biens en fief de son frère Geoffroi (le Barbu), héritier du 
comté, fait remise à Saint-Florent de Saumur, du consentement 
dudit Geoffroi (le Barbu), des coutumes qu'il avait sur la terre 
de Saint-Georges, dépendant de Vihiers. 

Livre noir de Saint-Florent^ fol. 29 v®. 

209. — 1066 (?)-18 juin 1068. 

Agnès, veuve de Hubert de Durtal et épouse de Renaud de 
Maulévrier, donne au monastère de Saint-Aubin d'Angers les 
églises de Gouis, Durtal et Châtelais. Geoffroi (le Barbu) sous- 
crit. 

CartuL de Saint- Aubin^ n'^ 2S1. 

M. Bertrand de Broussillon {Cariul, de Saint- Aubin, t. III, p. 227} indique que 
cette charte est de 1066 au plus tôt ; nous ignorons ses raisons. 

210.-5 avril 1067-18 juin 1068. 

Notice. Geoffroi « le Jeune » oblige Fouchard de Rochefort- 
sur-Loire à réparer le tort qu'il avait commis envers les reli- 
gieuses de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers en contraignant 
leurs métayers de la Cour-de-Pierre à charrier des palissades des- 
tinées à enclore son château, pendant que ledit Geoffroi était en 
prison à Sablé. 

Cartul. du lionceray, n^ 176. 

Postérieur au moment où Geoffroi sortit de la prison de Sable, dans laquelle il 
fut enfermé le 4 avril 1067 (voir p. 146). 

211. —1068, 19 juin. 

Le comte Foulque (le Réchin), revenant du siège de Trêves, 
qu'il avait détruit le jour même, et entré enfin en possession du 



CATALOGUE d'aCTES 308 

comté « qui lui revenait par droit héréditaire et par la donation 
de son oncle Geoffroi », confirme les privilèges du monastère de 
Saint-Jouin-de-Marnes. 

Cartulaire de Saint- Jouin-de-Marnes^ éd. de Grandmaison, dans les 
Mém. de la Soc, de statistique du départ, des Deux-Sèvres, t. XVII, 1854, 
2® partie, p. 20, d'après un vidimus de Tan 1521. 

Le vidimus du xvi» s., qui donne le texte de cet acte, porte la date : jeudi, jour 
des saints Gervais et Protais, 13 des calendes de juillet, an 1059, indiction 6. 
C'est en Tannée 1068 que le 19 juin tombait un jeudi et que Tindiction était 6 : 
il faut donc sans hésitation corriger 1059 en 1068. 

212. — 1068 env. (après le 19 juin 1068). 

Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « Martel », ayant 
détruit le château de Trêves, qu'il avait pris à Hardouin, fils de 
Geoffroi le Fort, fait, pour subvenir aux besoins de ce dernier, 
qu'il avait châtié de sa défection imprévue en le privant de tous 
ses patrimoines et en le faisant aveugler, divers dons au monas- 
tère de Saint-Nicolas d'Angers, où il venait d'embrasser la vie 
monastique, et confirme aux moines dudit lieu la possession de 
la terre de Gumerav. 

Copie du XVIII® s., Coll. dom Ilousseau. vol. IP, n^ 735, et analyse du 
xviii» s., ms. fr. 22450, p. 164, d'après le Cartul, de Saint-Nicolas, fol. 25. 

De peu postérieur au n" 211. 

4 

213. — 1068. 

Notice. Robert le Bourguignon donne au monastère de Saint- 
Florent de Saumur le collibert Létard et sa progéniture. Le 
comte Foulque, lieveu de Geoffroi « dit Martel », confirme. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 137 v<*. 
Daté de Tan 1, mois 3« du « consulat » de Foulque. 

214. — 1069, 21 avril. Baugé. 

Notice du désistement par Aubri, Geoffroi et Bernon, fils du 
prévôt d'Angers Geoffroi, de leurs prétentions sur la terre de 

Halphen. — Le comté d'Anjou. 20 



306 LE COMTÉ D ANJOU 

Monnet, d'abord parles deux premiers à Angers, le 6 avril 1069, 
puis par le dernier, quinze jours après, à Baugé. Foulque (le 
Réchin) témoin. 

CariuL Trin, de Vend,, ii» 216. 

215. — 1070, 24 mai. Angers. 

Foulque (le Réchin) donne à Saint-Florent de Saumur une 
terre, des bœufs et un bois sis aux Ulmes. 

Orig., jadis scellé (?) sur double queue de parchemin, sans repli, Arch 
de Maine-et-Loire, H 1840, n" H. 

216. — 1068-12 juin 1070. Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin) confirme la concession faite aux 
moines de Saint- Aubin d'Angers par son oncle Geoffroi (Martel) 
du droit de prendre sur les terres comtales le bois de chauffage 
et de charpente. 

CartuL de Saint-Aubiriy n® 7. 

Acte où paratl Tabbé Sigon, mort le 12 juin 1070 {Ann. de Saint- Florent, p. 119 
du Recueil d'ann. angev. et vendôm.). 

217. — 1070, 28 août. Tours. 

Foulque (le Réchin) donne la « villa » et l'église de Vontes au 
monastère de Cormery. 

CartuL de Cormery, ^éd, Bourassé, n^ 41. 

218. — 1070-1071. 

Notice. Bouchard, seigneur de TIsle-Bouchard, donne Rivière 
aux religieux de Marmoutier pour les dédommager des torts qu'il 
leur avait causés à Tavant en défendant son fief contre Geoffroi 
Fouel, son oncle, qui voulait le lui ravir. Foulque (le Réchin) 
témoin. 



CATALOGUE d'aCTES 307 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Rousseau, vol IP n® 769, d'après le CartuL 
tourangeau de Marmouiier, fol. 33 v®. 

Dalé de Tan 7 de l'abbé de Marmoutier Barlhélcmi, abbé depuis lannée 1064 
( Gallia christ, t. XIV, col. 204). 



219. — 1072, 12 mai. Saint-Serge d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Serge 
d'Angers Téglise Saint-Symphorien de Rochefort. 

Copies d'après le 1*' CarluL de Saint-Serge, ii« iU-0 : copie authentique 
du 7 avril 1629, Biblioth. d'Angers, nis. 838, anc.7;>4, pièce n® 6 ; du xviii« 
s., ms. lat. 5446, p. 288, et dans Coll. dom Ilousseau, vol. Il*, n° 770. 



220. — 1072. Tours. 

Foulque (le Réchin) souscrit, en même temps que l'archevêque 
de Tours Raoul et que l'évêque d'Angers Eusèbe, l'acte relatant 
l'accord intervenu entre les monastères de la Trinité de Ven- 
dôme et de Saint- Aubin d'Angers au sujet du prieuré de Saint- 
Clément de Craon. 

Cartul. Trin, de Vend,, n^ 234; Carlul. de Saint- Aubin, n® 731. 

221. — 1073,5 mars. 

Notice. Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « dit Martel », 
fait droit aux réclamations des moines de Marmoutier et de leur 
abbé Barthélemi, qui étaient venus se plaindre à lui des exac- 
tions commises par ses agents. 

Copies du xviii* s., d'après Torig., conservé alors à Marmoutier, layette 
de Lavaré, Coll. Moreau; vol. 30, fol. 226, et ms. lat. .*)441 *, p, 93 ; copies 
du xviii* s., d'après le Cartul. tourangeau de Marmoutier, fol. 41, dans 
Coll. dom Ilousseau, vol. II*, n°» 773 et 776. 

222. — 1068-13 mai 1073. 
Odile et ses enfants donnent à l'abbé Geoffroi et aux moines 



308 LE COMTÉ d'anJOU 

de Notre-Dame de Noyers une terre sise à la Manse, pour v 
construire un prieuré. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Cartul. de NoyerSy éd. ChevalMBr, n*» 40. 
La charte est contemporaine de la suivante. 

223. — 1068-13 mai 1073. 

Notice des concessions faites aux moines de Notre-Dame de 
Noyers par Bouchard, seigneur de TIsle-Bouchard, en vue de la 
construction du prieuré de la Manse. Foulque (le Réchin) sanc- 
tionne et souscrit. 

Ibid,, n° 51. 

Parmi les témoins, Raoul, « alors doyen, plus tard archevêque de Tours ••. Or 
Raoul fut consacré archevêque le 13 mai 1073 (Ann* dites de Renaudj p. H8 du 
Rec. d'annales angev. et vendôm.). 

224. — 1068-13 mai 1073. 

GeofTroi, fils d'Alleaume, donne aux moines de Notre-Dame de 
Noyers le quart des sépultures et des offrandes de quatre fêtes 
dans Téglise de Crouzilles, à condition qu'il jouira de droits 
équivalents dans Téglise que lesdits moines étaient en train de 
construire à la Manse et à la condition qu'il recevra d*eux une 
maison à tenir à cens; il leur donne, en outre, la dîme de la 
terre sur laquelle ils construisent Téglise susdite, à condition 
qu'il recevra au moment de sa mort Thabit monastique soit à la 
Manse, soit à Noyers, suivant son gré. Foulque (le Réchin) sous- 
crit. 

Ibid., no54. 

Contemporain dos n*** précédents, puisqu'il y est question du prieuré en cons- 
truction à la Manse. 

225. — 1073, 23 juin. Angers. 

Les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers noti- 
fient Télection de Tabbesse Lcburgis^ faite du consentement du 



CATALOGUE d' ACTES 309 

comte Foulque, ainsi que Tinvestiture du temporel et la consé- 
cration qui lui ont été accordées, Tune par le comte» l'autre par 
Tévêque Eusèbe. Foulque (le Réchin) et Tévéque Eusèbe sous- 
crivent. 

CartuL du Ronceray^ n^ 16. 

226. - 1073. Angers. 

Foulque, neveu de Geoffroi a dit Martel », renouvelle aux 
moines de la Trinité de Vendôme l'autorisation de s'approvi- 
sionner de bois dans les forêts de ses domaines. 

CartuL Trin, de Vend., n» 239. 

227. — 1074, août. Angers. 

Notice de la restitution de Téglise de Cheviré, faite au monas- 
tère de la Trinité de Vendôme par Fonde Blaison, sur Tinterven- 
tion et en présence de Foulque (le Réchin), qui, lors d'une 
bataille contre les Poitevins, avait fait vœu de s'y employer. 

/Aie/., n« 245. 

228. — 1068-13 janvier 1075. 

Notice du don fait aux moines de Notre-Dame de Noyers par 
Gui de Nevers, alors seigneur de Nouâtre, du serf Hubert avec 
sa femme, ses enfants et ses biens, du consentement du comte 
Foulque, qui le lui avait précédemment donné. Foulque sous- 
crit. 

CartuL de Noyers^ éd. Chevalier, n» 50. 

Antérieur au 14 janvier 1075, date où Bouchard III, comte de Vendôme, qui 
avait été jusque-là sous le bail de Gui de Nevers, tant pour le comté de Vendôme 
(Pétig;ny, Hist. archéolog. du Vendômois, 2* éd., p. 344-318} que pour le fief de 
Nouâtrc {CartuL de Soyers^ n"' 116-118), commença à exercer le pouvoir [Car- 
lui. de la Irin, de Vend., n- 247 ; cf. le n» 249). 

229. — 1068-20 janvier 1076. 
Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Serge d*An- 



310 LE COMTÉ d' ANJOU 

gers deux mesures [mansurae) de terre dans la forêt de Cham- 
biers. La comtesse Ermengarde (sa femme) souscrit. 

Copie du XVIII» s., ms. lat. ri446, p. 275, d'après le y" CartuL de Saint- 
Serge, n» 200. 

Antérieur au 21 janv. 1076, puisqu'à cette date (voir p. 169) Foulque épousa 
Orengarde. 

230. — 1076, avant le 15 mai. Cunault. 

Foulque (le Réchin), passant à Cunault en se rendant à Angers, 
donne aux moines dudit lieu deux métairies, Tune à Louerre, 
Tautre à Sauge. 

Ôrig. ou copie conlemp., Arch. de Maine-et-Loire, G 842, fol. 279. — 
Éd. iMarchegay, Bibl. de V École des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 405. 

Daté de Tan de la Passion 1044, avant la Pentecôte. 



231. — 1076, 17 mai. Angers. 

Foulque (le Réchin), pour le salut de sa femme Orengarde, 
donne au monastère de Saint-Nicolas d'Angers une partie de la 
forêt des Echats. 

Copie du xvin« s., Coll. dom Housseau, vol. III, n® 789, d'après le Car- 
tuL de Saint-NicolaSj fol. 123 ; analyse du xvii« s., d'après le cartul.. Coll. 
Baluze, vol. 38, fol. 50 v*». — Éd. : Epitome S, Nicolai, p. 68. 

Daté du 16 des calendes de juin, troisième jour après la Pentecôte ; or Oren- 
garde à épousé Foulque le 21 janvier 1076 (voir p. 169) et se fit reli}çieu«e le 
9 juin 1080 (voir n» 236) : donc l'acte est de 1076-1080 ; mais c'est seulement en 1076 
que, pendant ces cinq années, le 17 mai tomba le troisième jour de Pentecôte. 



232. — 23 mai 1074-3 août 1076. 

Foulque (le Réchin), pour le repos de Tâme de son père Geof- 
froi et de sa mère Ermengarde, de son oncle, le comte Geoffroi, 
et de son aïeul, le comte Foulque, donne aux moines de Notre- 
Dame et Saint-Philibert de Cunault le droit de faire un four libre 
de toute redevance, en échange de Tassocîation spirituelle pour 



CATALOGUE D*ACT£S 311 

lui et ses parents, a Fait après la destruction du château de 
Trêves. » 

Orig;., titres non reliés du prieuré do Cunault, à CunaulU 

Daté de Tan 16 du roi Philippe : si Ton a compté I*an du rèfçne depuis le cou- 
ronnement (33 mai 1059), Tacte se place entre le 23 mai 1074 et le 22 mai 1075 : si 
on Ta compté depuis la mort de Henri I*' (4 août 1060), Tacte se place entre le 
4 août 1075 et le 3 août 1076. 

233. — 1076 et après. 

Notice. Girard Follet, prévôt d'Angers, qui avait sauvé la vie 
à Foulque (le Réchin), quand celui-ci, blessé grièvement à la 
jambe, à la suite d'un accident de cheval, et quittant le siège de 
la Flèche pour se faire transporter par eau à Angers, faillit 
sombrer dans le Loir près de la porte de Gorzé, et qui avait reçu 
du comte, en récompense de ce service, une pêcherie à la Roche- 
Béhuard, en fait don à Saint-Nicolas d'Angers. Foulque (le 
Réchin) ratifie ce don à Angers, dans sa chambre. 

Copie du xviii« s., Coll. dom llousseau, vol. III, n° 989, d'après le Carlul, 
Je Saint-Nicolas y fol. 15 ; analyse, d'après le cartul., ms. fr. 22450, p. 163. 

Cette notice se rapporte au premier siège de la Flèche, en 1076 (voir p. 182-183). 

234. — 1077. 

Notice. Foulque (le Réchin) confirme Tachât fait par les moines 

de Marmoutier de vingt-cinq arpents sis près du lieu appelé 
ad Fraxinum, 

Copie partielle du xviii«»s.,Goll. dom Ilousseau, vol. XII*, n® 6723, d'après 
le CartuL tourangeau de Marmoutier^ fol. 87 v". 

235. — 1068-1077. 

Notice relatant que les chanoines de Saint-Maurille d'Angers 
ayant réclamé la dîme des moissons récoltées par les moines de 
Saint-Nicolas d'Angers sur les terres défrichées par ceux-ci 
dans le hois de Villenière, les chanoines furent invités par 
Tévêque Eusèbe et le comte Foulque à vsoumettre un champion 



312 LE COMTÉ D ANJOU 

à Tépreu^e de Teau bouillante et que cette épreuve tourna à 
leur désavantage. Foulque (le Réchin) témoin. 

Copie du XVII» s., par A. Du Chesne, Coll. Du Chesne, vol. 26, fol, 66 ; 
ms. lat. 11792, fol. 148. — Ed. : Epitome S. Nicolai, p. 66 ; Marchegay, 
Archives d'Anjou, 1. 1, p. 474, d'après V Epitome el la copie de la Coll. Du 
Chesne. , 

De 1077, au plus tard, parce que parmi les témoins fig-urc le doyen Robert, lequel 
mourut en cette annëe^ au plus tard (Gallia christ.^ t. XIV, col. 588). 



236. • — 1080, 9 juin, Tours, puis 9 septembre, Notre- 
Dame-de-la-Gharité d'Angers. 

Foulque (le Réchin), pour la remise de ses péchés et ceux de sa 
femme Orengarde, qui se fait religieuse, abandonne aux moines 
de Saint-Florent de Saumur tous ses droits d'usage sur le châ- 
teau de Sai^it-Florent-le- Vieil, à condition qu'ils paieront aux 
religieuses de Beaumont-lès-Toùrs un cens de cinquante sous 
(9 juin, Tours). — Il confirme la charte le lendemain de la Nati- 
vité de la Vierge, dans le cloître de Notre-Dame-de-la Charité 
d'Angers. 

Livre blanc de Saint-Florent, fol. 3. 

237. — 1080. 

Foulque (le Réchin) confirme la remise de droits de péage 
accordée par Geoffroi « Martel » au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers pour un bateau de transport sur la Loire. 

Analyses du xviii® s. d'après le Cartul. de Saint-Nicolas, fol. 13 ou 14 : 
ms. fr. 22450, p. 162, et Coll. dom Housseau, vol. XlIP, n«>9510. 

Daté de l'an de l'ordination de Tabbé Nocl : 1080 ^voir Port, Dictionn., t. III, 
p. 11). 

238. — 1068-1081, un 4® dimanche de carême. Baugé. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin), sur la 
plainte des moines de Saint-Serge d'Angers, aux termes duquel 



CATALOGUE d' ACTES 313 

il est enjoint aux fourriers du comte de ne réclamer aucun four- 
rage au cimetière de l'église Saint-Martin de Beauveau. 

Ménage, Ilist, de Sablé, p. 354, d'après le f «"* CartuL de Saint-Serge^ 
fol. 103 v«>, no 201. 

Au temps de i*évêqiie Eusèbe (morl le 27 août 1081 : voir Obit. de Saint-Serge, 
p. 108 du Recueil d ann. an^eu. et vendôm.)^ un « dimanche de mi-caréme ». 

239. — 1068-H avril! 082. 

Notice. Foulque (le Réchin) donne aux moines de Saint-Serge 
d'Angers une église qu'il venait de construire à Vendangé avec 
ses dépendances et une partie de la terre et du bois de Monnais. 

Copies du xvii* s., d'après le 1*^ Car lui. de Saint-Serge, n° 188, dans ms. 
lai. 5446, p. 177 (le scribe a eu Torig. sous les yeux), et dans Coll. dom lïous- 
scau, vol IP, n<* 623. -^ Éd. partielle : Sainte-Marthe, Gallia christ. y t. IV, 
p. 822, d'après le cartulaire. 

Antérieur à la mort de l'abbé Daibert (11 avr. 1082 : Obit. de Saint-SergCy 
p. 108 du Recueil d*ann. angev. et vendôm.), qui paraît dans Tacte. 

240. — 1068-7 mai 1082. 

« 

Hugue de Langeais, du consentement de ses frères Hamelin 
et Geoffroi, le doyen, ainsi que de son suzerain Geoffroi de 
Mayenne et du comte d'Anjou, « le très victorieux » Foulque, 
donne au monastère de Bourgueil la moitié de la terre de Cha- 
lonnes et le tiers de la voirie que tenait de lui son vassal Gautier. 
Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du xvii« s.. Coll. Baluze, vol. 38, fol. 183, d'après le CartuL de 
Bourgueil j fol. 97 ; copie du wui^ s., Coll. dom Rousseau, vol. III, n*» 936,. 
d'après le même carlul. ; copie du xix" s., par Salmon, Biblioth. de Tours, 
ms. 1338, fol. 312, d'après une copie du même cartul. dans le cartul. de 
dom Fouquet, p. 133. 

Le doyen Geoffroi, nommé ici, fut consacré évèque d'Anfçers le 8 mai 1082 
(Ann. de Vend., p. 65 du Recueil d'ann. angev. et vend, et n. 4 ; ibid., p. 45). 
Si nous ne savions déjà par aillcura (voir p. 148, n.)que Foulque le Réchin ne ren- 
versa définitivement son frère qu'après la mort de l'archevôquc Barthélemi 
(9 avril 1068), on pourrait faire valoir que cet acte, étant souscrit par l'archevêque 
Uaoul, est postérieur à cet événement. 



314 LE COMTÉ d'aNJOU 

'241. — 1081 ou 1082 (?). 

Notice du don fait à Téglise de Saint-Etienne-en-Val par Guil- 
laume de Montsoreau de Téglise et du bourg de Saint-Pierre de 
Salleio et de la confirmation du comte Foulque. 

Copie du XVIII® s., Coll. dom Housseau, vol. III, n® 934, d'après le CarluL 
de Saint-Elienne-en-Val, fol. 3. 

Dalé : « quand le légal Aimé vint à Tours » = 1081 ou plutôt 1082, d*après la 
Narraiio controversise^ etc., publ. dans les Hisl. de Fr., t. XII, p. 459, en tenant 
compte des observations faites plus haut, p. 198, n. 3. 

.242. — 1082, 13 septembre. Saint-Maurice d'Angers. 

Notice de Taccord intervenu entre le comte Foulque « le Jeune « 
et Tévêque d'Angers Geoffroi au sujet de la juridiction des crimes 
d'adultère et d'usure commis par des laïcs. 

Copies du xvii® s., d'après le Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, 
fol. 37 v*», iio 53 : par A. Du Chesne, dans Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 v»; 
au même vol., fol. 51 ; Bibliolh. d'Angefs, ms. 690, anc. 624, fol. 361. 
Copie du xviii» s., d'apivs la môme source-, dans Coll. dom Ilousseau, 
vol. III, no 844. 

243. — 1083, 6 janvier. Angers. 

Notice du jugement rendu par Geoffroi, évêque d'Angers, 
Raoul, archevêque de Tours, Foulque, comte d'Anjou, et Renaud, 
nommé depuis" archevêque de Reims, reconnaissant les droits 
des moines de Saint-Nicolas d'Angers sur l'église de Champtocé, 
que Renaud Méclùn - [Mischinus) leur avait donnée, mais que 
Joubert le Borgne, gendre dudit Renaud,* avait vendue aux 
moines de Saint-Florent de Saumur. 

Copie du XVI II» s.. Coll. dom Housseau, vol. III, n° 829, d'après le Car- 
tul. de Saint- Nicolas. 

Daté du jour de rÉpiphanic. Or l'acte est postérieur à la consécration de Geof- 
froi comme évéque d'Angers, c'est-à-dire au 8 mai 1082 (Voir n" 240), et anté- 
rieur à l'avènement de Renaud de Monlrcuil-Bellay, trésorier de Saint-Martin de 
Tours, à l'archevôché de Heims, c'est-à-dire à la fin de l'an 1083 (voir Gallia chrisL, 
t. IX, col. 75). 11 est donc du 6 janvier 1083. 



CATALOGUE d'aCTKS 31 S 

244. — 1068-1083. 

Don à Tabbé Raimond et aux moines de Bourgueil par un 
certain Bouchard de l'église Sainte-Croix de Tours et de divers 
biens qu'il tenait en (ief du comte d'Anjou. Foulque (le Réchin) 
souscrit. 

Copie du xviii* s., d'après Torig., ms. lat. 17127, p. 201 ; copie du 
xvii« s., dans Coll. Baluzc, vol. 38, fol. 185, et du xviii» s., dans Coll. dom 
Housseau, vol II*, n*> 567, d'après le Cnrtul. de Bourgueil, fol. 339. 

Souscrit par Renaud de Montrcuil-Bellay, encore trésorier de Saint-Martin de 
Tours (voir n» 243). 

i 245. — 1068-1083. 

Notice du don fait aux moines de Marmoutier par Foulque (le 
Réchin) en la cour de Raoul, archevêque de Tours, des coutumes 
qu'il possédait sur la terre d'Ângliers. 

« 

Marchegay, Cartulaires du Bas-Poitou, p. 90, d'après Torig. 

La charte est souscrite par Alleaume de Semblançay. Il ne peut s'agir que 
d'AUcaume I*, mort en 1083 (Charte ori^ç. des Arch. d' Indre-et-Loire, H 324, 
copie dans Coll. dom Housseau, vol. III, n« 849), car Alleaume II, qu'on trouve pos- 
térieurement  1091 (voir A. de la Ponce, Recherches généal. sar.., les seigneurs 
de Semblançay, dans les Mém. Soc. archéoL de Toaraine,i. VI, 1854, p. 169 et 
suîv.), ne paraît pas dans les chartes au temps de GeofTroi Fouel et de GeofTroi 
Papcbeuf, qui souscrivent également. 

• 

246. — 1068-1084. Au siège de Maillé, puis à Tours. 

Foulque (le Réchin) confirme de sa souscription la notice 
relatant la concession faite aux moines de Pontlevoy par le 
vicomte de Blois Geudouin de divers droits en la forêt Seutica^ 
d'une terre sise à Villare et de deux familles de serfs. — Un 
peu plus tard. Foulque ayant revendiqué ce qu'il avait ainsi 
concédé, les moines vont le trouver à Angers, puis à Tours, 
et, en échange d*un vase d'argent valant huit livres, il leur 
confirme le don précédent. 

Orig. scellé d'un sceau plaqué au revers de Tacte, Arch. de Loir-et- 
Cher, fonds de Pontlevoy. — Éd. : Hevue de Loir-et-Cher, t. XV, 1902, 



316 LE COMTÉ d'aNJOD 

p. H5. Sceau reproduit et décrit par M. de Manteyer, dans les Mém. de la 
Soc. des antiquaires de France^ t. LX, 1901, p. 332 et suiv. 

L'acte du début est souscrit par Thibaud de Rochecorbon, mort â une date 
antérieure â 1 088, date où son fils Robert lui avait succédé (Livre des serf s de 
Marmoulier, éd. Salmon, n" 117), et par Sulpice de Chaumont, mort à une date 
antérieure à 1085, puisque son fils lui avait déjà succédé quand Geoftroi de Preuilly 
devint comte de Vendôme (Gesta Ambaz., p. 185 des Chron. des comtes d'Anjou). 



247. — 1085, 7 mai. Mannoutier. 

Foulque (le Réchin) pose sur Tautel du monastère de Marmou- 
tier la charte par laquelle il avait, relevant d'une grave maladie, 
donné audit monastère, où il désire recevoir plus tard la sépul- 
ture, toute la forêt Canevosa^ dont son chapelain Robert était 
déjà venu, le 14 mars, faire la remisé aux moines. 

Copies d'après rorig. scellé d'un sceau plaqué : du xvii* s., par dom 
Martène, dansms. lat. 12878, fol 311 ; du xviii" s., dans Coll. dom Housseau, 
vol. III, n» 881. 

248. — 1068-21 décembre 1087. 

Josselin de la Pouèze et sa femme Plaisance donnent aux 
moines de Saint-Nicolas d'Angers les coutumes de la terre de 
la Goumonière et une partie de la forêt à défricher. Foulque (le 
Réchin) confirme moyennant -dix livres. 

Analyses duxviii* s., Coll. dom Housseau, vol. XIII^, n® 9563, et ms. 
fr. 22450, p. 171, d'après \eCâriuL de Sainl-Nicolas, fol. 82. 

L'acte est antérieur au 22 décembre 1087, parce qu'il est souscrit parle prévôt 
d'Angers Robert le Maréchal, prédécesseur de Girard Follet, qui parait comme 
prévôt au n« 250 (Cf. Le Moyen Affe, t. XV, 1902, p. 318}. 

249. — 1081, avant le 13 décembre. Saumur. 

Notice racontant les revendications exercées par un chevalier 
de Doué, nommé Gérard Belin, sur un alleu appartenant à Saint- 
Florent de Saumur et comment l'affaire, portée à Saumnr 
devant le comte Foulque et Tévêque Geoffroi, ne put y être 
tranchée, Gérard n'ayant pas eu de témoins à produire. — Peu 



CATALOGUE D*ACTE8 317 

après, le 13 décembre 1087, un accord a lieu à Doué par devant 
Geudouin, seigneur du lieu, et Grécie, son épouse. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, fonds de Saint-Florent, prieuré de 
Dénezé. 

250. — 1087, 22 décembre. Saint- Aubin d'Angers. 

Notice de la réparation faite aux moines de Saint-Aubin par 
Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « Martel », pour les rede- 
vances injustes qu il avait levées sur leurs troupeaux. 

CarluL de Saint-Aubin, n9 8. 

251. — 1087. 

Foulque « le Jeune », revenant de Tincendie du Lion-d'Angers, 
fait remise à Saint-Aubin d'Angers de toutes les coutumes qu'il 
possédait à Saint-Remy-la-Va renne, réserve faite du service 
militaire. 

Ibid., n« 182. 

252. — 1068-1089. 

Evrard, chevalier de Loudun, donne à l'abbé Raimond et aux 
moines de Bourgueil une église sise à Mont-Saint-Léger. Foulque 
(le Réchin) souscrit. 

Copie du XVIII* s., ms. lat. 17127, p. 1 57, d'après Torig. ; copie du xvii«s., 
Coll. Baluze, vol. 38, fol. 188, d'après le CarluL de Bourgueil^ fol. 47 ; 
copie du xviii« s., Coll. dom Housseau, vol. II*, n^ 570, d'après le cartul. 

Anlërîeur, ainsi que les n** suivants, à la mort de Tabbé Raimond, auquel Bau- 
dri succéda en 1089 (Pasquier, Baudride Bourg aeil, p. 275). 

253. — 1068-1089. 

Evrard renouvelle la précédente donation et y ajoute les dîmes, 
offrandes et sépultures de l'église. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du xviii** s.,ms.lat. 17127, p. 164. d'après Porig. ; copie du xvii» s., 
Coll. Baluze, vol. 38, fol. 188 ro-v«>, d'après le CartuL de Bourgueil, fol. 



318 LE COMITÉ D*A7liOU 

50 V® ; copie du xviii« s., Coll. dom Housseau. vol. II*, n»570/>«. d'après 
le cartul. 

254. — 1068-1089. 

Evrard, au moment où son fils embrasse à Boui^^ueil la vie 
monastique, confirme aux moines du lieu les donations précé- 
dentes et y ajoute les droits de justice, qu^il avait d'abord rete- 
nus. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du XVII* s., Coll. Baluze,voI. 38, fol. 189,d'aprèsle Cartul. de Boar- 
gueilf fol. 47 r«- v» ; copie du xviii» s., Coll. dom Ilousseau, vol. II', n? 571, 
d'après le cartul. 

255. — 1090, 31 janvier. Loches. 

Foulque (le Réchin) donne aux moines de Bilangcrio le 
domaine de Channay pour y ^construire une église. Son fils 
Geofiroi confirme et fait apposer son sceau à l'acte. 

Copie du xviii» s., Coll. dom Housseau, vol. III, n® 914. d'après Torig. 
avec tf sceau arraché )>. 

256. — 1090, 24 avril. 

Foulque (le Réchin), d'accord avec Bertrade, son épouse, et 
GeofTroi, son fils, restitue Tîle Saint-Maur aux moines de Saint- 
Maur de Glanfeuil. 

Cartul. de Snint-Atnur, no 23. 

Dessin du sceau plaqué autrefois à l'acle dans le cartul. orig. de Saint-Maur, 
fol. 8 v*, rcprod. dans l'éd. Marchegay, p. 323. 

257. — 1090, l®' décembre. Angers. 

Notice de la promesse faite aux moines du Mont-Saint-Michel 
que les terres et les vignes qu'ils possédaient alors en Anjou et en 
Touraine ne seraient pas saisies en cas de délit commis en Nor- 
mandie ou ailleurs. Foulque (le Réchin), qui reçoit trente livres, 
son lils GeoiTroi et l'évêque d'Angers Renaud souscrivent, ainsi 
que l'écolâtre Marbeuf et Geoffroi de Mayenne. 



CATALOGUE d'aCTES 319 

Copie de la fin du xiii* s., dans le Livre vert du MonlSaint-Michel^ 
Biblioth. d'Avranches, ms. 240, fol. 77 (anc. 73). — Éd.: Gallia christiana, 
l. XI, Insirum. y col. 108, d'après le Livre vert, 

258. — 23 décembre 1087-mars 1091. Angers. 

Notice relatant comment Geoffroi de Preuilly vint à Angers 
trouver le comte d'Anjou et Tayant rencontré assis dans sa cour 
derrière Geoffroi Fouchard, son sénéchal, et Geudouin de Doué, 
alors à cheval et le faucon au poing, obtint dudit comte la con- 
firmation des donations faites au prieuré de Thouarcé par Isem- 
bard le Jeune, seigneur du lieu. 

Livre blanc de Saint^Florent, fol, 21. 

Postérieur au 22 déc. 1087, date où le sénéchal du comte était encore Pierre 
(voir p. 192, n. 2) ; antérieur à une nouvelle confirmation accordée par Geoffroi de 
Preuilly pendant le carême de Tannée 1091 {Livre blanc de Saint-Florent, fol. 2 S). 

259. — 1091, 25 avril. Saint-Maurde Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin) confirme les dispositions prises par son 
oncle au sujet du droit de panage des moines de Saint-Maur de 
Glanfeuil. 

Cartul, de Saint-Maur^ n® 38. 

Vendredi (sexta /erta), 3* jour après la saint Denis (22 avril) ^ vendredi 
25 avril. Or Geoffroi. » fils de Fouchard », qui se fit moine à Saint-Florent de Sau- 
mur le 25 août 1089 {Livre blanc de Saint-Florsat, fol. 33 v-34 r«), et Sebrand, 
connétable du comte depuis 1085 env. (voir p. 192, n. 3), paraissant Tun et l'autre 
dans Pacte, cet acte est des années 1090-1093, et ce n'est qu'en 1091 que, pendant 
ce laps de temps, le 2) avril est tombé un vendredi. 

260. — 1091, 4 septembre. 

Foulque (le Réchin), ayant reconstruit le château de Trêves, 
obtient des moines de Cunault la restitution du port et du marché 
de Trêves, qu'il leur avait concédés lorsqu'il avait détruit le châ- 
teau, et leur fait remise, en échange, de tous les droits de justice 
qu'il possédait sur leur « villa », sauf dans les cas d'homicide et de 
crimes entraînant la peine de mort, leur donne la terre de Liseis et 



320 LE COMTÉ d'aNJOU 

leur confirme les dons que leur avait faits Geoffroî « Martel» et 
son épouse. iVgnès. 

1<* Copie de septembre 1243, dans un vidimus orig. de Joël, archevêque 
de Tours, d'après Torig. «scellé» de la charte de Foulque le Réchin, Arch.de 
Maine-et-Loire, G 826, fol. 30 ; copie de Tan 1560, dansiun vidimus orig. 
de Guillaume Maillet, sergent royal du bailliage de Gennes, d'après le 
même orig., «scellé eu queue simple de cire jaulne», ibid,, fol 31 ; copie du 
XVI* s., dans un vidimus donné à Loudun, d'après une copie de l'an 1301 de 
la charte de Foulque « scellée », ibid., fol. 40. — 2° Notice de la donation 
de Foulque, orig., Archives du prieuré de Cunault, à Cunault, vol. 1, 
pièce n° 1, avec la croix du comte. 

L'acte est date de 1091, ind. 14, 2 des nones de septembre, « ferla IIII » : 
il y a là une légère erreur, car c'est un jeudi et non un mercredi que tombait le 
4 septembre en 1091. 



261. — 1091, après le 24 février. Dans la maison de Guichard 

de Montbazon. 

Fouque (le Réchin) et son fils Geoffroi confirment la donation 
faite au monastère de Marmoutier par Archembaud, fils d'Ulger, 
de toutes les coutumes qu'il possédait au Louroux [Loratorium). 

Copies du xviii» s., d'après le CartuL tourangeau de Marmoutier, îo\. 178, 
Coll. dom Housseau, vol. XII*, n° 6772 ;Coll. dom Fonteneau^ à la Bibl. de 
Poitiers, vol. 17, p. 389 ; Coll. Moreau, vol. 36, fol. 222, copie incomplète. 

Daté de 1091, 8* année de l'abbé Bernard: celui-ci fut nommé abbé après le 
24 février 10K4, date à laquelle mourut son prédécesseur Barthélemi (Salmon, 
Chron, de Touraine, préface, p. cvii). 



262.— 1092, 27 juillet. Saint-Nicolas d'Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme aux moines de Saint-Nicolas 
d'Angers les dons qui leur ont été faits par son oncle Geoffroi 
(Martel) et leur rend la dîme du panage de Monnais. Hélie, 
comte du Maine, souscrit. — Geoffroi (Martel), fils de Foulque (le 
Réchin), souscrit la charte un peu plus tard, un samedi. 

Copie du xYiii^s., Coll. dom Housseau, vol. III, n^ 937, d'après le CartuL 
de Saint-Nicolas, — Éd. : Epitome S. Nicolai, p. 49. 



' 



CATALOGUE D* ACTES 321 

263. — 1092,27 juillet. Saint-Nicolas d^Angers. 

Foulque (le Réchin) souscrit la charte par laquelle la com- 
tesse Grécie avait donné aux moines de Saint-Nicolas d'Angers 
un fournil près Grevia, 

Cf. n» 188. 

264. — 1092, 7 décembre. Angers. 

Notice de la sentence rendue par Foulque « le Jeune », inter- 
disant à son prévôt Giraud de réclamer des coutumes sur les 
terres des chanoines de Saint-Maurice d'Angers sises à Long- 
champs. 

Copie du xvii^s., Bibl. d*Angers, ms. 689, anc. 623, fol. 309 v°, d'après le 
Livre noir de Saint-Maurice j fol. 38, n^ 56. 

265. — 1092, 30 décembre. Saumur. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) et Robert 
le Bourguignon déboutent Barnellus de Saumur de ses préten- 
tions sur la dîme de Mazières et de Pancereis. 

Livre noir de Saint-Florent, fol. 44. 

Daté de Tan « MXCIII, IIi*> kal. jaiiuarii, V* feria ». C'est en 1092, et non en 
1093, que le 30 dëc. tombait un jeudi : on avait donc change le millésime à Noël. 

266. — 1092. Amboise. 

Giraud donne au monastère de Preuilly Téglise Saint-Pierre 
et Sainte-Juliette de Luigniaco, Foulque (le Réchin) souscrit. 

Copie du xviii« s,, Coll. dom Housseau, vol. III, n^ 931, d'après les « ar- 
chives de l'abbaye de Preuilly ». 

267. - 8 mai 1085-6 février 1093. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Sauveur de 
Villeloin tout ce qu'il possède dans la « villa » d'Hispaniacus. 

Halphen. — Le comté d^Anjou, 21 



322 LE COMTÉ D*AKJOU 

Copie du xvir" s., par A. Du Chesiie, Coll. Du Chcsne, vol. 22, fol. 
436, et (la XVIII*' s., dans Coll. dom Ilousseau, vol. IP, n» 616, d'apK's le 
Cariut. de Villeloin^ fol. 56 v°. 

Souscril par le sénéchal Pierre, qui n'élait pas encore en fonctions le 7 mai I0s5 
et qui ne l'était plus le 7 février 1093 {voir p. 192, n. 2). 



268. — 1093, 17 octobre. 

Notice de la donation faite par Hélie, comte du Maine « par 
droit de naissance », à Téglise Saint-Gervais et Saint-Protaîs du 
Mans de toutes les coutumes des terres de Villiers, Pruillé. 
Villegermain, Marcé, Savigné, Mulsanne, Bener, Maule. Foulque 
(le Réchin) témoin. 

Charlul. insignis ecclesiae CenomannensiSy quod dicitur Liber albu.<, 
nMlS. 

Daté : le jour de la translation de la châsse de saint Julien dans la nouvelle 
église = 17 oct. 1093 [Aclus ponlif. Cenomannis in urbe degenlium, éd. Busson et 
Ledru, p. 394). 

269.-1093,4 décembre. 

Foulque (le Réchin) décide que désormais le chang-e de la 
monnaie et la vente des épices aura lieu exclusivement pour 
Angers et les faubourgs dans la cour du chapitre de Saint-Mau- 
rice d*Angers. 

Copie du XVIII» s., Coll. dom Housscau, vol. 111, n© 957, d'après le Lirr^ 
noir de Saint-Maurice d'Angers^ fol. 38 v**, n° 57 ; copie du xvii* s., j)ar 
A. Du Chesne, Coll. Baluze, vol. 39, fol. 62 v^, d'après un rcgislrc de 
Saint- Maurice. — Éd. incomplète : Choppin, Z)e legibus AndiuFn niunicipa- 
/t7;ii«, t. I»»", p. 106 (éd. del581). 

270—1093. 

Aimeri, fils de Machel de Saintes, donne aux moines de 
Bourgueil l'église Saint-Michel de Langeais pour y fonder un 
prieuré. Foulque (le Réchin), pour le repos de Tàme de son 
oncle Geoffroi «Martel », souscrit. 

Orig., Biblioth. de Reims, Coll. Tarbê, carton 4,n° 25. 



CATALOGUE D ACTES 323 



271. — 1068-1093. 



Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) oblige 
Eon de Blaison à renoncer aux droits de voirie auxquels son 
voyer prétendait sur des terres de Saint-Nicolas d'Angers. 

Analyse du xviii* s., ms. fr. 22450,. p. 470, d'après le CarluL de Saint- 
Nicolas, fol. 69. 

Parmi les témoins, Girois de Beaupréau, dont le fils, Orri, avait recueilli la suc- 
cession en 1093, au plus tard, au temps de Tabbë de S^aint-Scrge Achard (voir le 
n" 69 du 2* Cartul. de Saint-Serge, analysé dans G. Durville, Le cariulaire de 
Saint-Serge^ p. 110). 

272. — 1094, 24 juin. Saint-Florent de Saumur. 

Hugue de Die relève Foulque (le Réchin) de l'excommunica- 
tion lancée contre lui pour avoir tenu son frère Geoffroi en pri- 
son ; Foulque s'engage en échange, au cas où Geoffroi revien- 
drait à la raison, à s'accorder avec lui ou à s en remettre à un 
tribunal ; il promet, en outre, dé ne plus contracter de 
niariage sans prendre conseil des évéques. 

//«/. de Fr,, t. XIV, p. 791 ; Cartul. de Sainl-Laud, n« 16. 

272 bis. — 1074-1095, un 1«^ mai. Saumur. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) déboute 
Thomas de Chinon de ses revendications sur la Cour-de-Pierre. 

Car tu L du Roncerayt n® 177. 

Au temps de Tabhesse Richilde, c'est-à-dire postérieurement au 23 juin 1073 
(voir n" 225), et de laixhidiacre Marbeuf, c'est-à-dire avant mars 1096, date où 
Marbeuf fut nommé évéque de Rennes (Port, Dictionnaire, t. II, p. 587). 

273. — 1095. Saint-Serge d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne aux moines de Saint-Serge d'An- 
gers une grande partie de la forêt de Verrières. Son fils Geoffroi 
souscrit. — La charte est donnée « au temps où la France était 
souillée par l'adultère de l'indigne roi Philippe ». 



324 LK COMTÉ d'aNJOU 

Copies d'après le Z*"^ CartuL de Salnt-Serge^ n® 163 : du xvii* s., par 
A. Da Ghesne, Coll. Baluzc, vol. 39, fol. 71 ; du xviii'^ s., dans ms. !al, 
5446, p. 268 ; du xviii* s., par Bouhier, daas ms. lat. 17709, p. 17 ; du 
XVIII® s., Coll. dom Housseau, vol. III, n° 980. — Éd. : Sainte-Marthe, GailU 
chrisfiana, t. I, p. 764, et t. II, p, 129, d'après le cartulaire. 

274. — 1095. Angers. 

Foulque (le Réchin) juge un différend survenu entre les moines 
de Saint-Nicolas d'Angers et Geoffroi Rorgon, seigneur de 
Gandé, au sujet de la terre d'Etriché, et abandonne lui-même tous 
les droits qu'il possédait sur cette terre. 

Copie du xv!!!*" s., Coll. dom Housseau, vol. III, n** 981, d'après Torig. 
scellé d'un sceau « en placard », représentant « un cavalier habillé de 
toutes pièces, avec ces mots autour :Sigillum comitis Fulconis. u 

275. — i096, 12 février. Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme, en même temps qu'Urbain II, et 
appose sa souscription à la charte par laquelle Renaud, (Ils de 
Robert le Bourguignon, avait fondé et doté le monastère de la 
Roë. 

Copie du XII* s., dans le Carlul, de la Rof^, fol. 3, n" l. — Ed. : Baluze, 
Miscellanea, t. III, p. 18. 

276. — 1096, 14 février. Saint-Nicolas d'Angers. 

Foulque (le Réchin) donne au monastère de Saint-Nicolas 
d'.\ngers, le jour où le pape Urbain II procède à la dédicace de 
son église, trois charruées de terre dans la forêt des Echats, ainsi 
que la terre et le bois d'Avalou. 

Copie du xvii« s., Biblioth. d'Angers, ms. 839, anc. 755, fol. 50. — Epi- 
tome S. \icolaij p. 64. 

Une notice ds l'an 10:)S rappelle Ciîtte donation ; elle est éditée dans le Brevî- 
eulnm S. Nicolai. p. 27, VEpitàme S. Nicolai^ p. 29, le Cartul. de Sainl-Aubin, 
no 889, et î»e trouvait au fol. 70 du Carliil. de Saint-N icolas, suivAul le ms. fr. 22&M. 

277. — 1096, 10 mars. Marmoutier. 
Notice racontant comment Foulque « le Jeune », après avoir 



-*. 



CATALOGUE d' ACTES 325 

assisté, le 9 mars, à la harangue dans laquelle Urbain II avait 
déclaré solennellement confirmer les privilèges du monastère de 
Marmoutier, avait lui-même accordé, le lendemain, sa protec- 
tion aux moines, lors de la dédicace de Téglise par le pape et à la 
prière de ce dernier. 

JlisL de Fr., t. XIV, p. 69 ; reproduit dans le De commendatione Turon, 
provinciae, p. 315 de Sa! mon, Recueil des chron. de Tou raine. 

278. — 1080-mai 1096. 

Notice du jugement rendu par devant Foulque (le Réchin), 
déclarant mal fondée l'opposition faite par les moines de Saint- 
Nicolas d'Angers à Tachât de la terre de Montreuil-sur-Maine 
conclu par les religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité. 

Car lui, du Ronceray, n" 225. 

Au temps de Noël, abbé de Saint-Nicolas de 1080 â mai 1006 (Port, Dictionn.^ 
t. m, p. 11). 

279. — 1096, 23 juin. Angers. 

Foulque (le Réchin), du consentement de ses fils Geoffroi et 
Foulque {Fulconellus) et de sa fille Ermengarde, qui souscrivent, 
donne à l'église Saint-Maurice d'Angers et à Tévêque Geoffroi 
tout ce qu'il possède dans l'île de Chalonnes, en échange d'une 
somme de cinq mille sous angevins. 

Copies d'après le Livre noir de Sainl-AfauricCy fol. 42, n*» 03 : de l'an 
4613, Arch. de Maine-et-Loire, G 87, n» 5 ; du xvii* s., Bibl. d'Angers, 
ms. 688, anc. 622, n® 50, et ras. 690, anc. 624, vol. I, fol. 362 ; du xviii* s.. 
Coll. dom Rousseau, vol. III, n® 990. — Éd. : Sainte-Marthe, Gallia chris- 
tiana, t. II, p. 128 ; Migne, PatroL lat.,i. CLV, col. 479, d'après le précé- 
dent. 

280. — 1096, 22 août. Angers. 

Foulque « le Jeune » donne la forêt des Echats, en échange 
d une somme de six mille sous, au monastère de Saint-Nicolas 
d'Angers, où repose le corps de son oncle Geoffroi (Martel). 



326 LE COMTÉ d'aNJOC 

Geoffroi et Foulque, fils de Foulque (le Réchin), et Ermengparde, 
sa fille, souscrivent l'acte le 2i août. 

Copie contemp., mutilée, au couvent des religieuses du Bon-Pasteur, à 
Angers. — Copie du xvrri* s., Coll. dom Housseau, vol. 111, n® 1048. d'après 
le Carlul, de Skint-Nicolas, fol. 6 ; analyses du xviii* s., Coll. Baliize. 
vol. 38, fol. 49, et du xviii« s., ms. fr. 22450, p. 161, d'après le cartulaire. — 
Éd. : Breviculum S, Nicolai, p. 28 ; Epitome S. Nicolai^ p. 30. 

281. — 1096. Tours. 

Foulque (le Réchin) et son fils Geoffroi souscrivent la notice 
relatant la donation de Téglise Notre-Dame et Saint-Florentin 
d'Amboise faite' aux moines de Ponllevoy par Hugue, seigneur 
de Chaumont, et Ainieri de Courron, au moment de leur départ 
pour la Terre Sainte. En échange de la confirmation accordée 
par les deux comtes, les moines devront prier tous les lundis 
pour le salut de leurs âmes et celles des soldats morts à la 
bataille de Pontlevoy. 

Orig., autrefois scellé d'un sceau plaqué, Arch. de Loir-et-Cher, fonds 
de Pontlevoy. — Éd. ; Revue de Loir-el-Cher, t. XV, 1902, col. 201. 

La date est donnée par les Gesta Amhaz. (p. 1K8 des Chron, des comtes d* Anjou}, 
où Ton lit que le départ de Hugue et d'Aimeri pour la Terre Sainte eut Heu en 
1096. 

282. — 1084-1096. 

Notice de la sentence par laquelle Foulque (le Réchin) rejette la 
réclamation formée par Aimeri le sellier contre la convention 
qui avait attribué à Saint- Aubin d'Angers le Bourg-de-la-Rive. 

Cariul. de Saint-Aubin, n*» 414. 

Postérieur au n" i03 du même Cartulaire (108 i), d'après le contexte; anléricur à 
la nomination comme abbé de Saint-Maur de Glanfeuil, en 1096 (>lnii. dites de 
Renaud, p. 89 du Rec. d'ann. angev. et vendôm.}, de Gérard, qui souscrit en qua- 
lité de prieur de Saint-Aubin. 

283. —1098 (?), 16 février. Saumur. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin) et ses 
barons, déclarant mal fondées les revendications d^Aubri, gendre 



CATALOGUE d'aCTES 327 

de Hugue Mange-Breton, sur la voirie que les moines de Saint- 
Florent de Saumur avaient rachetée dudit Hugue. 

Orig., Arch. de Maine-et-Loire, H 18 W, n*» 3. 

Date du 16 février» mardi, 3* jour de carême, concordance qui ne se trouve, 
entre 1067 et 1109, que dans les années 1076, 1087, 1098 ; or l'année 1076 est à 
écarter, parce que Hu|;ue Manpe-Breton était alors encore en vie ; l'année 1087 est 
de même à écarter parce que, parmi les témoins, fij^ure Païen de Mirebcau. dont le 
père, Guillaume, était encore seigneur au temps de l'abbé de Bour^j^ueil Baudri, 
nommé abbé en 1089 (Coll. Baluzc, vol. 38, fol. 196 v). 



281. — 1098, 14 mars. Angers, au palais épiscopal. 

Gérard, abbé de Saint-Aubin d'Angers, raconte comment, 
sur sa demande, Foulque (le Réchin) avait consenti à resti- 
tuer à son monastère le bois de Pruniers, la tentative faite 
auprès du comte par les moines de Saint-Nicolas d'Angers 
pour empêcher celte restitution et obtenir pour eux-mêmes 
la cession dudit bois, le procès qui en résulta entre les deux 
monastères et comment enfin, en présence de nombreux clercs 
et laïcs et sur la déposition du comte Foulque lui-môme, 
le droit de Saint-Aubin fut reconnu. 

CartuL de Saint-Aubin, n*» 108. 

285. — 25 déc. 1096-8 nov. 1098. Saumur. 

Notice des revendications exercées par les moines de Saint- 
Aubin d'Angers sur la forêt des Echats, donnée précédemment 
aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par Foulque (le Réchin), 
qui Soutient ces derniers et renouvelle le don qu'il leur avait 
fait. 

Copies du xviii*^ s., d'après le CartuL de Snint-Nicnias^ Coll. dom Hous- 
seau, vol. III, n» 1022, et ms. lat. 12688, fol.r»!.— Éd. : Breviculum S. A7co- 
lai, p. 27 ; Epitotne S. Nicolai, p. 29 ; Car lui. de Saint-Aubin, n*» 889. 

Cette charte est donnée en même temps et au même lieu que le duel relaté au 
n" 286. Il est du 25 déc. 109G au plus tôt, parce que HildeberL, évéque du Mans 
depuis cette date tDieudonné, Ilildehert de Lavardm, p. Iio;, y paraît en cette 
qualité ; il est antérieur à un accord intervenu après coup entre Saint-Aubin et 
Saint-Nicolas, le 8 nov. 109K [CurluL Saint- Aubin^ n° 890}. 



328 LE COMTÉ DANJOU 



286. — 25 déc. 1096-8 nov. 1098. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin) et ses 
assesseurs, pour mettre un terme aux contestations survenues 
entre Aimeri de Trêves et Lambert, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers, ont ordonné de recourir au duel judiciaire et du refus de 
combattre opposé au moment du duel par Aimeri en la cour du 
comte, à Saumur. 

Copies du xviii* s., d'après le Cariul. de Saint-Nicolas ^ fol. 26, Coll. dom 
Iloiisseaii, vol. III, n° 1001, et Bibl. d'Angers, ms. 706, anc. 636, p. 36; ana- 
lyse, ms. fr. 22450, p. 165. 

Au n*> précédent, il est dit que le duel judiciaire était fixé au même jour que 
les débats entre Saint-Aubin et Saint-Nicolas pour la forêt des Échats. 

287. — 1099, 12 avril. 

Notice du jugement rendu par Foulque (le Réchin) et ses 
barons, aux termes duquel Gaudin de Malicorne, qui prétendait 
tenir la terre de TOnglée en fief de Robert le Bourguignon, est 
mis en demeure d'en faire donner la preuve par ce dernier en la 
cour du comte, le 12 juin suivant, à Baugé. 

CarluL de Saint-Laud, n° 20. 

288. — 1068-1099. 

Notice racontant les démêlés survenus au sujet d'un héritage 
entre des serfs de Foulque (le Réchin) et des serfs du monastère 
de Marmoutier. Un premier jugement est rendu au temps de 
Tabbé Barthélemi (1064-1084) par Gui de Nevers et Robert le 
Bourguignon contre le comte et ses serfs ; mais ceux-ci refusent 
de s'y soumettre. Sur l'intervention du comte et de son consen- 
tement, un accord a lieu finalement au temps de Tabbé Bernard 
(1084-1099). 

Livre des serfs de MarmouUer^ éd. Salmon, n° 116. 



CATALOGUE d'aCTES '329 

289. — HOO, n, «/., 3 février. Angers. 

Notice de Taccord intervenu entre les moines de Saint-Nicolas 
et les chanoines de Saint-Laud d'Angers par devant Foulque (le 
Réchin), à Angers, au sujet des bois du Fouilloux (boscus Corn- 
munalis). 

Analyse du xvii* s., d'après le CartuL de Saint- Nicolas , fol. 72, Coll. 
Baluzc, vol. 38, fol. 50 ; du xviii* s., d'après le même, Coll. dom IIous- 
seau, vol XIIP, n*» 9552. — Notice rappelant le même fait, dans le CartuL 
de Saint-Laud, n° 11. 

L^acte est daté de Tan 1099, 3 desnones de février, vendredi : c'est en Tan 1100 
que celte concordance eut lieu. 

290. — 1100, 3 février. 

Notice de la confraternité conclue entre le chapitre de Saint- 
Laud et le monastère de Saint-Nicolas d'Angers par devant 
l'évêque Geoffroi et le comte Foulque. Ce dernier décide que les 
dîmes de Saint-Jean-des-Marais, de Saint-Jean-de-Linières et de 
Villenière seront désormais partagées entre lès deux églises, 
de même que le droit de panage dans le bois du Fouilloux, 
contesté jusqu'alors entre les moines et les chanoines. 

Breviculum S, Nicolai, p. 33 ; EpitomeS, Nicolai, p. 36 ; CartuL de Saint- 
Laudj n» 74. 

Le pasftaj^e relatif au bois du Fouilloux montre que Tactc est exactement con- 
temporain du précédent. 

291. — 1068-7 juillet 1100. 

Notice de la cession de Técluse de Rusebouc faite par Foulque 
(le Réchin) aux chanoines de Saint-Laud et aux religieuses de 
Notre-Dame-de-la-Charité d'Angers. 

Cariul, du Ronceray, n° 100 ; CartuL de Saint'Laud , n<> 7. 

Antérieur au n** suivant, où il est dit que l'ancienne écluse, dont on ordonne ici 
la destruction, était restée intacte, inal^é cela. 



330 LE COMTÉ d' ANJOU 

292. —1100, 8 juillet. Saint-Laud d'Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin) concède aux chanoines de Saint- 
Laud d'Angers moyennant trois cents sous Fancienne écluse de 
Rusebouc, dont il avait ordonné antérieurement la destruction. 

CnrtuL de Sainl-Laud, n» i8. , 

293. — 1100, 30 novembre. 

Notice du don fait aux moines de Saint-Nicolas d'Angers par 
Foulque de Mateflon, au moment de son départ pour Jérusa- 
lem, de la dîmed'Azé, en échange d'une somme de mille sous et 
l'entrée au monastère de son neveu Robert d'Arbrissel. Foulque 
(le Réchin) témoin. 

Analyses du xviïi* s., d'après le Cariai, de Saint-Nicolas^ fol. 67, ms. fr. 
22450, p. i70, et Coll. dom Housseau, vol. XIII^, n» 9548. 

294. — 1100. 

Foulque (le Réchin) rend aux moines de Saint-Nicolas d'Angers 
le pertusage perçu sur leur marché [pertusagium feriac nostrae). 

Analyse du xviii« s., Coll. dom Ilousseau, vol. XIII^, n® 9551, d'après le 
CartuL de Saint-Nicolas y fol. 69 v*». 

295. — 1068-16 déc. 1101. Durtal. 

Notice du jugement par lequel Foulque (le Réchin), père de 
Geoffroi « Martel » et de Foulque « le Jeune », déboute Renaud 
de Craon des prétentions qu'il élevait sur un prieuré de Mar- 
moutier. 



Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, l. I, p. 45, n° 60, d'après 

une copie incomplète de la Coll. dom Housseau, vol. III, n** 1050. 

■ 
Antérieur à la mort de Renaud de Craon, survenue lé 16 déc. 1101 (Bertrand 
de Broussillon, op. cH.^ p. 27). 

296. — Marsl096-H01. 
Notice d'un jugement par lequel Foulque (le Réchin), Geoffroi 



I 



CATALOGUE d' ACTES 331 

de Mayenne, évêque d'Angers, Marbeuf, évêque de Rennes, et plu- 
sieurs autres grands laïques et ecclésiastiques déboutent Renaud 
Chaignard de ses revendications sur un domaine donné à Saint- 
Aubin d'Angers par André Païen, fils de Hubert Pitrate. 

CartuL de Saint-Aubin^ n® 412. 

Postérieur à la nomination de Marbeuf, en mars 1096, à l'évêché de Rennes 
(Port, Dictionn., t. II, p. 5K7) ; antérieur à la démission de Geofîroi de Mayenne 
en 1101 {Ann. de Saint-Aubin^ p. 47 du Rec. d*ann. an^ev. et vendant.). 

297. — 1103, 23 mars. Saint-Aubin d'Angers. 

Le comte Foulque, neveu de Geoffroi « Martel », renonce aux 
nouvelles coutumes imposées par ses gens sur les domaines de 
Saint-Aubin d'Angers dans la partie de la Vallée proche de Trêves 
et de Saint-Remy-la-Varenne. — Le 29 mars suivant, à Saint- 
Maurice d'Angers, Geoffroi, fils aîné du comte Foulque, confirme 
la charte. 

Orig., jadis scellé sur lacs de soie, Cabinet de M. d'Achon, à Gennes. — 
Éd. : CartuL de Saint-Aubin^ n« 930, avec fac-similé. 

298. — 1103. 

Notice. Foulque « dit le Réchin » {qui appelatus fuit Richint) et 
son fils Foulque confirment les donations faites aux moines de 
Toussaint d'Angers par Geoffroi (Martel) à Astellenis^ Landellis^ 
Epluchard et Béné et y ajoutent une île sise dans la Vallée et 
la terre à'Aralazrum avec le vinage. 

Copie du xvi« s., d'après Forig. scellé « de cire vert, d'un grand seel 
Duquel est emprainct ung homme à cheval, une lance gaye en la main » , 
Arch. de Maine-et-Loire, Il 1281, n° 4 •; copie du xviii« s., d'après le Car^ 
tut. de Toussaint. Coll. dom Housseau, vol. IV, n° i224. 

299. — 27 juin 1073-14 février 1104. Baugé. 

Notice du jugement rendu par Raoul, archevêque de Tours, et le 
comte Foulque, neveu de Geoffroi « Martel », condamnant Garnier 
Bodin à restituer aux religieuses de Notre- Dame-de-la-Gharité 



332 LE COMTÉ d'âNJOU 

d'Angers le moulin de Morannes, dont il s'était emparé, et à 
leur payer une amende. 

Carlul, du Ronceray^ n^ 221. 

Au temps de Tabbcsse Richilde, nommée le 27 juin 1073 {Cartul. dit Ronceray, 
n« 16) et morte avant le 15 février llOi {Ihid., n« 435). 

300. — 1091-14 février 1104. 

Notice de l'abandon fait par Foulque, neveu de Geoffroi « Mar- 
tel », à la demande de Clérembaud, seigneur de Rochefort-sur- 
Loire, et de Richilde, abbesse de Notre-Dame-de-la-Gharité 
d'Angers, de toutes les coutumes auxquelles il avait droit sur le 
bourg de l'église construite à Sainte Foy par ladite abbesse. 

Cartul. du Ronceray, n° 269. 

Celte donation fut confirmée dix-huit ans après par Foulque le Jeune, comte 
d'Anjou depuis le 14 avril 1109 : elle est donc de Tan 1091, au plus tôt. EUe est 
antérieure au 15 février 1104, comme le n*' 299. 

301. — 1104, 8 juin. 

Foulque (le Réchin), neveu de Geoffroi « Martel », restitue au 
chapitre de Saint-Laud d'Angers la terre de Genneteil, qu'il lui 
avait enlevée pour la donner à Robert le Bourguignon. 

Cartul, de Saint-Laud^ n° 55. 

Les clauses finales de Tac te comportent une annonce de sceau. 

302. — 10 décembre 1104-14 janvier IIOS. Angers. 

Notice relatant comment^ le 10 décembre 1104, à Saint- Aubin 
d'Angers, Geoffroi « Martel le Jeune », fîls aîné de Foulque « dit 
le Réchin » {qui Ritchinus cognominatus est)^ confirma la restitu- 
tion du bois de Pruniers faite aux moines de Saint-Aubin par 
son père ; comment, le 13 décembre suivant, à Angers, en pré- 
sence de Foulque le Réchin lui-même. Foulque « le Jeune », 
son second fils, confirma, de son côté, la restitution précédente ; 
comment, le 14 janvier 1105, Foulque le Jeune vint poser la pré- 



1 



CATALOGUE d' ACTES 333 

sente notice sur Tautel de Saint- Aubin, et enfîn comment les 
trois comtes y apposèrent leur souscription. 

Carlul, de Saint-Aubiriy ii*» IH. 

D'après une copie de Tan 1673 (Arch. de Maine-et-Loire, H 229, fol. 10), Tacte 
était scellé « sigillo magno ». 

303. — nos. Angers. 

Geoffroi « dit Martel », comte d'Anjou, sur la plainte portée 
devant lui et son père, le comte Foulque, contre Maurice, 
seigneur de Craon, par Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, 
d^accord avec ses barons et Tévêque d'Angers Renaud, enjoint à 
Maurice de cesser ses exactions sur Téglise Saint-Clément de 
Craon. Foulque (le Réchin) et Foulque (le Jeune) témoins. 

Carlul, Trin, de Vend., no412. 

30i. — 1106, 29 juillet. Angers. 

Foulque (le Réchin) confirme labandon fait aux moines de 
Saint-Nicolas d'Angers par Papot des dîmes des défrichements 
de Monnais. Hélie, comte du Maine, témoin. 

EpUonve S. Nicolai, p. 62. On sait par une analyse de la Coll. Baluzc, 
vol. 38, fol. ;J0 v°, que la charte était au fol. 126 du CarluL de Sainl-Nico- 
las. 

305. — 1108. Bourgueil. 

Notice. Foulque (le Réchin), s'étant accordé à Mouliherne avec 
les moines de Saint-Pierre de Bourgueil au sujet de la vente du 
pain à Chinon, appose sa croix à la charte qui relate cet accord. 

Copie du xviii*' s., ms. lai. i7127, p. 175, d'après rorig. ; copie du 
XVII* s., Coll. Baluzc, vol. .38, fol. 187 v°. d'après le CarluL de Bourgueil, 
et du xYiir s., Coll. dom llousseau, vol. IV, n" 1285, d'après le même car- 
tulaire. 

306. — 12 janvier H 02-29 juillet H 08. 
Foulque (le Jeune), comte d'Anjou, donne aux religieiises de 



334 LE COMTÉ d'aNJOU 

Fontevrault la terre de la Breille et les coutumes qu'il possède à 
Verron. Son frère Philippe témoin. 

Copie duxii® s., dans le CartuL de Fontevrault, ms. Phillipps, à Chel- 
tenham, n" 67, pièce n» 702. 

Au temps du roi Philippe !•% c'est-à-dire le 29 juillet 1108 (Luchaire, Louis VI 
le Gros^ p. 30) au plus tard, et de Renaud, évèque d'Angers, c'est-à-dire après le 
12 janvier 1102 {Ann. de Sainl^Aubin, p. 47 du Rec. d'ann. angev. el vendôm.), I-a 
mention de Philippe, (demi) frère de Foulque (le fils de Uertrade et de Philippe I" . 
nous prouve que le donateur est Foulque le Jeune et non Foulque le Réchin. 
Nous n'en relevons pas moins ici cet acte, parce qu'il est donné encore' du vivant 
du Réchin. 

307.— 1097-H09, un 10 février. Baugé. 

Foulque (le Réchin) confirme le don qu'il avait fait aux moines 
de Maillezais de la terre de Vendangé, où ils avaient, avec son con- 
sentement, construit une église et un prieuré, et leur concède, 
en outre, le droit de faire paître cent porcs dans sa forêt et de 
s y approvisionner de bois. 

Copie du xviii«s., Bibl. de Poitiers, Coll. dom Fonteneau, vol. 2ri, p. 35, 
d'après roriginal. 

Postérieur au 22 août 1096, date où paraît encore Gcofîroi, chapelain du comte 
(voir p. 192, n. -i), parce que Tactc est souscrit par son successeur, Pierre. 

308. — 1109, 12 avril. Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin), « sous le gouvernement pacifique 
duquel le peuple angevin put fortement s'accroître », sentant sa 
fin venir, donne à Téglise Saint-Maurice d'Angers par les mains de 
Marbeuf, évêque de Rennes, remplaçant alors Tévêque Renaud 
parti à Rome, et sur le conseil de sa fille, la comtesse de Bretagne 
Ermengarde, tout ce qu'il possède au Plessis-Grammoire et à 
Reugné. Son fils Foulque souscrit. 

Copies du xvii° s., d'après le Livre noir de Saint-Maurice d^ Angers^ fol. 
62, no 93, Bibl. d'Angers, ms. 706, anc. 636, p. 66, ms. 690, anc. 624, vol. 
I*"", p. 409, et ms. 741, anc. 671, p. 68 ; copie par A. DuChcsne, Coll. Baluzo, 
vol. 39, fol. 65, d'après un ancien registre de Saint-Maurice. 

309. — 1068-14 avril 1109. 
Notice. Josselin d'Aussigné se désiste par devant Foulque (le 



CATALOGUE d'aCTES 335 

Réchin) des revendications qu'il avait élevées sur la terre de 
Gautier Rage léguée par A voie, veuve de ce dernier, à Notre- 
Dame-de-la-Charité d'Angers. 

Cartul. du Ronceray, n® 244. 

310. — 1068.I4avriHi09. 

Notice du don fait par Foulque (le Réchin) à Geoffroi Caïphe, 
son chapelain, d'une petite maison sise près de l'église Saint- 
Aignan, en échange d'une autre, dont il voulait faire sa maré- 
chalerie. • 

Cartul, de Saint-Laud^ n^* 10 et 41. 

3H. — 1068-14 a vrim 09. 

Notice du don de la terre d'Artenay fait aux moines de Saint- 
Serge d'Angers parHugue de Lavardin. Foulque (le Réchin) con- 
firme.» 

Copie du xviii* s., ms. lat. 5446, p. 265, d'après le /*' Cartul. de Saint- 
Serye, n® 153. 

312. — 1068-14 avril 1109. 

Notice. Foulque (le Réchin) donne aux moines de Marmoutier 
une partie du bois de Chambiers pour le repos de l'âme de son 
vassal chéri Hugue de Ballon, mort par accident. 

Copie ibid., p. 280, d'après le /«»" Cartul, de Saint-Serge^ n° 246. 

313.-1068-14 avriH109. 

Foulque (le Réchin) écrit à Renaud de Château-Gontier pour 
lui enjoindre de cesser les exactions qu'il faisait subir aux 
moines de la Trinité de Vendôme dans le bourg du Ménil en 
invoquant une prétendue concession que lui, Foulque, lui aurait 
faite. 

Cartul, Trin, de VtjAic/., n» 297. 



336 LE COMTÉ D^ANJOU 

314. — 23 décembre 1087-U avril H09. 

Notice relatant que Foulque (le Réchin) a porté de quinze à 
vingt sous le cens dû par lui aux chanoines de Saint-Mesmîn de 
Chinon, payable avant tout autre sur le montant du cens dû au 
comte par les habitants de Chinon. 

Copie du XVIII* s.. Coll. dom Rousseau, vol. III, n» 805, d'après « les 
archives de Saint-Mesmin ». 

Souscrit par Geoflfroi Fouchard, sénéchal du comte : or, le 22 dcc. 1087, le séné- 
chal du comte était encore Pierre ^voir p. 192, n. 2). 

315. — 25 août 1089-14 avril 11^9. 

GeofFroi, sénéchal de Foulque (le Réchin), confirme le- don de 
Téglise de Rest et de la dîme de l'île sise près de Montsoreau 
fait le 25 août 1089 aux moines de Saint-Florent de Saumur par 
son père Geoflfroi, fils de Fouchard. Foulque (le Réchin) souscrit. 

Livre blanc de Saint-Florent ^ fol. 34. 

316. — 12 janvier H02-U avril H09. 

Renaud, évêque d'Angers, rappelle que Foulque « le Jeune », 
comte d'Anjou, pour obtenir l'association spirituelle, donna aux 
chanoines de Toussaint d'Angers une île où habitait son cha- 
noine GeoflTroi; mais Foulque le Vieux [Senex = le Réchin), 
ayant refusé d'approuver tout d'abord ce don, les chanoines sont 
obligés, pour obtenir son consentement, de lui remettre dix 
livres et de remettre cent sous à Geoflfroi Garnier pour faire 
cesser les revendications qu'il avait élevées sur cette île. L'acte 
est souscrit par Foulque (le Réchin). 

Copie du xvii« s., d'après Torig., Arch. de Maine-et-Loire, H 1281, n<> 4*». 

Postérieur à la nomination de Renaud à Icvôché d'Angers, le 12 janvier 1102 
{Ann. de Saint-Aubin, p. 47 du Rec. d'ann. angev. eUvend.). 

317. — 20 mai 1106-14 avril 1109. 
Notice de l'accord intervenu, après la mort de Geoffroi « Mar- 



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* ^- iT - - 



CATALOGUE d'aCTES 337 

tel le Jeune » au siège de Candé, entre Abbon, seigneur de Roche- 
fort-sur-Loire, et les religieuses de Notre-Dame -de-la-Charité 
d'Angers, au sujet de la forêt du Lattay et de la Cour-de-Pierre 
et de la confirmation qu'en firent solennellement Foulque (le 
Réchin) et son fils Foulque. 

Car lui, du Bonceray, n^ 182. 

Après la mort de GeofTroi Martel, le 19 mai 1106 (voir p. 174). 

318. — 20 mai 1106-14 avril 1109. Tours. 

Notice racontant les revendications injustes exercées contre 
les moines de Marmoutier par Robert, seigneur de Rochecorbon, 
et comment, un jour qu'ils se trouvaient à Tours, Foulque (le 
Réchin), comte de Touraine, son fils Foulque, déjà chevalier et 
marié, et le comte du Maine Hélie, « sub cujus manu tune tem- 
poris pagus Andegavensis habebatur», lui ordonnèrent soit de 
venir plaider, soit de cesser ses revendications. 

Copie du xviii" s., Coll. dom Ilousseau, vol. III, no963. — Éd. partielle : 
A. Flach, Les origines de Vancienne France, t. I, p. 276, n. 

Foulque le Jeune ne s^étant marié qu'après la mort de GeofTroi Martel (voir 
p. 190), l'acte est, comme le précédent, postérieur au 19 mai 1106. 

319. — 1109, 14 avril ou peu avant. 

Notice de l'abandon fait par Foulque (le Réchin), au moment 
de sa mort, aux moines de TEvière d'Angers, dans Téglise des- 
quels il est enterré, de toutes les coutumes auxquelles il avait 
droit sur leur bourg, leur cellier, leur sacristie et leur aumô- 
nerie. 

Cartul. de la Trin. de Vend,, n« 422. 



320. — 1109, 14 avril ou peu avant. L'Evière d'Angers. 

Notice. Foulque (le Réchin), à son lit de mort, sur les sup- 
plications de sa fille, la comtesse Ermengarde, et de Tévêque 



Halphen. — Le comté d^ Anjou. 



22 



338 > LE COMTÉ D* ANJOU 

Marbeuf, restitue aux chanoines de Saint-MauriUe d* Angers 
la censived'un terrain qu'il leur avait enlevé. Foulque (le Jeune) 
et Ermengarde souscrivent Tacte le jour même des obsèques 
de leur père. 

Orig., British Muséum, Additional charters, n» 21198, fol. 147. — Éd. : 
Marchegay, BihL de l'École des Chartes, t. XXXVI, 1875, p. 421, n» 24, 
d'après l'orig. 

ACTES DE FOULQUE LE RÉCHIN OU DE FOULQUE LE JEUNE 

321. — 28 juin 1070-30 mai 1118. Alonnes. 

Notice de Taccord intervenu par devant le comte Foulque 
entre Guillaume, abbé de Saint- Florent, et Guillaume de Mont- 
soreau, au sujet de la terre d'Alonnes. 

Livre blanc de Saint-Florent j fol. 5i. 

L'abbé Guillaume resta en fonctions du 28 juin 1070 au 30 mai 1118 (Ann. de 
Saint'Florenly p. 119-120 du Rec. d'ann. angev. et vendôm.).Le Livre bUtnc donne 
la date : « anno ab incarnatione Domini millesimo... ». 

322.— 110M120. 

Notice. Le comte Foulque, sur la plainte de Tabbesse de Notre- 
Dame-de-la-Gharité d'Angers Teburgis^ fait restituer par son 
prévôt Raoul Toaret dix sous qu'il avait indûment exigés de 
rhôte de la maison du monastère située en tête du pont d'An- 
gers. 

CartuL du Ronceray, n* 65. 

Au temps de Tabbesse Teburgis (Port, Dictionn., t. I, p. 70). 

323. — Fin du xi« siècle ou début du xii<*. 

Notice du don fait aux moines de Marmoutier par le comte 
Foulque de tous ses droits de voirie à Bocé moyennant une 
indemnité de dix sous que les moines s'engagent à verser à son 
voyer Geoffroi. 



CATALOGUE O^ ACTES 339 

, Copie du XVI' s., CartuL de Bocéj Arch. de Maine-et-Loire, p. 13, n*» 18. 
Nous datons d'après les personnag^es cités dans l'acte. 



ACTES FAUX 

i. —990, mai. 

Prétendue donation faite par Bouchard, comte de Paris, à 
Foulque, comte d'Anjou, des villes de Vendôme, Lavardin et 
Montoire. Foulque souscrit, en même temps que les rois Hugue 
et Robert. 

Copie du XVIII* s., Coll. dom Ilousseau, vol. I, n^ 243, soi-disant diaprés 
une transcription d'un acte de la Tour de Londres. — Éd. : Métais, Car^ 
tuL de la Trin. de Vend, y n« 4, avec des omissions. 

Faux généalog^iquef probablement du xvii* siècle. 

2. — 1015, 2 mars. 

Foulque (Nerra) fonde au monastère de Saint- Aubin d'Angers 
un office de chambrier, qu il confère à son parent Arthur de Craon 
et dont les titulaires successifs devront être à perpétuité dési- 
gnés par les abbés du monastère. 

Prétendu orig., Arch. nationales, K 18, n<^ 4. — Éd. : Ménage, Histoire 
de Sablé, p. 342. 

Faux, probablement du xvi* siècle. 

3. — 1028, février. Paris. 

Foulque (Nerra) donne è Bouchard de Montmorency, à sa 
femme et à ses enfants ses domaines d'Ecouen, Chevreuse, 
Marly, que le comte Bouchard, son oncle, et Renaud, évêque de 
Paris, avaient possédés avant lui. 

Copie du xviii* s.. Coll. dom Housseau, vol. IP, n° 400, soi-disant diaprés 
une transcription d'un acte de la Tour de Londres. — Éd. : Métais, Carlul, 
de la Trin. de Vend,, n» 5. 

Faux généalogique, probablement du xvii* siècle. 



340 LE COMTÉ D^ANJOL' 

4. — 1036. Saumur. 

Le comte d^Anjou Geoiïroi confirme auK moines de Saint- 
Maur de Glanfeuil la possession de la terre et de l'église de 
Moult-^n- Vallée, des prés de Mortes-Eaux, dune terre sise au 
bord de TAuthion et du pré de la Ghaintre-Notre-Daiiie. 

Cariul. de Saint-Maur^ n<» 61. 

En 1036, GeofTroi Martel n'était pas comte en Anjou ; si Ton admettait que 
Tacte a été délivré par lui quand il^tait révolté contre son père, on ne compren- 
drait pas que les moines ne l'eussent pas fait renouveler par Foulque Nerra ; 
enfin Tacte est visiblement inspiré du n* 26 du Cartal. de Sainl-Matur. 

5. — Sans date. 

Notice relatant comment Foulque (Nerra), partant pour Jéru- 
salem, donna, à la prière de Tévêque d'Angers Renaud, à Téglise 
Saint-Maur de Glanfeuil, où il était de passage en compagnie de 
sa femme Hildegarde et de son fils Geoffroi Martel, les biens 
qu'il possédait à Gennes. 

CarluL de Saint-Maur, n° 8. 

Les données de cette notice sont contradictoires : Tévèque Renaud est mort le 
12 juin 1005 (ci-dessus, p. 114} et GeofTroi Martel est né le 14 octobre 1006 ci- 
dessus, p. 10). Il est question dans l'acte d'un prieur de Saint-Maur nommé 
Durand : nous n'en connaissons un de ce nom que vers 1060 ; il y est question 
d'un archidiacre Guillaume : il n'y en avait pas de ce nom au diocèse d'Anpers 
au temps de Foulque Nerra. La liste des témoins présente des ressemblances 
étranges avec les n«* 17 (1066; et 40 du Cartal. de Saint-Maur et l'acte est pour le 
fond singulièrement voisin du n" 23 de ce même cartulaire. C'est un acte faux ou 
refait. 

6. — Sans date. 

Guillaume de Bellême déclare avoir construit Téglise Saint- 
Léonard de Bellême et avoir obtenu du roi Robert et de Tévéque 
de Sées pour ladite église Texemption de Tordinaire. Foulque 
(Nerra) souscrit. 

Prétendu orig., Archives de l'Orne, H 2151. — Éd. : Prou, Examen deU 
charte de fondation de Saint-Léonard de Bellême^ dans les Mélanges P^ol 
Fabre, p. 232. 

Sur la fausseté de l'acte, voir Prou, loc. cit., p. 215-232. 



CATALOGUE d' ACTES 341 



7. — 1066, septembre. Angers. 

Geoffroi « Martel » relate Taccord intervenu au sujet des 
droits de justice entre lui et Pierre, abbé de Saint-Maur-sur- 
Loire. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
Il 1777, n* 1. — Éd. : CartuL de Saint-Maur, n° 63. 

L'écriture et Taspect de l'acte ne conviennent en rien au xi* «., mais dénotent 
le XIV* s., »cf. Port. Invent. somm. des Arch. de Maine-et-Loire, série II). Le 
fond ne résiste pas à l'examen : en 1066, le comte était Geoffroi le Barbu ; il n'y 
eut pas d'abbé de Saint-Maur avant 1095 {Recueil d'ann. angev. et vendôm., 
p. 89). Ce faux a été probablement forgé pendant les démêlés survenus au xiv* s. 
entre Saint-Maur-des-Fossés et Saint-Maur-sur-Loire. 



8. _ 1090, 25 avril. Saint-Maur de Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin), d'accord avec son fils Geoffroi, faisant 
droit aux plaintes portées par les moines de Saint-Maur de Glan- 
feuil contre ses baillis, détermine les droits de justice du monas- 
tère et concède à ce dernier le cours de la Loire et la Vienne en 
toute propriété depuis Saint-Maur jusqu'à Bessé. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de cyir, Arch. de Maine-et-Loire, 
H 1777, n* 2. — Éd. : CartuL de Saint-Maur, n^ôi. 

Ecriture du xiv* s. ; faux contemporain du précédent et non moins manifeste, 
où parait un prétendu abbé Galcran, alors que le premier abbé de Saint-Maur 
de Glanfeuil au xi* s. fut nommé en 1095 [cf. Tacte précédent). Fabriqué à l'aide 
du n* 256 du Catalogue. 

9. —1092, 24 avril. Saint-Maur de Glanfeuil. 

Foulque (le Réchin) fait remise à l'abbé Galeran et aux moines 
de Saint-Maur de Glanfeuil de toutes les coutumes qu'il levait 
sur la terre de Cru, réserve faite du service militaire. 

Prétendu orig., jadis scellé sur lacs de soie, Arch. de Maine-et-Loire, 
H 1777, n° 5. — Éd. : Carlul. de S^int-Maury n" 65. 

Mêmes remarques que pour le n* K. 



342 LE COMTÉ d'aNJOU 

10. — Sans date. 

Lettre supposée de Foulque, comte d'Anjou, à Lambert, doyen 
de Saint- Laud d'Angers, lui annonçant l'envoi des reliques de 
saint Julien et de saint Guingalois, dont il s'est emparé au siège 
de Château-du-Loir. 

Carlul. de Sainl-Laudy n® 77. 

Faux manifesta tant par sa forme que par son fond et résultant d'une confuMon 
entre Foulque le Rcchin et Geoffroi Martel, qui seul prit Château-du-Loir. Le 
doyen Lambert a été inventé pour la circonstance. 

H. — Sans date. 

Foulque, comte d'Anjou, confirme la donation d'une partie 
du bois du Fouilloux, faite au chapitre de Saint- Laud d'Angers 
par Joubert de Maillé, seigneur de Trêves, du consentement de 
Thilde, sa sœur, et d'Hardouin, son neveu. 

Ibid., no4. 

L'histoire des maisons de Maillé et de Trêves prouve qu'il n'y a pas eu de 
Joubert de Maillé, seijçneur de Trêves, et frère de Thilde : Thilde, fille de Jou- 
bert de Maillé, sœur d'Hardouin de Maillé, épousa Geoffroi le Fort, sei^cur de 
Trêves (cf. p. 166). 



PIÈGES JUSTIFICATIVES 



A.^.1^ 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



N'» 1 
Ann. 990 et suiv. 

« Narratio de quartis quae Daiceae vocantur. » 

(Copie du XI* s., au Livre noir de Saint-Florent deSaumur, fol. 116*.) 

[Prejdecessorum nostrorum temporibus, quodam abbaie abba- 
tiam S. Florentii in Salmuro disponente^ prenominatae quartae 
pro tuitione villanim S. Florentii, scilicet Sancti Georgii, Dana- 
ziaci, Distriaci, Ulmis et reliquarum terrarum ipsius sancti con- 
cessae sunt cuidam nobili militi nomine Rainaldo Torench. Ratio 
vero tutelae quam diximus haec comprobatur : abbatia S. Floren- 
tii et Salmurum eaçtrum in ditioni Odonis comitis manebant. 
Fulco igitur, Andecavorum cornes, eundem nobilem coipitem 
preliis urgebat assiduis et cum crebris hostibus in terris sub 
ditione ipsius consistentibus discurrebat sicque S. Florentii ter- 
ras eundo et redeundo valde atterebat et hospitando pessime 
vastabat. Dédit ergo abbas ille jam dictam terram predicto militi, 
ut tutor existeret terrae S. Florentii et quandocumque in expedi- 
tionem cornes Fulco procederet, ipse antehostem, in terra S. Flo- 
rentii staret et auctoritate ac deprecatione sua ne in eam hospi- 
taretur averteret. Incassum vero ex magna parte provisio abbatis 
cessit : nam tutela quam optabat prout sibi opus esset non accepit 

1. Les pièces tirées du Livre noir de Saint-Florent de Saumur^soni pu- 
bliées ici d'après les copies de Marchegay, conservées aux Archives do 
Maine-et-Loire. 



346 LE COMTÉ d'aNJOU 

et terram de potestate sancti vel sua emisit. Rainaldus enim jam 
nominatus, qui Rainaldi, Ândecavorumpresulis, pater fuit, terrain 
de quartis Daicee, quam supra nominavimus^ Rotgerio seniori de 
Lausduno dédit et ill« eam Adelelmo falsa minuta * de Toarcio 
item dédit. Cujus (ilius Gauzfridus Rufus^ coUocutus postea cum 
Mainardo vicario de Doado, persuasit, precio exinde accepto, ut 
postularet jam dictas quartas a Rotgerio, fîlio predicti Rotgerii, 
ipseque Gauzfridus libentius fatebatur eas se velle a Mainardo 
quam a Rotgerio tenere. Cujus verbis assentiens, Mainardus jam 
dietam terram postulavit et accepit a Rotgerio prefato, annuente 
eodem Gauzfrido. Qui Gauzfridus postea vendidit illam terrain 
Aymerico Wandrilloni, cuidam militi, tali tenore ut servitium ex 
eadem terra Mainardo in antea solveret. Haec ita esse extant 
testes Warinus de Catver, Frotgerius, frater ejus, Stabilis, item 
ejus frater, ac mater eorum. 



NO 2 

990-1011. 

« DeCUETUM FuLCONIS COMITIS DE POTESTATE SANCTI GeORGII 

MARTYRIS. )î 

(Copie du XI* s,, au Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 28. — 

Catalogue d^acteSy n° 27.) 

In Dei nomine. Fulco, gratia Dei comes. Notum esse volumus 
omnibus sanctae Dei ecclesiae fidelibus, praesentibus scilicet et 
futuris, praecipueque successoribus nostris quoniam adiit nos 
abbas S. Florentii Rotbertus nomine cum suis monachis, recla- 
mans se suaeque potestatis homines injuste opprimi a quodam 
(ideli nostro, Alberico nomine, occasione commendisiae novas 
exactiones et consuetudines injustasque leges[ ..quaejtemporibus 

\. Glose HupralinMire : I obolum. 



PfÈCES JUSTIFICATIVES 347 

praedecessorumnostrorum nunquam in illa potèstate... velauditae 
fuerunt. Illa autem potestas ob honorem sanctissimi martyris 
Georgilin tanta veneratione a praedecessoribus nostris est habita, 
ut nullus ibi advocatus aliquam exactionem in ferre praesumefet 
necsibi quaestum aliquem adquirerè, sed omnitempore, pro Dei 
amore et sainte animae suae, salvam faceret. Quod nos diligentius 
cum nostris fidelibus inquirentes, cognovimus justan> esse recla- 
mationem abbatis ac monachorum, ibique coramnobisadessejus- 
simus mulierem praefati Alberici et filium ac fidèles, suadentes 
eis ut, pro anima senioris suî, quae nobis pro bac causa videbatur 
in magno periculo esse, illas malas consuetudines dimitterent et 
anunqum amplius de illa potèstate requirerent, nisi quantum 
Rainaldus*, ejusdem potestatis advocatus, habere visus est; 
quod et sponte fecerunt. Nos vero abbatem et monachos obnixe 
deprecati sumus ut, pro Dei amore, mala quae jam dictus Albe- 
ricus contra sanctum Florentium commiserat indulgeret et absol- 
vere dignaretur. Fecit namque ut jussimus praescriptus abbas et 
monachi tenore tali et ratione ut uxor illius saepedicti Alberici 
cum filiis suis ac fidelibus ad locum S. Florentii pergeret et ibi 
coram omnibus quae ille commisit, prout posset, emendaret et 
malas consuetudines, ut coram nobis fecerat, ibi, ante sancti 
Florentii praesentiam, dimitteret. Nos ergo, ex nostra auctoritate 
et praeceptione, jubemus ut liuUus unquam ex haeredibus Albe- 
rici bas quas dimittimus repetere audeat malas consuetudines, 
quia, si fecerit, pro Dei amore et animae meae salutem, vindex 
existam et ipseDominus noster Jhesus Christus, pro cujus amore 
beatus martyr Georgius acerba sustinuit supplicia, illum qui 
repetere voluerit, si non emendaverit, in profiindum infernum 
demergat et cum diabolo et angelis ejus adjunctus poenas infer- 
nales sustineat cum Dathan et Abiron et cum Juda traditore, qui 
Dominum nostrum tradidit. 



1. Glose suprfilin^nire : Thoringus, paler Fulcodii, vicecomilis de Roca 
Forti. 



348 LE COMTÉ d'aNJOU 



No 3 

Notice racontant la violation du cloître de Saint-Marti.\ 

DE TOL'RS PAR FoULQUE NeRRA (996). 

A. Original perdu. — B. Copie du xvii^ s., Bibl. nat., Coll. Baluzc, vol. 
76, fol. 257, d'après A. — C. Copie du xviii« s., faite pour Gaignièrrs, 
Bibl. nat., ms. lat. 17128, p. 179, d'après A. — />. Copie du xviii* s., Bibl. 
nat., Coll. dom Housseau, vol. IV, n® 1318, d'après A, 

Éd. partielle dans Mabillon, Annales or d in is S. Benedicli (éd. de 1707-, 
t. IV, p. 108. — Indiqué dans Mabille, Pancarte noire de Saint-Marlin de 
Tours^ p. 200 (par erreur sous 1112-1113), d'après D, 

(Catalogue d^actes^ n» 10.) 

Quoniam stili memoriae * commendata dierum longitudine vix 
aut 2 numquam possunt deleri, paieat universis tam presentibus^ 
quam futurîs hanim testificatione litterarum Fulconem, Andeg-a- 
vensium comitem, claustri Beat! Martini sacrum jus violasse. 
Ipsius siquidem claustri, locum, omnibus patens refugium ^ 
armata manu, quamvis nullis resistentibus, violenter intravit ; 
domus deinde propugnacula cujusdam canonici et cellerarii pre- 
cipitari ^ injuste fecit. Cujus rei inauditae ^ atrocitate el magni- 
tudine canonici vehementer perculsi et contra hoc malum tan- 
tum, tam subitum et insperatum quid novum ag^e possent soUi- 
citi, corpora protinus sanctorum et crucifixumterrae^ déponentes, 
super ipsum beatissimi confessons Martini sepulchrum ^ et circa 
corpora sanctorum et cnicifixum spinas adposuerunt. Portae- 

1. memorie C 

2. autem C. 

3. praesentibus B. 

4. omnibus patens totum refugium D, 

5. praecipitari B, 

6. inaudite CD. 

7. terre C. 

8. sepulcrum B, 

9. Porte C. • 



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PIÈCES JUSTIFICATIVES 349 

insuper ecclesiae ' die et nocte continuo ^ clausae ^, castrensibus 
eiiam non introeuntibus, solis peregrinis paiuere. Consul itaque, 
non multo post facti sui poenitens ^ et misericordiam quaerens 5, 
sponte sua in claustrum et in domum domni Sicardi, magistri 
scolarum, venit ibique discalciatus, nudis pedibus, et quidam cum 
eo sui proceres in ecclesiam humiliter perrexerunt. Primum ante 
beati Martini sepulchrum ^, dato pignore, consul Deo et beato 
Martino per manum Rainaldi ^, Andegavensis episcopi, et Hispà- 
niae ^ Occensis ^ episcopi promisit se nihil amplius taie quid 
facturuin ; deinde *^ ante corpora sanctorum, ad ultimunx ante 
crucifîxum satisfactionem fecit. 



N«4 

996-1005. 

Notice d'un procès survenu entre l'évêque d'Angers Renaud, 
d'une part, Foulque Nerra et son frère Maurice, de l'autre. 

A, Original perdu. — B, Copie du début du xii* s., au Livre noir de 
Saint-Maurice d'Angers, îo\, i9yn^ 2^y perdue. — C. Copie du xviii* s., 
Bibl. nat., Coll. dom Housseau, vol. 1, n» 211, d'après B. — Z>. Copie du 
XVII* s., par André Du Chesne, Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, fol. 57 v«., 
d'après un « registre de papier contenant plusieurs tiltres de TÉglise d'An- 
gers et autres ». 

{Catalogue d'acleSy n° 22.) 

Omne quod ad memoriam revocare volumus sacris litterarum ** 
institutionibus praenotandum decernimus, ut a successoribus 

1 . ecclesic C. 

2. continue C. 

3. clause C. 

4. penitens C * 

5. querens C, 

6. sepulcrum B. 

7. Rainaldv C. 

8. Hispanle C. 

9. Occiensis ; et Hispaniae Occensis episcopi omis par D, Il s'agit de 
Vévéque c/'Oca, plus tard Burgos, 

10. exinde C. 

11. literarutn D, 






3S0 LE COMTÉ d'aNJOU 

memorabilius teneatur firmiusque credatur. Unde notum esse 
volo cuDctis fîdelibus sanctae Dei ecclesiae iam praesentibus quam 
et futuris ego Rainaldus, Andecavorum episcopus, quod Fulco 
cornes Mauriciusque, frater ejus, calumniam mihi iatulerunt de 
hereditate mea, quam post tumulationem patris mei solidam et 
quietam tenueram, quin etiam sanctae Dei genetrici Mariae ci 
sancto Mauricio martiri * et sancto Maurilio confessorî pro reme- 
dio animae patris mei et ma tris necnon meae devoto corde con- 
cesseram, dicentes patrem meum Hainaldum eam dédisse patri 
eorum Goffrido 2 in conventiis ^ episcopatum adipiscendi. In hac 
ergo ^ pertinacia cum durarent, quemdam ^ ejusdem haereditatis 
servum ad judicium Dei liberavi, ut in eo Deus suam ostendere 
dignaretur ^ virtutem et declarare veritatem. Qui, gratia Dei, 
libéra tus tertia die, ut moris est, cum requireretur, sahnis 
coram omnium ^ astantium conspectibus apparuit. Ex qua igitur 
causa, quod absit, si quis, diabolica stimulatione pervasus, ab 
hodierna die et deinceps aliquid praesumere ausus fuerit aut 
calumniam intulerit, ex auctoritate Dei Patris omnipotentis et 
Filii et Spiritus Sancti et sanctae Dei genêt ricis Mariae atque 
apostolorum principis Petri omniumque sanctorum Dei et nos- 
tra damnatus et excommunicatus ab omnique fidelium coetu 
sequestratus sine fine permaneat. 



1 . martyr! D. 

2. Gaufrido D. 

3. conventionibus D. 

4. igitur D. 

5. quendam D. 

6. dignaretur ostendere D. 

7. omnibus Z>. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 351 



N-5 

Donations faites par Foulque Nerra au monastère de Beaulieu 

qu'il vient de fonder (1007 ?). 

A. Original perdu. — B, Vidimus originaux : 1® de Charles V (1367), 
2° Charles VI (1414), 3» Charles VU (1423), 4° Louis XI (1463), 5» Charles VIII 
(1493), 6® François I" (1*500), perdus. — C Copies des xv«-xvi*s. dans 
les registres du Parlement de Paris : 1^ du vidimus de Charles VIII, en 
1494, Arch. nat., X*»8609, fol. 196 v«; 2» du même vidimus, en 1498,i7)i(/., 
X** 8610, fol. 39 v« ; 3» du vidimus de François I", en 1523, ibid., X<* 
8611, fol. 225 y°. — D. Copie duxviii^s. d'une expédition du vidimus de 
François I", Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 141. 

Éd, : Ordonnances des rois de France, t. XVI, p. 67. — Indiqué dans le , 
Catalogue des actes de François /•»■, n© 523, d'après C*. 

s 

(Catalogue d'actes, n« 25.) 

Quoniam quidem, sicat boni ^ mos est ut exemplo aliorum 
semper ad meliora proficiant, ita mali, malorum exemplis corrupti, 
semper deteriorantur. Quod ego Fulco cornes ita esse nostris 
temporibus videns et in futuro deterius esse sciens, ob pacis cus- 
todiam et ut semper quieti vivere valerent, ne ab aliquo succes- 
sore nostro ullam inquietudinem paterentur pro nuUa re habita- 
tores hujus loci, idest Belliloci, quem ipse construxi, ob meam 
meorumque parentum salutem, concessi eis omnem terre eorum 
coustumam et illius quam modo eis do seu daturus sum aut alter 
dederit seu ipsi emerint. Necnon concessi eis mercatum meum 
perpetuo habendum in predicta villa die sabbati. Do eis eciam 
sanguinem, fures et omnia forefacta, cujusmodi sint, que fue- 
rint facta a rivulo de Concere et a quercu sancti Hilarii 2 et ab 
oleriis et ab ulmo suspensi. Et si aliquis forefactum fecerit infra 
hos terminos, ex quo vicaria exigere ^ debeat, vel aliquid ven- 
derit, et vicaria et venda monachis Belliloci sit. Necnon si bur- 

1. bonus CZ); corr, boni. 

2. Ilylarii C. 

3. cxire />, 



352 LE COMTÉ d'aNJOO 

genses inter se pugnare voluerint, bellum in ipsa villa sit et bel- 
lum et omnis forefactura ^ sit monachis ^, et similiter sit et omoi 
terra eorum, ut, ubicumque bellum presentatum fuerit, in ipsa 
terra sit, si eis placet, aut ubi eis placuerit, prêter ^ hoc quod si 
bellum cimi meo homine esse debuerit aut cum aliquo milite, 
Lucas Castro sit : ita plane ut si homo monachorum victus fuerit, 
liberum eum reducant. Et in quocumque loco terre mee abbas 
loci illius pro qualicumque re bellum fecerit, si homo suus victus 
fuerit, liberum eum adducat, ita ut nullam forefacturam emen- 
det nec preposito nec vicario. Adhuc eciam do eis ut de nemore 
meo Besolgerio quantum eis opus fuerit ad molendinos faciendos 
seudomoset ad callefaciendum et ad villa m claudendam et ad 
omnia eorum facienda et in ipso nemore glandem ad cenlum 
porcos [capiant]. Et hoc, ut in perpetuum teneatur, litteris tra- 
dere mandavi. Signum Fulconis comitis. Signum Marraldi \ 
hujus rei testis. Et isti sunt testes : Ricardus, Gauterius Tison, 
Hugo Bonterius, Hugo Mansellus, Guarinus Franciscus, Cadilo ' 
de Blason, Arraldus prepositus, Ganillusde Castelhone. 

No 6 

« Dé Landrico dé Platea. » 

■ 

(Copie du XI* s., au Livre noir de Saint- Florent de Saumur, fol. 129.— 

Catalogue d'actes, n® 28.) 

Notum sit cunctis fidelibus sanctae Dei ecclesiae et maxime 
successoribus nostris per succedentia tempora in abbatia beati 

1. forefacta C; forfactum D. 

2. CD intercalent ici une phrase qui, croyons-nous, ne peut être 
admise dans le texte. La voici : « Meo quoque tempore quoddam habuit bel- 
lum de Vitale tinctore et quodam latronc, pro hoc quod latro dicebat ^ita- 
lem secum manducasse unum baconcm quem furatus fuerat — et ex illo 
bello habuerunt monachi scutum — et levé aliud bellum de Lamberto et 
Mauricio draperio et, in tempore Gauffridi comitis, de Gastesal et Rainaldo 
Pinco, aliud de Rainaldo garrum, de Roscelino de Romeyo. •> 

3. propter C. 

4. Maraldi C. 

5. Cadili CD) corr, Cadilo. 



<• «. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 353 

confessons Christi Florentii Salmurensis coenobii consistentibus 
quodvenerandus abbas Rotbertus, qui utriusque coenobii, Sancti 
Florentii videlicet et Sancti Maximini Aurelianensis, praeerat, 
adduxit secum de Sancto Maximino Dodonem, patrem Landrici, 
et commendavit ei villam de Platea ac uxorem dédit illi de fami- 
lia Sancti Florentii; et genuitex ea très (ilios, Albaldum, Landri- 
cum et Ândream, et filiam iiomine Dodam. Qui Landricus, vide- 
licet cognominatus de Platea, conjugem accepit, inscio abbate 
istius loci, éx ancillis comitis Fuleonis, Letheardem scilicet, 
filiam Odonis de Pauliniaco, et habuit ex ea quinque filios çtfilias 
sex. Post haec transacto aliquanto tempore, ad placitum exinde 
venerunt predictus comes et abbas Sancti Florentii Adhebertus : 
contendebant enim pro filiis servorum predictorum. Abbas 
namque omnem fructum eorum ad partem Sancti Florentii perti- 
neresecundum morem istius pagi dicebat; comes autem medieta- 
tem sibi pertinere contendebat. Tandem tamen, ob immanitatem 
ferociae ipsius, consensit abbas, assentientibus monachis, ut 
partirentur filii Landrici predicti servi. Accepit ergoFulco comes 
in suam partem istos : Odonem Brunellum et Dodonem, buttella- 
rium postea smim, Witbergam quoque, uxorem Hubaldi vena- 
toris, Adelaidem etiam, uxorem Constantii venatoris de la Poyza, 
et abbas predictus ad partem Sancti Florentii accepit Archem- 
baldum et Herbertum presbiterum, Sufficiam quoque et Witbur- 
gem. Ingebaldus autem, unus e fratribus, in commune mortuus 
est. Praefuit a parte comitis huic partitioni Berno prepositus 
pluresque alii servientes comitis et a parte Sancti Florentii affuit 
visor et testis Rotbertus prepositus, monachus, Ermenoldus 
monacHus, Andréas etiam Rodulfusque Calcea Rubra, Willelmus 
Pannonicus et, ex famulis nostris, Sorinus, Rainulfus, Hubertus et 
Albertus Belon. 

Postea autem domnus abbas Fredericus neptem suam nomine 
Feliciam dédit Archembaldo supranominato, ex qua genuit duos 
filios et très filias : Burchardum primogenitum habuit Sanctus 
Mauricius et Hildeburgem et Sanctus Florentins Sulionem et 

Halphbn. — Le comléd'Anjoa. 23 



354 LE COMTÉ d'aNJOU 

Letheardem ; et hoc tali pacto fecit abbas Fredericus ut casamen- 
tum Sancti Florentii remaneret suis servis et empticia in com- 
mune fuissent. 



No 7 

Catalogue des comtes et des évêques d'Angers 
COMPOSÉ A Saint-Aubin d'Angebs 

en 1155. 

(Obituaire de Saint- Aubin d' Angers ^ à la Bibl. d* Angers, ms. 830, 

ancien 747, p. 78.) 



Gaufridus comes, annis XX VII. 

Grisagoneila et Adela 
uxor, qui dederunt 
Insulam ^ 

FuLCo comes, annis LUI. 

Gaufridus, annis XXI. 

Martellus. 

Gaufridus Babbatus, VII annis. 

FuLCO comes, annis XLIII. 
FuLCO rex, annis XX com[ita- 
tus]. 

Gaufridus dux, annis XXIII. 
Hainbicus rex, III annis. 



Nefingus episcopus. 

In tempore istius canon ici de 
ecclesia Sancti Albini diji[ciun- 
tur]^. Post donum Insuie IX an- 
nis supervixit ^, 

Rainaldus II, XXXII annis. 

Iste confîrmavit Insulam Montis 
et Arduinus a rchi episcopus ^. 

Hubertus, XXXX pêne annis. 
EusEBius, XXXIII annis. 
Gaufbidus, XII annis. Cessavit 
episcopatus annis [H?]. 

Gaufridus, VI annis. 

Hujus tempore Urbanus papa 
confîrmavit Insulam ^*. 



1. Il s'agit de file du Moat (aujourd'hui Tlle Saint-Aubin, dans la Maine. 
c"*" d'Angers), donnée en 974 par Adèle et Geoffroi Grisegonelle à Saint- 
Aubin d'Angers [Carlul de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n" X. 

2. En 966 (voir la charte n« 2 du même Cartulaire), 

3. Erreur : l'auteur de ce catalogue a placé ici en 964, au lieu de 974, la 
donation de l'Ile du Mont, car c'est en 973 que Néfingue est mort. 

4. C'est la charte mentionnée ci-dessus, n. 1. 

5. La bulle est dansle Cartul, de Saint-Aubin, n° 413. 



PIÈCKS JUSTIFICATIVE 355 

Râinaldls, XXIII anilis. 
Ulgp:rils, XXIII annis. 
NoRMÂNDUs, IIII annis. 

Tempore istius, Kugenius papa 
confirma vit Insulam >. Cessavit 
episcopatus annis duobus. 

Anno ab incarnatione Domini MCHiV. 



1. La bulle est dans le Cartul. de Saint-Aubin^ n° 456. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



(( 



P. III, note 2. — Au lieu de « Etudes critiques sur quelques textes », lire 

Etudes critiques sur divers textes ». 

P. VII, 1. 22. — Au lieu de « en 1154 », lire « vers li55 ». 

P. 7, note 4, 1. 4. — Nous avons appelé ici et dans le reste du volume 

1"' rédaction des Gesta consulum Andegavorum » la rédaction contenue 
dans le ms. lat. 6218 de la Bibliothèque nationale, qui est la plus ancienne 
de toutes celles que nous avons conservées. . 

P. 27-28. — Ces pages étaient déjà à Timpression quand M. Alfred 
Richard a fait paraître dans le Bulletin de la. Société des Antiquaires de 
V Ouest, 1904, 4* trimestre, un article intitulé : M. Lot et Vhistoire du Poi- 
tou, Il s'est efforcé d'y prouver, entre autres, que la charte d'Eude !•' de 
Blois citée ci-dessus, p. 27, n. 2, et donnée au siège de Langeais, était datée 
du 12 février 995, et non 996, ce qui nous ramènerait à la chronologie 
ancienne des événements que nous avons racontés. M. Lot a répondu dans 
le même Bulletin, 1905, l»»" trimestre; mais M. Richard ne s'est pas déclaré 
convaincu et a répliqué dans le fascicule suivant du Bulletin, Ses arguments 
relativement à la* tradition manuscrite de la charte d'Eude ne sont pas 
défendables : il n'a tenu compte ni de l'original même, ni des copies faites 
d'après cet original et notamment de celle qui a été faite pour Gaignières 
dans le ms. lat. 17127 de la Bibliothèque nationale, fol. 120, et qui, comme 
toutes les autres copies de ce recueil, mérite la plus grande confiance. 
On ne peut, en bonne critique, attacher aucune importance aux leçons de 
Besly, surtout quand elles ont contre elles la totalité des autres copies 
faites d'après la même source. Plus spécieux, en apparence, est l'argument 
que M. Richard tire des notes finales de Richer : ces notes, dit-il, sont ran- 
gées dans l'ordre chronologique ; or Richer a relevé successivement : 1° le 
concile d'Ingelheim (5 février 996); 2® les tentatives faites parGerbert pour 
empêcher le mariage de Berthe avec Robert le Pieux (ce qui est postérieur 
à la mort d'Eude l*"*) ; 3° le voyage de ce même Gerbert à Rome. D'autre 
part, M. Lot admet comme vraisemblable [Études sur le règne de Hugues 
Capet^ p. lOi) que Gerbert assista au concile d'Ingelheim et qu'il se rendit 
de là directement en Italie, sans repasser par la France. Donc, conclut 
M. Richard, les tentatives faites par Gerbert pour empêcher le mariage 
de Berthe et de Robert et, par suite, la mort d'Eude I*"" de Blois sont anté- 
rieures au 5 février 996. — Mais rien ne prouve la présence de Gerbert à 
Ingelheim : ce n'est là qu'une hypothèse, sur laquelle on ne saurait 
appuyer un raisonnement. De plus, si l'on admet à la fois que Gerbert alla 



358 LK COMTÉ d'aNJOU 

à Ingelheim^ qu'il gagna ensuite directement Tltalie et que les notes de 
Richer sont rangées dans un ordre rigoureusement chronologique, il faut 
supposer que les tentatives faites par Gerbert pour empêcher le mariage 
de Berthe l'ont été par correspondance; et dès lors l'argument de M. Richard 
s'écroule ; car il n'y a, quoi qu'il en dise (p. 8 du tir. à part), aucune diffi- 
culté à placer entre le 12 mars et le 24 octobre 996 tous les tiraillements 
auxquels l'union projetée par le roi Robert donna lieu à la cour de Hugue 
Capet. 

P. 30, note, 1. 3. — Au lieu de « Eude H », lire a Eude I*'' ». 

P. 30, note i. — Dans le second de ses articles cités plus haut [Bulletin 
de la Société des Antiquaires de l'Ouest^, 1905, 2* trimestre;, M. Richard 
(p. 14-15 du tir. à part) distingue avec bien peu de vraisemblance et sans 
que les textes l'y autorisent un siège de Châteauneuf et un siège de Tours. 

P. 47-48. — Aux textes que nous avons utilisés, il convient d'ajouter 
André de Fleury, Miracula S. Benedicti, VII, 2, éd. de Certain (Soc. de 
l'Hist. de France), p. 251-252. Cet auteur, qui est contemporain des évé- 
nements, dit que Henri !««•, faisant alliance avec Geoffroi Martel, le poussa 
contre Thibaud; que GeoiTroi vint alors mettre le siège devant Tours, mais 
que voyant l'ennemi prêt à fondre sur lui avec de nombreux alliés, il mar- 
cha à sa rencontre, le mit en fuite, fit prisonnier Thibaud et sept cent 
soixante-six chevaliers et se rendit maître de Tours « cum omnibus appen- 
diciis illius et honoris summa ». Ce récit, on le voit, concorde avec celui 
des autres chroniqueurs. 

P. 53, 1. 7. — Ajouter la date de 1057. 

P. 57, note 2, dernière ligne. — Au lieu de « Montcontour », lire «Mon- 
contour ». 

P. 80, 1. 6. — Au lieu de « Hugue IV », lire « Herbert II ». 

P. 113, 1. 1-2. — Supprimer la phrase « Hubert de Durtal est, lui aussi, 
expulsé de son fief et remplacé par Renaud de Maulévrier » ainsi que la 
note 2. C'est par alliance que les seigneuries de Maulévrier et de Durtal 
furent un instant unies. Voir CartuL de Saint-Aubin, n® 287 (1066-1067). 

P. 144, note, 1. 3. — Au lieu de « Épinaces », lire « Épinard». 

P. 145, note 2. — Au lieu de « que l'évêque d'Angers »,lire « qu'il >». 

P. 156, note 1,1. 17. — Au lieu de « fit partie des domaines que Foulque 
le Réchin hérita de Geoffroi Martel », lire « était à la fin du xi* siècle aux 
mains de F'oiilque le Réchin [Cartul.du Ronceray, n°221) ». 

P. 163, note 1. — Au lieu de « p. 57, n. 2 », lire « p. 157, n. 2 >». 

P. 165, note 6. — Au lieu de « Ardouin », lire« Hardouin ». 

P. 169, 1. 4. — Supprimer les mots « Durtal que pour le livrer à Renaud 
de Maulévrier », conformément à la correction indiquée ci-dessus pour la 
p. 113. 

P. 176, 1. 17. — Au lieu de « sous Geoffroi le Jeune », lire « sous Guil- 
laume le Jeune ». 

P. 183, note 4,1. 4. — Après les mots « La charte est antérieure au 
9 novembre 1080 », ajouter « parce qu'on y voit paraître en qualité d^abbé 



ADDITIONS ET œRRECTIONS 359 

de Saint- Vincent du Mans Guillaume, promu à cette date évêque de 
Durbam (Histoire littéraire de la France, t. VIII, p. 434) ». 

P. 203, 1. 2. — Au lieu de « Mirmahde », lire « Marmande ». 

P. 211, 1. 9. — Au lieu de « le second quart du xii* siècle », lire « la 
première moitié du xii^ siècle », en tenant compte des observations faites 
sur la plus ancienne rédaction des Gesta dans notre thèse compIémcR- 
taire. 

P. 214, note 3, 1. 8. — Au lieu de « Myrrhe », lire « Myra ». 

P. 249, n® 21. — Au lieu de « Brétignolle », lire « Brétignolles ». 

P. 252, n® 30. — Aux éditions indiquées, ajouter Migne, PatroL lat.y 
t. CLV, col. 482, d'après le Breviculum. 

P. 253, 1. 7. — A la suite de « Coll. dom Fonteneau, vol. 13 », ajouter 
« p. 277 ». 

P. 256, n° 39. — Au lieu de « Sauvigné », lire « Chauvigné ». 

P. 267, n® 78. — Pour la confirmation de Foulque le Réchin, ajouter un 
renvoi au n° 278 bis du Catalogue (voir ci-dessous). 

P. 275, 1. 2. — Au lieu de « Priaire », lire « Priaires». 
. P. 297, 1. 2. — Au lieu de « Bournan », lire « Bournand ». 

P. 325. — A la suite du n» 278, ajouter un n° 278 bis : « 1080-mai 1096. 
— Notice. Foulque le Réchin confirme le don fait à Saint-Nicolas d'Angers 
par Geoffroi Martel du torrent de Brionneau, de la Couture, du pré d'Al- 
loyau et du domaine de Longa Silva et y ajoute les vignes de Géraud le 
Chauve, la dîme du panage de Monnais et déclare, en outre, affranchi du 
droit de rouage le domaine de Longue-Ile; en échange de quoi, l'abbé Noël 
lui remet dix livres de deniers. » Mêmes sources que pour le n^ 78, dont 
celui-ci est la confirmation et à la suite duquel il est transcrit. Pour la date, 
voir le n» 278. 

P. 334, n*» 308. — Au lieu de « ms. 741, anc. 671 », lire « ms. 745, anc. 
671 ». 

P. 337, 1. 3. — Au lieu de « Lattay », lire « Latay ». 

P. 338, n® 321. — Au lieu de « Alonnes », lire « Allonnes ». 



■( 



BB 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Abbon, seigneur de Rochefort-sur- 
Loire, 337. 

AcHARD, abbé de Saint-Serge d'An- 
gers, 323. 

Adalard, archevêque de Tours, 2. 

Adalberon, évêque de Laon. — Voir 
Asselin. 

AdélaYdb, femme de Constant, 3î>3. 

Adélaïde, fille de Foulque le Bon et 
de Gerberge, 4. — Femme d* Etien- 
ne de Gévaudan, du roi Louis V, 
puis de Guillaume !•' d'Arles, 6. 
— Mère de la reine Constance. 
6. — Surnommée Blanche, 5, n. 

Adélaïde de Chalon, femme de Lam- 
bert, comte de Chalon, puis de 
Geoffroi Grisegonelle et mère de 
Maurice, 9, n. 3. 

Adélaïde la Teutone, quatrième 
femme de Geoffroi Martel, 128, n., 
290, 293. — Reçoit de lui le terri- 
toire de Saumuren apanage, 136, 
292-293. — Souscrit, 282. 

Adèle, n fille du comte Eude», troi- 
sième femme de Geoffroi Martel, 
127, n. 3. 

Adèle, fille de Foulque jNerra et 
d'Elisabeth de Vendôme, 11, n. 1, 
63. — Épouse Boon, 63. — Hérite 
du comté de Vendôme, 63, 273 — 
Transmet ses droits sur le Ven- 
dômois à son fils aîné Bouchard 
(1016;, 63. — I/autorise à prêter 



hommage à Geoffroi Martel, 64. 
— Fait investir du comté de Ven- 
dôme son second fils. Foulque 
rOison, 65. — (]ède à Geoffroi 
Martel la moitié de ce comté, 65. 

Adèle, prétendue fille de Foulque 
Nerra et d'Hildegarde, 42, n. 

Adèle de Vermandois, fille de Her- 
bert II de Vermandois, femme de 
Geoffroi Grisegonelle, mère de 
Foulque Nerra et d'Ermengarde, 
9. n. 3, 56, n. 3, 245, 354. — 
Donne aux pioines de Saint-Aubin 
d'Angers l'église des AUeuds 
(974), 89, n. 2, 244. — Leur donne 
l'Ile du Mont (974), 354. 

AdelelmuH. — Voir Alleaume. 

Adémar de Chabannbs, chroniqueur, 
xv-xvi, 55, 68. 

Adésière (L'), comm. Avrillé, cant. 
et arr. Angers ^, 252, 254. 

Ad Frajrinttmy localité inconnue, 
311. 

Adheberius. — Voir Aubert. 

Adraldus. — Voir Airaud. 

Agnès, femme de Hubert de Durtal, 
puis de Renaud de Maulévrier, 
304. 

Agnès, fille d'Otle-Guillaume, comte 
de Bourgogne, veuve de Guil- 
laume le Grand, duc d'Aquitaine, 
femme de Geoffroi Martel, 265, 
267, 270, 271, 279, 287. 301, 



1. Nous supprimons l'indication du département pour les localités sises 
en Maine-et-Loire. 



362 



LE COMTÉ d'aNJOU 



320. — Épouse Geoffroi Martel 
(1032), 56-57, 127, n. 3. —Exerce 
l'autorité en Aquitaine, 60-61. — 
Va à Goslar, en Prusse, à la cour 
de son gendre l'empereur Henri III 
(1045), 128 n. 1. — Son voyage en 
Italie (1046), 128, 270. — Va en 
pèlerinage au Monte Gargano 
(1046), 128, n. 1. — Est répudiée 
par Geoffroi Martel (1050 env.), 
61, 127, n. 3, 274, 301. — N'a pas 
été reprise par Geoffroi Martel 
après sa répudiation, 128, n. — 
Actes d'elles, 263, 264. 266, 270, 
271,273-276. 

Agnès, fillt- de la précédente, femme 
de l'empereur Henri III, 128, n. 1. 

Agnès de Jarzé, fille de Thibaud I®**, 
seigneur de Jarzé. — Epouse Ro- 
ger II de Montrevault, 168. 

Agressay, comm. Thurageau, cant. 

Mirebeau, arr. Poitiers (Vienne), 

275. 
Aimé, légat apostolique. — Vient à 

Tours (1081 ou 1082), 314. 
AiMERi, inconnu, 246. 
AiMERi, prévôt de Saumur. — Fait 

prisonnier lors de la prise de 

Saumur (1026), 40. 
AiMERi, sellier, 326. 
AiMBRi de Courron. — Choisi par 

Foulque le Réchin comme gardien 

du « Domicile » d'Amboise, 172. 

— Fait prisonnier, 172. — Part 
en Terre Sainte (1096), 326. 

AiMERi de Doué, fils de Geudouin, 
seigneur de Doué, et de Grécie de 
Montreuil-BelIay,167, n. 2 et 3. 

AiMERi I**" le Jeune ou l'Enfant, sei- 
gneur de Faye-la- Vineuse, fils 
d'Airaeri de Loudun, 161, n. 6. — 
Époux d'Ausent et père d'Aime- 
ri II, 162, n. — Sa mort, 162, n. 

— Actes de lui, 290, 298. 
AiMERi II, seigneur de Faye-la- Vi- 
neuse, fils du précédent, époux 



d'Eustache, père d'Aimeri 111, 
162, n. 

AiMERi III, seigneur de Faye-la-Vi- 
neuse,fils du précédent, 162, n. 

AiMERi de Loudun, père d'Aimeril" 
de Faye-la-Vineuse, 161, n. 6, 
162,n. 

AiMBRi I", seigneur de Maulévrier, 
père de Renaud I*"", 161, n. 5. 

AiMERi de Saintes,. Gis de Machel. 
322. 

AiMBRi de Saunav, 261*262. 

AiMBHi III, vicomte de Thouars. — 
Blessé à la bataille de Conque- 
reuil (992), 23. — Baillistre du 
comté de Nantes (992), 25, 246. 

AiMERi IV, vicomte de Thouars. — 
Peut être allié de Guillaume Ai- 
gret contre Geofîroi Martel (1053 , 
61, n. 7. 

AiMERi, seigneur de Trêves, succes- 
seur de GeoflFroi le Fort, 163, n., 
328. 

AiMERi Gandrillon [Aj/mericus Wan- 
drillo), chevalier, 346. 

AiRAUD, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers, 283. — Donne l'habit monas- 
tique à Geoffroi Martel, 12, n. 

AiRAUD (Arraldus), prévôt, 352. 

Alain, comte de Nantes, fils de 
Guérech. — Sa mort, 17. 

Alain I*"" le Grand, duc de Breta- 
gne et comte de Vannes, 2, o. 2. 
— Cède l'abbaye de Saint-Serge 
d'Angers à l'évêque d'Angers Rai- 
non, 82, n. 4. 

Alain II Barbbtorte, duc de Breta- 
gne, 5. 

Alain III, duc de Bretagne et comte 
de Rennes, époux de Berthe de 
Blois, 71. — Fait reconnaître sa 
suzeraineté à Nantes, 51-52. — 
Allié de Herbert Éveille-Chien, en- 
lève du Lude les otages livrés par 
celui-ci à Foulque Nerra (1027, 
69. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



363 



Alain IV Fergent, duc de Bre- 
tagne et comte de Cornouailles, 
époux de Constance, fille de Guil- 
laume le Conquérant, 182, n. 1. 

— Allié à Geoffroi Martel le Jeune, 
Faide à assiéger Candé (1106), 
174. 

Albericus. — Voir Aubri. 

Albert. — Voir Aubert. 

Albert, inconnu, 275. 

Albert, abbé de Marmoutier, 272, 
285. 295. — Envoie des moines 
et des abbés à Saint-Nicolas d'An- 
gers, 86-87, 254. — Sa mort ( 1064). 
139, 295, 296. 

Albert Belon, serf de Saint-Florent 
de Saumur, 353. 

Alençon (Orne). — Pris par Geoffroi 
Martel, 72, 73, n. 4, 78, n. 2. 

Alexandre II, pape, 185, 197, n. 1. 

— Protège Bérenger de Tours 
contre Geoffroi le Barbu, 139. — 

— Enjoint à Tarchevêque de Tours 
de consacrer Arnaud évêque 
du Mans, 141. — Invite Tarche- 
vêque de Tours à excommunier 
Geoffroi le Barbu, 142. — Envoie 
en Anjou le légat Etienne, 142. — 
Enjoint à Foulque le Réchin de 
rendre la liberté à Geoffroi le 
Barbu (1067), 146. 

Alice, fille d'Avole, 284. 

Aliénor, fille de Bellay !••' de Mon- 

treuil-Bellay. — Épouse Hugue !•»" 

de Sainte-Maure, 167. 
.\lleaume, inconnu, 104. 
Alleaume, père de Geoffroi, 308. 
.\lleaume, père de Geoffroi le Roux, 

346. 
Alleaume I*', seigneur de Semblan- 

çay. — Sa mort (1083), 315. 
Alleaume II, seigneur de Semblan- 

çay, 315. 
Alleuds (Les), cant. Thouarcé, arr. 

Angers, 256. — L'église en est 

donnée par la comtesse Adèle aux 



moines de Saint-Aubin d'Angers 
(974), 89, n. 2. —Ceux-ci y fondent 
un prieuré, 89. — Prieur : Asce- 
lin. 

Allonnes, cant. et arr. Saumur, 338. 

Alloyau (Pré d'), comm. Angers, 
au sortir de la ville, sur la rive 
droite de la Maine, 252, 254, 267, 
359. 

Alluyes, cant. Bonneval, arr. Châ- 
teaudun (Eure-et-Loir). — Sei- 
gneurs : Hugue I**", Hugue II. 

Amauri, scribe de Saint-Aubin d'An- 
gers, 105, n. 6. 

Amboise, arr. Tours (Indre-et-Loire), 
27, 34, 36, 321. — La défense y 
est organisée contre les Normands, 
152. — Est concédée à Enjeuger, 
2, 15, n. 6. — Geoffroi Grisego- 
nelle y construit un nouveau châ- 
teau qu'il inféode à Landri de 
Chàteaudun, 158. — Fait partie 
du comté d*Anjou à l'avènement 
de Foulque Nerra, L5. — Landri 
de Chàteaudun en est chassé (990 
ou 991), 18. — Ce dernier attaque 
la place, 19, n.. 31, n. — Le tré- 
sorier Sulpice y construit un 
donjon en pierre, 44. — Eude II 
de Blois tente en vain de prendre 
la ville (1027), 44. — La seigneu- 
rie en est unie à colle de Chau- 
mont-sur-Loire, 166, 168. — Lutte 
qui s'y livre entre Foulque le 
Réchin et Sulpice d' Amboise 
(1068 env.), 148-149. — Forte- 
resses : Domicile {\e\ Motte (la)- 
Foucois, Tour (la -de-Pierre. — ^ 
Église : Saint-Florentin. — Sei- 
gneurs : Sulpice I*% Hugue II, 
Sulpice II (voir à Chaumont-sur- 
Loire). 

Ambri^res, arr. Mayenne (Mayenne). 
— Guillaume le Bâtard s'y éta- 
blit, 78. — Geoffroi Martel assiège 
la place, 78. — Elle tombe aux 



364 



LE COMTÉ d'aKJOC 



mains de Geoffroi de Mavenne, 
79. 

Ancenis (Loire-Inférieure), 8. n. 6. 

André, inconnu, 353. 

André, serf, 302. 

André Païen, fils de Hubert Pilrate, 
331. 

Angers, 62, n. 2, 130, 178, 183, n. 2, 
193. n.4, 201, 214, n.3, 217, n. 1, 
244. 245, 248, 249, 262-264, 268, 
271.273,277,282,286,287,289,291, 
299, 300, 302, 306, 308-311, 314, 
315, 318, 319, 321, 322, 324, 325, 
327 , 329, 332-334, 341 . — La défense 
y est organisée contre les Nor- 
mands, 152. — La ville est atta- 
quée par les fils de Conan, 6, 25, 
n. 3, 131. — Prétendu incendie de 
la ville par Foulque Nerra (iOOO), 
130. — Prétendu siège de la ville 
par Eude II de Blois, 40, n. 1. — 
Développement de la ville dans 
la première moitié du xi® siècle, 
94-96. — Incendie qui y éclate 
(1032), 96. — Bérenger de Tours 
en est expulsé par Geoffroi le Bar- 
bu, 138. — Synode qui y est 
réuni (1062), 138, n. 1. — La ville 
tombe aux mains de Foulque le 
Réchin (1067), 146. — Foulque le 
Réchin y reçoit le roi Philippe l*"" 
etBertradede Montfort (1106), 171. 

— Églises : Saint-Aignan, Saint- 
Évroult, Sainte-Geneviève, Saint- 
Laud, Saint-Laurent, Saint-Mar- 
tin, Saint-Maurice, Saint-Mau- 
rille, Saint-Michel-la-Palud, Saint 
Michel-du-Tertre, Saint-Pierre, 
Toussaint. — Monastères : Nolre- 
Dame-de-la -Charité (le Rouceray), 
Saint-Aubin, Sainl-Lézin, Saint- 
Nicolas, Saint-Serge. — Prieuré : 
Evière (Y) ou la Trinité d'Angers. 

— Portes : Angevine, Boulet, 
Chanzé, de l'Evière, Girard, llu- 
gon, Pied-Boulet. —Pont : Grand- 



Pont. — Prévôts ; Audouin. 
Geoffroi, Girard Follet, Robert, 
Robert le Maréchal. — Voyer : 
Bernon. 
Angers (Diocèse d'), 13, n. I. 16, n. 
— Soumis à un interdit fl04-9 , 
121-122. — Cet interdit est levé, 
425. — Évêques : Eusèbe Brunon, 
Geoffroi de Mayenne, Geoffroi de 
Tours, Hubert de Vendôme, Né- 
fingue. Normand de Doué, Rainon, 
Renaud II, Renaud III deMarlig-né, 
Ulger. — Archidiacres : Béren^r 
de Tours, Gui, Landri, Marbeuf, 
Renaud. 
Angevine (Porte), à Angers, 95. 
Anglée(L'). — Voir Onglée iL'). 
Angleterre (1/). — Conquise par 
Guillaume le Conquérant, 143, 
n. 2, 144, 180. — Lévêquo du 
Mans Arnaud y va demander 
secours à Guillaume le Conqué- 
rant, 181. — Passe aux mains des 
comtes d'Anjou, 205. — Rois : 
Guillaume le Conquérant, Guil- 
laume le Roux, Henri I*»" Beau- 
clerc, Henri II Plantagenèt. 
Angliers, cant. Moncontour, arr. 

Loudun (Vienne), 315. 
Angoulême (Charente), 217, n. 1. — 

Comte : Guillaume Taillefer. 
Anjou (V)^ passim. — Comtes : Eude 
I'*'', Eude H, Foulque l**" le Roux, 
Foulque II le Bon. Foulque III 
Nerra, Foulque IV le Réchin, 
Fouhïue V le Jeune, Geoffi*oi I" 
Grisegonelle, Geoffroi II Martel, 
Geoffroi IH le Barbu, Geoffroi IV 
Martel le Jeune, Geoffroi Vie Bel, 
Henri Plantagenèt, Hugue lAbbé, 
Lambert, Robert le Fort. — Vi- 
comtes : Foucois, Foulque le Roux, 
Renaud le Thuringien. 
Ansaud. frère de Bouchard <le Ca- 
rêmes, 272. 
Ansaud, père du voyer Bernon, 300. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



sas 



Aquitainb(L'),17, n. 1, 54,60, 61.— 
Voir Poitou. 

Aralazrum, localité inconnue, 331. 

Archembaud. archevêque de Tours, 
84, n. 4. 

Archembaud, fils de Landri de la 
Place, 353. 

Archembaud, fils d'Ulger, 320. 

Archembaud, frère de Sulpice (tré- 
sorier de Saint-Martin de Tours), 
19, n. 

Ardouin. — Voir Hardouin. 

Arles (Bouches^u-Rhône). — Com- 
te : Guillaume I*'. 

Arnaud, évêque du Mans. — Son 
élection (1065), 141-142, 180. — 
Chassé du Mans, va en Angleterre 
demander secours à Guillaume le 
Conquérant, 181. — Sa mort 
(1081), 18,1 — Son favori Hoël 
lui succède, 185. 

Arnoul. archevêque de Tours, 260, 
-383.289. 

Arnoul deBrisco^ 281. 

Arr^ldu», — Voir Airaud. 

Artenay. comm.dcs Verchers, cant. 
Doué, arr. Saumur, 335. 

Arthur de Craon, prétendu parent 
de Foulque Nerra, 339. 

AscBLiN, prieur des Alieuds, 89, n. 2. 

AssELiN (Adalberon, évêque de 
Laon). — Son complot contre 
Hugue Capety28, n. 1. 

AstellenU {Terra de), domaine in- 
connu, 266, 331. 

Atton, vicomte de Tours, 3, n. 4. 

Atton. — Voir Azzon. 

Aubert, abbé de Saint-Florent de 
Saumur. 252, 353. — Sa mort 
(1013), 252. 

AuBRi, inconnu, 259. 

AuBRi, comte de Gàtinais. — N'est 
pas le père de GeofTroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 134,n. — 
Ses frères, 134 n. 



AuBRi, fils du prévôt d'Angers Gui^ 

305. 
AuBRi, gendre de Hugue Mange^ 

Breton, 326. 
AuBRi de Chinon, 287. 

AuBRi, seigneur du Lion -d* Angers, 
fils du trésorier Gui. — Est dépos- 
sédé de son fief par le comte d'An- 
jou (1060 env.), 113, 169. — Acte 

de lui, 281-282. 
AuBRi, premier seigneur de Mont- 

jean, 164. — Gendre de Thibaud 
le Bouteiller, seigneur de Trêves, 
162, n. 2. — Avoué de Saint-Flo- 
rent de Saumur à Saint-Georges- 
Chàtelaison, 251, 346-347. — Entre 
en possession de l'église de Chft- 
teaupanne, 157, n. 4, 164, n. 3. 
— Érige en collégiale l'église 

Notre-Dame de Loudun, 164, n. 3, 
259. 
Au BRI, seigneur de Mon trésor, allié 

de Foulque le Réchin contre 

Hugue d'Amboise, 172. 

AuDEBBRT, comte de la Haute Mar- 
che et du Périgord. — Aide 
Foulque Nerra à prendre Tours 
(996) , 29. — Attaque Poitiers, 30, n. 

AuoEMAND, prétendu chancelier de 
GeofTroi Grisegonelleetde Foulque 
Nerra, 104-105. 

AuDOuiN, prévôt d'Angers, 279, 289. 

AuDouiN, prieur de Saint-Aubin 
d'Angers, nommé abbé de Saint- 
Nicolas d'Angers, 87, 254. — 
Frère d'Ernaud, 281. 

AuGiER {Hildegarius), trésorier de 

Saint-Hilaire de Poitiers. — Prie 

Fulbert de Chartres de venir à 

Poitiers, 55. 
AuGiER, époux de Valence, 300. 

AuMAND, inconnu, 284. 

AuMODE, première femme de Guil- 
laume le Grand, duc d'Aquitaine, 
mère de Guillaume le Gros, 30, 

n., 56. 
AuRRNGARDB. — Voir Orcn garde. 



366 



LE COMTÉ D ANJOU 



AuRiscAND, évèque de Vannes. — 
Chargé de garder le château du 
Bouffay, 20, n. 2. 

AiJSENT, femme d'Aimeri I*»" de Faye, 
mère d'Aimeri II, 162, n. 

AussiGNé, comm. et cant. Durtal, 
arr. Baugé. — Voir Josselin. 

AuTHiON (L'i, rivière, affluent de la 
Loire. 340. 

AuTRUDE, inconnue, 300. 

AvALOU (Le Petit-), comm. Brain- 
sur-l'Authion, canton et arr. An- 
gers, 324. 

.\vESGAUD, évêque du Mans. — Sa 
mort (1036), 69, 260. 



AvoiE, femme de Gautier Rag^. mère 
d'Alice, 266, 284. 335. 

AvoiE, femme de Gautier Rouaud, 
204. n. 4. 

AvoiE ou Blanche, femme de Robert 
le Bourguignon, 298, 300. 

Azé, comm. Saint-Georges-du-Bois, 
cant. Beaufort -en- Vallée, arr. Bau- 
gé, 330. 

AzzoN, marquis d'Esté, époux de 
Gersent, fille de Herbert Éveille- 
Chien, père de Hugue. 180. 187. 
— Reconnu comte du Maine (1069 
env.), 180. — Abandonné par ses 
partisans, regagne Tltalie, 181. 



Rabin, sénéchal de Geoffroi Martel, 
102. 

Balesmes, cant. la Ilaye-Descartes, 
arr. Chinon (Indre-et-Loire). — 
Églises : Saint-Pierre, Saint-Sym- 
phorien. 

Ballon, arr. du Mans (Sarthe). — 
Pris par Guillaume le Roux (1098), 
188. — Assiégé par Foulque le 
Réchin, 188. — Voir Hugue de 
Ballon. 

Bardoul, père de Renaud, 296. 

Babre (La;, comm. Angers, 254. 

Bartiiélemi, seigneur de TIsle-Bou- 
chard. — Sa révolte contre 
Foulque le Réchin, 173. — En 
guerre contre Hugue de Sainte- 
Maure. 203. 

Barthélemi, abbé de Marmoutier 
(1064-1084), 328. —Son élection, 
139 lU). 307. — Sa mort. 320. 

Rahthklemi, archevêque de Tours, 
seigneur do Mirebeau, 275. — 
Succède à Ariioul,289. — Geoffroi 
Martel se plaint à lui de l'évêque 
du Mans Gervais, 71, n. 3. — 
Défend Bérenger de Tours contre 



Geoffroi le Barbu, 139, 142. - 
Son conflit avec ce dernier pour 
l'élection à Tévêché du Mans, 141- 
142. — Excommunie Geoffroi le 
Barbu, 142. — Prend part au 
synode de Saumur (1067), 144. — 
Sa mort (1068), 148, n., 297, 299, 
313. — Actes de lui. 283. 

Baudouin, chapelain de Foulque 
Nerra, puis aumônier de Saint- 
Aubin d'Angers, 106, n. 1. 

Baudouin, comte de Flandre, 298. 

Baudri, abbé de Bourgueil. — Sa 
nomination (1089), 317, 327. 

Baudri, abbé de Saint-Nicolas d'An- 
gers. — Se sauve de son abbaye, 
86, 254. 

Baugé, 193, n. 4, 247, 305, 306, 312, 
328, 331, 334. — Château construit 
en cet endroit par Foulque Nerra, 
156. — Formation de là ville, 93, 
n. 4. — Reste en la possession 
directe des comtes d'Anjou au 
XI* siècle, 156, n. 1. 

Bayeux (Calvados). — Incendié par 
Geoffroi Martel le Jeune (1105), 
190. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



367 



Bazouoes, ancien nom d^ Château- 

Gontier, 16, 247, 260. 
Béarn (Le). — Comte : Centulle. 
Béatrice, épouse d'Albert, 275. 
BEAUCB(La) , région de la France, 257. 
Bbaugkncy, arr. Orléans (Loiret). 

— Seigneur : Lancelin. — Voir 
Landri de Beaugency. 

Beaulieu, cant. et arr. Loches (In- 
dre-et-Loire). — Foulque Nerra 
construit une abbaye en cet 
endroit (1007?), 32, n., 83-86, 94, 
213, n. 7, 214. n. 3, 216, 351-352. 

— L'archevêque de Tours Hugue 
refuse de venir la consacrer, 84, 
118. — Foulque Nerra y est en- 
terré, 127, n., 234-236. —Forma- 
tion d'une ville autour de Tabbaye, 
94. — Les chartes relatives à la 
fondation de cette abbaye, 97, n., 
21 9-231 , 250-251 . — Autres chartes 
de l'abbaye, xxiii, 268, 285. — 
L' « Office du Saint-Sépulcre » de 
Beaulieu, xi. — Abbé : Etienne. 

Beaumont-la Chartre, cant. La 
Chartre, arr. Saint-Calais (Sarthe), 
250. 

Bbaumont-sur-Sarthk, arr. Mamers 
/^Sarthe). — Se soumet à Guil- 
laume le Conquérant, 181. — 
Vicomte : Hubert. 

Beaumont-lès-Tours, comm. Tours 
(Indre-et-Loire). — Monastère de 
femmes : Orengarde de Chàielail- 
lan s'y retire peut-être, 170, n. 1. 

— Acte pour ce monastère, 312. 
Beaupràau, arr. Cholet. — Fonda- 
tion du château, 157. — Les pre- 
miers seigneura, 157, n. 3, 163. — 
Ilamelin, frère de Girois, menacé 
d'en être déshérité (1028-1029), 
113, 163, n. 2. — Les seigneurs 
du lieu possèdent le Vieil-Baugé, 
156. — Seigneurs : Girois I"", 
Girois 11, Hamelin, Josselin de 
Rennes, Orri. 



Bbauvais-sur-Loir, comm. et cant. 
Seiches, arr. Baugé, 286. 

Bbauvbau, cant. Seiches, arr. Bau- 
gé. — Église : Saint- Martin 

Bellay I*', seigneur de Montreuil- 
Bellay, époux de Grécie, 127, n. 3, 
128, n., 287. — Reçoit son fief de 
Foulque Nerra, 112, 161. — Dona- 
tion qu'il fait à Saint-Florent, 161, 
n. 1. 

Bellay II, seigneur de Montreuil- 
Bellay, frère de Grécie, 167, n. 3. 
— Fait prisonnier au combat de 
Ballon, 188. — Sa fille Aliénor 
épouse Hugue I*'de Sainte-Maure, 
167. — Donation qu'il fait à Fon- 
tevrault, 167, n. 3. 

Bellême, arr. Mortagne (Orne), 295. 
Église ; Saint-Léonard. — Sei- 
gneurs : Guillaume, Robert. 

Béné, comm. Juigné-Béné, cant. et 
arr. Angers, 266, 331. 

Bbner, comm. Yvré-TÉvêque, cant. 
et arr. du Mans (Sarthe), 322. 

Benoît, évêque de Porto (Italie), 
229. 

Benoît, évêque de Selva Candida 
(Itelie), 229. 

Benoît VIII, pape, 227, 229. 

Benoît IX, pape. — Geoffroi Martel 
se plaint à lui de l'évêque Ger- 
vais, 71, n. 3. — Prétendue sous- 
cription de ce pape, 264. 

Bérard, père de Geoffroi Bérard, 
292. 

Bârenger de Tours, archidiacre dans 
le diocèse d'Angers, 116. — Écrit- 
un acte de Foulque Nerra, 106, 
n. 4. — Débuts de son hérésie, 

123, n. 3, 124. — Défendu par 
Geoffroi Martel etEusèbe Brunon. 

124, 126, 281. — Se rend au con- 
cile de Rome (1059), 126, n. 1. — 
Comparaît devant un concile à 
Angers (1062), 138. n. 1. — Geof- 
froi le Barbu le persécute et l'ex- 



368 



LE COMTÉ d'aNJOU 



puise d'Angers, 138-139, 142. — 
Sa lettre au cardinal Etienne, 138, 
n. 2. — Soutenu par Eusèbe Bru- 
non jusqu'en 1079, abandonné par 
Foulque le Réchin avant cette 
date, 197-198. — Recueils de ses 
lettres, xvii. 

Bernard, abbé de Marmoutier(1084- 
1099), 328. —Sa nomination, 320. 

Bernard, écolàtre de Saint-Maurice 
d'Angers, auteur des « Miracles 
de sainte Foy », 116. 

Bernard de Glermont, prétendu 
chancelier de Foulque Nerra, 104- 
105. 

Bernard ou Bernaud, chapelain de 
GeofTroi Martel, 106, n. 1, 303. 

Bbrnibr, percepteur comtal de ton- 
lieu, 108, n. 4. 

Bernon, fils du prévôt d'Angers 
Geoffroi, 305. 

Bernon, prévôt de Foulque Nerra, 
353. 

Bernon, voyer d'Angers. 300. 

Berthè, femme d'Eude I«" de Blois, 

29. — Épouse le roi Robert (997), 

30, 232-2.33, 357. — Son parti à 
la cour, 32. 

Berthe, sœur de Thibaud, comte de 
Blois, veuve d'Alain, comte de 
Rennes. — Ëpousc Huguc III, 
comte du Maine. 67, n., 71. — 
Chassée du Mans, se sauve en 
Normandie avec ses enfants, 75, 
178. 

Bertin, scribe de Saint- Aubin d'An- 
gers, JOB, n. 6. 

Bbrtrade de Montfort, cinquième 
femme de Foulque le Héchin, 170, 
186, 3l8. — Se sauve auprès du 
roi Philippe I*' (1092). 170. — 
L'épouse (10.92), 171, n. — Vient 
avec lui à Angers (1106), 171. — 
Mère de Foulque le Jeune. 171, 
173. — Tente d'obtenir son élar- 
gissement, 178. — Mère de Phi- 



lippe, 334. — Souscrit un acte, 
291. 

Bbssé, aujourd'hui Saint-Pierre-du- 
Lac, comm. etcant. Beaufort, arr. 
Baugé. 244, 245, .341. 

BBuvRON(Le),rivière, affl.de la Loire, 
34. 

BiGOTiÈRE (La), comm. Rochefort- 
sur-Loire, cant. Chalonnes. arr. 
Angers, 290. 

Bilangerio {Monaslerium e/e), monas- 
tère inconnu, 318. 

BioTE, sœur de Hugue III, comte du 
Maine. — Epouse Gautier de 
Mantes, 179. — Emmenée prison- 
nière à Falaise avec son mari, y 
meurt empoisonnée, 179. 

Blaison, cant. des Ponts-de-Cé, arr. 
Angers. — Les premiers seigneurs 
du lieu, 164. — La place est assié- 
gée par Geoffroi le Bel, 204. — 
Seigneurs : Éon, Jean, Thibaud I*', 
Thibaud IL — Voir Cadilo et 
Geoffroi de Blaison. 

Blanche, surnom d'Adélaïde, fille 
de Foulque le Bon, 5, n. 

Blanche, surnom d'Ermengarde, 
fille de Foulque Nerra, 12, n. 

Blanche ou Avoie, femme de Robert 
le Bourguignon, 298, 300. 

Blanchelande, localité d'emplace- 
ment incertain, 185, n. — Paix 
qu'y concluent Guillaume le 
Conquérant et Foulque le Réchin 
(1081), 183, n. 4, 184. 

Rlêmars, ancienne forêt de Tou- 
raine, 260, 294. 

Bléré, arr. Tours (Indre-et-Loire), 
47. 

Blâsois, pays de Blois. — Dévasté 
lors d'une guerre entre Geoffroi 
Martel et Thibaud III, 51, n. 1. 

Blois (Loir-et-Cher), 6, 44. — 
Foulque Nerra en incendie les 
faubourgs (990 env.), 18. — Com- 
tes : Eude I«^ Eude II, Gui de Chà- 



TABLE ALPHABÉTIQtJE 



369 



tillon, Thibaud I«' le Tricheur, 
Thibaud II, Thibaud III. — Vi- 
comte : Gcudouin. 
BoGÉ, canton et arr. Baugé, 338. — 

Voyer : Geoffroi. 
BoDON. — Voir Boon. 
BoisoGBR, comm. Loche, cant. Mon- 
trésor, arr. Loches (Indre-et- 
Loire). — Droits concédés à Tab- 
baye de Beaulieu dans les bois de 
ce lieu, 221, 352. 
BoNNEviLLE-suR-TouQUEs, cant. et 
arr. Pont-l'Évêque (Calvados), 303. 
Boon, probablement fils du comte 
de Nevers Landri, mari d'Adèle, 
fille de Foulque Nerra, 63,' 272- 
273. 
Bordeaux (Gironde). — Le légat 
Etienne s'y rend (1067), 145, n. 4. 
Borretum, localité sise au comté 

de Senlis, 286. 
Bouchard, inconnu, 272. 
Bouchard, inconnu, 315. 
Bouchard, comte de Paris, 339. 
Bouchard I«' le Vénérable, comte 
de Vendôme, père de Tévêque 
de Paris Renaud et beau-père de 
Foulque Nerra, 11, n. 1, 62,63. 
Prétendu oncle de Foulque Nerra, 
339. _ Vient à Angers (985), 62, 
n. 2. — Sa mort, 250. — Actes de 
lui, 245, 250. 
Bouchard II le Chauve, comte de 
Vendôme, fils d'Adèle (fille de 
Foulque Nerra), 63. — Placé sous 
le bail de Foulque Nerra, 63-64. 
— Sa majorité, 64. — Prête hom- 
mage à GeofTroi Martel, 65, 66, 
n. 2. — Sa mort, 65. 
Bouchard III, comte de Vendôme, 
seigneur de Nouàtre. — Sa majo- 
rité (1075), 309. 
Bouchard, serf, 353. 
Bouchard, seigneur de Briollay; tré- 
sorier de Saint-Maurice d'Angers, 
112, 257. — Reçoit son fief de 

Halphen. — Le comté d'Anjou, 



Foulque Nerra, 112, 157, n. 2, 
162-163. — Son rôle dans les 
guerres de Geoffroi Martel, 117. 
— Sa femme et ses enfants, 117, 
n. 2. 

Bouchard de Carêmes, 51, n. 1, 272, 
280. 

Bouchard, seigneur de TIsle-Bou- 
chard, neveu de Geoffroi Fouel, 
306, 308. 

Bouchard de Montmorency, 339. 

Bouchard, seigneur de Montrésor ci 
de Montrichard, 149. — Allié de 
Foulque le Réchin contre Sulpice 
d'Amboise, 149. — Épouse une 
fille de Lisdis d^Amboise, 166. 

Bouchard le Breton, inconnu, 290. 

BouFFAY (Le), forteresse établie à 
Nantes par Conan, comte de 
Rennes, 17. — La garde en est 
confiée à Tévêque Auriscand, 20, 
n. 2. 

BouGRiN (Vulgrinus). — Est nommé 
abbé de Saint-Serge d'Angers, 91, 
n. 4, 92, 268. — Est nommé évêque 
du Mans (1055), 79, n. 1, 80, 125, 
n. 5, 278. — Sa mort (1065), 139, 
n., 141, 142, n. 3. 

Boulet (Porte), porte d'Angers, 95. 

BouRC-DE-LA-RiVE. — Voir Rive (La). 

BouRGUEiL, arr. Chinon (Indre-et- 
Loire). — Monastère de Saint- 
Pierre de Bourguoil, 233, 286. — 
Chartes de ce monastère, xxii, 
246-250,275, 283, 286, 297, 313, 
315, 317, 318, 322, 333. — Abbés : 
Baudri, Joubert, Raimond. 

BouRNAND, cant. Trois-Mouliers, arr. 
Loudun (Vienne), 297. 

Bourré, cant. Montrichard, arr. 
Blois (Loir-et-Cher), 33. 

Brain-sur-Allonnes, cant. et arr. 
Saumur, 39. 

Braye (Bois de), ancien bois de Tou- 
raine,près de Saint-Martin-le-Beau. 

24 



370 



LE COMTÉ d'aNJOU 



— Thibaud III, comte de Biois. 
y est fait prisonnier (1044), 48. 

Breille (La), cant. et arr. Saumur, 

334. 
Bretagne (La). — Ducs : Alain I*', 

Alain II, Alain III, Alain IV, 

Conan !*•■, Conan II, Erispoë, 

Geoffroi Bérenger, Hoël, Salo- 

mon. 
Brétignolles, cant. Saint-Gilles-sur- 

Vie, arr. Sables-d'01onne( Vendée), 

249. 
Breton d'Amboise, auteur d'une 

rédaction des Gesta consulum 

Andegavorurrif vu. 
Bretons (Les), 1,2. — Expulsés de 

l'Anjou occidental, 3. 
BniANT, seigneur de Martigné, père 

de l'évêque d'Angers Renaud III, 

195. 
Bribcham, localité inconnue du Poi- 
tou, 246. 
Brienne, arr. Bar-sur- Aube (Aube). 

— Comte : Gautier I*'. 
Briollay, arr. Angers, 167. — Fon- 
dation d'un château en ce lieu, 
157. — Ce château est inféodé par 



Foulque Nerra au père du tréso- 
rier Bouchard, i 12, 157, n. 2, 162- 
163. — Origine de la maison de 
Briollay, 162-163. — La place est 
prise par Geoffroi Martel le Jeune 
(1104), 174. — Elle est assiégée 
par Geoffroi le Bel, 204. — Sei- 
gneurs : Bouchard, Geoffroi. 

Brion, cant. Beaufort, arr. Baugé, 
279. — Fondation d'un prieuré de 
Saint-Aubin d'Angers en ce lieu, 
90. 

Brionnbau (Le), ruisseau, affl. de la 
Maine, 252, 254, 359. 

Briscb, seconde femme de Guillaume 
le Grand,duc d'Aquitaine, et mère 
d'Eude, 56. 

Brissac, cant. Thouarcé, arr. An- 
gers, 143» n. 2. — Geoffroi le 
Barbu y assiège Foulque le Ré- 
chin (1068), 147. 

BuDic, comte de Nantes, fils de 
Judicaêl. — Reconnaît la suzerai- 
neté de Foulque Nerra, puis celle 
du comte de Rennes, 51-52. 

Burchardus. — Voir Bouchard. 

BurnelluSf inconnu, 321. 



Cadilo de Blaison, 352. 

Candé, arr. Segré, 167. — Pourpar- 
lers qui y ont lieu entre Foulque le 
Réchin et Geoffroi le Barbu (1063), 
137, 294. — Le fief en est Uni à 
ceux du Lion-d'Angers et du 
Petit Montrevrault, 168, 175, n. — 
Geoffroi Martel le Jeune et Foul- 
que le Réchin viennent y assiéger 
Normand de Montrevault (1106), 
J74. _ Geoffroi Martel le Jeune 
meurt devant la place (1106), 174, 
175, n., 337.— - La place est assiégée 
par Geoffroi le Bel, 204. — Sei- 
gneurs : Foulque Normand de 



Montrevault, Geoffroi Rorgon, 
Rorgon. 

Canevosa^ forêt de Touraine, 316. 

Carray, cant. Pouancé, arr. Segrê. 
287. — A la limite des comtés 
d'Anjou et de Nantes, 17, n. — 
Fondation en ce lieu d'un prieuré 
de Marmoutier, 93, n. 1. 

Carêmes, comm. Menetou- Salon, 
cant. Saint-Martin-d*Auxigny, arr. 
Bourges (Cher). — Voir Bouchard 
de Carêmes. 

Carolingiens (Les), 15. 

Carterib (La), comm. Bécon, cant. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



371 



Louroux-BéconnaiSy arr. Angers, 

298. 
Caslellarium, vieux nom de Roche- 
fort-sur-Loire. 
Catrer, Chavais. 
Caux, région de la Normandie. — 

Dévastée par Eude, frère du roi 

Henri !•«• (1054), 77. 
Caziacus, domaine sis sur la Loire 

près de Bourgueil, 275. 
Centulle, comte de Béam, 197, n. 
CiiAcÉ, cant. et arr. Saumur, 108, 

n. 4, 262. 
Chaintrb (La) -Notbe-Dame, clos 

appartenant à Notre- Dame-de-la- 

Charité d^Angers, 340. 
Chalonnes, arr. Angers, 296, 313, 

325. — Fondation d'un prieuré de 

Marmoutier en ce lieu, 93, n. 1. 

— Église : Saint-Maurille. 
CuAMBiERs, comm. et cant. Durtal, 

arr. Baugé, 310, 335. 

Champagne (Comté de). — Difficul- 
tés survenues pour la succession 
de ce comté, 37, 38, n. 1. 

Champigné-sur-Sarthe, cant. Châ- 
teauneuf, arr. Segré, 256. — Fon- 
dation d'un prieuré de Saint- Aubin 
d'Angers en ce lieu, 89. — Le fief 
est repris par le comte à la mort 
du seigneur, 162, n. 

Champignv-le-Sec, comm. Souzay, 
canl. et arr. Saumur, 261. 

Champigny-sur-Veudb, cant. Riche- 
lieu, arr. Chinon (Indre-et-Loire). 

— Foulque le Réchin y élève une 
forteresse, 173. — Barthélemi, 
soigneur de TIsle-Bouchard, la 
prend et l'incendie, 173. 

Champtock, cant. Saint-Georges-sur- 
Loire, arr. Angers, 314. — La 
seigneurie en est unie à celles de 
Craon, Sablé et Ingrandes, 168. 

Champtoceaux, arr. Cholet. — Fon- 
dation d'un prieuré de Marmou- 
tier en ce lieu, 93, n. 1. — Le fief 



est enlevé à Orri par Geoffroi 
Martel et donné à Thibaud de 
Jarzé, 112, 169. — La place est 
assiégée par Geoffroi le Bel, 204. 

— Église : Saint-Jean-Baptiste. 

— Seigneurs : Geoffroi, Orri, Thi- 
baud de Jarzé. 

Changé, comm. Chenillé-Changé, 
cant. Chàteauneuf, arr. Segré, 284. 

Channay, cant. Château- la-Vallière, 
arr. Tours (Indre-et-Loire), 318. 

Chantocé. — Voir Champtocé. 

Chantoceaux. — Voir Champtoceaux. 

CiiANZB (Porte), porte d'Angers, 95. 

Chapelle (La) - Vendômoise, cant. 
Herbault, arr. Blois (Loir-et- 
Cher). — Trêve conclue en ce lieu 
par Geoffroi Martel et Thibaud III 
de Blois, 50-51, 280. 

Chardonnet (Le), quartier de la ville 
actuelle de Saumur. — Les moi- 
nes de Saint-Florent y recons- 
truisent leur monastère (1026), 41, 
n. 2, 44, 88,94. 

Charles II le Chauve, roi de France, 
1. — Conclut avec Salomon, duc 
de Bretagne, le traité d'Entram- 
mes, 16, n. 4. — Nomme Lambert 
comte d'Anjou, 81, n. 2. 

Charles III le Simple, roi de France, 
3. 

Charles IV, roi de France, 234. 

Charles V, roi de France, 221. 

Chartrb (La), arr. Saint-Calais 
(Sarthe), 250. — Hugue, fils d'Az- 
zon, y reçoit l'hommage des Man- 
ceaux (1090), 187. — La place est 
prise par Geoffroi Martel le Jeune 
et Foulque le Réchin (1104), 174. 

Chartrené, cant. et arr. Baugé, 255. 
— Fondation d'un prieuré de 
Saint-Aubin d'Angers en ce lieu, 
91, n. 1. 

Chartres (Eure-et-Loir). — Monas- 
tère : Saint-Père de Chartres. 



t{l2 



LE COMTÉ D*ANJOÛ 



Chateaubhiant (Loire-Inférieure), 
17, n. 

Château- DU-LoiR, arr. Saint-Calais 
(Sarlhe), 8, n. 6, 210. — Assiégé 
par Geoffroi Martel, 71, 74. — Lui 
est cédé par Tévêque Gervais, 75, 
342, — Seigneur : Gerv^ais. 

Chateaudun (Eure-et-Loir), 27, n. 5, 
28, n. 2. — Assiégé par Foulque 
Nerra (990 env.), 18, 19, n. — 
Vicomtes : Geoffroi, Hugue. 

Chateau-Gontier (Mayenne). — Fon- 
dation d'un prieuré de Saint- 
Aubin d'Angers en ce lieu, 90. - 
Foulque Nerra y construit une 
forteresse (1007 env.), 155, 158. — 
Il l'inféode à Renaud Ivon, Hi, 
n. 4, 158. — Formation de la ville, 
93, n. 4. — Conan II meurt sous 
les murs decette place (1066), 143. 
— Seigneurs : Renaud Ivon, Re- 
naud II. 

Chateau-Landon, arr. Fontainebleau 
(Seine-et-Marne), 1, n. 3, 2,. n. 1 

CiiATEAq-LA Valliè«e, arr. Tours 
(Indre-et-Loire). — Fait partie du 
comté d'Anjou à l'avènement de 
Foulque Nerra, 15. 

Chateauneuf, faubourg de Tours. — 
Incendié (997), 31 n. — N'a pas 
été assiégé isolément, 358. 

Chateaupanne, comm. Montjean, 
cant. Saint-Florent-le -Vieil, arr, 
Cholet. — L'église en est donnée 
à Aubri W de Montjean, 157, n. 4, 
164, n. 3. 

Chateaurenault, arr. Tours (Indre- 
et-Loire). — Cédé parThibaud III 
de Blois à Geoffroi Martel (1044), 
48. — Confisqué par ce dernier et 
inféodé à Renaud de Chàteau- 
Gontier, 50, n. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 165. — Lutte dos 
seigneurs du lieu avec ceux de 
Chaumont-sur-Loire, 203. — Sei- 



gneurs : Guicher I*', Renaud II 

de Chàteau-Gontier. 
Chatelais, cant. et arr. Segré, 304. 
CuATELiERS (Lbs), comm. des Murs, 

cant. Ponts-de-Cé, arr. Angers, 

99, n. 1. 
Chaumont-sur-Loire, cant. Montri- 

chard, arr. Blois (Loir-et-Cher), 
298. — Inféodé par Eude II de 
Blois à Geudouin de Saumur, U, 
n. 2, 165. — Passe aux mains des 
seigneurs d'Amboise, 168. — As- 
siégé par Geoffroi le Barbu, 
Foulque le Réchin et Philippe I*' 
(1067), 147, 298. — Lutte des sei- 
gneurs du lieu avec ceux de Mon- 
trésor, Chateaurenault et Preuilly, 
203. — Seigneurs : Geoffroi, Geu- 
douin de Saumur, Hugue I*% Sul- 

pice. 
Chauvigné, comm. Saint- Remy-la- 

Varenne, cant. Ponts-de-Cé, arr. 
Angers, 256. 
Chavais (Catver), comm. Déneiê, 
cant. Doué, arr. Saumur. — Voir 

Guérin. 

Chef -Boutonne, arr. Melle (Deux- 
Sèvres), — Foulque le Réchin et 
Geoffroi le Barbu y battent Gui- 
Geoffroi (106i), 136, 150,n. 5. 

CnEFFESjCant. Briollay, arr. Angers. 
— Fondation d'un prieuré de 
Saint-Nicolas d'Angers en ce lieu, 

302. 

Chelles, cant. Lagny, arr. Meaux 
(Seine-et-Marne). — Synode tenu 
en ce lieu (1008), 33. 

Chemillé, arr. Cholet. — Compris 
dans le pagus Andegavensis^ 13, 
n. 1. — Fondation d'un château 
en ce lieu, 157. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 157, n. 4, 158, n., 
163, 164, n. — La charge de con- 
nétable du comte d'Anjou ne leur 
appartient pas héréditairement, 
102104. — Leur cour, 164, n. - 
En guerre contre ceux de Maule- 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



373 



vrier, 203. — Fondation d'un 
prieuré de Marmoutier en ce lieu, 
93, n. 1. — Archives de ce prieu- 
ré, XXII. — Seigneurs : Gauvain, 
Pierre I*', Pierre II, Sebrand I»', 
Sebrand il. 

CHÊNEHUTTE,comni. Chênehutte-les- 
Tuffeaux, cant. Gennes. arr. Sau- 
mur, 14, n. 5. 

Chenu, cant. du Lude, arr. La Flè- 
che (Sarthe), 254. — Fait partie 
du comté d'Anjou à ravènement 
de Foulque Nerra, 15. 

Cher (Le), fleuve, 31, 33, 34,47, 149, 
273. 

Chese (Gué de). — Ne semble pas 
être le gué de Chissay, 34, n. 4. 

Chbviré-le-Rouge, cant. et arr. Bau- 
ge, 276, 309. 

Chevreusb, arr. Rambouillet (Seine- 
et-Oise), 339. 

Chinon (Indre-et-Loire), 14, n. 5, 
296. 297, 333, 336. — Attaqué par 
Foulque Nerra (990 env.), 19. — 
Cédé à Geoffroi Martel par Thi- 
baud III de Blois (1044), 48. — 
GeofTroi le Barbu y est empri- 
sonné (1068), 146, n. 2, 147. — Il 
y reste jusqu'en 1096, 148, n. — 
Église : Saint-Mesmin. — Voir 
Aubri, Thomas de Chinon. 

Chirriacus, ancien nom de Saint- 
Remy-la-Varenne. 

Chissay, cant. Montrichard, arr. 
Blois (Loir-et-Cher). — Ne semble 
pas être le lieu appelé Chese, 34, 
n. 4. 

Choisillb (La), rivière, affl. de la 
Loire, 37. 244. 

Cigogne (La), domaine de Tabbaye 
de Bourgueil, 247. 

Clément II, pape. — Geoffroi Martel 
se plaint à lui de Tévêque Gervais, 
71, n. 3. — Est censé souscrire un 
acte, 264. 



Clérbmbaud, seigneur de Rochefort- 
sur-Loire, 332. 

Cluny (Abbaye de), 9, n. 3. — Abbé: 
Hugue (saint). 

Colombiers, propriété de Marmou- 
tier sise sur le Cher, 273. 

CoMPiÉGNB(Oise), 252. 

Conan I«' le Toht, comte de Rennes 
et duc de Bretagne, mari d'Ermen- 
garde (fille de Geoffroi Grisego- 
nelle), 9. — Père de Geoffroi Bé- 
renger, 51. — Grand-père d^Éon 
de Bretagne, 78, n. 4. — Livre 
au comte de Nantes Guérech la 
première bataille de Conquereuil 
(981 ou 982), 6. —Expédition de 
ses fils contre Angers au temps 
de Geoffroi Grisegonelle, et non 
sous Foulque Nerra, 6, 25, n. 3, 
131. — Vassal du comte de Blois. 
17. — Prend Nantes (990), 17. — 
Met garnison dans le château et 
dans la ville, 20. — Assiège la 
ville qui lui a échappé (992), 21. 
— Est battu et tué à la seconde 
bataille de-Conquereuil (992),21-25. 

Conan II, comte de Rennes et duc 
de Bretagne. — Le comte de 
Nantes Hoêl se soulève contre 
lui, 53. — Éon de Bretagne tente 
de le renverser. 78, n. 4. — Tradi- 
tion suivant laquelle Guérin de 
Craon lui aurait prêté hommage, 
143, n. 2. — Envahit TAnjou, 
prend Pouancé, Segré, mais meurt 
devant Chàteau-Gontier (1066). 
143, 144, n. — N'est pas mort 
devant Craon, 143, n. 2. 

Concere {Rivulu8de)f près de Loches, 
351. 

Conquereuil, cant. Guéméné-Pen- 
fad, arr. Saint-Nazaire (Loire- 
Inférieure). — Bataille livrée en 
cet endroit par Guérech, comte 
de Nantes, contre Conan I*' de 
' Rennes (981 ou 982), 6. — BaUille 



374 



LE COMTÉ d'aNJOU 



livrée en cet endroit par Foulque 
Nerra contre Conan I'''" de Rennes 
(992), 7, n., 20, n. 1, 21-25, 129, 
245. 

Constance, femme d'Alain Fergent, 
fille de Guillaume le Conquérant, 
182, n.l. 

Constance, femme du roi Robert le 
Pieux, 6. — Cousine de Foulque 
Nerra, 32. — Tente de renverser 
le roi Henri I**", 45. 

Constant, veneur à La Pouèze, 353. 

Constantin, collibert, 300. 

CoRBON, premier seigneur de Roche- 
corbon, 165. 

CoRMERY (Monastère de), cant. Mont- 
bazon.arr. Tours (Indre-et-Loire), 
32, n. 1. — Chartes de ce monas- 
tère, XXIII, 263, 306. 

CoRNiLLÉ, cant. Seiches, arr. Baugé, 
301. 

CoRzÉ, cant. Seiches, arr. Baugé, 311 . 

CouDnAY(LE) -MAcouARD.cant. Mon- 
treuil-Bellay, arr. Saumur, 14. 

CouLAiNES, cant. et arr, du Mans 
(Sarthe). — Réuni à TAnjou par 
Foulque le Bon, 16. 

Coulombs, cant. Nogent, arr. Dreux 
(Eure-et-Loir). — Monastère qui 
y est fondé {1028), 257. 

CouRÇAY. cant. Bléré, arr. Tours 
llndre-et-Loire), 254. — Fait par- 
tie du comté d'Anjou à Tavène- 
mentde Foulque Nerra, 15. 

Cour (La) -de-Pierre, comm. Roche- 
fort-sur- Loire, cant. Chalonnes, 
arr. Angers, 263, 287, 299, 304, 
323, 337. 

Courtiras, comm. Vendôme (Loir- 
et-Cher), 288. 



Couture (La), comm. Bouchemaine. 
cant. et arr. Angers, 267, 360. 

Coutures, cant. Gennes, arr. Sau- 
mur, 288. 

CoziacuSf domaine de Tabbaye de 
BourgueiI,297. 

Craon, arr. Chàteau-Gontier (Mayen- 
ne), 277. — Fondation d'un prieu- 
ré de Saint- Aubin d'Angers en ce 
lieu, 89. — Premiers seigneurs du 
lieu, 165. — Le fief est confisqué à 
Suhard par GeofTroi Martel et donné 
à Robert le Bourguignon, 53, n. 2, 
112-113, 144, n. — Prétendue mort 
de Conan II de Rennes devant cette 
ville, 143, n. 2. — Prétendue mort 
de Guérin de Craon devant cette 
ville, 144, n. — Le fief est uni à 
ceux de Sablé, Ingrandes et Champ- 
tocé, 168. — Église et prieuré : 
Saint-Clément. — Seigneurs : 
Guérin, Maurice, Renaud, Robert 
le Bourguignon, Suhard I*'' le 
Vieux, Suhard II le Jeune. — Voir 
Arthur de Craon. 

CrescentluSf seigneur romain préten- 
dument tué par Foulque Nerra, 
131, 213, n. 7. 

Creuse (La), rivière, 15. 

Crouzillbs, comm. et cant. Isle- 
Bouchard, arr. Chinon (Indre-et- 
Loire), 308. 

Cru, comm. Meigné, cant. Doué, arr. 
Saumur, 341. 

CuMERAY, comm. Sainl-Georges-des- 
Sept-Voies et du Toureil, cant. 
Gennes, arr. Saumur, 305. 

Cunault, comm. Trèves-Cunault, 
cant. Gennes, arr. Saumur, 310. — 
Prieuré: Notre-Dame. 



Daibert, abbé de Saint-Serge d'An- 
gers. — Sa mort (1082), 313. 
Danaziacus, Dénezé. 



Danois (Les). — Alliés de Richard 

de Normandie, 7. 
Daumbray, cant. Durtal, arr. Baugé. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



375 



— Fondation en ce lieu d'un 
prieuré de Marmoutier, 93, n. i. 

— Prieuré : Saint-Martin. 
David, père du comte du Maine 

Hugue !•', 67, n. 
Dénezé (Danaziacus), cant. Doué, 
arr. Saumur, 345. — Ne fait pas 
partie du comté d'Anjou à l'avène- 
ment de Foulque Nerra, 14. 

Denise, fille de Horgon, seigneur de 
Candé. — Épouse Foulque Nor- 
mand, seigneur de Montrevault, 
168, 174, n. 8. — Hérite des sei- 
gneuries de Candé et du Lion-d'An- 
gers, 168, n. 6. 

Denise, nièce de Geoffroi, seigneur 
de Chaumont-sur-Loire. — Épouse 
Sulpîce dWmboise, 166, 168. 

Deux (Les) -Evailles, cant. Mont- 
surs, arr. Mayenne (Mayenne), 16, 
n. 4. 

DissAY-sous-CouRciLLON, caut, Châ- 
teau-du-Loir, arr. Saint- Calais 
(Sarthe). — Réuni au comté 
d'Anjou par Foulque le Bon, 16. 

DisTRÉ, cant. et arr. Saumur, 345. 

— Ne fait pas partie du comté 
d'Anjou à l'avènement de Foulque 
Nerra, 14. 

DivE (La), rivière de Normandie, 
14, n. 5, 79. 

DoDON, père de Landri de la Place, 
353. 

DoDON, fils de Landri de la Place et 
bouteiller de Foulque Nerra, 101, 
353. 

DoL,arr. Saint-Malo (Ille-et- Vilaine). 

— Soulevé contre Hoël, duc de 
Bretagne, et peut-être aussi contre 
Guillaume le Conquérant (1076), 
182. — Raoul de Montfort est par- 
mi les assiégés, 182, n. 1. — Pré- 
tendu siège de Dol en 1086, 182, 
n. 1. 



DoMKRONT (Orne), 185, n. — Compris 
dans le comté du Maine, 72. — 
Assiégé par Guillaume le Bâtard, 
72, 73, n. 4. 

Domicile (Le), château des comtes 
d'Anjou à Amboise, 158, n. 2. — 
Foulque Nerra en confie la garde 
à Léon de Meung, 159, n. — Le 
gardien Ernoul y est remplacé 
par Renard Pourceau, 148-149. — 
Foulque le Réchin en confie la 
garde à Aimeri de Courron, puis à 
Hugue du Gué, 172. — Ce château 
est détruit par Hugue d'Amboise, 
172. 

DoucÊLiN (Saint) . — Reliques de ce 
saint, 40. 

Doué, arr. Saumur, 271, 316, 317. — 
Aimeri, prévôt de Saumur, y est . 
enfermé (1026), 40. — Assiégé 
par Geoffroi le Bel, 204. — Sei- 
gneur : Geudouin. — Voyer : Mé- 
nard. 

Dreu ou Drogon, prétendu fils de 
Foulque le Bon, 5, n. 1. 

Drogon, fils d'Alain Barbetorte, as- 
sassiné par Foulque le Bon, 5. 

DuNOis (Le), pays de Châteaudun, 
dévasté lors d'une guerre entre 
Thibaud III de Blois et Geoffroi 
Martel, 51,n.l. 

Durand, prieur de Saint-Maur de 
Glanfeuil, 340. 

DuRTAL, arr. Baugé, 286, 304, 330. 

— Geoffroi Martel construit un 
château en ce lieu. 156-ir)7, 161. 

— 11 l'inféode à Hubert le Rasoir, 
112, 161. — Ce château passe aux 
mains de Renaud de Maulévrier, 
113,169(roir la correction, p. 358), 

— Seigneurs : Hubert le Rasoir, 
Renaud de Maulévrier. 



376 



LE COMTÉ d'aNJOU 



E 



Ebbon de Faye-la- Vineuse, prétendu 
seigneur de ce lieu, 154, n. 3. 

ÉcHATS (Forêt des), comm. Saint- 
Lambert-la-Poterie, cant. et arr. 
Angers, 283, 310, 324, 325, 327, 
328. 

ÉcouEN, arr. Pontoise (Seine-et- 
Oise). 339. 

Effroi le Roux, inconnu, 271. 

Elisabeth, première femme de Foul- 
que Nerra, fille de Bouchard le 
Vénérable, comte de Vendôme, 
mère d'Adèle, 11, n. 1. 62,63, 
245. — Sa mort (1000), 62. — 
Prétendument tuée par son mari, 
130. 

Elisabeth (ou Isabelle), femme de 
Renaud II de Château -Gontier, 
50, n. 

Embrun (Hautes- Alpes). — L'évêque 
d'Angers Renaud y meurt (1005), 
114, n. 2. 

Emma, femme de Guillaume IV 
d'Aquitaine, 56, n. 3, 232. 

Emma, femme de Raoul, vicomte du 
Mans, fille d'Etienne de Montre- 
vault, 159, 160, n. 1. — Nièce de 
l'évêque d'Angers Hubert, 115, 
n. 2. — Hérite du Grand-Montre- 
vault, 159, 160, n. 1. 

Enoebaud, inconnu, 286. 

Engebaud (Ingebaldus)^ inconnu, 353. 

Enjeuger, fils de Bouchard de Briol- 
lay, 117, n. 2. 

Enjeuger, fils de Foulque le Roux, 
4. 

Enjeuger [Ingelgerius), fils de Ter- 
tulle et père du comte d'Anjou 
Foulque I*' le Roux. — Reçoit 
Amboise, 2, 15, n. 6. — Son rôle 
en Anjou, 2-3. 



ENTRAMMES,cant. et arr. Laval (May- 
enne). — Traité conclu en ce 
lieu (863), 16, n. 4. 

ÉoN, troisième seigneur de Blaisoo, 
successeur de Thibaud II, 164, 
n. 2, 282,323. — Parmi les fidèles 
du comte, 192, n. 1 . — Abbé laïque 
de Saint-Lézin d'Angers, 270. — 
Acte de lui, 309. 

ÉoN de Bretagne, second fils de 
Geoffroi I" de Rennes. — Allié de 
Geoffroi Martel contre Guillaume 
le Bâtard, 78. 

Épinard. comm. Cantenay-Épinard, 
cant. et arr. Angers. — Prétendue 
défaite de Guérin de Craon en ce 
lieu, 144. n. (voir la correction 
de la p, 358). 

Épinats, comm. Cizay, cant. Mon- 
treuil-Bellay, arr. Saumur, 271. 

Épluchard, comm, Angers, 266,331. 

Érard, inconnu, 273. 

Érard, évêque de Nantes, 296. 

Érard, gardien du château de Loches, 
108, n. 5. 

Érard, prévôt de Tours, puis sei- 
gneur de Rillé, 165, 295. 296. - 
Père de 3farca, femme de Geof- 
froi Papebeuf, 165, n. 3. - Sa 
mort, 296. 

Érard de Faye-la- Vineuse, prétendu 
seigneur de ce lieu, 154, n. 3. 

ÉREMBURGE, filledHélic dc la Flèche, 
fiancée à Geoffroi Martel le Jeune, 
puis mariée à Foulque le Jeune, 
190. 

Érispoé, duc de Bretagne, 2, n. - 

Ermengarde, fille de Foulque Nerra 
et d'Hildegarde, 11, n. 1, 293,310. 
— Femme de Geoffroi, comte de 
GâUnais, et mère de Geoffroi le 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



377 



Barbu et de Foulque le Réchin, 
42, n., 133. — Surnommée Blan- 
che, 12, n. 

Ermbngarde, fille de Foulque le 
Réchin, 169, n. 2, 202, n. 1. — 
Épouse Guillaume VII le Jeune, 
duc d'Aquitaine (1089 env.), 176- 
177. — S'en sépare, 177. — Com- 
tesse de Bretagne, 334, — Sous- 
crit des actes de Foulque le 
Réchin, 325, 326, 337. 

Ermengàude, fille de GeofTroi Grise- 
gonelle. — Épouse Conan I«' de 
Rennes, 9. 

Ermengarde, serve, 262. 

Ermbngarde de Bourbon, seconde 
femme de Foulque le Réchin, 
mère de GeofTroi Martel le Jeune, 
169. —Est répudiée, 169.— Sous- 
crit un acte de son mari, 310. 

Ermenoldus, moine de Saint-Florent 
de Saumur, 353. 

Ernaud, frère de Tabbé de Saint- 
Nicolas d'Angers Audouin, 281. 

Ernoul, gardien du châleau comtal 
d'Amboise. — Est congédié par 
Foulque le Réchin, 148. 

EscHivARD, seigneur de Preuilly. — 
En guerre contre Jean de Mont> 
bazon, 203. 

Este, ville de Vénétie (Italie). — 
Marquis : Azzon. 

Etienne, abbé de Beaulieu, près 
Loches, 285. 

Etienne, cardinal. — Bérenger de 
Tours se plaint à lui de GeofTroi 
le Barbu, 138, n. 2. — Envoyé en 
Anjou par le pape Alexandre II, 
142. — Tient un synode à Saumur 
et y excommunie GeofTroi le Barbu 
(1067), 144-145. — Y souscrit un 
acte, 297. — Va delà à Bordeaux, 
14;>, n. 4. 

Etienne, cellérier de Foulque le 
Réchin, 193, n. 3. 



Etienne, chambrier de Foulque le 
Réchin, 193, n. 2. 

Etienne II, comte de Champagne, 
fils et successeur d'Eude II de 
de Blois. — En guerre contre le 
roi Henri I",46. — Battu par Geof- 
Troi Martel à la bataille de Nouy 
(1044), 47, 

Etienne, comte de Gévaudan, épouse 
Adélaïde d'Anjou, 6. 

Etienne, seigneur du Grand-Mont- 

revault, beau-frère de Tévêque 

d*Angers Hubert. — Reçoit son fief 

de Foulque Nerra, 112, 159, 160, 
n. 1. 
Etienne le Sot^ inconnu, 259. 

Étriché, cant. Durtal, arr. Baugé, 

324. 
EuDE, abbé de Marmoutier, auteur, 

suivant Mabille, de la première 

rédaction des a Gcsta consulum 

Andegavorum », vu, 2, n. 1. 

EuDE, comte d'Anjou et abbé de 
Saint-Aubin d'Angers, 81, n. 2. 

EuDE, comte d'Anjou, puis roi de 

France, fils de Robert le Fort, 3, 

n. 3, 82, n. 
EuDE W, comte de Blois, 51, 251, 

345. — Sa participation au com- 
plot contre Hugue Capet, 28, n. 1. 

— Suzerain du comte de Rennes, 

27. — Envahit l'Anjou (990), 17. 

— Repoussé par Foulque Nerra, 
18-19. — Assiège Langeais (995- 
996), 27. — Obtient une trêve de 
Hugue Capet (996), 27, 28, n. 2. 

— Sa mort (12 mars 996), 27, n. 5, 

28, 29, 30, n., 357. 

EuDE II, comte de Blois, fils du pré- 
cédent, 28, n. 2, 30, 31, 117, 118, 
214, n. 3, 273. — Marche sur 
Montrichard (1016), 33. — Est 
battu par Foulque Nerra à Pont- 
levoy (1016), 34-36. — Assiste au 
sacre de Hugue, fils de Robert le 
Pieux (1017), 36. — Ses démêlés 
avec Robert le Pieux à propos de 



378 



LE COMTÉ D*AXJOC 



la succession de Champagne, 37, 
39, n. 2. — Assiège Monlboyau 
1026;, 39. — Lève le siège de 
celle place, 42-43. — Tente en 
vain de reprendre Saumar (1026), 
43-44, 155, n. 2. — Inféode Chau- 
monUsur- Loire à Geudouin de 
Saumur, 44, n. 2, 165, n. 7. — 
Tenle en vain de prendre Am- 
boise (1027), 44. — A avec Foul- 
que Nerra une entrevue à Veuves, 
260. — S'unit à la reine Cons- 
tance contre le roi Henri I***, 45. 
— Sa campagne contre le duc de 
Lorraine, 37, n. 2. — Sa mort 
(1037), 46, 260, 263. — Peut-être 
père d'Adèle, troisième femme de 
GeoiTroi Martel, 127, n. 3. 

EiTDE, duc de Gascogne, fils de 
Guillaume V le Grand d'Aquitaine, 
56. — Tente de succéder à son 
frère Guillaume le Gros en Aqui- 
taine, mais meurt au siège de Mau- 
zé (1039), 59-60. 

EuDE, fourrier du comte d'Anjou, 
108, n. 4. 

EuDE, frère du roi de France Hen- 
ri !•••. — Est battu à Mortemer 
(1054), 77. — Souscrit un acte, 
295. 

EuDB de Poligné, inconnu, 353. 

EuDE BiusEiiASTE, inconnu, 274. 

EiJDE LE Bi\us (Brunellua), serf, 353. 

EuDE LE noiTx (Hufinus), inconnu, 
assiégé dans Marçon (987), 8, n. 6. 

Eugène III, pape, 355. 

EusÈBE Bhunon, évoque d'Angers, 
H7, 144, n. 3, 198, n. l,201,n. 1, 



313, 354. — Son ordination '104T . 
120,296. — Défend Gcoffroi Mar- 
tel, excommunié par le pape, 122- 
123. — D'accord avec Geoffroi 
Martel, prend la défense de Bé- 
renger de Tours, 124, 126. — 
Protège ce dernier contre Geoffroi 
le Barbu, 138-139. — Est invité 
par l'archevêque de Tours à excom- 
munier Geoffroi le Barbu, 142. — 
L'excommunie après le synode de 
Saumur (1067), 144-145." — Son 
entente avec Foulque le Réchio. 
196-198. — N'abandonne Bérenger 
de Tours qu'après le concile de 
Lalran (1079), 197. — Actes de 
lui ou souscrits par lui, 286, 295- 
296,307, 309, 311-312. 

£i;sTACHE,femmed'Aimeri II de Faye- 
la-Vineuse, mère d'Aimeri 111, 
162, n. 

ÉvièRE (Porte de T), à Angers, 268, 
279. 

ÉviÈRE (Prieuré de 1'), prieuré delà 
Trinité de Vendôme, à Angri-s, 
337. — Sa fondation, 88, 268, 279. 
— Foulque le Réchin y est enter- 
ré, 337. 

Evrard, gardien de la <c Tour-de 
Pierre •. à Am boise. — Rend 
cette forteresse à Foulque le Ré- 
chin, 149. 

Evrard de Loudun, inconnu, 317, 
318. 

ÉvREUx (Eure). — Les environs en 
sont occupés par Geoffroi Martel 
et par le roi Henri I*', 77. 



Farfa (Abbaye de), en Italie, 227. 

Favk-la-Vineuse, cant. Richelieu, 
arr. Chinon (Indre-et-Loire). — 
Foulque Nerra en fonde sans doute 



le château, 154. — Premiers sei- 
gneurs du lieu, 454, n. 3, 161-162. 
— Lutte des seigneurs du lieu 
contre ceux de Marmande et de 



.^ 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



379 



ri sle- Bouchard, 203. — Monastère : 
Saint-Georges de Faye. — Sei- 
gneurs : Aimeri I«' le Jeune, Ai- 
meri II, Aimeri III, Ganelon de 
Chàtillon, Gui de Nevers, Nive. 

Faymoreau, cant. Saint-Hilaire-des- 
Loges, arr. Fontenay-le-Comle 
(Vendée), 249. 

FÉLiciE, mère de Tabbé de Saint- 
Florent de Saumur Frédéric, 353. 

Flandre (La), 29, n. — Comte : 
Baudouin. 

Flèche (La) (Sarthe), i 84, n. 4, 185, 
n. — Assiégée par Foulque le Ré- 
chin (1076), 182-183, 311. — Pro- 
tégée par Guillaume le (Conqué- 
rant, 183. — Prise et détruite par 
Foulque le Réchin (1081), 183. — 
Seigneui*s : Hélie, Jean. 

Flines, comm. Sain t- H ila ire-Saint- 
Florent, cant. et arr. de Saumur, 
281, 

Florent (Saint). — Foulque Ner- 
ra veut emporter ses restes à An- 
gers (1026), 130. — Ses restes sont 
transportés dans la nouvelle église 
de Saint-Florent, au Chardonnet 
(1030), 88, n. 4. 

Fontevrault, cant. et arr. de Sau- 
mur. — Chartes du monastère, 
XXI, 333, 334. 

Forêt (La Grande), comm. Andard, 
cant. et arr. Angers, 256. 

Fosses, comm. Brioux, arr. Melle 
(Deux Sèvres), 264,276. 

FoucHARD de Rochefort-sur-Loire, 
304. 

Foucoïs, cellérier de Foulque le Ré- 
chin, 193, n. 3.. 

Foucoïs, vicomte d'Angers, sans 
doute fils du vicomte Renaud le 
Thuringien, 99, n. 1, 100. — Ac- 
compagne révêque d'Angers Re- 
naud, partant pour la Terre Sainte 
(1005), 100, n. 2,215, n. 

Foucoïs de Thorigné, baron d'Am- 



boise. — Allié de Foulque le Ré- 
chin contre Sulpice d'Amboise, 
149. — Épouse une fille de Lisois 
d'Amboise, 166. 

FouiLLOux (Bois du), bois situé en 
Anjou et dont une partie subsiste à 
Savennières, cant. Saint-Georges- 
sur -Loire, arr. Angers, 298, 329, 
342. 

Foulque, chapelain de GeofTroi le 
Barbu, 192, n. 4. 

Foulque !•' le Roux, vicomte d'An- 
gers, puis comte d'Anjou, fils 
d'Enjeuger, 3-4, 90, n. 5. — Pos- 
sède Loches, Villentrois et La 
Haye, 4, 15, n. 2. — Abbé de 
Saint-Aubin et Saint-Lézin d'An- 
gers, 3. — Un moment, vicomte de 
Tours, 3, n. 4. — Époux de Rous- 
sille, 4. — Ses enfants, 4. 

Foulque II le Bon, comte d'Anjou, 
fils et successeur du précédent, 
4, 13, 254. — Tente de s'emparer 
de Nantes, 5. — Réunit à l'Anjou 
Coulaines et Dissay-sous-Courcil- 
lon, 16, — Ses mariages et ses 
enfants, 4-5. 

Foulque III Nerra, comte d'Anjou, 
fils et successeur de Geoffroi Gri- 
segonelle, père de Geoffroi Martel, 
6, n. 5, 8, 10, 12, 13, 15, n. 8, 17, 
49, 51, 90, n. 1 et 4, 97, 99, 100, 
101, 107-110,113, 162, n. 2, 166, 
195, 237, 266, 270-274, 283, 286, 
295, 299,310,353, 354. — Sa nais- 
sance (970 env.), 9, 126, n. 3. — 
Épouse Elisabeth de Vendôme, 
11, n. 1, 62. — Son avènement 
(987), 9, 126. — Envahit le Blésois, 
assiège Chàteaudun et repousse 
Eude I«' (990 env.), 18-19. — Ra- 
vage le Saumurois, 345. — Prend 
Nantes, sauf le château (992), 20. 
— Bat Conan, comte de Rennes, 
à Conquereuil (992), 21-25. — 
Prend le château de Nantes (992), 



380 



LE COMTÉ d'âNJOU 



25. — Ses prétendus exploits 
contre les fils de Conan, 131. — 
Envahit la Touraine et y construit 
Langeais (994-995), 26, 159. — Y 
soutient un siège d'Eude I«', 27- 
28. — Allié d'Audebert de Péri- 
gord, 29, 30, n. — Ses prétendues 
hostilités contre Guiîlaunie le 
Grand, duc d'Aquitaine, 30, n., 
55, n. — Envahit la Touraine et 
prend Tours (996), 29, 232. — 
Viole le cloître de Saint-Martin 
de Tours (996), 30, n., 129, 246, 
348-349. — Légende suivant la- 
quelle il aurait incendié Angers et 
tué Elisabeth (1000), 130. — S'éta- 
blit à Montrevault (1000 env.), 52, 
155, 159. — Son premier pèleri- 
nage à Jérusalem (1002-1003, ou 
1003-1004), 31, 84, 130, 213, 249.— 
Ses prétendus exploits contre 
CrescentiuSt 131. — Il laisse peut- 
être pendant son absence la ré- 
gence à Maurice, 19, 31, n. 2, 111. 

— Budic, comte de Nantes, l'ap- 
pelle en vain à son secours, 52. — 
Il envahit le Saumurois, 31. — 
Construit Montrichard (1005 ou 
1006), 31, 84. 118, 153. —Cons- 
truit Montbazon, 32, 153, — 
Construit Mirebeau, 32, n. 1, 154. 

— Nomme Hubert évêque d'An- 
gers (1006), 114-115. — Construit 
Château-Gontier (1007 env.), 155, 
158. — Fonde l'abbaye de Beau- 
lieu, près Loches (1007 env.), 83- 
86, 94, 219-231, 351-352. — Son 
conflit avec l'archevêque de Tours 
Hugue, 117-119. — Fait assassiner 
Hugue de Beauvais (1008), 32, 118, 
129, 130. — Accusé de ce meurtre 
au synode de Chelles (1008), 33, 
118. — Son second pèlerinage à 
Jérusalem (1008 ou 1009), 33, 130. 
214-215. — Confie peut-être pen- 
dant son absence la régence à 



Geoffroi Martel, 111. — Est bail- 
listre du comté de Vendôme (1016), 
63-64. — Reprend la lutte contre 
Eude II de Blois, 33,.214, n. 3. - 
Le bat à Pontlevoy (1016), 33-36. 

— A Herbert Éveille-Chien pour 
allié, 67. — Assiste au sacre de 
Hugue, fils de Robert le Pieux 
(1017), 36. — Construit la forte- 
resse de Montboyau (1017), 37, 
153. — Pille les biens de l'arche- 
vêché de Tours, 38, 84, 118. — 
Fonde l'abbaye de Saint-Nicolas 
d'Angers (1020), 86-87, 214, n. 3, 
215,252. — Restaure Saint-Martin 
d'Angers et y fonde une collégiale, 
258. — Fait prisonnier Herbert 
Éveille-Chien (1025), 68. — Cons- 
truit le château de Mon treuil-Bel- 
lay, 153, 161. — Envahit le Sau- 
murois et y construit la forteresse 
de Trêves, 39. 153. — Prend Sau- 
mur (1026), 40-42, 129-130, 297.— 
Assiège Montbazon. 42-43. — Or- 
ganise la défense à Saumur, 43.— 
S'engage à détruire Montboyau 
(1026), 44. — Prend Montbazon 
et emprisonne Geoffroi de Saint- 
Aignan (1027), 45. — A avec Eude 
Il de Blois une entrevue à Veuves, 
260. — Relâche Herbert Éveille- 
Chien (1027), 68-69. — Fonde avec 
la comtesse Hildegarde l'abbaye 
de Notre -Dame -de -la -Charité 

d'Angers (1028), 87, 257. — S'éU- 
blit à Montfaucon et à Saint-Flo- 
rent-le-Vieil (1030 env.), 52, 155.- 
Allié du roi Henri I", vient avec 
lui assiéger Sens (1032), 45-46. — 
S'emploie à obtenir la soumission 
de la reine Constance, 46. — Sa 
lutte contre son fils Geoffroi Mar- 
tel (1032-1039), 46, 58, 60, 216-217. 

— N'a pas fait de pèlerinage en 
1035 ou 1036, 215-216. — Son 
troisième pèlerinage à Jérusalem 



^BS 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



384 



(1039-4040), 60. n. 4, 126, 130. 
217-218, 254, 261. — Sa mort à 
Metz (1040), 10, 60, n. 4, 126. 218, 
264-267. 269. 278. — Il est enterré 
à Beaulieu, 234-236, 268. — Châ- 
teaux construits par lui, 153-157. 

— Inféode Baugé à Renaud Ivon, 
158. — Inféode Briollay au père 
du trésorier Bouchard, 112, 157, 
n. 2, 162-163. — Inféode Montreuil- 
Bellay à Bellay I«', 112, 161. — 
Inféode Montrevault à Etienne, 
112, 159, 160, n. 1. — Inféode un 
domaine près de Montrevault à 
Roger le Vieux, 159. 160, 161, n. — 
N'inféode pas Trêves à Herbert le 
Rasoir. 162, n. 2. — Confie la 
garde du « Domicile » à Léon de 
Meung, 159. n. — Reçoit Saintes 
en fief du duc d'Aquitaine, 30, n., 
54. — Vassal fidèle de ce dernier, 
55-56. — Prétendue donation 
qu'il aurait faite à Adèle du comté 
de Vendôme, 273. — Consent à 
ce que Bouchard le Chauve, comte 
de Vendôme, prête hommage à 
Geoffroi Martel, 66, n. 2. — « Sub- 
jugue» Hugue II, comte du Maine, 
66. — Son rôle dans les affaires 
ecclésiastiques du comté, 113-120. 

— N'a eu ni sénéchal, ni conné- 
table, ni chancelier. 102-106. — A 
eu un chapelain, 106. — Cou- 
sin germain de la reine Cons- 
tance, 32. — Ses mariages, 11, 
n. 1. — Son caractère, 129-132. 

— Ses surnoms, 210-212. — Actes 
de lui ou souscrits par lui, 15, 
n. 1. 244-263, 339, 340. 346-352. — 
Sceaux qui lui sont atfribués. 240, 
n. 3, 242. 

Foulque IV lb Réchin, comte d'An- 
jou, neveu de Geoffroi Martel, père 
de Geoffroi Martel le Jeune et de 
Foulque le Jeune, 108, n. 4, 152, 
169, n. 2 et 3, 170, 190, 194, n., 209, 



211, 237, 278, 301, 310, 354. — 
Fils de Geoffroi, comte de Gâti- 
nais, et d'Ermengarde (fille de 
Foulque Nerra), 133, 134, n. — 
Armé chevalier par Geoffroi Mar- 
tel, reçoit en apanage la Sain- 
tonge (1060), 134. — Hérite de la 
châtellenic de Vihiers et de la 
Saintonge (1060), 134, 303, 304. — 
Vassal de son frère Geoffroi le 
Barbu, 134, 136. — Geoffroi Mar- 
tel ne lui a pas transmis le comté 
d'Anjou, 135, n. 3. — Avec son 
frère Geoffroi le Barbu, bat Gui- 
Geoffroi à Chef-Boutonne (1061), 
136. — Perd la Saintonge, 137. — 
Ses premiers dissentiments avec 
Geoffroi le Barbu, 137, 294. — 
S'empare de Saumur et prend le 
titrede comte (1067), 144, 145, 297. 

— Prend Angers et fait Geoffroi le 
Barbu prisonnier (1067), 145-146. 

— Remet Geoffroi le Barbu en 
liberté (1067), 146. — L'accom- 
pagne au siège de Chaumont-sur- 
Loire (1067), 147. — Prend Bris-* 
sac, bat Geoffix)i le Barbu et le 
fait prisonnier (1068), 147. — 
Détruit Trêves (1068), 150, 304.— 
Sa lutte contre Sulpice d'Am- 
boise, 148-149. —Cède le Gâtinais 
à Philippe I", 150. — Prête hom- 
mage pour la Touraine à Thibaud 
de Blois, 150. — Repousse Gui- 
Geoffroi, duc d'Aquitaine (1068), 
150. — S'empare du donjon du 
Mans, 181. — Envoie des renforts 
aux assiégés de Dol (1076), 182. -^ 
Assiège la Flèche et est blessé 
devant la place (1076), 182-183. — 
Épouse Orengarde de Châtelaillon 
(1076), 310. — Hugue de Die exa- 
mine son cas au concile de Poi- 
tiers (1077), 197, n. —Conclut une 
trêve avec Guillaume le Conqué- 
rant (1079 env.), 183. — Attaqué 



382 



LE COMTÉ d' ANJOU 



par Gui-GeolTroi et Geoffroi de 
Preuilly (1080 env.), 476. —Prend 
et détruit la Flèche (1081), 183. — 
Conclut avec Guillaume le Con- 
quérant la paix de Blanchelande 
(1081), 184. — Empêche l'arche- 
vêque de Tours de consacrer ré- 
voque du Mans Hoël (1081), 185- 
186, 199. — Fait la paix avec 
Raoul de Langeais, archevêque 
de Tours (1083), 201. — Incendie 
le Lion-d'Angers (1087), 317. — 
Favorise sans doute un nouveau 
soulèvement du Maine, 186. — 
Se rapproche de Robert Cour- 
teheuse afin qu'il s'entremette 
pour lui auprès de Bertrade de 
Montfort, 186-187. — Accuse Phi- 
lippe I" d'inceste, 171. — Relevé 
par Hugue de Die de son excom- 
munication (1094), 323. — Reçoit 
du pape Urbain II une rose d'or 
(1096), 191. — Prend possession 
du Mans (1098), 188. — Bloque 
Ballon, mais est battu devant la 
place, 188. — Aide Hélie de la 
F'ièche à se faire reconnaître comte 
du Maine (1100), 189. — Tente de 
déshériter son fils Geofl'roi Martel 
au profit de Foulque le Jeune, son 
second fils, 173. — Soutenu contre 
Geoffroi Martel par Guillaume VII 
de Poitou, 174, 177. — Battu par 
Geoffroi Martel, doit lui recon- 
naître l'autorité comtale, 173-174. 
— L'accompagne aux sièges de la 
Chartre, Thouars etCandé, 174. — 
Reçoit Philippe I"' et Bertrade de 
Montfort à Angers (1106), 171. — 
Sa lutte avec Ilugue I" d'Amboise, 
172. — Sa lutte avec les autres 
seigneurs du comté d'Anjou, 173. 
Sa mort (1109), 172, 202, 203. — 
Il est enterré à FÉvière d'Angers, 
202, n. 1. — Auteur d'une chro- 
nique latine, vi, 191, n. 2. — 



Ses sénéchaux, 192, n. 1. — Son 
connétable, 103, 192, n. 2. — Son 
chapelain, 192, n. 4, 193, n. — Ses 
chambriers, 193, n. 2. — Ses cellé- 
riers, 101, n. 4, 193, n. 3. — Pos- 
sède Baugé, 156, n. 1 {et correc- 
tion, p. 358). — Son rôle dans les 
élections épiscopales et abba- 
tiales, 194-196. — Son entente avec 
Tévêque Eusèbe Brunon, 196-198. 

— Son conflit avec l'archevêque 
de Tours, 198-201. — Ses ma- 
riages, 169-171. — Ses surnoms, 
210.— Son sceau, 240-241. —Fait 
sceller et quelquefois rédiger ses 
actes par son chapelain, 192-193. 

— Actes de lui ou souscrits par 
lui, 267, 282-284, 290-292, 297, 
298, 300-339, 341, 342, 359. 

Foulque V le Jeune, comte d'Anjou, 
fils 'du précédent et de Bertrade 
de Montfort, 170, 211, 330, 354. - 
Foulque le Réchin veut l'avanta- 
ger au détriment de Geoffroi Mar- 
tel le Jeune, 173. — II est fait 
prisonnier par Guillaume Vil de 
Poitou, puis relâché, 178. — Son 
avènement (1109),' 202. — Épouse 
la fille d^Hélie de la Flèche et hé- 
rite du comté du Maine, 205. -7 Sa 
lutte contre les barons angevins, 
203-204. — Prépare l'annexion de 
la Normandie, 205. — Actes de lui 
ou souscrits par lui, 325, 326, 331- 
334, 336-338. 

Foulque de Champagne, prétendu 
fondateur du château de Mateflon, 
156, n.2. 

Foulque, fils du comte du Maine 
Hugue I", 67, n. 

Foulque, deuxième seigneur de Ma- 
teflon, 112, 157, n., 161, 192, n. 1. 

— Fait une donation au moment de 
partir à Jérusalem (1100;, 330. 

Foulque Normand, seigneur du Petit- 
Montrevault, héritier de Roger H 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



383 



de Montrevault,160, n. 1, 16i, n. 
— Époux de Mahaud, 299. — 
Épouse Denise de Candé, 168. — 
Devient seigneur de Candé et du 
Lion-d'Angers, 468, n. 4, 474, n. 8, 
175, n. — Se révolte contre le 
comte d'Anjou, 474, n. 8. — Est 
assiégé dans Candé par GeofTroi 
Martel le Jeune (1106), 174. — Sa 
lutte contre Raoul, vicomte du 
Grand-Montrevault, 202-203. — 
Acte de lui, 299-300. 

Foulque l'Oison, comte de Ven- 
dôme, fils d'Adèle (fille de Foulque 
Nerra),/51, n. 1, 63, n. 3, 288. — 
Prêle hommage à Geofl'roi Martel, 
65, 66, n. 2. — Se révolte contre 
lui et est dépouillé du comté, 65. 
— Rentre en possession de ce 
comté (1050 env.), 66, 272. — 
Actes de lui ou souscrits par lui, 
278, 288, 289. 

Fraxinum {Ad), localité inconnue, 
311. 

Frédéric, inconnu, 247. 

Frédéric, abbé de Saint-Florent de 
Saumur, 42, n., 162, n. 2, 261, 



264, 274, 278, 353. 354. — Sa mort 
(4055), 278. 

Fresnay, arr. Mamers (Sarthe). — 
Pris par Guillaume le Conquérant 
(4073), 184. — Vicomte : Hubert. 

Fréteval, cant. Morée, arr. Ven- 
dôme (Loir-et-Cher), — Pris par 
GeofTroi Martel, 50. — Seigneurs : 
Névelon, Païen. 

Froger, frère de Guérin de Chavais, 
346. 

Froger, père du collibert Robert, 
270. 

Frou le Bigot, inconnu, 295. 

Fruttuaria (Monastère de), monas- 
tère italien, 229. 

Fuilet (Le), cant. Montrevault, arr. 
Cholet, 285. 

Fulbert, évêque de Chartres, ix. — 
Prend la défense de Foulque 
Nerra au synode de Chelles(1008), 
33. — L'invite à la modération, 
38, n. 2. — Prié par le trésorier 
Augier de venir à Poitiers, 55. — 
Ses lettres, xvii. 



Galeran, prétendu abbé de Saint- 
Maur de Glanfeuil, 341. 

Galon ou Ganelon, moine de Saint- 
Aubin d'Angers, écrit un acte de 
Foulque Nerra, 106, n. 4. 

Ganelon, trésorier de Saint-Martin 
de Tours, 265. 

Ganelon de Châtillon, 352. — Reçoit 
de Geofl'roi le Barbu le fief de 
Faye-la-Vineuse, 162, n. 

GARNiER,chambrier de GeofTroi Mar- 
tel, 101, n. 2. 

Garnier, chambi'ier de GeofTroi le 
Barbu, 193, n. 2. 



Garnier, père de Roussille, femme 
de Foulque le Roux, 4. 

Garnier, prieur de Saint-Aubin du 

Lion-d'Angers, 89, n. 3. 
Garnier Bodin, inconnu, 331. 
GAScoGNE(La). Ducs: Sanche, Eude. 
Gastbsal, inconnu, 352, n. 2. 

Gatinais (Le). -- Tertulle y reçoit 
un bénéfice, 1. — Le comté n'en a 
pas été attribué à Enjeuger, 2, 
n. 1. — GeofTroi le Barbu en 
hérite, 135. — Cédé par Foulque 
le Réchin à Philippe I" (4068), 



384 



LE œaiTÉ D ANJOU 



450. — Comtes : Aubri, Geoffroi, 
Geoffroi le Barbu. 

Gatinbs (Forêt de), forêt qui cou- 
vrait le bas Vendômois et une 
partie du nord de la Touraine. — 
Prétendue révolte des colons de 
cette forêt, 64, n. 4. 

Gaudin de Malicorne, 328. 

Gautier, inconnu, 248. 

Gautier, inconnu, 313. 

Gautier, abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers, 89, 90, n. 2, 279. — Sa nomi- 
nation (1036), 115, n. 3, 254, 259. 

— Envoie le prieur Audouin 
comme abbé à Saint-Nicolas d'An- 
gers, 87, 254.— Sa mort(1055),279. 

Gautier, collibert, 300. 

Gautier I", comte de Brienne, père 

de la quatrième femme de Foulque 

le Réchin, 170. 
Gautier, comte de Manies et de Pon- 

toise, époux de Biote (sœur de 

Hugue III, comte du Maine). — Se 

rend maître du Mans et est reconnu 

comte du Maine, grâce à Tappui 

de Geoffroi le Barbu, 137, 179- 

180. — Il est fait prisonnier et 

meurt à Falaise, 179. 
Gautier, évêque de Nantes. — Ses 

hostilités contre Budic, comte de 

Nantes, 51. 
Gautier de Baupréau, fils de Josse- 

lin de Rennes, mort jeune, 163, 

n. 2. 
Gautier de Langeais, fils d'Hame- 

lin l'^^'de Langeais, 159, n. 1. 
Gautier de Langeais, frère d'Hame- 

lin l*' de Langeais, 159, n. 1. 
Gautier !•', seigneur de Montso- 

rcau, 164. — Père de Guillaume I*' 

de Montsoreau, 164, n. 1. 
Gautier II, seigneur de Montsoreau. 

— Épouse Grécie de Mon treuil- 
Bellay, 167. — Fait prisonnier au 
combat de Ballon, 188. — Ses 
enfants, 167, n. 3. 



Gautier Lombard, chancelier et 
peut-être chapelain de Foulque le 
Réchin, 193, n. 1. 

Gautier Rage, époux d'Avoie, 284, 
335. 

Gautier Rouaud, inconnu, 204, n.4. 

Gautier Tison, avoué de Saint- 
Aubin d'Angers à Ghampigny-le- 
Sec,261, 352. 

Gautrèche (La Grande-), comm. 
Tout-le-Monde, cant. et arr. Cbo- 
lel, 303. 

Gauvain, seigneur de Chemillé, 104, 
n. 1. 

Gazon, premier seigneur de Thouar- 
cé, 165. — Père d'Isembard I''. 
165, n.4. 

Gelduinu8, — Voir Geudouin. 

GENNBS,arr. Saumur, 340. — Marque 
la frontière du Saumurois et de 
l'Anjou, 14, 39, n. 3. 

Genreteil, cant. Noyant, arr. Baugé, 
254, 289, 332. — Fait partie du 
comté d'Anjou à l'avènement de 
Foulque Nerra, 15. 

Geoffroi, abbé de Notre-Dame de 
Noyers, 307. 

Geoffroi, abbé de la Trinité de Ven- 
dôme, 202, n. 1. 333. — Son atti- 
tude lors de la nomination de 
Tévêque d'Angers Renaud deMar- 
tigné (H02), 194, n. 4, 195, n. 3el 
4, 196. 

Geoffroi, chanoine, 336. 

Geoffroi, clerc angevin, 200, n. 1. 

Geoffroi I" Grisegonellb, comte 
d'Anjou, fils de Foulque le Bon, 
père de Foulque Nerra et de Mau- 
rice, 62, n. 2, 99, 156, n. 2. 
195, 245, 248, 249. — Époux d'A- 
dèle de Vermandois, 56, n. 3, 
354. — Succède à Foulque le Bon 
(960 env.), 6. — Possède Loches, 
4, n. 2. —Réorganise Saint-Aubin 
d'Angers (966), 82, n. — Tradition 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



38S 



suivant laquelle il aurait reçu cette 
abbaye de Lothaire et de Hugue 
Capel, 82, n. — Sa lutte contre 
Conan, comte de Rennes, 6. — Sa 
lutte contre Guillaume F'icrebrace, 
dont il reçoit Loudun en fief, 7, 
54. — Prend part aux guerres 
contre Richard de Normandie et 
les Danois cl à la défense de Paris, 
7-8. — Nomme Renaud évoque 
d'Angers (973), 36, 113. — Donne 
la terre de Vihiers %H un de ses 
vassaux, 13, n, 3. — Possède 
Méron, 14. — Construit un nou- 
veau château à Amboise et Tin- 
féode à Landri de Châteaudun, 
158. — N'a pas eu de chancelier, 
■104. — Ses rapports avec le roi, 
8. — Sa mort au siège de Marçon 
(987), 8, 251. — Ses enfants, 8-9. 
— Actes de lui, 4, n. 5, 14, n. 5, 
15, n. i et 13, 17, 244-245. 
Gkokproi II Martel, comte d'Aqjou, 
fils de Foulque Nerra et d'Hilde- 
garde, oncle de Geoffroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 9, n. 3, 
11, 108, 109, 113, 135, n. 2, 160, 
n. 1, 215, n., 253-254, 257, 258, 
262, 273, 283, 291, 292, 296, 300- 
307, 309, 310, 312, 317, 319, 320, 
322, 331, 332, 354, 359. — Sa 
naissance (1006), 10, 255, 340. — 
Son prétendu rôle à la bataille de 
Pontlevoy (1016), 35, n. 1. — 
Chargé du gouvernement de Sau- 
mur(1026), 111. — Reçoit Thom- 
mage du comte de Vendôme Bou- 
chard le Chauve, puis celui de 
Foulque l'Oison, 65. — Confisque 
le comté de Vendôme, 65, 69. — 
Epouse Agnès, veuve de Guillaume 
le Grand, son alliée au troisième 
degré (1032), 56-57. — Se révolte 
contre son père (1032-1039), xiv, 
46, 58, 60, 69, 70, n., 216, 260. — 
Incite Fabbé de Saint-Nicolas 

Halpubn. — Le comté d* Anjou. 



Renaud à déserter son poste pour 
venir à Vendôme, 87. — Bat et 
fait prisonnier Guillaume le Gros, 
duc d'Aquitaine, au Mont-Couer, 
(1033), 57. — Lui rend la liberté 
(1036), 58. — Repousse Eude, duc 
de Gascogne, 59. — En guerre 
contre Gervais, évèque du Mans, 
60, 69. — Est blessé et forcé de 
traiter, 60, 69-70. — Son autorité en 
Aquitaine, 60-61. — Est peut-être 
chargé par son père de la régence 
du comté d'Anjou pendant le troi- 
sième pèlerinage de celui-ci (1039) 
111. — Lui succède (1040), 61. — 
Assiège Tours, bat Thibaud III de 
Blois et son frère à Nouy et s'em- 
pare de la Touraine (1043-1044), 
46-49,265, 358. —Chasse de leurs 
fiefs les seigneurs de Touraine 
qui refusent de reconnaître son 
autorité, 49, 50, n. — Son voyage 
en Italie (1046-1047), 70, 71, n. 3, 
128, 270. — Assiège Château-du- 
Loir, 71, 74, 342. — Fait prison- 
nier l'évèque du Mans Gervais, 71, 
120. — Guillaume le Bâtard et le 
roi Henri I^^^ envahissent ses états 
(1048), 71-72. — ïl prend Alençon 
et va au secours de Domfront, 72. 

— Bat en retraite, 73. — Assiège 
Henri l^^ dans Sainte-Maure (1049 
env.),74. — Est menacé d'excom- 
munication par le pape Léon IX 
au concile de Reims (1049), 120. 

— Est excommunié par lui 
(1049), 74, 121. — Est convocpé 
par lui au concile de Rome ou à 
celui de Vcrceil, 122-123. — Prend 
la défense de l'hérésiarque Béren- 
ger, 124, 126, 281. — Comparaît 
devant un concile réuni à Tours , 
(1050), 74, 124. — Se plaint de 
l'évèque Gervais au pape et à 
l'archevêque de Tours^ 71, n. 3, 
276-277. — Répudie sa femme 

25 



386 



LE COMTÉ d'aNJOU 



Agnès (1050 env.), 61, 301. — 
Épouse Grécie de Mon treuil-Bel- 
lay. 61, n. 6. — Rend le comté de 
Vendôme à Foulque l'Oison (1050 
env.), 66, 272. — Entre au Mans 
(1051 env.), 75, 178. — Remet 
Tévêque Gervais en liberté, 75, 
125. — Traite avec le roi Henri I" 
(1052), 76, 124, 125, n. 4. — Dé- 
clare qu'il ne laissera plus rentrer 
Gervais dans son évêché, 76. — 
Sur le point de livrer bataille à 
Guillaume Aigret, traite avec lui 
(1053), 61. — Envahit la Norman- 
die avec le roi Henri I®"* (1054), 

77. — Abandonné par ce dernier, 
bat en retraite, 77-78, — Assiège 
Ambrières, 78. — Bat en retraite, 

78. — Ressaisit l'autorité dans le 
Maine, 79-80. — Fait nommer 
Bougrin évèque du Mans (1055), 

79. n. 1, 80, 125. — Son conflit 
sur les confins du Vendômois avec 
Thibaud III de Blois (1050-1057 
env.), 50, 51, n. 1, 280. — Prend 
et reperd Nantes (1057), 53. — Est 
assiégé dans Saumur par Guil- 
laume Aigret (1058), 61. — En- 
vahit à nouveau la Normandie 
avec Henri !«•• (1058), 79. — Arme 
son neveu Fouhjue le Réchin che- 
valier et lui donne en apanage la 
Saintonge (1060), 133-134. — II 
donne le territoire de Saumur en 
douaire à sa femme Adélaïde, 136, 
293. — Il est soigné par Tiéberl, 
moine de Marmoutier (1060),. 127, 
n. 2, 290. — Il partage ses biens 
entre ses neveux, 133, 135, n. 3. 
— Sa mort à Saint-Nicolas d'An- 
gers, où il a revêtu l'habit monas- 
tique (1060), 12, 126-127, 133,286, 
300. — Il est enterré à Saint- 
Nicolas d'Angers, 325. — Son 
rôle dans les élections abbatiales 
du comté, 113, 115. — Ses rap- 



ports avec l'évêque dWngers, i?i- 
126. — Restaure plusieurs églist^. 
83. — Fonde la Trinité de Veo- 
dôme, rÉvière d'Angers, Saint- 
Laud d'Angers, 88, 263, 279. - 
Achève la construction de Saint- 
Florent-le-Vieil, 135, n. 3. — 
Construit Mateflon et Durtal et 
les inféode, 112, 156-157, 161.- 
Enlève à Orri le fief de Champlo 
ceaux et le donne à Thibaud de 
Jarzé, 112, 169. — Enlève 3 
Suhard de Craon le fief de Craon 
et le donne à Robert le Bourgui- 
gnon, 112-113, 143, n. 2, 144.- 
A euun sénéchal, 102. — A eu un 
chapelain, 105-106. — N'a pab eu 
de chancelier, 104-106. — Se^ 
femmes, 127, n. 3, 128, n. — Son 
caractère, 128. — Son surnom, 
209. — A-t-il eu un sceau? 240-2ii 

— Actes de lui ou souscrits par 
lui,. 252, 255, 259, 260, 261, » 
264-292, 296, 300-307, 309, 3Ul 
341. 

Geoffroi III le Barbu ou le Jeune, 
fils de Geoffroi, comte de Oàli- 
nais, et d'Ermengarde (fille dt* 
Foulque Nerra), neveu de Geof- 
froi Martel et frère de Foulque le 
Réchin, 108, n. 4, 133, 134, n., lU, 
n., 152, 159, 160, n. 1, 162. n., 2T«, 
341, 354. — Épouse Julienne de 
Langeais, 134-135. — Hérite du 
comté de Gàtinais, 135, 289. — 
Succède à Geoffroi Martel dans le 
comté d'Anjou. 135, 293-294, 'SOi. 

— Porte secours à Foulque le 
Réchin contre le duc d'Aquitaine- 
qu'il bat à Chef-Boutonne (1061 , 
136. — Rentre en possession directe 
de Saumur (1062), 136. — t'onde 
le monastère de Sainte-Crois de 
Loudun (1062), 292. — Ses pre- 
miers dissentiments avec Foulqu»? 
le Réchin, 137, 294. — Soatieui 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



387 



Gautier de Mantes contre Guil- 
laume le Bâtard (1063), 137, 179, 
294. — Aurait reçu Thommage de 
Robert Gourteheuse, 180. — Pré- 
tend conserver la haute main dans 
le Maine, 180. — Persécute Bé- 
renger de Tours, 138-139. — Me- 
nacé d'excommunication par le 
pape, 139. — Son conflit avec les 
moines de Marmoutier, 139-140, 
144. — Son conflit avec Tarche- 
vêque de Tours à propos de 
l'élection de Tévêque du Mans, 
141-142. — Situation désespérée 
dans laquelle il se trouve (1007), 
143. — 11 est excommunié au sy- 
node de Saumur (1067), 144-145. 

— Il est fait prisonnier par Foul- 
que le Réchin et enfermé à Sablé 
(1067), 146. — Il est remis en 
liberté (1067), 146. — Il vient avec 
Foulque le Réchin et le roi assié- 
ger Chaumont-sur-Loire (1067), 
147. — Il est battu et fait prison- 
nier par son frère (1068), 147, 180. 

— Il est enfermé au château de 
Chinon, 144, n. 3, 146, n. 2, 147. 

— Le comte de Blois, Philippe I*' 
les Manceaux et des seigneurs 
s'efl'orcent d'obtenir sa mise en 
liberté, 148, 150. — Sa folie, 148. 
n. — Foulque le Réchin promet 
de négocier avec lui au cas où il 
reviendrait à la raison (1094), 323. 

— Tradition suivant laquelle il au- 
rait transmis ses droits à Geoffroi 
Martel le Jeune, 173, n. 7. — Il 
est remis en liberté (1096), 148, n. 

— Son sénéchal, 192, n. 2. — Son 
chapelain, 192, n. 4. — Ses cham- 
briers, 193, n. 2. — Sceau pendant 
qu'on lui a attribué, 241 . — Ses 
surnoms, 209. — Actes de lui ou 
souscrits par lui, 282-284, 290- 
304. 

Geoppuoi IV Martel le Jeune, comte 



d'Anjou, fils de Foulque le Réchin 
et d'Ermengarde de Bourbon, 169, 
n.3. 318, 330, 341. — Son père 
lui confie la garde du Mans (1098), 
188. — Il soutient Hélie de la 
Flèche contre Guillaume le Roux 
(1099), 189. — Il est fiancé â la 
fille d'Hélie de la Flèche. 190. — 
Foulque le Réchin tente de le 
déshériter, 173. — Il prend Mar- 
çon (1103), Brioilay (1104) et force 
son père à lui reconnaître l'auto- 
rité comtale, 174, 177. —-Tente de 
reprendre la Saintonge et force 
le duc d'Aquitaine à traiter (1104), 
177-178. — Il incendie Bayeux 
(1105), 190. — Prend la Chartre, 
brûle Thouars, assiège Gandé 
(1106), 174, 177. — Il meurt au 
siège de Gandé (1106), 174-175, 
178, 190, 336-337. — Son carac- 
tère, 174. — Son sénéchal, 192, 
n. 1. — Son chapelain, 193, n. 1. 

— Son surnom, 210. — Actes de 
lui ou souscrits p>ar lui, 318, 320, 
323, 325, 326, 331-333. 

Gbopfhoi V le Bel, comte d'Anjou, 
fils de Foulque le Jeune, 201,211, 
354. — Épouse l'ex-impératrice 
Mathilde (1127), 205. — Sa lutte 
contre les barons angevins, 204. 

— Il est couronné duc de Norman- 
die f 1144), 205. — Son sceau, 242, 
273. — Acte de lui, 271. 

Geoffroi, comte de Gâtinais, époux 
d'Ermengarde (fille de Foulque 
Nerra), père de Geoffroi le Barbu 
et de Foulque le Réchin, 11, n. 1, 
12, n , 133, 134, n., 303, 310. — 
Peut-être frère d'Aubri, comte de 
Gâtinais, 134, n. — Sa mort, 134, 
n., 135, n. 2. 

Geoffroi I*', comte de Rennes et 
duc de Bretagne, fils et succes- 
seur de Gonan le Tort, père d'Éon 
de Bretagne, 78, n. 4. — Fait 



388 



LE COMTÉ d'aNJOU 



périr Judicaël, comte de Nantes, 
51. 
Geoffroi !**■, de Tours, évêque d'An- 
gers, 194, 238, 314. 316-317, 354. 

— Frère de Hugue, seigneur de 
Langeais et dllamelin, 194, 195, 
n., 198, n. 3. — Ne semble pas 
avoir été parent de Tarchevêque 
de Toure Raoul de Langeais, 199, 
n. — D'abord doyen et chantre 
de Saint-Martin de Tours, 194, 
n. 5, 198, n. 3, 313. — Sa consé- 
cration à l'épiscopat (1082), 200, 
n. 3, 313-314. — Son entente avec 
Foulque le Réchin contre Tarche- 
vêque de Tours Raoul, 198-201. — 
11 est excommunié et suspendu de 
ses fonctions par le concile de 
Lyon (1082), 200. — Réconcilié 
avec Tarchevêque de Tours, 201. 

— S» mort (1093), 198, n. 3. 
Geoffroi II, de Mayenne, évoque 

d'Angers, fils de Hugue, seigneur 
de Mayenne. 194, 195, 325, 329- 
331, 354. - Sa démission (1101), 
195. 331. 
Geoffroi, fils d'Agnès, comtesse de 
Poitou, et de Guillaume le Grand. 

— Voir Gui-Geoflfroi. 
Geoffroi, fils d'AUeaume, 308. 
Geoffroi, fils de Foulque le Bon et 

de Gerberge, 4. 
Geoffroi, fils de Geoffroi Grise- 

gonelle, 8, n. 7, 244. " 
Geoffroi, frère d'Aubri, comte de 

Gâtinais, peut-être le même que 

Geoffroi, comte de Gâtinais, 134, n. 
Geoffroi, prévôt d'Angers, 305. 
Geoffroi, fils du précédent, 305. 
Geoffroi, vicomte de Châteaudun, 

neveu et successeur de Hugue, 

nommé archevêque de Tours, 

118, n. 
Geoffroi, voyer du comte d'Anjou 

à Bocé, 338. 
Geoffroi de Blaison, chapelain et 



chancelier de Geoffroi Martel le 
Jeune. 193, n. 1. 

Geoffroi de Briollay. époux de 
Guermaise de Jarzé, 168. — 11 e^i 
fait prisonnier au combat de Bal- 
lon, 188. 

Geoffroi, seigneur de Champto- 
ceaux, 285. 

Geoffroi, seigneur de Cbaumont- 
sur-Loire. — Sa nièce épouse 
Sulpice, fils de Lisois d*Amboise, 
166. 

Geoffroi de Doué, fils de Geudouin 
de Doué et de Grécie de Montreuil- 
Bcllay, 167, n. 2 et 3. 

Geoffroi de Jarzé, père de Guer- 
maise, femme de Geoffroi de 
Briollay, 168. 

Geoffroi, seigneur de Mayenne, 
313, 318. — Fidèle vassal du comie 
d'Anjou, 179. — Fait prisonnier 
par Guillaume le Bâtard, lui prête 
hommage, 78. — Occupe Am- 
brières, 79, n. 1. -— Réduit par 
Guillaume le Bâtard (1063), 179. 

— Devenu l'amant de Gersenl 
(femme d'Azzon d'Esté), renvoie 
Hugue, fils decelle-ci, et s'empare 
du donjon du Mans, 181. — S'en- 
fuit du Mans, 181. 

Geoffroi I**"", seigneur de Preuilly. 
299. — Livre Angers à Foulque le 
Réchin (1067), 146. 

Geoffroi II, seigneur de Preuilly, 
194, n. 1, 319. — Allié à Gui- 
GeofFroi contre Foulque le Réchin, 
176. — Devient comte de Ven- 
dôme, 176, n. 2, 316. 

Geoffroi de Restigné, chapelain de 
Foulque le Réchin. 193, n., 334. 

Geoffroi de Sablé, 302. 

Geoffroi, seigneur de Saint- Aignan. 

— Fait prisonnier par Foulque 
Nerra, 45. 

Geoffroi, seigneur de Sainte-Mau- 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



389 



re, 76, n. 3. — Père de Joubert, 
Guillaume et Hugolin, 277. 

Gbofproi Bérard, inconnu, 291-292. 

Geoffroi CaIphe, chapelain de Foul- 
que le Réchin, 335. 

Geoffroi* le Fort, seigneur de 
Trêves, pèred'Hardouin, seigneur 
de Trêves, 305, 342. — Succède à 
Thibaud le Bouteiller, 162, n. 2. 
— Épouse Thilde de Maillé, 166. 

Geoffroi Fouchard I*"', seigneur de 
Trêves, 336. — Se fait moine à 
Saint-Florent de Saumur (1089), 

319. 

Geoffroi Fouchard II le Jeune, sei- 
gneur deTrèves.Gls du précédent, 
sénéchal de Foulque le Réchin, 
192. n. 1.494,319,336. 

Geoffroi Fouel, oncle de Bouchard 
de risle-Bouchard, 306, 315. — 
Baillistre de Tlsle-Bouchard, est 
chassé de ce fief, 50, n. 

Geoffroi Garnibr, inconnu, 336. 

Geoffroi Houssard, serf de Geoffroi 

Martel, 280. 
Geoffroi Papebeuf, seigneur de 

Rillé, gendre d'Érard le Prévôt, 
165, n. 3. 294,296, 315. 
Geoffroi Rorgon, seigneur de Can- 
dé, 324. — Reçoit le fief du Lion- 
d'Angers, 113, 169. 

Geoffroi le Roux, fils d'AUeaume, 

346. 
Gérard. — Voir Girard. 

Gérard I*', abbé de Saint-Aubin 
d'Angers. — Sa nomination, 247. 

Gérard II, abbé de Saint- Aubin- 
d'Angers, 327. 

Gérard, abbé de Saint-Jouin-de- 
Marnes, 252. 

Gérard, chantre de Saint-Maurice 
d'Angers. — Construit Toussaint 
d'Angers, 266. —Sa mort, 271. 

Gérard, prieur de Saint-Aubin d'An- 
gers, nommé abbé de Saint-Maur- 

sur-Loire (1096). 326. 
Gérard Bblin, inconnu, 316. 



Géraud le Chauve, inconnu, 359. 

Gerberge, femme de Foulque le 
Bon, 4, 5, n. 1. 

Gerberge, femme de Geudouin de 
Doué, 11, n. 1. 

Gerberge, serve de Geoffroi Martel, 
288. 

Gerbert, écol&tre puis archevêque 
de Reims, 31, n., 232. — Va au 
Concile d'Ingelheim (996), 357. — 
Tente d'empêcher le mariage de 
Robert le Pieux avec Berthe. 
357-358. —Va à Rome, 357-358. 

Germond, moine de Marmoutier, 
288. 

Germond, cant. Champdeniers, arr. 
Niort (Deux-Sêvres). — Eude. duc 
de Gascogne, assiège cette place, 
59. 

Gersent, fille de Herbert Éveille- 
Chien, femme d'Azzon, marquis 
d'Esté, 180. — Vient avec son mari 
au Mans, 180. — Devient l'amante 
de Geoffroi de Mayenne, 181. 

Gervais, évêque du Mans et sei- 
gneur de Chàteau-du-Loir, 70. — 
Succède à l'évêque Avesgaud, 69. 
— Sa lutte contre Herbert Bacon 
et Geoffroi Martel, 60. 69-70. — 
Fait Herbert Bacon prisonnier et 
entre au Mans (1038), 70. — Marie 
le comte Hugue III à l'insude 
Geoffroi Martel, 70-71. — Est fait 
prisonnier par Geoffroi Martel, 71, 
120, 274. — Sa captivité, 71, n. 3, 
74. — Est remis en liberté après 
avoir notamment cédé Chàteau- 
du-Loir, 75, 76, n., 125. — Se 
sauve en Normandie où il travaille 
contre Geoffroi Martel, 76, 276- 
277. — Est nommé archevêque de 
Reims (1055). 71, n. 3. 80, 125, n. 
4 et 5. — Acte de lui, 269. 

Geudouin, vicomte de Blois, 315. 

Geudouin I*', seigneur de Doué, 
mari de Grécie de Montreuil-Bel- 



390 



LE COMTÉ d'aNJOU 



lay, 167, 317, 319. — Ses enfants, 
167, n. 2. 

Geudouin de Doué, fils du précé- 
dent et de Grécie, neveu de Bellay 
de Montreuil-Bellay, 167, n. 2. 

Geudouin de Doué, mari de Ger- 
berge, prétendu frère de la com- 
tesse d'Anjou Ilildegarde, 11, n. 1. 

Geudouin, seigneur de Maillé, frère 
et successeur d'Hardouin I*^"", 165, 
n. 6. — Sa mort, 293. 

Geudouin de Montrevault, 192, n. 1. 

Geudouin de Saumur, gouverneur de 
Saumur. — Construit la forteresse 
de Pontlevoy, 31. — Attaqué par 
Foulque Nerra, 38-39. — Pousse 
Eude II de Blois à venir reprendre 
Saumur (1026), 42. — Reçoit de 
lui Chaumont-sur-Loire, 44, n. 2, 
165, n. 7. 

Gévaudan (Le comté de). — Comte : 
Etienne. 

Gilbert, évoque de Poitiers. — Sa 
mort, 253. 

Gilbert, neveu d'Aubri de Chinon, 
287. 

Gilduinus. — Voir Geudouin. 

Gilles, cellérier de Saint-Florent 
de Saumur, 261. 

Girard. — Voir Gérard. 

Girard, chambrier de Foulque le 
Réchin, 193, n. 2. 

Girard (Porte), porte d'Angers, 95. 

Girard Follet, prévôt d'Angers, 
316. — Sauve la vie à Foulque le 
Réchin (1076), 311. 

Giraud, inconnu, 321. 

GiRAUD, prévôt de Foulque le Réchin, 
321. 

Giraud I**", seigneur de Montreuil- 
Bellay, fils de Bellay I**" et de 
Grécie, 287, 288. — Père de Gré- 
cie (femme de Geudouin de Doué, 
puis de Gautier de Montsoreau), 
167. — Livre Angers à Foulque le 
Réchin (1067), 146. 



Giraud II, seigneur de Montreuil- 
Bellay. — Réduit à robéissance 
par Geoffroi le Bel, 204. 

Giraud de Thouars, abbé de Saint- 
Florent de Saumur, 157, n. 4, K)i. 
n. 3. 

GiRois I**", seigneur de Beau préau, 
fils et successeur de Josselin de 
Rennes et frère d'IIamelin I" de 
Beaupréau, 163, n. 2, 255. — Il 
est tué par les gens du vicomte de 
Thouars (1028-1029), 113, 163, n.l 

GiROis II, seigneur de Beaupréau. 
fils et successeur d'Hameh'n I"", 
163, n. 2, 299. — Père d'Orri, 323. 

Gondrade, femme de Josseiin de 
Rennes, seigneur de Beaupréau, 
163, n. 2. 

Go.NNORD, cant. Thouarcé, arr. An- 
gers. — Compris dans le pagus 
AndegavensiSj 13, n. 1. 

Gontier, abbé de Saint-Aubin d'An- 
gers. — Part à Jérusalem en lais- 
sant Renaud pour successeur (988i, 
245. 

GosLAR (Prusse). -^ Agnès, comtesse 
d'Anjou, y va (1045), 128, n. 1. 

Gouis, comm. et cant. Durtal, arr. 
Baugé, 304. 

GouMONièRE(LA), comm. Bécon, cant. 
Louroux- Béconnais, arr. Angers, 
316. 

GRAÇAY,arr. Bourges (Cher). — Fon- 
dation d'une collégiale en cet 
endroit, 248. 

GradulfuSy inconnu, 280. 

Grand Pont (Le), pont sur la Maine 
à Angers, 96, n. 2, 248, 262, 300, 
338. 

Grécie, femme de Bellay de Mon- 
treuil-Bellay, puis de Geoffroi 
Martel, 61, n. 6, 76, n. 3, 127,n.3, 
128, n., 274, 277, 287, 288. — Ré- 
pudiée puis reprise par Geoffroi 
Martel, 127, n. 3, 128, n. - Mère 
de Giraud et de Renaud, 287,288.— 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



391 



Sa mort, 128, n. — Actes d'elle, 
277, 287, 299, 32i. 
Grécie, fille de Giraud de Montreuil- 
Bellay, femme de Geudouin, sei- 
gneur de Doué, puis de Gautier, 
seigneur de Montsoreau, 167, 317. 

— Ses enfants, 167, n. 2 et 3. 
Grégoire, évêque de Selva Candida^ 

Grégoire VII, pape, 196, 197, n., 
199, n., 200, n. 4. — Ordonne à 
Tarchevêque de Tours de consa- 
crer l'évêque du Mans Hoël, 185. 

— Protège Bérenger de Tours 
contre Foulque le Réchin, 198. — 
Excommunie Foulque le Réchin et 
les chanoines de Saint-Martin de 
Tours, 201. 

Grevia, localité inconnue, 299, 321. 

Grimaud, inconnu, 281. 

GuÉRECH, comte de Nantes, bâtard 
d'Alain Barbetorte, 5. — Livre à 
Conan de Rennes la bataille de 
Conquereuil (981 ou 982), 6. — 
Prête hommage à Geoflfroi Grise- 
gonelle, 7. 

GuÉRiN, cellérier de Foulque le Ré- 
Réchin, 101, n. 4, 193, n. 3. 

GuKRiN de Chavais {Catver), frère de 
Froger, 346. 

GuÉRiN I*', seigneur de Craon, père 
de Suhard 1" do Craon, 144, n. — 
Sa prétendue forfaiture envers 
Geoffroi Martel, 143, n. 2. 

GuÉiuN LE Français, inconnu, 297 
352. 

GuBRMAisE, fille de Geoffroi de Jar- 
zé, femme de Geoffroi de Briollay, 
168. 

Gui, archevêque de Reims. — Char- 
gé sans doute de présenter au 
pape la défense de Geoffroi Martel 

. et dTusèbe Brunon (1050), 123. — 
Sa mort, 125, n. 5. 

Gui !«*' deCh^tillon, comte de Blois, 
234. 



Gui, fils de Foulque le Bon et de 
Gerberge, 4. — Abbé de Saint- 
Aubin d'Angers et de Cormery, 5, 
82, n. — Nommé évêque du Puy 
(975), 6. 

Gui, fils de Foulque le Roux, cha- 
noine de Saint-Martin de Tours, 
puis évêque de Soissons, 4. 

Gui, trésorier de Saint-Maurice 
d'Angers, a